94è Congrès de l'UNCCAS à suivre sur Public Sénat.Un congrès qui s'est tenu à Chambéry la semaine dernière, des élus locaux réunis autour de la question de la cohésion sociale fragilisée dans notre pays alors que les budgets sont en baisse mais les besoins sociaux eux sont en hausse. Année de Production :
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00:00:00Bonjour à tous, très heureux de vous retrouver sur Public Sénat pour suivre ce matin le
00:00:11congrès de l'UNCAS, l'Union Nationale des Centres Communaux d'Action Sociale,
00:00:15qui s'est tenue la semaine dernière à Chambéry, des élus locaux réunis autour
00:00:19de la question de la cohésion sociale qui est fragilisée en ce moment dans notre pays
00:00:23alors que les budgets sont en baisse mais les besoins sociaux sont en hausse.
00:00:27Je vous laisse suivre ce congrès.
00:00:29Messieurs les ministres qui nous accueillent, cher Thierry Repentin,
00:00:34monsieur le maire, merci, je reviendrai, de toutes les facilités que tu nous as apportées
00:00:40avec ton adjointe Christelle pour permettre ce beau congrès.
00:00:44Monsieur le ministre, président du département de Savoie, cher Hervé Guémard qui je crois a dû
00:00:51partir. Ah pardon, pardon, excuse-moi Hervé. Merci aussi d'être présent ce matin à nos côtés.
00:01:00Je salue nos parlementaires, monsieur le sénateur Deslandes, madame la sénatrice de Savoie et tous
00:01:06les autres collègues qui sont là. Je salue aussi Chahinez Kherouni, la présidente du
00:01:11département de Meurthe-et-Moselle qui est présente à nos côtés ce matin.
00:01:15Cher collègue maire, adjoint au maire, je dis souvent que nos adjoints vice-présidents de
00:01:19CCS, vous êtes des présidents délégués et je demande au maire que je visite d'employer
00:01:23cette expression pour vous donner plus de force dans les travaux qui sont les vôtres.
00:01:28Mesdames et messieurs les élus, les représentants associatifs, les agents
00:01:32territoriaux, chers partenaires de l'union nationale des CCS et CIS.
00:01:35Nous y sommes, 94e congrès, ici à Chambéry. Nous avons pu être, je l'ai dit,
00:01:44rappelé, accompagné par l'ensemble des élus de Chambéry, du cabinet et avec
00:01:50beaucoup beaucoup beaucoup de facilité. Ce qui n'est pas rien pour une
00:01:53association comme la nôtre et je veux dire vraiment le plaisir que nous avons
00:01:56à être ici dans cette ancienne capitale des états de Savoie, ça a été rappelé
00:02:00par monsieur le président du département, classé aujourd'hui ville d'art et
00:02:04d'histoire par le ministère de la culture.
00:02:06Alors nous allons passer au travers du thème urgence sociale tenir jusqu'à
00:02:10quand ? Deux jours, deux jours, nous sommes plus de 500 congrécistes cette année, deux
00:02:15jours avec des ateliers, des plénières qui, je le sais, pour les élus comme les
00:02:19techniciens sauront vous apporter bon nombre d'informations.
00:02:23Monsieur le préfet, excusez-moi j'ai oublié de vous saluer et je le fais tout
00:02:28de suite. Ce thème, nous l'avons choisi pour insister sur l'inquiétude ressentie
00:02:33par les CCS et CIS devant la crise sociale actuelle, accentuée, nous le
00:02:37savons, par les tensions internationales. Alors je sais l'attachement de toutes et
00:02:43tous au-delà des clivages politiques à faire en sorte que le champ des
00:02:46solidarités incarnées localement par nos CCS et CIS puissent continuer à
00:02:51fonctionner au bénéfice de nos concitoyens et c'est le moment qui m'est
00:02:55donné, comme ça a été rappelé tout à l'heure par le précédent orateur, de
00:02:58remercier nos 126 000 agents territoriaux au travers de nos 15 000
00:03:02CCS et CIS qui au quotidien reçoivent des administrés parce que nous le bloc
00:03:09communal nous sommes le premier maître et le dernier kilomètre et cela nous
00:03:13oblige. C'est pourquoi notamment nous sommes associés à l'expérimentation
00:03:17nationale territoire zéro non recours dans laquelle de nombreux CCS sont
00:03:22appliqués voire pilotent et il faudra prendre le temps, je l'espère, je le
00:03:25souhaite, d'analyser les résultats et d'en tirer des leçons pour l'avenir.
00:03:30Par sa gouvernance transpartisane qui en fait un lieu unique de rencontre,
00:03:35l'UNCAS est ainsi un acteur incontournable des solidarités de notre
00:03:38pays tant face à l'urgence que dans la construction des politiques publiques.
00:03:42Nous l'avons prouvé encore une fois depuis le 14 décembre dernier avec
00:03:46Chido et je salue nos compatriotes maorais qui sont dans cette salle avec
00:03:50qui nous avons travaillé hier qui ont tiré, je l'ai rappelé tout à l'heure, dans
00:03:55un tête-à-tête avec le bureau encore une fois national de l'UNCAS à madame la
00:03:59ministre la sonnette d'alarme parce que nos amis maorais ont un peu le
00:04:03sentiment d'être aujourd'hui oubliés et je sais que l'UNCAS relaiera leurs
00:04:08besoins et leurs demandes. Nous avons organisé un comité technique pour
00:04:12rappeler aux dons auprès de la protection civile, de la Fondation de
00:04:15France, de la Croix-Rouge. Nous nous sommes adossés à des grandes
00:04:18associations comme l'Association des maires de France et notre appel a permis
00:04:22de collecter plus de 3 millions d'euros et j'en suis très heureux. Dans cet
00:04:27état d'esprit, au contact régulier des besoins du terrain avec nos CCAS et les
00:04:31habitants, nous concevons avec l'équilibre des
00:04:34régions de l'UNCAS notre action. Bien évidemment pour cela nous comptons
00:04:40aussi sur nos partenaires qu'ils soient associatifs ou institutionnels et je
00:04:44veux vous remercier madame la ministre pour les échanges réguliers que nous
00:04:48menons et qui je l'espère vont aboutir concrètement à faire bouger les lignes
00:04:52en particulier en matière budgétaire. Mais je ne vous cache pas madame la
00:04:56ministre que nos adhérents sont inquiets. Oui ils sont inquiets et je me fais ici
00:05:00leur porte-parole. Inquiets alors que nous allons fêter cette année les 80 ans de
00:05:05la Sécurité sociale. Inquiets lorsque l'on entend parler d'un gel de 9 milliards
00:05:09de crédits pour l'État et la Sécurité sociale. Inquiets en entendant parler
00:05:12d'une économie de guerre, d'un livret d'épargne pour la Défense nationale, de
00:05:16mesures particulières dans un contexte international et géopolitique que nous
00:05:20savons toutes et tous extrêmement tendu. Mais cette situation ne peut pas aboutir
00:05:25à ce que le champ des solidarités soit oublié voire amputé au bénéfice de
00:05:30cette mobilisation. Nous ne pouvons pas être comparé à des
00:05:33pays qui portent à 70 ans l'âge de départ à la retraite ou renouent avec le
00:05:37service obligatoire. Nous restons attachés au modèle social français. Oui le modèle
00:05:42social français qui participe à protéger nos concitoyens. Le général
00:05:46de Gaulle lui-même dans une publication clandestine en zone occupée et non
00:05:50occupée disait le 23 juin 1942 la sécurité nationale et la sécurité
00:05:55sociale sont pour nous des buts impératifs et conjugués.
00:05:59N'oublions pas cela car mesdames et messieurs ne nous y trompons pas si la
00:06:04menace géopolitique est forte et nous oblige à une mobilisation européenne
00:06:07la précarité en France ne cesse d'augmenter. Deux décennies de montée de
00:06:13la pauvreté et de stagnation des bas revenus pèsent lourd sur le quotidien et
00:06:18l'avenir des compatriotes. Si notre modèle social a su amortir les crises
00:06:22récentes une partie non négligeable de la population a vu les revenus de son
00:06:26travail régresser et la baisse du chômage s'enrayer. En 20 ans le niveau de
00:06:32vie médian des plus précaires a stagné puisqu'il est passé de 772 euros en 2002
00:06:38à 832 euros en 2022, 20 ans plus tard. Paradoxe insupportable pour nous dans
00:06:45une société qui produit des richesses chaque année plus nombreuses les
00:06:48inégalités se creusent, la valeur produite est capturée par quelques-uns
00:06:52tandis que la précarité gagne du terrain.
