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Julien Pasquet et ses invités débattent des grands thèmes de l'actualité de la journée dans #SoirInfo

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00:00:00 qu'est-ce qui s'est passé Auguste dans ces tables ?
00:00:02 Eh bien 38 interpellations au dernier décompte
00:00:06 et ce décompte va continuer d'augmenter
00:00:08 puisque sous nos yeux à l'instant quelques personnes ont de nouveau
00:00:10 été interpellées.
00:00:12 Le groupe de CRS que vous voyez, de policiers que vous voyez sur ces images
00:00:16 ce sont le groupe de CRS qui nassent les derniers quelques manifestants
00:00:21 dans la bouche de métro puisque dorénavant, contrairement à hier,
00:00:24 la seule issue pour sortir de cette place de la Concorde
00:00:26 eh bien c'est la bouche de métro
00:00:28 les seules personnes autorisées à rester ici sont les journalistes
00:00:32 et tous les manifestants radicaux ont donc pris la direction du métro de force
00:00:37 il y a quelques minutes les policiers ont forcé pour faire rentrer tout le monde.
00:00:40 On va vous montrer sur ces images un petit peu ce qui se passe autour de nous.
00:00:43 Hier ces camionnettes de gendarmerie n'étaient pas présentes
00:00:47 ce qui a permis aux Black Blocs, aux éléments radicaux encore une fois
00:00:50 eh bien de semer le trouble partout dans les rues de la capitale
00:00:53 et ce sont ces images qui ont choqué beaucoup de monde
00:00:55 eh bien ce soir ces images n'auront pas lieu puisque regardez
00:00:58 ces rues sont entravées par des gendarmes postés à côté de leurs camionnettes
00:01:04 et finalement ces éléments radicaux qui étaient aux alentours de 4000
00:01:08 selon le dernier des comptes sur cette place de la Concorde en fin de journée
00:01:12 ont tous été nassés ici à l'entrée de la rue de Riveau-Lille
00:01:16 n'avaient nulle part où aller et à ce moment là
00:01:18 les forces de l'ordre qui avaient repéré des éléments qui avaient semé du trouble
00:01:22 notamment des jets de projectiles, des incendies
00:01:25 eh bien ces forces de l'ordre les ont prélevées au compte-goutte
00:01:28 raison pour laquelle ce bilan des interpellations a augmenté très rapidement
00:01:34 c'est une situation assez inédite parce qu'habituellement
00:01:37 les dispersions de manifestations se font plutôt à pied dans les rues
00:01:41 autour des cortèges, alors aujourd'hui ça n'était pas une manifestation déclarée
00:01:46 et visiblement eh bien les forces de l'ordre ont entendu le mot
00:01:50 puisque la seule issue encore une fois pour sortir de cette place
00:01:53 c'était la bouche de métro.
00:01:56 Cette place de la Concorde elle a été le théâtre d'affrontement aujourd'hui
00:01:59 avec encore quelques feux de poubelles et des pavés envoyés en direction des forces de l'ordre
00:02:05 le chantier de la place de la Concorde lui aussi a été pénétré, dégradé
00:02:09 par ces éléments qui en ont profité pour mettre le feu justement à ses bâches
00:02:15 des feux qui ont vite été éteints par les pompiers présents sur place.
00:02:20 Si beaucoup, Augustin donna dieu pour toutes ces précisions en direct de la place de la Concorde
00:02:26 Sour Info Weekend, bienvenue, si vous nous rejoignez sur CNews
00:02:29 une émission largement consacrée ce soir bien évidemment aux conséquences du passage en force du gouvernement
00:02:34 pour adopter la réforme des retraites, on en parle dans un instant
00:02:37 je vous présente mes invités mais tout de suite le rappel des titres
00:02:41 et c'est avec vous Mathieu Deveze
00:02:44 Deux motions de censure ont été déposées aujourd'hui pour tenter de renverser le gouvernement
00:02:50 une motion transpartisane portée par le groupe Liott et co-signée par des élus de la NUPES
00:02:55 le Rassemblement National a lui aussi déposé sa propre motion de censure
00:02:59 elle devrait être examinée à l'Assemblée Nationale lundi à partir de 16h
00:03:03 les syndicats de la SNCF appellent à poursuivre la grève
00:03:07 ils considèrent le déclenchement du 49.3 comme un énième bras d'honneur au mouvement social
00:03:12 ils invitent également les salariés du rail à multiplier les actions dès ce week-end
00:03:16 et à agir massivement le 23 mars pour s'opposer à la réforme des retraites
00:03:20 pour rappel la grève a démarré il y a 10 jours
00:03:23 eux aussi sont en grève contre la réforme des retraites les contrôleurs aériens
00:03:27 et dans ce contexte l'aviation civile demande ce soir d'annuler lundi 30% des vols à Paris-Orly et 20% à Marseille
00:03:34 en dépit de ces mesures préventives des perturbations et des retards sont néanmoins à prévoir a prévenu la direction
00:03:40 de la SNCF.
00:03:42 Merci Mathieu, prochain point sur l'actualité avec Mathieu Devesse
00:03:45 ce sera à 22h30 le 49.3 est-ce la mauvaise étincelle ?
00:03:49 De nouveaux rassemblements se sont tenus aujourd'hui partout en France
00:03:53 depuis le début de la soirée un rassemblement spontané illégal donc s'est formé
00:03:57 Place de la Concorde à Paris s'en est suivi de gros affrontements
00:04:01 un jet projectile contre gaz lacrymogène, un gendarme blessé, 38 personnes interpellées
00:04:07 la situation est revenue au calme, la place de la Concorde s'est vidée
00:04:13 on va en parler ce soir de cette actualité brûlante mais aussi des conséquences du 49.3
00:04:20 le passage en force du gouvernement pour adopter la réforme des retraites autour de ce plateau ce soir
00:04:26 Karima Brick, bonsoir Karima, journaliste, on vous connaît bien à vos côtés
00:04:30 François Calfon, conseiller régional PS, bonsoir François, Pierre Gentillet, avocat, bonsoir
00:04:35 Judith Vintraud également autour de ce plateau ce soir, bonsoir Judith, reporter au Figaro Magazine
00:04:42 bien évidemment, je vous propose avant de revenir sur les événements de ce soir
00:04:47 d'aller Place de la Concorde, on va retrouver Vincent Faandij qui suit pour nous les événements
00:04:54 depuis ce rassemblement qui s'est formé, rassemblement spontané illégal donc à 18h
00:04:59 Vincent Faandij, la situation se calme, la Place de la Concorde pratiquement évacuée à 7h
00:05:06 On est quasiment évacuée désormais, les derniers...
00:05:16 alors excusez-moi, effectivement il y a les forces de l'ordre qui nous demandent d'évacuer à nouveau la Place de la Concorde
00:05:21 donc tous les éléments radicaux qui étaient désormais nassés entre la rue de Rivoli et la Place de la Concorde
00:05:27 ont donc soit été interpellés, soit ont été dirigés de force vers le métro
00:05:32 effectivement à cette heure, il y a en tout cas selon les derniers chiffres, 38 interpellations
00:05:37 ce soir ici, Place de la Concorde et ça y est on voit désormais les forces de police
00:05:43 qui commencent à se replier, à rentrer dans leur fourgon
00:05:49 donc la situation est désormais calme, que reste-t-il désormais ici de Place de la Concorde ?
00:05:53 Des débris, des déchets, des feux qui sont désormais éteints, qu'il va falloir nettoyer
00:06:01 une Place de la Concorde qu'il va falloir nettoyer, des murs également
00:06:04 notamment les murs qui mènent au jardin des tuileries qui ont été tagués pour certains
00:06:11 et voilà un petit peu l'ambiance assez particulière désormais qui règne ici de Place de la Concorde
00:06:19 avec des badauds qui commencent à revenir d'ailleurs ici par les bouches de métro
00:06:24 pour certains d'ailleurs qui sont des clients des palaces fortunés qui sont autour de cette Place de la Concorde
00:06:33 qui donne des scènes effectivement assez cocasses à côté des débris ou encore des feux de poubelle presque éteints désormais.
00:06:40 Merci beaucoup Vincent pour toutes ces précisions, Vincent Farnese en direct de la Place de la Concorde
00:06:46 qui se vide, on voyait les images au début de cette manifestation avec des feux,
00:06:52 beaucoup de jeunesse, Julie de Vintraub, qui s'est réunie ce soir.
00:06:57 En tout cas depuis hier soir à quoi assiste-t-on selon vous ?
00:07:02 Donc des fameux black blocs qui étaient présents bien évidemment, mais pas seulement.
00:07:06 Est-ce que vous constatez une certaine gilet jaunisation si je puis dire de la situation
00:07:12 après l'annonce du 49.3 où on est dans un autre ordre de rassemblement ?
00:07:18 Alors pas au vu des événements de la Concorde en tout cas, pas du tout.
00:07:22 Je ne suis même pas sûre qu'il y ait eu des black blocs ici, il y en a eu à Rennes,
00:07:26 il y a eu des pilleurs d'ailleurs aussi à Rennes, mais ici c'est du jeune militant d'extrême gauche.
00:07:35 Je rappelle que Mélenchon a obtenu presque 35% chez les 18-24 ans,
00:07:41 c'est exactement la classe d'âge qu'on voit là.
00:07:44 En plus les black blocs ne se font pas nasser comme des bleus le long d'un mur
00:07:49 pour se faire arrêter par la police, donc on est à peu près sûr que ce n'est pas ça.
00:07:54 Les slogans qu'on a entendus sont des slogans classiques, extrême gauche, très antiflics.
00:08:00 D'ailleurs une pensée pour ce représentant des forces de l'ordre qui a été blessé.
00:08:05 Un gendarme blessé effectivement ce soir.
00:08:07 Ils ont essuyé des tirs de mortier d'artifice parce que ce n'est vraiment pas drôle.
00:08:11 Heureusement il n'y a pas de magasins Place de la Concorde,
00:08:15 donc les dégâts sont assez limités, quelques poubelles et quelques palissades de chantiers incendiés.
00:08:22 On est vraiment dans une frange politisée, jeune et politisée à l'extrême gauche.
00:08:31 Pierre Gentillet, je vous pose la même question.
00:08:33 Je sais que vous aviez suivi de très près ce mouvement des gilets jaunes.
00:08:36 Qu'est-ce que vous observez ce soir, hier soir avec les événements qui ont eu lieu ?
00:08:41 Ce sont des événements d'un autre ordre où ça révèle néanmoins une colère certaine
00:08:45 après le passage en force du gouvernement.
00:08:47 Ce sont deux choses différentes qui peuvent apporter deux réponses différentes.
00:08:51 Effectivement, je suis d'accord avec Judith Vintraud.
00:08:54 On n'est pas du tout ici sur ce qu'on a vu au moment des gilets jaunes.
00:08:58 D'ailleurs c'est amusant parce que depuis qu'il y a les gilets jaunes, il y a ce spectre qui flotte.
00:09:01 On a l'impression que dès l'instant qu'il y a une manifestation contre Macron,
00:09:05 il y a un rassemblement spontané.
00:09:08 Il était tout de même à peu près prévisible ce rassemblement.
00:09:11 Pas que ce soit place de la Concorde.
00:09:13 Ça je vous le concède.
00:09:15 Mais voilà, il faut arrêter de voir des gilets jaunes partout.
00:09:17 En l'occurrence, je suis d'accord, j'ai entendu les slogans, les chants.
00:09:21 Ce sont des chants qui sont typiques de ceux de l'extrême gauche.
00:09:25 Maintenant, ce que ça révèle, c'est quelque chose qu'on pouvait tout à fait attendre.
00:09:29 C'est qu'utiliser le 49-3 sur ce projet de loi allait évidemment faire naître des tensions.
00:09:37 Parce que 1) le 49-3, on le sait, c'est un outil qui n'est pas populaire.
00:09:41 Il est de plus en plus impopulaire.
00:09:43 Rappelez-vous sous Emmanuel Valls.
00:09:45 Et puis pardon, évidemment, en plus pour une réforme qui est majoritairement rejetée par les Français.
00:09:51 Et avec un contexte pour Emmanuel Macron qui est celui d'une majorité relative.
00:09:56 On pourrait quand même tenter de dire aujourd'hui une minorité à l'Assemblée nationale.
00:09:59 Je pense que c'est ça ce qu'on voit aujourd'hui.
00:10:01 On aura l'occasion de reparler de tout l'aspect politique, les conséquences de ce 49-3 dans les jours à venir.
00:10:09 Karim Abrik, François Calfon, je vous pose la même question.
00:10:12 Votre réaction après ces images de ce soir, ce deuxième face à face après celui d'hier, Karim Abrik,
00:10:18 entre les forces de l'ordre et des manifestants, des jeunes manifestants d'ailleurs.
00:10:21 Oui, c'est ça. Mais ce qu'on voit aussi, je pense que la population, les citoyens qui se sont mobilisés au cours des dernières semaines,
00:10:28 c'était des manifestations polies, pacifiques. C'était même des cris du coeur à chaque fois.
00:10:33 Et vraiment, les Français qui espéraient se faire entendre, les syndicats qui essayaient de se faire entendre aussi de cette façon pacifique, ça n'a pas fonctionné.
00:10:41 Alors hier, c'est comme un trop-plein. Le 49-3, parce qu'il faut quand même revoir toute cette séquence, des semaines.
00:10:47 Et avec tous ces articles qui sont sortis, le 47-1, donc limiter la durée du débat, le vote bloqué avec le 44-3,
00:10:54 ensuite on nous parle maintenant du 49-3, c'est la goutte qui fait déborder le vase.
00:10:58 Et ce à quoi on a assisté hier soir, c'est justement ce trop-plein qui a débordé.
00:11:03 C'est la colère, oui, du peuple, mais je vous dirais les débordements, effectivement, peut-être des plus hauts.
00:11:09 Pas du peuple.
00:11:10 Non, non. Ce que je dis, c'est que la colère du peuple, elle est là.
00:11:13 Ce que je dis, c'est que ce qu'on a vu hier, les débordements, c'est la frange ultra-radicale.
00:11:18 Donc vous l'avez dit, il y a des jeunes là-dedans, bon, c'est mélangé un peu.
00:11:21 Mais la colère, elle s'exprime encore, et il y a une tristesse aussi dans le pays qui est là.
00:11:25 Et ce qu'on voit, ce sont les plus radicaux, en fait.
00:11:27 C'est vrai, François Calefon, qu'il y a la colère du peuple. 82 % des Français opposés à la réforme des retraites.
00:11:33 Néanmoins, les gens qui étaient là ce soir, place de la Concorde ou dans les autres races.
00:11:37 Parce qu'en fait, comme on est toujours parisiano-centré, moi j'ai regardé le fil Twitter,
00:11:41 vous avez un peu la même chose à Strasbourg, la même chose à La Croix-Rousse, à Lyon, en même temps qu'on parle.
00:11:47 Moi, j'observe, tout ça a été prévisible, donc je ne vais pas répéter ce qui a été dit.
00:11:51 J'observe qu'en plus de l'opposition des Français à cette réforme des retraites,
00:11:55 non pas parce qu'ils sont contre toute réforme, mais parce qu'ils l'ont vécu comme injuste
00:11:59 et qu'on a beaucoup menti du côté du pouvoir, il y a quand même une cristallisation dans ce quinquennat.
00:12:04 Ces images, ce ne sont pas les gilets jaunes, mais c'est le quinquennat de l'affrontement social.
00:12:11 Et il y a une cristallisation très forte sur la personnalité d'Emmanuel Macron.
00:12:15 – Son épigé a été brûlé ? – Absolument !
00:12:18 Alors la symbolique, elle n'est pas là par hasard, Judith Veintraub qui n'est pas un perdreau de l'année,
00:12:24 j'espère qu'elle acceptera cette expression, parce que moi-même je n'en suis pas un,
00:12:30 mais je connais le personnage, c'est les militants de la France insoumise
00:12:34 qui ont mis en scène cette place de la Concorde en référence à la grande révolution,
00:12:38 c'est-à-dire à la potence avec le roi Louis XVI.
00:12:40 Mais il n'y a pas besoin de ça, c'est-à-dire que moi j'ai constaté dans les discussions de café,
00:12:44 de comptoir qu'on peut avoir, parce que parfois les gens nous reconnaissent,
00:12:48 à quel point il y a une cristallisation très très importante
00:12:51 sur la personnalité d'Emmanuel Macron qui ne passe pas.
00:12:54 C'est-à-dire qu'il y a un clivage entre ce pouvoir,
00:12:56 et ce n'est pas simplement le premier quinquennat sur "t'as qu'à traverser la rue",
00:13:00 c'est quand même jouer au cynisme, et je crois que ça c'est quelque chose
00:13:03 qui est très mal passé dans toute cette séquence, sur les 1200 euros
00:13:06 dont on pensait qu'il y aurait 2 millions si on avait écouté le gouvernement,
00:13:10 et qui sont maintenant 40 000, 10 000, et c'est les plus fragiles,
00:13:13 c'est quelque chose qui accroît cette espèce de cristallisation, très ancien régime,
00:13:19 parce que la France se rejoue à chaque fois le match de sa grande histoire
00:13:23 et de sa grande histoire sociale, oui, il incarne un peu à sa façon l'ancien régime.
00:13:27 Ça veut dire que typiquement ce soir, Pierre Gentillet,
00:13:29 ce n'est pas forcément contre la réforme des retraites,
00:13:31 parce que les jeunes sont descendus, mais c'est aussi contre Emmanuel Macron,
00:13:35 il y a une cristallisation des collègues...
00:13:37 Je pense qu'il y a trois choses. Il y a effectivement ce qui a allumé la mèche,
00:13:41 c'est-à-dire effectivement cette réforme des retraites,
00:13:43 et la façon dont cette réforme des retraites est passée en force.
00:13:46 Mais il y a aussi, il ne faut pas en faire fi, il y a tout ce contexte social,
00:13:49 l'inflation, la situation des Français, je veux dire, la situation sociale est en arrière-fond.
00:13:55 Moi, j'ai tendance à dire que l'inflation, c'est ce qui touche beaucoup plus aujourd'hui les Français,
00:13:58 ce qui les préoccupe beaucoup plus encore que la retraite, sans mettre ça de côté.
