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Dans ses interviews, Sophie de Menthon, présidente du mouvement patronal Ethic, se met dans la peau des patrons...

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00:00Bonjour Antoine Dubosc. Bonjour Sophie de Menton. Je suis ravie de vous accueillir ici d'un patron
00:04en question. Vous êtes vraiment le patron type un peu. Créatif avec onze sociétés, je vois ça.
00:11Mais la société qui vous anime en ce moment, c'est Ouimi. Oui. C'est Ouimi, mais c'est amusant la
00:21façon dont vous êtes arrivé à créer votre boîte qui est assez symbolique de bons élèves parce que
00:26je suppose que vous sortez d'une bonne école. Oui, j'ai fait des études classiques et puis j'ai
00:31démarré dans des grandes sociétés en pensant que le mieux c'était les sociétés qui faisaient
00:37l'objet de toutes les convoitises des jeunes étudiants. C'est très intéressant ça parce
00:41qu'il y en a effectivement qui disent on commence par le genre, on va pas citer de nom, on va pas
00:45leur faire de pub, mais les big six ou des très grands groupes américains. C'est ça. Ils sont
00:49meilleurs aux Etats-Unis ? Ecoutez, en tant que société-école, je crois qu'ils sont vraiment
00:53excellents. En tant que société-école, j'ai fait deux groupes pour démarrer, Procter & Gamble et
00:58le BCG, et qui sont deux groupes qui se caractérisaient par le fait de choisir essentiellement des
01:02jeunes et de les former tout au long de leur carrière. Et ils les forment vraiment ? Ils les forment
01:05à plus de façon désintéressée parce qu'ils savent tous qu'ils vont partir ? Ils les forment de façon
01:09désintéressée, non. Ils ont un modèle économique qui fonctionne très très bien. Oui, mais quand même,
01:14ils donnent tout. Mais ils donnent tout et d'ailleurs ce sont souvent des anciens de ces groupes-école
01:19que l'on retrouve des années plus tard à des postes de responsabilité divers ou bien comme
01:24des entrepreneurs. Et alors le début, première boîte que vous créez, qu'est-ce que c'est ? Alors j'ai
01:29créé une première société dans les télécoms, WAPUP, c'était les télécoms mobiles à l'époque, donc
01:34c'était début des années 2000, et l'Europe avait 2-3 ans d'avance sur les Etats-Unis en matière
01:39d'Internet mobile, puisqu'on avait, du fait de la densité plus faible en Europe, on avait beaucoup
01:43plus de couverture mobile. Et là, il y avait la possibilité, donc j'ai créé cette société avec un
01:47associé, levé des fonds. Mais là, vous vous êtes sorti à des monstres. Ah ben, mes investisseurs m'ont appelé à me dire,
01:51as-tu lu Le Monde, Antoine ? Non, je n'ai pas lu Le Monde. Bah, achète-le, vous êtes mort. Et
01:54effectivement, c'était une pleine page, avec l'interview du président de France Télécom de
01:58l'époque, qui a dit non, ce n'est pas possible. Et l'Etat, en fait, on a appris, était derrière nous,
02:02alors on a lancé une campagne média, on a obtenu un lot de consolation, mais la France n'a pas eu
02:06de leader dans le domaine. Mais là, c'est très important ce que vous dites, parce que ça n'a jamais cessé. La
02:10start-up nation, elle est très souvent étouffée par des grands groupes. Il y a la doctrine, c'est la
02:18doctrine du champion national, il faut protéger le champion existant. Je crois qu'il faut les deux,
02:22il faut protéger nos champions. Absolument les deux, parce que nos champions, et puis en plus,
02:25ils peuvent s'en aller. Ils peuvent s'en aller. Oui, c'est ça. Alors Oui.Me, en revanche, c'est une idée
02:32originale. Oui, Oui.Me, c'était une idée originale. En fait, à l'origine, avec mon associé, Lionel Roux,
02:36on a créé cette société ensemble il y a une douzaine d'années. On travaillait pour la
02:40Caisse des dépôts. On a fait une mission de conseil pour la Caisse des dépôts qui nous avait demandé
02:44les conseillers sur la stratégie numérique. Et on avait été à ce moment-là alerté par ce sujet du
02:48numérique qui devenait un sujet stratégique. Et là, on a vu qu'on avait une dépendance numérique qui
02:54était en train de naître en France, en Europe. On s'est dit, il faut une alternative. Alors, je résume
02:59pour tous ceux qui, comme moi d'ailleurs, qui ne sont pas particulièrement doués à la matière. En fait,
03:03on passe tous dans nos entreprises par systématiquement des grosses boîtes, que ce
03:07soit Microsoft ou autre. Et on n'a pas de boîte en France. Alors, il y a eu un effort qui a été fait
03:14quand même depuis une vingtaine d'années et depuis dix ans avec ce qu'on appelle la French Tech.