00:06:54Les exemples ne manquent pas malheureusement. Ici des mamans, les
00:06:59familles monoparentales étant souvent portées par des femmes qui se demandent
00:07:02comment elles vont réussir à nourrir leurs enfants alors que le mois débute
00:07:06à peine et que le compte en banque est désespérément vide. Là des personnes
00:07:11âgées souvent les plus concernées par les logements en précarité énergétique
00:07:14qui voient leur facture s'envoler. Sans parler de ceux qui s'inquiètent du
00:07:19potentiel doublement des franchises médicales ou du reste à charge lors de
00:07:23leur visite chez le médecin quand ils ont la chance d'en trouver un.
00:07:26Oui la situation est urgente comme l'a prouvé la dernière nuit de la
00:07:30solidarité et les différentes études signalant l'augmentation du nombre de
00:07:34femmes et d'enfants à la rue. Ce tableau mesdames et messieurs il n'est pas
00:07:39apocalyptique ou outrancier, il est le reflet de la réalité. Il y a ici beaucoup
00:07:44d'élus locaux qui par-delà les obédiences partisanes partagent sans aucun
00:07:49doute mon inquiétude. Partout le constat est le même, la précarité est en train
00:07:54de s'intensifier. Pourtant depuis sept ans nous n'avons eu droit qu'à une
00:07:58stigmatisation des bénéficiaires des minima sociaux, à la mise au travail
00:08:02forcé et gratuit des bénéficiaires du RSA, à la baisse des aides personnalisées
00:08:06au logement, à la radiation des chômeurs de longue durée de France
00:08:10Travail. Le budget 2025 voté dans les conditions que l'on connaît à
00:08:14l'Assemblée nationale prévoit des coupes budgétaires dans de nombreux
00:08:17secteurs et notamment plus de 2 milliards d'euros d'économies pour les
00:08:21collectivités territoriales. La difficulté, on l'aura compris, des
00:08:26communes à anticiper l'état de leurs finances à moyen terme nous expose
00:08:30pourtant un effet ciseau mettant en danger notre capacité d'investissement
00:08:34et donc le maintien de politiques publiques efficaces notamment en
00:08:37matière de prévention de la pauvreté. Car je persiste à croire que cette
00:08:41prévention c'est la clé, la solution qui doit nous permettre d'envisager une
00:08:45société plus juste. Il nous faut endiguer le déclassement
00:08:48qui touche la classe moyenne avant qu'une vague de précarité ne conduise à
00:08:52une submersion de notre modèle social. Pour cela il faut s'appuyer sur les élus
00:08:58locaux et notamment les maires car comme le montre notre baromètre du social plus
00:09:03de deux tiers d'entre eux obtiennent la confiance de nos concitoyens à
00:09:06contrario de nos autres responsables politiques.
00:09:09Nous sommes les premiers relais républicains de la population et au
00:09:12travers de nos CCAS irriguons le lien de solidarité sur nos territoires.
00:09:16Prenons par exemple cette question qui nous est chère à tous, la société du
00:09:21bienveillir, sujet majeur. Paradoxe, nous parlons souvent de
00:09:26transition écologique et c'est normal, de transition numérique et c'est très
00:09:31bien mais on parle peu de transition démographique.
00:09:34Les CCAS, nous portons 60% en France des résidences autonomes, 10% des
00:09:407500 établissements publics tous en déficit, 95% de nos compatriotes nous
00:09:46demandent de rester chez eux ce qui pose derrière la question de l'aide à
00:09:51domicile mais aussi la question des aidants évidemment 8 à 11 millions en
00:09:55France, 4 millions et demi d'aidants salariés qui ont un taux de mortalité
00:09:5965% supérieur aux autres parce qu'à force de s'occuper de ceux qui en ont
00:10:04besoin ne s'occupe plus d'eux et donc je le glissais tout à l'heure auprès de
00:10:08madame la ministre, nous plaidons, nous l'unicassent, que ces 4 millions et demi
00:10:11de salariés puissent être intégrés eux aussi sur des critères de pénibilité
00:10:16pour un départ à la retraite plus tôt.
00:10:20La loi sur le bienveillir qui a été votée l'an dernier est la première pierre
00:10:30d'une grande maison qu'il nous faut construire au regard de la pyramide des
00:10:33âges projetée pour 2030, 2040 et 2050 et nous saluons le triplement même si
00:10:40c'est toujours insuffisant mais ça c'est mon rôle de le dire madame la ministre
00:10:43de 100 à 300 millions d'euros du fonds d'urgence pour les EHPAD. Il est d'ailleurs
00:10:48nécessaire que nos CCAS soient intégrés au comité départementaux en charge d'être
00:10:52réunis ces fonds puisque l'an dernier nous étions exclus du tour de table
00:10:56sous le prétexte que de toutes les façons les EHPAD reliés aux collectivités
00:11:00étaient mis en dotation d'équilibre et je crois que ce n'est pas nous faire une
00:11:04bonne manière. Néanmoins nous ne voyons toujours pas
00:11:07arriver la loi de programmation sur le grand âge qui nous avait été promis en
00:11:112019 par le chef de l'état, en novembre 2023 par la première ministre.
00:11:16Nous sommes évidemment prêts et vous le savez à travailler avec le gouvernement
00:11:19sur cette question de concert avec nos parlementaires.
00:11:22Imaginez ainsi cette question de la société du bienveillir pour nos
00:11:26territoires ultramarins. Je le dis depuis cinq ans maintenant ces
00:11:30territoires vivant pire ce que nous vivons en hexagone et ils n'ont pas le
00:11:34luxe de pouvoir choisir entre défense de la nation,
00:11:37sauvegarde des services publics et fin de mois difficiles.
00:11:40Notre dernier baromètre du social en partenariat avec l'IFOP nous a montré
00:11:44que près de 70%, je redonne ce chiffre parce qu'il est affolant,
00:11:4870% de nos concitoyens ne se sentent pas proches des préoccupations des
00:11:53ultramarins. C'est dire le fossé que les gourées normandes sur le site sur des
00:11:58dizaines d'années ont laissé se creuser entre les territoires de la République.
00:12:01Le gouvernement doit s'appuyer sur notre travail, en particulier notre manifeste
00:12:05pour les Outre-mer piloté par notre première vice-présidente Erika Barrech
00:12:09que nous avons remis à l'exécutif voilà quelques années maintenant.
00:12:13Erika Barrech que j'excuse pour les raisons que vous pouvez imaginer.
00:12:16Mais également le gouvernement peut s'appuyer sur la proposition de loi
00:12:20déposée par le président honoraire de l'UNCAS, le sénateur Patrick Cadrière
00:12:24afin de créer une agence nationale d'évaluation des politiques publiques
00:12:28ultramarines. Vous le voyez l'UNCAS agit et propose
00:12:31à l'image des maires qu'elle représente. Nous continuerons cette année à porter
00:12:34une attention particulière à la question du logement, préoccupation
00:12:39majeure des français. Comme le montre le baromètre du social, 69% de nos
00:12:45concitoyens estiment que le logement constitue un domaine d'action sociale
00:12:49prioritaire, soit une hausse de 5 points en deux ans. Accès au logement, logement
00:12:54d'urgence, logement social, adaptation des habitations à la perte d'autonomie des
00:12:58personnes âgées ou en situation de handicap. Les sujets ne manquent pas pour
00:13:02ce que j'appelle une densité harmonieuse dans nos villes.
00:13:05J'ai écouté avec attention les annonces de Valérie Lettard, ministre du
00:13:09logement, le 11 mars lors du MEPIM afin de faciliter la construction de
00:13:13logements dans notre pays. J'espère ainsi que l'aide de 100
00:13:16millions d'euros dans le cadre du fonds vert pour les communes ainsi que les
00:13:19décrets de simplification seront rapidement mis en oeuvre.
