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Chaque année, au mois de mai, le festival de Cannes et son tapis rouge nous le rappellent avec un éclat inégalé : le cinéma est un art majeur de l’incarnation, difficile à imaginer sans le corps, l’aura, la voix des actrices et des acteurs…
Ces personnalités hors-normes que nous admirons sur grand écran, les deux invités de Guillaume Durand pour cette émission spéciale cinéma d’Au bonheur des livres, les ont souvent rencontrées, interviewées, côtoyées même, et leurs livres respectifs portent témoignage de cette fréquentation privilégiée des stars.

Dany Jucaud, qui a été pendant de longues années, grand reporter pour Paris Match à Hollywood, raconte ainsi, dans « J'ai eu une maison à Los Angeles » (Ed. Stock), son expérience parfois intime du milieu du cinéma américain, où l’on croise au gré des anecdotes une foule considérable de figures marquantes, de Kirk Douglas à Sharon Stone, en passant par l’inévitable Harvey Weinstein, dont le nom est devenu synonyme du séisme qui a secoué Hollywood ces dernières années.
Dany Jucaud est-elle nostalgique d’un temps révolu du cinéma ? Elle continue en tout cas d’être fascinée par sa mythologie et le mystère de celles et ceux qui l’incarnent, exactement comme Marc Lambron : l’écrivain et académicien est aussi un intervieweur hors-pair, qui raconte dans « De vive voix » (Ed. Grasset) ses rencontres, entre autres, avec de nombreuses stars du grand écran : Isabelle Adjani, Jeanne Moreau, etc. Ses textes sont des morceaux d’écriture autant que des comptes-rendus d’entretiens, et l’occasion pour Guillaume Durand de parcourir avec ses invités, intervieweurs pour une fois interviewés, une sorte de galerie de portraits mémorables des actrices et acteurs qui continuent de faire la magie du cinéma.
Année de Production : 2023

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Transcription
00:00Générique
00:02...
00:16Quel bonheur de vous retrouver pour parler de cinéma.
00:19Nous approchons du Festival de Cannes.
00:21La conversation est souvent, par la forme de l'interview,
00:24une forme de littérature et le reportage aussi.
00:27Je vous présente Dany Jucot, grand reporter à Hollywood.
00:30Ma chère Dany, bonjour, pendant 40 ans, pour Match, notamment.
00:33Et Marc Lambron, le livre s'appelle
00:35« J'avais une maison à Los Angeles ».
00:37Voici sa fourmille d'anecdotes, de souvenirs
00:41et d'une envie de se précipiter dans un avion pour partir à LA,
00:44mais c'est aussi d'un autre monde,
00:46dont il s'agit avec Marc Lambron, de vive voix,
00:49de multiples entretiens.
00:50Mon cher Marc, bonjour.
00:52Publié aux éditions Grasset, auprès de chanteurs, d'écrivains
00:55comme Tom Walsh,
00:56ou les plus grands du cinéma français, les hommes et les femmes.
00:59Nous allons croiser ces conversations.
01:01D'abord, Dany, bonjour.
01:03Marc, bonjour.
01:04Au fond, au départ, vous n'étiez pas du tout prédestiné
01:08à arriver dans le journalisme et à Match,
01:10puisque vous faisiez du montage de cinéma.
01:12Je faisais du montage, c'est une série de coïncidences
01:15qui ont fait que je me suis trompée.
01:17Pour être précis.
01:19J'étais assistante monteuse sur Emmanuel
01:21et j'avais pour stagiaire le fils de Jeanne Moreau.
01:25Les circonstances de la vie ont fait
01:27que je suis partie pour Los Angeles pour 15 jours
01:29et j'y suis restée 30 ans.
01:31Vous avez habité à une maison mythique,
01:33c'est ce que vous dites.
01:34Los Angeles, c'est fascinant, comme c'est gigantesque,
01:37c'est les adresses.
01:38Mme Jucot, j'avais une maison en Los Angeles
01:41au 8365 Sunset View Drive,
01:4490069 West Hollywood.
01:47Lambron est déjà parti, tellement il adore,
01:49avec une vue spectaculaire, pas très loin,
01:51évidemment, Nicholson, Brando, toute une mythologie
01:55du cinéma américain, on retrouve tout dans ce livre.
01:58Comment vous êtes-vous installée dans ce milieu
02:02qui semble extrêmement fermé, qui est le milieu des superstars ?
02:05Alors, d'abord, comme je vous l'expliquais,
02:09je suis venue par hasard dans ce métier
02:12et les choses se sont enchaînées brièvement
02:15et la personne clé de mes rencontres,
02:17si je puis dire, est Kirk Douglas.
02:19Notre première rencontre, qui était pour match,
02:21il y a eu un coup de foudre amical entre sa femme, lui et moi,
02:25et ils m'ont adoptée immédiatement, il y a de nombreuses années.
