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00:00Je voudrais qu'on revienne un instant sur la disparition de C8, qui est actée par le Conseil d'Etat.
00:06Je voudrais revenir sur les révélations de Jules Torres, il était avec moi dans ce studio, juste avant vous.
00:13Il a eu un déjeuner extrêmement intéressant.
00:16Vous savez quand vous allez au restaurant, il ne faut pas parler trop fort, n'est-ce pas ?
00:19Vous êtes aguerri.
00:20Oui, je suis des hommes d'expérience.
00:22Vous êtes des hommes d'expérience, Philippe Guybert.
00:25Faites attention quand vous allez au restaurant.
00:27Il était au service d'information du gouvernement.
00:29Donc il nous espionnait à l'époque.
00:31Non, je ne vous espionnais pas.
00:33Si, si, Philippe Guybert, dites la vérité.
00:35Philippe Guybert, à l'époque, vous espionnez.
00:36Absolument pas.
00:37Je déconnais, moi.
00:39Que les positions publiques.
00:41Écoutez ce que nous a raconté Jules Torres tout à l'heure.
00:44J'ai noté trois phrases qui m'ont beaucoup heurté.
00:47Je cite, nous, on nous a demandé de virer Hanouna, on l'a fait, on a fait notre boulot.
00:52Ça nous montre qu'il y a quand même une décision qui est arbitraire.
00:55Le sujet, ce n'est pas tant C8 que la personne de Cyril Hanouna.
00:58Le deuxième verbatim, c'est qu'on s'est bien payé le groupe Bolloré.
01:02Donc on a bien compris que c'était une décision qui était contre le groupe de Bolloré, de Vincent Bolloré,
01:06et contre les chaînes et médias du groupe.
01:09Et le troisième, et ça c'est celui qui m'a le plus scandalisé, voire même choqué,
01:13c'est qu'on s'en fout de mettre au chômage 400 potes de Cyril Hanouna.
01:18400 personnes qui vont se retrouver sur le carreau au chômage.
01:22Et ça, visiblement, à l'ARCOM, on n'en a rien à faire.
01:24Alors, je remets dans le contexte, en fait, Jules Torres a déjeuné avec des collègues,
01:29et il s'est retrouvé à côté de trois personnes de l'ARCOM, qui ne l'avaient pas identifié,
01:32et qui parlaient assez librement.
01:34Il a vérifié leur identité auprès du restaurateur.
01:37Voilà les trois phrases qui ont été prononcées.
01:40Pardon. Pardon.
01:42Alors, ça ne vous étonne pas ?
01:44Non. Les deux premières phrases, en tout cas, ne nous étonnent pas.
01:47On avait bien compris que c'était Cyril Hanouna la cible derrière.
01:50Et on avait bien compris que c'était Vincent Bolloré aussi.
01:53400 potes, pardon, moi je pense aux salariés, 400 potes ?
01:56C'est une blague ?
01:59Vincent Bolloré ?
02:01Peut-être qu'ils n'ont pas été identifiés, ces trois qui ont parlé de manière imprudente.
02:07Et c'est tombé, heureusement d'ailleurs, dans les oreilles de Jules Torres et de deux autres journalistes d'ailleurs.
02:12Mais, moi, je me mets à la place, une seconde, de ceux qui ont subi ce préjudice incommensurable.
02:19Incommensurable, à commencer par Cyril Hanouna, mais le groupe en général.
02:23Et moi, en l'occurrence, Georges Sénèche, moi je n'ai plus d'émission la semaine prochaine.
02:29Moi, je me mets à leur place et je me dis, comment je pourrais en avoir le cœur net, au fond ?
02:34Parce que, si c'est vrai, ce qu'ils ont dit, c'est qu'il y a eu d'ailleurs un acte, au moins de corruption,
02:40active, passive, peut-être de trafic d'influence.
02:44J'irais déposer une plainte pour identifier ces trois personnes, les faire entendre, le parquer.
