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00:00 On continue à en parler avec un autre startupper, avec vous Renaud Mignolet.
00:03 Vous êtes le cofondateur et le président de 3D Metal Industries.
00:07 La France bouge, la pépite du jour.
00:11 Renaud, vous avez 51 ans, vous venez de Charlesville-Mézières et ça tombe bien
00:15 parce que les Ardennes sont historiquement une terre de fonderie.
00:17 Complètement. Vous avez fait des études de chimie,
00:20 vous avez un diplôme d'ingénieur en métallurgie
00:22 et vous avez créé une première entreprise dans la ferronnerie,
00:25 ensuite une autre dans le conseil.
00:26 Vous êtes passé par la case conseil
00:29 et la recherche dans le domaine de la fonderie.
00:30 Pourquoi 3D Metal Industries ?
00:32 3D Metal Industries, c'était pour répondre à un besoin de l'industrie ardennaise
00:35 au départ et puis l'industrie française,
00:37 qui a eu besoin de la fonderie,
00:38 qui a eu besoin d'avoir de nouvelles technologies pour fabriquer des moules.
00:42 Dans la fonderie, on part du temps avec des moules en sable
00:44 dans lesquels on met du métal en fusion.
00:46 Donc on s'est rendu compte qu'il y avait un réel besoin.
00:49 On a d'abord fait des plans fondeurs d'accompagnement des fonderies avec l'UMM.
00:53 Donc vous avez accompagné des fonderies,
00:55 vous avez donné des conseils et là vous vous êtes dit
00:57 "Mais moi je vais quand même monter ma boîte".
00:58 Voilà, il fallait quelqu'un d'indépendant là-dedans qui créait la boîte.
01:01 On a parlé d'entreprises qui travaillent ensemble
01:04 et dans les Ardennes, il y a vraiment cette ADN-là
01:07 de faire travailler un petit peu à l'italienne
01:09 l'ensemble de PME avec des plus grosses entreprises.
01:11 C'est ce qu'on appelle un territoire solidaire, Nicolas Dufault.
01:13 Alors vous avez commencé en levant des fonds grâce à l'ABPI.
01:16 Création en mai 2019.
01:19 Donc vous allez nous raconter ce que c'est 3D Metal Industries.
01:21 C'est quoi ?
01:22 Vous avez une minute Renaud Mignolet, on vous écoute.
01:25 - Oui. La fonderie c'est un art que l'homme pratique depuis à peu près 6 000 ans
01:28 et on a mis seulement de la science vers 1720 avec Réaumur.
01:31 On va dire que effectivement ça c'est le métier historique de nos belles Ardennes
01:36 et c'est là qu'on marie à la fois le savoir-faire et les nouvelles technologies.
01:39 Donc effectivement après avoir d'abord fait des plans,
01:42 une belle plateforme de fabrication additive qui s'appelle Platinium 3D,
01:45 nous avons décidé de créer avec 6 fonderies,
01:48 l'UMM, des investisseurs privés, 3D Metal Industries.
01:51 Pourquoi faire ? Pour pouvoir offrir un nouveau service.
01:53 Nous on fabrique des moules en sable, des empreintes
01:55 dans lesquelles on met de la fonte, de l'aluminium, du bronze, de l'acier,
02:00 même du plomb pour fabriquer des pièces d'ornements
02:02 pour les grands bâtissements historiques en France.
02:05 Donc voilà, notre cœur de métier c'est de fabriquer ces pièces-là
02:08 pour répondre aux besoins du prototype, des pièces de rechange
02:11 et d'aller très vite vers des pièces.
02:14 On est capable de fabriquer des pièces beaucoup plus vite que les autres
02:16 et ça répond complètement aux besoins aujourd'hui,
02:19 malheureusement j'ai envie de dire aux besoins de l'industrie de la défense
02:21 parce qu'on se rend compte qu'il y a un fort besoin de pièces de fonderies
02:25 et on ne sait plus forcément les faire.
02:26 - Merci pour votre pitch Renaud Mignolet,
02:28 co-fondateur et président de 3D Metal Industries.