02:29Douglas, Sean Connery, Ursula Andres,
02:31ceux qui ont aidé Dany Jucot à pénétrer le milieu.
02:34Et d'autres, encore, oui, mais ils m'ont beaucoup aidée,
02:37mais c'est surtout Kirk et Anne.
02:39Donc, j'ai fait partie de leur famille, dès le départ,
02:42avec tout ce que cela comporte,
02:44c'est-à-dire de rencontres magnifiques,
02:47de Billy Wilder au plus grand patron de studio,
02:49à Robert De Niro,
02:50je peux vous citer tout le grand Hollywood.
02:53Mais tout, c'est l'art.
02:54Oui, enfin, une partie.
02:56Le plus important, c'est ce que je n'ai pas écrit,
02:59ce que je ne pouvais pas dire ou ce que j'ai oublié,
03:01car contrairement à Marc Lambron, je suis totalement amnésique,
03:05ce qui explique pourquoi j'ai écrit ce livre avec Aurélie Raya,
03:08qui est mon amie et ma mémoire en même temps.
03:11Je voudrais qu'on prenne les exemples
03:13qui montrent la complexité de l'exercice du journalisme
03:16dans le métier du cinéma,
03:18parce qu'il y a une nécessaire proximité,
03:20autrement, vous ne rencontrez jamais les gens,
03:23et en même temps, des déceptions ou des distances.
03:26Marc nous en parlera d'un autre point de vue tout à l'heure.
03:29Je prends le cas de Sharon Stone.
03:31Vous connaissez Sharon Stone, ce n'est personne.
03:34C'est une fille sublime qui se promène dans Hollywood,
03:37qui est une espèce de star...
03:39C'est désagréable, ce que je dis, de starlette,
03:42mais d'une beauté fracassante, mais sans rôle.
03:47La voici dans Basic Instinct.
03:49C'est là que tout bascule,
03:51et l'amitié que vous avez pour elle bascule aussi.
03:54Racontez-nous ça.
03:55J'ai rencontré Sharon quelques années avant le succès
03:58de Basic Instinct, à travers de Régine.
04:01C'était une des stars, comme vous dites,
04:03des starlettes blondes, aux yeux bleus...
04:05Plus belles que les autres et plus fascinantes.
04:08Plus fascinantes, et elle avait surtout une rage en elle,
04:12qu'elle a toujours gardée,
04:13et qui a rendu son personnage très intéressant
04:16au cours des années.
04:17Nous nous sommes rencontrés plusieurs fois
04:20avant son grand succès,
04:21et nous avons eu une véritable amitié,
04:24si on peut être amis avec les grandes stars.
04:26C'est le sujet que je vous posais.
04:28Exactement.
04:29Nous avons passé plusieurs années ensemble,
04:32au pic de sa gloire.
04:33C'était amusant d'être à l'intérieur de l'intérieur,
04:36entourée de 5 bodyguards, de voir ce qui se passait.
04:39Elle gérait tout ça parce qu'elle n'aimait que ça.
04:43Ce que vous racontez, au fond, de son métier,
04:46c'est que ça a été plus sa célébrité que le cinéma,
04:49même si elle a fait un chef-d'oeuvre,
04:51Casino de Scorsese, pour lequel elle a eu le Golden Globe.
04:54Ce qui est très amusant dans le livre,
04:57c'est qu'alors que tout le monde se rue sur les paillettes,
05:00elle est livrée en gap,
05:02entièrement habillée par ce magasin américain,
05:04qui est un magasin, j'allais dire, pour ados...
05:07Exactement.
05:08...ou pour jeunes adultes améliorés.
05:11C'était la veille des Golden Globe.
05:13J'étais dans sa salle de bain,
05:15nous avons passé beaucoup de temps ensemble.
05:17Quand vous fréquentez des stars,
05:19vous voyez tous les rois mages qui sont autour,
05:22les maisons, qui arrivent avec des plateaux...
05:24Les maris, les fiancés...
05:26Il y a une surabondance de tout.
05:29Et dans quelques heures,
05:30pour revenir à votre question,
05:32quelques heures ou même quelques minutes
05:34avant son départ, elle ne savait pas quoi mettre.
05:37Elle a saisi dans sa salle de bain
05:39quelque chose qui se trouvait être un T-shirt.
05:42Elle a regardé, elle a dit que c'était gap,
05:44et elle a appelé sa soeur, qui était à côté,
05:46et elle lui a dit d'appeler le patron de gap.
05:49C'était à l'américaine, et très vite.
05:51En 30 minutes, le patron de gap était de l'autre côté.
05:54Elle ne connaissait absolument pas.
05:56Elle a dit qu'elle portait son T-shirt
05:59à condition de verser tant d'argent
06:01à une charité,
06:02je crois que c'était Planet Hollywood,
06:04pour s'occuper de sa soeur.
06:06Il y a eu quelques échanges téléphoniques.
06:09C'est vraiment l'Amérique.
