La réalisatrice Blandine Lenoir revient sur son parcours et son travail, à l’occasion d’une rencontre exceptionnelle à laquelle elle a souhaité convier Marie Le Garrec (costumière et cheffe-décoratrice), Marion Dehaene (assistante mise en scène) et Bertrand Belin (compositeur, écrivain, acteur).
Séance enregistrée le 8 février 2025 au Forum des images.
Dans le cadre de la hématique Elles sont là pour rester, 10 réalisatrices aujourd’hui en France.
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Institution culturelle de la Ville de Paris, le Forum des images est au cœur de la ville.
Rencontres, cours de cinéma et conférences, thématiques, festivals… Le forum de toutes les images.
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00:00:00Bonjour, merci d'être nombreux avec nous ce soir, on est dans ce programme consacré
00:00:17à dix réalisatrices en France et c'est la semaine consacrée à la rétrospective
00:00:23et carte blanche.
00:00:24Alors venez vous asseoir, je voulais que Blandine soit au milieu, asseyez-vous, c'est très
00:00:30bien là, c'est très bien, et donc on est très heureux pour cette rencontre, comme
00:00:36on a demandé à toutes ces invitées d'inviter elles-mêmes des collaborateurs et des collaboratrices,
00:00:44donc je vais vous présenter les invités de Blandine, donc Blandine Lenoir est au milieu,
00:00:48pour ceux qui ne la connaissent pas.
00:00:50A mes côtés j'ai Marion Houdéenne, vous êtes assistante réalisatrice, vous travaillez
00:01:01première assistante, vous avez travaillé beaucoup avec François Ouzon, Arnaud Despléchins
00:01:05et ensemble vous avez travaillé sur Annie Colère.
00:01:08A côté Marie Legarec, vous êtes chef costumière décoratrice et vous avez travaillé avec
00:01:15de nombreuses réalisateurs et actrices avant et Solveig Hanspark notamment, de qui vous
00:01:19étiez je crois assez proche, comme Blandine, et vous avez travaillé sur trois longs-métrages
00:01:24de Blandine Lenoir, voilà, Aurore, Annie Colère et Juliette au printemps le dernier,
00:01:29et puis Bertrand Belin, vous êtes auteur, compositeur, je fais comme à la Radio Vendée,
00:01:34mais aussi romancier, parce que Bertrand vient de publier son huitième, septième, oui on
00:01:40compte plus, en tout cas chez POL c'est le cinquième roman, La figure, qui est sorti
00:01:45il y a vraiment trois semaines, très peu de temps, vous êtes aussi acteur, on vous
00:01:49voit un peu, bah si quand même, dans les films des Frères Larieux, ou on vous verra
00:01:54dans L'amour et les forêts de Valérie Donzelli, qu'on programme au mois de mars, voilà,
00:01:59parce que Valérie Donzelli est une autre de nos invitées, voilà, donc est-ce que peut-être
00:02:08pour commencer, Blandine et puis vous tous et toutes, vous pouvez nous juste dire un
00:02:13petit mot sur, rapide, sur les conditions un peu dans lesquelles vous vous êtes rencontrées,
00:02:17depuis combien de temps vous vous connaissez, il y a des gens que vous connaissez depuis
00:02:20un peu plus longtemps que d'autres je crois, juste voilà, allez commencez à démarrer
00:02:23un peu vos différentes collaborations, c'est allumé.
00:02:26Alors bonsoir tout le monde déjà, et bah Marion s'est connue pour Annie Colère,
00:02:32ça a été une expérience de travail merveilleuse, et hélas, comme on se tutoie, on va se tutoier,
00:02:41comme tu l'as dit, Marion est hyper demandée par beaucoup de réalisateurs, donc hélas
00:02:46on n'a pas pu travailler ensemble sur Juliette au printemps, mais on va se venger un jour,
00:02:51j'en suis sûre.
00:02:52Marie Le Garec, on s'est connue par notre amie commune Solveig Hanspach, et Marie donc
00:02:59elle a travaillé d'abord aux costumes sur Aurore, mais un peu aussi à l'accessoirisation,
00:03:05à Nicolère elle faisait costumes et décors, ce qui était beaucoup parce que c'était
00:03:09vraiment un film compliqué quand même, d'époque etc, et sur Juliette au printemps
00:03:14elle faisait le décor, et c'était Anne Blanchard, qui était un peu ton assistante
00:03:21sur Annie Colère, qui était la chef costumière, donc on restait quand même un peu dans le
00:03:25même genre d'équipe finalement, et Bertrand s'est connu adolescent.
00:03:31Gros suspense dans la salle.
00:03:36Ouais, ça fait vraiment très très longtemps, et donc quand j'ai fait mon premier court-métrage
00:03:41en réalisatrice à 25 ans, avec Marinette, c'est très naturellement que j'ai demandé
00:03:48à Bertrand d'écrire la musique, et même je peux dire avec Marinette, quand même, c'était
00:03:54mon premier court-métrage que j'ai écrit d'après les souvenirs de ton adolescence
00:04:01que tu m'avais raconté sur des petites cassettes, et puis après Bertrand a fait la musique
00:04:06de tous mes films sans exception, sauf Monsieur l'abbé, parce qu'il n'y avait pas de musique
00:04:11du tout pendant le film, et pour le générique, j'avais demandé à Bertrand une fanfare,
00:04:16il m'avait dit que c'était un peu compliqué, et du coup j'avais pris un morceau existant
00:04:22d'un monsieur qui s'appelle Lacaille, et voilà, c'est la seule fois où j'ai fait
00:04:28un film sans Bertrand.
00:04:29C'est la fidélité.
00:04:30On reviendra sur la musique tout à l'heure.
00:04:32Est-ce que dans la chronologie...
00:04:34Oui, juste pour préciser, ça veut dire 10 courts-métrages et 4 longs-métrages.
00:04:38Oui, il y a une grande fidélité au compositeur.
00:04:42Et il apparaît aussi dans un des courts-métrages, qu'on verra tout à l'heure, pour de vrai,
00:04:49il joue un rôle de musicien en tout cas.
00:04:53Est-ce que dans la fabrication, si on avait comme ça une timeline, est-ce qu'on peut
00:04:59expliquer quels sont les métiers qui interviennent le plus en amont quand toi t'es à l'écriture,
00:05:06pour dessiner les personnages, est-ce que tu as déjà besoin de parler avec un costumier,
00:05:12une costumière ?
00:05:13Non, là, les trois personnes qui sont présentes, on arrive vraiment au moment où le film commence
00:05:18à se fabriquer.
00:05:19D'accord, donc vraiment sur le plateau, ou quand il faut monter ?
00:05:23Non, ce n'est pas sur le plateau, c'est vraiment la préparation.
00:05:26C'est-à-dire que Marion, je lui envoie le scénario, elle est d'accord pour travailler
00:05:31sur le film.
00:05:32Mais Marion, elle arrive au moment où en fait, il n'y a personne.
00:05:35Il y a de l'argent un peu.
00:05:38Il y a de l'argent, mais il n'y a pas encore d'équipe, en fait, c'est vraiment le tout
00:05:41début.
00:05:42Donc c'est la première ?
00:05:43Oui, après les producteurs.
00:05:44Oui, une fois que le scénario est terminé et qu'il y a des financements, généralement,
00:05:53il y a un début de casting qui se dessine.
00:05:55Et voilà, là, il y a un travail qui commence entre le premier assistant et la réalisatrice
00:06:02où au départ, on échange beaucoup sur le scénario qui est, moi, j'aime bien dire que
00:06:08c'est un outil de travail à cette étape des discussions parce qu'il peut encore beaucoup
00:06:15évoluer en fonction des conversations ou pas et en fonction aussi des metteurs en scène.
00:06:19Il y en a qui se tiennent vraiment très précisément, mais c'est un endroit où il y a encore beaucoup
00:06:23de choses qui sont possibles et qui sont dans l'imaginaire et qu'il faut commencer à rendre
00:06:29concrète pour le tournage, donc particulièrement le casting, les repérages qui se font aussi
00:06:37avec la décoration.
00:06:39Voilà, si on repère des décors, là, intervient du coup le rôle de la chef décorateur, Triss.
00:06:46Et souvent aussi, ce que fait le premier ou la première assistante, c'est tout de suite,
00:06:52d'après le scénario, de dire voilà, on a besoin de 42 jours de tournage, par exemple.
00:06:56Et en général, la production dit non, il y en aura 35.
00:06:59Et donc à partir de là, on s'arrache les cheveux avec Marion, on discute et puis on
00:07:03voit qu'on est obligé de couper certaines séquences parce que sinon, on n'y arrivera
00:07:07pas, on aura des journées beaucoup trop dures.
00:07:09Et là dessus, c'est des discussions où je me sors sur la Nicolaire où Marion m'a dit
00:07:14là, ça va être une journée horrible et je dis non, mais c'est pas grave, on y arrivera.
00:07:17Et puis on arrive au jour qui est vraiment horrible parce qu'on a trop de choses et
00:07:20on l'avait dit que ça allait être horrible et c'est des discussions qui sont très importantes.
00:07:26Donc ça se passe deux, trois mois avant le tournage, c'est vraiment en avance et c'est
00:07:33hyper important comme dialogue pour voir si on va arriver à fabriquer avec l'argent
00:07:39qu'on a, ce qu'on souhaite faire.
00:07:40Alors les repérages de, par exemple, le choix de la ville, puisque la plupart de tes films
00:07:46se passent dans d'autres villes que Paris, qui ne sont pas forcément des villes dans
00:07:51lesquelles tu as grandi, que tu connais.
00:07:52Là, ça se fait en fonction du budget, ça se fait aussi en fonction de trouver les maisons,
00:07:58les décorer.
00:07:59Comment vous travaillez déjà en amont ?
00:08:02Déjà, il y a un truc financier, c'est-à-dire qu'on demande de l'argent aux chaînes, etc.,
00:08:06mais aussi aux régions.
00:08:07Donc quand on a de l'argent d'une région, on va chercher dans ces régions-là.
00:08:12Là, si on veut revenir à Nicolaire, on n'a pas eu d'argent de région, personne ne voulait
00:08:16nous donner de l'argent.
00:08:17Et comme je ne veux pas tourner à Paris, il fallait qu'on tourne le plus loin possible
00:08:21de Paris, mais pas non plus trop loin parce qu'on n'avait pas le budget pour loger toute
00:08:26une équipe, etc.
00:08:27Et puis, à Nicolaire, c'était un film d'époque, donc ça pose aussi des questions importantes
00:08:34pour le choix des repérages.
00:08:36On a cherché des lieux et notamment une ville où le mobilier urbain n'était pas trop
00:08:44présent contemporain, où on pouvait s'appuyer sur une ville ou une petite ville qui nous
00:08:53permettait de raconter l'époque sans avoir tout à refaire, soit maintenant, ça se fait
00:08:59beaucoup en effets spéciaux après le tournage ou en décorations, mais c'est vrai que tout
00:09:04ça, c'est de l'argent qu'on n'a pas pour faire autre chose après.
00:09:09Donc on essaye de trouver un lieu qui correspond le plus à ce qui est écrit dans le scénario.
00:09:15Et effectivement, pour Juliette, là, tu as été en région parce que vous aviez de l'argent
00:09:21de la région.
00:09:22C'est pas ça la Rochelle ?
00:09:23Pour Juliette, on était dans la région de Lyon.
00:09:27Ce qui est marrant pour les années 70, c'est qu'il y a encore 20 ans, on pouvait tourner
00:09:32même dans certaines banlieues parisiennes, on pouvait raconter très facilement les
00:09:35années 70.
00:09:36Et depuis 20 ans, il y a des poteaux partout pour que les voitures ne se garent pas.
00:09:40Il y a tout ce mobilier urbain qui a pris une place folle et qui fait que ça devient
00:09:44vraiment très difficile.
