Nucléaire, Vladimir Poutine, lobbies, Eric Zemmour… Brut a posé vos questions à Yannick Jadot. Voici ses réponses.
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00:00Bonjour, je suis Yannick Jadot, candidat écologiste à l'élection présidentielle et je suis avec Brut pour répondre à vos questions.
00:08Bonjour Yannick Jadot, je vous remercie de répondre à ma question. Je suis lycéen et mon lycée chauffe énormément tous les établissements.
00:17On a même enregistré des pics de température à 24°C. Concrètement, qu'est-ce que vous prévoyez contre les dépenses énergétiques des établissements scolaires, mais également des établissements publics ? Je vous remercie.
00:29Bonjour. Effectivement, il faut faire attention au gaspillage et puis surtout faire attention à ce qu'on n'ait pas froid l'hiver ou trop chaud l'été.
00:39C'est mon programme de rénovation des logements et des bâtiments publics. Je veux mettre 10 milliards par an justement pour sortir du gaspillage,
00:48pour sortir de la précarité énergétique. 12 millions de Français qui n'arrivent pas à se chauffer correctement l'hiver et puis éviter d'avoir trop chaud l'été.
00:57C'est le programme de rénovation.
00:59Bonjour M. Jadot. Merci de répondre à ma question. Le nucléaire aujourd'hui est neutrant en carbone. Pourtant, il est très critiqué.
01:08Il pollue aussi moins que les énergies dites propres avec l'extraction des ressources. La solution ne serait-elle pas d'apprendre à recycler ses déchets à nucléaire ?
01:17Le nucléaire, alors ça fait 50 ans qu'on fait du nucléaire. Ça fait 50 ans qu'il n'y a pas de solution aux déchets nucléaires.
01:25D'ailleurs, il y a une partie de nos déchets aujourd'hui qu'on envoie en Russie. Comme on achète de l'uranium essentiellement des anciens pays de l'Union soviétique,
01:37Kazakhstan ou Uzbéquistan, ça montre bien que le nucléaire n'est pas la solution propre. Ce n'est pas la solution d'avenir. C'est plutôt un avenir radioactif.
01:46Les seules énergies de paix, les seules énergies de sécurité, on le voit d'ailleurs avec la guerre en Ukraine, ce sont les énergies renouvelables.
01:54Est-ce que le capitalisme est compatible avec une transition écologique ? Quel type d'économie est compatible avec l'écologie ? Dans quelle mesure la technologie doit être compatible avec l'équilibre de la planète ?
02:04Capitalisme écologique. Évidemment, il faut dépasser le capitalisme. Le capitalisme aujourd'hui, c'est la marchandisation de n'importe quel hectare de forêt dans le monde.
02:16C'est la marchandisation de nos données personnelles. C'est la guerre de tous contre tous du point de vue social, économique. Donc moi, ce que je porte, c'est une économie régulée écologiquement et socialement.
02:29Et la responsabilité de la politique publique, ce sera d'appliquer avec mon projet la règle d'or climatique. C'est-à-dire qu'il n'y a pas un euro d'argent public, que ce soit dans les aides à l'économie,
02:41dans les aides aux entreprises, comme dans l'ensemble des politiques publiques, qui ne seront pas conditionnées au climat, à la justice sociale, à l'égalité femmes-hommes.
02:50Pratiquement, ça veut dire que plus un euro n'ira sur Total. Total, complice des crimes de guerre en Ukraine en continuant son activité de gaz et de pétrole en Russie.
03:02Ou Total, qui développe des projets pétroliers en Afrique et ailleurs, alors que nous savons que pour le climat, il est impératif de sortir des énergies fossiles.
03:14La technologie. Il y en a qui peuvent servir la lutte contre le dérèglement climatique, évidemment. Les panneaux photovoltaïques, l'éolien, les hydroliennes, les énergies marines.
03:27Et puis il y en a qui fracassent l'environnement. On voit à quel point aujourd'hui dans la campagne, par exemple sur l'agriculture, les partis de droite,
03:39comme le candidat Macron, veulent faire pour l'agriculture le numérique, la robotique, la génétique. On remplace les paysans par des robots et c'est le retour des OGM.
03:50Avec les écolos, c'est paysans, biodiversité et alimentation saine et savoureuse.