00:13:24Enfin pour conclure, nous ne pouvons pas ignorer le cri d'alarme poussé par nos
00:13:28agriculteurs. Rendez-vous compte, ils nous nourrissent et n'arrivent plus eux-mêmes à
00:13:32se nourrir, c'est le monde à l'envers. C'est pour cette raison que l'UNCAS a
00:13:36monté un groupe de travail spécifique sur le sujet de l'alimentation afin de
00:13:40réfléchir au modèle économique de l'aide alimentaire d'aujourd'hui et de
00:13:43demain alors que les besoins ne cessent là aussi d'augmenter parmi les
00:13:47travailleurs pauvres, les seniors et les jeunes. Autant de nouveaux publics qui
00:13:52poussent la porte de nos CCS. Je note ainsi le fourmillement d'idées
00:13:55autour de ce que certains appellent la sécurité sociale alimentaire. Des
00:14:00initiatives locales existent en Alsace, à Montpellier, à Clermont-Ferrand et ici
00:14:05même en Savoie puisque la CAF et la mutualité sociale et agricole des Alpes
00:14:09du Nord se sont associées pour lancer dès le mois de juin prochain un
00:14:12dispositif en ce sens. Toutefois la question centrale finalement
00:14:16demeure quelle place et quel rôle pour nos collectivités.
00:14:20Notre baromètre nous rappelle que pour les trois quarts des Français, l'accès à
00:14:24une alimentation de qualité et bon marché est une préoccupation majeure.
00:14:28Rien d'étonnant quand on sait que le panier alimentaire a augmenté de plus
00:14:32de 21% depuis janvier 2022. Nous savons que ce n'est pas d'échec dont nos
00:14:38concitoyens ont besoin. Nous délivrons tous des aides alimentaires mais
00:14:43l'enseignement que nous tirons de la période post-covid est ce que nous
00:14:46devons avoir au niveau de l'Etat une stratégie globale qui doit conforter la
00:14:50coordination des acteurs sur le terrain et réfléchir à un modèle économique
00:14:53pérenne. Deux sujets sur lesquels travaillent nos administrateurs dans le
00:14:57cadre d'un groupe constitué dernièrement. C'est la condition pour
00:15:01moi sine qua non pour faciliter l'accès à chacun aux produits de première
00:15:06nécessité et à une nourriture de qualité. En conclusion, je veux vous dire que toutes
00:15:12les crises que nous avons traversées constituent une source d'inquiétude
00:15:15légitime pour nos compatriotes. Face à toutes ces difficultés, les CCAS sont
00:15:20plus que jamais au cœur du quotidien de nos concitoyens.
00:15:23C'est pourquoi nous continuerons à structurer notre réseau, à le développer
00:15:27et je salue les nouvelles unions départementales présentes ce matin qui
00:15:30portent à 77 notre maillage territorial. Ce réseau, il fait notre force et le
00:15:35Tour de France que j'ai initié est déjà riche de plus d'une quarantaine de
00:15:38déplacements dans les territoires de l'Hexagone et ultramarins et je
00:15:42continuerai avec des échanges prochainement à Nice, aux Herbiers, à
00:15:45Toulouse et en Guyane mon travail. La lutte contre la précarité, les
00:15:51Outre-mer, la société du bienveillir, le logement et l'accès à l'alimentation,
00:15:55voilà les priorités que nous avons formulées il y a cinq ans et je souhaite
00:15:59que dans le prochain mandat les questions de la santé mentale et de la ruralité
00:16:02fassent l'objet d'un suivi tout particulier. Avec mes collègues du Bureau
00:16:06national que je salue de nouveau pour leur travail,
00:16:09nous continuerons à porter des propositions fortes, toujours de manière
00:16:12transpartisane, pour faire avancer la cause de la cohésion sociale et
00:16:16territoriale. Je veux les remercier ainsi que toute l'équipe de la
00:16:21délégation générale qui a organisé ces trois jours de travaux. L'an prochain
00:16:26nous fêterons nos 100 ans, donc l'an prochain nous serons à Paris. Mais avant
00:16:32de nous retrouver à Paris, de beaux et bons travaux nous attendent et encore
00:16:35une fois je suis très fier de vous voir aussi nombreuses et nombreux. Preuve en
00:16:40est qu'il y a un réel attachement entre les élus, les techniciens,
00:16:44l'institution que nous représentons au service de nos compatriotes. Je vous
00:16:48remercie.
00:16:52J'invite les intervenantes de cette table ronde.
00:16:56Patrick Cannaire, sénateur du Nord, ancien ministre et ancien président de
00:17:00l'UNCAS. Faut-il le rappeler ? Monsieur le sénateur, prenez place.
00:17:05Bernouille Besse, députée de Vendée et vice-présidente de l'UNCAS. Isabelle
00:17:12Vatinen, qui est la directrice du CCAS de Cherbourg mais qui est aussi la
00:17:17présidente de l'ACTAS, l'association des cadres territoriaux de l'action
00:17:21sociale. Venez à côté de moi. Et puis Léa Philoche, maire adjointe de
00:17:26Paris, en charge des solidarités.
00:17:34Alors, service locaux, service au rabais, on a bien vu ce matin que la
00:17:39question des moyens, ce qu'on a appelé le nerf de la guerre, est essentiel.
00:17:44Mais comment répondre à cette question ? Comment assurer un service public de
00:17:48qualité à l'heure de la contrainte budgétaire alors que continue à
00:17:53augmenter la demande sociale, les besoins sociaux ? Comment s'organiser ?
00:17:57Comment imaginer l'évolution des services publics et en particulier de
00:18:02l'action sociale menée par les CCAS ? On va partir là encore du concret, du
00:18:08réel. On va, avec vous Isabelle Vatinen, directrice du CCAS de
00:18:13Cherbourg, voir comment on prend cette contrainte budgétaire en compte,
00:18:19comment on agit et comment on fait en sorte de ne pas aller vers un
00:18:23service public au rabais, un service public low cost.
00:18:31Bonjour à toutes et à tous.
00:18:33Donc, dans la préparation et les échanges qu'on a pu avoir avant cette
00:18:37table ronde, on a pu évoquer les valeurs du service public qui nous
00:18:41sont chers aussi bien à l'ACTAS qu'à l'UNCAS, mais surtout le fait de
00:18:47pouvoir être en continuité d'adaptation.
00:18:50L'adaptabilité, c'est un des grands principes de la fonction publique et
00:18:53des services publics et je pense qu'aujourd'hui, on le démontre de
00:18:56plus en plus et les besoins doivent vraiment être évalués, réajustés
00:19:02continuellement. Et pour pouvoir justement offrir un service public de
00:19:06qualité, il faut aussi que ce soit un choix, un choix politique.
00:19:10À Cherbourg, en l'occurrence, on a quasiment tous nos services en
00:19:14régie municipale. Il y a un vrai choix et c'est une vraie volonté.
00:19:18Et quand vous dites les services, c'est aussi des équipements, des
00:19:20EHPAD à Cherbourg.
00:19:23Complètement, il y a une filière d'accueil pour les personnes âgées,
00:19:27notamment, qui passent de la gestion des clubs seniors vers les
00:19:31services de maintien à domicile, les résidences autonomie, les EHPAD.
00:19:35Et c'est vraiment un maillage à l'échelle d'un territoire qui vient
00:19:39se renforcer, bien sûr, avec les associations, bien sûr, avec les
00:19:42partenaires locaux, institutionnels ou associatifs.
00:19:45Mais je confirme que c'est vraiment un choix et une vraie volonté de
00:19:51pouvoir avoir des services publics aujourd'hui, parce que ça a des coûts.
00:19:55Forcément, les services ne sont pas équilibrés, les établissements ne
00:19:59sont pas équilibrés, mais on travaille aussi avec les équipes pour qu'il
00:20:03puisse y avoir une responsabilité collective autour de toutes ces
00:20:08économies d'échelle que l'on peut avoir et surtout pour que ça soit
00:20:12porté de manière collective dans une vraie volonté.
00:20:15Et vous avez commencé votre propos en parlant d'adaptabilité, donc en
00:20:20venant au principe de ce qu'est le service public, bien sûr la
00:20:23neutralité, mais aussi l'accueil sans condition de tous les usagers.
00:20:30C'est peut-être ça, quand on préparait le débat, vous m'avez dit
00:20:32qu'il faudrait rappeler ce qu'est le service public.
00:20:35Oui, tout à fait.
00:20:36Donc, les trois principes, je ne vais pas les rappeler, mais
00:20:39l'équité et l'accueil inconditionnel des populations, aujourd'hui,
00:20:43il est important.
