Dans 5 mois jour pour jour, ils participeront à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Paris : Marie-Ève Gahié, judokate, récente championne d'Europe en moins de 70 kg, et Yanis Meziane, coureur de 800 m, répondent aux questions de l'équipe de RTL Bonsoir.
Regardez L'invité de RTL Soir du 26 février 2024 avec Julien Sellier.
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00:00 Vous êtes sur RTL.
00:02 Julia Selier, Isabelle Choquet et Cyprien Signy, RTL bonsoir.
00:08 RTL bonsoir, à la deuxième heure on s'occupe de vous jusqu'à 20h avec Isabelle, avec Cyprien, avec Antoine.
00:14 Nous accueillons maintenant nos grands invités. Dans cinq mois, jour pour jour, ils participeront à la cérémonie d'ouverture des Jeux Olympiques de Paris.
00:21 Vous allez découvrir ce soir deux de nos sportifs tricolores qui vont vous faire vibrer cet été. Bonsoir Marie-Eve Gaillet.
00:28 Vous êtes entre deux micros.
00:30 Vous êtes judoka récente championne d'Europe en moins de 70 kg. Bonsoir Yanis Mézian.
00:37 Vous vous êtes coureur de 800 mètres, je parle d'athlétisme, vous êtes tout jeune, 22 ans et vous ne cessez de battre votre record.
00:42 On va en discuter. Ces Jeux, ce seront vos premiers Jeux à tous les deux, à la maison, qui plus est.
00:47 Dites-nous, est-ce qu'à cinq mois du coup d'en voir, on vit JO, on mange JO, on rêve JO, est-ce qu'on y pense chaque matin ou au contraire est-ce qu'on essaye un peu de se détacher de l'événement ?
00:56 Pour ma part, je vais essayer un peu de me détacher de l'événement.
00:59 Mais ça n'empêche que les compétitions auxquelles je participais ma vie me le rappellent tout le temps.
01:05 Mais bon, je suis assez mitigée sur la question.
01:09 Yanis ?
01:09 Moi ça va être un peu la même chose.
01:11 Forcément, on sait qu'il y a les Jeux Olympiques à Paris qui vont arriver cet été.
01:18 Donc,
01:20 je pense que même en essayant de ne pas y penser tous les jours, il y a forcément...
01:23 Donc, votre entraînement est organisé pour...
01:25 C'est ça, notre entraînement est fait pour ça.
01:27 Et puis même, il y a notre entourage, qu'il soit proche ou éloigné, qui va nous le rappeler tout le temps.
01:32 Donc, bon, il faut essayer de faire la part des choses.
01:35 Mais c'est clair que la motivation, elle est là en tout cas.
01:38 Et est-ce que le fait que ce soit à la maison à Paris, ça rajoute encore un peu de pression ?
01:43 Surtout quand on est parisien.
01:46 N'est-ce pas Marie-Eve ?
01:48 Parce qu'il y a toute la famille qui va pouvoir venir.
01:50 C'est plus simple de ramoter des proches.
01:52 Vous avez des places ou pas ?
01:54 Parce que Teddy Riner, il a dit qu'il y en avait que deux.
01:56 Pour le moment, officiellement, on n'a aucun communiqué sur ce sujet-là.
01:59 Donc, pour le moment, nos parents ne viennent pas.
02:01 Vous non plus Yanis ?
02:03 Nous, à l'athlée, je crois qu'on est sûr d'avoir six places par...
02:05 Et t'as une preuve écrite ?
02:07 Non, preuve écrite on n'a pas.
02:09 On skip.
02:11 En revanche, au judo, vous n'avez aucune place pour l'instant.
02:13 Pour l'instant, on n'a rien d'officiel.
02:15 A priori, la ministre a dit six places pour...
02:17 Non, c'est pour Teddy Riner.
02:19 C'est pour Teddy Riner.
02:21 Donc, vous serez considérée comme Teddy Riner.
02:23 On l'espère aussi.
02:25 Est-ce que vous discutez des jeux avec les copines d'entraînement,
02:27 par exemple, Marie-Ève, qui les ont déjà vécues ?
02:29 Je sais que vous vous entraînez avec Clarisse Agbeninou,
02:31 qui est dans la catégorie juste en dessous, qui a été championne olympique.
02:33 Est-ce que vous lui demandez des conseils sur comment on aborde
02:35 une compétition comme celle-ci ?