06:10Elle est partie, et nous connaissions la suite.
06:13Voilà.
06:14L'amitié se termine car vous organisez
06:17une rencontre entre elle et BHL
06:18pour des raisons que vous ne racontez pas à BHL,
06:21enfin, pas par cachoterie,
06:23mais en gros, BHL se dérobe
06:25pour des raisons d'emploi du temps,
06:27pas pour des raisons fondamentales,
06:29et elle vous en veut à mort.
06:30Vous la croisez pendant des années
06:32dans des dîners Vanity Fair, Amphar,
06:35tout ce qui fait la vie d'Hollywood,
06:36et là, ni bonjour ni au revoir,
06:38ignorance totale.
06:40Elle est persuadée que j'ai, moi-même,
06:42fomenté ce reportage, au départ,
06:44qui était vraiment une bonne idée,
06:46de faire une rencontre
06:48de Bernard Lévy et Sharon Stone,
06:50et que j'ai retiré une prise de courant
06:52pour me venger de ce qu'elle m'avait fait.
06:55Tout ça est faux, c'est dans sa tête,
06:57mais elle ne veut pas changer d'idée.
06:59Nous ne nous parlons plus.
07:01Vous croisez tout le monde.
07:02À New York,
07:03par la patronne de l'agence Elite,
07:06l'ancien président américain.
07:07Monique Pillard, oui.
07:09Voilà, donc Donald Trump,
07:11personnage ahurissant dans sa tour,
07:13que vous allez voir.
07:14J'ai connu Donald Trump
07:16grâce à Monique Pillard,
07:17la directrice française de l'agence Elite.
07:20À New York.
07:21Je pense que Monique rendait beaucoup de services à Trump,
07:24et un jour, elle m'a dit que si tu veux faire une interview,
07:28c'est quand tu veux.
07:29Trump a été la première personne qui ait demandé
07:32qu'on lui envoie les questions en avance.
07:34J'ai refusé ce que j'ai toujours fait dans ma vie,
07:37car on est dans un autre monde.
07:39On demande des questions, des interviews,
07:41ce que j'ai refusé de faire.
07:43Je me suis retrouvée chez Trump,
07:45dans l'appartement où il vit encore,
07:47qui est sur le Pintas.
07:49À côté du MoMA.
07:50Voilà, avec un appartement-ville,
07:52une sorte de...
07:53Comment dire ?
07:54D'appartement-témoin, comme à Dubaï.
07:56Tout est doré.
07:58Il n'y a pas une revue, pas un livre, rien du tout.
08:00Il était déjà le Trump d'aujourd'hui,
08:02mais il n'y a pas la même personne.
08:05C'est amusant.
08:06– Tout à l'heure, je disais qu'il y avait dans les livres de Marc
08:09et celui de Dany un grand parfum de littérature.
08:12Même si ce sont des reportages, des entretiens,
08:15au fond, ça poursuit la mythologie décrite par Roland Barthes.
08:19C'est très profond pour la société.
08:21Et il y a un côté à la recherche du temps perdu.
08:24Il y a des images qui sortent du livre qui me plaisent beaucoup.
08:27Quand vous voyez Warren Beatty et Jack Nicholson,
08:30c'est que vous avez deux interviews en même temps,
08:33c'était à Nicholson et Coppola, qui arrivent dans les quatre.
08:37– Même jour, même heure, mais dans deux villes différentes.
08:40– Il va falloir qu'une gaffe intervienne entre les deux.
08:43Mais vous décrivez Warren Beatty et Nicholson,
08:46quand on pense à ça aujourd'hui, on a l'impression
08:49que trois livres féministes vont vous tomber dessus.
08:52Ils descendent dans le centre-ville de LA,
08:54ils embarquent dans une décapotable,
08:57c'est le moins qu'on puisse dire.
08:59C'est une flopée de jeunes filles.
09:01– Ravies et folles de joie d'aller chez eux.
09:03– Ravies et qui remontent dans la montagne,
09:06dans cet endroit où vit Nicholson à côté de Marlon Brando,
09:09donc au bout de Mulholland Drive, etc.
09:11Et ça, quand même, c'est quelque chose qui…
09:13puisque ça entame la conversation que nous aurons avec Marc et à la fin,
09:17c'est quand même un monde qui a changé.
09:19C'est pour ça que je parlais de la recherche du temps perdu.
09:23– C'est ça, c'était très joyeux.
09:25Moi, je les ai rencontrés souvent, eux et d'autres.
09:27C'est très good, ici aussi,
09:29mais moi, toute cette période, je l'ai vécue aux Etats-Unis.
09:32Et c'est vrai qu'aujourd'hui…
09:34– Enfin, jeunes femmes, majeures, consentantes, etc.
09:37– Je ne sais pas qui étaient ces jeunes femmes.
09:40En fait, elles étaient très contentes d'aller chez Warren Beatty
09:44et Jack Nicholson.