00:09:46Et donc, nous, on a tourné à 50 kilomètres de Paris, tout comme ça, le plus loin possible
00:09:51qu'on pouvait.
00:09:52On a construit cette petite ville qui était un peu une ville provinciale qui aurait pu
00:09:56être n'importe où.
00:09:57Mais ça a été très compliqué parce qu'on a trouvé cette ville tardivement.
00:10:03Et donc, pour Marie, ça a été l'enfer parce qu'elle a eu les lieux de décors très
00:10:11très tard.
00:10:12C'est aussi parce qu'en fait, il y a quelqu'un qu'on appelle le repéreur qui essaie de
00:10:20trouver des endroits parce que dans un scénario, forcément, il y en a plusieurs des endroits.
00:10:33Et l'idée aussi, dans un esprit d'économie et aussi pour faciliter le travail, plus on
00:10:41a de décors qui sont dans un lieu, des décors pas trop éloignés, et mieux on travaille
00:10:48en fait.
00:10:50C'est vrai pour tout le monde.
00:10:51Sauf que là, cette histoire de repérage était en plein moment du Covid et c'est vrai
00:10:56que c'est quelque chose, les repéreurs ou repéreuses travaillent beaucoup, on toque
00:11:03chez les gens parce qu'on a vu une façade qui avait l'air d'être sympathique.
00:11:07Enfin bon, bref, c'est un travail de proximité aussi.
00:11:11Et là, ça n'a pas été possible.
00:11:12Et donc, c'est vrai que ça n'a pas été simple parce que beaucoup d'endroits étaient
00:11:17fermés.
00:11:18Il n'y avait pas cette possibilité.
00:11:19Donc effectivement, une fois qu'on a eu décidé que c'était l'extérieur qui était
00:11:26prédominant, disons, parce qu'on était dans les années 70 et qu'on n'avait pas les
00:11:31moyens de refaire des rues entières.
00:11:33Alors là, on s'est dit, tiens, on va tourner dans ce petit village.
00:11:36Et puis, voilà, et là, la mairie nous a énormément aidé parce qu'elle, elle était
00:11:42présente.
00:11:43Mais effectivement, du coup, on s'est retrouvés parfois avec des décors très, très loin
00:11:49de ce dont on avait besoin et avec un temps qui s'amenuisait pour les retravailler, pour
00:11:59faire ce qu'il y avait à faire et beaucoup de construction en l'occurrence.
00:12:01On va regarder un extrait d'Anne Nicolaire dans peu de temps et puis avec des photos
00:12:05de tournage, on pourra parler un petit peu justement des corps mis en scène.
00:12:08Mais pour finir sur cette question de travailler en amont avec Bertrand, comment ça se passe?
00:12:14Est-ce qu'il y a des fois quand même, vous vous échangez tous les deux sur l'humeur
00:12:20ou il intervient vraiment si tard que ça?
00:12:22Parce que souvent, les compositeurs arrivent en général assez tôt pour travailler sur
00:12:26l'ambiance.
00:12:27Il sourit.
00:12:28Non, je fais lire le scénario à Bertrand, ça, c'est sûr, pour déjà qu'il me donne
00:12:33son accord.
00:12:34Je ne fais pas comme si c'était acquis.
00:12:35À chaque fois, je me dis peut-être qu'il va me dire qu'il n'y a pas le temps.
00:12:38Oui, ou qu'il n'a pas le temps parce qu'il fait beaucoup de choses.
00:12:43Parfois, ça dépend des films.
00:12:44Il y a des films pour lesquels on parle de la musique avant, d'autres non.
00:12:49En général, on en parle quand même.
00:12:51Oui, en général, on en parle.
00:12:54Ce n'est pas la première chose qu'on échange.
00:12:56Je pense que c'est comme avec vous.
00:12:57On prend d'abord connaissance du territoire narratif, du drame qui va être raconté,
00:13:03de la situation générale.
00:13:05Et puis, en l'occurrence, des questions peuvent se poser de toute nature.
00:13:10Par exemple, sur Annick Colère, ce n'est pas un film en costume d'époque du XVIIIème,
00:13:14mais c'est un film quand même qui revient 40 ans en arrière.
00:13:16Enfin, je ne sais plus, 40 ans, 50 ans, 50 ans en arrière.
00:13:22Donc, on peut imaginer que ça peut être l'objet d'une conversation sur le contenu musical.
00:13:26On n'est pas obligé de le penser puisqu'on peut avoir recours à des musiques qui
00:13:31paraissent, qui existaient, qui sont toujours écoutées aujourd'hui et qu'on pratiquait
00:13:34déjà avant les années 70.
00:13:36Un petit trio à cordes, un piano.
00:13:38Ce n'est pas tellement coloré par l'époque ou par les tendances ou des choses comme ça.
00:13:44Donc, mais ça pourrait faire l'objet d'une conversation ou en l'occurrence, non.
00:13:48Mais en général, moi, d'abord, c'est vrai que ça fait longtemps qu'on travaille ensemble.
00:13:56Par conséquent, j'ai une image mentale.
00:13:58Est-ce que c'est une bonne chose ou pas?
00:13:59Je ne sais pas.
00:14:00Mais lorsque je lis un scénario de Blandine, j'ai une image mentale du film quand même.
00:14:05Ce qui n'est pas le cas avec tous les scénarios que je lis, parce qu'il m'arrive d'en lire
00:14:07d'autres, parce que j'ai collaboré avec d'autres metteurs en scène, mais dans ces
00:14:14cas-là, je n'arrive pas trop à me projeter.
00:14:15Là, c'est parce qu'on a accumulé une expérience, donc j'arrive quand même à avoir une certaine,
00:14:19à me projeter un peu.
00:14:20J'arrive même à me projeter sur l'instrumentarium, par exemple, sur le dernier film, Juliette
00:14:26au printemps.
00:14:27Très vite, j'ai fait des propositions à Blandine sur la nature de l'instrumentarium.
00:14:30On parlait de percussions classiques, des marimbas, des vibraphones, quelque chose
00:14:34qui rejoigne un petit peu un univers, disons, pas trop capable de mettre du drame dans le
00:14:44son, pas des instruments trop en mesure d'être trop interprétable rapidement.
00:14:50Sur les moments où arrive la musique, est-ce que ça, c'est déjà dans le scénario?
00:14:53Parce que, par exemple, justement, dans Juliette au printemps, c'est vraiment, elle accompagne
00:14:58à certains moments, dans quel film, Juliette?
00:15:01Oui.
00:15:02Est-ce que toi, tu y penses, Blandine, au moment où il y a des séquences où je, au tournage,
00:15:08je me dis que ça sera en musique, ça, c'est sûr, mais en fait, Bertrand, il intervient
00:15:12beaucoup au montage, à partir du moment où je suis en montage, on se voit tout le temps.
00:15:17Oui, oui, souvent, on n'est pas trop éloigné en plus, parce que ça se passe dans l'est
00:15:22parisien.
00:15:23Et donc, on fait des allers-retours, le montage commence par le dérochage, le montage commence
00:15:32avec des films de deux heures et demie, puis il devient un film de deux heures, puis il
00:15:36y a des inflations, des déflations comme ça, le film, il respire jusqu'à trouver sa forme.
00:15:41Et puis, pendant cette gestation, cette sorte de palpitation du film, là, on fait des,
00:15:48il y a de la musique qui circule et puis qui va demander à être un petit peu recousue,
00:15:52recousue différemment, pensée un peu différemment, des ajustements progressifs.
00:15:56Alors, les endroits où Blandine voulait de la musique, elle savait qu'il y en aurait,
00:15:59en général, il y en a, mais il y a d'autres endroits qui se révèlent aussi et qui sont
00:16:03parfois inattendus, parce que, comme le disait tout à l'heure Marion, le scénario, c'est
00:16:10une chose, mais le film, c'est souvent plus grand, souvent autre en tout cas.
00:16:16Souvent, Bertrand, effectivement, écrit la musique pour des séquences que je lui montre.
00:16:22Ça peut être une séquence qui fait deux minutes, je ne sais pas, dix.
00:16:26Puis, une fois qu'on la retravaille avec sa musique, elle devient plus courte, donc
00:16:29il la réajuste. Mais toujours, il finit par me proposer de la musique à des endroits
00:16:33vraiment pour lesquels je ne pensais pas du tout, forcément, de la musique.
00:16:37Et c'est hyper intéressant d'avoir d'un seul coup le point de vue de Bertrand.
00:16:40Est-ce qu'il a envie de rajouter ?
00:16:43Mais là, la musique n'est pas écrite déjà, pas faite, du coup, vous ne l'avez pas déjà.
00:16:51Non, mais c'est à dire que moi, je n'ai pas étudié de processus ou de méthodes
00:16:56particulières pour faire de la musique de film.
00:16:57Je n'ai pas suivi de voyage ou d'enseignement, très clairement.
00:17:01Donc, j'avance à l'instinct et ma sensation, c'est comme dans tout ce que j'entreprends
00:17:05d'ailleurs, c'est que la musique est déjà là, qu'elle est déjà dans le film.
00:17:09Il s'agit juste de la révéler un petit peu.
00:17:11J'essaie de faire, en musique et en son, de produire une matière soit harmonique, soit
00:17:18mélodique, soit rythmique, qui ne vienne pas redire ce que le film dit déjà ou redire
00:17:24ce que le texte, les échanges, qui sont nombreux dans les films de Blandine.
00:17:26C'est des films de vie, c'est des films où il y a de l'échange, où le verbe est tout
00:17:31le temps présent, enfin, beaucoup présent.
00:17:33Donc, la musique, elle ne doit pas être non plus un divertissement soudain qui va nous
00:17:39permettre de tourner une page sans s'ennuyer.
00:17:41Ce n'est pas non plus ça. Elle participe, j'essaie de la faire participer à une
00:17:45certaine distance pour qu'il y ait une continuité.
00:17:49Une continuité, pour moi, c'est la même chose que la lumière, en fait, dans un film,
00:17:53la musique. On ne la voit pas, les gens travaillent comme des dingues à préparer
00:17:58une lumière, une lumière pour le cinéma.
00:18:00Mais à part quelques spécialistes qui sont du métier ou des gens qui sont les plus
00:18:04rares, qui sont très sensibles, ils ne sortent pas du cinéma, ils disent, les
00:18:07lumières, les mecs, il y a le chef-op, waouh, putain, dingue, et la musique, moi-même,
00:18:13je le sais parce que je vais beaucoup au cinéma, la musique, c'est la dernière chose
00:18:16à laquelle je pense quand je sors du cinéma.
00:18:18Je ne l'ai pas vu, je ne l'ai pas entendu, ni vu, ni connu, quoi.
00:18:21Mais alors, par contre, quand on entend, on verra après les extraits, mais quand on
00:18:25entend votre voix, Bertrand Belin, tout de suite, on vous identifie quand même.
00:18:29Ça n'arrive pas si souvent dans les films d'entendre la voix, d'entendre une vraie
00:18:32chanson. Et là, on se dit, tiens, il y a un acteur en plus, quand même.
00:18:36Ce n'est pas arrivé beaucoup, quand même.
00:18:38Non, ce n'est pas arrivé beaucoup.
00:18:40Non, mais en général, j'essaie de...
00:18:41Pour Juliette, au printemps, pour la première fois, Bertrand a écrit une chanson, alors
00:18:45je lui demande souvent une chanson et il n'a pas envie.
00:18:48Moi, je traîne des pieds un peu parce que moi, je n'ai pas envie d'être présent
00:18:51dans le film, quoi.
00:18:52D'ailleurs, Blandine me disait tout à l'heure gentiment qu'elle me faisait lire
00:18:56le scénario avant. Elle ne partait pas du principe que j'allais accepter de faire
00:18:58de la musique. Mais moi, je ne parle pas du principe non plus qu'elle doit absolument
00:19:02se tourner vers moi pour la faire.