02:37 Sur la sélection qui est presque complète,
02:39 toutes les filles ont déjà participé aux jeux,
02:41 sauf moi.
02:43 Donc, honnêtement, j'en discute beaucoup avec les filles,
02:45 bien sûr, et ça me permet aussi
02:47 d'un peu anticiper, puisque je ne connais pas
02:49 cette compétition,
02:51 mais bien sûr, je suis obligée. Et puis aussi, les aînés,
02:53 je discute beaucoup avec Lucie Decausse,
02:55 et Yves Riz qui m'entoure aussi. Donc, j'ai vraiment la chance
02:57 d'avoir cet héritage-là qui me permet de communiquer
02:59 avec elles et d'anticiper cette compétition.
03:01 Et vous, une équipe de France Athlétisme, Yannis Mezir,
03:03 d'en parle avec les plus vieux ?
03:05 Forcément, oui. Là, il y a deux ans,
03:07 j'avais fait mon premier championnat d'Europe à Munich.
03:09 J'étais avec
03:11 des gens qui avaient peut-être 10 ans,
03:13 10 ans plus que moi. C'est ça qui est beau aussi dans les sélections nationales,
03:15 c'est qu'il y en a, ils ont 18 ans,
03:17 il y en a, ils ont plus de 30 ans.
03:19 On a même Mélina Robert-Michon,
03:21 qui a même plus de 40 ans.
03:23 Lancer du marteau ? Ou du croix ?
03:25 Disque !
03:27 Elle lance un truc, quoi !
03:29 C'est ça qui est super aussi,
03:31 c'est qu'on a des partages d'expérience
03:33 des plus âgés,
03:35 et ça nous permet de
03:37 rentrer peut-être un peu plus sereinement dans des grandes compétitions.
03:39 Alors, on va apprendre à vous connaître ce soir
03:41 tous les deux. Marie-Ève Gaillot, on commence avec vous.
03:43 Vous combattez dans une catégorie qui est très relevée
03:45 en France, les moins de 70 kilos.
03:47 Il faut savoir que la France, on l'explique à nos auditeurs, ne peut choisir
03:49 qu'une seule judo 4 par catégorie.
03:51 Dans certains sports, il y a plein de Français
03:53 dans une catégorie, pas au judo.
03:55 Il y a beaucoup de concurrence. La preuve, c'est qu'à Tokyo
03:57 en 2021, vous n'aviez pas été prise, alors même
03:59 que vous étiez championne du monde en 2019.
04:01 Cette fois-ci, c'est la bonne. Vous avez été
04:03 sélectionnée. Comment vous avez réagi
04:05 quand on vous l'a appris, parce que ça fait 8 ans
04:07 que vous l'attendiez, cette sélection ?
04:09 C'est la sélection la plus entendue de ma vie.
04:11 Et comment je l'ai appris ?
04:13 Déjà, j'ai essayé de garder la tête
04:15 vraiment froide, parce que
04:17 j'ai essayé de me dire
04:19 "Ok, maintenant que tu es là, il faut aller chercher le titre.
04:21 Tu es capable de le faire. Tu as un titre mondial,
04:23 un titre européen."
04:25 Je me suis projetée. Je n'ai pas voulu m'exciter.
04:27 J'étais hyper contente, forcément.
04:29 Et puis après, j'ai perdu
04:31 mon papa il n'y a pas très longtemps. Je me suis dit
04:33 "Pfff, la seule compète qu'il aurait pu
04:35 venir voir, si on a des places, bien sûr."
04:37 Mais bon, ce n'est plus le cas de toute façon.
04:39 Je me suis dit "Ouais, je me suis un peu pensée
04:41 à tout ça." Mais en tout cas,
04:43 j'ai regardé en arrière et j'étais hyper, hyper
04:45 fière de tout ce parcours-là.
04:47 Ne pas avoir été sélectionnée en étant championne du monde,
04:49 ce n'était pas facile à digérer.
04:51 Il y a eu plein de remises en question et je suis contente
04:53 d'être de retour et d'avoir ce ticket.
04:55 - Ça doit quand même être hyper dur
04:57 d'être en concurrence tout le temps,
04:59 avec des copines d'entraînement, avec des gens que vous voyez tous les jours.
05:01 Il n'y en a qu'une qui va y aller, quoi ?
05:03 - Bien sûr. C'est plutôt
05:05 des collègues, du coup.