03:56Pourquoi avez-vous tant de mal avec la liberté des autres ? Pourquoi ce besoin continue d'imposer, interdire, limiter, contraindre, taxer ?
04:04Pour moi, la liberté, c'est la liberté pour chacune, pour chacun. La liberté de respirer un air pur, de manger sain, de pouvoir se déplacer.
04:17La liberté d'aimer qui on veut, d'être qui on veut. La liberté de s'exprimer. Et le projet écologiste est un vrai projet de liberté.
04:26Parce qu'aujourd'hui, le dérèglement climatique, la pollution de l'air, la malbouffe, ce sont des maladies, évidemment.
04:33C'est, par exemple, ne plus pouvoir habiter là où on est né parce que la terre n'est plus habitable.
04:40Et puis l'écologie, c'est le partage, c'est l'égalité, c'est la fraternité.
04:44Donc, mon écologie, c'est une écologie d'innovation. C'est une écologie qui émancipe individuellement et collectivement.
04:55Ce qui punit aujourd'hui, ce n'est pas l'écologie. C'est la pollution de l'air, c'est le dérèglement climatique, c'est les mobilités contraintes,
05:03c'est ne pas pouvoir vivre dans un appartement digne, c'est ne pas recevoir un salaire digne.
05:08Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui disent parfois qu'on parle d'écologie punitive ?
05:12On a vu, par exemple, en 2018, le mouvement des gilets jaunes avec l'augmentation des taxes sur les prix de l'essence.
05:18On va taxer pour éviter qu'on utilise certaines substances qui peuvent polluer.
05:22Mais d'un autre côté, ça a un impact sur le pouvoir d'achat des Français.
05:24Comment on peut concilier pouvoir d'achat et fin du monde ?
05:27L'écologie, aujourd'hui, c'est la meilleure alliée du pouvoir d'achat.
05:30Quand on rénove les logements, c'est du confort, c'est avoir moins froid l'hiver, moins chaud l'été.
05:37Mais c'est aussi 600, 700 euros d'économie par an.
05:41Quand on met en place, comme je le propose, le forfait mobilité durable dans les entreprises,
05:47c'est comme les transports collectifs, sauf que là, on est sur les autres mobilités, le vélo, mais aussi le covoiturage.
05:53C'est jusqu'à 1 000 euros de carburant économisé ou remboursé par l'entreprise tous les ans lorsqu'on se met au covoiturage.
06:02Quand je développe et je reconstruis du logement social, c'est accéder plus facilement au logement,
06:08comme l'encadrement des loyers ou la garantie universelle sur les cautions.
06:13Quand je baisse la TVA sur l'alimentation bio, sur ce qui est réparable, sur ce qui nous sort du gaspillage,
06:20et que je l'augmente sur ce qui a fait des dizaines de milliers de kilomètres, ce qui est de l'obsolescence programmée,
06:26ça démontre que l'écologie, c'est bien l'allié du pouvoir d'achat.
06:30Au fond, il y a dans mon projet ce que j'appelle le 13e mois écolo.
06:34Ce n'est pas un 13e mois de revenus en plus, c'est un 13e mois dans l'année lié aux économies qu'on va faire grâce à l'écologie.
06:42Ce qui punit, je l'ai dit, c'est les mobilités contraintes, parce qu'on est obligé d'habiter loin de son logement.
06:50Ce qui punit, c'est de ne plus avoir des commerces de centre-ville, mais des zones commerciales loin.
06:56Ce qui punit, c'est de ne plus accéder à des services publics de proximité.
07:00Ce qui punit, c'est de ne plus avoir d'entreprise dans sa région, sur son territoire.
07:07L'écologie, c'est exactement l'inverse.
07:09C'est la joie, c'est l'enthousiasme, c'est retrouver du lien, c'est retrouver de la fraternité, de la bienveillance, de l'entraide,
07:17au-delà, évidemment, de sauver le climat et la biodiversité.
07:21Un monde sans pétrole, c'est possible ?
07:23Oui, c'est même indispensable.
07:25C'est même l'Agence internationale de l'énergie qui le dit.
07:28Aujourd'hui, il faut totalement stopper tout projet d'exploration, d'exploitation d'énergies fossiles,
07:35mais il faut en sortir au plus vite, et c'est indispensable.