09:45Tout le monde était heureux, tout le monde était content.
09:48On ne voyait rien d'incroyable.
09:50– Ce qui est magnifique aussi, c'est que vous avez le goût
09:53de ceux qui, à l'époque, années 80-90,
09:55étaient toujours des stars vieillissantes.
09:58Alors moi, j'ai été évidemment très ému par James Stewart,
10:02reçu par Danny avec sa femme Grace.
10:04Tout est parfait à sa place.
10:06L'homme qui est quand même le roi, pour moi, de la comédie américaine.
10:11Et puis alors, encore mieux, seule, 75 ans,
10:15– Catherine Hepburn.
10:17– Catherine Hepburn, après une vie incroyable et quatre Oscars,
10:20et que vous interrogez évidemment sur le cinéma,
10:23les rôles qu'elle a eus, inégalés dans le registre des Oscars obtenus,
10:27et qui dit, oui, le cinéma, toute ma vie, j'ai été un steak.
10:31– Oui, inventé comme un steak.
10:33– Sortant de la bouche de cette femme,
10:34qui est quand même la quintessence de la côte ouest américaine chic,
10:39ça montre la distance qu'elle avait par rapport, au fond,
10:42à ce qu'elle a fait toute sa vie, faire du cinéma.
10:44– Tout le monde ne l'a pas, mais elle l'a,
10:46et j'ai passé ces ne plus plus jolies rencontres.
10:48En fait, nous devions passer, c'était une heure ensemble,
10:51on a passé l'après-midi et la soirée ensemble.
10:53Mais en fait, vous savez, j'ai remarqué que très souvent,
10:55vous le savez, plus on monte dans l'échelle, plus les gens sont simples.
10:59C'est-à-dire, voilà, donc on était Catherine Hepburn,
11:01c'est la personne la plus simple du monde,
11:03quand elle allait me chercher des roses, quand on a déjeuné ensemble,
11:06elles sont des gens magiques,
11:07et chargées de toute l'histoire du cinéma,
11:10mais l'approche que j'ai eue très souvent n'est pas une approche cinéphile,
11:12contrairement, je crois, à Marc Lambron,
11:14c'est-à-dire, c'était, je voyais des gens,
11:16et c'était une femme délicieuse, exquise,
11:18et au bout d'un moment, j'avais oublié que c'était Catherine Hepburn,
11:20on passait un moment délicieux.
11:21Est-ce qu'il est...
11:22C'est quand même votre talent d'avoir obtenu tout ça,
11:24d'avoir fait faire des photos,
11:25car pour Paris Match, il fallait des photos, ce n'est pas facile.
11:28Vous racontez des histoires avec Robert Mitchum
11:30qui ne sont pas à piquer des verres.
11:33Je dis ça, il y a des dizaines d'anecdotes,
11:36mais nous allons ensemble, avec Dani, réfléchir à tout ça,
11:39car non seulement il faut le raconter,
11:41mais il faut essayer de tenter de réfléchir à ce qui se passe.
11:45Marc, donc, inutile de vous le présenter,
11:48vous le connaissez peut-être un peu plus que Dani,
11:50car on l'entend beaucoup à la radio, il écrit énormément.
11:53Marc est à la fois normalien, agrégé, hénin,
11:56il a choisi d'être romancier, il a eu de très nombreux prix,
11:59et, justement, De Vivois correspond exactement à la définition
12:04que nous essayions de donner tout à l'heure,
12:05à savoir que dans l'entretien et dans le reportage,
12:08il y a aussi une grande part de littérature.
12:10D'ailleurs, au début, Marc, de votre préface ou de postface,
12:15j'ai compris avec le temps que je suis un être d'archives,
12:18et parmi ces archives, là, je reprends les noms,
12:21Gréco, Aznavour, De Vos, Salidé, Karl Lagerfeld,
12:24Jane Birkin, Alberto Moravia, Tom Wolfe,
12:26Martin Amis, Peter Lindbergh, etc., etc.
12:29Vargas Llosa, je crois, à la fin, c'est le dernier.
12:32Bref, tous ces gens que vous avez rencontrés
12:34grâce à des journaux
12:36et qui, maintenant, font œuvre par leurs souvenirs de littérature.
12:40– Oui, je crois que la question du temps et même du lieu est importante.
12:43Au départ, il y a de la province et de l'enfance.
12:46C'est-à-dire, il y a un petit Lyonnais qui, dans les années...
12:49Moi, dans les années 60-70, regarde, voilà, va au cinéma.
12:53Alors, il voit Claudia Cardinal dans Les Professionnels,
12:56il voit Woody Allen dans ses premiers films.
12:58Et puis, des décennies plus tard, le hasard fait un hasard un peu pirate,
13:03un peu corsaire.
