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00:00J'aimerais qu'on parle de Bruno Retailleau et on va réécouter les mots du ministre qui a jugé sur France 2, avant-hier,
00:07qu'il y avait des juges rouges, des juges rouges. Écoutez les mots de Bruno Retailleau.
00:14Je pense que la syndicalisation, très bien, je pense que ça doit être centré sur la défense des intérêts professionnels.
00:23Il y a l'indépendance, la contrepartie de l'indépendance c'est cette neutralité.
00:27Je pense que les magistrats ne sont pas au-dessus des règles.
00:30Monsieur Nély, c'est quand même une façon de sous-entendre qu'il y a une justice politique.
00:35C'est une manière de sous-entendre qu'il y a des juges rouges.
00:38Écoutez, cet objectif, le mur des camps, pouvez-vous me dire ici si le mur des camps a eu lieu ou non ?
00:45Il y a d'ailleurs eu un jugement, ce sont des faits.
00:48Bien, Georges Fenech, évidemment, je me tourne vers le juge d'instruction.
00:53C'est l'obsession, de départ.
00:55D'abord, vous êtes surpris par les propos de Bruno Retailleau ?
00:57Non, il a toujours été extrêmement clair et cohérent là-dessus.
01:00Je lui reconnais ce mérite.
01:02Il a raison.
01:03Mais moi, je peux parler plus librement que lui, qui est ministre intérieur, membre d'un gouvernement,
01:07et tenu à une solidarité avec le garde des Sceaux, bien entendu.
01:10Est-ce que c'est un syndic...
01:12Moi, je suis, je vais vous dire tout de suite, d'entrée de jeu, je suis pour la suppression définitive des syndicats dans l'administrature.
01:18Ah, mais vous allez vous faire des amis, Georges Fenech, je pense.
01:22Non, pas la police.
01:24J'ai milité pendant des années et des années, et j'ai dû créer moi-même un syndicat pour pouvoir le dire,
01:29délié de l'obligation de réserve.
01:31Donc, je pense qu'effectivement, il faut supprimer les syndicats dans la magistrature.
01:36D'ailleurs, ça a été un fait conquis comme ça par un arrêt du Conseil d'État.
01:41Il n'y a jamais eu de loi là-dessus.
01:43Et je pense qu'il peut y avoir une association, effectivement, qui défende les intérêts de la profession,
01:48mais qui ne fasse pas de politique.
01:49Est-ce que c'est un syndicat de justice, comme a dit Dupond-Moretti que ce n'était pas un syndicat de justice,
01:54c'est pour ça que je reprends cette formule,
01:56lorsque publiquement, par voie de communiqué, il appelle à faire battre tel candidat à l'élection présidentielle ?
02:01Est-ce que c'est un syndicat de justice, lorsqu'il est dans la rue,
02:04à manifester en distribuant des guides du manifestant, que faire si vous êtes arrêté ?
02:08Est-ce que c'est un syndicat de justice quand il décide de remettre par principe en liberté tous les migrants qui viennent,
02:15et en le faisant savoir qu'il ne faut pas qu'il y ait de frontières ?
02:18Est-ce que c'est un syndicat de justice quand ils vont à la fête de l'Huma pour dénoncer les violences policières ?
02:23Non, voilà, il faut être clair, il ne faut pas être naïf, on a affaire,
02:27et d'ailleurs il le revendique complètement, juger c'est un acte politique, on ne peut pas être un juge neutre.
02:32Voilà, maintenant, est-ce qu'on continue à supporter cette atteinte à la séparation des pouvoirs,
02:37parce que ça met en cause la légitimité du politique ?
02:40Est-ce qu'on continue à laisser faire ces juges qui sont en train de porter une atteinte grave au fonctionnement des institutions ?
02:46Réponse Philippe Guibert.
02:48Bon, évidemment, vous n'êtes pas d'accord avec l'état des lieux dressé par le ancien juge d'inflexion ?
02:52Il y a des juges rouges, il y a aussi des juges bleus, vous en avez été un exemple, Georges.
02:55J'espère que non.
02:57Je trouve que la polémique lancée par Bruno Retailleau est malvenue dans le contexte,
03:04parce qu'il s'exprimait dans le contexte de l'affaire Le Pen, et du jugement rendu lundi.
03:10Or, si j'en crois le Figaro, qui a fait une petite enquête sur les magistrats,
03:13qui ont rendu ce jugement critiqué et critiquable sur la partie de l'application immédiate,
03:20ils ne sont pas vraiment dans l'orbite du syndical de la magistrature.
03:24Si j'en crois le Figaro.
03:26Et donc, je trouve que Bruno Retailleau, qui est pourtant un homme normalement pondéré,
03:31lance une polémique qui n'a pas lieu d'être, semble-t-il, sur l'affaire du jugement de Marine Le Pen.
03:38Mais sur le fond, est-ce que Bruno Retailleau a raison ?
03:41Il ne veut pas répondre à ce que j'ai dit.
03:44Est-ce que c'est normal qu'on fasse un appel à battre tel ou tel candidat ?