07:40Si on veut rester sous les 1,5 degrés maximum de réchauffement climatique,
07:45ce qui est la limite que posent les scientifiques avant le chaos climatique,
07:50c'est aussi s'affranchir des dépendances aux pays pétroliers,
07:56de dépendance à des multinationales qui ont pas simplement pourri l'environnement,
08:02mais ont pourri les démocraties et une bonne partie de nos modes de vie.
08:06Quelle alternative, du coup ?
08:08On parlait justement de l'essence.
08:10On pense à celui qui doit prendre sa voiture pour aller au travail tous les matins.
08:13Comment on fait pour l'accompagner vers la transition écologique ?
08:16Moi, je viens de Picardie, donc la dépendance aux voitures, je sais ce que ça veut dire.
08:20Un, ça veut dire qu'il faut évidemment, au maximum, développer les transports collectifs.
08:25Donc moi, je mets le paquet sur les transports collectifs, notamment le train,
08:29les trains du quotidien, les trains de marchandises, les trains de nuit.
08:33Ça veut dire aussi développer le vélo, l'épicyclable, partout où c'est possible.
08:40Et puis, il y a plein de Françaises et de Français qui continueront à avoir besoin d'une voiture.
08:46Donc là, ça veut dire aller vers la voiture électrique, le biogaz, l'hydrogène,
08:52autant de technologies qui ne relèvent plus du pétrole.
08:56Donc, il faut innover.
08:58C'est un champ magnifique d'innovation, mais c'est aussi pousser au changement de comportement.
09:04D'ailleurs, je propose le pass Liberté Climat.
09:08C'est un pass qui fait pour les jeunes de 16 à 25 ans, qui fait qu'on aura une seule carte.
09:15Si vous avez les moyens, c'est 100 euros par mois.
09:18Si vous n'avez pas beaucoup de moyens, c'est 50 euros par mois.
09:21Et vous pourrez vous balader en Vélib, en TER, en TGV, en train de nuit, en France, en Europe,
09:28avec ce forfait-là, ce sera la même carte pour tout le pays.
09:32C'est un vrai forfait de liberté et c'est une mobilité respectueuse du climat.
09:39Pourquoi le droit de vote des 16 ans ?
09:41Parce que les jeunes des 16 ans s'engagent pour le climat,
09:46ils s'engagent contre les violences faites aux femmes,
09:50ils s'engagent pour le bien-être animal, ils s'engagent contre le racisme.
09:54Donc il y a déjà un engagement des 16 ans.
09:56Et puis, moi je veux que le premier vote ait lieu dans le cadre du lycée,
10:00parce que ça permettra, dans le cadre du lycée, d'avoir tous les débats,
10:05toute l'information, c'est quoi la démocratie, à quoi ça sert de voter,
10:09comment fonctionnent nos institutions.
10:11Je trouve que ce serait un excellent exercice, au sein du lycée,
10:16de poser la question de la démocratie, du vote et des institutions.
10:20Et qu'on rediscute de tous ces sujets-là.
10:22Bonjour M. Jadot, que pensez-vous de mettre en place un congé parentalité
10:26qui remplacera les congés respectifs maternoté et paternoté,
10:29et ainsi de laisser à tous les couples, qu'ils soient hétérosexuels ou homosexuels,
10:33le choix de se répartir les congés liés à la descente d'enfants ?
10:36Congé parentalité, oui.
10:38D'ailleurs, dans mon projet, c'est 16 semaines, dont 8 obligatoires pour chaque parent.
10:44C'est un enjeu essentiel d'égalité.
10:48Et c'est un enjeu essentiel aussi, au fond, de retrouver du sens à sa vie.
10:54Il y a déjà, à ce jour, plus de 17 féminicides en France pour l'année 2022.
10:59Quelle campagne allez-vous mettre en place pour mettre fin aux violences conjugales ?
11:03Les violences faites aux femmes, ça devait être la grande cause nationale de ce quinquennat.
11:09Il y a eu plus de 600 féminicides pendant ce quinquennat.
11:12Parce qu'on n'y a pas mis les moyens.
11:14Moi, ce que je propose, c'est de mettre un milliard d'euros sur la table.
11:18C'est la proposition, le projet porté par les associations.
