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00:00Vous écoutez Culture Média sur Europe 1 9h30 11h avec Thomas Hill. Et ce matin Thomas,
00:05alléluia, vous recevez Thierry Frémaux, délégué général du Festival de Cannes et directeur de
00:11l'Institut Lumière pour son film Lumière, l'aventure continue qui sort au cinéma demain.
00:15Bonjour Thierry Frémaux, merci beaucoup d'être avec nous. Alors hier je recevais Karine Thuil,
00:20figurez-vous que dans son dernier roman elle parle de vous comme d'un dieu cannois en ajoutant
00:25que c'est lui qui décide de l'avenir des films. C'est vrai que vous avez dû en faire et défaire
00:30quelques carrières en tant que délégué général du Festival de Cannes. Est-ce que c'est vrai que
00:34vous faites peur à tout le monde ? Je ne fais pas peur à tout le monde mais on m'a dit que Karine
00:37Thuil en effet a mentionné ça. Non c'est vrai qu'on est pile à cette époque de l'année où en
00:42effet avec mes camarades des communautés de sélection, on va voir 2000 films en tout. Tous
00:48ne sont pas de vrais candidats à Cannes non plus mais il y en a quand même plusieurs centaines et
00:53il faut faire des choix. Alors qu'en face de glorieux destins c'est vrai qu'on les défasse,
00:59non parce que d'abord on a un très bon goût, on se trompe peu, en tout cas on essaie de faire
01:05notre mieux dans une espèce d'humilité, c'est-à-dire qu'il ne faut pas faire de complexes de supériorité
01:10face aux films quels qu'ils soient. Moi je pense d'abord que jamais aucun metteur en scène s'est
01:15levé le matin en disant tiens je vais réaliser un mauvais film. Non, ils y croient tous, ils ont
01:20fait le film de leur vie et il faut respecter ça. Et puis après c'est le principe, on envoie 2000,
01:25on en sélectionne 60 dont 20 pour la compétition et c'est un peu tendu. J'imagine qu'il doit y avoir
01:32une pression considérable aussi, une forme de lobbying aussi non ? Pression d'amour. Non mais
01:39ils y croient, j'ai le coutume de dire que c'est pas nous qui sélectionnons les films, c'est les
01:44films qui se font sélectionner par nous. Thierry, j'existe, je suis un film, je veux être à Cannes.
01:51Et bien sûr que si un metteur en scène ou un producteur se lève pas le matin en se disant
01:57j'ai fait le plus beau film du monde, ils le défendront jamais. Donc face à nous ils le
02:01défendent mais franchement on en a un beau respect. Et alors on va parler dans un instant de votre film
02:07À vous, Lumière, l'aventure continue qui sort demain au cinéma, Thierry Frémaux. Mais d'abord
02:11on va adresser votre portrait sonore, des petits sons pour mieux vous connaître. Voici le premier.
02:29Lion Presqu'île de Benjamin Biolay parce que vous avez grandi à Lyon comme Benjamin Biolay
02:33qui chante votre ville dans ce titre. Et surtout comme les frères Auguste et Louis Lumière,
02:38inventeurs du cinéma dont on va parler longuement ce matin. Est-ce que Lyon a été déterminant,
02:43vous pensez, dans cette passion que vous avez pour le cinéma, Thierry Frémaux ?
02:48Non, Lyon n'a pas été déterminant dans la naissance de la passion et dans l'accomplissement de cette passion,
02:52oui. C'est-à-dire qu'il se trouve que c'est tombé sur moi, je suis le jeune cinéphile lyonnais qui est
02:57tombé là, à ce moment-là, de la renaissance de la rue du premier film avec Bertrand Tavernier,
03:03avec Bernard Charder à qui le film d'ailleurs est dédié. Et j'étais jeune cinéphile, je leur ai dit
03:09vous n'avez pas besoin de gens pour vous aider. A cette époque-là, on était bénévole pour tout,
03:13donc j'ai été bénévole longtemps et j'ai tout de suite aimé les films Lumière et j'ai tout de suite
03:18vu qu'il ne fallait pas en parler comme des espèces d'objets scientifiques un peu studieux,
03:22mais comme de véritables objets de cinéma. Et elle remonte à quand cette passion ? C'est quoi
03:28votre premier souvenir du cinéma ? Mais comme vous je pense, c'est-à-dire Walt Disney ou...
03:33Babe, le cochon dans la ville ? Vous vous souvenez de votre premier film, du premier film que vous avez vu ?
03:39J'ai l'habitude de dire que c'était Blanche-Neige dans une salle à Brunois, dans l'autre banlieue parisienne,
03:44mais je me souviens surtout qu'on était arrivé en retard dans le noir et que cette énorme pièce
03:50dans le noir avec un truc sur l'écran qui brillait, les gens qui regardaient, c'est pour ça que j'ai eu
03:55une passion pour les salles de cinéma. Et c'est pour ça d'ailleurs qu'en 2025, quand on dit cinéma,
03:59on dit aller au cinéma. Allez, prochain extrait sonore !