00:20:44On souhaite notamment, par exemple, développer l'action autour des
00:20:48personnes qui viennent se domicilier au sein des CCAS qui, là encore,
00:20:51ne sont pas en diminution, parce qu'on s'aperçoit avec les
00:20:55travailleurs sociaux que les personnes qui poussent la porte pour être
00:20:59domiciliées, il y a tout un tas d'accompagnements derrière qui n'est
00:21:03pas toujours évident à proposer le jour de la domiciliation.
00:21:06Donc, on a mis en place une expérimentation autour d'un
00:21:09accompagnement individualisé des personnes domiciliées pour leur
00:21:12permettre justement d'avoir une vision à 360 degrés de l'offre au
00:21:17niveau du territoire et surtout pour limiter le non-recours.
00:21:21Réponse individualisée, donc la recherche d'une qualité de la
00:21:26réponse et aussi un travail collectif de vos équipes sur la
00:21:32bienveillance et l'accueil, là aussi, de qualité de chacun,
00:21:37quelle que soit la diversité des demandes.
00:21:39Complètement, une volonté, là aussi, comme vous le dites,
00:21:42d'accompagner les équipes dans une démarche collective.
00:21:47On a pu aussi proposer avec la vice-présidente du CCAS une
00:21:51formation autour de la notion de bientraitance organisée sur deux
00:21:56journées, une journée où on a posé les valeurs de la bientraitance au
00:22:02sein du CCAS de Cherbourg, mais aussi, la deuxième journée,
00:22:06on a retravaillé par corps deux métiers pour justement affiner
00:22:09cette notion de bientraitance, que ce soit en EHPAD,
00:22:11que ce soit à l'accueil, que ce soit à les travailleurs
00:22:13sociaux ou que ce soit dans tous les établissements.
00:22:17En fait, la volonté, là, c'est le CCAS de Cherbourg,
00:22:19c'est 400 agents, c'est que les 400 agents puissent
00:22:21participer sur les deux années à venir à ces deux jours autour
00:22:25de la notion de bientraitance.
00:22:26400 agents, des formations, la bientraitance.
00:22:29Concrètement, ces formations, ça se passe comment ?
00:22:34Comment on définit la bientraitance ?
00:22:36Comment on évalue le moment où on est dans ce qu'on appelle dans les
00:22:40EHPAD la maltraitance institutionnelle ?
00:22:41Et souvent, on dit la maltraitance, elle commence quand il n'y a pas
00:22:45assez de personnel.
00:22:46Oui, complètement.
00:22:47Alors, c'est pareil, l'attractivité des métiers,
00:22:49c'est aussi un axe sur lequel il faut que l'on puisse travailler
00:22:53pour permettre ces services publics de perdurer.
00:22:57La notion de bientraitance, il ne faut pas l'opposer à la
00:23:00maltraitance, en fait.
00:23:01Il faut aussi avoir vraiment un regard,
00:23:05un regard, une prise de hauteur autour de cette notion.
00:23:09On est confronté, comme tout le monde, à des retours de
00:23:12mécontentement d'usagers sur les réseaux sociaux.
00:23:16Et ça, c'est très violent pour les équipes.
00:23:18Donc, on essaie de travailler au quotidien vraiment pour donner un
00:23:21sens d'optimisme et de positivité au sein de nos équipes pour
00:23:26pouvoir leur permettre de tenir sur la durée et de pouvoir se
00:23:29sentir dans un collectif.
00:23:31Et puis, faire la différence entre la réponse émotionnelle qu'on
00:23:34trouve justement sur les réseaux sociaux et puis la qualité de
00:23:38réponse qui a été apportée.
00:23:40Léa Filoche, maire adjointe de Paris,
00:23:42en charge des solidarités.
00:23:45Même le titre exact est des solidarités de l'hébergement
00:23:48d'urgence, de la protection des réfugiés,
00:23:50de la lutte contre les inégalités et contre l'exclusion.
00:23:53Ce n'est pas inintéressant de le dire parce que c'est aussi la
00:23:55responsabilité qu'on retrouve dans l'ensemble des métropoles,
00:23:58avec une diversité des besoins.
00:24:02Et la bientraitance, aujourd'hui, elle évolue parce que certes,
00:24:06il y a l'accueil, il y a un conditionnel au guichet dans les
00:24:11bureaux des CCRS.
00:24:12Et puis, il y a une nouvelle relation avec les usagers,
00:24:14qui est la relation avec le numérique aussi,
00:24:17qui change les choses, qui change les pratiques.
00:24:20C'est vrai. Bonjour. Bonjour à toutes et à tous.
00:24:22C'est vrai que la question de la dématérialisation des services
00:24:26publics, elle est assez centrale dans l'objectif qu'on se donne
00:24:28d'essayer d'avoir des services publics qui soient ambitieux dans
00:24:31la qualité de l'accueil.
00:24:33On parlait de maltraitance psychique ou physique.
00:24:36Il y a aussi de la maltraitance administrative qui vient se
00:24:39cumuler parfois, d'ailleurs, avec les autres formes de
00:24:41maltraitance qu'on peut connaître.
00:24:43Et où là, le service public, il doit être vraiment à la
00:24:44hauteur des enjeux.
00:24:47Et nous, depuis, je le vois à Paris,
00:24:49mais j'imagine qu'on le retrouve partout,
00:24:52la dématérialisation un peu à marche forcée d'une partie des
00:24:55services publics de l'Etat dans tous nos territoires.
00:24:58C'est ressenti de manière assez brutale,
00:25:00en particulier pendant le Covid, où on a vu un nombre d'accueils
00:25:05de la CAF, de la CNAV, de la Sécu, de pôles emplois fermés au public
00:25:10et émettre un certain nombre de barrières pour pouvoir accéder
00:25:15éventuellement à une demande de rendez-vous.
00:25:18Et cette dématérialisation à marche forcée,
00:25:21elle a eu comme effet, et c'est ce qu'on a vraiment constaté,
00:25:25de renvoyer tout un tas de publics vers les services sociaux des
00:25:29collectivités locales, qui sont en fait un peu les
00:25:32derniers à accueillir de manière inconditionnelle.
00:25:35Donc effectivement, nous, on ne demande pas aux gens de
00:25:37prendre rendez-vous sur Internet pour venir nous voir,
00:25:39ils n'ont qu'à pousser la porte.
00:25:41Et du coup, ça a eu un double effet.
00:25:44Le premier, c'est que les personnes ont poussé la porte des
00:25:47services sociaux pour demander l'accès à leurs droits de la CAF,
00:25:51de la Sécu ou de la CNAV.
00:25:53Évidemment, on n'est pas compétent pour le faire.
00:25:54Donc du coup, il y a une forme, évidemment, d'insatisfaction,
00:25:59parfois même de colère qui peut se dégager de l'incapacité que
00:26:03nous avons à pouvoir répondre à une demande sur laquelle nous
00:26:05ne sommes pas compétents.
00:26:07Et puis, il y a une forme aussi d'usure pour les équipes,
00:26:09de ne pas être capable de répondre et donc d'accompagner de
00:26:13manière efficace une personne qui se retrouve dans une situation
00:26:16administrative dans laquelle ils n'arrivent pas à sortir.
00:26:20Et là, justement, on répond à la question parce que l'usager,
00:26:23il a l'impression qu'on lui fait une réponse au rabais.
00:26:26Non seulement il a l'impression qu'on le fait au rabais,
00:26:27mais en plus, en vérité, ce que ça a comme effet,
00:26:29c'est que ça crée du non-recours aux droits, en vérité.
00:26:32Et donc, dans la foulée du non-recours,
00:26:35ça veut dire que dans les semaines,
00:26:38les mois qui suivent l'abandon de la démarche de la personne,
00:26:41en vérité, on va retrouver la personne dans une situation
00:26:44encore plus complexe, encore plus difficile et donc encore
00:26:47plus chère au sens propre comme au sens figuré et accompagnée.
00:26:50Et donc, c'est là que, pour moi, la vision qui nous manque dans
00:26:55la capacité de l'État à pouvoir être un peu organisatrice de
00:26:58l'accès aux droits qui passe par les collectivités.
00:27:01On ne dit pas qu'on ne veut pas participer à l'accès aux droits,
00:27:04on dit juste qu'on ne peut pas le faire tout seul.
00:27:07C'est là qu'il y a un petit hiatus, en vérité.