11:23C'est aussi ce qui a démontré son efficacité en Espagne.
11:27Ça permet quoi, ce milliard ?
11:29Ça permet de former tous les personnels, notamment dans les services publics.
11:34Ça permet d'avoir une police spécialisée et une justice spécialisée.
11:39Parce qu'on voit qu'aujourd'hui, on est à moins de 1% des viols et tentatives de viols
11:45qui sont punis de fait par la justice.
11:49Ça permet aussi de créer de l'accueil, de l'hébergement d'urgence.
11:554 femmes sur 10 aujourd'hui qui appellent au secours du fait des violences conjugales
12:00ne trouvent pas d'hébergement d'urgence.
12:03Ça permet aussi de pouvoir porter plainte, pas simplement au commissariat.
12:08Je l'ai dit, il faut améliorer l'accueil, la formation des policières et des policiers.
12:13Mais trop souvent, c'est ce qu'on appelle la double peine.
12:17Mais il faut aussi qu'on puisse porter plainte à l'hôpital, dans des centres médicaux.
12:22C'est évidemment les bracelets d'éloignement, toutes les mesures d'éloignement de l'homme violent.
12:29C'est enfin les téléphones de grande urgence.
12:34Et puis c'est travailler, je le disais tout à l'heure, à l'école
12:38pour faire en sorte qu'il y ait une vraie éducation à la vie affective,
12:42une vraie éducation contre les violences, pour la tolérance
12:47et une vraie éducation sur le consentement.
12:53Pour l'armée, je maintiens la loi de programmation militaire
12:56parce que c'est une loi qui aujourd'hui permet de rattraper un certain nombre d'équipements militaires,
13:02y compris l'équipement de nos soldats.
13:05Donc il faut absolument rattraper ça.
13:08On a trop d'équipements vieillissants, beaucoup en maintenance.
13:15Et donc il faut remettre notre armée au niveau.
13:18Et puis je défends une politique européenne de la défense
13:22parce qu'on le voit bien avec les atrocités, les crimes de guerre que fait Poutine en Ukraine.
13:30On le voit bien sur pas mal de situations.
13:32C'est l'Europe aujourd'hui qui doit se donner les moyens de protéger, d'intervenir.
13:39Et pas simplement la France.
13:41On l'a vu au Sahel, ça pose des problèmes quand c'est uniquement la France.
13:44Évidemment la France jouera un rôle important là-dedans.
13:47Mais pour moi, il faut d'urgence construire cette politique européenne de défense.
13:53Bonjour M. Yannick Jadot.
13:55Ma question, c'est quelle serait votre attitude aujourd'hui,
13:59si vous étiez président de la République, face à Vladimir Poutine,
14:04indépendamment de celle de vos confrères de la communauté européenne ?
14:10Merci.
14:11Avant le 24 février, date de l'invasion de l'Ukraine par la Russie,
14:17moi j'avais demandé à ce que le président de la République,
14:21président de l'Union Européenne, s'organise collectivement
14:26avec les autres dirigeants européens pour organiser un sommet à Kiev,
14:30montrer notre solidarité, notre fermeté, notre unité,
14:34et même pour rencontrer Vladimir Poutine.
14:37Moi je n'ai pas aimé un président de la République française
14:40qui tutoie Vladimir Poutine.
14:43Vladimir Poutine, il a massacré, rasé Grozny en Tchétchénie,
14:48il a bombardé les populations civiles à Alep, il empoisonne ses opposants,
14:52il avait déjà fait une guerre en Ukraine.
14:54Pour moi, Poutine, ça ne peut pas être un copain,
14:57c'est un dirigeant avec qui il faut parler,
14:59mais il faut lui parler de manière collective.
15:03Maintenant, on voit bien qu'on ne va pas déclarer la guerre à la Russie,
15:09ni la France, ni l'OTAN, ni l'Union Européenne.
15:12Ça veut dire quoi ?
15:13Ça veut dire qu'en fait, il faut faire tout le reste.
15:16Les sanctions, on a déjà commencé,
15:18il faut aller traquer les milliardaires absolument partout,
15:21dans n'importe quel paradis fiscal,
15:23il faut traquer leur fortune, leur patrimoine.
15:25Deuxièmement, ça veut dire soutenir la résistance ukrainienne.