00:14:01 Mais la personnalité d'Emmanuel Macron et la façon dont il dirige est évidemment, je pense,
00:14:07 mais l'élément déterminant de cette mobilisation et de la haine,
00:14:12 oui, c'est le mot, la haine que cet homme génère.
00:14:15 Il était déjà haï par une frange de la population lors de son premier quinquennat.
00:14:21 Là, dès la première année, ce qu'on voit, ce que j'ai entendu,
00:14:24 ce que je lis aussi et ce que j'entends quand on discute avec des gens,
00:14:28 et même pour une partie de ce que mes proches pensent aussi,
00:14:30 enfin, ce que plein de Français pensent, c'est que cet homme ne dirige pas...
00:14:33 - De toutes vos opinions, c'est ce qui est assez impressionnant.
00:14:35 - Absolument, oui, vous avez raison.
00:14:36 - Le sentiment que je ressens des Français, c'est que cet homme ne dirige pas
00:14:42 au nom des Français et pour les Français.
00:14:44 Il a son idée en tête et il dirige au nom de son idée.
00:14:47 Et le passage en 49.3, qui est assimilé à un passage en force,
00:14:50 en plus dans un contexte de majorité relative à l'Assemblée,
00:14:53 clairement, ça, ça renforce cette idée.
00:14:55 - On reviendra notamment sur ces déclarations lors du Conseil des ministres jeudi dernier,
00:14:59 puisqu'il a évoqué les marchés financiers.
00:15:01 On y reviendra tout à l'heure, mais restons sur cette soirée Place de la Concorde,
00:15:06 de Heure, Judith Vintraud.
00:15:08 Effectivement, pourquoi, selon vous, Emmanuel Macron cristallise tant les tensions ces derniers temps ?
00:15:12 - Alors, c'est évident qu'il les cristallise.
00:15:14 C'est évident qu'il déclenche une haine contre lui dont on n'a pas vu d'équivalent
00:15:19 dans les précédents quinquennats, y compris quand les présidents étaient extrêmement impopulaires.
00:15:24 Je pense aussi bien à Nicolas Sarkozy qu'à François Hollande.
00:15:26 Il n'y avait pas cette haine-là.
00:15:28 Mais contrairement à François Calfon, je pense qu'il y a beaucoup d'incompétence,
00:15:33 d'improvisation et plus que de machiavélisme et de volonté de manipuler et de faire mal.
00:15:41 Parce qu'un président, quel qu'il soit, ne se réveille pas le matin en se disant
00:15:46 "Chouette, chouette, chouette, je vais proposer une réforme extrêmement impopulaire
00:15:50 qui va mettre le pays à feu et à sang.
00:15:52 Ils me détesteront tous, c'est ça que je veux faire. C'est pas possible."
00:15:55 Donc, il y a l'incompétence, il y a la maladresse terrible, je l'ai dit 36 fois,
00:16:01 pardon de le répéter encore une fois, d'avoir remis cette histoire d'âge, de borne d'âge
00:16:06 qui avait déjà bloqué le premier projet de réforme des retraites d'Emmanuel Macron
00:16:10 et paf, on recommence, on retourne dans le mur en klaxonnant.
00:16:14 Il y a cette histoire des 1200 euros dont on sait, pour avoir enquêté sur la question,
00:16:19 que c'est Emmanuel Macron qui trouverait ça bien que chaque retraité ait au minimum 1200 euros
00:16:26 et qu'il pensait que la tendance suivrait.
00:16:29 Ben non, la tendance ne pouvait pas suivre.
00:16:31 Après, quand on regarde encore les commentaires, c'est ça qui est vraiment intéressant,
00:16:35 il y a quand même ce sentiment dans le pays profond,
00:16:37 et je peux même faire le parallèle avec certains dirigeants de droite qui ont dirigé le pays,
00:16:43 que c'est vraiment toujours pour, finalement, les grands patrons, la finance, contre le peuple.
00:16:49 Et je dis ça parce qu'après tout, des dirigeants qui ont fait des réformes de la même nature
00:16:54 sur les retraites, il y en a eu, mais vous aviez des politiques qui étaient passées par la base,
00:17:00 passées par le terroir, je pense à Jacques Chirac et à d'autres,
00:17:04 qui étaient capables, comme ça, d'entendre le pays.
00:17:07 Il a retiré le CPE, de comprendre la patte sociale, y compris les rapports sociaux de ce pays.
00:17:15 Et on a l'impression qu'Emmanuel Macron, alors est-ce de l'incompétence, est-ce du mépris,
00:17:19 est-ce les deux à la fois, je ne sais pas, mais ne comprend rien ce pays,
00:17:23 parce qu'il y a une espèce de…
00:17:25 On va y revenir.
00:17:26 Il y a une sorte d'entêtement, et c'est vrai que c'est tout à fait insupportable.
00:17:29 J'entendais Alain Mingue parler, qui est le mauvais génie, n'est-ce pas, de beaucoup de présidents libéraux,
00:17:33 tout à fait insupportable de mettre le pays dans cette étape pour un agenda
00:17:37 qui est finalement le coup auquel emprunte la France sur les marchés.
00:17:42 C'est insupportable.
00:17:43 On écouterait Edouard Philippe également dans un instant.
00:17:45 Il nous reste un peu moins de deux minutes avant de marquer une pause.
00:17:47 Mais cette question, toujours par rapport à ce qui s'est passé ce soir.
00:17:50 On se souvient des Gilets jaunes.
00:17:52 Emmanuel Macron, à ce moment-là, donne au moment où il y a de la violence.
00:17:57 Est-ce que ça n'a pas été un mauvais signal qu'Ari Mabryk envoyait à ce moment-là ?
00:18:01 Et aujourd'hui, on voit cette violence qui a tendance à se répéter dans la rue.
00:18:05 Oui, mais la violence aussi, évidemment, on condamne quand on voit les effigies, tout ça.
00:18:11 Bien évidemment.
00:18:12 C'est ça, on condamne tout ça.
00:18:13 Mais ce que je veux dire, il y a eu aussi un pourrissement de la situation au cours des dernières semaines.
00:18:17 Et moi, justement, ces images fortes qu'on voit aujourd'hui,
00:18:20 je me dis que ça donne vraiment cette image un peu de cette France qui décline.
00:18:26 On voit des images de poubelles, de feu, des gens dans les rues.
00:18:30 Il y a quelque chose, finalement, du pourrissement de la situation.
00:18:33 Et pour revenir, on parle de cette situation, des gens qui sont dans les rues aussi,
00:18:37 c'est que le président Emmanuel Macron a été, dans toute cette manœuvre au cours des dernières semaines,
00:18:42 un peu le président absent, même le président fantôme,
00:18:45 qui n'était pas du tout à l'écoute.
00:18:48 C'était toujours le dialogue de sourd.
00:18:49 On a l'impression que les syndicats ont essayé d'attirer son attention.
00:18:52 Ils n'ont pas eu d'attention, il n'y a pas eu d'écoute des revendications.
00:18:56 Les citoyens, les Français étaient dans la rue, il n'y avait pas d'écoute.
00:18:59 C'est comme si ça ne servait à rien, finalement.
00:19:01 Il y avait cette impression que ça ne servait à rien.
00:19:04 Alors, qu'est-ce qui arrive?
00:19:05 Ce sont ces radicalisations.
00:19:07 Il y a la question des blocages.
00:19:09 Donc, ça va en gradation, si on veut.
00:19:11 Et ce qu'on observe depuis deux jours, c'est ce spectacle un peu le mardi gras
00:19:15 pour les personnes plus radicalisées qui ont finalement envie de sortir.
00:19:20 Et c'est ceux-là qu'on voit beaucoup dans les débordements.
00:19:22 - Pierre Gentil, pour conclure, est-ce qu'il n'y a pas effectivement cet aspect pour obtenir
00:19:27 "il faut casser", c'est ce qu'on avait vu lors des Gilets jaunes?
00:19:30 Malheureusement, est-ce que ce n'est pas le signal qui a été envoyé?
00:19:33 - Je ne sais pas, parce qu'en l'occurrence, déjà les Gilets jaunes ont cassé une partie des Gilets jaunes,
00:19:38 effectivement, et recourent à un moment la violence.
00:19:40 Mais regardez, ça n'a pas du tout abouti, finalement.
00:19:42 Qu'est-ce qu'on demandait les Gilets jaunes?
00:19:44 Oui, ils ont eu une au bol.
00:19:46 La mesure phare des Gilets jaunes, celle qui faisait consensus, c'était la question du RIC.
00:19:52 Elle a été complètement balayée.
00:19:54 Le reste, on a donné une manquetation qui, comme vous le voyez, a été largement mangée,
00:19:58 de toute manière, par l'inflation aujourd'hui.
00:20:00 - Allez, et on continue de parler des conséquences du passage en force du gouvernement
00:20:05 pour adopter la réforme des retraites dans un instant.
00:20:08 On marque une très courte pause. Restez avec nous sur CNews. A tout de suite.
00:20:11 De retour sur le plateau de SoirInfo Week-end.
00:20:17 Bienvenue, si vous nous rejoignez, toujours avec Cari Mabry, François Calfon,
00:20:20 Pierre Gentillet et Judith Vintraud pour décrypter l'actualité,
00:20:24 bien évidemment essentiellement consacrée ce soir aux conséquences du 49.3,
00:20:28 le passage en force du gouvernement.
00:20:30 On en parle dans un instant. On va revenir avec Jean-Christophe Couvy,
00:20:34 secrétaire national Unité SGP Police.
00:20:36 Il sera en liaison avec nous dans un instant pour revenir sur les heures
00:20:40 qui ont eu lieu ce soir partout en France, et particulièrement à Paris,
00:20:43 place de la Concorde.
00:20:44 Mais avant, nous faisons un point sur les dernières actualités.
00:20:48 Et on retrouve Mathieu Devesse. C'est à vous, mon cher Mathieu.
00:20:51 La place de la Concorde à Paris a été le théâtre ce soir d'un nouveau
00:20:57 rassemblement de manifestants, des personnes qui protestent contre le recours
00:21:00 au 49.3 pour faire passer la réforme des retraites.
00:21:03 Après une première nuit agitée la veille, un nouveau rassemblement
00:21:06 spontané de 4000 personnes s'est formé ce soir à quelques centaines
00:21:09 de mètres de l'Assemblée nationale.
00:21:11 Et des affrontements se sont déclarés en début de soirée.
00:21:13 Les forces de l'ordre ont alors dispersé la foule.
00:21:16 Au moins 38 personnes ont été interpellées.
00:21:19 Les poubelles continuent de déborder sur les trottoirs parisiens.
00:21:22 Selon la mairie, la barre des 10 000 tonnes de déchets non ramassés
00:21:25 a été atteinte à la mi-journée.
00:21:27 C'est le 12e jour de la grève des éboueurs contre la réforme des retraites.
00:21:31 Dans l'actualité internationale, la Cour pénale internationale
00:21:34 émet un mandat d'arrêt contre Vladimir Poutine.
00:21:37 Le président russe est ciblé et poursuivi pour crime de guerre.
00:21:40 L'Ukraine a identifié plus de 16 000 enfants transférés de force en Russie.
00:21:43 Mais des dizaines de milliers d'autres auraient été déportés vers la Crimée
00:21:47 et au moins 57 régions de la Fédération de Russie.
00:21:50 Merci Mathieu. Prochain point sur l'actualité avec Mathieu Devesse.
00:21:56 Ce sera à 23h.
00:21:58 On va donc prendre la direction de la place de la Concorde à Paris.
00:22:01 Je vous le disais, un rassemblement spontané, illégal.
00:22:04 Donc c'est formé en début de soirée.
00:22:07 Et puis des heures ont d'éclaté.
00:22:09 Un gendarme a été blessé. 38 interpellations.
00:22:11 Mais Augustin Donat-Dieu, vous êtes sur place.
00:22:14 On le voit, la place a été vidée.
00:22:16 Retour au calme donc sur place.
00:22:18 Oui tout à fait, la place de la Concorde, cette place historique de Paris,
00:22:23 a été rendue aux touristes.
00:22:25 Regardez sur ces images d'Antoine Durand.
00:22:28 Les policiers ont quasiment disparu.
00:22:31 Les trottinettes reprennent vie ici, place de la Concorde.
00:22:35 Mais au milieu de stigmates que cette mobilisation de 4000 personnes aura laissé.
00:22:40 Ce sont des engins de chantier, du matériel de chantier qui a été dégradé.
00:22:44 Bousculé lors de ces affrontements.
00:22:47 Avec un nombre impressionnant de black blocs qui se sont servis de ce mobilier de chantier.
00:22:51 Pour les jeter en direction des forces de l'ordre.
00:22:54 Mais la stratégie de dispersion aujourd'hui a été bien différente par rapport à hier.
00:22:58 Je vous le rappelle, hier ces black blocs ont été nassés dans le coin de cette place de la Concorde.
00:23:04 Puis ils ont été dispersés dans les rues de Paris.
00:23:06 Où ils ont commis leurs forfaits avec différents feux de poubelle.
00:23:09 Et d'autres dégradations diverses.
00:23:11 Cette fois-ci c'était différent.
00:23:13 Ils ont tout de même été nassés dans le même coin de la place de la Concorde.
00:23:15 Juste à l'entrée de la rue de Rivoli.
00:23:17 Mais à partir de là, les policiers les ont simplement encerclés.
00:23:21 Et les éléments qu'ils avaient repérés auparavant.
00:23:24 Ils sont allés simplement les piocher au fur et à mesure, un par un.
00:23:27 Pour les interpeller.
00:23:28 Et à la suite de cela, la seule issue pour quitter cette place de la Concorde.
00:23:31 Était d'utiliser les transports en commun.
00:23:33 En l'occurrence le métro de la capitale.
00:23:36 Les équipes de sûreté de la RATP.
00:23:39 Étaient là pour faire régner l'ordre sur les cas du métro.
00:23:42 Visiblement ça a fonctionné.
00:23:44 On déplore effectivement un policier blessé.
00:23:47 Que l'on a vu partir à coudée sur ses collègues.
00:23:50 Puisque ce dernier ne pouvait visiblement pas marcher.
00:23:52 38 interpellations.
00:23:53 Ce décompte devrait augmenter dans les prochaines heures.
00:23:55 Puisqu'on a encore vu quelques interpellations de dernière minute.
00:23:58 Tout à l'heure.
00:23:59 Mais ici, place de la Concorde.
00:24:00 Tout semble rentrer dans l'ordre.
00:24:01 Avec les policiers qui continuent de partir.
00:24:03 Et puis, visiblement, des fonctionnaires de la ville de Paris.
00:24:08 Qui semblent faire place nette.
00:24:09 En débarrassant du mobilier de chantier qui a été dégradé.
00:24:13 Merci beaucoup Augustin pour toutes ces précisions.
00:24:16 Augustin Donat-Durand direct de la place de la Concorde à Paris.
00:24:18 Avec Antoine Durand derrière la caméra.
00:24:21 Pour revenir justement sur cette soirée de heure.
00:24:24 Jean-Christophe Couville, secrétaire national Unité SGP.
00:24:27 Est en liaison avec nous.
00:24:29 Jean-Christophe Couville, bonsoir.
00:24:31 Merci d'avoir accepté notre invitation.
00:24:33 Peut-être pour commencer.
00:24:35 J'ai sous les yeux la note de renseignement.
00:24:37 Qui a été publiée en début de semaine.
00:24:39 Et on peut y lire.
00:24:41 "Ultime alerte des renseignements.
00:24:43 L'utilisation du 49.3 pourrait renforcer le sentiment antidémocratique.
00:24:46 Et participer à redynamiser la contestation.
00:24:49 Et potentiellement sa radicalisation."
00:24:52 On s'en doutait effectivement.
00:24:54 Ca a été le cas ce soir.
00:24:56 On peut avoir le sentiment.
00:24:58 Que le 49.3 n'a pas été anticipé par les forces de l'ordre.
00:25:01 Notamment quand on a vu ces jeunes.
00:25:03 Aller prendre ces barres de fer.
00:25:05 Sur les échafaudages Place de la Concorde.
00:25:08 C'était le cas.
00:25:10 Ou effectivement les effectifs nécessaires.
00:25:12 Ont été déployés.
00:25:14 Et la situation a été maîtrisée selon vous.
00:25:16 Bonsoir.
00:25:18 Effectivement nous on avait aussi fait remonter.
00:25:20 En tant que corps intermédiaire.
00:25:22 Et puis même nous policiers.
00:25:24 Que oui c'était une situation explosive.
00:25:26 Et un vrai risque aussi pour nos collègues.
00:25:28 On l'avait annoncé d'ailleurs sur tous les médias.
00:25:30 En disant jusqu'à quand ça va être pacifique.
00:25:32 Parce qu'on sentait que ça sentait la poudre.
00:25:34 Tout ça.
00:25:36 Et effectivement hier c'était vraiment une surprise.
00:25:40 Puisqu'on a même fait rester les collègues.
00:25:42 Les policiers de la journée.
00:25:44 Sont restés en renfort des policiers de la nuit.
00:25:46 Pour justement faire revenir le calme.
00:25:48 Donc on voyait bien qu'on n'était pas vraiment hier.
00:25:50 Trop préparé à ça.
00:25:52 Là aujourd'hui il y avait des forces.
00:25:54 Qui étaient disponibles.
00:25:56 Après vous savez.
00:25:58 C'est une décision politique.
00:26:00 C'est à dire que d'un côté.
00:26:02 Vous laissez aussi les gens venir s'exprimer pacifiquement.
00:26:04 Sur la place de la Concorde.
00:26:06 Même s'il n'y a pas eu de signature avant de manifestation.
00:26:08 Donc c'est compliqué de faire un pré-service.
00:26:10 C'est à dire de faire le ménage un petit peu.
00:26:12 Notamment sur les engins de chantier.
00:26:14 Les balustrades etc.
00:26:16 Donc c'est vraiment très difficile.
00:26:18 Sauf que.
00:26:20 Après effectivement.
00:26:22 Alors que les manifestants.
00:26:24 Là je fais la différence.
00:26:26 Commencent à partir et qu'il reste vraiment les ultra.
