• il y a 15 heures
Dans des territoires jusque-là contrôlés par les Kurdes, l'invasion de l'armée turque et ses milices ont bouleversé l'équilibre fragile de la région. Pour Brut, Charles Villa s'est rendu en Syrie dans un territoire à nouveau au bord du chaos.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Dans une précédente vidéo, j'ai pu pénétrer et vous montrer une des prisons kurdes en Syrie
00:04où sont détenus les djihadistes de l'Etat islamique.
00:07Comme vous pouvez le voir, toutes les pièces sont bondées.
00:10Il n'y a quasiment pas de place pour se déplacer.
00:14Là, il n'y a quasiment pas de lumière du jour.
00:17Et si aujourd'hui ces prisons sont des bombes à retardement,
00:19c'est notamment à cause de l'invasion turque en octobre 2019,
00:23la Turquie qui a envahi des territoires jusque-là contrôlés par les Kurdes.
00:27Les forces kurdes ont prévenu dès le début de l'opération
00:29que l'invasion turque pourrait se traduire par une résurgence de l'Etat islamique.
00:33Pourquoi ? Parce qu'elles ne pouvaient plus concentrer leurs efforts
00:36sur la lutte contre les cellules dormantes de l'organisation terroriste
00:38et parce qu'elles ne pourraient plus assurer de la même manière
00:41la sécurité des prisons et des camps où sont détenus
00:44des milliers de djihadistes de l'Etat islamique.
00:48Dans cette vidéo, je vais essayer de vous expliquer
00:50pourquoi des centaines de milliers de personnes ont dû fuir leur ville et leur village
00:54sous la pression de l'armée turque et de leurs alliés syriens.
01:17Je suis pour Brut au nord-est de la Syrie, plus précisément dans le Gouvernorat d'Assaké.
01:21Derrière moi, c'est le camp de déplacés de Ouachoukani
01:23où se trouvent principalement des Kurdes et des Arabes
01:26qui ont fui les zones de combat envahies par l'armée turque et ses milices.
01:39Donc là, dans cette tente, c'est les nouveaux arrivants du camp de Ouachoukani.
01:42En fait, ils attendent à ce que l'armée turque arrive.
01:44Là, il y a une cinquantaine de personnes, principalement des enfants en bas âge.
01:48Et comme vous pouvez le voir derrière moi, ils sont vraiment entassés les uns sur les autres.
02:14Là, ils sont en train de faire une distribution de nourriture.
02:17Ils leur donnent principalement des boîtes de conserve
02:19pour pas qu'ils allument de feu, pour pas qu'ils cuisinent dans la tente
02:22parce que ça pourrait être très dangereux.
02:25Et c'est principalement des boîtes de conserve, de haricots avec de la viande et aussi des chips.
02:44Pour bien comprendre la situation de ces déplacés,
02:46en fait, il faut remonter quelques années en arrière.
02:48Je vous préviens, c'est pas simple.
02:50Il faut s'accrocher un peu.
02:51A partir de 2014, c'est une alliance entre les femmes et les hommes
02:54qui se démarque pour faire des emplois en Amérique du Nord.
02:56Il y a des personnes de plus de 20 ans qui ont démarré.
02:58Et en fait, ils ont fini de se déployer.
03:00Ils sont maintenant en train de s'adopter.
03:02Ils ont fait le choix d'être en armée.
03:04Ils ont fait le choix d'être en armée.
03:06Mais ils ont fait un choix de se déplacer.
03:08Ils ont fait un choix de se déplacer.
03:10c'est pas simple, faut s'accrocher un peu.
03:12À partir de 2014, c'est une alliance entre les forces kurdes syriennes
03:15et la coalition internationale contre l'État islamique emmenée par les États-Unis
03:19qui a permis de chasser les djihadistes du nord-est de la Syrie
03:21et de reprendre leur capitale, Raqqa.
03:23Après la défaite finale de l'État islamique,
03:25les forces kurdes attendaient de leurs alliés occidentaux,
03:28notamment américains, qu'ils se maintiennent sur place
03:30et les protègent contre leurs nombreux rivaux et ennemis régionaux,
03:33notamment la Turquie.
03:33Sauf qu'après la chute de Daesh,
03:35le président Donald Trump avait annoncé à plusieurs reprises
03:38qu'il souhaitait le retrait des troupes américaines en Syrie.
03:41Et début octobre 2019, juste avant le début de l'invasion turque,
03:45il a fait cette déclaration.
