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00:00Europe 1. Pascal Praud et vous. Et avec une autre invitée, Pascal Fabrice Balanche, maître de conférence à l'université Lyon 2.
00:07Bonjour monsieur Balanche. Bonjour monsieur Praud. Et merci pour s'être posé à la tenue de soirée de rupture du jeûne du ramadan dans une salle de l'université.
00:16Vous avez été pris à partie en plein cours mardi par un groupe d'une quinzaine d'individus d'extrême gauche, visage masqué, qui vous ont encerclé.
00:22Le cours a été interrompu. Vous avez été qualifié de sioniste, raciste, des militants qui sont arrivés avec un drapeau palestinien,
00:29une pancarte libérée la Palestine. La direction de l'université vous a proposé de protéger vos cours pendant le mois d'avril.
00:37Et c'est vrai que vous avez été soutenu par l'université, il faut le souligner. Comment vous expliquez cette interruption de votre cours ?
00:47Parce qu'il faut qu'ils aient des ennemis pour pouvoir mobiliser les troupes. Ce genre d'individus fonctionne évidemment dans leur exercité.
00:58Ils cherchent tous les moyens possibles pour mobiliser. Et donc je suis une victime idéale, d'autant plus qu'ils espèrent attirer à eux les étudiants musulmans,
01:10à l'image de la France insoumise qui drague et hontément les communautés musulmanes pour les élections. C'est un petit peu le même principe à travers ce groupe.
01:21J'observe qu'il y a eu beaucoup de réactions, mais ce monde est si polarisé que les réactions, en tout cas politiques, sont plutôt à droite.
01:28Aurore Berger vous a soutenu, plein soutien à Fabrice Balanche, Marine Le Pen également. Est-ce que vous avez eu des réactions, par exemple, dans une politique de gauche, M. Balanche ?
01:38Non, les réactions je les ai via Twitter, donc je n'ai pas fait un bilan des personnes qui m'ont soutenu. Il est vrai que ce sont plutôt les personnalités de droite comme Laurent Wauquiez, François-Xavier Béhamy,
01:52le ministre Benjamin Haddad aussi, qui m'a envoyé un message directement. Mais à gauche je n'ai pas vu beaucoup de soutien, malheureusement.
02:05Est-ce qu'on sait qui sont ces jeunes gens qui sont arrivés dans votre cours ? Est-ce que ce sont vos étudiants et est-ce qu'ils seront sanctionnés ?
02:13Alors, il n'est pas sûr que ce soit mes étudiants, c'est plutôt les gens qui sont venus de l'extérieur. Est-ce qu'ils sont même membres de l'université Lyon 2, puisque l'université est ouverte aux 80 ans ?
02:23Il y a une occupation de salles depuis un mois qui attire tous les gauchistes et islamo-gauchistes de l'agglomération lyonnaise. Pour les sanctionner, il faudrait pouvoir les identifier, ce qui pour l'instant n'est pas le cas. Je rappelle qu'ils étaient masqués.
02:40Je vais porter plainte avec le soutien de l'université et on espère que la police pourra les identifier.
02:49Quelles ont été les réactions des enseignants qui sont vos collègues ?
02:54Alors, j'ai eu pas mal de messages de soutien de la part de mes collègues lorsqu'ils ont appris ce qui s'était passé. Ils trouvent évidemment cela inacceptable.
03:06Ce serait bien aussi que l'université fasse un communiqué officiel et qu'elle le place sur le site de l'université, parce que jusqu'à présent ce n'est pas le cas. Il y a eu quelques éléments de langage à l'égard de la presse, mais la volonté était plutôt de, peut-être pas d'étouffer l'affaire, mais en tout cas d'éviter les vagues.
03:27Est-ce que vous avez le sentiment d'être tout à fait minoritaire dans cette université de Lyon 2 parmi vos collègues, parce que vous êtes une personnalité précisément qui n'est pas d'extrême gauche ou tout simplement de gauche ?
03:44Oui, je suis de droite. Je suis conseiller municipal à Caluire et Cuir, LR. Effectivement, je suis un plazanoveni dans cette université. Nous sommes vraiment très peu à ne pas être affiliés à la gauche et à l'extrême gauche.
04:03Et c'est de pire en pire au fil des ans avec les nouveaux recrutements. Mais ce n'est pas seulement à Lyon 2, c'est malheureusement dans la plupart des facs de sciences humaines et sociales qui aujourd'hui sont devenus des fiefs de l'extrême gauche.
04:16Et puis tout à l'heure on a échangé une première fois sur CNews et je citais Vincent Hervouet qui travaille également sur Europe 1, qui m'avait envoyé quelques minutes avant notre émission, qu'il vous considérait comme un chercheur de terrain remarquable et un homme très courageux, très compétent notamment sur la situation en Syrie.
04:34Vous venez de dire que c'est de pire en pire avec le recrutement. On connaît mal finalement comment sont recrutés les professeurs. C'est-à-dire qu'on est recruté en fonction de son penchant idéologique ou politique à Lyon 2 ?
04:49A Lyon 2 et ailleurs. Ce qui se produit c'est que dès le choix des étudiants qui vont faire des thèses et qui vont recevoir des allocations de thèse, les sujets sont déjà plus ou moins orientés.