05:07 Parce qu'on fait un sport de combat
05:09 et qu'on veut la même chose.
05:11 La concurrence est tellement telle que le mot "copine"
05:13 dans la même catégorie serait peut-être
05:15 un peu fort. Mais il y a
05:17 beaucoup de respect entre moi et mes concurrentes.
05:19 C'est vrai que, oui, ce n'est pas facile.
05:21 Mais depuis toute petite, on le sait. Quand on voit les aînés,
05:23 on le sait qu'il n'y en aura qu'une seule qui ira.
05:25 Et on est préparés mentalement. Quand ce n'est pas
05:27 soi, quand ce n'est pas nous, forcément, ça fait très mal.
05:29 Je l'ai vraiment vécu. Je ne l'ai pas super bien
05:31 vécu à Tokyo, mais je suis de retour.
05:33 Je suis prête, en tout cas, depuis petite
05:35 de savoir qu'il n'y en a qu'une. C'est dur.
05:37 Surtout pour un pays comme le nôtre.
05:39 - Justement, vous racontez que depuis Tokyo, vous avez changé
05:41 plein de petites choses pour rebondir,
05:43 pour repartir du bon pied. Notamment, vous avez changé des choses
05:45 au niveau du sommeil et de la nutrition.
05:47 C'est vrai que vous avez deux réveils le soir
05:49 pour vous coucher à l'heure ? - C'est vrai.
05:51 Si on reste à discuter encore ensemble
05:53 deux petites heures, le premier réveil va sonner.
05:55 - Vous vous couchez à quelle heure ?
05:57 - Le premier, c'est 21h.
05:59 C'est pour me repérer dans le temps.
06:01 Et le deuxième, c'est 22h pour me dire
06:03 "Va te coucher."
06:05 - Et vous vous levez à quelle heure le matin ?
06:07 - Ça dépend. Quand j'ai un entraînement à 10h,
06:09 je me... - 9h59 ?
06:11 - Non. Je suis parisienne
06:13 et je m'entraîne à l'INSEP, donc j'ai les bouchons.
06:15 Mais aux alentours de 8h.
06:17 - Vous avez besoin de beaucoup de sommeil ?
06:19 - Moi, je suis une grosse dormeuse.
06:21 Ce week-end, par exemple, on va au Japon,
06:23 je peux dormir sur les 12h, je peux dormir 10h.
06:25 - Dans l'avion, oui. Mais avant,
06:27 ce sont des petites choses auxquelles vous ne prétiez
06:29 pas forcément d'importance ?
06:31 - Dans ce cas, pas d'heures, restant en famille
06:33 avec mes amis, je faisais 23h
06:35 minuit, normal.
06:37 Et du coup, je me lève un peu plus tard aussi.
06:39 - Le sommeil, ça paye, l'entraînement aussi,
06:41 puisque vous marquez les esprits en ce moment.
06:43 Marie-Ève, championne d'Europe en novembre dernier,
06:45 deuxième du Grand Slam à Paris très récemment.
06:47 L'objectif, c'est quoi cet été ? C'est l'or, rien d'autre ?
06:49 - L'objectif, c'est combat après combat.
06:51 J'ai vraiment l'objectif de gagner.
06:53 Je pense que je suis capable de gagner
06:55 et je vais tout faire pour.
06:57 Là, j'ai enchaîné pas mal de médailles.
06:59 J'ai eu deux finales où j'ai perdu
07:01 et je vais tout faire pour
07:03 les petits réglages. Il nous reste quelques mois
07:05 et ils vont servir à ça.
07:07 Mais je pense que je suis capable de gagner.
07:09 - Parlons des jeux avec vous, parce que tous les gamins de la Terre
07:11 ont rêvé de participer aux jeux. J'imagine qu'autour
07:13 de la table, Antoine, Cyprien, Isabelle,
07:15 vous avez des souvenirs de gosses de JO, non ?
07:17 - Évidemment, Atlanta, moi, surtout.
07:19 - Atlanta ? - Oui, moi, c'est Atlanta.
07:21 C'était la nuit. - Donovan Bailey, 984
07:23 au 100 mètres. Je vous en souviens aussi.
07:25 C'était des JO un peu plus tardifs.
07:27 - On est un peu plus vieux.
07:29 Mais tous les deux, vous avez des souvenirs de JO.
07:31 Vous, Yanis Médian, vous êtes coureur de 800,
07:33 mais je crois que le premier souvenir, c'est
07:35 Pékin 2008. Donc Atlanta, on n'est pas sur la même génération.