00:26:28 Radicalisés.
00:26:30 Politisés.
00:26:32 D'ultra gauche.
00:26:34 Là effectivement la physionomie change.
00:26:36 Et là on sait très bien que nous policiers.
00:26:38 On va aller à l'affrontement.
00:26:40 Dès lors que en face ces gens là sont là pour ça.
00:26:42 Donc c'est pour ça qu'il y a cette technique.
00:26:44 D'aller au contact.
00:26:46 D'aller au choc.
00:26:48 De les repousser.
00:26:50 Et d'aller voir à la fin.
00:26:52 Les interpeller.
00:26:54 Les interpeller les individus les plus radicaux.
00:26:56 Les plus dangereux.
00:26:58 Les plus véhéments.
00:27:00 Et après derrière effectivement.
00:27:02 Les proposer.
00:27:04 Les présenter au magistrat.
00:27:06 Avec une procédure derrière.
00:27:08 C'était un rassemblement spontané.
00:27:10 Un rassemblement illégal.
00:27:12 En amont il n'y avait pas possibilité.
00:27:14 D'empêcher les gens de se rassembler.
00:27:16 C'est compliqué.
00:27:18 Il faut 48 heures avant une déclaration.
00:27:20 Auprès du préfet.
00:27:22 Là on voit bien que c'est des choses qu'on ne maîtrise pas.
00:27:24 Il n'y a pas comme jeudi prochain.
00:27:26 Par exemple avec les syndicats.
00:27:28 Où les syndicats sont signataires d'une manifestation.
00:27:30 Donc là ça va être encadré.
00:27:32 Il y a un service d'ordre.
00:27:34 Et au cas où si ça part en eau de boudin comme ce soir.
00:27:36 Il y a un responsable.
00:27:38 Là c'est du spontané.
00:27:40 On ne peut pas prévoir.
00:27:42 On peut anticiper un petit peu un service.
00:27:44 Mais on ne peut pas savoir combien il y aura de milliers de personnes.
00:27:46 Donc il faut avoir d'entrée.
00:27:48 Utiliser la force.
00:27:50 Je pense que ce n'est pas bien.
00:27:52 Parce que les gens ont le droit de venir manifester.
00:27:54 Encore une fois dans la bonne entente.
00:27:56 Leur mécontentement.
00:27:58 Et leur colère retenue.
00:28:00 Sauf qu'après une fois qu'on passe.
00:28:02 L'étape supérieure.
00:28:04 C'est à dire l'étape de la violence.
00:28:06 Nous on s'adapte.
00:28:08 Nous policiers effectivement.
00:28:10 La préfecture de police s'adapte.
00:28:12 Et puis c'est graduel.
00:28:14 Il n'y a plus de rétablissement d'ordre.
00:28:16 Et plus de gestion de foule.
00:28:18 Avec votre oeil aguerri de policier.
00:28:20 On a vu une foule assez jeune.
00:28:22 Ce soir place de la Concorde.
00:28:24 Quels étaient les différents profils présents ?
00:28:26 C'est ce qu'on a vu.
00:28:28 C'était vraiment très jeune.
00:28:30 Malgré tout ceux qui ont été interpellés hier.
00:28:32 On voit bien qu'il y a eu un tri qui a été fait.
00:28:34 On voit bien que ce sont des profils Black Bloc.
00:28:36 Et même des profils de pays limitrophes.
00:28:38 C'est un peu le cas.
00:28:40 On a vu que c'était très jeune.
00:28:42 Et même des profils de pays limitrophes.
00:28:44 C'est à dire qu'il y a des Black Bloc qui ont été interpellés.
00:28:46 Des ultra radicaux qui viennent d'Espagne.
00:28:48 Il y avait même une personne qui venait du Canada.
00:28:50 Vous voyez comme quoi ça attire les retraites.
00:28:52 Mais vraiment on sent que encore une fois on se sert d'une cause.
00:28:54 C'est à dire d'un refus de cette réforme des retraites.
00:28:56 Pour que les ultra gauche qui n'ont rien à voir avec ça.
00:28:58 Eux sont juste là encore une fois.
00:29:00 Pour faire acte de violence.
00:29:02 Et en fait c'est leur grand soir à eux.
00:29:04 Et c'est ici qu'on a eu le plus grand débat.
00:29:06 Et c'est ici qu'on a eu le plus grand débat.
00:29:08 Et c'est ici qu'on a eu le plus grand débat.
00:29:10 Et c'est ici qu'on a eu le plus grand débat.
00:29:12 Et c'est ici qu'on a eu le plus grand débat.
00:29:14 Et c'est ici qu'on a eu le plus grand débat.
00:29:16 Et c'est ici qu'on a eu le plus grand débat.
00:29:18 Et c'est ici qu'on a eu le plus grand débat.
00:29:20 Et c'est ici qu'on a eu le plus grand débat.
00:29:22 Et c'est ici qu'on a eu le plus grand débat.
00:29:24 Et c'est ici qu'on a eu le plus grand débat.
00:29:26 Et c'est ici qu'on a eu le plus grand débat.
00:29:28 Et c'est ici qu'on a eu le plus grand débat.
00:29:30 Et c'est ici qu'on a eu le plus grand débat.
00:29:32 Et c'est ici qu'on a eu le plus grand débat.
00:29:34 Et c'est ici qu'on a eu le plus grand débat.
00:29:36 Et c'est ici qu'on a eu le plus grand débat.
00:29:38 Et c'est ici qu'on a eu le plus grand débat.
00:29:40 Et c'est ici qu'on a eu le plus grand débat.
00:29:42 Et c'est ici qu'on a eu le plus grand débat.
00:29:44 Et c'est ici qu'on a eu le plus grand débat.
00:29:46 Et c'est ici qu'on a eu le plus grand débat.
00:29:48 Et c'est ici qu'on a eu le plus grand débat.
00:29:50 Et c'est ici qu'on a eu le plus grand débat.
00:29:52 Et c'est ici qu'on a eu le plus grand débat.
00:29:54 Et c'est ici qu'on a eu le plus grand débat.
00:29:56 - Le 58, c'est un chiffre assez conséquent.
00:29:58 Néanmoins, on se doute que tous n'ont pas pu rester en garde à vue.
00:30:04 Tous ne seront pas jugés.
00:30:06 - Non, mais c'est très compliqué, si vous voulez,
00:30:08 des qualifications juridiques comme ça,
00:30:11 sur des manifestations,
00:30:13 sur des maintiens de l'ordre,
00:30:15 comme ça, ou des rétablissements d'ordre.
00:30:17 C'est compliqué.
00:30:18 Parce qu'en fait, encore une fois, c'est le policier.
00:30:20 Ou tant mieux si on a des preuves, j'allais dire numériques,
00:30:22 comme là, on filme des fois,
00:30:24 c'est une preuve supplémentaire.
00:30:26 En fait, c'est la parole du policier contre le manifestant.
00:30:28 Et ces manifestants-là sont aguerris, ils savent comment faire.
00:30:30 Ils sont tout de suite entourés d'avocats.
00:30:32 D'ailleurs, ils ont des listes d'avocats déjà sur eux.
00:30:34 Ils sont préparés, ils savent qu'ils doivent se taire.
00:30:36 Ils savent qu'ils ne doivent pas décliner leur identité, souvent,
00:30:38 pour justement mettre des bâtons dans les roues,
00:30:41 j'allais dire, dans la procédure.
00:30:43 Voilà, donc c'est des personnes qui sont bien entraînées,
00:30:46 bien aidées, préparées à tous ces mouvements un peu subversifs
00:30:50 dans les rues, on le voit bien.
00:30:53 Et nous, c'est compliqué, oui,
00:30:55 dans du maintien de l'ordre, comme ça,
00:30:57 de pouvoir après, derrière, et même pour la justice,
00:30:59 de pouvoir condamner, parce qu'en fait,
00:31:01 quand, entre guillemets,
00:31:03 les avocats arrivent à entrer dans des vices de procédure
00:31:07 ou un manque de preuves flagrants,
00:31:09 alors qu'il y a des preuves, mais ça ne suffit pas
00:31:11 aux yeux de la justice,
00:31:13 et bien, effectivement, ces personnes sont relâchées.
00:31:15 Alors après, on a les identités, puis on les suit,
00:31:17 puis des fois, il y a des fiches de sûreté, et ainsi de suite.
00:31:19 Mais oui, c'est vrai que nous, quand on est sur le terrain,
00:31:21 des fois, on se dit, mais en fait, on fait ça pourquoi ?
00:31:23 Puisque derrière, les personnes vont recommencer,
00:31:25 et le lendemain soir, revenir et recommencer, ainsi de suite.
00:31:27 Avant de vous libérer, Jean-Christophe Couville,
00:31:30 on va se projeter demain des manifestations,
00:31:33 de nouvelles manifestations prévues, des manifestations locales
00:31:35 à l'appel des syndicats.
00:31:37 Neuvième journée de mobilisation, jeudi prochain,
00:31:39 et dans ce contexte-là, Gérald Darmanin,
00:31:41 qui demande davantage de protection, aussi,
00:31:43 pour les députés Renaissance,
00:31:45 quels sont les points d'attention
00:31:47 pour les forces de l'ordre dans les heures,
00:31:49 les jours qui vont venir ?
00:31:51 - Alors, demain, déjà, il y a aussi un match
00:31:53 au Stade de France, donc il va y avoir
00:31:55 des touristes gallois qui vont être là.
00:31:57 On sait que ça va aussi drainer une certaine population,
00:31:59 donc c'est pour ça que demain,
00:32:01 ça va être un peu particulier sur la région parisienne
00:32:03 et sur Paris. Après, on ne sait pas
00:32:05 si ça va reprendre. Je pense que oui,
00:32:07 et je pense que les ultras vont essayer,
00:32:09 tous les soirs, de venir un petit peu
00:32:11 "sacraliser" ce moment,
00:32:13 sur la place de la Concorde.
00:32:15 Ça va être un peu leur
00:32:17 place "tienne et mène" à eux.
00:32:19 Et puis, voilà, et puis,
00:32:21 nous, et surtout, ce qu'il faut bien comprendre,
00:32:23 c'est, est-ce que ça va prendre dans les villes,
00:32:25 j'allais dire, dans les villes
00:32:27 de provinces, Nantes, Rennes,
00:32:29 notamment, Lyon, enfin, voilà,
00:32:31 on sait qu'on a des villes comme ça.
00:32:33 Est-ce que ça va prendre ?
00:32:35 On ne sait pas. En revanche, ce que je sais,
00:32:37 c'est que les organisations syndicales,
00:32:39 effectivement, apprennent à continuer ce mouvement
00:32:41 pacifiste, dans le respect,
00:32:43 effectivement, de la France.
00:32:45 Et effectivement,
00:32:47 j'allais dire, condamnent la violence.
00:32:49 Et notamment, jeudi prochain,
00:32:51 sur une grosse manifestation, voilà,
00:32:53 le match continue, le combat continue.
00:32:55 Et c'est pour ça qu'il faut toujours respecter,
00:32:57 encore une fois, les droits de l'homme.
00:32:59 Et surtout, ne rien casser. La violence, ça ne résoudra absolument rien.
00:33:01 – Merci beaucoup Jean-Christophe Coulvy pour votre éclairage.
00:33:03 Ce soir, en direct sur CNews,
00:33:05 je le rappelle, vous êtes secrétaire nationale
00:33:07 Unité SGP Police.
00:33:09 On va parler tout à l'heure des blocages,
00:33:11 des grèves reconductibles,
00:33:13 des politiques aussi de la motion de censure
00:33:15 qui nous attendent. Mais avant, toujours dans ce
00:33:17 contexte d'heure de violence,
00:33:19 de rassemblement qui ont eu lieu ces dernières heures,
00:33:21 je voulais qu'on écoute Jordan Bardella.
00:33:23 Et voilà, lui, ce qu'il pense
00:33:25 de la situation, et plus précisément d'Emmanuel Macron,
00:33:27 d'Elisabeth Borne. Écoutez-le.
00:33:29 – On a un peu le sentiment
00:33:31 qu'il prend un plaisir malsain
00:33:33 à organiser le chaos dans le pays.
00:33:35 Et je suis, comme beaucoup de gens, ce matin,
00:33:37 j'ai du mal à comprendre son obsession.
00:33:39 Elisabeth Borne,
00:33:41 Elisabeth Borne adresse
00:33:43 en réalité un bras d'honneur
00:33:45 irrespectueux à la fois au peuple français
00:33:47 et à la représentation nationale.
00:33:49 Elle présente un texte
00:33:51 qu'une très grande majorité du pays rejette.
00:33:53 Je crois que c'est sans appel depuis maintenant
00:33:55 plusieurs semaines, que la représentation nationale
00:33:57 et que les députés qui ont été élus
00:33:59 par le peuple français rejettent.
00:34:01 Et le gouvernement vient dire devant les Français
00:34:03 "Vous aurez quand même,
00:34:05 par la force, parce qu'on est là
00:34:07 dans un coup de force démocratique,
00:34:09 la réforme des retraites".
00:34:11 – Alors ces propos assez forts, assez graves,
00:34:13 même des accusations vis-à-vis d'Emmanuel Macron,
00:34:15 est-ce qu'on peut vraiment lui reprocher cela ?
00:34:17 Je vous disais au début, vous l'évoquiez tout à l'heure.
00:34:19 Est-ce qu'il prend un plaisir malsain
00:34:21 à organiser le chaos, selon vous ?
00:34:23 – Je ne pense pas, non. – Ou au fond, c'est pas le Mozart
00:34:25 qu'on nous annonçait ? – Ça, c'est pas le Mozart.
00:34:27 C'est plutôt la cacophonie que le Mozart.
00:34:29 – Ça, on avait remarqué. – C'est plutôt Wagner.
00:34:31 – Non, c'est fondé sur rien du tout,
00:34:33 cette idée qu'Emmanuel Macron
00:34:35 ferait exprès
00:34:37 d'organiser le chaos.
00:34:39 – Non mais… – Pas du tout de l'intérêt.
00:34:41 Mais en revanche, je vois très bien l'intérêt
00:34:43 qu'a Jordane Bardella
00:34:45 à réclamer le scalp
00:34:47 d'Elisabeth Borne, parce qu'en fait,
00:34:49 le Rassemblement National,
00:34:51 comme toutes les oppositions,
00:34:53 ne sort pas gagnant de cette histoire-là.
00:34:55 S'il y avait des solutions,
00:34:57 vraisemblablement, c'est le parti politique
00:34:59 qui s'en sortirait le moins mal,
00:35:01 encore que la situation
00:35:03 est difficile à prévoir,
00:35:05 mais néanmoins, il a perdu
00:35:07 sur les retraites, donc, comme il a perdu,
00:35:09 il veut quelque chose, et il veut la tête
00:35:11 d'Elisabeth Borne. – Peut-être,
00:35:13 mauvais jeu de mots, on le précise tout à l'heure,
00:35:15 Pierre Gentillet, concernant…
00:35:17 – Non, je ne sais pas, Mozart, non mais…
00:35:19 – Voilà. – … Wagner, simplement parce qu'il y va
00:35:21 avec ses gros savants. – Parce que ça renvoie à quelque chose.
00:35:23 – Voilà, ça aurait pu être mal interprété.
00:35:25 – Ah non, vous avez pensé à ça ?
00:35:27 – Non, Wagner, c'est un compositeur.
00:35:29 – C'est pour ça que je me permettais de revenir
00:35:31 sur les propos pour bien…
00:35:33 – Vous êtes dans un monde de fous.
00:35:35 – Vous savez, ça peut aller très vite.
00:35:37 – Peut-être que l'adopté de Oury était
00:35:39 en défense d'Emmanuel Macron,
00:35:41 en quelque sorte, de Judith Vaillantrôme,
00:35:43 mais était quand même peu convaincante,
00:35:45 parce que je pense quand même qu'il y a une forme
00:35:47 de crispation, de vengeance d'Emmanuel Macron.
00:35:49 Il ne comprend pas ce pays,
00:35:51 et il ne supporte pas que le pays
00:35:53 ne le comprenne pas. Il y a quand même quelque chose
00:35:55 de l'ordre de la psychologie politique
00:35:57 dans le comportement d'Emmanuel Macron.
00:35:59 Alors, bien sûr que dans les codes
00:36:01 qui sont les nôtres, soit que nous faisons
00:36:03 de la politique, soit que nous la combattons
00:36:05 depuis des années, monsieur Macron
00:36:07 est un opni, c'est-à-dire un objet politique
00:36:09 non identifié, et donc il a parfois
00:36:11 des réflexes qui ne correspondent
00:36:13 à aucune rationalité,
00:36:15 parce qu'après tout,
00:36:17 quelle est la rationalité de son comportement
00:36:19 aujourd'hui ? Je le rappelle quand même,
00:36:21 on est au début de son quinquennat,
00:36:23 il reste quatre ans à faire, il n'a plus de majorité,
00:36:25 parce que c'est quand même ça la réalité,
00:36:27 et quelque part, il y a une forme
00:36:29 d'entêtement,
00:36:31 à la fois dans les méthodes
00:36:33 qui ont été employées, alors ça je suis d'accord que c'est
00:36:35 de l'incompétence, méthodes employées,
00:36:37 et à la fois dans une forme d'entêtement.
00:36:39 Si je puis me permettre, le chaos
00:36:41 qualifié
00:36:43 par Jordan Bardelin
00:36:45 "prendre un plaisir malsain, organiser le chaos",
00:36:47 le chaos, on l'a plutôt vu, Pierre Gentillet,
00:36:49 du côté de la NUPES ces derniers jours, pas du côté
00:36:51 d'Emmanuel Macron.
00:36:53 Ces derniers jours, ces derniers mois, vous êtes gentil.
00:36:55 En fait,
00:36:57 j'ai presque l'impression qu'on parle un peu moins de la NUPES
00:36:59 ces derniers jours,
00:37:01 alors qu'on en a beaucoup parlé ces derniers mois.