00:27:10C'est qu'aujourd'hui, on est face à des publics sur
00:27:13lesquels nous ne pouvons pas répondre,
00:27:16parce que nous ne sommes pas compétents pour débloquer des
00:27:18droits à la CAF, des droits à la CQ ou des droits à la CNAV.
00:27:22Et en même temps, si on ne le fait pas,
00:27:24tout le reste ne peut pas s'enclencher,
00:27:26et notamment ce qui relève des missions des CCS.
00:27:29Et donc, c'est une situation inestricable et qui crée de la
00:27:34frustration, de la colère et puis, pour nous, de l'impatience,
00:27:37parce qu'encore une fois, on a des équipes qui sont très usées.
00:27:39Et puis, du coup, ce qu'a essayé de faire un peu l'État,
00:27:41vous l'avez dû le voir dans vos territoires aussi,
00:27:44c'est qu'ils ont créé les outils,
00:27:47les espèces d'accueil France Service.
00:27:52On en parlera, on aura un débat sur le sujet.
00:27:56Je veux bien qu'on s'en parle, parce que là, pour le coup,
00:27:57en termes de services publics low cost,
00:27:59pardon, mais on se pose bien là.
00:28:01C'est-à-dire qu'on a supprimé les équipes de travail social,
00:28:04on a supprimé les équipes pluridisciplinaires qui
00:28:07permettaient, qui n'étaient pas parfaites,
00:28:09mais qui permettaient quand même de se partager quelques
00:28:11situations individuelles et puis de faire émerger des propositions
00:28:14et des accompagnements partagés pour ouvrir des France Service,
00:28:20où ce n'est pas des travailleurs sociaux.
00:28:22Je n'ai rien contre les personnels qui travaillent dans les France
00:28:25Service, mais on sait bien quelle est la limite de l'exercice,
00:28:28de pallier à ce qu'aujourd'hui, le service public doit pouvoir
00:28:32se donner, encore une fois, comme perspective de qualité
00:28:34d'accompagnement, de qualité de service pérenne.
00:28:36Là, aujourd'hui, dès qu'il y a un changement de situation,
00:28:39on perd les gens, en fait, parce qu'en fait,
00:28:42vous le savez encore mieux que moi, mais c'est là que, pour nous,
00:28:45on a un intérêt central, un, à se parler entre nous pour
00:28:48partager les bonnes idées, les bonnes expériences et les choses
00:28:51qu'on invente sur le territoire, et deux, à continuer d'interpeller
00:28:53l'Etat pour dire qu'on a besoin d'avoir les moyens,
00:28:56non seulement d'assumer ce qu'il ne fait plus,
00:29:00mais aussi de construire des politiques publiques ambitieuses.
00:29:03Alors, ce que vous nous dites
00:29:08fait écho à la formule du premier maître dont parle Luc Carvounas,
00:29:12c'est-à-dire qu'on va naturellement vers le guichet du CCS,
00:29:17vers cet accueil, et qu'en même temps, de fait,
00:29:19vous vous retrouvez en première ligne et que pour l'usager qui va
00:29:23être insatisfait, de toute façon, il va accuser la puissance publique,
00:29:27l'administration, et il ne va pas trier entre l'Etat et les
00:29:31différents niveaux et les agences et les administrations.
00:29:34Le premier qui va accuser, c'est le maire.
00:29:36De toute façon, c'est toujours le maire qui prend quoi qu'il se passe,
00:29:40que ce soit parce que la personne n'arrive pas à ouvrir ses droits,
00:29:42que ce soit parce qu'il y a une rupture de prise en charge ou que
00:29:45ce soit parce qu'on le renvoie vers un autre dispositif.
00:29:50Et donc, de toute façon, c'est toujours la faute du maire ou de
00:29:52son équipe ou de la direction, notamment des CCS.
00:29:57Donc ça, c'est vrai que c'est très dur.
00:29:58Et en fait, du coup, on se prend l'escut de tout le monde,
00:30:00c'est-à-dire qu'on se prend l'escut des personnes qui ne sont pas
00:30:03contentes parce qu'elles ne trouvent pas réponse,
00:30:06encore une fois, malgré nos tentatives.
00:30:09On se prend l'escut des professionnels du travail social
00:30:14qui s'épuisent à essayer de trouver des réponses,
00:30:16mais pour lesquelles nous ne sommes pas outillés.
00:30:18Et puis, on se prend l'escut de l'Etat qui vient nous dire,
00:30:21ce matin particulièrement,
00:30:23c'est parce que vous êtes chacun dans vos silos et que vous ne savez
00:30:25pas travailler tous ensemble.
00:30:28Pardon, mais il y a un moment où il faut savoir être cohérent.
00:30:31Donc, on ne peut pas se prendre tout l'escut sans avoir au moins la
00:30:35compensation des moyens que l'Etat devrait pouvoir assurer.
00:30:39Alors, si on veut faire un droit de suite avec le débat de ce matin,
00:30:41on voit bien la nécessité, déjà, de coordonner,
00:30:46d'améliorer les relations.
00:30:48Et ça passe aussi par l'interopérabilité des systèmes,
00:30:52ça passe par tout un tas de choses qui, aujourd'hui,
00:30:54sont un peu en panne.
00:30:56Alors ça, c'est parce que, je sais, on en a parlé,
00:30:58vous voulez me faire dire un truc. Il y a une anecdote.
00:31:00Moi, je suis élue de la ville de Paris.
00:31:02C'est une grosse ville, très outillée,
00:31:04notamment en termes de développement des systèmes
00:31:06d'information.
00:31:07Franchement, on est assez costaud.
00:31:09Et en fait, je me suis rendue compte, ça fait cinq ans,
00:31:11je suis élue depuis juillet 2020,
00:31:13ça fait cinq ans que je me rends compte qu'on a des systèmes
00:31:16d'information avec des pare-feu, des trucs pour protéger,
00:31:18évidemment, RGPD, les machins, les trucs.
00:31:21En fait, la CNAV, qui a entièrement fermé
00:31:25l'entièreté de ses accueils physiques en 2020,
00:31:29a créé un système d'information avec des pare-feu
00:31:32où ils ne sont pas compatibles avec les nôtres.
00:31:34Aujourd'hui, cinq ans plus tard, on ne peut toujours pas s'envoyer
00:31:36de pièces jointes avec la CNAV.
00:31:38On ne peut pas s'envoyer de pièces jointes.
00:31:40Je suis à deux doigts de vouloir réinventer le fax pour essayer
00:31:43de trouver des solutions, de régler les situations individuelles.
00:31:48Franchement, on est quand même dans un monde qui marche
00:31:50complètement à l'envers, où aujourd'hui,
00:31:52on a effectivement une démarche sans concertation,
00:31:56sans stratégie et sans partage d'une partie des services
00:32:00publics d'État, qui ont dématérialisé,
00:32:02y compris par leur système d'information,
00:32:04sans se poser la question de ce qui se passe.
00:32:07Comment est-ce que quelqu'un qui cherche à avoir,
00:32:09éventuellement, ouvrir ses droits à la Sécu,
00:32:11ouvrir ses droits à la CNAV et ouvrir ses droits à la CAF,
00:32:14chacun a fait son propre formulaire avec son propre
00:32:17modus operandi, avec ses propres rythmes,
00:32:19sans penser que peut-être ce n'était pas compatible avec le
00:32:22voisin ou celui d'à côté.
00:32:23Et résultat, on crée du non-recours, encore une fois,
00:32:26on crée de l'abandon et de l'insatisfaction,
00:32:28et c'est sur les CCS que la plupart des insatisfactions
00:32:31viennent se déverser, vu que nous, on est restés ouverts.
00:32:34Et là, on n'est pas sur une question budgétaire.
00:32:36Ah non, ce n'est pas une question budgétaire.
00:32:38Là, on dit qu'on n'a plus les moyens.
00:32:40Mais non, ce n'est pas une question de moyens,
00:32:41c'est une question de volonté.
00:32:43C'est une question juste de cohérence et de,
00:32:47encore une fois, de stratégie.
00:32:48Ce n'est pas plus compliqué que ça.
00:32:50Si on décide qu'il y a une organisation qui doit se
00:32:53dématérialiser, je ne suis pas contre la dématérialisation.
00:32:55C'est vrai, ça fait même venir au service public des gens qui,
00:32:58sinon, n'oseraient pas pousser la porte.