07:37 Mais à l'époque, vous étiez plutôt fan de handball,
07:39 c'est ça ? - C'est ça.
07:41 En gros, moi, c'était vraiment la première fois
07:43 que je regardais une grande compétition
07:45 au niveau international.
07:47 Et puis, moi, j'avais beaucoup aimé le parcours
07:49 des Bleus, qui étaient...
07:51 Je ne sais plus comment ils s'appelaient, les Bleus, à ce moment-là.
07:53 - Les Barjots, les Extos.
07:55 - Il faudrait qu'on demande ça, mais bon.
07:57 - Les Barjots. - Confirmation de Jean-Michel Rascol,
07:59 notre chef du service des sports ici à RTL.
08:01 - Et puis, non,
08:03 ils avaient fini champion olympique,
08:05 et puis juste après, ça m'avait donné direct envie
08:07 de m'inscrire au Rwanda.
08:09 Et puis, en même temps,
08:11 j'ai appris à connaître l'athlétisme,
08:13 dont Usain Bolt.
08:15 Et puis, forcément, ça fait rêver de voir
08:17 un record du monde
08:19 à cette époque.
08:21 - Pékin, c'est là où il bat tous les records, il est extraordinaire.
08:23 - Oui, il avait...
08:25 - Dans le nid d'oiseaux. - C'était la première fois où il battait tous ses records.
08:27 Et l'année d'après, à Berlin,
08:29 il rebat certains de ses records.
08:31 - Vous, Marie-Eve, gamine, ça a toujours été le judo. Je crois qu'on vous a inscrit au judo
08:33 parce que vous étiez un poil décipée, c'est ça ?
08:35 - Exactement, oui. Moi, je suis arrivée
08:37 assez tardivement dans ce monde du sport.
08:39 Moi, je suis le sport depuis très peu.
08:41 Sans parler de mon sport,
08:43 le judo. Donc, c'est vrai que
08:45 quand j'étais petite, je n'avais pas ce rêve olympique. Honnêtement,
08:47 je pensais qu'il fallait rentrer en sport-études
08:49 quand j'avais 35 ans, j'étais complètement décalée
08:51 de la réalité du sport de haut niveau.
08:53 Et c'est vrai que c'est venu un peu plus tard,
08:55 du coup, et j'ai pris conscience
08:57 du monde du haut niveau tardivement.
08:59 - Marie-Eve Guélier. - Ça n'arrive pas tout le monde pareil.
09:01 Moi aussi, on m'a inscrit au judo parce que j'étais décipée.
09:03 - Et oui, moi aussi ! Je suis allé moins loin que vous, bizarrement.
09:05 - Moi, je suis allé jusqu'à la ceinture bleue.
09:07 - Moi, pareil. Vert et bleu, moi. - Et puis, comme je pesais
09:09 34 kilos, il n'y avait personne d'aussi maigre
09:11 pour combattre avec moi. - Moi, j'ai commencé par le judo aussi.
09:13 J'en faisais au tout début.
09:15 - Vous étiez décipée, vous aussi ?
09:17 - J'ai arrêté pour carré jaune, carré blanc.
09:19 - Soit c'est pour les décipées, soit c'est pour les...
09:21 Toujours des enfants calmeurs.
09:23 - Effectivement. Marie-Eve Guélier,
09:25 vous, la championne de judo, vous restez avec nous.
09:27 Yannis Méziade, vous, le grand espoir du 800 mètres aussi.
09:29 On va apprendre à vous connaître aussi dans quelques secondes, Yannis.
09:31 RTL, bonsoir, revient. Vous êtes nos grands invités
09:33 à 5 mois des Jeux Olympiques.
09:35 A tout de suite.
09:37 Isabelle Choquet et Cyprien Séni.
09:39 RTL, bonsoir.
09:41 RTL est au Salon international de l'agriculture,
09:43 sur le stand "Les fruits et légumes frais, c'est jamais trop"
09:45 dans le hall 2-2.
09:47 Aujourd'hui, nous étions avec Chafika Sayoud,
09:49 primeur à Bordeaux. - Oui, je suis avec
09:51 un certain nombre de primeurs de France.
09:53 Nous mettons en place plein d'actions,
09:55 notamment le CAP primeur qui a vu
09:57 le jour en 2018.