13:04Je n'ai jamais eu de carte de presse, mais j'ai écrit quelques romans,
13:09et je suis sollicité d'abord par quelqu'un
13:12auquel je tiens à rendre hommage, qui était Marie-Claire Powell,
13:15qui dirigeait à l'époque Madame Figaro,
13:18et qui me dit, si ça vous chante,
13:21je vais faire de vous mon préposé aux belles femmes.
13:24Alors, c'est un peu limitatif,
13:26l'idée, c'était d'aller voir des actrices,
13:29et puis ça s'est élargi ensuite.
13:31Donc, je me retrouve dans cette situation,
13:34pour moi, assez particulière,
13:36qui est que je vais voir, alors, les personnages que vous...
13:40Huppert, Adjani, Cardinal, Jeanne Moreau...
13:45Enfin, plusieurs fois, oui.
13:47Jane Birkin, Charlotte Gainsbourg,
13:49Emmanuel Seignier, les Emmanuel Devos, bon, très bien.
13:53Et ma tentation, c'est deux choses.
13:58D'abord, c'est de les prendre comme des êtres de fiction.
14:01C'est-à-dire, je vais, peut-être comme un peintre,
14:05c'est beaucoup dire,
14:06ou quelqu'un qui est un éclairagiste au cinéma,
14:09je vais chercher le profil, ça m'intéresse,
14:12parce que le profil dit aussi une vérité.
14:14Et deuxièmement, c'est du verbe, évidemment.
14:16Donc, c'est une...
14:18C'est pas un entretien, dans mon idée,
14:20c'est une conversation.
14:21Et la conversation...
14:23Et l'un comme l'autre vous laissez, par moments,
14:25flotter pour obtenir quelque chose.
14:27C'est-à-dire que vous documentez beaucoup, c'est ce que vous dites,
14:30mais à un moment, vous vous dites,
14:31moi, je ne suis pas commissaire de police,
14:33parce que c'est quand même le ravage qui sévit dans notre métier,
14:36je laisse flotter et que ça sort beaucoup mieux, si je puis dire,
14:40que si, tout d'un coup, on pose 45 questions fermées.
14:44C'est-à-dire, c'est pas qu'il y avait des principes,
14:46mais en gros, ce qui m'intéressait, c'est, au-delà de la promotion,
14:50parce que souvent, c'est un livre, c'est un film qui déclenche l'occasion,
14:54c'est d'essayer d'obtenir d'eux une brève autobiographie parlée.
14:59Donc, les questions, c'est, d'où venez-vous ?
15:02Où vouliez-vous aller ? Comment y êtes-vous arrivés ?
15:05Et à partir de là, on a, en effet, des autoportraits déclenchés.
15:10Et comme vous le disiez,
15:12le principe, c'était jamais de questions sur la vie privée,
15:14parce que là, la rétraction pouvait être immédiate,
15:17ils y venaient parfois eux-mêmes.
15:19Deuxièmement, c'était quand même préparé.
15:21C'est-à-dire que si vous préparez un entretien,
15:23vous en savez quelque chose,
15:24et que vous citez, par exemple, un film un peu inconnu
15:26ou dans une filmographie,
15:29l'acteur va se dire, ah, il connaît, il sait des choses.
15:32Et troisièmement, c'est retrouver une espèce de climat
15:35un peu d'écoute flottante, comme on dit en psychanalyse.
15:39Il faut dire aussi, à une époque,
15:41et je pense que Dany Ducault l'a également connu,
15:43où il y avait une générosité particulière de ces entretiens.
15:48Je vais voir Aznavour, qui est prévu pour une heure,
15:50il me donne deux heures et demie.
15:52Je voudrais qu'on lise, Marc,
15:53parce qu'on est là pour lire les livres.
15:55Je prends un exemple qui est commun à vous deux,
15:57qui est fait de nouveau H&H, tous les grands films,
16:00Bonnie and Clyde, etc.
16:02Et qui résonne parfaitement avec ce que nous connaissons aujourd'hui.
16:06Les actrices, leur passé, la façon dont tout ça s'est passé.
16:10À un moment, Marc lui dit,
16:13vous auriez envie de changer des choses dans votre passé.
16:15Donc, grande actrice américaine, pas facile, tout le monde le sait.
16:19Notamment sur Charlatan, avec Polanski, ça a été compliqué.
16:22J'aurais gagné du temps en étant éclairé plus tôt sur certains points.
16:26Mais fondamentalement, je suis en accord avec mon passé.
16:29C'est stérile d'en imaginer un autre.
16:31Donc, j'assume tout.
16:32Ce qui est bien en avançant,
16:34c'est qu'on est de plus en plus au clair avec soi-même.
16:36On a vu les pièges, on a appris son métier.
16:38Si l'on reste en bonne santé, le mieux est devant.
16:41C'est d'une grande lucidité.
16:43C'est l'antithèse du mea culpa, j'ai fait une erreur, etc.
16:49C'est une question que je vous posais souvent en fin d'entretien.