02:30 Si je comprends bien, vos clients ce sont donc les fonderies,
02:34 mais aussi des entreprises qui souhaitent par exemple des pièces de rechange,
02:37 notamment dans l'automobile, dans l'énergie, dans le chauffage,
02:41 tout ça ce sont vos clients ?
02:42 - Tout ça ce sont nos clients, principalement nos fonderies,
02:44 c'est-à-dire qu'on travaille en groupe,
02:45 quand on a un nouveau client qui arrive avec un besoin,
02:47 on va se mettre avec la fonderie qui a le plus fort cœur de métier dans ce domaine-là,
02:52 que ce soit du contrepoids avec Bouillet,
02:54 de la pièce en serré avec la Fonte Ardennaise,
02:56 de Fonderie Nicolas, Vignon, la Rancroyenne,
02:59 enfin tous nos partenaires qui travaillent avec nous,
03:01 on s'approche, je vous dis, c'est le ADN de travailler en groupe,
03:04 on a les usineurs dans les Ardennes,
03:06 on est vraiment le couteau suisse de la métallurgie,
03:08 j'ai envie de dire, dans les autres départements.
03:09 - Vous restez avec nous Renaud Mignolet,
03:11 si vous êtes ici dans la France Bouche,
03:12 c'est aussi parce que vous avez besoin de conseils,
03:14 justement, nous avons Nathalie Carret qui est en charge de l'entrepreneuriat
03:17 à la Chambre de Commerce et d'Industrie,
03:19 dont c'est le métier d'accompagner le développement des entreprises.
03:21 Bonjour Nathalie.
03:22 - Bonjour Elisabeth, bonjour tout le monde.
03:23 - Alors vous avez étudié comme chaque jour le projet d'entreprise,
03:26 là il s'agit de, c'est plus un projet,
03:28 il existe un 3D métal industrie,
03:30 sont os collaborateurs autour de Renaud Mignolet.
03:32 Nathalie, on vous écoute.
03:35 - Alors vous avez dit aux équipes que jeudi,
03:37 vous passiez devant la BPI pour demander des financements.
03:40 Alors un petit conseil de dernière minute,
03:42 même si vous m'appeliez Nathalie,
03:44 je vais me permettre un petit conseil,
03:47 même si sûrement que monsieur Dufour sera de meilleurs conseils,
03:50 mais enfin, alors nous sommes du même département,
03:53 je suis donc Ardennaise,
03:54 je crois que j'ai déjà dit plusieurs fois dans la mission.
03:56 - Oui, mais c'est bien de le rappeler.
03:57 - Ah voilà, donc j'aurais tendance à trouver le projet génial,
03:59 mais ne nous voilons pas la face,
04:00 vous n'êtes pas les seuls à proposer l'impression 3D sable.
04:03 Alors jeudi, le conseiller BPI risque de vous demander,
04:05 mais pourquoi vous ?
04:07 Quelle est votre différence avec les autres ?
04:08 Très clairement, je suis incapable de dire si votre procès,
04:10 c'est meilleur que celui des autres,
04:11 mais il y a peut-être une chose à mettre en avant
04:13 qui pourrait intéresser BPI.
04:15 Vous l'avez dit, vous avez réuni des fondeurs,
04:16 des investisseurs privés, une plateforme technologique,
04:19 et dans les Ardennais à côté,
04:20 il y a école d'ingénieurs, laboratoire,
04:21 bref, il y a tout ce qu'il faut,
04:22 tous les ingrédients pour inventer une nouvelle gouvernance
04:25 dans le secteur de la fonderie.
04:26 En effet, il y a environ 320 fonderies en France,
04:29 sauf qu'elles sont pour la plupart fragiles et isolées.
04:32 Et si vous étiez le liant qui mutualise la recherche et le développement,
04:35 notamment pour les besoins très spécifiques,
04:36 vous l'avez dit, de l'industrie de l'armement,
04:38 pour trouver des process non polluants
04:40 pour recycler le sable que vous utilisez.