09:59 Et puis, nous postulons pour le titre
10:01 d'artisanat pour donner la visibilité
10:03 à la profession. Le primeur
10:05 est aussi un artisan.
10:07 Et le mandat que Rémi est en train
10:09 de faire, c'est une véritable
10:11 oeuvre d'art à croquer.
10:13 À demain, pour suivre l'actualité du stand
10:15 "Les fruits et légumes frais, c'est jamais trop"
10:17 au Salon de l'agriculture dans le hall
10:19 2-2 jusqu'au 3 mars.
10:21 RTL.
10:23 RTL, bonsoir.
10:27 Isabelle Choquet et Cyprien Séni.
10:29 Allez, RTL, bonsoir à la 2e heure
10:31 avec toute la bande, avec nos grands invités
10:33 à 5 mois jour pour jour des Jeux Olympiques
10:35 de Paris. Marie-Ève Gaillet,
10:37 judo 4, championne d'Europe
10:39 à moins de 70 kg est avec nous. Et Yanis
10:41 Méziennes est avec nous. Vous êtes coureur de 800 m.
10:43 C'est le double tour de piste d'athlétisme.
10:45 On va vous découvrir également, Yanis, vous êtes tout jeune.
10:47 Vous avez 22 ans, vous avez une progression
10:49 qui est assez dingue. Vous avez amélioré votre
10:51 record perso de 11 secondes en 4 ans
10:53 si je ne dis pas de bêtises.
10:55 Vous courez désormais avec les meilleurs mondiaux.
10:57 Vous allez vous arrêter où ? On a l'impression
10:59 qu'à chaque course, vous battez votre record.
11:01 C'est sûr que l'année dernière
11:03 en tout cas, ça a été
11:05 à chaque course, je pense,
11:07 que je battais mon record, surtout sur la fin de saison.
11:09 Et puis, je pense
11:11 qu'on ne va pas gagner non plus des secondes,
11:13 parce que sinon on va arriver très vite
11:15 à des performances un peu impossibles à atteindre.
11:17 Mais
11:19 j'espère en tout cas
11:21 continuer à garder
11:23 même maintenant une certaine régularité
11:25 et à chercher
11:27 déjà la qualification aux Jeux.
11:29 Et puis après, moi je sais que
11:31 j'aurai encore des années après.
11:33 Il y a les Jeux à Los Angeles 2028,
11:35 voire même peut-être en 2032.
11:37 Et puis entre temps, il y a les championnats
11:39 du monde.
11:41 Donc non, je sais que
11:43 Paris, ça sera un premier grand objectif,
11:45 mais ça ne sera pas le dernier.
11:49 Votre record, il est désormais de 1 minute
11:51 43 secondes, 94 centièmes.
11:53 Comment vous analysez ce gain de temps
11:55 en quelques années ? Vous avez juste décidé de
11:57 vous entraîner plus professionnellement,
11:59 de faire plus de muscu. Comment ça se passe ? Vous avez vraiment gagné
12:01 11 secondes, je viens de le dire, en très peu de temps.
12:03 En fait...
12:05 C'est énorme.
12:07 Je pense que ça peut s'expliquer
12:09 déjà par le fait que
12:11 quand j'étais encore au lycée,
12:13 je ne m'entraînais pas
12:15 énormément. Je m'entraînais peut-être 3 fois,
12:17 voire 4 fois par semaine.
12:19 En plus, je faisais encore du handball à ce moment-là.
12:21 Là, je parle quand j'étais en terminale.
12:23 Et puis après, il y a eu l'année,
12:25 les deux années un peu Covid,
12:27 où on était un peu en distanciel
12:29 par-ci par-là. Et en fait, surtout sur la
12:31 deuxième année, où j'avais
12:33 tout en distanciel avec mes cours,
12:35 j'avais l'opportunité de pouvoir m'entraîner
12:37 tous les jours. En plus, j'avais arrêté le handball.
12:39 Donc, ça a fait
12:41 que naturellement,
12:43 avec l'entraînement, j'ai pu
12:45 progresser naturellement.
12:47 L'année 2021, c'est là où
12:49 je fais mes premiers vrais résultats chez les jeunes,
12:51 avec une médaille de bronze
12:53 de la première championnate d'Europe junior.
12:55 Et où j'abaisse mon record en 1'47'28.
12:57 Donc déjà,
12:59 cette année-là, j'avais gagné 4 secondes.