00:32:59Il faut le reconnaître.
00:33:00Donc, il ne faut pas dire qu'il ne faut pas de la dématérialisation.
00:33:02Il faut la faire intelligemment, de manière partagée,
00:33:05en cohérence avec le reste de ce qui relève des missions générales,
00:33:09et surtout, avec l'objectif que les gens aient accès aux droits.
00:33:12Ce dont on a l'impression là, c'est qu'on a construit les choses
00:33:15un peu à l'envers, et qu'on a essayé de limiter l'accès
00:33:19aux droits d'une partie des personnes.
00:33:21D'ailleurs, on le voit dans tout un tas de dispositifs
00:33:23qu'on peut connaître.
00:33:26Moi, je vis les départements à Paris.
00:33:29Honnêtement, on sait que 35 à 40 % des personnes qui ont le droit
00:33:32à l'URSSA ne le demandent pas.
00:33:35On sait que plus de 50 % des personnes qui ont le droit à l'aide
00:33:38médicale d'Etat ne le font pas.
00:33:40Donc, tout ça crée du non-recours et fait que c'est des gens qu'on
00:33:43retrouve des semaines, des mois, parfois des années plus tard,
00:33:47dans des situations encore plus dramatiques et plus chères.
00:33:49S'il y avait eu un peu de stratégie, un peu d'organisation et un peu
00:33:51de coordination, potentiellement, même les systèmes d'information
00:33:54auraient coûté moins cher aux collectivités et à l'Etat,
00:33:57plutôt que de faire là, de gérer du poste d'urgence.
00:34:01Du coup, on gère de l'urgence et de la gestion de misère.
00:34:04Franchement, c'est très dommage, dommageable pour l'intérêt
00:34:07général, dommageable pour le service public, mais dommageable
00:34:09surtout pour les publics qu'on veut accompagner.
00:34:12Donc, ce que vous nous dites aussi, c'est qu'il y a des démarches et
00:34:18d'autant que vous, votre collectivité, elle a fait le choix
00:34:21d'avoir une politique sociale, des budgets sociaux qui sont
00:34:24restés au niveau.
00:34:26Oui, on a essayé, la maire de Paris et l'exécutif sur ce mandat-là,
00:34:32s'est engagé à avoir deux pieds, deux jambes, deux pieds, en tout cas,
00:34:35de fonctionner dans la perspective de construire des politiques
00:34:38publiques ambitieuses en matière sociale et en matière écologique.
00:34:41Donc, on a maintenu ça.
00:34:43Aujourd'hui, on se retrouve quand même dans une situation complexe.
00:34:45D'abord, parce que la précarité a augmenté.
00:34:48On peut tourner le problème dans tous les sens.
00:34:50La précarité a clairement augmenté dans nos territoires et donc les
00:34:54moyens qui sont alloués n'ont pas augmenté au même niveau.
00:34:58Donc, ça, c'est une première difficulté.
00:34:59La deuxième difficulté, c'est qu'on a quand même un
00:35:02Etat qui vient piocher dans les ressources des collectivités
00:35:05locales tranquilles pour s'assurer de pouvoir essayer d'avoir un
00:35:10budget à peu près équilibré.
00:35:13Nous, on ne peut pas faire ça.
00:35:13On ne peut pas aller piocher dans les ressources de je ne sais pas qui.
00:35:16De toute façon, on est obligé de présenter un budget équilibré.
00:35:18Donc, on n'a pas le droit de voter un budget avec moins de 3 %
00:35:21ou je ne sais pas quoi.
00:35:22Donc, on jongle en permanence, on fait du bricolage,
00:35:25là aussi, en étant en plus percutés en permanence par des crises.
00:35:29La crise du Covid, la crise de l'Ukraine,
00:35:31la crise de l'énergie, la crise de l'inflation,
00:35:33la crise de l'accueil migratoire.
00:35:35C'est ça qu'on a fait pendant cinq ans.
00:35:37Donc, on a essayé de porter notre mandat,
00:35:38d'assumer nos missions de services publics tout en resserrant
00:35:41les filets de la solidarité et en étant percutés en permanence
00:35:45par des crises sans aucun accompagnement correctement,
00:35:49encore une fois, organisé et structuré que l'Etat
00:35:52devrait pouvoir venir nous soulager de temps en temps.
00:35:55Et ça, franchement, on le ressent très fort et on le ressent
00:35:58aussi budgétairement parce que là, aujourd'hui,
00:35:59on est obligé de faire des choix, des choix mais ultra durs.
00:36:03Le choix, c'est de choisir entre, pardon,
00:36:06mais est-ce qu'on continue à investir dans se soigner
00:36:09ou est-ce qu'on continue à investir dans se nourrir ?
00:36:11On parle de droits fondamentaux.
00:36:13Et dans les budgets de 2025 des collectivités,
00:36:17je le sais, c'est partagé par nombre de collectivités
00:36:19de toutes couleurs politiques confondues.
00:36:21Aujourd'hui, c'est des choix dramatiques et drastiques
00:36:23qu'on est obligé de faire et qui vont avoir quoi comme effet ?
00:36:26De retrouver des publics qu'on ne pourra plus accompagner
00:36:29ou plus couvrir suffisamment dans un an, dans deux ans,
00:36:32dans des conditions encore plus abîmées et encore plus précaires.
00:36:36Honnêtement, encore une fois, c'est de la politique
00:36:39et de la gestion à la petite semaine.
00:36:40Honnêtement, on nous fait même gâcher du budget.
00:36:43Je prends un exemple très dommageable,
00:36:46en tout cas que nous, on regrette particulièrement.
00:36:49Avec l'Etat, on cofinançait un dispositif qui s'adressait
00:36:52aux jeunes à la rue.
00:36:55Donc on a un sujet jeunes à la rue, ce n'est pas nouveau,
00:36:58ça fait plusieurs années que ça dure.
00:37:00De jeunes scolarisés, choisis et encadrés par le rectorat
00:37:04et l'Etat finançait à 70 % un dispositif pour 108 d'entre eux
00:37:08pour les mettre à l'abri le temps de finir leurs études.
00:37:11Il a décidé tout seul de stopper ce dispositif,
00:37:14donc on cofinançait à 30 %,
00:37:16et de remettre les jeunes à la rue le 31 décembre 2024,
00:37:21en cours d'année scolaire.
00:37:23La ville de Paris a dépensé 460 000 euros sur l'année 2024
00:37:26pour participer à la prise en charge de ces jeunes,
00:37:29c'est jeté à la poubelle.
00:37:30On ne permet même pas à ces gamins de finir leur année scolaire.
00:37:33Même d'un point de vue de la gestion du budget,
00:37:37ça n'a aucun sens.
00:37:40Et on peut être d'accord ou pas avec le fait d'accueillir
00:37:42ou pas ces jeunes,
00:37:43mais là, honnêtement, on est face à quelque chose
00:37:46qui est complètement pubesque.
00:37:47Moins d'argent public, mais nécessité de mieux le dépenser,
00:37:50mieux l'affecter.
00:37:51On continue notre tour de table.
00:37:53Vénérique Besse, vous êtes députée de Vendée
00:37:56et vice-présidente de l'UNCAS.
00:37:59L'important pour éviter ce service public au rabais,
00:38:02dites-vous, c'est la qualité de la relation à l'usager.
00:38:06Quand je dis l'usager, c'est un citoyen,
00:38:07c'est un habitant de la commune.
00:38:10Oui, on l'a vu et je souscris à ce que vient de dire ma collègue.
00:38:14On le voit, la tendance, c'est que les services publics,
00:38:17d'une manière générale, ferment dans nos communes
00:38:21ou réduisent la voilure.
00:38:23Mais je pense que vraiment, pour les services publics
00:38:27liés à tout ce qui touche au social,
00:38:31il faut maintenir cette relation avec l'usager.
00:38:36Il faut que ce soit un contact, j'allais dire, de visage à visage.
00:38:41On ne peut pas régler les problèmes de tout ce qui va avec le social
00:38:47sur une plateforme numérique.
00:38:48La personne a besoin d'être reçue, d'être écoutée,
00:38:55d'être entendue et d'être peut-être aiguillée vers le bon service.
00:39:00Et ça, on ne peut pas l'exprimer.