00:19:03Donc toujours, je lui demande, tu n'as pas pensé à quelqu'un d'autre ?
00:19:08Parce qu'on rediscute de notre mariage depuis toujours, en fait.
00:19:13Oui, puis il y a des musiques additionnelles.
00:19:15On va peut-être regarder quand même des choses parce que parler sans voir les
00:19:19images, c'est moins facile.
00:19:21On va regarder un extrait d'un Nicolaire, si vous voulez bien, qui est un moment
00:19:25où on pourra parler décors, mise en scène, pas de musique.
00:19:28Désolé pour l'instant, Bertrand.
00:19:30Et puis, on aura des photos de tournage qui seront intéressantes.
00:19:33Donc, ça sera l'extrait numéro 3 d'un Nicolaire, s'il te plaît, Sacha.
00:19:40Bonjour, salut Annie.
00:19:43Je t'en prie, entre.
00:19:46Bonjour Annie, bonjour.
00:19:47Elles sont toutes dans le salon, si tu veux, tu peux les rejoindre.
00:19:49D'accord.
00:19:53Bonjour mesdames, bonjour, bonjour, bonjour, monsieur.
00:19:58Bonjour, je m'appelle Jean. Je suis un des docteurs du groupe.
00:20:01Je travaille dans le même hôpital qu'Ellen.
00:20:03D'accord.
00:20:05A tout à l'heure.
00:20:08Viens, assieds-toi.
00:20:09Bonjour Annie.
00:20:10Bonjour.
00:20:11Tu connais pas Nicole ?
00:20:12Euh, non.
00:20:13Je suis au MLAC depuis 6 mois, mais j'étais pas à la dernière permanence.
00:20:17D'accord.
00:20:20On va commencer.
00:20:22Qui se sent prête ?
00:20:23Qui se sent de passer la première ?
00:20:28Moi.
00:20:30Alors, on y va.
00:20:42T'as pas chaud ?
00:20:45Euh, si, si.
00:20:49Attention, je vais piquer.
00:20:51Voilà.
00:20:53Très bien, c'est terminé.
00:20:55Tu peux laisser ça.
00:20:56Ça va, t'as pas eu mal ?
00:20:57Non, ça va.
00:20:58Non ?
00:21:05Ça va aller.
00:21:07Voilà, tu montes.
00:21:08C'est bon ?
00:21:09D'accord, très bien.
00:21:11Tu peux reculer un petit peu.
00:21:13Regarde.
00:21:14Dis.
00:21:15Voilà.
00:21:16C'est bien.
00:21:17C'est bien, là ?
00:21:18Oui.
00:21:19En revanche, Annie, il faut que t'avances tes fesses.
00:21:22Regarde, tu avances.
00:21:24Attends, je vois.
00:21:25Tu avances.
00:21:26Attends, je regarde un petit peu.
00:21:27Voilà, au bord de la table.
00:21:29Comme ça ?
00:21:30Très bien.
00:21:31Ça va, t'as pas froid ?
00:21:32Non, non.
00:21:33Parce qu'on a des chaussettes, si tu veux.
00:21:35Non, ça va, merci.
00:21:37T'inquiète pas, ça va bien se passer.
00:21:42Je vais juste te demander d'ouvrir un petit peu les jambes.
00:21:44Voilà.
00:21:45Parfait.
00:21:46Voilà.
00:21:47T'es prête ?
00:21:48On peut commencer ?
00:21:49Oui, oui.
00:21:52Alors, je vais poser le spéculum.
00:21:54C'est pas très agréable, mais ça va aller vite.
00:21:57Annie, est-ce que t'as une idée de ce à quoi ressemble ton col ?
00:22:00Euh...
00:22:01Non.
00:22:02Regarde.
00:22:03Je vais te montrer.
00:22:05Prends le miroir.
00:22:07Place-le entre tes jambes.
00:22:09Comme ça.
00:22:11Et voilà.
00:22:13Tu vois la petite boule, très jolie, rose ?
00:22:15Ah oui ?
00:22:17C'est ton col.
00:22:19Ça, c'est mon col ?
00:22:20Oui.
00:22:22T'as vu, c'est beau.
00:22:24Ah ouais.
00:22:27Il s'est refermé suite à la fécondation.
00:22:30Et après le col, t'as plus de 2-3 centimètres.
00:22:34Il y a l'utérus.
00:22:36Est-ce que t'arrives à visualiser ?
00:22:39Oui, je crois.
00:22:42Donc on va afficher...
00:22:45On a eu la chance d'avoir des photos de tournage de la part de Blandine.
00:22:49Donc ce qui était intéressant dans cette scène,
00:22:51c'était de voir les positions de caméra.
00:22:53J'aurais dû peut-être dire de regarder ça avant.
00:22:56Parce qu'évidemment, on est pris dans l'intensité de l'action
00:22:58et on ne regarde pas toujours où elle est, la caméra,
00:23:00mais elle est à plein d'endroits, en fait, dans cet endroit minuscule.
00:23:07Donc je ne sais pas ce que tu veux les commenter, Blandine.
00:23:09Est-ce que vous pourriez parler du rôle un peu de chacune
00:23:12dans ce genre de scène ?
00:23:14Donc c'est là qu'on voit qu'on est dans un film d'époque,
00:23:18mais effectivement, pas le 18e, mais il a fallu reconstituer.
00:23:21Il y a les maisons.
00:23:22C'était un décor incroyable qui était dans le 16e arrondissement,
00:23:26dans le 8e, un hôtel particulier extraordinaire,
00:23:30magnifique, dans lequel on a tourné cette séquence
00:23:34et aussi la séquence dans le très grand appartement bourgeois.
00:23:37On peut faire défiler les photos, Sacha, si tu veux.
00:23:39Il y a les suivantes.
00:23:40C'est un endroit où il y avait des papiers peints
00:23:43comme ça, complètement intactes.
00:23:44Ça, ce n'est pas nous qui les avons rajoutés.
00:23:47Par contre, Marie est intervenue.
00:23:51Je te laisserai parler de tout ce qu'on a construit,
00:23:53mais c'était assez petit, mais assez idéal pour le travail.
00:23:58Moi, je n'ai pas un souvenir où c'était difficile.
00:23:59On n'était pas les uns sur les autres.
00:24:01Ça créait plutôt une atmosphère, je trouvais, propice à la situation,
00:24:05à ce qu'on avait à mettre en scène, parce que tout le monde devait...
00:24:10Enfin, les trop grands espaces, parfois, donnent trop de liberté à l'équipe
00:24:14et du coup, il y a moins de concentration.
00:24:16Tout le monde devait faire très attention,
00:24:18parce qu'il n'y avait pas beaucoup de place.
00:24:20Et du coup, moi, j'ai des super souvenirs de ces décors.
00:24:23Alors que souvent, les décors exigus ne sont pas simples,
00:24:26surtout pour la caméra.
00:24:27C'est assez compliqué, mais c'est vrai.
00:24:30On voit un moment que Zita Androt repasse devant la caméra
00:24:32quand elle dit, est-ce que tu vois ?
00:24:33Je crois qu'elle passe devant la caméra.
00:24:35Donc, j'imagine que là, il n'y a plus le docteur.
00:24:37Il faut que la caméra est à la place du docteur.
00:24:39Comment on fait le plan ?
00:24:41Oui, ça, ce n'est pas le plus difficile,
00:24:44mais c'est surtout pour la lumière que c'est très compliqué,
00:24:46les petits espaces.
00:24:48Mais c'est vrai que c'est des questions qui se posent en préparation
00:24:50sur ce type de décors, par exemple, qui sont des chambres de bonnes.
00:24:55On peut être tenté d'aller dans un appartement plus grand,
00:24:58de construire des cloisons, de refermer l'espace.
00:25:01Alors ça, c'est vraiment une décision de mise en scène de,
00:25:04parfois, je dirais même de croyance dans un certain type de cinéma
00:25:09où on dit non, on tourne dans les vrais décors, dans les vrais lieux.
00:25:11Ça, c'est très français.
00:25:13Aux Etats-Unis, on aurait reconstruit la chambre de bonne.
00:25:16Après, le fait de tourner dans une vraie chambre de bonne
00:25:18au huitième étage où il faut grimper tout le matériel.
00:25:21C'est une contrainte, mais c'est ce que tu dis aussi,
00:25:24c'est qu'à un moment donné, ça vous met dans un lieu
00:25:27qui est le vrai lieu.
00:25:29Et par rapport aux places de la caméra,
00:25:30ça apporte aussi une justesse parce que quand on reconstruit complètement,
00:25:34on peut bouger les murs.
00:25:37Et tout d'un coup, la caméra, on peut être tenté de la mettre
00:25:40à un endroit où elle ne devrait pas être.
00:25:42Alors que là, finalement, parfois, des contraintes du lieu,
00:25:48ça oblige à penser le découpage, à penser la mise en scène
00:25:55avec ces contraintes-là.
00:25:56Et je crois que, enfin, moi, c'est mon avis.
00:25:59Je pense que ça sert l'émotion de la scène aussi
00:26:04avec ces contraintes-là.
00:26:06On a aussi des photos.
00:26:08Sacha, si tu peux nous montrer les 4, 5, 6.
00:26:10Voilà, donc c'est le même appartement, c'est ça ?
00:26:12C'est le même immeuble.
00:26:14D'accord, donc là, c'est l'emplacement.
00:26:16Donc, ce n'est pas la scène exactement qu'on a vue.
00:26:19Donc, il y a une autre scène d'accouchement dans cet appartement.
00:26:22D'avortement ? Oh là là !
00:26:24Ça fait plusieurs fois que je le fais.
00:26:25C'est un classique, tout le monde dit accouchement à la place d'avortement.
00:26:27Il y a la bienveillance des accouchements.
00:26:31Et donc, là, on voit la mise en place.
00:26:33Et oui, ce qui est assez drôle, tu peux les faire passer, Sacha, s'il te plaît,
00:26:37parce qu'on voit que vous avez l'air tous hyper sérieux
00:26:40et même un peu tendu.
00:26:42Et alors, la dernière photo est assez drôle
00:26:44parce que vous vous mettez tous à manger le repas.
00:26:48Ça doit être la fin de la journée, je pense.
00:26:50Et là, ça a l'air d'aller beaucoup mieux.
00:26:52Ce qu'il faut quand même, dans l'extrait qui a été diffusé,
00:26:57moi, je sais que c'est en lisant ces scènes-là dans le scénario de Blandine
00:27:00que j'ai eu envie de faire son film.
00:27:02J'étais tellement heureuse qu'elle me le propose
00:27:05parce que ce qu'il y a à mettre en scène est totalement inédit.
00:27:13C'est un défi, d'un point, pour l'assistant,
00:27:18parce que comment on fait pour demander à une actrice de jouer ça ?
00:27:22Donc, à un moment donné, se posent des questions très pragmatiques,
00:27:25mais qui deviennent les questions du tournage.
00:27:28Comment on fait pour demander à une actrice de se mettre les jambes écartées
00:27:33face à un acteur et qu'à un moment donné,
00:27:37elle soit suffisamment en confiance avec ce qu'on va faire
00:27:41pour qu'elle puisse juste jouer ?
00:27:44Un acteur, en fait, c'est quelqu'un d'humain et de pas surhumain.
00:27:51Donc ça, c'est un travail qu'on a fait en préparation,
00:27:53qui était très important.
00:27:54Moi, j'étais très ignorante de l'histoire du mlaque
00:27:58et même de l'histoire du féminisme.
00:28:00Donc, c'est aussi la rencontre avec Blandine
00:28:02qui est hyper importante pour moi personnellement
00:28:05parce qu'elle m'a beaucoup, beaucoup enseignée
00:28:07et elle a beaucoup transmis aussi aux actrices qui arrivaient,
00:28:12à toutes les jeunes femmes qu'on voyait.
00:28:14Donc, c'était très, très beau.