02:51Mais oui !
02:52Ça ne donnera rien, judiciairement.
02:54Mais on a droit !
02:55On a bien compris, honnêtement, Georges.
02:57Il y a trois membres de l'ARCOM qui viennent s'épancher dans un restaurant en disant,
03:02on les a bien eus, on a obéi aux ordres qu'on nous a donnés, on a arrêté...
03:06Mais ils vont mentir, ils vont démentir, ils vont dire Georges Sénèche.
03:09Moi, je ne les serais pas là.
03:10Ou alors, ça ne sert à rien d'en parler.
03:12Mais si on veut en avoir le cœur net, il faut essayer d'aller un peu plus loin,
03:16et se demander qui sont, et précisément, quel est le rôle...
03:19Je ne crois pas qu'ils soient des sages, je ne pense pas qu'ils soient les membres de l'ARCOM,
03:23c'est du personnel de l'ARCOM, j'imagine, j'imagine, quand même.
03:27Mais il faut en avoir le cœur net.
03:28Mais Georges, en même temps, comme on le disait, on n'est pas exactement surpris
03:31que Cyril Hanouna et Vincent Bolloré étaient les cibles dans cette opération.
03:36Ça, c'est évident.
03:38Voilà, ça, c'est un élément où on n'a pas besoin, presque pas besoin d'avoir de témoignages,
03:42on avait compris.
03:44Ce qui est aberrant dans ce système, et je trouve que l'ARCOM, vraiment...
03:48Enfin, l'ARCOM et le Conseil d'État ont pris des décisions, je trouve,
03:52qui sont dangereuses, parce qu'elles créent un précédent incroyable.
03:56C'est-à-dire qu'il y ait des sanctions, quand il y a des dérapages,
03:59ne me choque pas, je trouve que c'est le rôle d'un organisme de contrôle, quand même.
04:05D'en venir à supprimer une chaîne, qui plus est, une chaîne,
04:09si elle n'avait pas trouvé son public, si personne ne la regardait,
04:12ça serait autre chose.
04:13Mais une chaîne qui était première chaîne de la TNT,
04:15et qui est toujours première chaîne de la TNT...
04:17Les chiffres sont dingues !
04:18Et quand même, une décision...
04:20TPP a eu des records d'audience encore cette semaine !
04:22Et quand même, une décision qui n'a pas beaucoup d'équivalent dans l'Europe démocratique.
04:26Vous voyez ce que je veux dire ?
04:27Il n'y en a pas !
04:28Il n'y en a pas, c'est ça !
04:29Je peux vous le dire, il n'y en a pas.
04:30Je comprends qu'on sanctionne un média qui utilise une fréquence,
04:34je n'arrive pas à comprendre comment on peut en venir à supprimer une chaîne,
04:40à détruire un média...
04:42Et est-ce que vous n'êtes pas quand même interpellé par le fait que
04:47un propos, certes très déplacé de Cyril Hanouna vis-à-vis d'un député,
04:53une espèce de Louis Boyard,
04:55soit sanctionné par l'ARCOM de 3,5 millions d'euros,
05:00et par la justice...
05:014 000 !
05:024 000 euros, ça ne me pose pas une difficulté, ça ?
05:05Qu'il y ait des sanctions, je peux le comprendre.
05:07Je vous parle de l'écart, le cap qu'il y a entre 4 000 euros, la justice,
05:11et l'ARCOM de 3,5 millions d'euros.
05:13Et ils vont ensuite utiliser ces amendes pour se conforter eux-mêmes dans leur décision,
05:17il faut fermer la chaîne.
05:18Mais enfin, ce n'est pas possible !
05:20C'est un échec pour l'ARCOM !
05:22C'est un échec !
05:23L'ARCOM, c'est complètement discrédité.
05:25Vous avez été juge d'instruction à Georges Fenech.
05:28Je commets un délit, vous m'envoyez en prison.