00:37:03 Au fond, je n'ai pas l'impression qu'ils tirent du tout
00:37:05 leur épingle du jeu là-dessus,
00:37:07 alors même qu'aujourd'hui, on n'est pas dans une situation
00:37:09 de chaos, mais en tout cas, c'est vrai que
00:37:11 l'utilisation de ce 49-3,
00:37:13 fait un petit peu trembler
00:37:15 l'Assemblée, et on voit que ce n'est pas
00:37:17 du tout eux qui sortent gagnants.
00:37:19 En réalité, je ne pense pas qu'il y ait vraiment
00:37:21 de grands gagnants pour l'instant, à ce stade,
00:37:23 sur cette séquence. Il y a des gens qui perdent de moins,
00:37:25 par exemple le Rassemblement national
00:37:27 perd clairement moins. Moi, je vois
00:37:29 aussi qui perd le plus, ce sont les républicains,
00:37:31 on en parlera après. C'est eux
00:37:33 qui, mais surtout, tout le long de ce projet
00:37:35 de loi... - Est-ce que c'est un suicide politique ? On se posera
00:37:37 la question. - Est-ce qu'ils ont pas ? Est-ce qu'ils ont quoi ?
00:37:39 - Est-ce que c'est un suicide politique ? - C'est un suicide, oui,
00:37:41 mais bon, l'histoire des républicains depuis 5 ans, c'est un suicide qui n'en finit
00:37:43 plus. J'ai l'impression que c'est un coq à qui on a coupé la tête en 2017
00:37:45 et qui n'arrête pas de courir. Mais il serait temps
00:37:47 qu'ils arrêtent de courir et qu'ils rejoignent
00:37:49 La République en Marche, parce que là,
00:37:51 en ne votant pas cette motion de censure,
00:37:53 en tout cas en annonçant
00:37:55 majoritairement qu'ils ne voteraient pas cette motion de censure,
00:37:57 avec le contexte, avec
00:37:59 la crispation autour de ce
00:38:01 projet de loi, ce n'est
00:38:03 plus tenable pour eux. - Ce sont des suicides. - Et c'est pour ça
00:38:05 d'ailleurs, bien sûr, et c'est d'ailleurs pour ça
00:38:07 qu'il y en a quelques-uns qui commencent à se sortir du bois.
00:38:09 Je fais référence notamment à Rachida Dati qui a déclaré
00:38:11 aujourd'hui qu'elle était favorable à un accord
00:38:13 de gouvernement. Je pense,
00:38:15 sans partager les convictions de l'ROM,
00:38:17 que c'est une logique.
00:38:19 Il faut de la clarté en politique.
00:38:21 La clarté, c'est que LR et LREM
00:38:23 s'allient et qu'on est
00:38:25 une grande force politique. - Et on y reviendra tout à l'heure.
00:38:27 L'avis des Français,
00:38:29 puisque les blocages continuent,
00:38:31 ils se poursuivent. Alors c'était
00:38:33 le boulevard périphérique parisien
00:38:35 brièvement bloqué ce matin, c'est une raffinerie
00:38:37 menacée d'arrêt, des électriciens
00:38:39 et des gaziers toujours en grève,
00:38:41 les syndicats de la SNCF qui appellent à
00:38:43 poursuivre la grève reconductible.
00:38:45 On fait le point sur tous ces blocages,
00:38:47 on en parle ensuite. Carine Bouteloup.
00:38:49 Après le coup de force du gouvernement sur la réforme
00:38:55 des retraites, la colère ne retombe pas.
00:38:57 Première action de contestation
00:38:59 ce vendredi, la CGT a bloqué
00:39:01 une partie du périphérique parisien,
00:39:03 perturbant fortement la circulation.
00:39:05 C'est une forme de déni de démocratie de manière globale
00:39:07 quand on sait que la majorité des Français sont opposés
00:39:09 à cette loi.
00:39:11 Et là, on parle au-dessus des sondages.
00:39:13 Il suffit de voir les 5 minutes qu'on a passé sur le périphérique
00:39:15 pour voir qu'on est très largement plébiscité
00:39:17 y compris par les gens qu'on bloque.
00:39:19 Au-delà des manifestations, la CGT a annoncé
00:39:21 l'arrêt complet de la raffinerie Total Energy
00:39:23 de Normandie dès ce week-end.
00:39:25 Celle de la MED et des Sceaux à Fosse-sur-Mer
00:39:27 continuent également la grève sans pour autant
00:39:29 durcir le ton comme celle de Normandie.
00:39:31 C'est également le cas à Donge
00:39:33 qui a reconduit son mouvement une semaine supplémentaire.
00:39:35 Les ports sont aussi bloqués
00:39:37 depuis mercredi par une opération
00:39:39 Port-Mort menée par la CGT.
00:39:41 A Calais, les camions faisaient la queue vendredi
00:39:43 pour accéder aux ferries.
00:39:45 Ça a forcément un impact économique, c'est pour ça que c'est pas une décision facile.
00:39:47 On sait très bien ce que ça implique derrière.
00:39:49 Mais à la vue de ce qu'on essaye de nous proposer actuellement,
00:39:51 c'est la seule manière qu'on a trouvé pour se faire entendre.
00:39:53 Une nouvelle journée de mobilisation
00:39:55 contre la réforme des retraites
00:39:57 est prévue jeudi prochain.
00:39:59 Ce sera la 9e depuis le début de la contestation,
00:40:01 mais la première depuis le passage en force du gouvernement.
00:40:03 Donc,
00:40:05 on a un peu de temps pour vous,
00:40:07 mais on va vous parler de la réforme des retraites.
00:40:09 - Donc, perturbations,
00:40:11 blocages dans toute la France.
00:40:13 L'interrogation, c'est
00:40:15 est-ce que, au fond,
00:40:17 la stratégie du gouvernement,
00:40:19 Karim Abrik, c'est pas d'un côté
00:40:21 de parier sur un ras-le-bol des Français,
00:40:23 au fond, entre les poubelles,
00:40:25 entre les grèves, s'il n'y a pas de motion de censure,
00:40:27 bien évidemment, et de maintenir la réforme
00:40:29 et puis la vie suit son cours.
00:40:31 - Bien, manifestement, ce pari,
00:40:33 pour l'instant, il n'a pas fonctionné.
00:40:35 Et non, je pense qu'en ce moment,
00:40:37 les Français, si on regarde dans les rues,
00:40:39 si on regarde les mobilisations,
00:40:41 il y a encore quelques journées devant nous
00:40:43 avant, comme vous le dites, ce fameux ras-le-bol.
00:40:45 Il y a quand même lundi qui va être une journée importante,
00:40:47 donc ce week-end, c'est normal de voir
00:40:49 qu'il va y avoir encore cette pression qui va être maintenue.
00:40:51 Après ça, c'est toujours une question de durée.
00:40:53 Si on pense après aux poubelles, par exemple,
00:40:55 est-ce que ça commence à embêter
00:40:57 les gens? Probablement,
00:40:59 mais en même temps, sur le fond,
00:41:01 sur la question de la réforme,
00:41:03 les gens sont encore très très fâchés
00:41:05 contre le gouvernement aussi.
00:41:07 Alors non, je pense que la stratégie de dire
00:41:09 "Bon, les citoyens, les Français
00:41:11 vont finir par se lasser et tout ça",
00:41:13 pour l'instant, en tout cas, ils n'en sont pas là.
00:41:15 - Parce que les Français majoritairement favorables,
00:41:17 on parlait des poubelles, j'ai dit, de Vintraube,
00:41:19 qui embêtent les Parisiens...
00:41:21 - Aux réquisitions.
00:41:23 - 57 % favorables aux réquisitions.
00:41:25 En même temps, 83 % des Français,
00:41:27 je le disais tout à l'heure, qui estiment que le recours
00:41:29 aux 49 froids est une mauvaise chose,
00:41:31 selon un sondage Toruna Harris.
00:41:33 Et les Français, malgré leur opposition
00:41:35 à ce 49 froid, peuvent supporter
00:41:37 longtemps des poubelles qui jonchent
00:41:39 les trottoirs, des grèves à la SNCF,
00:41:41 des grèves d'avions, bref,
00:41:43 tout ce qu'on va connaître dans les prochains jours.
00:41:45 - Je suis persuadée que si vous posiez la question
00:41:47 à Elisabeth Borne, elle aussi répondrait
00:41:49 que l'usage du 49 froid est une mauvaise chose
00:41:51 et qu'elle ne s'y est résolue
00:41:53 que qu'on traite et forcée.
00:41:55 Si les Français
00:41:57 ont une réponse différente
00:41:59 s'agissant des poubelles
00:42:01 par rapport aux autres
00:42:03 expressions de la colère,
00:42:05 c'est parce qu'ils les subissent
00:42:07 beaucoup plus fort.
00:42:09 Les blocages, les grèves,
00:42:11 aussi embêtantes
00:42:13 soient-elles, aussi gênantes
00:42:15 soient-elles, ne bloquent pas le pays.
00:42:17 Le pays n'a pas été bloqué.
00:42:19 La journée à l'arrêt, on n'a pas vu
00:42:21 de journée à l'arrêt. Il y a des messages
00:42:23 affolants dans le métro,
00:42:25 "Ne sortez pas de chez vous",
00:42:27 "Évitez de prendre les transports en commun".
00:42:29 C'est vrai que l'impact est limité.
00:42:31 On dirait qu'ils sont habitués.
00:42:33 Il y a très peu de nuisances.
00:42:35 Donc là, en fait,
00:42:37 on discute théorie.
00:42:39 On demande aux Français...
00:42:41 C'est vrai que, très concrètement,
00:42:43 les Français supportent tout à fait ces blocages
00:42:45 puisqu'ils sont pratiquement dolôles.
00:42:47 La mise en point du métro est tout à fait utile
00:42:49 et je ne vois pas de contradiction
00:42:51 entre le fait que les Français souhaitent
00:42:53 les réquisitions, non pas pour des raisons sociales,
00:42:55 sur la question sanitaire,
00:42:57 et qu'ils soutiennent le mouvement.
00:42:59 D'ailleurs, je trouve qu'on aurait pu
00:43:01 trouver simplement une solution.
00:43:03 Avoir recours à des sociétés privées,
00:43:05 moi, ça ne me pose pas de problème.
00:43:07 Non pas en assurant un service complet,
00:43:09 mais en faisant en sorte
00:43:11 que nous ne soyons pas exposés,
00:43:13 comme on va l'être, sous 24 à 48 heures,
00:43:15 aux rats.
00:43:17 Les rats, ce n'est pas très visuellement
00:43:19 agréable,
00:43:21 mais aussi à toutes les maladies.
00:43:23 Je crois qu'il faut tout simplement dire
00:43:25 qu'on peut soutenir
00:43:27 un mouvement social tout en évitant
00:43:29 de s'exposer à un certain nombre de maladies.
00:43:31 Il n'y a là pas de contradiction à mes yeux.
00:43:33 – Oui, mais les poubelles, je pense qu'il y a le ras-le-bol
00:43:35 depuis quand même plusieurs jours.
00:43:37 – Je le dis de manière soft,
00:43:39 parce que ça ne me choquerait pas
00:43:41 qu'on ramasse régulièrement
00:43:43 sans pour autant remettre en cause la grève.
00:43:45 – Et l'actualité ce soir, ce sont bien évidemment
00:43:47 les heures qui ont eu lieu, place de la Concorde,
00:43:49 ce soir à Paris, et des rassemblements
00:43:51 un peu partout en France.
00:43:53 On a été interpellé selon la police.
00:43:55 On parle des blocages. Un autre blocage
00:43:57 qui est attendu, les syndicats d'enseignants
00:43:59 envisagent de perturber les épreuves du bac.
00:44:01 L'édition 2023 du baccalauréat,
00:44:03 eh bien, il débute lundi
00:44:05 avec les épreuves de spécialité.
00:44:07 Ça fait longtemps, mais ça nous met un peu dans le bain.
00:44:09 On va en parler justement avec
00:44:11 notre invité, Flavien Pallu,
00:44:13 secrétaire national La Voix lycéenne,
00:44:15 qui est en liaison avec nous.
00:44:17 Flavien Pallu,
00:44:19 bonsoir, merci d'avoir
00:44:21 accepté notre invitation.
00:44:23 Cette perspective
00:44:25 de blocage lundi,
00:44:27 donc avec les épreuves de spécialité
00:44:29 du bac, est-ce qu'elle vous
00:44:31 inquiète ? Est-ce qu'elle
00:44:33 vous les soutenait ? Quel est votre état d'esprit ?
00:44:35 Elle ne nous inquiète pas du tout.
00:44:37 Mais avec l'intersyndical,
00:44:39 nous avons décidé de mener ce mouvement
00:44:41 le jeudi 23 mars.
00:44:43 Et si les
00:44:45 professeurs et les lycéens en
00:44:47 assemblée générale décident
00:44:49 de bloquer et de perturber
00:44:51 ces épreuves
00:44:53 de spécialité, évidemment nous les soutiendrons.
00:44:55 Mais ce n'est pas un appel, en tout cas, de notre
00:44:57 mouvement La Voix lycéenne. Mais évidemment
00:44:59 nous soutiendrons tout mouvement
00:45:01 qui voudrait
00:45:03 bien évidemment mettre
00:45:05 en difficulté le gouvernement
00:45:07 et permettre ainsi de
00:45:09 dégager, d'une certaine manière,
00:45:11 cette réforme des retraites.
00:45:13 Le moyen terme,
00:45:15 le court terme, est-ce qu'il n'y a pas une inquiétude,
00:45:17 une injustice, même pour les élèves qui se sont
00:45:19 durement préparés, qui préparent
00:45:21 leur avenir ?
00:45:23 Évidemment, il peut y avoir une certaine forme
00:45:25 d'inquiétude et d'injustice. Mais nous sommes dans un moment
00:45:27 d'inquiétude et d'injustice.
00:45:29 Ce n'est pas la moindre des choses que de le dire.
00:45:31 Et donc, je le répète ici présent,
00:45:33 notre organisation n'appelle pas
00:45:35 forcément à ce que nous... - Il n'a pas 18 ans.
00:45:37 - Mais,
00:45:39 bien sûr, en assemblée générale,
00:45:41 si ces lycéens et ces professeurs
00:45:43 décident, nous les soutiendrons absolument. Car nous sommes
00:45:45 dans une situation qui est exceptionnelle.
00:45:47 Par la gravité de l'acte que va faire
00:45:49 Emmanuel Macron, qui est certes tout à fait
00:45:51 légal, mais dans une illégitimité
00:45:53 totale face à un mouvement
00:45:55 social, face à un peuple qui dit non.
00:45:57 Et donc, toutes les actions qui permettraient
00:45:59 de mettre à mal cette réforme
00:46:01 et l'action de ce gouvernement,
00:46:03 nous les soutiendrons avec toute la
00:46:05 puissance que nous pouvons leur offrir.
00:46:07 - Flavien Palluche, je ne veux pas faire l'ancien
00:46:09 moralisateur. Néanmoins,
00:46:11 est-ce que quand on est au lycée, qu'on va passer
00:46:13 son bac, il n'y a pas d'autres
00:46:15 priorités ? Selon vous, pourquoi
00:46:17 autant d'inquiétude par rapport à cette réforme
00:46:19 des retraites, alors que
00:46:21 vous êtes encore jeune ?
00:46:23 - Bien sûr,
00:46:25 nous ne sommes pas dans le monde du travail
00:46:27 encore, mais cette réforme
00:46:29 va impliquer et va
00:46:31 impacter tous les travailleurs. Mais nous sommes
00:46:33 des... prochainement, nous allons être des travailleurs.
00:46:35 Et nous faisons partie
00:46:37 de ces sociétés. Nous sommes des lycéens, certes,
00:46:39 mais nous faisons partie de ces sociétés. Nous avons
00:46:41 le droit de manifester notre colère
00:46:43 et notre dégoût de ces méthodes.
00:46:45 Et tout le monde, aujourd'hui,
00:46:47 est légitime pour exprimer
00:46:49 sa colère. Et même si nous sommes lycéens, même si
00:46:51 c'est dans un certain nombre d'années
00:46:53 que nous allons travailler, que nous allons être confrontés
00:46:55 à la retraite, sur d'autres sujets
00:46:57 qui vont sans doute être amenés
00:46:59 à être développés sur le lycée, nous aurons
00:47:01 notre légitimité à être
00:47:03 en désaccord. Et c'est pour cela, donc,
00:47:05 que toutes les actions
00:47:07 que mène ce gouvernement, qui sont contraires
00:47:09 aux travailleurs, et donc
00:47:11 à nous, lycéens, futurs travailleurs, nous
00:47:13 y mettrons, bien sûr,
00:47:15 notre... nous nous chercherons
00:47:17 à les mettre en défaite.
00:47:19 La perturbation du déroulé des épreuves
00:47:21 de spécialité, c'est donc
00:47:23 lundi, ça pourrait desservir les candidats.
00:47:25 Il y a deux enjeux qui se cachent derrière
00:47:27 pour les lycéens. Il y a celui
00:47:29 de réussir des examens
00:47:31 à fort coefficient pour décrocher le diplôme.
00:47:33 Il y a aussi celui d'être admis
00:47:35 dans l'enseignement supérieur.
00:47:37 Bien sûr. Et d'ailleurs,
00:47:39 l'enseignement supérieur
00:47:41 va être contraint par Parcoursup.
00:47:43 Parcoursup, qui je vous le rappelle, est
00:47:45 totalement inégalitaire et qui met une
00:47:47 pression absolument incroyable sur
00:47:49 les lycéens. Mais
00:47:51 bien sûr, si les lycéens
00:47:53 ne veulent pas bloquer leur lycée
00:47:55 durant les épreuves de spécialité, et bien
00:47:57 nous n'appellerons pas à ce blocage. Nous sommes là pour
00:47:59 soutenir toutes les actions des lycéens
00:48:01 et toutes
00:48:03 les méthodes qui pourront être appliquées.
00:48:05 Nous sommes dans le soutien ici présent,
00:48:07 pas dans l'appel au blocage généralisé. Surtout
00:48:09 pour des épreuves de spécialité qui, comme vous l'avez
00:48:11 dit, sont particulièrement importantes
00:48:13 dans cette période
00:48:15 de terminale.