00:39:03Alors, il faut la démonétisation, il faut vivre avec son temps,
00:39:06mais on ne peut pas l'exprimer.
00:39:07Tous ces problèmes que rencontrent les gens, quels qu'ils soient,
00:39:09on ne peut pas l'exprimer sur une plateforme,
00:39:11même si quelquefois, vous avez, en bas de la page,
00:39:16mettre votre commentaire une fois que vous avez coché les cases, etc.
00:39:19Donc moi, je crois beaucoup, et plus que jamais,
00:39:21on vit dans une société où tout va très vite,
00:39:24où les gens sont un peu déboussolés,
00:39:26où les gens sont de plus en plus seuls.
00:39:28Et il faut vraiment que le service public,
00:39:31pour tout ce qui est lié au social, soit un service public
00:39:34avec des personnes en chair et en os qui accueillent l'usager.
00:39:39C'est très important.
00:39:40Moi, je dis qu'il y a deux principes.
00:39:41Il y a le principe de proximité.
00:39:43Il faut penser à des gens qui n'ont pas de moyens de locomotion,
00:39:47qui sont quelquefois perdus dans des villes.
00:39:49Donc, il faut un service de proximité.
00:39:51Il faut un principe aussi d'humanité.
00:39:54Il faut que les gens puissent être, encore une fois,
00:39:57écoutés et que, voilà, on puisse...
00:40:01Souvent, les élus, on reçoit quelquefois les gens,
00:40:04on a un rôle, quelquefois, d'assistante sociale.
00:40:07On ne peut pas tout résoudre.
00:40:08Mais le fait d'avoir écouté la personne,
00:40:11souvent, on a fait déjà un bout de chemin avec elle,
00:40:14même si on n'a pas vraiment résolu le problème pour lequel elle est...
00:40:17Et à l'échelle du quartier, à l'échelle du village...
00:40:19Exactement.
00:40:19Donc, il faut ce service, ce principe d'humanité.
00:40:23Moi, j'y tiens beaucoup.
00:40:25Moi, j'étais maire, je suis aujourd'hui députée.
00:40:28Dans mes permanences, à chaque fois,
00:40:30on rencontre énormément de personnes qui,
00:40:33parce qu'elles ont mal coché un formulaire via Internet, etc.,
00:40:40pour remplir une demande d'aide, etc.,
00:40:45parce qu'elles ont mal coché ou elles n'ont pas appuyé sur le bon bouton,
00:40:48elles sont pénalisées et elles n'ont pas accès
00:40:51aux droits auxquels elles pourraient prétendre.
00:40:53C'est vraiment dommage, aujourd'hui, en 2025,
00:40:56de voir des gens qui ont perdu leurs droits
00:40:58parce qu'elles ont mal rempli le formulaire.
00:41:02Donc, il faut vraiment que nos services sociaux sont là pour ça.
00:41:05Il faut les maintenir, tous ces services publics de proximité,
00:41:08ces capitals, pour que nos concitoyens soient accueillis le mieux possible.
00:41:15J'ai une petite anecdote, moi aussi.
00:41:19Je suis élue en Vendée et la CPAM a expérimenté
00:41:25un nouveau logiciel qui s'appelle Arpège,
00:41:28la CPAM Loire-Atlantique-Vendée.
00:41:31Il y a eu un bug informatique depuis septembre dernier
00:41:34qui n'est toujours pas résolu aujourd'hui.
00:41:37Ça veut dire qu'il y a des milliers de personnes
00:41:41sur les deux départements qui ne touchent plus
00:41:44ce qu'elles devraient toucher.
00:41:46Tout ça parce qu'il y a un bug informatique
00:41:48et que personne n'est capable, aujourd'hui, de remédier à ce problème.
00:41:52En 2025, c'est quand même incroyable.
00:41:55Et que les indemnités journalières ou autres indemnités
00:42:02que la personne peut recevoir ne les reçoivent pas
00:42:03parce qu'il y a eu un bug informatique.
00:42:06Et le directeur de la CPAM n'est pas capable
00:42:10de dire combien de personnes ont ce problème-là.
00:42:13Donc, c'est invraisemblable.
00:42:15Les personnes ne sont plus des personnes,
00:42:17ce sont des numéros, ce sont des numéros de dossiers.
00:42:20Et quand on touche à tout ce qui est lié au social,
00:42:24ça n'est plus possible, ça n'est pas acceptable.
00:42:26Alors, quand on répond à la question service public de main
00:42:28vers un service au rabais, vous dites non les unes et les autres,
00:42:32en disant si on travaille sur la qualité à apporter,
00:42:36sur la bientraitance, sur l'humain,
00:42:39mais aussi si on résout des problèmes
00:42:42entre les administrations, entre les opérateurs.
00:42:45Et puis, à la question plus générale, de toute façon,
00:42:48de la limite budgétaire que vous évoquez
00:42:51et qui a longtemps été développée ce matin.
00:42:55Justement, je me tourne vers Patrick Cannaire,
00:42:58un sénateur du Nord,
00:43:00qu'on a vu beaucoup dans les images télévisées
00:43:03quand il s'agit de constituer un gouvernement
00:43:07et d'entendre tous les partis,
00:43:09et surtout de trouver des solutions à un budget à construire
00:43:13qui semblait très, très difficile.
00:43:15Et depuis ce matin, on dit effectivement que le problème,
00:43:18c'est le nerf de la guerre.
00:43:19Alors, monsieur le sénateur, comment on fait, justement,
00:43:23pour ne pas apporter des réponses au rabais
00:43:25qui iraient à l'encontre de tous les principes
00:43:28qui viennent d'être évoqués à l'instant ?
00:43:31Déjà, il ne vous a pas échappé que je ne suis pas rentré au gouvernement.
00:43:35Non.
00:43:39Vous n'en savez rien.
00:43:41Ça aurait pu être très bien, mais non, j'ai refusé,
00:43:44parce que, comme beaucoup d'autres, pendant l'été,
00:43:46les sirènes ont fonctionné.
00:43:49D'autres ont accepté, et je respecte bien sûr leur choix.
00:43:54Mais il y a eu des négociations difficiles
00:43:56pour faire accepter un projet et puis un budget à cette époque.
00:44:00Je ne vais pas vous raconter mes histoires personnelles.
00:44:02Je vais essayer quand même de traiter la question
00:44:05que vous me posez, monsieur Dubon-Thaï,
00:44:06et je salue les collègues parlementaires
00:44:08qui sont ici ou sur l'estrade ou dans la salle.
00:44:13Je salue le président Carvounas,
00:44:14qui n'oublie pas d'associer tous les ans au Congrès
00:44:17et son prédécesseur, et je suis très touché par cette dimension.
00:44:21Tous les collègues élus, administrateurs de CCS
00:44:24et tous les collaborateurs qui les supportent.
00:44:29Qui les supportent dans tous les sens.
00:44:32Voilà, c'est à double sens.
00:44:36Et ça fait une belle famille de l'UNCAS, et j'en suis très heureux.
00:44:41Qu'est-ce qui s'est passé cet été ?
00:44:44Et cet été, et surtout, disons-le,
00:44:47après la censure qui s'est déroulée au mois de décembre.
00:44:52Je salue donc les collègues députés qui sont sortis
00:44:55malgré la censure.
00:44:57Ce n'est pas le cas des sénateurs, je tiens à le préciser.
00:44:59Nous, on est tranquille pour six ans quand on est élu.
00:45:01Mais il faut déjà être élu sénateur.
00:45:04Une fois cela dit,
00:45:07c'est vrai que notre pays a connu une période de grands troubles
00:45:10politiques qui s'est traduit immédiatement par une grande
00:45:15anxiété budgétaire.
00:45:17Et pas qu'au niveau national, au niveau aussi local,
00:45:22régional, départemental, municipal et donc les CCS.
00:45:26Cette anxiété perdure, disons-le très simplement.
00:45:30C'est vrai que dans une négociation très serrée avec
00:45:34François Bayrou, avec Éric Lombard,
00:45:38Madame de Montchalin, nous avons essayé,
00:45:40pour ce qui nous concerne, quand je dis nous,
00:45:42l'opposition, notamment à l'information politique que je
00:45:45représente ici, même si on ne fait pas de politique
00:45:47à l'une casse, nous avons quand même des filières.
00:45:53On a essayé de limiter la casse par rapport aux contraintes,
00:45:58y compris internationales, qui pesaient sur nous.