00:28:15Et il a fallu qu'on se pose la question assez rapidement
00:28:17de comment on fait pour filmer un avortement ?
00:28:21Parce qu'il y a des gestes techniques.
00:28:23Je peux raconter un petit peu ?
00:28:24Bien sûr.
00:28:24Donc, en fait, une fois que le scénario était écrit,
00:28:27j'ai vu des anciennes du mlaque
00:28:30qui m'ont donné plein de détails pour les dialogues, etc.
00:28:33Mais qui aussi m'ont appris le geste technique de la méthode Karmann.
00:28:38Enfin, je n'ai pas pratiqué l'avortement,
00:28:40mais j'ai appris à faire très bien semblant.
00:28:43Et elles nous ont passé le matériel de l'époque.
00:28:46Voilà.
00:28:47Et donc, pour pouvoir apprendre aux actrices,
00:28:50on s'est entraînées.
00:28:51Et Marion a donné de sa personne.
00:28:53Elle a fait semblant d'être une avortante
00:28:56et on s'est entraînées sur elle.
00:28:58C'était Zita en rouge, je crois, qui était sur toi.
00:29:01Et puis, on filmait.
00:29:03Et après, je montrais aux anciennes du mlaque,
00:29:05qui sont des dames de 70, 80 ans.
00:29:08Et je leur demandais si elles y croyaient.
00:29:09Elles disaient non, non, là, la main est trop basse.
00:29:11Donc, en tout cas, quand on arrive à ces séquences-là,
00:29:14Marion, elle savait très, très bien
00:29:17à quoi devait ressembler le geste.
00:29:20Il y avait vraiment une implication totale.
00:29:22Il y avait ça et ce que tu dis qui est très important
00:29:25quand on est à la mise en scène.
00:29:27Alors, soit c'est la réalisatrice, soit c'est l'assistant.
00:29:31Tout le monde ne le fait pas.
00:29:32Mais moi, je trouve que ce qu'on demande à une actrice de faire,
00:29:36si on lui montre qu'on le fait avant, mal,
00:29:38parce qu'elle le fera beaucoup mieux.
00:29:40Mais de dire, alors Zita, elle n'est pas avortée dans le film,
00:29:44mais devant Laure ou devant des jeunes filles
00:29:46qui étaient là, très jeunes,
00:29:47qui acceptaient de tourner dans ton film,
00:29:49de lui dire, attends, je vais te montrer.
00:29:51Je vais, moi aussi, devant l'équipe technique,
00:29:53me mettre dans une position qui n'est forcément pas banale.
00:30:00Et regarde, moi aussi, je le fais.
00:30:03Je trouve que c'est leur tendre la main et leur dire,
00:30:07vas-y, tu vois, on va le faire, on va y arriver.
00:30:09Et ça les met dans une confiance.
00:30:11Le fait que tu l'aies fait, tu savais ce qui se passait.
00:30:13Et en plus, je sais ce que je leur demande
00:30:15et je sais comment ça se passe.
00:30:16Et on a inventé un système pour pouvoir...
00:30:20Évidemment, c'est du cinéma.
00:30:22On a inventé un système pour qu'on puisse réaliser les gestes,
00:30:25que ce soit réaliste et que tout le monde soit respectueux.
00:30:28Marie et c'est Pierre qui avaient fabriqué ça.
00:30:31Un petit matelas qui était sous les fesses des femmes
00:30:33avec un tuyau pour qu'on puisse enfoncer les outils dans ce tuyau.
00:30:38Et je précise évidemment que toutes les jeunes femmes
00:30:41qui apparaissent dans le film et qui ont l'air d'être nues
00:30:44avaient en fait des culottes couleur chair
00:30:46sur laquelle on avait collé ou goussu, je sais plus,
00:30:50des faux poils pubiens.
00:30:52Et donc, elles n'étaient évidemment pas nues.
00:30:54Mais la position, j'en m'écartais, est quand même là
00:30:56et qui est toujours très impressionnante.
00:30:57On disait que Laure Calémy met beaucoup cette fausse culotte.
00:31:01Mais on a des photos que je pourrais jamais vous montrer.
00:31:05De Laure s'amusant avec sa culotte de faux poils.
00:31:08Je n'ai pas vu ses photos de tournage.
00:31:10Je ne peux pas te les montrer, je sais.
00:31:11Il ne faut que personne ne les voit jamais.
00:31:14Ça, ça veut dire qu'on a bien travaillé en prépa
00:31:16quand on en arrive à ce que sur le tournage,
00:31:18il y ait quelque chose de léger et que ça devienne drôle.
00:31:22Après, c'est Laure aussi qui est un clown permanent.
00:31:26Mais oui, c'est vrai.
00:31:28Mais là, les images qui défilaient,
00:31:31avant, on est entre guillemets plus tendu.
00:31:33Et là, c'est la fin de la journée.
00:31:34C'est des scènes super importantes.
00:31:36Il y a beaucoup d'acteurs dans ces scènes-là.
00:31:40C'est vrai que ce n'est pas une tension,
00:31:42mais c'est une concentration parce que...
00:31:44C'était très dur cette journée.
00:31:45Je me sens que c'était épouvantable.
00:31:46On a eu trop de choses à...
00:31:47Parce que c'est des beaux décors, mais qu'on n'avait pas longtemps.
00:31:50Donc, on ne peut pas rater.
00:31:52On ne peut pas revenir le lendemain.
00:31:53Et dès qu'il y a beaucoup, beaucoup de monde...
00:31:56Non, puis c'est vrai, je dois l'admettre,
00:31:58plus les décors sont grands, moi, je suis à l'aise.
00:32:01J'aime bien les petits espaces.
00:32:02Tu disais aussi que les scènes de groupe,
00:32:04que tu aimes bien, parce que c'est souvent des films choral,
00:32:06les scènes de groupe sont quand même aussi plus dures à agencer
00:32:09parce que chacun a sa partition.
00:32:11Là, on avait, je ne sais plus, je me souviens pour cette scène,
00:32:13on avait très peu de temps.
00:32:14C'était à Francfort.
00:32:15On avait une journée.
00:32:16Une journée, puis il y avait beaucoup de choses qui se passaient
00:32:18parce que la scène, elle est...
00:32:21Enfin, il y a le salon là au centre.
00:32:23Et puis après, il y a ce qui se passe de manière annexe
00:32:25dans les petites pièces.
00:32:27Et non, et puis il y a aussi quelque chose,
00:32:29c'est que Blandine a une façon de mettre en scène
00:32:31où elle aime que ce soit extrêmement vivant.
00:32:34Tu laisses quand même place à l'improvisation.
00:32:38Tu es aussi actrice.
00:32:40Donc, tu as une façon de mettre en scène qui fait que
00:32:45il faut qu'il y ait une sorte de mayonnaise qui prenne,
00:32:47que les acteurs s'approprient la scène au départ.
00:32:50Et on ne peut pas répéter toutes les scènes du scénario en amont
00:32:54avec tous les acteurs.
00:32:55Et surtout, quand il y a des scènes comme ça,
00:32:56où il y a beaucoup de monde, on ne peut pas avoir...
00:32:57Enfin, c'est difficile de réunir tout le monde avant.
00:33:00Donc, le challenge aussi, c'est de trouver l'énergie de la scène,
00:33:06le sentiment et après...
00:33:09Bon, alors maintenant, comment on le filme ?
00:33:11Où est-ce qu'on met la caméra ?
00:33:12Donc, c'est...
00:33:14Voilà, plus il y a de monde, plus c'est vrai que ça peut devenir
00:33:18un peu laborieux au départ, au démarrage.
00:33:19Mais il faut prendre ce temps-là pour trouver, quoi.
00:33:24Alors, j'aurais d'autres questions pour Marie.
00:33:26Mais je pense que je vais regrouper avec Aurore.
00:33:29Ça nous permettra de parler plus précisément des costumes.
00:33:33Donc, on va regarder, on va enchaîner deux extraits d'Aurore.
00:33:36C'est le 1 et le 2, Sacha.
00:33:39Alors, je m'excuse pour ceux qui ont été au cours de cinéma hier.
00:33:41J'en ai repris un autre, mais j'avoue que je ne m'en lasse pas.
00:33:44Donc, je suis désolée, mais ça permettra de parler des corps.
00:33:47Donc, le 1 et le 2, s'il te plaît.
00:33:50T'as plu le petit truc rouge, là ?
00:33:52Tu sais, le petit pull ?
00:33:54Lequel ?
00:33:56Celui de la grand-mariée de Jojanine ?
00:33:57Ouais.
00:33:58Ah non.
00:33:59Ah non, non, il est foutu.
00:34:01Les mythes l'ont bouffé.
00:34:02Ouh là, non, ça, c'est pas possible.
00:34:04Pourquoi ?
00:34:05Bah, c'est trop sombre, maman.
00:34:06Enfin, c'est pas bien, non.
00:34:08C'est pas bien ?
00:34:09Ah non.
00:34:10C'est pas bien.
00:34:16C'est lui.
00:34:17Qu'est-ce qu'il dit ?
00:34:1920h, il arrête pas de repousser.
00:34:21Mais c'est super, au contraire.
00:34:2220h, ça veut dire qu'il t'emmène dîner et qu'il va passer toute la soirée avec toi.
00:34:25C'est trop bien.
00:34:26Tu crois ?
00:34:27Bah oui.
00:34:30Bon, tu gardes la jupe, mais tu changes le haut, hein.
00:34:32D'accord.
00:34:37Ah bah non, on passe plus, maman.
00:34:40Ah non, c'est pas bien.
00:34:42Ah.
00:34:43Ah bah là, c'est bien.
00:34:44Ah, ça, le coup de l'épaule, c'est bien, ça, c'est super.
00:34:46Ouais.
00:34:48Tiens, c'est quoi, ce truc ?
00:34:50Oh, c'est un vieux pantalon.
00:34:51C'est ringard.
00:34:52Pas du tout.
00:34:54C'est hyper vintage, j'adore.
00:34:56Tu sais, j'ai une photo, chez mamie, où j'y allais avec ce pantalon, oui.
00:34:59Avec Marina Bébé.
00:35:03C'est trop bel.
00:35:04Hum.
00:35:05Mais il est super, j'adore.
00:35:08Je l'ai mis tout le temps, dis donc.
00:35:10Non, je...
00:35:11J'aime beaucoup.
00:35:13Ça me fait drôle.
00:35:17...
00:35:27Hum.
00:35:29C'est bon, là, ton petit cuir au cuir, là.
00:35:31Pardon, madame.
00:35:37Bon.
00:35:39Vous m'aviez dit que vous avez démissionné, c'est ça ?
00:35:43Oui, mais en fait, c'est parce que mon ancien patron a pris sa retraite.
00:35:47Alors, le nouveau patron, il a gardé que les jantes de la cuisine.
00:35:51Et puis moi.
00:35:53Mais parce que je pense qu'il pouvait pas me virer, en fait.
00:35:56En tout cas, ça se passait pas bien, voilà.
00:35:59Enfin, il faut que je travaille, j'ai toujours travaillé.
00:36:01Et avant, vous faisiez quoi ?
00:36:04Eh ben, je travaillais pour mon mari.
00:36:06Je faisais son secrétariat, enfin, les comptabilités.
00:36:09Il a une entreprise de rénovation.
00:36:12Et donc, voilà, je m'occupais des papiers, des factures, des...
00:36:15Eh ben évidemment, mais pourquoi je gênais ?
00:36:16Monsieur arrive les pieds sous la table, on se tape les factures,
00:36:20tout le travail, tout le sale boulot pour ce connard.
00:36:22Les enfants, le ménage, tout, et hop !
00:36:25Et puis après, à 50 ans, hop, on est jetés !
00:36:33Est-ce que vous avez des documents qui nous prouvent ça ?
00:36:36Ben non, parce que je travaillais pour mon mari, quoi.