04:42 Mais vous pourriez être aussi celui qui aide à obtenir des marchés
04:44 auprès des grandes entreprises en se rassemblant
04:46 pour faire face à la demande,
04:47 qui aide le secteur à se positionner sur l'excellence industrielle
04:49 au service des défis d'aujourd'hui et de demain,
04:51 une sorte de coopérative ou de groupement de fondeurs français,
04:54 bref, si vous mettiez en place une Fonderie Valais dans les Ardennes.
04:57 - C'est une bonne idée l'histoire de Fonderie Valais.
05:01 Renaud, vous avez aussi besoin de recruter,
05:03 ça aussi c'est un point majeur partout,
05:07 en partie a priori le secteur de la fonderie n'attire pas beaucoup de personnes.
05:10 Nathalie, qu'en pensez-vous ?
05:12 - Alors vous avez dit aux équipes qu'il fallait rendre le métier plus sexy,
05:15 parce que Jennifer Bills dans Flashdance,
05:17 elle est peut-être pas sexy quand même.
05:19 Rêve de plaisanterie, Flashdance,
05:20 il n'y a que les moins de 20 ans qui connaissent pas.
05:23 C'est vrai que l'usine, la combinaison, le casque, la chaleur,
05:26 ça ne donne pas envie.
05:27 Et on est quand même toujours sur un modèle avec les cols blancs, les cols bleus.
05:31 Ça non plus, ce n'est pas très apprécié.
05:32 C'est bien d'aller chercher des clients,
05:34 mais s'il n'y a plus personne pour produire,
05:35 eh ben on a souci.
05:36 Alors deux idées.
05:37 Et si dans votre Fonderie Valais,
05:38 vous réinventiez le métier de la fonderie ?
05:40 Et si les ingénieurs devenaient un petit peu fondeurs,
05:43 et les fondeurs un petit peu ingénieurs ?
05:44 Prenons un chef cuisinier par exemple.
05:46 On est bien d'accord que pour inventer des recettes qui ravissent nos papilles,
05:49 ils doivent pas être juste créatifs,
05:50 ils doivent aussi connaître les techniques de coupe, de cuisson, les assemblages.
05:53 Et quand ils créent de nouveaux plats, ils font tout de A à Z.
05:56 Donc chez vous, quand vous créez une nouvelle pièce pour un client,
05:58 pourquoi l'ingénieur ne pourrait-il pas l'imaginer sur l'ordinateur,
06:01 en créer le moule grâce à vos imprimantes 3D,
06:03 fonder le métal pour créer la pièce ?
06:04 Sûrement en relation avec les experts métiers,
06:06 mais l'idée c'est d'ouvrir le métier et de montrer les possibilités d'évolution de carrière
06:10 pour le rendre plus attractif.
06:12 Ça veut dire que les formations suivent.
06:13 Et deux, reprenons la gastronomie.
06:15 Aujourd'hui, il y a des milliers d'exemples de recettes,
06:17 des centaines de Youtubers, des Instagramers,
06:18 bref, on a envie d'y aller.
06:20 Et si la fonderie entrait dans les foyers de même façon ?
06:22 C'est-à-dire que mettre la fonderie sur les réseaux sociaux,
06:25 expliquer le métier, ça vous le dit ?
06:27 Eh ben oui, montrer tout ce qu'on a.
06:30 On ne se rend pas compte de tout ce qu'on a dans notre vie quotidienne,
06:33 qui est issue d'une fonderie.
06:34 Et montrer comment tout ça se fabrique finalement.
06:37 Montrer encore une fois l'excellence, l'épanouissement,
06:40 le sens de ce travail industriel et artisanal,
06:44 magnifique et indispensable dans nos vies quotidiennes.
06:47 Et si 3D Métal Industries était le révélateur des talents de fondeurs ardennais
06:51 au service de toute l'industrie d'excellence française ?
06:53 - Merci Nathalie Carré, je vous vois tous rire dans le studio.
06:58 - Elle a complètement raison, le parallèle entre la cuisine et la fonderie.
07:02 J'étais prof dans une école d'ingénieurs,
07:04 je suis encore un tout petit peu par moment et je le fais souvent.
07:06 - Ah, vous avez vu Nathalie ?
07:07 - Et je vous rejoins, vous savez pas la magie...
07:09 - En ardonnée, on se comprend bien.
