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00:00Le nombre de victimes de violences intra-familiales et conjugales a une légère baisse dans les Pyrénées-Atlantiques en 2024, selon la préfecture, mais a pris une hausse plus marquée depuis 2021.
00:09C'est de son 2 228 victimes, majoritairement des femmes, c'est 92 de moins qu'en 2023.
00:15Mais le nombre de victimes, c'est à noter, progresse à l'intérieur du Pays Basque, une augmentation de 8%, mais aussi plus de témoignages de femmes victimes, synonyme d'une prise de conscience.
00:25Votre invitée ce matin, Yves Tussaud, c'est Annick Trondail-Hidiart, vice-présidente du conseil départemental délégué à l'inclusion sociale.
00:31Bonjour Annick Trondail-Hidiart.
00:33Bonjour.
00:34Merci d'avoir accepté notre invitation. Alors, ce bilan vient d'être dévoilé par la préfecture avec les parquets de Pau et de Bayonne.
00:39C'est la réalité des chiffres, des chiffres bruts, mais derrière ces chiffres, il y a des femmes, mais il y a aussi des enfants.
00:45Exactement, parce qu'effectivement, cette réalité très difficile, elle impacte des familles sur plusieurs générations.
00:52Et les enfants sont d'abord des co-victimes, pas des victimes, pas des dommages collatéraux, mais des co-victimes.
00:58On les a longtemps considérés comme des dommages collatéraux, les enfants.
01:01C'est ça, exactement. Et en fait, psychiquement, ils sont tellement vulnérables que l'urgence, elle est bien sûre de s'occuper de leur mère, mais aussi d'eux en même temps.
01:10Lucas le disait, plus 8% de violences intrafamiliales dans le Pays Basque intérieur.
01:17Au département, vous avez décidé, entre autres, d'aller à la rencontre des femmes, à la rencontre des gens.
01:23Vous avez mené des opérations dans des supermarchés à Saint-Jean-de-Luz et plus récemment sur Saint-Jean-Pied-de-Port, au CES, Saint-Étienne-de-Baillegory.
01:31Pardonnez-moi la question, mais un supermarché, c'est le bon endroit pour parler de violences intrafamiliales ?
01:37Absolument, c'est le bon endroit parce qu'en fait, évidemment, ce sujet est délicat.
01:42Donc la discrétion est très importante et par exemple, on n'étale pas le fait qu'on soit à l'entrée de ces supermarchés,
01:48mais c'est une simple petite table avec des documents et les personnes qui sont là, une psychologue, une assistante sociale,
01:54vont aller vers une dame qui arrive avec son chariot pour lui dire qui on est, ce qu'on fait.
01:59Et c'est dans le cas des projets sociaux de territoire que nos services sociaux amènent, effectivement, parce que l'aller vers permet de libérer la parole.
02:06Le dialogue arrive à se nouer à ce moment-là, quand les représentants psychologues vont à la rencontre des gens qui rentrent dans les établissements ?
02:15Oui, avec une discussion qui se fait de façon la plus simple et fluide possible.
02:20Et les personnes, j'ai notamment l'idée d'une personne un peu âgée, qui était un peu surprise et qui a écouté avec beaucoup d'attention
02:26et qui a pu libérer une parole aussi, et plusieurs l'ont fait, en parlant notamment, en disant que s'il y avait eu ce type de dispositif quand ils étaient enfants,
02:35qu'elle avait vécu l'inceste dans sa famille, et plusieurs personnes ont libéré ce genre de paroles,
02:39et c'était vraiment une réussite, entre guillemets, en tout cas les paroles se libèrent de plus en plus.
02:44Ces témoignages veulent dire que des femmes d'un certain âge, des femmes âgées, ont vécu ces violences,
02:50n'en ont peut-être jamais parlé, mais aujourd'hui, commencent à accepter l'idée d'en parler ?
02:56C'est ça, et vont pouvoir aussi, par le fait de libérer cette parole, en parler autour d'elle,
03:00en tout cas c'est sans doute un pas très très fort qui est franchi, et on va continuer comme ça dans le milieu rural à aller vers,
03:09c'est pour ça que les chiffres augmentent aussi, parce que toutes les actions d'information, de dialogue,
03:14comme beaucoup d'associations le font, c'est un travail que nous devons mener tous ensemble, vers les gens.
03:20Cette augmentation, elle ne signifie pas forcément que le nombre de violences augmente,
03:24elle signifie dans un premier temps qu'il y a plus de plaintes et qu'il y a plus de victimes qui portent tout ça devant la société.
03:32C'est ça, la loi du silence, la honte, l'empêche les femmes de se libérer parce qu'elles croient qu'elles ne vont pas être crues peut-être,
03:41et puis elles ont honte de parler, et puis cette grande différence à faire chez nous,
03:44parce que bien sûr au Pays Basque le poids de la parole est très important, comme partout ailleurs,
03:48mais l'idée c'est que ce n'est pas de la délation, de dire qu'il y a de la violence par exemple dans la porte à côté,
03:55ou dans la ferme à côté, ou dans le village à côté, c'est aider, c'est porter secours, c'est le contraire, c'est aider les gens.