00:36:39Donc, bon, voilà.
00:36:41Bon.
00:36:42Allez, on va faire un petit dossier.
00:36:45Vous allez rebondir, vous allez voir.
00:36:47On va pas se laisser abattre.
00:36:48Puis en plus, vous avez un super nom.
00:36:50Aurore Tabord.
00:36:52Eh, ça sonne bien, ça.
00:36:53Ah oui, oui, oui.
00:36:54Tabord, c'est le nom de mon mari.
00:36:56Je m'appelle Plou, en fait.
00:36:57Aurore Plou.
00:36:59P-L-O-U.
00:37:00Plou.
00:37:03Bon, voilà, je suis désolée, c'est irrésistible.
00:37:07Bon, alors là, pour cette dernière scène,
00:37:09on se demande ce que vous ne pouviez pas mettre en bleu.
00:37:11Tout est bleu.
00:37:12Les stylos, les crayons, la pochette, le bleu.
00:37:15Sur les paupières, les fleurs, tout, quoi.
00:37:17Vous vous êtes amusée à...
00:37:19Alors, sur ce film-là, sur Aurore,
00:37:23c'est pas moi qui fais les décors,
00:37:24j'ai fait les costumes seulement.
00:37:26C'était moi qui avais demandé ce que ce soit.
00:37:28Voilà, mais bleu, quoi.
00:37:30Voilà, mais bleu, c'est ça.
00:37:31C'était une volonté de Blandine.
00:37:33Donc, les costumes sont bleus.
00:37:34C'est vrai, c'est très vrai.
00:37:36Alors, donc, si on parle des costumes,
00:37:37justement, pour Aurore,
00:37:39donc les vêtements sont importants
00:37:41parce que c'est une femme qui se pose plein de questions,
00:37:43qui n'est pas contente de son corps.
00:37:45Est-ce que là, comment est-ce qu'on invente
00:37:47le dressing d'Aurore, de ses filles ?
00:37:50Ben, déjà, en lisant le scénario.
00:37:53Parce que Blandine avait,
00:37:57de temps en temps, c'est comme ça dans un scénario,
00:37:59et Blandine aime bien,
00:38:01écrire quelques annotations qui sont importantes pour elle
00:38:04et qui semblent...
00:38:05Enfin, qui sont justes, quoi.
00:38:06Donc, à moi de les interpréter,
00:38:08de faire en sorte que, voilà,
00:38:11ces indications existent visuellement.
00:38:15Et puis là, il y avait une chose très importante
00:38:18qui était, voilà, c'est l'histoire d'une femme de 50 ans.
00:38:22OK, d'accord, mais qu'est-ce qu'elle est ?
00:38:25D'où elle vient ?
00:38:26Comment elle commence ?
00:38:27Et vers quoi on va l'amener ?
00:38:29Et c'est toute cette évolution qui était importante dans Aurore.
00:38:32Et souvent, quand on fait un costume,
00:38:34enfin, quand on travaille les costumes,
00:38:36on part du comédien principal
00:38:38parce que, finalement, c'est lui qui va être
00:38:40dans quasiment la totalité des scènes.
00:38:43Et après, on construit les costumes
00:38:44par rapport des autres personnages,
00:38:46par rapport à ce personnage principal.
00:38:49Et donc là, cette femme, cette jeune femme de 50 ans,
00:38:54ben voilà, on avait envie qu'elle devienne sexy
00:38:56sans que ce soit ridicule et sans que ce soit grossier.
00:39:00Et ce n'est pas tout à fait l'image
00:39:03que Agnès Jaoui a d'habitude dans les films.
00:39:07Et ce n'était pas...
00:39:08Voilà, ça, ça faisait partie aussi du travail
00:39:10de voir avec Agnès si elle était d'accord
00:39:13pour changer aussi de vestiaire
00:39:16et faire en sorte qu'elle se sente bien
00:39:19dans ce nouveau vestiaire
00:39:20et qu'elle ne se sente pas déguisée.
00:39:23Voilà, ça, c'est très important.
00:39:24Parce qu'elle met des vêtements assez moulants
00:39:26et c'est vrai que c'est...
00:39:27Oui, elle ne s'habille pas comme ça du tout, Agnès.
00:39:30Mais aussi, c'était une femme...
00:39:33Pour ceux qui n'ont pas vu le film,
00:39:34c'est un film sur une femme qui a débouffé de chaleur,
00:39:36tout ça, qui est en pleine ménopause.
00:39:37Donc, il fallait aussi des costumes un peu oignons, quoi,
00:39:40qu'on puisse enlever des couches facilement.
00:39:42Quand elle a chaud, qu'elle puisse...
00:39:44Voilà.
00:39:45Et voilà, et il se trouve qu'Agnès Jaoui,
00:39:47c'est une femme vraiment intelligente et pertinente
00:39:52et elle était à fond pour le film.
00:39:54Et elle était d'accord pour aussi cette transformation.
00:39:58Donc, quand on est costumière
00:40:00et qu'on est avec un acteur qui travaille pour son personnage
00:40:04et pas juste pour son image,
00:40:07alors c'est formidable, c'est un cadeau, quoi.
00:40:10Et après, bien sûr, on fait des essais avec elle,
00:40:14avec la réalisatrice, avec plusieurs propositions.
00:40:18Et puis voilà, et puis Blandine, elle dit,
00:40:20OK, tiens, là, voilà, ça, c'est chouette.
00:40:23Et voilà, c'est comme ça.
00:40:24C'est un autre travail aussi sur Anne Nicolaire
00:40:26parce que là, il y a de la reconstitution
00:40:28pour retrouver des vêtements d'époque.
00:40:30Alors, oui, il y avait ça, mais surtout, parfois...
00:40:35En plus, ces années 70,
00:40:36c'est des années qui sont très marquantes.
00:40:39Et en plus, il y avait autre chose,
00:40:40c'est que dans Anne Nicolaire, on voulait que ça se passe,
00:40:44en tout cas, qu'on ait la sensation qu'on soit en province
00:40:46et non pas dans un univers parisien.
00:40:49Donc, il fallait faire attention
00:40:50de ne pas tomber dans l'imagerie qu'on a aujourd'hui
00:40:53des années 70, très mode, très peps, très nanana.
00:40:57Et donc, finalement, on était entre 70 et 60.
00:41:01Et surtout, parfois, ces films-là...
00:41:06Enfin, pas les films, mais ce que je veux dire,
00:41:07c'est que parfois, les décors sont très forts
00:41:09et les costumes sont très forts.
00:41:11Alors là, on est un peu fatigué, quoi.
00:41:13Et les décors et les costumes doivent...
00:41:16C'est comme la musique, on doit les oublier.
00:41:18Si on voit les costumes, les décors,
00:41:22alors on est perdu, on est perdu dans l'histoire,
00:41:24on ne suit plus ce qu'on a envie de nous raconter, quoi.
00:41:27Donc là, c'était plutôt ajusté, costumes et décors,
00:41:31pour qu'on ne soit jamais trop forts
00:41:33et qu'à la fois, on y croit, quoi.
00:41:36Et surtout, je me souviens d'une conversation
00:41:38qu'on avait eue qui était vraiment passionnante,
00:41:40c'est qu'on avait regardé des films récents
00:41:42qui racontaient les années 70,
00:41:44avec des grands cols comme ça, pelle à tarte,
00:41:47des papiers peints orange.
00:41:49Et on a regardé avec Marie plein d'archives de l'INA de l'époque
00:41:54ou même les films de Sautet qui sont tournés à cette époque-là.
00:41:56Sur les murs, c'est les papiers peints des années 65,
00:41:59parce qu'ils n'ont pas refait tout l'appart la bonne année.
00:42:02Et puis, les cols très colorés, etc.
00:42:05C'était vraiment les Parisiens hyper à la mode, quoi.
00:42:07Ce n'était pas du tout...
00:42:08Et en fait, on a une imagerie qui nous a gagné,
00:42:10comme ça, à cause des films récents.
00:42:12En fait, ce n'était pas ça du tout, les années 70, quoi.
00:42:16Donc, c'était vachement rigolo de faire ça.
00:42:19Alors, comme le temps passe,
00:42:20on va revenir à la musique, quand même.
00:42:22Je fais le tour, je reviens, je refais le tour.
00:42:26Et puis, c'est parce que c'est toujours bien de revoir des images.
00:42:28Donc, on va regarder des extraits.
00:42:30On va en parler après.
00:42:31Ce n'est pas forcément représentatif de ce que fait Bertrand, justement.
00:42:35Voilà, j'ai pris un peu au hasard.
00:42:38Pas au hasard du tout, d'ailleurs, mais j'ai pioché avec intention.
00:42:42On va regarder avec Marinette.
00:42:43Donc, le premier court-métrage que vous avez fait ensemble,
00:42:47qui date de 2000, c'est ça.
00:42:50Un moment particulier qui n'est pas forcément gai.
00:42:53Ils froncent les sourcils.
00:42:55Ça va être...
00:42:58Il y a un motif qui revient dans le film, on en parlera.
00:43:00Un extrait de Zouzou.
00:43:01Deux extraits de Zouzou qui sont d'un tout autre style.
00:43:06Entre le désir, l'apaisement, une danse.
00:43:09Donc, ça sera les extraits 4, 5 et 6.
00:43:11On va les enchaîner.
00:45:27...
00:45:39Ah, t'es là.
00:46:09...
00:46:28Allez.
00:46:31Bon, alors, on fait quoi ?
00:46:35Tu me raccompagnes ?
00:46:36Oui, je te raccompagne. Bien sûr que je te raccompagne.
00:46:40Bon, on ne couche pas en chambre, hein ?
00:46:43Non, non, non.
00:46:48N'importe quoi.
00:46:50Non, non, non.
00:46:51...
00:47:20Bien.
00:47:21...
00:47:24Allons.
00:47:24...
00:47:28Viens.
00:47:29Je te dis qu'il faut y aller.
00:47:33...
00:47:36Tant qu'il fait bon et clair.
00:47:40...
00:47:44Laisse le feu, il s'éteindra.
00:47:49...
00:47:51Un rouleau noir dans la neige.
00:47:56...
00:47:58...
00:48:01Non, ce n'est pas moi qui ai coupé Bertrand brusquement.
00:48:04C'est que la scène est comme ça, en fait.
00:48:06Ça s'arrête et on en...
00:48:07Elle s'arrête comme ça.
00:48:09Non, mais on est un peu frustrés.
00:48:10C'est marrant, les extraits que tu as choisis.
00:48:13Parce qu'en fait, dans chacun de mes films,
00:48:15il doit y avoir 15 ou 20 passages musicaux.
00:48:19Où il n'y a pas la voix de Bertrand.
00:48:20Exactement.
00:48:21J'ai pris que les extraits où il y a la voix de Bertrand.
00:48:23C'est pour ça.
00:48:24C'était par choix.
00:48:25Je les trouve très beaux, en plus, ces extraits.
00:48:27Ça donne une idée de la variété, en tout cas.
00:48:30Mais c'est vrai que ce n'est pas le cas dans la plupart des...
00:48:33Ben oui, c'est pour ça que j'ai dit que ce n'était pas représentatif.
00:48:36Mais après, ce n'est pas facile à isoler.
00:48:37Parce que justement, vous allez le commenter,
00:48:40mais tu l'as dit, tu ne veux pas de musique qui souligne.
00:48:43Enfin, tu l'as dit aussi, Bertrand.
00:48:44Donc du coup, on entend parfois des moments très fins comme ça,
00:48:48très subtils qui accompagnent un personnage.
00:48:50Mais il n'y a pas ces motifs qui arrivent.
00:48:52C'est rare, en fait.
00:48:54Et j'ai justement pris cela.
00:48:56Souvent, maintenant, dans les films français,
00:48:57je trouve qu'il y a à peu près la moitié du film,
00:49:00entre la 40e et la 50e minute,
00:49:02il y a une minute et demie de clip.