07:12 - Vous savez pas la magie que c'est quand les jeunes ingénieurs
07:14 vont casser le moule pour récupérer la pièce qu'ils ont conçue,
07:16 qu'ils ont simulée, qu'ils se rendent compte que la pièce est belle.
07:21 Vous avez totalement raison, il faut rapprocher nos ingénieurs des ateliers.
07:24 C'est un des premiers conseils que je donne aux jeunes ingénieurs.
07:26 Je dis, allez dans l'atelier, le savoir-faire il est là.
07:29 Et comme on est sur des métiers où l'homme de l'art est toujours là,
07:32 il faut pas... faut mélanger les deux.
07:34 - Nicolas Dufourcq, directeur général de la BPI
07:36 et président de Global Industries, quel regard portez-vous sur 3D Metal Industries ?
07:41 Il s'est préparé, puisqu'il rencontre jeudi les équipes de la BPI.
07:45 - Et il va nous dire qu'il veut doubler de taille et ça nous plaît beaucoup.
07:48 Non mais sur le parallèle avec la gastronomie, ça tombe bien
07:51 parce que j'ai la conviction ancrée depuis longtemps qu'on a réussi top chef,
07:56 il faut qu'on fasse un top fab.
07:57 - C'est une très bonne idée.
07:58 - Il faut qu'on fasse un top fab qui passe sur les antennes
08:01 et qui donne envie aux jeunes de revenir au fond
08:04 à cette spécificité des métiers de savoir-faire
08:08 qui sont les métiers d'industrie dans lesquels il y a la tête, les jambes, les mains,
08:11 le corps qui bouge et des sources secrètes
08:14 de problèmes complexes à traiter dans l'atelier, dans la fab.
08:19 Et ça c'est filmable.
08:21 Il y a un très grand événement qui va avoir lieu en France l'année prochaine
08:23 qui s'appelle les World Skills, ça sera à Lyon à nouveau.
08:25 C'est un concours mondial où vous avez des délégations de l'ensemble des pays du monde
08:29 qui viennent en compétition, c'est un peu les jeux olympiques des métiers de savoir-faire,
08:33 y compris l'industrie, y compris la fonderie d'ailleurs.
08:36 Et donc ça se filme, ça se met en scène et on peut tout à fait faire un top fab.
08:41 - Oui, Nicolas Créaut.
08:43 - Merci, ma famille est barrière mais moi je regarde assez souvent une émission sur la forge
08:47 et c'est le genre de top chef de la forge qui passe à la télé
08:50 et c'est très très visuel, ça donne vraiment envie de s'essayer
08:53 et je pense que c'est exactement ce qui manquait.
08:56 Et celle qui a parlé tout à l'heure, elle sera une très bonne consultante en communication
09:00 je pense parce qu'à priori elle cible des bons points.
09:04 - Ah oui, elle comprend tous les jours, elle cible les problématiques de nos entrepreneurs.
09:09 Donc Nicolas Dufour vous validez évidemment 3D métal industrie.
09:13 - Ah oui, ça c'est tout à fait intéressant parce que quand vous hésitez des usines,
09:17 en fait le patrimoine fondamental de beaucoup d'usines c'est les moules.
09:21 Les fameux moules, qui sont très compliqués à faire, ils sont chers,
09:24 donc vous avez des étagères entières de moules qui brillent de mille feux
09:27 et qui ont pris des années à être construits, etc.
09:30 Lui ce qu'il fait, c'est qu'il propose de faire des moules beaucoup plus rapides et beaucoup moins chères.
09:33 - Gain de temps, gain d'énergie. - Et donc il change la donne complètement.
09:36 - Vous restez avec moi tous les 3, si vous aussi vous êtes une pépite,
09:40 si vous avez envie de venir pitcher votre projet d'entreprise ici à La France Bouge,
09:44 Nathalie Carré avant de nous quitter, parce que vous pouvez nous rappeler l'adresse s'il vous plaît
09:47 pour les projets d'entreprise.
09:48 C'est e1-lafrancebouge@europe1.fr
09:52 et promis juré Solène Godin, Charlotte Barré-Camp et moi, on lit toutes les candidatures reçues.