05:31Je ne ferai pas ça.
05:33Donc je fais de la prison, je paye ma dette à la société.
05:36Quand je sors, j'ai payé ma dette à la société.
05:39Vous n'allez pas me reconvoquer en disant que finalement, c'est la double peine !
05:44Ça sert à quoi les amendes ?
05:46On appelle ça, il y a un terme latin, juridique,
05:49non bis in idem.
05:51Un fait ne peut pas être sanctionné deux fois.
05:54C'est une règle en droit, ça.
05:56Là, il n'a pas été sanctionné deux fois, il a été sanctionné trois fois.
05:59Par la justice, par l'ARCOM au moment des sanctions,
06:01et par la suppression de la chaîne.
06:03Ce qui est contraire à tous nos principes.
06:05Et ça n'émeut personne, à part...
06:07Et encore une fois, de supprimer une chaîne de télévision...
06:10Non mais c'est très grave !
06:11Je trouve que, je ne sais pas si on mesure bien...
06:13Vous en êtes une victime, Pascal, vous en êtes une victime.
06:15Votre émission marche très très bien.
06:17Vous n'avez commis rien de...
06:19Ah non, non, ça c'est sûr, mais je ne suis pas la seule !
06:21Voilà, et vous n'êtes pas la seule.
06:23On peut citer évidemment Jordan Deluxe et d'autres...
06:25Bien sûr, William Lébergy, Zadou Moudadit...
06:27Bon, ce qu'on aimerait, c'est qu'il y ait un peu plus de réaction politique.
06:30Parce que pour l'instant, je n'ai entendu que des réactions de droite, mon cher Philippe.
06:33Personne à gauche !
06:35J'attends que quelqu'un de gauche s'émeuve un petit peu.
06:37C'est incroyable !
06:38Je croyais que la gauche, c'était aussi la gauche qui défend la liberté d'expression.
06:41Non, non, mais c'est assez incroyable.
06:42Philippe Guybert, représenté de la gauche sur ce plateau...
06:45Mais pardon !
06:46Enfin, je ne l'interpelle pas personnellement, il l'a bien compris.
06:48Non, mais pas vous, mais vous avez compris ce que je voulais dire.
06:50Philippe Guybert, où sont les syndicats ?
06:52Où sont les politiques ?
06:54Où sont ceux qui se mobilisent
06:56pour le personnel qui est licencié, quand on voit l'ARCOM qui dit les 400 potes d'Hanouna ?
07:00Pardon, excusez-moi, mais c'est honteux !
07:02Mais c'est honteux !
07:03Il y a deux poids, deux mesures !
07:05Je pense qu'une bonne partie de la gauche considère que la bataille politique et intellectuelle
07:11et l'idéologique aujourd'hui se fait par l'interdiction.
07:14Oui, donc par la violence.
07:16Se fait par l'interdiction.
07:18Et donc ça, c'est un changement profond.
07:21Puisque vous m'interpellez, moi, quand j'étais adolescent
07:25et que j'ai commencé à m'intéresser à la politique,
07:27la gauche était le parti de la liberté.
07:29Bien sûr, c'est ça !
07:30C'est parti de la censure, maintenant !
07:32C'est parti de la censure !
07:33C'est assez étonnant, ce renversement !
07:34D'ailleurs, Mitterrand avait libéré les hommes !
07:36C'est ce que j'allais dire !
07:37Mitterrand !
07:38C'était Radio Libre quand j'étais adolescent, moi !
07:40C'est lui qui avait été la gauche qui portait ce combat-là !
07:42Voilà !
07:43Et c'est très étonnant, ce renversement !
07:46C'est inquiétant !
07:48Je dirais que c'est inquiétant !
07:50Oui, c'est inquiétant !
07:52Mais ça discrédite malheureusement aussi le Conseil d'État !
07:54Oui, oui, je suis d'accord !
07:56Vous avez vu le rapporteur ?