00:49:04Mais vraiment, avec la musique à fond,
00:49:06souvent une musique plutôt connue et populaire
00:49:09et avec des petits morceaux de vie des personnages.
00:49:13Alors, on ne fait pas ça, c'est vrai.
00:49:16Là, c'est très particulier.
00:49:18Donc le premier extrait avec Marinette,
00:49:22Bertrand a eu le prix de la musique à Clermont-Ferrand.
00:49:25Tu te rappelles ?
00:49:26C'est notre tube.
00:49:27En même temps que tu as eu le prix de la première oeuvre.
00:49:29Voilà.
00:49:30Oui, on avait tous les deux été récompensés à Clermont-Ferrand.
00:49:33Mais c'est un peu notre tube.
00:49:34Enfin, moi, j'adore ce morceau.
00:49:35Et ce morceau, il revient d'un Nicolas.
00:49:37Et on s'est dit qu'on pouvait se citer depuis le temps.
00:49:40Vous l'avez repris d'un Nicolas.
00:49:41On s'est auto-cités, on l'a repris.
00:49:42Quand elle s'est remis sur le vélo.
00:49:43Oui, c'est une citation dans la filmographie de Blandineau.
00:49:48Mais moi, j'adore ce morceau, vraiment.
00:49:50Et le deuxième extrait, c'est super drôle.
00:49:53Oui, alors là, on est dans la tête de Florence Muller,
00:49:58qui extrapole une situation de romance qui pourrait survenir très vite,
00:50:04bientôt, et son arriverie est interrompue.
00:50:07Donc là, c'est à dire que quand on voit la voix grave,
00:50:12cette espèce de chose un peu ténébreuse,
00:50:14c'est pour appuyer cette dimension dialectique un peu ordinaire,
00:50:19banale, du mal, tel qu'il peut être fantasmé.
00:50:25Donc, il y avait ça.
00:50:26Mais Blandine aussi est assez gourmande.
00:50:28Si on veut que ma voix figure ici ou là, souvent,
00:50:31moi, je ferais des cas de fer parce que quand j'entends ma voix,
00:50:34on a un rapport à sa propre voix qui est ce qu'il est.
00:50:37Mais enfin, la plupart des gens sont un peu comme de rond de flanc
00:50:40devant leur propre voix quand on s'entend.
00:50:42Moi, ça me fait ça, je me dis, mais c'est pas du tout...
00:50:44Pour un chanteur, c'est pas banal de dire ça.
00:50:46Non, mais même les chanteurs, on s'habitue.
00:50:49Mais une chanson, quand elle n'est pas intégrée à un scénario,
00:50:54une histoire qui n'est pas la sienne,
00:50:55vous voyez, elle prend un autre statut quand même.
00:50:58Et voilà.
00:50:59Non, non, mais en effet, c'est vrai,
00:51:01c'est pas particulièrement représentatif de l'ensemble.
00:51:03Le dernier extra, c'est une chanson d'un de ses albums.
00:51:06Oui, c'est une chanson qui n'a pas été composée pour le film,
00:51:09que Blandine a choisi de mettre dans le film.
00:51:12Les seules chansons vraiment composées, chantées,
00:51:15donc c'est celles qui sont au générique de...
00:51:17Non, là, les deux, c'était pour les films, les deux premières.
00:51:21Et puis le générique de Juliette, j'adore.
00:51:24Je suis très, très contente de cette chanson, je la trouve hyper bonne.
00:51:28Comment elle s'appelle ?
00:51:30La petite bête qui monte, qui monte ?
00:51:32Dans ton cœur.
00:51:34Dans ton cœur ?
00:51:35Oui, dans ton cœur, il y a quelque chose qui monte, qui monte.
00:51:37Vous vous souvenez de la petite chanson d'enfant,
00:51:40une petite bête qui monte, qui monte ?
00:51:42Je l'ai fait, mais la petite bête qui monte, qui monte,
00:51:45c'est un sentiment de plénitude et de soulagement ou d'amour.
00:51:49Il y a une petite bête qui monte dans ton cœur.
00:51:51C'était un petit clin d'œil comme ça.
00:51:54Et puis, je ne voulais pas qu'il s'agissait pas d'avoir un texte.
00:51:57Vous voyez, le problème avec les textes de chansons, c'est que soit
00:52:00ils nous racontent à nouveau, cette fois en chanson, ce qu'on vient de voir
00:52:03pendant deux heures dans le film.
00:52:05Donc là, c'est bon.
00:52:06Souvent, on a envie de sortir du cinéma aussi, à ce moment-là.
00:52:10Mais s'il y a de la voix, à moins que ce soit en anglais.
00:52:13C'est pour ça, parfois, j'ai choisi l'anglais parce qu'elle
00:52:17ne vient pas capturer l'attention avec le sens qui vient s'imposer,
00:52:20clignoter parce qu'on a ce cerveau qui est fait de telle manière
00:52:24que lorsqu'il y a un message, des mots, en particulier dans un film,
00:52:28bon, on a tendance à vouloir savoir ce que sont ces mots, ce qu'ils
00:52:31disent, s'ils veulent nous informer de quelque chose, c'est assez
00:52:34périlleux.
00:52:37Ça fonctionne dans la communauté musicale parce que c'est, dès le
00:52:39départ, le projet.
00:52:39Mais dans un film qui n'est pas une communauté musicale, ça peut
00:52:43être redondant, il faut faire attention.
00:52:45Donc là, il s'agissait de faire une chanson avec très peu de textes
00:52:47et puis qui viennent trouver sa place dans un des projets que
00:52:55se donnait ce film, c'est-à-dire de faire survenir quelque chose
00:53:00de l'ordre de la réconciliation.
00:53:01Pour les musiques additionnelles, Blondine, vous avez une discussion
00:53:05ensemble ou c'est toi, là, parce qu'il y a des musiques additionnelles.
00:53:09Il y a Nina Simone dans Horror, il y en a d'autres.
00:53:11Là, ça, c'est toi.
00:53:13Oui, il y en a peu en général, mais c'est vrai qu'il y a toujours
00:53:16un passage où la musique n'est pas additionnelle, c'est-à-dire
00:53:21qu'elle est dans la séquence.
00:53:24Il y a toujours quelqu'un qui chante aussi dans mes films.
00:53:28Et des chanteuses, actrices chanteuses.
00:53:30Oui, aussi.
00:53:31Non, pas toujours.
00:53:33Par exemple, dans Nicolaire, il y a le personnage interprété
00:53:36par Rosemary Stanley, qui est une des personnes accueillantes
00:53:40au Mlac, qui chante et qui se trouve être une chanteuse aussi
00:53:44dans la vie, mais qui a une pratique du chant dans le cadre
00:53:47de ses activités d'accueil des femmes qui viennent se faire avorter,
00:53:51qui est une tradition de chant d'apaisement qui est très ancienne
00:53:55dans ce monde de l'avortement, de l'accouchement.
00:54:01En tout cas, de venir corrompre la douleur, la souffrance ou
00:54:04l'inquiétude par un chant apaisant dans une pièce toute petite,
00:54:07c'est quelque chose qui se pratique depuis très longtemps.
00:54:09Ça, c'était très beau, d'autant plus qu'elle a une voix magnifique.
00:54:11Et moi, quand j'ai su qu'elle était dans le film et qu'elle
00:54:14allait chanter, j'ai tout de suite compris qu'il fallait que...
00:54:19Je me suis dit qu'il fallait que...
00:54:20À un moment là, la musique, c'est la pleine.
00:54:24Pour ce qui concerne les sommets, c'est ces moments-là.
00:54:27Il faut se tenir à sa place dans ce cadre-là, parce qu'il y a
00:54:30rien de plus puissant qu'une voix comme ça, seule, dans un tel
00:54:34moment.
00:54:37Pour chaque film, il y a un événement, quelque chose qui
00:54:45est à voir.
00:54:45C'est comme si on avait un curseur du tragique au plus léger.
00:54:57Ça bouge beaucoup dans les films de Blandine, parce qu'elle sait
00:54:59faire ça, mêler ses émotions, ses moments de tension, des moments
00:55:05de relâchement, en tout cas, avec beaucoup d'intelligence et de
00:55:08finesse.
00:55:09Mais ça bouge beaucoup.
00:55:11La musique doit suivre ces moments-là, s'absenter.
00:55:16Ça, c'est ce que je trouve le plus passionnant dans ce travail,
00:55:19que je ne fais pas beaucoup avec d'autres personnes qu'avec
00:55:21Blandine.
00:55:22Ça m'est arrivé, mais c'est très, très rare quand même.
00:55:25Alors, je ne vais pas monopoliser la parole parce qu'on a du public
00:55:28aussi.
00:55:29Peut-être qu'on va commencer à donner la parole à la salle, si
00:55:33vous avez des questions à nos invités.
00:55:38Bonsoir, merci.
00:55:39C'est vraiment passionnant, ce que vous nous racontez.
00:55:42Moi, je suis vraiment absolument enthousiaste.
00:55:45Je voulais revenir juste sur Aurore, dans la deuxième scène qui
00:55:49se passe à la NPE, avec l'autre actrice.
00:55:52Excusez-moi, j'oublie son nom.
00:55:54Il y a une scène.
00:55:55Florence Muller.
00:55:56Florence Muller, où vraiment, elle hésite, elle n'arrive pas à
00:55:59parler.
00:56:00Est-ce que je me demandais, est-ce que c'est écrit, cette scène-là ?
00:56:03Est-ce que vous écrivez tous les dialogues ?
00:56:04Est-ce que ça, c'est écrit ?
00:56:05À quoi ça peut ressembler dans un scénario ?
00:56:08Est-ce qu'elle a appris un texte ou est-ce qu'il y a une certaine
00:56:12part de liberté ?
00:56:14Alors, en fait, il fallait à un moment donné qu'Aurore
00:56:20cherche du travail et donc, je devais passer narrativement par
00:56:23cet espèce d'endroit, Pôle emploi, NPE, France Travail, etc.
00:56:28Et je me suis dit, ce n'est pas intéressant.
00:56:30On sait ce qui va se dire.
00:56:32On a déjà vu mille fois au cinéma où on l'a vécu soi-même.
00:56:36Donc, puisqu'on sait ce qui va se dire, autant ne pas le dire
00:56:39puisque tout le monde comprend tout de suite.
00:56:41Et Florence Muller, il se passe qu'elle sait très, très bien
00:56:43faire ce genre de choses qui, je trouve, c'est du génie.
00:56:47Vraiment, tout le monde ne sait pas faire ça.
00:56:49Et donc, c'était avec un grand plaisir que je l'ai invitée à faire
00:56:53ce petit rôle, mais j'essaie toujours qu'il n'y ait pas de
00:56:56petits rôles dans mes films.
00:56:57J'adore les personnages qui existent comme ça très, très vite.
00:57:01Et ce qu'elle a fait, moi, continue de me faire rire.
00:57:04J'ai revu hier l'extrait et j'ai ri encore.
00:57:08Alors, c'est un autre extrait qu'on a montré hier lors d'une
00:57:12autre rencontre. Là, c'était l'heure qu'elle a mis.
00:57:14Mais il y a une autre séquence d'A.N.P.E, Pôle emploi, etc.
00:57:17Je ne sais pas comment on dit maintenant.
00:57:19France Travail, tu le sauras un jour.
00:57:23C'est vrai que pour rebondir sur votre question par rapport à
00:57:26l'improvisation, je n'étais pas là sur cette partie du tournage.
00:57:29Mais ce qui est très beau dans la façon dont Blandine travaille
00:57:32avec les acteurs et les actrices, c'est qu'encore une fois,
00:57:36le scénario, c'est un outil de travail.
00:57:38T'écris des très bons dialogues, mais il y a vraiment une scène
00:57:40qui est là, qui existe.