13:01 J'avais gagné 4 secondes, 5 secondes.
13:03 Dans les deux années qui suivent, c'est fou.
13:05 Juste en s'entraînant davantage.
13:07 Et là, actuellement, combien d'heures d'entraînement par semaine ?
13:09 Actuellement, maintenant, c'est quand même différent.
13:11 Sur les deux dernières années,
13:13 j'ai changé d'entraîneur aussi.
13:15 Avant, je m'entraînais à Étampes, là où j'habitais.
13:17 Maintenant, je m'entraîne à Evry, dans un groupe un peu plus
13:19 professionnel, avec mon coach
13:21 qui s'appelle Boris Le Loco.
13:23 Donc, je m'entraîne, quoi ?
13:25 Oui, 8, 9, 10 fois par
13:27 semaine.
13:29 Et avec de la muscu en plus.
13:31 - Et 8, 9, 10 fois, de combien de temps ?
13:33 - Ça va dépendre.
13:35 Si c'est un footing, ça va être 1 heure.
13:37 Je considère que ça fait partie de l'entraînement.
13:39 - On n'a pas les mêmes footings !
13:43 - J'ai une heure en parlant, mais...
13:45 - Vous, c'est combien d'heures par semaine, Marie-Hervé Gailly ?
13:49 - Un peu moins de 20.
13:51 - 20 heures d'entraînement ?
13:53 - En comptant la muscu aussi ?
13:55 - Oui, compris.
13:57 - Après, ça doit dépendre des sports aussi.
13:59 Je pense qu'en athlée, il n'y a
14:03 personne qui doit s'entraîner quasiment 20 fois
14:05 par semaine.
14:07 Mais ça dépend de la
14:09 fonction de la filière.
14:11 - En tout cas, en quelques mois, avec plus d'entraînement,
14:13 vous avez réussi à intégrer le top 10 mondial.
14:15 Vous participez à la Ligue du Diamant.
14:17 C'est un peu la Ligue des champions de l'athlétisme.
14:19 Est-ce que vous vous sentez en mesure d'aller chercher les meilleurs ?
14:23 Parce que, par exemple, à Eugene, aux Etats-Unis,
14:25 quand vous battez votre record, vous finissez 4e.
14:27 Le Kenyan vainqueur, il est encore
14:29 une seconde en dessous.
14:31 Vous sentez que c'est possible ?
14:33 - Je sais que c'est possible.
14:35 Il manque encore un peu d'entraînement
14:39 par rapport à certains.
14:41 Je compte vraiment sur cette année
14:43 pour pouvoir gagner cette seconde
14:45 qui manque par rapport
14:47 au tout tout meilleur mondiaux.
14:49 Mais en soi, je n'en suis pas loin.
14:51 Et surtout sur 800 mètres,
14:53 quand on arrive en championnat,
14:55 surtout sur une finale, tout est remis à zéro.
14:57 Le 800 m, ça reste une course
14:59 où il y a une certaine dimension tactique.
15:01 - Et de la bagarre.
15:05 - C'est ça, il y a de la bagarre.
15:07 Tout le monde peut gagner le jour.
15:09 - Vous aiguisez les coudes,
15:11 comment ça se passe avant les courses ?
15:13 - C'est une course.
15:15 Il faut rester stable.
15:17 Il ne faut pas avoir peur.
15:19 - Il faut expliquer que sur 800 m,
15:21 tous les coureurs sont là,
15:23 et tout le monde essaie d'aller à la corde
15:25 pour avoir moins de distance.
15:27 - Vous vous êtes fixé des objectifs ?
15:29 C'est une médaille sinon rien ?
15:31 Ou la finale ?
15:33 - En athlète, on a les championnats d'Europe
15:35 qui seront à Rome en début juin.
15:37 Déjà, je pense que ça va être important
15:39 d'y participer et de faire une médaille.
15:41 C'est l'objectif que je me suis fixé
15:43 pour début juin.
15:45 Et sur la continuité,
15:47 pour les Jeux,
15:49 faire une finale,
15:51 au vu de ce que j'ai fait l'année dernière,
15:53 ce n'est pas déconnant.
15:55 Et comme j'ai dit, en finale,
15:57 c'est là où tout peut arriver.
15:59 - Vous avez déjà couru au Kenya.
16:01 Comment vous expliquez leur domination sur demi-fonds ?