03:18Il y a des succès, il y a des échecs. Beaucoup d'argent a été injecté. Et je dirais que jusqu'à
03:24récemment, il n'y avait pas vraiment d'alternative aux leaders qui sont essentiellement américains.
03:28La French Tech, c'est majoritairement, ça marche très bien, c'est bien, mais c'est en France. On n'a
03:33pas pris le marché international. Non, on n'a pas compris le marché international. C'est vous,
03:35bientôt ? Non, c'est ce qu'on essaie de faire. D'accord. Et donc, dans votre offre particulière,
03:41si ma société a envie de passer par WIMI, qu'est-ce que je vais avoir ? Alors, on a deux,
03:46ça dépend si votre société, on va prendre un cas général, il y a deux choses. On s'adresse d'une
03:49part à la société civile et de l'autre part au secteur de la défense. C'est le sujet de la
03:53souveraineté. On va oublier la défense. Alors, la défense pour nous, c'est notre priorité aujourd'hui,
03:56numéro un en ce moment. Notre sujet, on a deux priorités, vraiment le civil et la défense. Dans
04:04les deux cas, ce qu'on fait, c'est une suite logicielle de souveraineté numérique pour la
04:08collaboration numérique. Alors, attendez, vous mettez ça en terme simple. Qu'est-ce que c'est
04:14qu'une suite ? Alors, c'est un ensemble logiciel numérique pour collaborer. Quand on travaille de
04:21nos jours, on produit entre des équipes, on doit produire des documents, faire des
04:27visioconférences, échanger des e-mails. Et tout ça, ce sont des outils. Et quels outils on va
04:33utiliser pour échanger des e-mails, pour faire des visioconférences ? Une suite parce qu'il y a tout ça.
04:36Parce qu'il y a tout ça. Gérer des documents, valider, etc. Alors, on va laisser ça parce qu'il y a un secteur qui est
04:41particulièrement intéressant, c'est la situation dans laquelle nous sommes. Oui. Est-ce que vous
04:45avez potentiellement un rôle à jouer ? Oui. Là, aujourd'hui, notre priorité numéro un,
04:50c'est devenu, sont devenus les sujets de cybersécurité et en particulier dans la
04:53défense. Mais depuis un mois, par exemple ? Alors, en fait, on avait anticipé le sujet déjà depuis
04:58trois ans parce qu'il y avait des demandes au sein de ce qu'on appelle la BITD, la Base
05:03Industrielle et Technologique de Défense. C'est 2500 entreprises qui assurent notre notre industrie
05:08de défense, qui est une des industries de défense les plus avancées du monde. Et aujourd'hui, le
05:12sujet, ce sont les consortiums pan-européens qui sont en train de se monter. Et il s'agit de faire
05:17en sorte que des entreprises françaises et européennes puissent, et des unités militaires,
05:22puissent collaborer en sécurité. Et alors, pour ça, il faut une forme d'indépendance numérique
05:28parce qu'autant l'Europe dispose, et la France à la pointe de l'Europe, d'outils, de projections et
05:33d'une certaine forme de dépendance, d'indépendance de défense. Mais dans le numérique, c'est vraiment
05:38le trou dans la raquette. C'est le trou dans la raquette. Et pour conclure en 30 secondes, hélas,
05:42déjà, est-ce que vous avez fait des progrès tels que dans la situation qu'on nous a déclarée comme
05:50une situation de guerre ou quasi de guerre ? Est-ce que vous avez des protections ? Vous avez déjà
05:56des choses à offrir au ministère des Armées ou à des entreprises comme Thalès ?
06:02On travaille en fait en partenariat avec Thalès. On ne peut pas faire d'annonce encore. On vise avec
06:07eux ensemble une annonce officielle pour le salon du Bourget de façon à pouvoir équiper les
06:11consortiums pan-européens et l'industrie de défense nationale pour pouvoir s'organiser de manière à
06:18avoir des espaces numériques entièrement français et européens. Donc finalement, c'est le mot de la
06:24fin. C'est l'Europe qu'on souhaite, l'union de l'Europe qu'on souhaite, l'Europe armée, militaire,
06:29défensive, ce qu'on veut. Vous êtes au cœur de ça. On est au cœur de ça parce que le numérique,
06:34on s'en est peut-être rendu compte un peu plus tard que pour les avions de chasse,
06:38mais fait partie des outils stratégiques. Et de la sécurité. Et donc de la sécurité nationale
06:43et européenne. Parfait. Écoutez, j'attends le Bourget et je vous remercie infiniment.
06:47Je vous remercie Sophie de Montand.
06:54– Sous-titrage FR 2021

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