00:57:42Mais tu retravailles après sur le plateau le matin avec
00:57:47les acteurs et vous redispatchez les lignes.
00:57:53Vous réessayez des choses et il y a certains metteurs en scène
00:58:01qui vraiment sont très, très accrochés au texte.
00:58:04Toi, tu adores qu'il y a un truc de vie qui soit insufflé et que
00:58:08toutes les petites choses qui peuvent, à un moment donné,
00:58:12arriver comme ça, les petits accidents, t'en fais ton miel.
00:58:16Mais ça, c'est hyper agréable quand on voit après le résultat.
00:58:21Un savoir-faire de Blandine.
00:58:24J'ai une question sur le tournage.
00:58:27Vous parliez tout à l'heure par rapport à placer la caméra vis-à-vis
00:58:31les répétitions de l'équipe.
00:58:34Est-ce que tu fais un découpage avant?
00:58:37Comment tu choisis justement à placer la caméra?
00:58:40Est-ce que c'est fait le jour même?
00:58:43Comment c'est ta démarche de découpage?
00:58:46Ça dépend des séquences vraiment, mais par exemple, pour l'avortement,
00:58:49toutes les séquences d'avortement, il y en a sept.
00:58:51On s'est vraiment beaucoup posé la question comment on allait filmer
00:58:54pour que ce soit le plus...
00:58:55L'idée, c'est que le spectateur, la spectatrice s'identifient aux femmes beaucoup.
00:58:59Donc, on avait envie d'avoir cette espèce de...
00:59:02d'avoir les jambes comme ça dans le champ.
00:59:05Donc, il y a des situations pour lesquelles on se pose beaucoup de questions,
00:59:09d'autres pas du tout.
00:59:10Moi, j'attends de voir ce qui se passe sur le plateau et je décide là où on sera le mieux.
00:59:15Donc pour ça, en gros, il faut qu'il n'y ait plus la complicité avec le chef-op
00:59:20et plus la chef-op est installée et plus c'est heureux.
00:59:24En gros, c'est ça quoi.
00:59:25Et après, Marion et puis tout le monde aident aussi complètement.
00:59:29Enfin, c'est un travail collectif.
00:59:31Moi, j'aime le cinéma pour l'équipe.
00:59:35Sinon, je serais écrivain ou peintre ou je ne sais pas quoi.
00:59:39Mais l'idée, c'est de faire participer tout le monde le plus possible.
00:59:44Bonsoir.
00:59:45Oui, je ne sais pas trop si je peux poser de questions, mais je la pose quand même.
00:59:47Je me demandais en fait si, Blandine, si vous pouviez nous dire un peu comment ça vient,
00:59:51les idées pour vous, d'où ça vient.
00:59:54Est-ce que c'est des choses que vous voyez ?
00:59:55Est-ce que vous vous nourrissez de quelque chose pour un projet ou qu'est-ce qu'il y a au début ?
01:00:03Soit c'est l'envie de dire quelque chose, c'est une ambition énorme.
01:00:07Je me rends compte en le disant, mais de se dire oui, je peux prendre la parole.
01:00:11Mais donc, c'est vraiment une nécessité, c'est-à-dire que c'est une obsession.
01:00:16Zouzou, c'était quand j'ai compris qu'il y avait l'éducation sexuelle à l'école,
01:00:23ça changerait vraiment complètement toute la société.
01:00:25J'ai vraiment pris conscience de ça.
01:00:27Je me suis dit, il faut en faire une comédie.
01:00:29Il faut qu'on parle de cette histoire, que personne ne veut prendre en charge cette éducation,
01:00:35ni la famille, ni les médecins, ni l'école, ni personne.
01:00:37Donc au bout d'un moment, on voit bien les ravages que ça procure.
01:00:41Enfin voilà, Aurore, c'est venu parce que j'avais plusieurs amis plus âgés que moi,
01:00:46qui avaient les enfants qui quittaient la maison, qui se séparaient de leurs mecs
01:00:51et qui n'avaient plus de boulot.
01:00:52C'était une espèce d'âge comme ça, qui avait l'air tellement terrifiant.
01:00:57Et en même temps, je lisais François Zéritier ou Christine Delphi.
01:01:02Donc je voyais bien qu'il y avait quelque chose de très politique et en même temps de très banal,
01:01:06de très quotidien et de très courant.
01:01:09Et encore une fois, la comédie me paraissait le meilleur moyen d'aborder la ménopause,
01:01:13parce que sinon, je pense que je n'aurais pas à trouver d'argent pour aborder ce sujet tellement tabou.
01:01:20Voilà, Nicolas, c'est quand j'ai découvert l'existence du MLAC.
01:01:23Je me suis dit qu'il fallait que tout le monde connaisse cette histoire,
01:01:26vu qu'on ne l'apprend pas à l'école.
01:01:28Et puis, Je vais être au printemps, ça a été un coup de cœur pour une bande dessinée,
01:01:33puisque c'est l'adaptation d'une bande dessinée de Camille Jourdi.
01:01:36Voilà, donc ça part de, il faut qu'il y ait un désir très, très fort quand même pour faire un film,
01:01:40parce que ça dure entre le moment en écrit et la fin, c'est peut-être deux ans, trois ans, quoi.
01:01:47Donc bon, il faut en avoir très, très envie quand même.
01:01:49Petite question sur le casting.
01:01:53Est-ce que c'est toujours toi qui choisis les acteurs et les actrices avec qui tu veux travailler ?
01:01:58Parce qu'on voit qu'il y a quand même, par exemple, Laure Calamy qui revient souvent.
01:02:03Et est-ce que tu travailles avec des directeurs et des directrices de casting
01:02:07ou c'est toujours toi qui sais avec qui tu veux travailler ?
01:02:11Souvent, il y a quand même les rôles principaux qui sont décidés aussi beaucoup avec la production.
01:02:17Pour pouvoir financer, il faut un peu des noms, pas pour tous les films,
01:02:20mais quand même, c'est de plus en plus comme ça, en tout cas.
01:02:24Et après, pour tous les autres rôles, j'aime bien rencontrer des gens nouveaux à chaque film.
01:02:30Là, pour Annick Colère, il y avait beaucoup de jeunes femmes à rencontrer.
01:02:33Et là, j'ai travaillé avec David Bertrand, qui m'a fait rencontrer beaucoup, beaucoup de jeunes femmes.
01:02:39Et c'était un casting passionnant en plus, pour plein de raisons.
01:02:44Enfin, je veux dire que quand on fait des castings avec des sujets aussi forts,
01:02:49forcément, les jeunes femmes qui viennent savent un peu...
01:02:52Enfin, il y a une forme d'engagement déjà en venant au casting.
01:02:57Au Zouzou, non, il n'y avait pas de directeur de casting.
01:03:01C'était vraiment écrit sur mesure pour tous ces acteurs, actrices que j'aimais beaucoup
01:03:05et avec qui je voulais passer du temps.
01:03:08Voilà.
01:03:09Merci beaucoup.
01:03:10Je voulais juste savoir un petit peu comment ça se passait entre...
01:03:14Vous l'avez abordé un tout petit peu au début, mais le travail entre l'assistante mise en scène
01:03:20et la maîtrise ou la metteur en scène.
01:03:26Quelle est votre marge de manœuvre ou comment se passe la collaboration de façon concrète ?
01:03:35Avec chaque metteur en scène ou maîtrise en scène, cinéaste, il faut créer la relation.
01:03:44C'est vraiment très humain.
01:03:45Donc, il n'y a pas de recettes.
01:03:48Après, chaque cinéaste a aussi une façon de mettre en scène avec une façon d'aborder le tournage.
01:03:59Parce que ce qu'on prépare, c'est le tournage.
01:04:01Donc, il y a toute cette phase de préparation qui dure généralement deux mois et demi,
01:04:05trois mois, peut-être un peu plus, où on apprend à se connaître.
01:04:09Et puis, en tant qu'assistant, on apprend à essayer de voir comment la personne envisage le tournage de son film.
01:04:17Et par exemple, tout à l'heure, on parlait de découpage.
01:04:23C'est vraiment propre à chaque cinéaste.
01:04:27Blandine, ça passe vraiment par les acteurs.
01:04:30Tu aimes vraiment ça.
01:04:35Tu as besoin de voir les acteurs en place, dans le décor, de travailler avec eux pour trouver la scène.
01:04:40Alors, tu sais ce que tu as écrit, évidemment, et où est-ce que tu veux aller.
01:04:44Mais tu te laisses une part de laisser arriver des choses de la vie.
01:04:53Donc ça, on s'apprivoise au fur et à mesure.
01:04:58Et puis, c'est aussi à force de parler, c'est beaucoup, beaucoup de conversation.
01:05:02Bien sûr, l'assistant, il y a toute une partie plus technique où on doit préparer le plan de travail ensemble.
01:05:09Alors moi, je le prépare, c'est-à-dire de dire on va tourner tel jour, telle scène.
01:05:13C'est des discussions ensemble ou après, c'est des choix qui sont...
01:05:19Faire cohabiter des choix artistiques, des désirs artistiques avec des réalités budgétaires, financières.
01:05:26Et puis, voilà, en fonction du degré de lien qui se crée, d'intimité et de complicité aussi sur des sujets.
01:05:37L'assistant se permet ou pas de rentrer plus ou moins dans une collaboration artistique.
01:05:46Voilà, enfin, c'est des questions d'affinité humaine, après, à un moment donné.
01:05:52Et après, Marion, elle a une équipe aussi, il y a un deuxième assistant, troisième, à qui elle délègue au fur et à mesure.
01:05:57Mais au tout début, on n'est que toutes les deux avec la production, un peu la régie.
01:06:02Et puis, au fur et à mesure, l'équipe arrive.
01:06:03Donc ça, c'est super émouvant quand on est réalisateur, réalisatrice.
01:06:06Cinéaste, enfin, qu'on fait du cinéma, c'est qu'au début, on démarre vraiment pas nombreux.
01:06:11Et puis, à la fin, tout le monde arrive et ça chauffe, quoi.
01:06:15Et puis, il y a des degrés de décision différents à prendre.
01:06:17Alors, c'est dur de prendre des décisions pour un film parce qu'à un moment donné, on enterrine des choix.
01:06:24Et il y a quand même un calendrier.
01:06:26Donc, si j'arrive trois mois avant le début du tournage, mais on sait qu'il y a cette espèce de date, le 10 dé,
01:06:32qui est le jour du premier jour de tournage, on ne peut plus décaler après parce que ça coûte très cher.
01:06:37Donc, on sait qu'on doit commencer là et on a une espèce d'assistante.
01:06:42On a un rétro planning dans la tête en se disant bon, il faut que tant de semaines avant, on ait finalisé le casting,
01:06:49qu'on ait finalisé les repérages.
01:06:51Et c'est de prendre les meilleures décisions pour le film, d'accompagner Blondine dans la prise de décision.
01:07:01Et puis, aussi de coordonner le reste de l'équipe pour qu'elle ait le plus de choix possible pour pouvoir décider,
01:07:10que ce soit des vrais choix, pas des...
01:07:13Mais en tout cas, le premier ou la première assistante, c'est la personne avec laquelle je passe le plus de temps.
01:07:18C'est-à-dire que pendant cinq mois, on se voit tous les jours.
01:07:21Donc, c'est vrai que quand ça s'arrête, c'est toujours bizarre.
01:07:23Ouais, d'accord, merci.
01:07:25Et vous êtes sur un autre projet ou vous avez un coup de cœur ?
01:07:29Je suis en train d'écrire là, tranquillement, tout doux.
01:07:33Prenez votre temps et merci beaucoup pour...
01:07:36Moi, je vous découvre et j'adore.
01:07:38Merci beaucoup.
01:07:40Bonsoir, j'ai deux questions.
01:07:44Une première sur le fait que vous avez visiblement un engagement et puis une dimension politique à votre travail.