15:30Ce n'est jamais simple de prendre cette décision,
15:32mais ce sont des femmes et des hommes qui défendent leurs maisons, leurs rues,
15:36qui défendent leur liberté, qui défendent la démocratie,
15:40et à défaut d'aller faire la guerre contre la Russie,
15:44il faut leur donner les moyens de se défendre.
15:47Moi, je ne capitule pas face à un tortionnaire, face à un criminel de guerre,
15:51j'aide les Ukrainiennes et les Ukrainiens à se défendre.
15:54C'est ce que la France aurait dû faire à l'époque de la guerre d'Espagne,
15:58aider les Républicains face aux fachos,
16:01et au fond, c'est ce que les Anglais et les Américains ont fait
16:04quand on était occupés pendant la Seconde Guerre mondiale.
16:06Et puis dernièrement, c'est imposer l'embargo sur le gaz et le pétrole
16:12venant de Russie.
16:14Depuis le début du conflit, on doit être autour de 15 milliards d'euros
16:18de factures que nous avons payées à Poutine pour son gaz et son pétrole.
16:23C'est ce qui lui permet d'alimenter, vous vous en doutez bien, son effort de guerre.
16:28Alors, comme on a du gaz jusqu'à l'hiver prochain,
16:31il faut s'organiser pour réduire notre consommation de gaz.
16:35Moi, je veux qu'il y ait un acheteur de gaz unique européen
16:38pour favoriser notre approvisionnement potentiellement ailleurs,
16:41qu'on mette le paquet sur l'isolation des bâtiments publics, des logements,
16:45pour les rénover.
16:47C'est bon pour le confort, c'est bon pour le pouvoir d'achat,
16:49c'est bon pour le climat, mais c'est aussi bon pour réduire
16:52notre dépendance face au gaz russe.
16:54Et puis je veux, ce que je ferai là, c'est de sortir Total de Russie,
16:58un grand groupe national français qui est complice des crimes de guerre en Russie,
17:04en allant chercher toujours plus de gaz, toujours plus de pétrole.
17:08Total, c'est 15 milliards d'euros de bénéfices l'année dernière
17:12sur le dos des consommateurs, sur le dos du climat,
17:15et maintenant sur le dos des Ukrainiens.
17:17Ça suffit, il faut imposer à Total un minimum d'éthique,
17:20de responsabilité dans le monde d'aujourd'hui.
17:23Que pensez-vous du Bitcoin et des crypto-monnaies ?
17:26Écoutez, là, on a vu quand même que dans la séquence,
17:29après quelques années d'envolée, c'était plus instable.
17:33Pour moi, j'appelle ça au fond des crypto-actifs.
17:36C'est du placement, mais il y a la volonté derrière,
17:40c'est qu'un peu comme toute cette nouvelle économie,
17:43il y a parfois une volonté de liberté derrière,
17:47une volonté de sortir des contrôles des institutions, des États.
17:51Mais attention, c'est aussi hautement spéculatif,
17:55et ça peut mettre en danger pas mal d'épargnants,
17:59à travers notamment le Bitcoin, il y en a d'autres.
18:05Et puis attention à l'impact climatique de tout ça,
18:09parce que ça bouffe beaucoup, beaucoup, beaucoup d'énergie.
18:12Bonjour M. Jadot, j'aimerais savoir si vous comptez légaliser la GPA
18:16au même titre que la PMA l'est actuellement,
18:19et si vous comptez la mettre en place,
18:21est-ce qu'il y aura des conditions spécifiques pour y avoir accès ?
18:25GPA, non, je ne compte pas légaliser la GPA
18:28à partir du moment où il y a une marchandisation du corps des femmes.
18:34Cette marchandisation-là, je m'y oppose totalement.
18:38La seule GPA que je pourrais entrevoir,
18:42c'est par exemple deux sœurs qui s'organisent
18:46pour qu'il y en ait une qui porte le bébé de l'autre.
18:50Là, il est clair que ce n'est que de la générosité,
18:53il n'y a aucun échange monétaire,
18:55on ne peut pas marchandiser le corps des femmes.
18:58Bonjour M. Jadot, je suis Blaise Bonalla,
19:00qui lève de troisième à Montpellier.