16:51C'est si vous aviez la possibilité de réécrire.
16:54Est-ce que vous signez ? Est-ce que vous contre-signez ?
16:56Ou pas.
16:57Par exemple, François Gillot, qui a vécu avec Picasso,
17:00dit peut-être que je ne m'engagerais pas,
17:02mais enfin, ça s'est passé, et ça s'est passé comme ça.
17:05Polnareff a quelques réticences.
17:07– Polnareff, il est inouï, il défend les prostituées,
17:10quand il raconte le fait qu'Elton John,
17:13par sa timidité avec les femmes,
17:15et qu'il raconte qu'Elton John, l'ayant vu dans une première partie de concert,
17:19lui a piqué son idée des lunettes,
17:21ce sont des choses qu'on apprend au détour de la convertition.
17:25Car c'est à la fois de la littérature,
17:27et en même temps, on apprend des choses qu'on n'imaginait absolument pas.
17:29On apprend même des éléments de vie privée.
17:31Par exemple, il me parle de l'époque où il vivait avec Sylvia Christel,
17:35et c'est aussi dans le livre de Dany Jucaux.
17:38Donc nous pouvons valider ou corroborer un certain nombre d'informations.
17:43Sachant d'ailleurs, je crois que dans les deux livres,
17:45il y a cette chose particulière, c'est le temps.
17:49Ce qui était de l'instantané, comme un rapport photographique,
17:52verbal et photographique, à un personnage, ça devient de l'archive.
17:57Et on a cet effet temps.
18:00– Alors, je raconte, parce qu'il faut profiter justement.
18:04D'abord, quand Cardinal raconte à Marc la différence
18:06entre Visconti et Fellini,
18:08évidemment tous les amoureux de cinéma adorent ça,
18:11notamment pour Le Guépard.
18:12Alors avec Visconti, on s'enferme dans une sorte de palais avec les acteurs,
18:15on répète les rôles, tout est complètement calibré,
18:18puis après on fait venir le photographe,
18:19puis après on fait venir les différents techniciens, enfin tout le monde.
18:23Alors dit-elle que quand on prépare un film avec Fellini,
18:26c'est un bordel absolument gigantesque.
18:27Woody Allen aussi, autre entretien,
18:30quand j'avais 25 ans, les filles disaient,
18:32qu'est-ce que c'est que ce machin ?
18:34Maintenant, lui qui est contesté, vous le savez,
18:36je suis enfin à l'aise avec les femmes, parfois elles me disent,
18:39j'ai vu vos films depuis que j'étais petite fille,
18:41ça ne me rajeunit pas, mais je rafle enfin la mise,
18:43Dieu sait que la période est extrêmement compliquée.
18:46– Oui, à chaque fois, il y a un climat, un biotope.
18:48Visconti, ce qui est clair, c'est que c'est un aristocrate,
18:52donc il organise ses tournages avec une sorte d'étiquette.
18:54Donc lui-même, le guépard, Fellini, c'est le garçon de Rimini,
18:59c'est l'ancien caricaturiste, son premier métier,
19:01donc il travaille autrement.
19:02– Il faudrait que vous reveniez sur un dont on parle beaucoup en ce moment,
19:04parce qu'il y a une série qui lui concerne,
19:06c'est Tom Wolfe, l'écrivain américain,
19:08il y a une série qui s'appelle Tom Wolfe,
19:12qui raconte sa vie avec justement les grandes femmes de New York,
19:16que vous avez connues, comme dira Deville, la sœur de Jackie Kennedy.
19:21Alors lui, il parle de son enfance dans l'université américaine,
19:24très marquée par le marxisme,
19:25enfin quelque chose qui ressemble à ce qu'on connaît maintenant,
19:28et il dit, un, ils étaient rasoirs, et deuxièmement,
19:31justement, j'ai fait tout pour essayer de m'échapper de ce monde-là.
19:34– Ce qu'il appelle le marxisme rococo,
19:36auquel il a échappé presque spontanément,
19:39en inventant ce qu'on a appelé ensuite le nouveau journalisme,
19:42dans les années 60, et il est toujours très amusant, très caustique.
19:47Il m'avait expliqué, par exemple, pourquoi est-ce que les grands,
19:49les milliardaires américains étaient enclins
19:51à acheter des propriétés dans le Montana.
19:53Ce n'était pas seulement parce que c'était le Montana,
19:55c'est parce que ça pouvait démontrer ou faire valoir
19:58qu'on possédait un avion privé pour y aller.
20:00Donc le motif du Montana, c'était l'avion.
20:02– Je voudrais simplement dire un mot, rendre hommage à Samy Fréh,
20:06puisqu'on n'a pas parlé du théâtre.
20:08Samy Fréh raconte une anecdote qui est très importante,
20:10il vous raconte, c'est qu'il fait une tournée monumentale
20:13qui dure des mois, des mois, des mois, du soulier de satin,
20:17et puis, dit-il, tout ça a complètement disparu,
20:22alors qu'il a joué dans Bande à part de Godard
20:26et que le film continue à tourner dans toutes les cinémathèques
20:28du monde entier.