01:07:53Je voulais savoir si cet engagement et cette dimension politique étaient partagées par une équipe que vous choisissiez à cet effet
01:08:01ou qui était aussi intéressée par cet engagement.
01:08:05Est-ce que c'est autrement dit un engagement qui est collectif avec toute l'équipe ?
01:08:09Et la seconde question porte plus précisément sur Anne Nicolaire, dont les différentes personnes avec qui je l'ai vu.
01:08:20On s'est dit que finalement, la loi IVG de Simone Veil était d'une certaine manière, enfin qui est célébrée à juste titre,
01:08:32était d'une certaine manière une enreprise de contrôle de ce mouvement des avortements en les officialisant.
01:08:43Alors qu'il y avait tout ce mouvement, TUMLAC, qui lui avait pris en charge ce travail-là et qui était fait par des femmes pour des femmes.
01:08:55Et que du coup, il y a un certain paradoxe à valoriser toute cette loi IVG, alors que c'est une sorte de prise de contrôle.
01:09:04C'est ce qu'on voit un petit peu à la fin du film avec le discours de Laure Calamy.
01:09:09Et je ne sais pas, je n'ai pas eu l'impression que cette dimension-là avait été bien comprise dans la réception qui a été faite du film.
01:09:19Donc je voulais avoir votre avis sur ça.
01:09:21Je pense que si, quand même.
01:09:22Je pense que ça, ça a été bien perçu.
01:09:27La loi Veil, c'est vraiment tout l'aspect médico-légal qui a été gagnant dans l'histoire.
01:09:34C'est-à-dire tout l'aspect féministe éducatif, c'est-à-dire le miroir pour que les femmes apprennent leur corps, etc.
01:09:40Toute la prise en charge très tendre et globale des personnes.
01:09:45Ça, c'est sûr que ça s'est stoppé.
01:09:50La loi Veil était là aussi pour établir l'ordre social, quoi, que le chaos, c'était le chaos dans le pays, quand même.
01:09:56Mais ce n'est pas du tout comme ça qu'elle est présentée, la loi Veil.
01:10:00Alors, le roman national aime bien raconter une ministre seule face à une assemblée d'hommes et qui fait voter une loi.
01:10:06Ce qui est vrai, elle a été extrêmement courageuse.
01:10:09On sait tous ce qu'elle a vécu pour faire passer la loi.
01:10:14Mais ce n'est pas elle qui souhaitait.
01:10:17Voilà, elle a été appelée par Giscard d'Estaing pour faire ce boulot que personne ne voulait faire.
01:10:22Et elle l'a fait très courageusement.
01:10:24Mais ce qui est terrible, c'est qu'à chaque fois qu'on commémore la loi Veil,
01:10:28on invisibilise la lutte qui était collective, quoi.
01:10:33C'est-à-dire qu'il y avait Gisèle Halimi, il y avait le planning familial, il y avait le MLAC.
01:10:36C'est une désobéissance civile globale qui est totalement invisibilisée, qu'on n'apprend toujours pas à l'école.
01:10:43Là, j'ai vu, le mois dernier, il y a eu énormément d'articles dans la presse.
01:10:48C'était extrêmement rare que le MLAC soit mentionné quelque part, quoi.
01:10:52Alors Gisèle Halimi, à nouveau, est de plus en plus mise en avant, etc.
01:10:56Comme Simone Veil, mais comme si c'était des figures un peu isolées.
01:10:59Ce qui est évidemment faux, mais c'est comme...
01:11:03Voilà, moi, j'aime bien faire le parallèle avec le mariage pour tous.
01:11:05Ce ne sont pas des ministres qui se sont réveillés en disant, ben tiens, il y a des familles homoparentales,
01:11:10on va peut-être faire une loi pour les aider.
01:11:12C'est parce que les gens se sont mobilisés de la même façon qu'ils sont...
01:11:16Voilà, moi, je voulais faire le film aussi pour rappeler que les lois se réclament, quoi.
01:11:20On ne nous les donne pas généreusement comme ça.
01:11:24Et pour la première question...
01:11:29Oui, ce sont des films que j'espère qu'on reçoit comme des films politiques,
01:11:34mais j'ai l'impression que faire un film, c'est déjà un geste politique.
01:11:38C'est prendre la parole, quoi, et c'est donner une vision du monde.
01:11:42Donc c'est déjà forcément...
01:11:46Ça me paraît forcément politique de faire un film.
01:11:49Et en tant que femme, encore plus, même si ça va mieux.
01:11:52Et la question portée sur l'équipe, c'est-à-dire, est-ce que l'équipe se réunit autour du projet politique
01:11:58ou est-ce que c'est un projet artistique qui les mobilise ?
01:12:02Est-ce que la dimension politique est engagée par l'équipe ?
01:12:04Non, mais Blandine ne choisit pas ses techniciens parmi des militants, non.
01:12:08Et quand on s'est rencontrés, moi, j'étais assez ignorante de toutes ces questions-là.
01:12:14Enfin, j'étais ignorante dans le sens, je connaissais ce que la face immergeait.
01:12:18Et Blandine m'a enseigné des choses.
01:12:22Mais d'abord, faire un film, il faut des techniciens compétents.
01:12:29Après, je pense que des gens qui ont des idées politiques diamétralement opposées à celles de Blandine
01:12:35ne vont peut-être pas se retrouver, mais on n'est pas obligé d'adhérer à la pensée.
01:12:42Mais de la même façon, je pense que pour les techniciens, faire un film, c'est aussi toujours un peu un engagement.
01:12:49Il faut s'y retrouver quelque part, quand même, dans le projet.
01:12:53Après, à chacun des degrés différents, mais oui.
01:12:59On devient aussi...
01:13:01Moi, c'est pareil, j'ai commencé à travailler sur le MLAC.
01:13:05Enfin, sur ton scénario, je ne connaissais pas le MLAC.
01:13:07Je veux dire, je n'en avais jamais entendu parler.
01:13:09Et après, au fur et à mesure qu'on travaille, forcément, si on n'adhère pas,
01:13:15ça me semble un peu compliqué, quand même, artistiquement, de suivre l'affaire.
01:13:21Parce que l'artistique raconte aussi, enfin, fait partie du récit de l'histoire.
01:13:27Donc, je pense qu'au fur et à mesure, on devient...
01:13:31Moi, en tout cas, personnellement, je suis extrêmement fière d'avoir travaillé sur ce film,
01:13:37d'avoir rencontré des femmes du MLAC, parce que j'en ai eu besoin pour m'imprégner de l'atmosphère.
01:13:43Et pas que de l'atmosphère, d'être au plus près de la vérité.
01:13:46Et franchement, personnellement, c'est un grand moment pour moi.
01:13:50Je le vois à Blandine, clairement.
01:13:52Et si je parle de mon équipe déco et costume,
01:13:56tous ont découvert le MLAC avec le film de Blandine.
01:14:01Et ça aurait été compliqué pour moi, évidemment, de parler de tous les détails
01:14:06qui font partie, après, d'une vision artistique,
01:14:09avec des gens qui auraient été, disons, opposés à l'idée.
01:14:13Mais c'est parce qu'aussi, on choisit son équipe.
01:14:17Alors, bien sûr, par rapport aux capacités de l'équipe en question.
01:14:22Mais enfin, je veux dire, on y passe du temps.
01:14:25Donc, il faut aussi une affinité intellectuelle, je pense.
01:14:30– Bonsoir, je voulais...
01:14:32Moi, je n'ai pas assisté au cours de hier, donc je ne sais pas ce qui s'est dit.
01:14:36Mais je voulais vous poser une question concernant,
01:14:39je voulais dire, de l'actrice à la réalisatrice.
01:14:42Donc, on cite Carnet, donc je voulais savoir, un petit peu,
01:14:48qu'est-ce que ça vous a apporté ?
01:14:51Vous n'avez peut-être pas une carrière d'actrice suffisamment conséquente,
01:14:56en quoi ça peut apporter des choses, en tant que réalisatrice,
01:15:01par rapport à vos actrices ?
01:15:03Et aussi, un peu, comment ça s'est passé,
01:15:05si vous avez des souvenirs de ce tournage avec Gaspard Noé ?
01:15:10– Oui, j'ai des souvenirs, quand même.
01:15:13Je n'ai pas une grande carrière d'actrice, pas du tout,
01:15:16vous avez bien raison, mais je n'ai pas couru après non plus.
01:15:20Peut-être que si j'avais eu un succès fou,
01:15:24j'aurais eu moins envie d'être réalisatrice, c'est possible.
01:15:26Mais c'est vrai que moi, j'ai démarré à une époque où,
01:15:30avec Gaspard, c'était super, j'ai appris plein de choses.
01:15:33Il était très encourageant, donc ça m'a donné envie de réaliser.
01:15:36Enfin, voilà, il était très encourageant.
01:15:39Et ensuite, j'ai rencontré quelques réalisateurs, réalisatrices très chouettes.
01:15:44Et puis après, j'ai rencontré des gens beaucoup moins chouettes
01:15:48qui m'ont donné moins envie.
01:15:50Voilà, en gros, j'ai vu des réalisateurs...
01:15:53Bon, voilà, toute cette génération de types très désagréables en casting,
01:15:57je crois qu'on en a assez entendu parler dernièrement,
01:15:59je n'ai pas besoin d'en rajouter.
01:16:00Et voilà, moi, je suis partie en courant.
01:16:05Et après, j'ai eu des expériences de réalisateurs qui ne dirigent pas du tout,
01:16:07qui nous font faire 10, 15 prises sans donner aucune indication,
01:16:11des choses comme ça, mais qui m'ont permis, en tout cas,
01:16:14de me rendre compte de ce que c'est que la position d'être devant une caméra.
01:16:17C'est-à-dire cette extrême fragilité, mais aussi ce grand pouvoir
01:16:21de faire foirer une scène, quoi, très facilement.
01:16:24Il y a plein de... Je sais à qui je m'adresse, quoi.
01:16:27Voilà, c'est ça que ça... Je pense que ça m'aide là-dessus.
01:16:30Et je sais que s'il n'y a pas de plaisir, c'est quand même compliqué d'avoir une bonne scène.
01:16:34Je crois que j'essaie de faire en sorte que mes acteurs et mes actrices aient du plaisir, quoi.
01:16:39D'une façon ou d'une autre, dans le travail.
01:16:42Je ne crois pas au travail dans la douleur du tout.
01:16:46Mais il y en a qui y croient.
01:16:48Il y en a qui y croient et puis il y en a qui délèguent complètement à l'acteur
01:16:53l'interprétation.
01:16:57Alors que toi, t'as une idée de l'interprétation de chaque personnage.
01:17:02On veut des noms, là, Marion, du coup.
01:17:05On veut des noms.
01:17:06Mais non, mais ce n'est pas forcément négatif.
01:17:11C'est une question de position et je pense aussi de chemin.
01:17:16Le fait que tu aies joué et que tu sois actrice aussi, ça change complètement la façon de mettre en scène.
01:17:23Mais t'as une idée de comment le personnage pourrait faire dans telle scène.
01:17:29Et tu le partages avec la personne qui interprète.
01:17:34Et de là, vous construisez.
01:17:37Alors que parfois, ce n'est pas du tout comme ça.
01:17:42On va devoir conclure, malheureusement.
01:17:45Mais pour notre chance, les films sont toujours là.
01:17:47Donc, on va pouvoir entendre la vraie musique de Bertrand Belin dans les films de Blandine Lenoir.
01:17:52Donc, il y a la séance de court métrage qui suit, avec des cours super que Blandine va présenter.
01:17:58Et puis, on peut toujours voir Juliette au printemps, Aurore, Demain.
01:18:02Donc, vous pouvez encore profiter des films de Blandine Lenoir pour conclure cette semaine, demain.
01:18:08Voilà, et on vous remercie chaleureusement.
01:18:10Merci beaucoup.
01:18:10Vous êtes tous abonnés.