00:48:17 Et bien entendu, nous ne serons pas là pour
00:48:19 empêcher les lycéens de faire quoi que ce soit
00:48:21 tant que ce n'est pas dans
00:48:23 leur prérogative et dans leur
00:48:25 volonté. Flavien Palu,
00:48:27 avant de vous libérer, vous nous dites ce soir
00:48:29 opposé au blocage.
00:48:31 On a vu des blocages de lycées
00:48:33 pendant les dernières
00:48:35 grèves, les dernières
00:48:37 manifestations organisées par les syndicats.
00:48:39 Là aussi, vous êtes opposé à ce type
00:48:41 de blocage dans les lycées.
00:48:43 Nous ne sommes pas du tout opposé au blocage,
00:48:45 au contraire, nous y appelons. Mais en ce cas
00:48:47 précis... - Pour le bac,
00:48:49 vous êtes opposé pour les épreuves du bac, c'est ça ?
00:48:51 C'est un fait assez
00:48:53 exceptionnel dans l'année terminale, puisqu'il n'arrive
00:48:55 qu'une seule fois. Mais bien entendu, nous sommes pour
00:48:57 les blocages de lycées, pour l'expression
00:48:59 démocratique des lycéens,
00:49:01 grâce à cette réforme des retraites.
00:49:03 C'est seulement pour ce moment du bac à l'Europe,
00:49:05 qui est quand même très singulier.
00:49:07 Mais lorsque ces épreuves seront terminées,
00:49:09 les blocages seront
00:49:11 appelés, et nous
00:49:13 en ferons, nous en appellerons
00:49:15 à de multiples blocages, pour
00:49:17 alerter le gouvernement et montrer
00:49:19 que les lycéens, tout comme, j'imagine,
00:49:21 les professeurs, sont grandement opposés à cette réforme
00:49:23 des retraites.
00:49:25 Voilà, en ce moment.
00:49:27 - Merci beaucoup, Flavien
00:49:29 Pallu, d'avoir accepté notre invitation
00:49:31 ce soir, en direct sur CNews.
00:49:33 Je le rappelle, vous êtes secrétaire nationale
00:49:35 la voie lycéenne, on l'a bien compris.
00:49:37 Vous soutenez les blocages,
00:49:39 vous opposez à la réforme des retraites,
00:49:41 mais vous n'encouragez pas les blocages
00:49:43 lundi prochain, on le répète,
00:49:45 lors des épreuves du bac
00:49:47 à l'OREA.
00:49:49 Merci à vous,
00:49:51 Flavien Pallu. Effectivement,
00:49:53 on voit cette jeunesse aussi, très jeune
00:49:55 et très engagée,
00:49:57 on voit qu'elle fonce. - Oui, la jeunesse est très engagée,
00:49:59 en même temps, certains...
00:50:01 - Une partie de la jeunesse. - Une partie.
00:50:03 Certains auraient souhaité
00:50:05 qu'il y ait une sorte de jonction, qu'on connaît bien
00:50:07 dans l'histoire sociale française.
00:50:09 - Jean-Luc Mélenchon. - Voilà.
00:50:11 Je m'en retiens les mots de la bouche.
00:50:13 Et si vous voulez, le one-man show de M. Boyard,
00:50:15 pour aller bloquer les universités
00:50:17 et les lycées, a suscité,
00:50:19 on aurait pu lui poser la question,
00:50:21 une réaction, même tout à fait
00:50:23 défavorable, de la part des organisations
00:50:25 lycéennes et étudiantes elles-mêmes.
00:50:27 Donc je pense à l'image
00:50:29 de l'intervention de ce jeune lycéen
00:50:31 syndicaliste, qu'à la fois
00:50:33 il y a un engagement, une forme de solidarité,
00:50:35 n'est-ce pas, entre les travailleurs
00:50:37 intellectuels que sont les étudiants
00:50:39 et les jeunes et les travailleurs en formation,
00:50:41 et à la fois, ça n'est pas
00:50:43 le tout sur la radicalité
00:50:45 et l'approbation des actions de blocage
00:50:47 ou des actions violentes,
00:50:49 n'en déplaisent à ceux qui voudraient
00:50:51 effectivement transformer
00:50:53 une mobilisation sectorielle
00:50:55 sur la question des retraites, en grand soir,
00:50:57 aboutissant à
00:50:59 je ne sais quelle fantasmère évolution.
00:51:01 – Alors on voit en tout cas la colère,
00:51:03 Julie Dintrobe, d'une partie
00:51:05 de la jeunesse, d'une partie des travailleurs.
00:51:07 Je voulais vous faire écouter
00:51:09 un son d'Edouard Philippe
00:51:11 qui date du 4 décembre 2018,
00:51:13 il était alors Premier ministre,
00:51:15 il y avait une grogne, avec Emmanuel Macron,
00:51:17 il avait suspendu la hausse de la taxe carbone
00:51:19 et des tarifs du gaz
00:51:21 et de l'électricité, écoutez-le.
00:51:23 – Je suis par ailleurs convaincu
00:51:25 que si l'État doit rester fort et ferme,
00:51:29 il est d'abord le garant de la paix publique.
00:51:33 Fixer le cap et le tenir
00:51:37 est une nécessité pour gouverner la France.
00:51:41 Mais aucune taxe ne mérite de mettre en danger
00:51:43 l'unité de la nation.
00:51:45 – Oui.
00:51:47 – Ce qui est intéressant, Judith Dintrobe,
00:51:51 c'est qu'il y a 5 ans,
00:51:53 aucune taxe ne mériterait de mettre en danger
00:51:55 l'unité de la nation.
00:51:57 Aujourd'hui, l'unité de la nation,
00:51:59 une nation dont le peuple, on le disait,
00:52:01 est en majorité opposé à la réforme des retraites,
00:52:03 il ne semble pas être question
00:52:05 de l'unité de la nation,
00:52:07 en tout cas, pas encore.
00:52:09 – Écoutez, les représentants légitimes du peuple,
00:52:13 ce sont les parlementaires,
00:52:15 ce sont les gens élus,
00:52:17 c'est le président de la République.
00:52:19 Ce n'est en aucun cas la rue,
00:52:21 ce ne sont pas les sondages
00:52:23 qui détiennent la vérité,
00:52:25 même s'ils indiquent un état de l'opinion,
00:52:27 et céder aux sondages,
00:52:29 c'est bafouer la démocratie.
00:52:31 Alors, avant de dire
00:52:33 "le peuple est majoritairement contre",
00:52:35 il faut se rappeler que,
00:52:37 même si le 49-3 est un mécanisme parlementaire
00:52:41 qui permet de se passer d'une majorité absolue
00:52:44 pour faire adopter un texte,
00:52:46 c'est un mécanisme légal.
00:52:48 Le gouvernement,
00:52:50 aussi maladroit soit-il…
00:52:54 – Légal mais pas légitime pour certains opposants.
00:52:56 – Oui, mais qui définit ce qu'est la légitimité ?
00:52:58 Ils ont leur propre vision de la légitimité.
00:53:02 Je veux dire, il faut faire attention,
00:53:04 ce n'est pas parce qu'il y a un manque évident
00:53:06 de légitimité ici d'Emmanuel Macron et du gouvernement,
00:53:10 au cas particulier sur cette réforme,
00:53:12 comme on le voit à travers les sondages,
00:53:14 que par effet d'opposition,
00:53:16 les gens qui sont dans la rue seraient plus légitimes.
00:53:18 Cet effet de miroir est très déformant,
00:53:20 c'est le référendum qui tranchera.
00:53:22 – Ce lycéen Flavien Pallu,
00:53:24 on peut quand même saluer ses déclarations,
00:53:26 le fait qu'il ait dit qu'il n'était pas question
00:53:28 de bloquer les lycées et de forcer…
00:53:30 – Pour le bac.
00:53:32 – Pour le bac, à faire grève.
00:53:34 – J'ai raison, c'était moi.
00:53:36 – C'est quand même important, cette question,
00:53:38 ce n'est pas parce que c'est légal,
00:53:40 c'est parce que c'est à l'Assemblée.
00:53:42 Il y aurait eu probablement une tristesse, une colère,
00:53:44 mais en même temps, une sorte de vernis de légitimité,
00:53:46 parce qu'on se dit, au final, c'est quand même
00:53:48 au Parlement que ça s'est décidé.
00:53:50 Quand vous attendez pendant des semaines et que vous dites
00:53:52 « non, on veut aller vers le vote » et à quelques heures,
00:53:54 même pas, peut-être quelques minutes,
00:53:56 on décide « non, on passe en force »,
00:53:58 vous envoyez un message quand même à la rue
00:54:00 qui se mobilise depuis des mois,
00:54:02 ce n'est pas de gouverner par les sondages.
00:54:04 Quand vous touchez une réforme qui touche tout le monde,
00:54:06 justement, on sait que ce sont des réformes
00:54:08 qui sont moins populaires, les réformes des retraites,
00:54:10 mais quand même, ça touche tout le monde.
00:54:12 Il faut qu'il y ait un certain accord au Parlement
00:54:14 et ça, ça n'a pas été fait.
00:54:16 Donc, on bascule et on laisse cette crise sociale.
00:54:18 Donc, elle continue à se déverser, j'allais dire.
00:54:20 Il n'y a pas de réponse en ce moment, le gouvernement.
00:54:22 Je dis, c'est comme un gouvernement qui est en fuite,
00:54:24 qui est fantôme, et on a mis Elisabeth Borne
00:54:26 comme un paratonnerre.
00:54:28 Non, mais c'est tout simplement ça.
00:54:30 - François Galefon, je vous donne la parole tout de suite,
00:54:32 mais il est 23 h.
00:54:34 - Ah, voilà.
00:54:36 - Et vous répondrez ensuite.
00:54:38 On retrouve Mathieu Devesse tout de suite pour le point
00:54:40 sur les dernières actualités.
00:54:42 C'est à vous, mon cher Mathieu.
00:54:44 (Générique)
00:54:46 - A Paris, la place de la Concorde a été le théâtre
00:54:48 ce soir d'un nouveau rassemblement de manifestants,
00:54:50 des personnes qui protestent contre le recours
00:54:52 au 49.3 pour faire passer la réforme des retraites.
00:54:54 Après une première nuit agitée,
00:54:56 la veille, un nouveau rassemblement spontané
00:54:58 de 4000 personnes s'est formé
00:55:00 à quelques centaines de mètres de l'Assemblée nationale.
00:55:02 Des affrontements se sont déclarés en début de soirée.
00:55:04 Les forces de l'ordre ont alors dispersé la foule
00:55:06 et au moins 61 personnes ont été interpellées.
00:55:08 La grève est reconduite pour une semaine
00:55:10 à la raffinerie de Donge.
00:55:12 C'est en Loire-Atlantique.
00:55:14 Les salariés de la raffinerie Total Energy
00:55:16 ont décidé de poursuivre le mouvement
00:55:18 jusqu'au vendredi 24 mars.
00:55:20 Et depuis le 7 mars, déjà plus aucune goutte de carburant
00:55:22 ne sort de la raffinerie.
00:55:24 Dans l'actualité internationale,
00:55:26 la Turquie et la Hongrie demandent à leur Parlement
00:55:28 de ratifier l'adhésion de la Finlande à l'OTAN.
00:55:30 Le président turc a finalement donné son avis.
00:55:32 Il a été suivi de peu par Budapest
00:55:34 qui se prononcera le 27 mars.
00:55:36 L'OTAN a salué cette décision
00:55:38 et plaidé pour une adhésion rapide.
00:55:40 Merci Mathieu.
00:55:42 Prochain point sur l'actualité avec Mathieu Devese.
00:55:44 Ce sera à 23h30.
00:55:46 Dans un instant, on va parler de la France
00:55:48 qui est observée de près par la presse internationale.
00:55:50 Mais avant, François Calfon,
00:55:52 vous vouliez répondre sur cette question.
00:55:54 Je disais trop dans la commande de la France.
00:55:56 Je ne suis pas un journaliste.
00:55:58 Je ne suis pas un journaliste.
00:56:00 Je ne suis pas dans la compétence
00:56:02 qui la caractérise à opposer
00:56:04 simplement le Parlement et la rue.
00:56:06 Mais en réalité, ce n'est pas tout à fait
00:56:08 comme ça que ça se passe.
00:56:10 Au milieu, il y a la démocratie sociale.
00:56:12 Et dans la démocratie sociale,
00:56:14 on avait quand même, il faut le noter,
00:56:16 un front syndical très uni entre les organisations
00:56:18 réformistes jusqu'à la CGC et les organisations
00:56:20 beaucoup plus radicales comme Sud
00:56:22 ou comme certaines franches de la CGT.
00:56:24 Donc on ne peut pas passer ça par pertes et profits.
00:56:26 Et d'une certaine manière, ce pouvoir-là,
00:56:28 c'est ce qu'on a vu l'année dernière du pas de deux
00:56:30 ou en tout cas de l'occasion manquée
00:56:32 entre la lettre de l'intersyndical
00:56:34 qui demandait à rencontrer le président de la République,
00:56:36 ce qui aurait été fait dans n'importe quelle démocratie,
00:56:38 et le président qui répond
00:56:40 "mais ma porte est ouverte".
00:56:42 En réalité, elle était totalement fermée
00:56:44 et c'était incompréhensible. Deuxième chose quand même.
00:56:46 On a vu la détestation que soulève le président de la République.
00:56:48 Mais d'accord, mais vous ne pouvez pas dire
00:56:50 il y a le Parlement et la rue
00:56:52 et la rue n'est pas légitime parce que
00:56:54 il y a les organisations syndicales et elles le sont.
00:56:56 Il y a une démocratie sociale dans ce pays.
00:56:58 La deuxième chose, on ne va pas solder ce débat-là,
00:57:00 mais la critique du 49-3 n'est pas une critique d'opportunité à l'instant T.
00:57:05 Ça fait un moment que dans la vie institutionnelle,
00:57:08 dans la vie de nos institutions,
00:57:10 des choses qui étaient somme toute supportables
00:57:12 il y a 15 ans, 20 ans,
00:57:14 ne le sont plus aux yeux de personnes très différentes.
00:57:16 Et moi je trouve que c'est devenu une incongruité démocratique.
00:57:19 Alors quand on dit ça en Assen,
00:57:21 typiquement il n'y aurait pas le 49-3 dans ce cas-là.
00:57:24 Il aurait pris son risque.
00:57:25 Peut-être d'ailleurs que la réforme serait passée
00:57:27 ou alors on aurait remis l'ouvrage sur le métier
00:57:29 et nous ne serions pas, grâce au Parlement,
00:57:32 grâce à la confiance dans la démocratie finalement
00:57:35 d'une Assemblée qui est très diverse,
00:57:36 qui est beaucoup plus à l'image du pays
00:57:38 que dans d'autres situations politiques,
00:57:42 eh bien je vous garantis qu'on aurait trouvé une solution.
00:57:45 Donc je confirme, c'est un élément de blocage,
00:57:47 c'est un élément d'embrasement,
00:57:49 puisque nous avons ces images de feu,
00:57:53 et en plus son absence permettrait de faire émerger
00:57:57 des solutions par la politique et par une forme,
00:58:00 j'ai appris ça en droit constitutionnel,
00:58:01 de parlementarisme rationalisé.
00:58:03 – Allez, on va parler de la motion de censure dans un instant,
00:58:06 mais d'abord je vous propose de vous intéresser
00:58:09 à la presse internationale, ce qu'elle dit de la France,
00:58:13 bouton nucléaire parlementaire, déclaration d'impuissance,
00:58:16 coup dur au leadership d'Emmanuel Macron,
00:58:19 la presse internationale a donc fustigé unanimement
00:58:22 aujourd'hui le recours à l'article 49.3.
00:58:25 Le New York Times souligne que le conflit sur les traites
00:58:28 révèle un Macron affaibli et plus isolé,
00:58:30 les Britanniques ne sont pas plus tendres,
00:58:33 comme nous l'explique Sarah Menahe depuis Londres, regardez.
00:58:36 – Les Anglais dressent pour la plupart aujourd'hui,
00:58:39 en tout cas le portrait d'un président français
00:58:41 globalement affaibli par ce coup politique,
00:58:44 ils sont aussi partagés entre le choc de voir de telles scènes
00:58:47 en plein Paris notamment hier et une certaine admiration,
00:58:49 vous allez le voir, pour la ténacité des manifestants.
00:58:52 Voilà ce que l'on souligne dans la presse britannique aujourd'hui,
00:58:55 le Guardian, journal plutôt à gauche de tradition ici au Royaume-Uni,
00:58:58 titre "Fury", alors qu'Emmanuel Macron fait passer en force
00:59:01 sa réforme des retraites, avec en lune cette photo du groupe LFI,
00:59:05 point levé devant l'Assemblée nationale avec Mathilde Panot
00:59:08 et Rachel Kecky en tête, le Guardian qui salue notamment
00:59:10 le combat mené par les syndicalistes français
00:59:13 et la solidarité des grévistes, ce sont leurs mots,
00:59:16 le journal qui estime que les syndicalistes français
00:59:19 peuvent, je cite, "donner le ton pour d'autres combats
00:59:23 d'ailleurs en Europe". Pour le quotidien anglais,
00:59:25 Emmanuel Macron peut devenir même un "canard boiteux",
00:59:27 c'est l'expression qu'ils utilisent aujourd'hui,
00:59:29 en faisant passer sa réforme par la force.
00:59:32 Et puis même son cloche du côté du Daily Telegraph
00:59:34 qui évoque lui un président français isolé,
00:59:37 en grande difficulté, un président affaibli.
00:59:39 Et petit encart également aujourd'hui à la une du Financial Times
00:59:42 qui titre "Emmanuel Macron face à la crise,
00:59:44 le quotidien économique se pose la question de savoir
00:59:46 si le président français n'a pas fait le pari de trop
00:59:49 en utilisant l'article 49 alinéatoire pour faire passer sa réforme".
00:59:53 Et puis dans les colonnes du Times, aujourd'hui également,
00:59:55 ici donc en Angleterre, le journaliste fait le récit
00:59:57 vraiment en long, en large et en travers, j'ai envie de dire,
00:59:59 des émeutes parisiennes, notamment en racontant
01:00:01 les scènes vues hier dans la capitale française.