16:03 Les Kenyans, c'est les plus forts,
16:05 le record du monde, c'est le Kenyan Rudy Shah en 2040.
16:07 - C'est incroyable.
16:09 Je ne sais pas si quelqu'un un jour pourra refaire...
16:11 - Ah oui ? On compte sur toi !
16:13 - Pour te dire, le record du monde,
16:17 c'est 1h40m91,
16:19 je crois,
16:21 c'est 3 secondes en dessous des meilleurs perfs
16:23 de ce moment.
16:25 - C'est complètement dingue.
16:27 Il y a eu Wilson Kickpeter
16:29 et Rudy Shah ensuite,
16:31 qui étaient vraiment de monstres, en quelque sorte, de votre discipline.
16:33 Pourquoi cette domination Kenyane ?
16:35 Vous avez une explication ?
16:37 - Je pense que...
16:39 - Vous qui êtes allé là-bas.
16:41 - Je pense que c'est dans leur culture,
16:43 c'est une religion, la course à pied.
16:45 Je n'ai pas été dans les villages,
16:47 parce que là-bas,
16:49 ils sont en altitude en plus.
16:51 - Oui.
16:53 - Et puis,
16:55 c'est ça, ils s'entraînent tout le temps,
16:57 depuis le plus jeune âge.
16:59 Je crois que même les petits-enfants,
17:01 j'avais vu des reportages,
17:03 ils sont là, ils courent pieds nus sur la terre battue,
17:05 et puis, ils enchaînent des kilomètres,
17:07 comme ça. Et je pense que c'est...
17:09 C'est leur façon de vivre, en fait.
17:11 - C'est culturel. Marie-Ève Gaillet, vous, vous partez
17:13 avec l'équipe de France au Japon,
17:15 je crois. Est-ce qu'il y a aussi
17:17 cette volonté d'aller aux sources
17:19 du judo, voir comment ça se passe
17:21 chez les japonais, qui ont été pendant des années
17:23 les maîtres de la discipline ?
17:25 - C'est toujours bon d'aller battre les japonais chez eux.
17:27 - Oui, c'est un peu aller chercher
17:29 cette culture-là aussi qu'ils ont,
17:31 parce que c'est le pays du judo.
17:33 - Parce que c'est le pays du judo, et forcément,
17:35 on va aller un peu s'imprégner de la culture
17:37 japonaise. On y va tous les ans,
17:39 et c'est vrai que ça permet, moi, la championne du monde
17:41 en titre dans ma catégorie, et japonaise.
17:43 Donc, c'est hyper important d'aller
17:45 la titiller avant les Jeux.
17:47 Parce qu'elle n'est pas beaucoup sortie.
17:49 - Et vous allez où au Japon ? - On va à Tokyo,
17:51 mais elle n'est pas beaucoup sortie, en fait, cette année,
17:53 donc, t'inquiète pas, tu viens pas à moi,
17:55 je viens à toi.
17:57 - Un petit coup de pression. Marie-Ève Gaillet vaut
17:59 la championne de judo, Yanis Mézihan vaut le grand espoir
18:01 du 800 mètres. Vous restez tous les deux avec nous.
18:03 Vous êtes nos grands invités dans RTL.
18:05 Bonsoir, la deuxième heure continue avec vous,
18:07 avec de la cuisine aussi. On sait que vous surveillez,
18:09 c'est le job, quand on est sportif de haut niveau,
18:11 vos menus. Ça tombe bien, la guinguette d'Angèle Ferreux
18:13 m'arrive. Salut, Angèle ! - Bonsoir, tout le monde !
18:15 - Qu'est-ce qu'on mange ce soir ? - Ce soir,
18:17 c'est le mariage entre le bouillon
18:19 japonais et le navet français.
18:21 - Voilà, on parle du Japon. Et puis, il y aura de la musique
18:23 avec la playlist de Steven Bellery.
18:25 Salut, Steven ! - Le grand retour
18:27 d'NC Solar. Deux chansons, avant
18:29 un triptyque d'album.
18:31 - Vous êtes trop jeunes, Marie-Ève
18:33 et Yanis, pour avoir connu NC Solar.
18:35 - Un peu, moi. - Un peu ? - Tu ne sais même pas
18:37 de qui on parle ! - Je suis la 1996 !
18:39 - L'as de 13 ! - Je suis la meilleure génération !
18:41 Non, je rigole ! - A tout de suite !
18:43 RTL. Vous.
18:45 [SILENCE]