20:29C'est-à-dire que c'est assez bizarre.
20:30Adjani vous dit, moi, au fond, j'aurais dû refuser le cinéma
20:34et n'être qu'une actrice de théâtre,
20:35mais il n'en reste très pratiquement rien.
20:38Alors que Fréh fait ce constat lucide,
20:42que le cinéma perdure et le théâtre, ça reste une rumeur.
20:46On se dit, tiens, j'ai connu, j'ai entendu parler de Sacha Guitry,
20:49Jacqueline Maillan, de tous les gens,
20:51ou de Louis Saigny à la comédie française,
20:54mais tout ça s'est évaporé.
20:55– Oui, même dans le cinéma, d'ailleurs, ce qui n'est pas gravé,
20:59Samy Fréh est l'ami de Brigitte Bardot, au moment du mépris.
21:03Donc, il raconte ce qu'il a vu, il n'est pas à l'image,
21:06mais latéralement, et ça fait des petites,
21:09des micro-scènes devenues quasiment mythiques,
21:12on peut dire, dans le légendaire du cinéma et de la culture française.
21:17Danny, il y a un très long chapitre sur la famille Delon.
21:21Vous étiez, non pas ami, mais quasiment sœur avec Nathalie Delon,
21:25qui était une femme sublime, dites-vous.
21:27– Libre.
21:28– Aux amours multiples,
21:30vous évoquez même cette affaire avec Markovitch,
21:33Delon, ténébreux, comme on l'imagine,
21:36vous dites que vous avez su la première,
21:38enfin, l'une des premières, qu'il était très malade,
21:40donc, et au bord de la mort, si vous qu'employez ces mots.
21:46Alors, je voudrais qu'on réponde à cette question,
21:49la première, c'est comment fait-on pour gérer,
21:52comme journaliste, justement, les rapports qui existent
21:55entre une amitié profonde et la nécessité d'un journal
21:58qui vous dit, maintenant, il faut quand même
21:59que tu nous balances la sauce.
22:01– Eh bien, c'est extrêmement difficile,
22:02et j'ai eu à faire face à ce genre de situation plusieurs fois
22:06dans ma carrière.
22:07– Pardonnez-moi pour le mot qui est un peu vulgaire,
22:08mais c'est un peu ça qu'on vous demande.
22:10– Oui, exactement.
22:10– C'est-à-dire que maintenant, au fond,
22:13rends-nous tes amitiés sous forme de colonne.
22:15– Voilà, donc, je reviens à ce que vous disiez,
22:18c'est que c'était extrêmement difficile pour moi,
22:19parce que je sais faire la différence
22:20entre mes relations et mes amis, et mes amis,
22:23on n'y touche pas, c'est ma priorité absolue,
22:25ça l'a toujours été, c'est pour ça que même aujourd'hui...
22:26– Mais si tu aurais l'acteur en chef, le vôtre, je veux dire, attends...
22:29– Ah ben, je... J'étais prête à partir,
22:31ce qui était le cas vraiment à la fin de...
22:34Enfin, il y a deux ans, avec le directeur de Match,
22:36qui demandait de parler de Catherine Deneuve, qui est mon amie,
22:38parler en des termes qu'il voulait entendre,
22:40je sais ce qu'on veut à Match, enfin, ce qu'on voulait, en tout cas,
22:43mais c'était hors de question,
22:44j'ai toujours fait passer mes amitiés avant tout.
22:46– On m'a offre plus.
22:48– Alors, on ne pouvait pas, d'un côté, pardon,
22:49c'est-à-dire, d'un côté, on se servait de ça,
22:52parce qu'en étant très proche de gens comme Sean Connery,
22:54Kirk Douglas, enfin, et d'autres gens,
22:56ça a permis de donner des exclusivités à Match,
22:58particulières pendant des années,
23:00mais d'un autre côté, on ne peut pas tout avoir, voilà.
23:02Donc, j'ai jonglé avec ça, bon, je ne m'en suis pas trop mal tirée,
23:05mais ce n'est pas évident, ce n'est pas facile.
23:07– C'est la frappe de Matisse, il y a une énorme différence
23:08entre la vérité et l'exactitude, en fait.
23:10– Exactement.
23:11– Alors, Marc, je voudrais qu'on termine sur un autre sujet,
23:15qui est très important, puisque le Festival de Cannes arrive,
23:17les rumeurs courent dans tout Paris que beaucoup de gens
23:20vont balancer, encore une fois, des noms sur Me Too.
23:22Qu'est-ce qui a changé quand on a fréquenté autant de gens
23:26du cinéma et du monde de la culture ?
23:28Je rappelle que vous êtes académicien.