01:00:04 Pour être complet, en Espagne aussi, Emmanuel Macron
01:00:07 critiquait l'utilisation du 49-3, "symbolise l'échec de la politique
01:00:10 et une crise institutionnelle profonde".
01:00:12 C'est ce qu'a écrit Pierre Gentillet, elle, Pahis.
01:00:15 Est-ce que cette séquence, selon vous, elle révèle,
01:00:19 elle peut aussi atteindre Emmanuel Macron,
01:00:21 mais à l'international cette fois, en d'autres termes,
01:00:23 est-ce que ça peut l'affaiblir aussi diplomatiquement ?
01:00:26 Il est certain que l'écho, et je suis moi-même surpris
01:00:30 effectivement de l'écho international, que cette,
01:00:34 j'ose pas le mot "crise", mais en tout cas que cet événement
01:00:38 parlementaire, disons comme ça, je suis surpris effectivement
01:00:41 de cet écho, je pense à mon avis qu'à la fois il y a
01:00:44 un discret d'Emmanuel Macron, mais il y a aussi peut-être
01:00:47 une incompréhension de ces différents pays,
01:00:50 de la particularité du régime constitutionnel français,
01:00:54 et au cas particulier du régime semi-présidentiel français.
01:00:56 Puisque qu'est-ce que c'est le 49-3 ?
01:00:58 Le 49-3, c'est l'arme qui permet justement de rationaliser,
01:01:03 je reprends votre expression, de rationaliser le Parlement,
01:01:06 parce que c'est la marque que nous sommes dans un régime
01:01:10 semi-présidentiel où en dernière instance le pouvoir exécutif
01:01:14 s'impose à la différence de la Quatrième République,
01:01:18 où nous étions vraiment dans un régime parlementaire.
01:01:20 Mais pas du tout en valeur, j'essaie juste d'expliquer peut-être
01:01:23 pourquoi est-ce que effectivement nos voisins sont surpris,
01:01:26 parce qu'ils ont, à ma connaissance, il me semble pas qu'on ait
01:01:30 l'équivalent de ce 49-3 dans les autres pays.
01:01:34 On peut demander à Karim Abri, qui nous vient du Canada justement,
01:01:37 comment est-ce que vous avez, vous, observé cette séquence ?
01:01:40 Ça vous a surpris, le 49-3, vous l'avez découvert,
01:01:43 quel a été votre regard ?
01:01:45 Mais il existe quand même dans d'autres pays.
01:01:47 Si je regarde par exemple au Québec, on va appeler ça le baillon,
01:01:49 ce sont des procédures un peu comme ça où on va un petit peu
01:01:52 mettre de force certaines...
01:01:54 - Moi c'est clair, annonce la couleur.
01:01:56 - Non mais c'est ça, on va appeler ça le baillon.
01:01:58 - Le baillon c'est plus clair, effectivement.
01:02:00 - Oui, mais on l'appelle comme ça, c'est entre guillemets,
01:02:02 pour parler de ce genre de procédure qui pourrait ressembler un peu.
01:02:04 Mais en fait, je pense qu'on parle énormément de la France.
01:02:07 Oui, Emmanuel Macron, le 49-3.
01:02:09 Emmanuel Macron qui paraît affaibli,
01:02:11 parce qu'habituellement, on le regarde de l'extérieur,
01:02:13 bon, ça paraît bien, tout ça,
01:02:15 il fait quand même bonne figure quand il va à l'international.
01:02:18 Et en ce moment, on se dit, il n'a pas l'air d'être capable
01:02:21 de tenir son pays, et il est obligé pour faire passer ses lois,
01:02:24 d'y aller en force, de faire des coups de force comme ça,
01:02:27 avec un article comme le 49-3.
01:02:29 Et aussi ce qui attire l'attention beaucoup à l'international,
01:02:31 notamment, je parlais déjà effectivement au Canada, au Québec,
01:02:33 et c'est de voir, mais les gens qui sont dans la rue,
01:02:37 ces mobilisations incroyables pour les retraites,
01:02:41 donc le 62 à 64 ans, certains disent,
01:02:43 « Mais 64 ans, ah oui, tous ces gens dans la rue,
01:02:46 des millions de personnes, des centaines de milliers de personnes,
01:02:49 donc il y a une incompréhension, et en même temps, oui,
01:02:52 une admiration aussi, parce que certains se disent,
01:02:55 les Français ont encore cette force, cette ténacité,
01:02:58 cette capacité de mobilisation.
01:03:00 Je voyais sur les réseaux sociaux, notamment au Canada,
01:03:03 certains disaient, « Mais est-ce qu'on serait capable
01:03:06 de faire ça, d'avoir ce genre de mobilisation? »
01:03:09 Donc les gens sont assez admiratifs quand même
01:03:11 des Français, de leur capacité, ou à tout le moins
01:03:14 de leur volonté de pouvoir se battre vraiment
01:03:17 pour leurs idées, pour leurs projets, pour leur retraite.
01:03:19 - Alors ce côté gaulois réfractaire,
01:03:21 est-ce qu'il nous est pas un peu envié finalement, au fond,
01:03:23 quand on entend ça?
01:03:24 - Moi non plus.
01:03:25 - Je ne crois pas du tout, surtout par la presse
01:03:27 que vous avez montrée.
01:03:29 Ce ne sont pas nos meilleurs amis, aucun d'entre eux.
01:03:32 Ce sont des gens auxquels Emmanuel Macron a fréquemment
01:03:35 fait la leçon, parce que l'arrogance...
01:03:37 - Ah, c'est ça, il y a deux aspects, oui.
01:03:38 - L'arrogance macronienne...
01:03:40 - Alors il y a un côté un peu vengeance, finalement.
01:03:42 - Sur la scène internationale, ça existe.
01:03:44 On avait vu, rappelez-vous, des unes à peu près similaires
01:03:47 au moment du Stade de France, qui sont deux événements
01:03:49 totalement incomparables, mais qui ont en commun
01:03:53 de montrer une certaine impuissance du pouvoir
01:03:56 à maintenir l'ordre et la sécurité dans ce pays.
01:03:59 Et l'aura d'Emmanuel Macron sur la scène internationale,
01:04:03 il y a belle lurette qu'elle a extrêmement pâlie.
01:04:07 Dans la crise ukrainienne, où il a été longtemps
01:04:10 le seul dirigeant européen à maintenir malgré tout
01:04:14 un dialogue, ou en tout cas une conversation
01:04:19 avec Vladimir Poutine, c'est terminé aussi.
01:04:24 Ça tournait en Afrique, on ne peut pas dire
01:04:27 qu'on en ait perçu les résultats positifs,
01:04:31 ni les résultats du tout d'ailleurs,
01:04:33 on n'en a pas entendu parler.
01:04:35 Son étoile a vraiment...
01:04:37 - Donc ce 43 s'ajoute à ces derniers échanges.
01:04:40 - Absolument. Je crois qu'il y a deux choses
01:04:42 dans ce qui a été dit, en complément pour le coup.
01:04:44 Les gens regardent le caractère éruptif des Français,
01:04:48 toujours en souvenir de la Grande Révolution,
01:04:50 une forme d'exception dans l'histoire sociale française,
01:04:53 et vue de Grande-Bretagne, on se souvient dans les années 80
01:04:57 de l'échec des mobilisations des mineurs
01:05:00 face à la Dame de Fer.
01:05:02 Il y a cette exception qui est notée.
01:05:05 Et la deuxième chose dont on ne parle pas là
01:05:07 en cas de crise, c'est que finalement,
01:05:09 les gens pensent que la France est un pays occidental
01:05:11 comme les autres, et certains, je vais tordre le trait
01:05:13 un peu ce soir, pour bien se faire comprendre,
01:05:16 certains disent "mais en fait vous êtes dans un pays
01:05:18 quasi communiste, vous avez des niveaux de protection sociale
01:05:20 tout à fait incroyables, et dès qu'on touche à un de vos acquis,
01:05:24 il y a une sorte de consensus social qui fait en fait de la France
01:05:27 un pays du Canada dry de la démocratie libérale,
01:05:30 parce qu'en été, nous ne sommes pas dans une démocratie libérale
01:05:33 et à ces moments-là, on s'en aperçoit.
01:05:35 Le deuxième aspect des choses, ça a été dit sur Emmanuel Macron,
01:05:38 quand même plusieurs points mis bout à bout, ça fait une ligne.
01:05:41 Souvenons-nous que le président absent,
01:05:43 que vous dénonciez tout à l'heure, il va se promener
01:05:45 un peu partout en Afrique, où il est allé encore
01:05:47 donner la leçon à un chef d'État africain.
01:05:49 Je crois que c'était au Congo qu'il l'a repris
01:05:51 vertement et sèchement.
01:05:53 Souvenons-nous de son dialogue, lui et Emmanuel Macron,
01:05:56 le Mozart, non pas que de la finance, mais des relations internationales,
01:06:00 dans ses dialogues avec Vladimir au début de la guerre,
01:06:03 allant jusqu'à outer des conversations privées,
01:06:06 qui, pardon, mais ont fait perdre toute crédibilité
01:06:09 à l'action internationale de la France.
01:06:11 On voit bien que d'ailleurs dans le règlement,
01:06:14 pouvait-on le faire d'ailleurs, la centralité du règlement
01:06:17 russo-ukrainien ne passera pas par la France.
01:06:20 Et donc nous avons comme ça un président de la République
01:06:23 qui toujours emprunte à la grande tradition française
01:06:27 sa verticalité et qui n'a pas les moyens,
01:06:30 nous en sommes tous déstabilisés, à la fois par rapport
01:06:33 à l'autorité de la France et sa propre autorité,
01:06:36 qui n'a pas les moyens de sa politique internationale.
01:06:39 - Karim Abrique, pour conclure sur ce dossier,
01:06:41 avant de parler des motions de censure qui attendent le gouvernement.
01:06:44 Je pense aussi à ce qui retient l'attention à l'international.
01:06:47 Oui, vous avez bien décrit Emmanuel Macron,
01:06:50 peut-être la faiblesse au cours des derniers mois,
01:06:53 peut-être certains même diront des dernières années
01:06:55 de son réaction à l'international.
01:06:57 Mais c'est quand même, pour revenir sur les Français,
01:06:59 je pense que c'est de regarder de l'extérieur,
01:07:01 de voir cette espèce de chaos, parce que c'est perçu comme ça.
01:07:04 - C'est perçu comme un chaos, effectivement.
01:07:06 - Oui, et vous voyez des poubelles partout, excusez-moi,
01:07:08 mais c'est des images qui font le tour du monde
01:07:10 et les gens ne comprennent pas.
01:07:12 - C'est vrai qu'on voit, disons, la ténacité des Français,
01:07:14 mais on n'en vit pas leur chaos au quotidien.
01:07:16 Il y a comme une volonté aussi d'efficacité.
01:07:18 On se dit, ah là là, ça doit être quand même compliqué.
01:07:20 Donc, bon chapeau, les Français se lèvent
01:07:22 et se battent pour leurs convictions,
01:07:24 mais en même temps, on n'en vit pas cette espèce de chaos
01:07:26 et ce côté un peu hors de contrôle dans le pays.
01:07:29 - C'est vrai qu'on est loin de l'image d'épinal Netflixisée
01:07:32 de Émilie une pari, ça.
01:07:34 - Oui, c'est ça.
01:07:36 - C'est plutôt Émilie une pourrie en ce moment.
01:07:38 - Oui, c'est ça. Émilie, visite les ordures.
01:07:40 - On ne voit pas nos amis sur le plan économique.
01:07:42 Il y a quand même un petit côté, un petit fond de satisfaction.
01:07:46 Rappelez-vous, quand en France, on a adopté les 35 heures,
01:07:50 Gerhard Schröder, qui était à l'époque le chancelier allemand,
01:07:53 a dit que c'était une excellente nouvelle pour l'Allemagne
01:07:55 parce que ça allait plomber durablement l'économie allemande.
01:07:58 - Il était un social-démocrate.
01:08:00 - Il était un social-démocrate.
01:08:02 - Proche de Gazprom, quand même.
01:08:04 - On va avancer maintenant.
01:08:06 - Pas de Gödel-Jospa, mais social-démocrate.
01:08:08 - On va aller dans la perception de la presse étrangère
01:08:10 sur cette crise autour des réformes des retraites,
01:08:12 à l'aspect des mouvements, des conséquences, des blocages,
01:08:15 conséquences du passage en force du gouvernement
01:08:17 pour adopter la réforme des retraites.
01:08:19 On va s'intéresser désormais à l'aspect plus politique
01:08:21 de motions de censure, je vous le disais,
01:08:23 ont été déposées aujourd'hui.
01:08:25 On va y revenir, mais avant, les membres du gouvernement
01:08:27 étaient eux sur les plateaux télé pour continuer
01:08:29 à défendre la réforme des retraites.
01:08:31 Et pour le ministre du Travail, Olivier Dussopt,
01:08:33 eh bien, ce n'est pas un échec. Écoutez-le.
01:08:35 - Ce serait un échec s'il n'y avait pas de texte.
01:08:37 Or, il y a un texte. Il y a un texte qui a été examiné,
01:08:41 adopté par le Sénat, qui a été examiné et adopté
01:08:44 par la commission mixte paritaire, qui a eu une majorité
01:08:46 au Sénat à deux reprises, en première lecture,
01:08:49 lorsqu'il a fallu adopter les conclusions.
01:08:51 Et effectivement, il n'y a pas eu de majorité
01:08:53 à l'Assemblée nationale parce qu'un certain nombre
01:08:55 de membres du groupe des Républicains
01:08:57 n'ont pas répondu présent et n'ont pas suivi
01:09:00 la position qui avait été arrêtée par leur parti.
01:09:03 Mais ce n'est pas un échec, puisqu'il y a un texte,
01:09:06 et ce texte sera, si la motion de censure est rejetée,
01:09:09 mise en oeuvre.
01:09:11 - Julie Vintroub, ce n'est pas un échec.
01:09:13 Le gouvernement continue, coûte que coûte, sur sa ligne,
01:09:15 malgré les nombreuses alertes entre les rassemblements,
01:09:19 les blocages, les sondages. Le gouvernement ne change pas d'idée.
01:09:23 - Non, non, ce n'est pas un échec.
01:09:24 D'ailleurs, c'est une réforme de gauche,
01:09:26 puisque c'est la précédente déclaration d'Olivier Dussopt.
01:09:29 C'est évidemment un échec et un avenir puissance
01:09:33 de recourir à sa terme fatale constitutionnelle,
01:09:37 légale, mais fatale quand même.
01:09:40 Olivier Dussopt, malgré tous ses efforts
01:09:45 et malgré les attaques, dont certaines étaient parfaitement dégueulasses,
01:09:49 qu'il a subies de la part de l'extrême-gauche parlementaire,
01:09:54 notamment de la France insoumise,
01:09:56 fait ce qu'il peut pour présenter une version de la réalité
01:10:01 qui n'est plus du tout crédible.
01:10:03 C'est un peu ennuyeux quand on reste comme ça,
01:10:06 à ce point éloigné de la réalité,
01:10:10 de ce que ressentent les gens,
01:10:12 parce qu'on n'arrive pas à les convaincre, forcément.
01:10:15 Ce n'est pas une réforme de gauche,
01:10:17 et c'est un échec pour le gouvernement d'avoir eu recours aux 49 taux.
01:10:20 - Alors, on n'arrive pas à convaincre les Français.
01:10:22 Dans un article du Monde, on apprend que le chef de l'État
01:10:24 a redit devant ses ministres jeudi que renoncer à ce projet de loi
01:10:28 mettrait le pays en péril pour emprunter sur les marchés financiers.
01:10:32 De son côté, l'OCDE appelle le gouvernement à rester sur sa ligne.
01:10:37 On voit qu'il y a des pressions extérieures.
01:10:40 Est-ce que les Français n'auraient pu pas, Pierre Gentier,
01:10:43 entendre dès le début la vérité en disant qu'on n'a plus le choix,
01:10:46 qu'il y a des pressions des marchés financiers ?
01:10:48 Pourquoi ça n'aurait pas pu être présenté de cette sorte-là ?
01:10:51 - Je ne suis pas d'accord avec vous.
01:10:52 Déjà, ça a été présenté, ça a été rappelé.
01:10:54 Il me semble qu'il y a des ministres, je ne sais plus lequel,
01:10:56 Jean-Luc Sopre ou Bruno Le Maire, effectivement,
01:10:59 qui évoquaient ce risque de déclassement.
01:11:01 - À juste titre ?
01:11:02 - Non mais sans doute à juste titre.
01:11:03 - Est-ce que ça a été suffisamment clair dès le début ?
01:11:06 - Non mais attendez, je veux bien qu'on refasse le débat sur la pédagogie,
01:11:08 on n'a pas assez bien expliqué, etc.
01:11:10 Je veux dire, c'est très ferme, ça fait des mois qu'on en parle.
01:11:12 Je pense que les gens commencent à avoir un avis assez tranché.
01:11:15 D'ailleurs, ça s'est progressivement affiné,
01:11:16 et plutôt affiné dans le négatif vis-à-vis du gouvernement.
01:11:19 Mais il faut quand même rappeler un principe simple.
01:11:21 Pardon, c'est une banalité, mais ce qui fait la loi,
01:11:25 il peut y avoir des impératifs économiques,
01:11:27 mais ce ne sont pas les marchés financiers.
01:11:28 Ce n'est pas la finance qui dirige, c'est la démocratie.
01:11:31 Et la démocratie ici, je n'ose pas dire parlementaire,
01:11:33 mais en l'occurrence ici, c'est le Parlement qui aurait dû s'exprimer.
01:11:36 Et ce 49-3, quand Emmanuel Macron le justifie
01:11:39 au nom d'un risque sur les marchés financiers,
01:11:41 je vais vous dire quelque chose de très bête,
01:11:43 mais la démocratie, c'est aussi le droit du peuple
01:11:45 parfois de se tirer une balle dans le pied s'il le souhaite.
01:11:47 Excusez-moi, je suis très cash,
01:11:49 mais à partir du moment où on décide que c'est au nom des marchés financiers
01:11:52 qu'on doit faire passer une réforme et mettre par terre un système démocratique,
01:11:56 il y a quelque chose qui ne va pas, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas.