05:04Si vous voulez faire une thèse sur la danse comme facteur d'intégration dans la banlieue lyonnaise, vous aurez une allocation de recherche.
05:11Si vous voulez faire une thèse sur la fragmentation communautaire dans la banlieue lyonnaise, vous n'aurez pas d'allocation de recherche.
05:17Ensuite vous avez donc un vivier d'enseignants potentiels qui est déjà bien orienté.
05:24Lorsque les commissions de spécialistes se réunissent, on sait déjà la personne qu'on va recruter avant la commission parce qu'il y a quand même beaucoup de clientélisme et de localisme dans les recrutements.
05:37Le vivier leur choix se rétrécit encore plus.
05:43Et pour tout ce qui est ensuite promotion, de maître de conférence à professeur, vous avez là aussi des recrutements qui sont très spécifiques.
05:54Et pas forcément en fonction des besoins réels de l'université ou des compétences des gens, mais en fonction de l'idéologie bien sûr.
06:04Mais au-delà des différences idéologiques que vous avez avec vos collègues, est-ce que quand même, je ne sais pas si vous vous croisez beaucoup d'ailleurs ou pas,
06:11mais est-ce qu'il y a eu un échange, je dirais un échange confraternel, un échange amical, ou est-ce que vraiment vous êtes complètement mis de côté dans cette université de Lyon 2 ?
06:20Oui je ne suis pas très bien intégré, ça c'est clair. Au fil des années, on a des échanges avec certains collègues, mais il est vrai que je suis quand même assez marginalisé.
06:32Tout à l'heure on était sur CNews et ça m'intéressait vraiment d'avoir les réactions, parce que depuis qu'on a fait cet échange, il était entre 9h15 sans doute et 9h30,
06:42je sais par exemple que j'ai vu que Rachida Dati avait fait un tweet, j'ai vu qu'Yael Braun-Pivet avait fait un tweet.
06:48Je sais que notre émission de ce point de vue là a une certaine influence, parce qu'on la regarde et c'est bien normal d'ailleurs,
06:55on regarde sans doute d'autres chaînes bien sûr dans les ministères, mais on regarde notre émission qui peut influencer, je dirais parfois, le débat politique.
07:05Je voulais savoir si depuis notre passage, votre passage tout à l'heure, où on a eu déjà ce premier échange, comme on l'a là à l'instant sur Europe 1 de nouveau,
07:15je voulais savoir si vous avez eu des témoignages et des retours ?
07:19Oui, j'ai eu beaucoup de messages de soutien suite au passage sur CNews, j'ai pu aussi constater que Madame la ministre de la Culture avait fait un tweet.
07:29Évidemment parce que votre émission finalement c'est la voix de la population, c'est la voix du peuple qui s'exprime,
07:36qui ne remonte pas forcément à travers le filtre des autres médias.
07:42Je vous avais parlé de cette émission qui m'avait décommandé parce que mes opinions sur la série ne cadraient pas,
07:50pas mes opinions, mes analyses sur la série, mes recherches sur la série, ne cadraient pas avec l'esprit de l'émission.
07:56Donc au moins avec CNews, on n'a pas de filtre.
08:01Merci M. Balanche, effrayantement vous aviez parlé de c'est ce soir qui vous avait décommandé.
08:08Moi je suis toujours ennuyé par rapport à cela parce qu'on le dit, on le répète, je ne suis pas un militant de l'information,
08:18je témoigne simplement de la réalité. Ce serait un autre professeur dont le cours serait interrompu par des militants d'extrême droite,
08:30de la même manière je lui donnerais la parole.
08:33Ce qui est dommage dans ce monde polarisé, notamment dans ce monde médiatique polarisé, c'est qu'il y a des sujets qu'on ne traite pas.
08:41C'est l'indifférence la plus totale, donc les uns et les autres ne sont même pas au courant de ce qui se passe.
08:46Donc c'est pour ça que M. Balanche, c'est important de l'entendre parce que vous ne l'entendrez pas, sans doute,
08:52ni sur TF1 ni sur France 2 qui ne fera pas de sujet sur cet incident.
08:58Alors que je le répète, vous imaginez si c'est des étudiants d'extrême droite qui rentrent dans un cours d'un professeur d'université.
09:05Vous imaginez l'écho médiatique que ça aurait.
09:08Donc nous on témoigne simplement de la réalité, l'objectivité c'est une tarte à la crème,
09:13donc je n'emploie jamais ce mot-là, j'emploie le mot honnêteté.
09:16Et l'honnêteté intellectuelle, c'est le plus important, en tout cas en ces matières-là.
09:22Merci beaucoup M. Balanche, vraiment merci grandement.
09:26Et bon week-end à vous parce que vous êtes courageux.
09:2912h27, nous marquons une pause parce que M. Guenec, lui, c'est le cadeau du week-end et on l'attendait quand même.
09:40Il serait tard.
09:41Vous aviez oublié la séquence, non ?
09:43Je n'ai oublié rien de ce qui vous concerne.
09:46Et avant 13h, nous recevons la dictologue Laurent Carilla.
09:49Si vous avez une addiction, continuez de réagir au 01-80-20-39-21.
09:54Appelez-nous.
09:55À tout de suite.