"Arrêtons de dire qu'on perd du temps parce qu'on perd du temps à dire qu'on perd du temps."
2e semaine de débats sur la réforme des retraites à l'Assemblée…
2e semaine de débats sur la réforme des retraites à l'Assemblée…
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00:00Qu'est-ce qu'on fait ici ?
00:02Oukéti, Oukéti !
00:03Qu'est-ce que c'est que ce comportement ?
00:05Je trouve désobligeant de considérer que notre collègue de droite est une planche pourrie.
00:09Pardon ?
00:10C'est insupportable d'avoir ce débat dans cet hémicycle.
00:13Or, à chaque fois que nous abordons une question,
00:15à chaque fois que nous voulons poser des questions,
00:18à chaque fois, vous, vous prenez la parole
00:20et vous nous renvoyez qu'il y a 41 000 amendements à débattre
00:24sur un projet de loi fondamental.
00:2641 000 amendements, c'est de trop.
00:28Mais enfin, à partir de combien d'amendements, c'est soutenable pour vos petits cœurs ?
00:32C'est insupportable quand même.
00:34Vous en voulez combien des amendements pour que ce soit acceptable ?
00:37200 ? 500 ?
00:38À partir de 1 000, ça passe.
00:401 500, c'est de trop.
00:41Mince, alors on est dans un hémicycle, on est à l'Assemblée nationale.
00:45Si on ne peut pas débattre ici, avec le nombre d'amendements qu'il faut,
00:48pour vous pousser à dire la vérité,
00:50pour avoir le débat de fond sur les sujets qui nous préoccupent,
00:53alors on les aura où ces débats ?
00:55Dans la rue ? C'est ça ce que vous voulez ?
00:56Que chacun arrête, quand il prend la parole, de dire qu'on perd du temps.
01:01Allons sur le fond systématiquement, mais arrêtons de dire qu'on perd du temps,
01:05parce qu'on perd du temps à dire qu'on perd du temps.
01:07Depuis lundi, j'ai l'impression d'être la marmotte
01:12dans le film Un jour sans fin, avec Bill Murray et Andy MacDowell.
01:19Alors, dans le rôle de Bill Murray, on a Marc Le Fur,
01:25et je pense qu'on peut dire que dans le rôle d'Andy MacDowell,
01:29on a la présidente Genevar.
01:31Monsieur Balanand, juste une remarque.
01:33Tous les jours, tous les jours.
01:35Ce matin, nous étions convenus qu'on n'intervenait pas pour dire qu'on perdait son temps.
01:41Juste la conclusion quand même, parce que dans le film Un jour sans fin,
01:47comment l'acteur s'en sort ?
01:49Il trouve enfin un sens à sa vie.
01:51Et moi j'aimerais bien qu'on trouve enfin un sens à ces débats.
01:55Merci, monsieur Balanand.
02:01Je vois que la Bretagne est en force ce soir.
02:05Il y a un jeu qu'on voit dans quelque part quartier parisien qui s'appelle le Bonto.
02:10Oukéti, Oukéti.
02:11Alors c'est tantôt ici, tantôt là.
02:13C'est jamais là où on l'imagine.
02:15Vous êtes en train de jouer au Bonto avec nous, monsieur le rapporteur général.
02:19Et vous aurez été complice de cette redistribution à l'envers.
02:26Bien.
02:29Alors, il n'est pas nécessaire de parler aussi fort dans les micros.
02:36Même quand on est passionné, monsieur Cazeneuve.
02:39Devoir, madame Belloubet, saisie officiellement de ce courrier.
02:43Monsieur Faure, avant que l'assurance soit levée,
02:47avant que vous alliez vous coucher,
02:48avant que j'aille me coucher,
02:50vous viendrez avec moi dans mon bureau,
02:52je vous ferai une photocopie, moi-même,
02:54de ce que j'ai fait parvenir à madame Rabault et à madame la garde des Sceaux.
02:57Peut-être que vous arrêterez de troubler nos débats.
03:00Croyez-vous que je vous mente, peut-être ?
03:03Tout de même, qu'est-ce que c'est que ce comportement ?
03:07Si je peux finir, monsieur le Président.
03:09Oui, moi j'ai fini en tout cas.
03:10Je ne vous ai pas agressé.
03:11Et ça n'a aucun lien avec...
03:12Non, mais vous, vous m'agressez.
03:14Ça a un lien.
03:15Si vous estimez que je vous ment, eh bien c'est agressif.
03:18Non, c'est pas agressif.
03:19Je rappelle au règlement...
03:20Je ne vous ai pas agressé.
03:21Non, absolument pas.