04:01Ici Pays Basque, il est 8h20 ce matin, on parle de ces violences intrafamiliales et conjugales au Pays Basque
04:07avec Annick Tronday-Ediard, vice-président du conseil départemental en charge de ce sujet notamment.
04:11Mais l'autre question, c'est à partir du moment où une femme parle, ou un voisin va dire « j'ai entendu »,
04:19ou un enfant va parler, est-ce que la réponse de la société est à la hauteur ?
04:23Est-ce que les gens sont accueillis et ensuite accompagnés ?
04:27De mieux en mieux, et de plus en plus. On avait sans doute un grand retard, il y a un avant les grenelles des violences 2019,
04:32et un après, vraiment avec des axes de formation qui ont été faits par toutes ces associations,
04:37par des communes aussi, je pense à la commune d'Anglette, qui tous les ans, avec Mme Bossavi,
04:41organise des événements très riches pour libérer la parole.
04:44Et en fait, à force de libérer cette parole, les choses se disent, et après il faut accompagner les personnes vers le porter plainte.
04:51La gendarmerie, la police, se sont très formées autour de ces questions.
04:55Il y a un travail qui est fait auprès des personnels de gendarmerie et de police ?
04:58Oui, il y a des actions de formation qui sont portées régulièrement, ils l'ont dans leur formation.
05:02Cette question doit être portée de façon transversale et conjointe par tout le monde.
05:09Mais est-ce que la société a les moyens, par exemple, d'accompagner une agricultrice qui irait dénoncer des violences conjugales ?
05:16Et de l'accompagner, et ensuite de pouvoir lui assurer un avenir ? Parce que cette question-là, elle est incontournable.
05:22Bien sûr, mais par exemple, les budgets entre 2022 et 2024 ont augmenté de 13% sur ces questions-là.
05:28Nous avons l'État à financer des logements pour pouvoir accueillir les femmes victimes de violences.
05:34Et quand vous parlez des agricultrices, oui, il faut qu'on puisse leur donner des informations,
05:38parce que oui, on va pouvoir leur donner d'abord un financement d'urgence pour pouvoir quitter les lieux éventuellement avec leur enfant.
05:46Il faut aller parler à une assistante sociale, elle sera aidée, discrètement, il faudra qu'elle porte plainte.
05:52Un dernier mot, Mme Trudeau, une décision de justice, avant-hier, mardi, tribunal de Bayonne,
05:57un père de famille comparaît pour agression sexuelle sur sa propre fille.
06:00Au départ, c'était une enquête pour viol, requalifiée agression sexuelle.
06:03Les faits ont été commis entre 2002 et 2010.
06:06La jeune fille, l'enfant, était âgé de 3 ans au début des violences, ça a duré jusqu'à 11 ans.
06:12Réquisitoire du ministère public, 18 mois avec sursis.
06:15Décision du tribunal, 3 ans de prison, dont un ferme, une année de prison qui peut être aménagée.
06:20Est-ce que ça c'est à la hauteur de la situation ?
06:22Absolument pas, c'est une violence de plus faite.
06:25Je ne la comprends pas cette décision et il faut vraiment qu'on continue à travailler,
06:29à former les gens et même les magistrats gérés.
06:32On est à une semaine du point préfecture avec les parquets de Pau et de Bayonne et il y a cette décision de justice.
06:37Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas ?
06:39Il y a quelque chose qui ne fonctionne pas.
06:40Il y a plus de 20 ans ou même 30 ans qui peuvent être donnés comme peine
06:46et je ne comprends pas cette décision, effectivement.
06:48C'est le symbole du travail qu'on continue à mener.
06:51Alors parler, sauf, c'est nécessaire.
06:53Mais après, à toutes les étapes de la chaîne de la solidarité humaine,
06:57il faut qu'on arrive à aboutir à des résultats qui soient bien plus efficaces
07:01parce que moi j'ai une pensée pour cet enfant et cette jeune femme maintenant.
07:06Un an par rapport à une détruite, c'est absolument disproportionné.
07:12Il faut qu'on travaille encore beaucoup pour parler de cette évolution nécessaire de la société
07:17parce que c'est une question d'honneur aussi pour nous.
07:20Merci Annick Trundahl-Biard d'avoir accepté notre invitation et bonne journée à vous.
07:23Merci, vous aussi.
07:24Et si vous voulez dénoncer des violences conjugales, par exemple,
07:27il y a un numéro le 3919 si vous voulez parler, par exemple, même de manière anonyme.
07:31Mais il y a des gens qui sont là pour vous aider au 3919.

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