23:30Entre cette période que vous décrivez, l'un et l'autre,
23:33qui est une période où, au fond, on parle assez librement,
23:37mais où on garde justement ses secrets par-devers soi,
23:41et celle qu'on vit aujourd'hui, où, cette semaine,
23:44où est diffusée cette émission, Gérard Depardieu
23:46l'a commencé dans un commissariat de police.
23:48– Je crois que la différence, c'est une différence derrière du temps.
23:51C'est-à-dire que les années 60, 70, 80, et notamment 70,
23:56sont plutôt placés sous l'égide d'un vent libertaire.
24:00Et ce qui se passe aujourd'hui, c'est plutôt une époque de procureurs.
24:05C'est ça qui est assez frappant, c'est que les libérés d'hier
24:10sont soumis au scrutin et à la...
24:15Comment dire ?
24:17Oui, à l'inquisition de ces nouveaux procureurs,
24:22avec cette obsession, en réalité puritaine, du sexe,
24:25car c'est sur ce point que les choses se...
24:28Alors, après, on découvre, dans le monde du cinéma,
24:32qu'il y a eu pas mal de butors, d'abuseurs, de faits du prince.
24:37– Daniel raconte très bien, on parle d'Armin Weinstein.
24:40– Voilà. Donc, moi, je suis pas...
24:42Enfin, je trouve très bien que cette emprise soit dénoncée
24:48et qu'au fond, les victimes se mettent à parler.
24:50– Mais il y a eu un renforcement de la morale.
24:52– Oui, et le cinéma, c'est moins une liberté qu'un prétoire,
24:57aujourd'hui, le monde, ce qui entoure,
24:59et le regard qui est porté sur lui.
25:01– Vous vouliez ajouter quelque chose ?
25:03– Oui, je voulais ajouter quelque chose,
25:04c'est que ce à quoi nous assistons en France en ce moment,
25:07dans le monde du cinéma, avec une violence extrême,
25:11n'existe plus à Hollywood, maintenant.
25:13Il y a eu l'affaire Weinstein, il y a cinq ans,
25:16mais ce qui se passe dans le cinéma, on voit de la délation,
25:19on est en plein moment de délation, actuellement.
25:21Il y a 3, 4 affaires Me Too qui devraient sortir avant Cannes.
25:24Ce qui se passe dans le cinéma, aujourd'hui...
25:26Aujourd'hui, on ne sort plus les films, en France,
25:28sous prétexte qu'il y a un tel ou un tel qui arrête.
25:30– Oui, mais est-ce qu'aux Etats-Unis, ça continue ?
25:32Ça s'est arrêté, le mouvement ?
25:33– C'est plus la même chose, c'est plus avec la même violence.
25:36Il n'y a pas un film qui s'est arrêté
25:37parce que, dans le film, on a cité un tel ou un tel,
25:39ce qui n'est pas le cas en France.
25:41Je trouve que c'est très déplorable,
25:44parce que les dommages collatéraux sont très graves pour tout le monde.
25:47– J'avais une maison à Los Angeles, Danny Juco,
25:50c'est un livre chez Stock qui fait rêver,
25:52vous avez été aidé par Aurélie Raya,
25:55car on vit effectivement toutes les années 80, 90 et début 2000
26:00avec ce qu'il fait Hollywood,
26:02des producteurs comme David Putman, des acteurs.
26:05Je ne peux pas tout dévoiler car il y a tellement d'histoires
26:09qu'il faut tout simplement lire.
26:11Avec Marc, ce sont des entretiens magnifiques,
26:13car, je le précise, la plupart d'entre eux sont des petits morceaux,
26:18non seulement de souvenirs d'actualité,
26:20mais également de littérature.
26:21C'est publié aux éditions Grasset,
26:23et Marc, comme à son habitude, a le charme de mélanger la musique qu'il aime,
26:28le cinéma et les acteurs ou les actrices qu'il vénère ou qu'il interroge.
26:34Et puis, évidemment, des grands écrivains,
26:36ils sont nombreux à la fin de son ouvrage.
26:38Puisque nous parlions de Los Angeles,
26:41je vous signale la sortie en poche du dernier Bretton Woods,
26:47Les Éclats, qui se passe à Los Angeles
26:49et qui est probablement un des meilleurs romans qui a été écrit.
26:53Sur cette région.
26:54– Et qui est aussi un livre du retour sur le temps passé.
26:56– Absolument, un monde d'étudiants qui partent à Édilithe,
27:01mais où très rapidement arrive la drogue, le sexe,
27:04et ce qui caractérise aussi parfois Élis, c'est-à-dire la violence.
27:10Merci à tous les deux.
27:11Vous voyez que ce n'est pas trop désagréable, Daniella.
27:13– Ça me va, je n'aime pas beaucoup.
27:15– Je vous embrasse tous les deux.
27:17Surtout, lisez leurs livres, vous en avez besoin, et moi aussi.
27:20❤️ par SousTitreur.com

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