01:11:59 Excusez-moi, il y a quelque chose qui ne fonctionne pas.
01:12:01 Après, ce n'est pas non plus au peuple français,
01:12:05 parce que là, on parle de quoi ? On parle de 14 milliards d'euros.
01:12:08 Dans le même temps, comme une lettre à la poste,
01:12:10 on vient d'augmenter de 150 milliards sans doute à raison.
01:12:13 Le budget de la Défense, ce n'est pas un sujet budgétaire en réalité.
01:12:16 C'est un sujet de marqueur pour à la fois la Commission de Bruxelles
01:12:20 et pour les marchés financiers. Et pourquoi il a besoin de ces marqueurs ?
01:12:23 Revenons à son presse ces précédents quinquennats.
01:12:26 600 milliards de dettes supplémentaires, certes, il y a le quoi qu'il en coûte,
01:12:30 mais il y a un président et un échec économique de ce gouvernement.
01:12:34 Parce que ce n'est pas le quoi qu'il en coûte, je donne un autre chiffre,
01:12:37 les 120 milliards, 150 milliards de déficit du commerce extérieur,
01:12:41 c'est le fait que la base industrielle de ce pays,
01:12:45 quel que soit le discours de l'exécutive, est sapée.
01:12:49 Donc, si vous voulez, c'est son incompétence à gérer l'économie,
01:12:52 à gérer les finances publiques qu'il fait payer aux catégories populaires.
01:12:56 Et je le redis quand même, bien sûr qu'il faut une réforme de l'État,
01:13:00 moi je n'y suis pas opposé, mais il faut aussi faire payer les sur-profits.
01:13:03 Quand vous avez une entreprise comme CMA, CGM, qui n'a fait que bénéficier
01:13:08 du fait qu'il y ait une tension sur les transports,
01:13:10 et qui a gagné des dizaines de milliards d'euros, et que par dogmatisme,
01:13:14 c'est le même qui le pousse à finalement faire payer deux ans de plus aux Français,
01:13:18 que par dogmatisme, M. Macron et son gouvernement refusent de recourir à l'impôt,
01:13:23 ça me semble tout à fait scandaleux et invraisemblable.
01:13:27 Même aux États-Unis, que ce soit les Républicains ou les Démocrates,
01:13:30 quand vous avez des exercices de ce type, ils n'hésitent pas à recourir à l'impôt.
01:13:34 – Julie Vintraud, pas d'accord ? – Non, je suis pas d'accord avec la fin,
01:13:38 je suis d'accord avec le côté, c'est pas le quoi qu'il en coûte de la crise sanitaire,
01:13:42 c'est la capacité à effectivement redresser le tissu à l'impôt.
01:13:47 Redresser le tissu industriel de la France, alors là on nous promet,
01:13:50 c'est un des rares projets de loi qu'on…
01:13:53 – Mais je suis d'accord, je vais être dans votre sens, c'est d'apparent le verbal,
01:13:56 parce qu'ils nous disent qu'on réindustrialise,
01:13:58 mais le déficit commercial est toujours plus profond, pardon.
01:14:01 – Oui, c'est un des rares projets dont parle le gouvernement,
01:14:04 à part celui sur l'immigration, c'est de faire en sorte qu'il ne faille pas
01:14:07 10 ans en France contre 3 ans chez nos principaux amis,
01:14:11 et néanmoins concurrents, pour créer une entreprise, parce que ce sont les délais.
01:14:15 Pourquoi ? À cause du millefeuille administratif, à cause de la bureaucratie
01:14:19 qui n'a fait que croître et embellir depuis qu'Emmanuel Macron est élu
01:14:23 et qu'il veut simplifier tout ça,
01:14:25 donc il n'a fait aucune de ces réformes structurelles
01:14:29 qui sont absolument nécessaires si on veut vraiment commencer à faire en sorte
01:14:35 que l'argent des Français n'aille pas boucher ce trou qui se creuse sans cesse.
01:14:40 Alors évidemment, puisqu'on ne le fait pas, on est dépendant de nos banquiers,
01:14:44 c'est une évidence, vous êtes débiteur, vous n'allez pas claquer de l'argent
01:14:50 comme si de rien n'était, malheureusement ça veut dire que vous vous êtes aliénés,
01:14:55 vous avez aliéné votre liberté de choix parce que vous n'avez pas été capables
01:15:00 d'équilibrer vos recettes.
01:15:03 – On va parler d'émotion de censure, mais allez-y, vous vouliez ajouter un mot ?
01:15:06 – Non, c'est juste quand même sur la question des réformes en général,
01:15:10 j'entends souvent « oui mais on a besoin d'une véritable réforme,
01:15:13 la France a besoin de telles réformes sur la bureaucratie,
01:15:16 sur l'immigration, sur les retraites, mais est-ce que le pays est réformable aussi ? »
01:15:21 parce qu'il y a aussi cette capacité de blocage, on l'a vu,
01:15:24 à chaque fois qu'il y a une grande réforme qui est annoncée,
01:15:26 c'est toujours extrêmement difficile aussi.
01:15:29 Donc la fameuse réforme des retraites, on disait,
01:15:31 beaucoup de Français disent « oui, on est en faveur d'une réforme »,
01:15:34 mais de laquelle ? De laquelle aussi ?
01:15:37 – Vous pensez que les Français sont biologiquement différents de tout le monde ?
01:15:40 – Je n'ai jamais parlé de biologie, je dis que c'est difficile,
01:15:42 c'est difficile manifestement, parce qu'il y a cette capacité de blocage,
01:15:46 et en plus à l'Assemblée, on n'est pas capables de s'entendre manifestement.
01:15:49 – Vous savez, il y a une réforme des retraites…
01:15:51 – Je ne vais jamais te parler de biologie, je dis que c'est difficile de faire des réformes.
01:15:54 – Il n'y a rien… – C'est vous qui parlez de ça.
01:15:56 – Il n'y a rien de français qui le rend rétif à des réformes
01:15:59 que l'ensemble de ses voisins ont appliquées.
01:16:02 – Arrêtons d'avoir un débat de principe, regardez,
01:16:04 réforme des retraites, vous dites qu'on ne peut pas en faire,
01:16:06 c'est juste pas vrai, parce qu'il y a une réforme dont on ne parle jamais,
01:16:10 que je rappelle sur tous les plateaux de télévision,
01:16:13 des retraites qui a augmenté la durée de cotisation, c'est la réforme Touraine,
01:16:19 elle n'a mis personne dans la rue, et pourquoi ?
01:16:22 Parce que très peu de gens, on regarde toute l'histoire des réformes des retraites.
01:16:25 – 300 000… – Et pourquoi ?
01:16:27 – Et pourquoi ? Pour une raison simple, c'est qu'elle…
01:16:29 – C'est la gauche qui l'a fait passer.
01:16:30 – Non, non, attendez, c'est parce qu'elle était juste,
01:16:32 c'est-à-dire que vous aviez, en contrepartie de cet effort supplémentaire,
01:16:36 par rapport à ceux qui souffrent le plus, l'introduction de 10 critères de pénibilité.
01:16:40 – Qui n'ont jamais été appliqués.
01:16:42 – D'accord, mais vous savez bien que la politique,
01:16:45 c'est aussi un sentiment de justice ou d'injustice,
01:16:48 et qu'en l'occurrence, ça s'est très bien passé.
01:16:51 Et si Emmanuel Macron, au lieu de vouloir rassurer les marchés,
01:16:56 avait simplement ce qu'il a fait pour partie, avec sa réforme Touraine,
01:17:00 nous n'en serions pas là.
01:17:01 – En tout cas, la réforme des retraites n'est pas encore…
01:17:05 les dés ne sont pas encore joués.
01:17:07 Deux motions de censure, je le disais, déposées aujourd'hui,
01:17:10 une par le RN, l'autre transpartisane, déposée par le groupe centriste
01:17:15 Liberté, Indépendant Outre-mer et Territoire, le groupe Liott,
01:17:18 une motion consignée par les élus de la NUPES.
01:17:21 On écoute Bertrand Pange, député Liott de la Meuse.
01:17:24 – Le groupe Liott, Liberté, Indépendant Outre-mer et Territoire,
01:17:30 que j'ai l'honneur de présider, va déposer une motion de censure
01:17:35 avec 91 signataires de 5 groupes politiques d'opposition.
01:17:42 Je regrette que mes collègues de LR ne soient pas signataires,
01:17:46 mais j'espère qu'ils seront nombreux à la voter.
01:17:50 Il s'agit d'être utile à notre pays en votant contre cette réforme
01:17:56 des retraites injuste et inefficace.
01:17:59 – Alors, pour rappel, pour les téléspectateurs qui nous regardent,
01:18:02 287 votes pour que la motion de censure soit adoptée.
01:18:06 À ce stade, il y aurait 259 députés qui pourraient voter
01:18:10 cette motion de censure de Liott.
01:18:12 Il manquerait donc en l'État 28 votes.
01:18:15 La clé, une nouvelle fois, chez les Républicains.
01:18:18 Les Républicains qui comptent 60 élus.
01:18:21 Il peut y avoir des dissidents.
01:18:23 C'est l'un des enjeux de ce week-end, Julie de Vintraube.
01:18:25 Est-ce que ça peut passer, cette motion de censure ?
01:18:27 – Je ne le crois pas parce que chacun a fait ses calculs.
01:18:31 Nous, on les a faits au Figaro.
01:18:33 Et dans le meilleur des cas pour les partisans de la motion de censure,
01:18:39 on arrive à 272 et vous le disiez… – 287.
01:18:44 – Il en faut 287. Et 272, c'est si 15 Républicains du groupe
01:18:50 qui compte 61 membres votaient la motion de censure.
01:18:53 Alors là, pour le coup, je n'y crois pas du tout.
01:18:56 Même si on peut remarquer que les génies Républicains
01:18:59 qui se sont débrouillés, je pense à Aurélien Pradié, par exemple,
01:19:03 pour étaler les divergences de la droite sur une stratégie de gauche,
01:19:11 enfin sur éclater en étant plus à gauche que quasiment la France insoumise,
01:19:19 pourraient, ils sont tous très bien élus dans leurs circonscriptions,
01:19:24 c'est assez remarquable, pourraient se dire, après tout,
01:19:27 foutu pour foutu, en restant de droite, on pourrait tenter le coup,
01:19:32 d'autant que la France insoumise vient d'annoncer
01:19:35 que les députés sortant en cas de dissolution, les Républicains…
01:19:39 Le Rassemblement national, ce n'est pas la France insoumise.
01:19:41 Le Rassemblement national, merci de me corriger,
01:19:43 qui voteraient la motion de censure n'aurait pas d'adversaire
01:19:48 du Rassemblement national face à eux.
01:19:50 Alors une fois n'est pas coutume, je ne suis pas tout à fait d'accord
01:19:52 avec Julie de Vintraud, je pense que si demain il y a une dissolution,
01:19:54 les premiers qui vont en pâtir ce sont les Républicains,
01:19:57 parce qu'il va y avoir une difficulté, il va y avoir,
01:20:00 si il y a motion de censure, puisque vous avez raison, rappelons-le,
01:20:02 si il y a motion de censure et Emmanuel Macron annonce derrière
01:20:04 qu'il y aura une dissolution, ce qu'on peut, effectivement, peut-être croire.
01:20:08 Je pense que les grands perdants, si demain il y a une dissolution,
01:20:11 si demain il y a de nouvelles élections législatives,
01:20:13 ce sont les Républicains, parce qu'encore une fois, les électeurs,
01:20:16 et ce sera le discours d'Emmanuel Macron, et il est logique,
01:20:19 ce sera de dire "mais comment pouvez-vous voter une motion de censure sur ce texte
01:20:24 alors même que cette mesure, vous l'avez vous-même portée,
01:20:27 vous voulez même aller encore plus loin ?".
01:20:29 Donc il va y avoir un problème de cohérence qui va se poser.
01:20:32 Donc les électeurs vont faire un choix rationnel, qui est de dire
01:20:35 "il faut faire bloc", presque, on va dire, "faire bloc bourgeois avec Emmanuel Macron".
01:20:40 Et d'ailleurs, il y a un sondage qui est paru il y a quelques jours
01:20:42 qui montre que les Républicains perdraient une vingtaine de députés
01:20:46 si demain il y avait des élections législatives.
01:20:48 Donc le problème de cohérence des Républicains...
01:20:51 En fait, les Républicains sont dans une position, j'en termine par là,
01:20:53 mais absolument intenable. C'est très compliqué pour eux depuis 2017,
01:20:56 encore plus aujourd'hui, parce que, pensez bien, s'ils s'opposent à cette réforme,
01:21:00 c'est en totale incohérence avec tout ce qu'ils ont dit.
01:21:03 Et en même temps, s'ils votent cette réforme, il faut logiquement
01:21:08 admettre qu'ils sont le supplétif d'Emmanuel Macron.
01:21:11 Or, ils ne veulent assumer entièrement ni l'une ni l'autre de la position.
01:21:15 C'est intenable.
01:21:17 Et c'est la fin des Républicains ou pas ?
01:21:18 Pas tout de suite, mais...
01:21:20 Ça fait depuis 2017.
01:21:21 Je parlais juste d'un phénomène, les rats quittent le navire.
01:21:23 C'est la fin.
01:21:24 Je ne parlais pas d'un...
01:21:25 Cette séquence politique, depuis la première élection d'Emmanuel Macron,
01:21:29 et là ça s'accélère, accélère la tripartition de la vie politique.
01:21:32 Bien sûr.
01:21:33 Vous avez une droite dite classique qui a changé de leadership,
01:21:37 qui est une droite macroniste avec une partie des Républicains.
01:21:40 On le voit d'ailleurs dans le bloc bourgeois.
01:21:42 Il faut regarder les circonscriptions.
01:21:44 Dans les Hauts-de-Seine, par exemple, la moitié...
01:21:47 Constance Legrip, qui était députée des Républicains de Neuilly,
01:21:50 est devenue...
01:21:51 Toutes les Hauts-de-Seine.
01:21:52 Toutes les Hauts-de-Seine.
01:21:53 Vous avez tout l'Ouest parisien, d'où les mouvements de troupes,
01:21:56 si j'ose dire, dans Rachida Haddati, où les parlementaires sont passés
01:21:59 de LR à Macron.
01:22:01 Donc vous avez ce pôle-là.
01:22:02 Ensuite, pour mon plus grand malheur, je tiens à le dire,
01:22:05 vous avez un pôle de gauche nupèce, où finalement le leadership
01:22:08 est passé d'une gauche socialiste de gouvernement à l'extrême-gauche.
01:22:12 Et enfin, il y a cette troisième force qui, elle, a un peu changé,
01:22:16 finalement en 20 ans, là, pour le coup, le lupénisme,
01:22:19 qui est passé d'une extrême-droite dure, libérale, antisociale,
01:22:24 ouvertement raciste, à une espèce d'extrême-droite
01:22:27 toujours xénophobe, mais dont les idées sont plus proches
01:22:30 parfois de Jean-Luc Mélenchon, et en tout cas aux antipodes
01:22:33 des idées économiques de Jean-Marie Le Pen.
01:22:35 Et quand vous avez une tripartition de cette nature,
01:22:38 le pays, c'est ma thèse, devient ingouvernable.
01:22:41 La tripartisation est le marqueur des crises politiques.
01:22:44 Il devient incapable de compromis et donc de gouvernement.
01:22:46 C'est le marqueur des crises politiques.
01:22:48 Sous la Troisième République, nous sommes dans un système
01:22:50 de tripartisation. La plupart des crises institutionnelles
01:22:53 ont ce marqueur typique, cette tripartisation,
01:22:56 et je suis d'accord avec votre constat.
01:22:57 Je pense qu'on y arrive progressivement.
01:23:00 Je sais que vous n'avez pas prouvé ce choix, mais le PS,
01:23:03 ou en tout cas une partie importante du PS, a peut-être anticipé
01:23:06 ça justement en se disant, maintenant on est dans un système
01:23:08 tripartite, la grande force de gauche est autour de Mélenchon.
01:23:11 Mais de l'autre côté, les Républicains, eux, ne veulent pas croire
01:23:15 qu'ils n'ont plus d'alternative.
01:23:18 Ça t'attends encore.
01:23:20 - François Miquelrand disait à propos de Jean Pauprène,
01:23:23 Jean Pauprène me fait penser à ce genre de galaxie
01:23:25 dont on voit encore la lumière, mais qui n'existe plus
01:23:28 dans les mots qu'il avait depuis des dizaines d'années.
01:23:30 Eh bien je crois que pour les Républicains, nous en sommes là.
01:23:32 C'est-à-dire qu'on en voit encore la lumière, mais il n'existe plus.
01:23:35 - C'est un coq à qui on a coupé la tête et qui continue à courir.
01:23:36 Mais il se raccroche peut-être, et j'en terminerai par là,
01:23:38 je pense qu'il y a quand même une croyance, c'est quand même
01:23:40 un calcul d'une partie de dirigeants LR, ou de futurs dirigeants LR
01:23:43 comme Laurent Wauquiez, qui est qu'au fond, Emmanuel Macron
01:23:46 leur a volé une partie de leur électorat en 2017.
01:23:49 Et eux, ils se disent, une partie d'entre eux se disent,
01:23:51 en 2022, la parenthèse macronienne va se refermer,
01:23:54 et pour nous, on va peut-être, peut-être pouvoir essayer
01:23:57 de choper le coche et de récupérer l'électorat,
01:23:59 et de relancer enfin l'électorat.
01:24:01 - Et Yara Chidalati qui appelle directement la fusion.
01:24:03 - Il y a une partie qui ne veut pas attendre, vous avez raison.
01:24:05 - Et en tout cas, il est 23h30, on va retrouver Mathieu Devese
01:24:08 pour un point sur l'actualité, en tout cas la motion de censure
01:24:10 qui ne semble pas inquiéter Olivier Véran.
01:24:13 Il n'est pas inquiet et reste déterminé, on va l'entendre dans un instant.
01:24:16 Mais tout de suite, il est 23h30, le rappel des titres avec vous, Mathieu Devese.