19:02Je suis un grand fan de politique
19:04et je voulais savoir si vous étiez pour l'euthanasie.
19:07Je suis pour l'euthanasie.
19:09Il faut évoluer par rapport aux lois Léonetti notamment,
19:13parce qu'aujourd'hui, le système n'est pas clair.
19:16À partir du moment où il y a une volonté exprimée
19:19sur le dernier moment de sa vie,
19:21c'est quand même un moment sacrément important,
19:23il faut pouvoir le choisir sans renvoyer la responsabilité
19:28soit à la famille, soit au corps médical.
19:30Donc oui, pour l'euthanasie.
19:32Merci à M. Jadot d'avoir oeuvré à la désunion de la gauche
19:36et donc de son échec en 2022.
19:38Il y a un an, je réunissais toute la gauche autour de la table
19:42pour travailler sur un projet commun
19:45de réussite d'un rassemblement
19:47qui porte l'écologie et la justice sociales au pouvoir.
19:51Il ne vous a pas échappé que ni Jean-Luc Mélenchon
19:54ni Annie Hidalgo n'ont souhaité travailler à ce projet commun.
19:59Donc à partir de là, moi j'ai participé à une primaire citoyenne
20:04de tous les écologistes pour porter une candidature écologiste
20:07parce que face au dérèglement climatique,
20:10face à l'effondrement de la biodiversité,
20:12face aux injustices sociales criantes
20:15et parce que l'écologie est indissociable de la démocratie,
20:20je porte un projet spécifique dans cette campagne présidentielle.
20:24Bonjour M. Jadot,
20:26regrettez-vous d'avoir qualifié Éric Zemmour de juif de service ?
20:30J'ai qualifié Éric Zemmour de juif de service.
20:33L'expression n'était peut-être pas heureuse
20:35mais en vrai je n'en ai pas trouvé d'autre
20:37parce qu'on m'a dit « idiot utile »
20:39mais en fait Éric Zemmour est tout sauf un idiot.
20:41Pourquoi j'ai dit ça ?
20:43Parce que Éric Zemmour et notamment toute la droite antisémite
20:47qui le soutient,
20:49au fond justifie ce soutien par la judéité d'Éric Zemmour.
20:54Lui-même dit « mais je ne peux pas avoir des nazis autour de moi,
20:57je ne peux pas avoir des antisémites autour de moi
20:59parce que je suis juif ».
21:01Et bien vous savez, j'ai dit ça
21:03et dans la communauté juive
21:05il y a beaucoup de personnes
21:07qui m'ont remercié du combat que j'ai mené
21:10pour dénoncer toute la duplicité d'Éric Zemmour.
21:14Éric Zemmour, il considère que Dreyfus était coupable,
21:18il considère que Pétain,
21:20dans la déportation des juifs, est innocent.
21:24Désolé, il sert aujourd'hui toute une extrême droite
21:29qui s'assume, qui s'affirme antisémite.
21:33J'ai voulu le dénoncer,
21:35je ne l'ai peut-être pas fait avec les meilleurs mots
21:37mais il est impératif
21:40dans ce moment où les médias
21:44tentent à considérer que ce qui est radical,
21:46que ce qui est disruptif, c'est sympa.
21:49Ben non, ce n'est pas sympa.
21:51Le racisme, l'antisémitisme, le révisionnisme,
21:53ce n'est pas sympa.
21:55Bonjour M. Jadot, voici ma question.
21:57Quelles mesures concrètes proposeriez-vous
21:59contre la chasse ?
22:01Contre la chasse, j'ai proposé
22:03d'interdire la chasse le week-end
22:05et pendant les vacances scolaires
22:07parce que je veux que tout le monde puisse accéder à la nature,
22:09vététiste, randonneur,
22:11famille évidemment,
22:13où on se balade seul,
22:15sans avoir la trouille
22:17et sans se faire tirer dessus, c'est tout simple.
22:19Donc effectivement,
22:21le week-end et les vacances scolaires,
22:23c'est sans chasse.
22:25On interdit toutes les chasses cruelles
22:27comme la chasse à courre.
22:29On interdit l'élevage pour la chasse.
22:31Vous savez qu'il y a près de 20 millions d'animaux
22:33qui sont élevés chaque année dans notre pays
22:35pour être tirés
22:37dès qu'ils sont sortis de la cage.