04:01C'est après un coup de téléphone entre Erdogan et Trump
04:04que l'assurance était donnée au président turc
04:06que les forces américaines allaient quitter deux postes de la frontière syro-turque,
04:10ce qui permettrait bien sûr aux forces turques
04:12et à leurs alliés d'entrer sur le territoire.
04:21Il faut aussi préciser que le président turc Recep Tayyip Erdogan
04:25considère que les forces kurdes en Syrie sont des terroristes
04:29parce qu'elles ont des liens avec le PKK,
04:31le parti des travailleurs du Kurdistan,
04:33une organisation politique et militaire considérée comme terroriste
04:37par la communauté internationale
04:38et qui a déjà revendiqué des attentats en Turquie.
05:03Cette montée en puissance du mouvement kurde en Syrie,
05:06soit donc à la frontière de la Turquie,
05:07a commencé à beaucoup inquiéter Ankara
05:09qui, dès lors, a fondé toute sa politique syrienne
05:12sur l'objectif d'affaiblir, voire même de détruire le mouvement kurde en Syrie.
05:17Le président turc justifie alors cette opération militaire
05:20par la création d'une zone tampon de 5 km de large
05:23à la frontière turco-syrienne.
05:25L'objectif de cette zone tampon était double.
05:28D'abord, chasser les forces kurdes syriennes
05:30et ensuite installer des centaines de milliers de réfugiés syriens
05:33actuellement en Turquie.
05:43Une des choses que j'ai le plus entendu dans le camp,
05:45c'est le mot trahison.
05:46Les Kurdes ont vraiment le sentiment
05:48d'avoir été abandonnés par la coalition,
05:50d'avoir été jetés en pâture à l'armée turque
05:53et à ces milices qui ont massacré et tué beaucoup de gens.
05:56Il y a des vidéos qui circulent sur les réseaux sociaux.
06:03Sur le terrain, ce n'étaient pas uniquement des militaires turcs qui étaient engagés,
06:06mais aussi des miliciens syriens
06:08qui sont issus de groupes armés islamistes
06:10qui ont combattu le régime de Bachar al-Assad
06:12depuis le début de la guerre civile syrienne.
06:30Ces miliciens ont la réputation de milices
06:32qui ont la réputation d'avoir commis de nombreuses exactions,
06:34des exécutions sommaires, des enlèvements, des tortures.
06:37Et ce sont ces miliciens qui ont pris le contrôle, petit à petit,
06:40de villages chassant les populations locales
06:43et notamment les populations kurdes.
06:45Et justement, dans le camp,
06:46j'ai rencontré Amira et sa famille
06:48qui ont été victimes de cette offensive militaire.
06:50Elle a cinq enfants, dont le dernier a seulement deux semaines,
06:53et elle a été témoin des exactions des milices pro-turc.
07:02Et ces histoires de massacres,
07:04tous les déplacés que j'ai rencontrés là-bas m'en ont parlé,
07:06et c'est en partie ces traumatismes
07:08qui expliquent le sentiment d'abandon qu'ont les Kurdes aujourd'hui.
07:15Les forces kurdes syriennes et leurs alliés
07:17ont perdu plus de 10 000 hommes et femmes
07:20dans les combats contre l'État islamique.
07:21Le retrait des forces américaines
07:23et des militaires syriens
07:25n'a pas été le but de la guerre civile syrienne.
07:27La guerre civile syrienne n'a pas été le but de la guerre civile syrienne.
07:30Le retrait des forces américaines
07:32de la frontière syro-turc en octobre 2019
07:34a donc été considéré par les Kurdes,
07:36qui estiment avoir mené la guerre contre l'État islamique
07:39pour le compte de la coalition internationale,
07:41comme une trahison.
08:01Nous avons besoin de la vie.
08:03Mais le gouvernement ne nous a pas aidé.
08:05Si on m'avait aidé, je me serais tué.
08:07Si on m'avait aidé, je me serais tué.
08:09Si on m'avait aidé, je me serais tué.
08:11Si on m'avait aidé, je me serais tué.
08:13Je veux qu'ils m'aident.
08:23Nous avons besoin d'un pays où nous pourrons vivre en paix,
08:26où nous pourrons vivre en paix,
08:28où nous pourrons vivre en paix,
08:30où la guerre ne se termine pas.
08:32Une guerre qui est en train
08:34de se dérouler en Syrie,
08:36nous voulons la paix.
08:38Pour que la population soit en paix,
08:40pour que nous puissions vivre en paix.

Recommandations