04:15Votre première montée des marches avec Moulin Rouge, Thierry Frémaud, présentée en avant-première à Cannes,
04:20c'était en 2001, quand vous devenez délégué du festival. Au départ, vous n'étiez pas très chaud pour ce boulot ?
04:27J'étais très chaud, mais j'étais tellement bien à Lyon. Il y avait un joueur de foot de l'Olympique lyonnais
04:33qui s'appelait Serge Chiesa, vous êtes trop jeune, et Chiesa avait fui un rassemblement de l'équipe de France
04:39parce qu'il voulait rentrer chez lui. Et moi, je me souviens, j'étais gosse et ça m'avait impressionné.
04:43Et donc, on était bien à Lyon, il y avait beaucoup de choses à faire, qu'à la fois le ministère de la Culture
04:48et Gilles Jacob, qui était le président, m'ont laissé faire, et à 30 années, c'était l'heure de garder un pied à Lyon et de faire les deux.
04:54Et ce n'était pas ma première montée des marches, d'ailleurs, c'était la première fois où j'accueillais ceux qui montaient les marches
05:00aux côtés de Gilles Jacob, et en effet, c'était Nicole Kidman.
05:04Et pourquoi vous avez mis 15 jours à lui répondre à Gilles Jacob ?
05:08C'était l'idée de rester à Lyon ? C'était l'impression que ça représentait aussi ?
05:14D'abord, c'est des convictions assez provinciales.
05:18Vous êtes d'ici ?
05:19Non, de province aussi, d'Angers.
05:20Si on est tous à Paris, à un moment, qu'est-ce qu'on fait du reste du pays ?
05:24Bon, le reste du pays va pas mal, mais il y avait un peu de ça, c'est-à-dire, restons là, chez nous.
05:30Je voyage beaucoup, et plus je voyage, et plus je suis attaché à là où je suis attaché.
05:36Allez, prochain extrait.
05:44Camille Saint-Saëns, le carnaval des animaux, qui est aujourd'hui, évidemment,
05:48connu pour être la musique du festival de Cannes.
05:51Et c'est vrai que petit à petit, votre rôle s'est étoffé, Thierry Frémaux, à Cannes.
05:55Le prochain festival, il se tiendra du 13 au 24 mai.
05:58La présidente du jury est Juliette Binoche.
06:00Est-ce que vous savez déjà qui sera dans le jury ?
06:02Moi, je le sais déjà, pas elle.
06:04D'abord, le jury n'est pas au complet, c'est pas tout à fait exact.
06:07Mais je sais déjà ceux et celles qui la rejoindront.
06:11Il y en aura 8 personnes, c'est un jury de 9 personnes.
06:15Chacun a sa voix, c'est un chiffre impair.
06:18Et Juliette, à la fois c'est la tradition, elle m'a dit,
06:22je ne veux pas savoir, tu me diras à la fin.
06:24Ah, le président ne participe pas à la constitution du jury ?
06:27Non, parce que dans le passé, c'était déjà arrivé.
06:29Et quand un président ou une présidente choisissait,
06:32plus particulièrement tel ou tel jury, les autres se sentaient moins choisis.
06:36Donc du coup, c'est le festival qui compose le jury.
06:39Les jurys, parce qu'il y a aussi des jurys dans d'autres catégories.
06:43Et alors, vous avez une deuxième grande passion dans la vie.
06:46On a commencé à en parler tout à l'heure avec Sacha Nokovitch.
06:48Et en recherchant une chanson qui pouvait l'illustrer, je suis tombé sur ça.
06:52Le judo, c'est la voie de la douceur.
06:56A chaque combat, on trouve sa valeur.
07:00On dirait du mauvais Clio.
07:02Le judo, c'est la voie de la douceur.
07:04C'est une passion infinie pour vous, Thierry Frébeau.
07:06Vous pratiquez toujours le judo ?
07:08Je pratique moins l'entraînement parce que je n'ai pas le temps.
07:10Puis le judo, c'est comme pour tous les sports.
07:12Il faut être régulier, il faut s'entraîner.
07:14Donc je fais plutôt plus de vélo maintenant.
07:16Mais je mets toujours le kimono.
07:18Un kimono d'ailleurs, le dernier en date, qui m'a été offert par Thierry Riner.
07:21J'en suis d'autant plus fier et j'en fais d'autant plus usage.
07:24Et vous êtes ceinture noire.
07:25Oui, oui.
07:26Quatrième Dan.
07:27Quatrième Dan.
07:28Je suis très fort.
07:29Je suis un professeur.
07:30Ça vous a déjà servi dans la vie ?
07:31Oui, ça m'a servi.
07:32Mais pas pour me battre.
07:33Pour ne pas me battre.
07:35Vous savez, les judokas, on vous apprend à avoir une telle conscience de votre force
07:39que vous n'êtes pas obligé de la montrer.
07:41Je sais bien.
07:42Vous parlez vous-même à un judoka émérite.
07:45Puisque j'étais quand même ceinture orange, je le rappelle.
07:47Alors, vous tremblez Thierry Frémaux ?
07:49Calme.
07:50Allez, on va parler de votre film dans un instant, Thierry Frémaux,
07:53qui nous raconte la naissance du cinéma.

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