01:24:20 - À Paris, la place de la Concorde a été le théâtre ce soir
01:24:26 d'un nouveau rassemblement de manifestants,
01:24:28 des personnes qui protestent contre le recours au 49-3
01:24:31 pour faire passer la réforme des retraites.
01:24:33 Après une première nuit agitée la veille,
01:24:35 un nouveau rassemblement spontané de 4000 personnes
01:24:37 s'est formé à quelques centaines de mètres de l'Assemblée nationale.
01:24:40 Et des affrontements se sont déclarés en début de soirée.
01:24:43 Les forces de l'ordre ont alors dispersé la foule.
01:24:45 Au moins 61 personnes ont été interpellées.
01:24:48 L'aviation civile demande l'annulation de 30% des vols à Paris-Orly
01:24:52 et 20% à Marseille lundi.
01:24:54 Un mouvement de grève des contrôleurs aériens est prévu
01:24:56 contre la réforme des retraites.
01:24:58 La direction prévient qu'en dépit de ces mesures préventives,
01:25:01 des retards sont néanmoins à prévoir.
01:25:03 La Cour pénale internationale émet un mandat d'arrêt
01:25:06 contre Vladimir Poutine.
01:25:07 Le président russe est poursuivi pour crime de guerre.
01:25:09 L'Ukraine a identifié plus de 16 000 enfants
01:25:12 transférés de force en Russie,
01:25:14 et des dizaines de milliers d'autres auraient été déportés vers la Crimée
01:25:17 et au moins 57 régions de la Fédération de Russie.
01:25:20 Merci mon cher Mathieu.
01:25:24 Prochain point sur l'actualité sera minuit.
01:25:26 Ce sera l'édition de la nuit avec Isabelle Piboulot.
01:25:29 On parlait donc de ces deux motions de censure déposées aujourd'hui.
01:25:32 Olivier Véran, je ne vous disais pas inquiet,
01:25:34 déterminé à poursuivre la politique du gouvernement.
01:25:36 Écoutez-le.
01:25:37 C'est le moment de 49.3 où vous vous soumettez
01:25:41 au contrôle et au vote du Parlement.
01:25:44 C'est un moment où le Parlement et l'Assemblée nationale
01:25:46 sont totalement souveraines pour décider de vous accorder la confiance
01:25:49 ou de vous la retirer.
01:25:51 Et donc il n'y a pas d'alternative au vote des députés.
01:25:54 C'est un moment important.
01:25:56 Nous avons déjà vécu des motions de censure
01:25:59 et à chaque fois la confiance a été renouvelée au gouvernement.
01:26:02 Votre anticipation pour lundi ?
01:26:05 Je considère que nous avons vocation à continuer de gouverner dans ce pays.
01:26:10 Et que le choix de la méthode de la Première ministre,
01:26:13 qui est celui de la concertation et la recherche de compromis,
01:26:16 c'est quand même un choix qui a porté ses fruits dans d'autres textes.
01:26:19 Alors du coup, le 49.3, c'est le bon choix, nous dit Olivier Véran,
01:26:23 car le gouvernement ressortira renforcé finalement,
01:26:25 Karim Abrik, si la motion de censure n'est pas votée.
01:26:29 Est-ce que ce sera le cas ?
01:26:30 Est-ce que le gouverneur pourra ressortir renforcé de cette séquence ?
01:26:35 Si la motion de censure ne passe pas ?
01:26:37 Non, il va être affaibli, c'est certain.
01:26:40 De toute façon, depuis le début, c'était supposément son projet fort.
01:26:44 Et on disait que s'il ne faisait pas voter son projet,
01:26:48 ça serait terminé, son quinquennat serait terminé.
01:26:51 Au contraire, maintenant on se dit, pour ses prochains projets,
01:26:53 même s'il survivait à tout ça, pour ses prochains projets de loi,
01:26:56 quelle légitimité encore une fois va-t-il avoir ?
01:26:59 Comment va-t-il encore convaincre supposément ses alliés ?
01:27:03 Ça devait être une lettre à la poste, convaincre les républicains.
01:27:06 Au départ, on pensait, on se disait, bon, ça va être une question vraiment de...
01:27:10 Ça va être tout simple. Et ça n'est pas arrivé.
01:27:12 Donc il y a des surprises. On ne sait pas lundi.
01:27:14 Il peut arriver aussi d'autres surprises, manifestement.
01:27:16 On se dit que tout est joué d'avance, mais pas nécessairement.
01:27:19 C'est ce qu'on a pu constater au cours des dernières semaines.
01:27:22 Mais non, donc il est affaibli.
01:27:24 Et en même temps, ça montre, je pense,
01:27:26 il va falloir effectivement qu'il y ait un rebrassage des cartes
01:27:29 sur l'échipier politique, probablement aussi pour le prochain quinquennat.
01:27:33 Emmanuel Macron ne sera pas là, parce qu'en ce moment,
01:27:35 on voit cette faiblesse de l'échipier politique
01:27:38 et des politiques qui l'incarnent aussi.
01:27:41 On a vu du côté des républicains,
01:27:43 on ne sait plus quelle est la ligne des républicains.
01:27:45 On a l'impression que c'est un parti qui se cherche littéralement.
01:27:49 On a vu les dérives de la NUPES, avec les outrances à gauche, à droite.
01:27:53 Donc vraiment, ça a été une catastrophe là-dessus.
01:27:56 Et on voit aussi du côté de la majorité,
01:27:58 qui n'arrive même pas à convaincre l'Assemblée,
01:28:01 qui n'arrive pas à convaincre le peuple,
01:28:03 qui est obligé comme ça d'arriver avec un 49-3.
01:28:06 Donc là, on est vraiment face à un gouvernement affaibli.
01:28:08 - C'est vrai que quand on prend la calculatrice,
01:28:10 vous l'avez fait, Julie Devin-Troube, on se dit
01:28:12 la motion de censure ne passera pas.
01:28:14 Olivier Véran sera, mais est-ce qu'en 48 heures,
01:28:17 il peut se passer des choses?
01:28:18 - Ah oui, oui. Non, mais en plus, Karima a tout à fait raison
01:28:21 de dire qu'on ne s'attendait pas du tout chez les républicains
01:28:24 à voir surgir une opposition de gauche à la réforme des retraites.
01:28:30 Je pense à celle d'Aurélien Pradié.
01:28:32 On aurait tout à fait compris que les républicains,
01:28:35 n'étant pas au pouvoir, décident de ne pas subir
01:28:38 les inconvénients comme s'ils étaient au pouvoir,
01:28:40 tout en ne l'exerçant pas, en disant par exemple
01:28:42 que cette réforme est mauvaise parce qu'elle n'est pas
01:28:44 à la hauteur du défi, il faudra introduire de la capitalisation,
01:28:48 prendre une position de droite pour critiquer la réforme.
01:28:52 Ben non, ils ont critiqué la réforme depuis une position de gauche.
01:28:56 Et ça, franchement, moi, je ne l'avais pas du tout,
01:28:58 du tout vu venir.
01:29:00 Ensuite, il y a des critiques, mais entre guillemets,
01:29:04 rondant leur justice, ce sont des critiques
01:29:06 qui sont quand même assez minoritaires dans le camp des républicains.
01:29:09 Mais ça surprend toujours, d'autant plus de gens
01:29:12 qui aujourd'hui s'opposent à cette réforme,
01:29:15 alors que, je ne vais pas citer des noms,
01:29:17 il y a quelques années, ces mêmes députés
01:29:20 étaient favorables à cette réforme et voulaient même aller au-delà.
01:29:24 Donc effectivement, aujourd'hui, c'est vrai que le centre de gravité
01:29:26 des républicains, ou la colonne vertébrale,
01:29:28 a vraiment du mal à la situer.
01:29:30 Maintenant, sur la motion de censure,
01:29:32 vraiment, je rejoins ce que disait Judith,
01:29:34 c'est-à-dire qu'à moins, effectivement, d'une révolution en 48 heures,
01:29:38 je ne vois pas vraiment comment est-ce que la motion de censure
01:29:40 pourrait être votée.
01:29:41 Je rappelle que la motion de censure, c'est un calcul particulier,
01:29:43 puisque ce n'est pas une majorité simple.
01:29:45 C'est une majorité qui se base non pas sur les votes,
01:29:49 mais il faut vraiment tous les députés de l'Assemblée,
01:29:52 les 287.
01:29:54 En réalité, on est sortis du système d'après-guerre
01:29:58 qui était un système bipartisan,
01:30:00 non pas comme en Grande-Bretagne, où le système institutionnel
01:30:02 oblige au bipartisanisme,
01:30:04 mais comme une conséquence de la guerre.
01:30:06 Et en réalité, quand vous regardez ce qu'a été le Parti socialiste
01:30:08 dans ces grandes années,
01:30:09 Mélenchon était dans le Parti socialiste.
01:30:11 Il y avait une extrême gauche au sein du Parti socialiste,
01:30:14 comme il y avait un extrême centre,
01:30:16 des pré-macronistes autour de Dominique Strauss-Kahn,
01:30:18 d'ailleurs, un certain nombre de cadres sont issus directement
01:30:20 du Strauss-Kahnisme.
01:30:21 Et c'est pareil à droite.
01:30:22 C'est-à-dire qu'on voit bien qu'à droite,
01:30:24 il y a plusieurs courants qui ont cohabité,
01:30:26 d'ailleurs jusqu'à sa quintessence dans l'UMP,
01:30:28 qui n'a jamais fonctionné,
01:30:30 entre un courant plutôt bonapartiste,
01:30:32 gaulliste, protectionniste,
01:30:35 dans le sillage du Conseil national de la résistance,
01:30:38 et un courant beaucoup plus libéral,
01:30:40 qui se retrouve maintenant dans le macronisme.
01:30:42 À droite, l'originalité, la particularité,
01:30:45 c'est que dans l'après-seconde guerre mondiale,
01:30:48 l'expression d'un courant d'extrême droite assumée
01:30:51 ne pouvait plus exister.
01:30:52 Et puis, le temps passant,
01:30:54 l'extrême droite, qui existait d'ailleurs,
01:30:56 avec d'anciens, finalement,
01:30:59 nostalgiques de la seconde guerre mondiale,
01:31:01 de Vichy, de l'OS,
01:31:02 eh bien, ça a fini par faire,
01:31:04 parce que tout ça s'est éloigné,
01:31:06 une force politique qui a toujours existé
01:31:08 dans le champ politique français,
01:31:10 et qui est autonome.
01:31:11 Un petit effet de loupe, justement,
01:31:12 sur ce que dit François Calfon.
01:31:13 C'est vrai que, quand on regarde les Républicains,
01:31:15 vous voyez, par exemple, il y a 5, 6 ans,
01:31:18 et aujourd'hui, ce qui était à l'extrémité
01:31:21 des Républicains le plus droite,
01:31:22 c'était la droite populaire avec Thierry Mariani,
01:31:24 qui aujourd'hui est au Rassemblement National.
01:31:25 Et ce qui était le plus à gauche,
01:31:26 c'était Jean-Pierre Raffarin,
01:31:28 qui aujourd'hui est à LREM,
01:31:30 enfin, LREM à Renaissance.
01:31:31 Donc, en fait, on voit bien comment,
01:31:33 en 6 ans, ce parti a complètement,
01:31:36 pas éclaté, mais il s'est complètement étiré.
01:31:38 Mais progressivement, il s'étiole.
01:31:40 Voilà, pour compléter.
01:31:41 Est-ce que c'est la réforme de Trot,
01:31:43 au fond, Julie de Vintrault,
01:31:44 pour le gouvernement ?
01:31:45 Et plus précisément, pour Édouard ?
01:31:47 C'est la première.
01:31:48 C'est la première et la seule,
01:31:50 du PSD ?
01:31:51 C'est la première réforme.
01:31:52 Et en tout cas, pour Elisabeth Borne.
01:31:53 Bien sûr.
01:31:54 Elisabeth Borne, d'un point de vue personnel,
01:31:58 a eu beaucoup de courage, je trouve,
01:32:00 d'affronter tout ça,
01:32:01 parce que vraiment, rien ne lui a été épargné.
01:32:06 En plus, elle avait dit qu'elle n'appréciait pas le 49-3,
01:32:11 que c'est une femme qui vient de la gauche.
01:32:13 Elle n'était pas du tout fanatique de cette réforme.
01:32:16 C'est quelqu'un qui vient de la technostructure,
01:32:18 j'ai envie de dire,
01:32:19 parce qu'on ne l'a jamais connue
01:32:20 comme militante au Parti socialiste.
01:32:22 N'empêche qu'elle avait sa carte.
01:32:24 Comme beaucoup de gens.
01:32:25 Oui, d'accord.
01:32:26 Mais si elle-même dit "je me sens plutôt de gauche",
01:32:30 qu'est-ce qu'il y a de plus pour lui ?
01:32:31 Ne critiquons pas.
01:32:32 Je ne sonde pas les âmes et les cœurs.
01:32:33 Pour revenir à Elisabeth Borne,
01:32:34 Julie de Vintrault.
01:32:35 Pour revenir à Elisabeth Borne,
01:32:37 on a vu que le Rassemblement national
01:32:40 demandait sa tête pour marquer quand même
01:32:43 que la réforme en passe d'être adoptée.
01:32:47 En fait, il faut parler comme ça,
01:32:49 parce que tant que l'émotion de censure
01:32:51 n'aurait pas été soumise au vote,
01:32:53 on ne saura pas si la réforme est adoptée ou pas.
01:32:55 Mais disons, en passe d'être adoptée,
01:32:57 le RN a perdu cette bataille-là,
01:32:59 quoi qu'il en dise,
01:33:00 et même si ça le renforce d'un point de vue électoral,
01:33:03 factuellement il a perdu, il veut sa tête.
01:33:06 Je ne suis pas sûre qu'en la demandant,
01:33:10 il ne la renforce pas, paradoxalement.
01:33:12 Parce qu'elle devient un enjeu.
01:33:15 Et puis finalement, mal passé,
01:33:18 passé par le 49-3,
01:33:20 cette réforme, si encore une fois
01:33:22 les motions de censure ne sont pas adoptées,
01:33:24 elle sera passée.
01:33:25 Il nous reste un peu plus de 2 minutes 30,
01:33:27 un dernier tour de table.
01:33:29 À quoi s'attendre dans les prochains jours ?
01:33:30 Dissolution du gouvernement ?
01:33:32 Redynamisation ?
01:33:33 Dissolution du gouvernement ?
01:33:34 Remaniement ?
01:33:35 Remaniement, pardonnez-moi, merci de me le dire.
01:33:38 Remaniement du gouvernement ?
01:33:39 C'est un bon absus.
01:33:41 On a bien l'impression que ce gouvernement
01:33:43 est en train de s'autodissoudre, parfois.
01:33:46 Remaniement du gouvernement,
01:33:48 redynamisation des syndicats dans les jours à venir,
01:33:50 à quoi est-ce que vous vous attendez, Carine Mabry ?
01:33:53 Je pense que oui, la mobilisation, c'est sûr.
01:33:55 La pression, parce qu'ils ont quand même,
01:33:57 il faut donner ça aux syndicats malgré tout,
01:33:59 cette fameuse pression,
01:34:00 ça a fait son effet dans l'hémicycle,
01:34:03 parce que sinon, effectivement,
01:34:04 ça aurait été voté probablement très rapidement.
01:34:06 Alors oui, je pense que la pression
01:34:08 va continuer, même si les syndicats,
01:34:10 il y a une frustration, il y a une colère,
01:34:13 mais ils se disent,
01:34:14 on n'a quand même pas fait ça pour rien,
01:34:16 on arrive quand même à cette étape
01:34:17 où peut-être il y a encore quelque chose de possible,
01:34:20 on peut encore gagner.
01:34:21 Donc oui, mobilisation, peut-être blocage, qui sait ?
01:34:23 Remaniement du gouvernement ?
01:34:25 Alors, non, mais il y a déjà une séquence
01:34:27 qui nous conduit à lundi avec la motion de censure.
01:34:30 Bon, voilà, elle passe,
01:34:32 mais alors là, c'est quelque chose qui,
01:34:34 comment dire, a un caractère systémique,
01:34:37 elle ne passe pas.
01:34:38 Oui, il y aura toujours l'étape du Conseil constitutionnel,
01:34:41 mais il y a fort à parier
01:34:43 qu'il y a à la fois une radicalisation
01:34:45 et aussi un grand découragement,
01:34:47 une énorme frustration,
01:34:49 finalement, du côté des Français.
01:34:51 Alors là-dessus, on voit bien
01:34:53 quelles sont les armes qui peuvent être déployées
01:34:55 dans notre Ve République,
01:34:56 qui a beaucoup servi par le président de la République.
01:34:59 Et Mme Borne, c'est elle-même qui en parle le mieux,
01:35:04 elle a dit devant ses pairs,
01:35:05 "Je suis un fusible",
01:35:07 et bien elle sera le fusible.
01:35:08 Et une fois qu'on aura purgé, quelque part,
01:35:11 cette séquence, comme disent les communicants,
01:35:14 le fusible fonctionnera pour,
01:35:16 cas un, cas un, avoir un nouveau gouvernement.
01:35:18 Ou peut-être, et ça fait suite à notre débat,
01:35:22 une sorte de grand gouvernement
01:35:24 avec les Républicains ou ce qu'il en reste.
01:35:26 Allez, on arrive au terme de cette émission.
01:35:28 Un grand merci à tous les quatre.
01:35:29 Merci, Julie de Vintraud, merci, Pierre Gentier,
01:35:31 merci, François Calfon, merci, Karim Abrik.
01:35:34 L'actualité continue sur CNews.
01:35:35 À minuit, vous retrouvez Isabelle Piboulot
01:35:38 pour l'édition de la nuit.
01:35:39 Cette émission, "Soir Info", est à revoir
01:35:41 sur notre site internet www.cnews.fr.
01:35:45 Un grand merci à Augustin Donadieu, Antoine Durand,
01:35:48 Vincent Falandage, sur le terrain ce soir.
01:35:50 Merci, Luna Daoudi, d'avoir préparé cette émission avec moi.
01:35:54 À la réalisation, Jean-Luc Lombard.
01:35:57 Excellente soirée sur notre antenne.
01:35:59 À très bientôt.
01:36:00 ...

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