03:49Il y a plein d'organisations professionnelles qui l'ont fait.
03:52Mais là où je critique Bruno Retailleau, c'est qu'on ne peut absolument pas déduire
03:59des positions de la syndicale et de la magistrature ce qui s'est passé lundi
04:03au tribunal correctionnel de Paris.
04:07Philippe Guibert, on décorrèle les deux affaires.
04:10Après, le syndical de la magistrature a des positions systématiquement radicales.
04:15Ah !
04:16Systématiquement radicales.
04:18Et je pense que même pas mal de personnes de gauche ne se reconnaissent pas forcément dans toutes les positions.
04:24Mais on ne leur demande pas de positions ni radicales ni pas radicales.
04:27On leur demande d'appliquer la loi.
04:29Il y a un statut de 1958 qui prévoit que le juge ne doit pas se mêler de politique.
04:35Ce n'est pas la peine de faire des statuts.
04:37Les policiers doivent-ils se mêler de politique ?
04:39Les policiers défendent leurs intérêts.
04:41Moi je serais pour votre proposition si vous l'étendez aussi au syndical policier.
04:47Non, la police ce n'est pas un pouvoir.
04:49C'est un pouvoir.
04:51La justice c'est un pouvoir.
04:53La police c'est un pouvoir.
04:55C'est le pouvoir le plus direct.
04:57Mais Georges, quand un syndical de policiers, je crois bien que c'était Allianz,
05:01fait une manif devant l'Assemblée nationale,
05:03pour critiquer l'absence de réponses.
05:07Pas en même temps messieurs.
05:09Ils faisaient de la politique Georges.
05:11Et tout le monde connaît l'orientation d'Allianz, ils ne s'en cachent pas.
05:13Je veux bien qu'on dise que dans la police et la magistrature,
05:17on ne doit pas avoir des positions politiques.
05:19Et à ce moment-là on le fait pour les magistrats et les policiers.
05:23Mais la différence entre un policier et un magistrat,
05:25c'est que le magistrat exerce un pouvoir.
05:27Et qu'il n'a de compte à rendre à personne.
05:29Un policier, lui, il est dans une hiérarchie.
05:31Un policier, lui, il est dans une hiérarchie, il est fonctionnaire.
05:33Ça n'a strictement rien à voir.
05:35Et il a des comptes à rendre, croyez-moi.
05:37Oui mais ça...
05:39Il a quand même un pouvoir.
05:41Ce débat-là, il faut le passer au niveau institutionnel.
05:43Il ne peut pas y avoir de juges qui fassent de la politique.
05:47Les juges sont là pour appliquer la loi.
05:49Or ces juges ne l'appliquent pas la loi quand bon leur semble.
05:53Oui, alors, moi je ne sais pas si...
05:55Je suis sûre que sur le fond, Philippe Guybert, vous êtes quand même un peu d'accord,
05:57mais vous êtes très mal à l'aise avec cette affaire.
05:59Je suis très mal à l'aise avec les positions du syndicat de la magistrature.
06:01Ah, on est d'accord.
06:03Je vous le dis franchement, je ne les approuve pas.
06:05Enfin, beaucoup d'entre elles, je ne les approuve pas.
06:07Ce qui me gêne, c'est de reprocher à des magistrats d'avoir des opinions politiques.
06:11Mais qui a dit ça ?
06:13Ils ont le droit d'avoir des opinions politiques.
06:15Mais les magistrats sont des citoyens.
06:17Quand j'étais magistrat, je savais pour qui je votais.
06:19Mais je n'allais pas dans la rue avec des banderoles pour dire...
06:21Oui, mais vous avez été député après.
06:23Mais je me suis mis en magistrature.
06:25Filez, patatez, vous me mettez en cause.
06:27Je me suis mis...
06:29Attaque ad nominem.
06:31Je me suis mis en disponibilité.
06:33J'ai quitté la magistrature pour me présenter devant les électeurs.
06:35Je n'ai pas utilisé mes fonctions de magistrat pour régler des comptes politiques.
06:39On est d'accord. Franchement, je sais très bien que vous n'avez pas utilisé vos fonctions.
06:43Là-dessus, je vous fais toute confiance.
06:45Mais le syndicat de la magistrature, ce n'est jamais que 30% des magistrats.
06:49C'est énorme.
06:51Le syndicat majoritaire des magistrats est pas assez sur ces positions-là.
06:55La partie de l'USM est plutôt sur le bord du syndicat.
06:57Je ne veux pas rentrer dans les détails.
06:59L'USM représente 50 ou 60%.
07:01Plus que ça.
07:03Leur influence est beaucoup plus importante.
07:05Vont-ils être réconciliables ?
07:07Georges Fenech, Philippe Guibert ?
07:09Non.
07:11C'est toute ma vie.
07:13Ce n'est pas aujourd'hui que je vais flancher là-dessus.
07:15Je veux croire qu'un jour ou l'autre,
07:17je verrai peut-être une magistrature réconciliée avec son statut.
07:21C'est très intéressant.
07:239h44, le match continue sur Europe 1.