22:39Et puis, évidemment,
22:41on a un contrôle beaucoup plus strict
22:43sur la capacité
22:45des chasseurs
22:47à tenir une arme
22:49et à chasser.
22:51On a quand même eu ces derniers temps
22:53une jeune femme tuée, d'autres.
22:55Il y a un an, c'était
22:57Morgan Kin qui était tué.
22:59Et tout ça est profondément choquant,
23:01le fait de se faire tirer dessus
23:03simplement parce qu'on aime la nature.
23:05Bonjour M. Jadot, je m'appelle Laetitia
23:07et voilà ma question aujourd'hui.
23:09N'est-ce pas difficile
23:11de se considérer écologiste
23:13quand on soutient
23:15l'élevage
23:17et l'industrie de la viande en général ?
23:19Alors, j'ai toujours dit dans cette campagne
23:21que ma première mesure serait
23:23d'engager la sortie de l'élevage industriel.
23:25Cet élevage industriel
23:27qu'on voit à travers les vidéos d'L214
23:29qui montre une souffrance absolument insupportable.
23:31Je l'ai dit aussi,
23:33on mettra immédiatement fin
23:35à l'élevage en cage
23:37et d'aller vers
23:39une agriculture,
23:41un élevage paysan,
23:43un élevage de qualité,
23:45un élevage où les animaux
23:47voient l'extérieur
23:49pour qu'il y ait plus de respect des animaux.
23:51C'est aussi la réforme
23:53de l'abattage des abattoirs
23:55pour que,
23:57au fond, on fasse cette transition
23:59qui respecte davantage les animaux.
24:01Mais c'est vrai que c'est aussi
24:03un processus
24:05d'éducation, d'apprentissage,
24:07de réduire sa consommation de viande
24:09dans notre pays.
24:11Il faut le faire,
24:13parce que la consommation de viande,
24:15c'est mauvais pour la santé,
24:17si c'est excessif évidemment,
24:19c'est mauvais pour le climat,
24:21c'est de la souffrance animale,
24:23donc il faut faire ce travail
24:25d'éducation pour réduire
24:27et vouloir stopper la production électrique
24:29des centrales nucléaires et de la remplacer
24:31par des énergies renouvelables.
24:33Pouvez-vous, de manière concrète,
24:35car énergie renouvelable, c'est tout
24:37et rien à la fois, nous expliquer
24:39par quel procédé pensez-vous garantir
24:41une indépendance énergétique
24:43de la France ? L'indépendance énergétique
24:45de la France, c'est effectivement
24:47dépendre du soleil, du vent,
24:49de la géothermie,
24:51de l'eau, de la biomasse,
24:53des énergies marines,
24:55donc tout le spectre des énergies
24:57renouvelables, plutôt que
24:59de Poutine, des pétromonarchies
25:01du Golfe ou
25:03du Kazakhstan. L'indépendance
25:05énergétique, ça ne peut pas être le nucléaire.
25:07La moitié de notre nucléaire,
25:09tout notre uranium, les 8 à 9 000 tonnes
25:11d'uranium que nous utilisons
25:13chaque année, c'est 100% importé.
25:15Pouvez-vous assurer à vos électeurs
25:17que vous ne ferez pas partie d'un gouvernement
25:19Macron ? C'est toujours assez étonnant
25:21comme question, vu
25:23que vous savez, le seul débat qu'il y aura
25:25dans cette campagne
25:27avec Macron, c'est moi qui l'ai eu au Parlement
25:29européen. Je vous invite
25:31à regarder cette vidéo.
25:33Vous verrez qu'avec Emmanuel Macron,
25:35on ne porte pas du tout,
25:37mais pas du tout, le même projet de société.
25:39C'est-à-dire que si demain on vous propose d'être
25:41ministre de l'écologie... Ben non.
25:43Je ne vais pas être le ministre de l'écologie
25:45qui va construire de nouveaux réacteurs nucléaires.
25:47Le ministre de l'écologie
25:49qui va soutenir le fait qu'il y ait moins
25:51de paysans, plus de pesticides.
25:53Le ministre de l'écologie qui
25:55ne fait rien contre
25:57la pollution de l'air parce qu'il y a des lobbies derrière.