03:22Ce qui est en débat ici.
03:24Vous avez cet élément sur la tablette en appuyant en bas à gauche,
03:28mais je vais tout de même vous le dire,
03:3031 577 desquels il faut déduire les 17 amendements que nous allons mettre au vote.
03:39Ce qui fait toute la différence.
03:42Mais que voulez-vous à la fin ?
03:44Une opposition qui ne s'oppose pas,
03:46qui ne demande pas de supprimer les articles de loi et qui ne vote pas.
03:49Mais ça n'existe pas.
03:51Il y a quelque chose de totalitaire dont se rappelle sans cesse aux gens.
03:56Oui, oui, de totalitaire.
03:58Le totalitarisme, c'est ce côté absolument global.
04:02Vous ne nous offrez aucune possibilité d'entrer dans une discussion,
04:08car quoi que l'on dise, vous êtes compte et vous criez.
04:11Donc oui, l'autoritarisme, c'est l'antichambre du totalitarisme.
04:16Souvent, il est temps pour vous de vous retenir.
04:19Allez, moi, j'ai demandé une suspension de séance.
04:22Buvez un bon coup, respirez un bon coup d'air frais et ça ira mieux après.
04:26Alors, si on pouvait, en matière de décibels,
04:29descendre d'un cran, s'il vous plaît, ce serait pas mal.
04:32Je vais vous donner un scoop.
04:33Je vais vous expliquer le choix de l'année 1975.
04:38Donc, en fait, et c'est une première,
04:41le ministère a accepté de discuter avec le rapporteur que je suis sur le choix de l'année.
04:46En fait, initialement, nous avions pensé 1976.
04:51Monsieur le ministre, en 1976, avait un choix.
04:54Moi, j'avais un choix.
04:55Moi, je me rappelais de 1976 pour la chanson Gabriel.
04:58Et monsieur le ministre, c'était plutôt pour Dancing Queen.
05:00Mais nous nous sommes dit que 1976 allait cibler,
05:10allait rappeler un mauvais souvenir aux députés.
05:131976 allait rappeler un mauvais souvenir aux députés Joannicot
05:19et les Potos Carrés de Saint-Étienne.
05:21Donc, nous n'avons pas retenu 1976.
05:26L'année d'après, nous avons hésité avec 1983
05:30et la victoire de Yannick Noir, Roland Garros.
05:32C'était une bonne année.
05:341993 était une très bonne année dans le Bordelais.
05:39Mais à la fois, les députés Bourguignon et la députée Bourguignon
05:43allaient risquer d'être concernés, donc on a hésité.
05:47Et donc, après moultes discussions, nous avons retenu l'année 1975.
05:54Je vais vous citer une citation qui m'est revenue tout à l'heure.
05:57Je ne l'avais pas prévue.
05:58Certains parmi vous ont déclaré « La République, c'est moi ».
06:01Eh bien, moi, je vous dis que la République, c'est nous et vous, vous n'êtes rien.
06:07Là, je regrette, mais quand j'entends 600 amendements de suite
06:13et que demain, on va avoir la même chose,
06:15quel est mon rôle ?
06:17Quel est mon rôle ? Apparaître le pantin au milieu d'un cinéma de guignol.
06:22C'est ma perception.
06:24Je regrette, ce n'est pas sérieux.
06:29Vous avez une vraie opposition, elle est légitime, votre opposition.
06:32Elle est légitime, mais ce mode de fonctionnement,
06:35à chaque fois, vous exprimez vos arguments, à chaque fois, on y revient.
06:41Une série de 600 amendements, je suis désolé,
06:45on ne fait pas grandir collectivement le Parlement.
06:48Alors, je vais présenter mes excuses sur le fait de dire que vous n'êtes rien.
06:54Mais il y a un moment donné, je vous dis, c'est le bonhomme qui vous parle.
07:00J'essaye d'être présent, j'essaye d'être au banc.
07:03J'ai une équipe de co-rapporteurs avec lesquels on a bien travaillé.
07:06Et là, on desserre, je vous assure qu'on desserre le fonctionnement du Parlement.
07:12Si vous n'en êtes pas convaincu, on fait quel rôle ?
07:14On ne se parle qu'à nous-mêmes.
07:15Mais quelle va être l'image demain dans les médias ?
07:17L'image de gens qui s'amusent et qui passent le temps avec 800.
07:21Et puis, ça ne rime à rien.
07:23C'est ce que je voulais exprimer.
07:25Alors, je suis désolé de ma tournure qui était sur le coup de l'envolée,
07:30mais je vous assure qu'on se grandirait à faire autre chose.