25:59Le ministre de l'écologie
26:01qui ne défend pas la nature.
26:03Le ministre de l'écologie
26:05qui va aller déjeuner tous les midis
26:07avec le lobby de la chasse parce que c'est l'instruction
26:09du président de la République. Non.
26:11Ça, c'est pas mon écologie.
26:14D'ailleurs, je pense que ce n'est pas l'écologie du tout.
26:16Si la question vous est posée, j'imagine que c'est aussi
26:18parce que par le passé, on a pu voir
26:20des personnes qui étaient parfois très critiques envers le président
26:22de la République. On l'a vu, par exemple, dans la campagne
26:242017, des Gérald Darmanin,
26:26d'Edouard Philippe qui a des propos très
26:28véhéments, même parfois
26:30plus véhéments que les autres, et qui au final
26:32ont été Premier ministre,
26:34ministre de l'Intérieur.
26:36Je n'ai pas fait ma vie en politique.
26:38Moi, j'ai 30 ans d'engagement
26:40écolo, en fait. J'ai 30 ans
26:42d'engagement écolo, j'ai été en Afrique,
26:44j'ai été en Asie, j'ai participé
26:46à la construction du mouvement altamondialiste,
26:48j'ai dirigé les campagnes de Greenpeace
26:50et les combats que je porte au Parlement
26:52européen, je veux dire, ne laissent
26:54aucune ambiguïté sur mes convictions,
26:56sur ma détermination.
26:58Que Macron ait réuni en
27:002017 des gens qui pensaient
27:02au fond la même chose et qui avaient gouverné de la
27:04même façon entre socialistes et républicains,
27:06ça n'était pas surprenant.
27:08Qu'aujourd'hui, il continue
27:10à réunir un peu plus de gens,
27:12mais là, qui sont vraiment ceux qui
27:14veulent leur dernier ticket pour monter sur le
27:16tour de manège, c'est le dernier tour de manège
27:18pour eux, ils sont prêts à venir
27:20et ils sont prêts à monter sur la péniche,
27:22dans l'hélicoptère, sur la licorne,
27:24pour être sûrs d'avoir un ticket dans le quinquennat
27:26qui vient.
27:28Ça n'est ni ma vie, ni mes convictions
27:30et je pense que 30 ans
27:32d'engagement pour l'écologie et la solidarité
27:34m'exonèrent
27:36de tout ce type de
27:38rumeurs ou
27:40de possibilités. – Une dernière question, justement,
27:42comment on fait aujourd'hui pour lutter contre les lobbys ?
27:44On voit qu'aujourd'hui, la puissance des lobbys,
27:46elle est très importante, notamment
27:48par rapport à l'écologie.
27:50– Il faut extirper les lobbys des politiques publiques.
27:52C'est vrai que ce quinquennat,
27:54particulièrement,
27:56a vu les lobbys gouverner le pays.
27:58Les lobbys des pesticides,
28:00les lobbys de l'élevage industriel,
28:02les lobbys de la chasse,
28:04le lobby du nucléaire, le lobby du pétrole.
28:06En permanence,
28:08chaque décision publique
28:10a été impactée,
28:12parfois même décidée directement
28:14par les lobbys.
28:16Dans mes 100 premiers jours,
28:18il y aura une loi de séparation
28:20de l'intérêt général et des intérêts privés,
28:22donc une loi anti-lobby,
28:24pour justement,
28:26à la fois qu'il y ait une transparence complète
28:28sur les processus d'élaboration
28:30des lois,
28:32les processus de décision,
28:34et puis c'est évidemment arrêter
28:36tous ces allers-retours entre le public
28:38et le privé qui fait que,
28:40par exemple, d'anciens conseillers
28:42à l'Elysée, d'anciens conseillers
28:44à Bercy, à Matignon, dans les ministères,
28:46se retrouvent dans les entreprises
28:48sur les mêmes sujets qu'ils étaient censés
28:50traiter au nom de l'intérêt général avant.
28:52Et bien ça, c'est profondément choquant,
28:54ça n'arrivera pas avec
28:56les écologistes qui gouvernent. Là aussi,
28:5830 ans de combat
29:00contre les lobbys font que
29:02si on accède au pouvoir,
29:04c'est pas pour gouverner
29:06avec eux ou pour eux.