00:46:01Et je tiens à le dire avec le ministre des Finances et sa
00:46:05ministre déléguée, on a réussi à avoir un dialogue de qualité
00:46:09parce qu'à un moment donné, le budget dit barnier était un
00:46:16budget d'une très grande dureté, et notamment pour les
00:46:19collectivités territoriales.
00:46:21Je rappelle que ce budget devait demander aux collectivités
00:46:255 milliards d'euros d'effort.
00:46:27Cet effort a été ramené à 2 milliards 200 millions.
00:46:31Mais si vous écoutez le président délégué des maires de France,
00:46:36André Laignel, maire d'Issoudun, il vous dira que c'est un effort
00:46:40quand même qui est supérieur quand on cumule tout,
00:46:42y compris la hausse à la Sénère-ACL,
00:46:45qui est nécessaire selon toute vraisemblance.
00:46:47Mais en fait, les maires, les présidents de départements,
00:46:50les présidents de régions, les intercommunalités vont
00:46:52en fait supporter autour de 7 milliards d'euros d'effort
00:46:56dans le budget 2025.
00:46:58Comment se présente ce budget 2025 ?
00:47:00Parce qu'encore une fois, tout est lié.
00:47:02S'il y a des trous dans la raquette au niveau national,
00:47:05ils s'agrandissent au niveau local.
00:47:07Voilà, c'est arithmétique.
00:47:09Les chiffres viennent de tomber.
00:47:10Ils viennent de tomber ce matin même.
00:47:13Puisque 2024, on se termine avec un déficit pour l'État de 5,8 %,
00:47:20on craignait 6 %, voire 6,1 %,
00:47:24alors 5,8 %, c'est quand même le bonnet d'âne de toute l'Union européenne.
00:47:29Nous sommes les derniers de toute l'Union européenne.
00:47:32Ça représente 3 305 milliards d'euros de dettes publiques,
00:47:40soit 113 % de la richesse nationale.
00:47:43113 %.
00:47:45Alors, certains pourraient dire oui, mais il y a d'autres pays
00:47:48qui ont plus que nous de dettes.
00:47:49C'est vrai, le Japon a plus de 200 % de dettes,
00:47:52mais c'est de la dette souveraine, c'est-à-dire c'est de la dette
00:47:55que payent les Japonais, et ce n'est pas la dette
00:47:58qu'ils doivent à l'extérieur.
00:48:00Et nous, on doit plus de la moitié de notre dette à l'extérieur,
00:48:03donc c'est beaucoup plus lourd en termes de négociations.
00:48:06Et la charge de la dette, aujourd'hui, c'est un peu plus
00:48:08de 50 milliards d'euros dans le budget de l'État,
00:48:10elle va passer très vite à 70 milliards et deviendrait,
00:48:13j'espère que non, mais le premier budget de l'État.
00:48:16Je dis bien le paiement de la charge, c'est-à-dire uniquement
00:48:19les intérêts, pas le capital.
00:48:22À partir de là, quels sont les pays qui sont plus mauvais que nous ?
00:48:27La Grèce et l'Italie.
00:48:29Sur l'importance de la dette.
00:48:32Donc c'est ça le contexte dans lequel nous sommes.
00:48:35Alors c'est beaucoup de chiffres, je m'excuse pour ceux qui n'aiment
00:48:38pas trop les chiffres, mais quand on est au bout de la chaîne,
00:48:41ce qui est le cas des CCAS, il faut savoir quelle est la
00:48:43situation au niveau national, et je remercie l'UNCAS de me
00:48:47permettre de le dire.
00:48:49Donc la question qui est posée pour le gouvernement,
00:48:52mais aussi pour les oppositions, parce qu'on est tous dans le
00:48:54même bateau, d'une manière ou d'une autre.
00:48:57On peut dire qu'on aurait fait autrement, sûrement,
00:48:59mais le bateau, c'est le même, c'est le bateau France.
00:49:03Donc la question, est-ce que c'est un bateau qui va surmonter
00:49:08la tempête, comme à Paris, fluctuate et tout le reste,
00:49:12ou est-ce que c'est le Titanic ?
00:49:15Et on va tout droit vers un mur qui va nous faire couler.
00:49:20C'est aujourd'hui les quelques mois qui attendent le
00:49:24gouvernement de Monsieur Bayrou.
00:49:26Alors, on pourrait dire naturellement, il suffit de
00:49:28réduire, sauf qu'on voit que réduire, ce n'est pas à la
00:49:30hauteur des enjeux et de l'urgence sociale qui nous
00:49:35réunit pendant ces deux jours.
00:49:37Et très concrètement, dans ce cadre-là,
00:49:40quelles sont les priorités nationales ?
00:49:43J'ai reçu, comme tous les présidents de groupe,
00:49:45à l'Assemblée et au Sénat, une lettre, dimanche matin,
00:49:49de Monsieur Bayrou, m'indiquant les priorités du
00:49:53gouvernement, l'accès aux soins, l'éducation, lutter contre la
00:49:57bureaucratie et les finances publiques.
00:50:00On y est.
00:50:01Je n'ai pas vu de message sur la justice sociale,
00:50:05y compris la justice fiscale.
00:50:06Je n'ai pas vu de message sur le grand âge.
00:50:09Je n'ai pas vu de message sur les préoccupations de la pauvreté.
00:50:14Aujourd'hui, je vais répondre avec mon collègue Boris Vallaud,
00:50:18je vais répondre, puisque nous avons reçu une lettre par
00:50:22politesse et aussi en construction,
00:50:24on va répondre, pour dire quels sont les choix.
00:50:27Et les choix, aujourd'hui, sont, disons-le, plombés,
00:50:32permettez-moi l'expression, par des décisions qui ont été
00:50:35prises dans des années antérieures et qui, aujourd'hui,
00:50:39mettent l'État au pied du mur.
00:50:41Quand Monsieur Lombard décide, à juste titre,
00:50:45de ramener l'année prochaine le déficit de 5,4% à 5%,
00:50:49il faut trouver entre 15 et 20 milliards d'euros.
00:50:52Et en même temps, vous avez Monsieur Lecornu,
00:50:55à juste titre, qui nous dit, mais moi,
00:50:58j'ai besoin de dépasser la loi de programmation militaire qui
00:51:01prévoit qu'en 2030, nous aurons 68 milliards d'euros
00:51:04consacrés à la défense.
00:51:05Aujourd'hui, c'est 50 milliards d'euros,
00:51:06je parle sous le contrôle de mes collègues députés,
00:51:0950 milliards d'euros, et lui, il en veut 100.
00:51:12Le doublement du budget de la défense pour les raisons que je
00:51:15n'explicite pas et que tout le monde a compris et qui sont
00:51:18tout à fait justifiées.
00:51:20Donc, à un moment donné, il va falloir faire des choix.
00:51:22Et ces choix qui ont été faits, je pense notamment à l'affaiblissement,
00:51:29la fragilisation des collectivités territoriales au travers de leur
00:51:33perte d'autonomie fiscale.
00:51:36Il faut le dire.
00:51:37La taxe d'habitation compensée par l'Etat,
00:51:41mais compensée à l'euro près, pas de manière dynamique.
00:51:44Moi, j'étais encore ce week-end chez un maire,
00:51:47le maire de Marais, je ne vous connaissais pas,
00:51:49dans le Nord, c'est dans la Vénoie,
00:51:50petite commune de 900 habitants, et il me disait mais je vais
00:51:54construire 30 logements, ce qui est beaucoup à l'échelle
00:51:56d'une ville de 900 habitants, et ces 30 logements ne me
00:51:59ramèneront rien en termes de taxe d'habitation,
00:52:02puisque la compensation s'est arrêtée au moment de la
00:52:05suppression de la taxe.
00:52:07La compensation par l'Etat, une mauvaise compensation,
00:52:10c'est 23 milliards d'euros de perte de moyens pour l'Etat.
00:52:14Si j'y rajoute la CVAE, à peu près 6 milliards d'euros,
00:52:17etc. La suppression de la taxe sur l'audiovisuel,
00:52:22c'est 4 milliards d'euros.
00:52:24Grosso modo, l'Etat, ce sont des choix stratégiques,
00:52:27pour ne pas dire idéologiques, l'Etat s'est privé de 50
00:52:30milliards d'euros de moyens.
00:52:34Et je vous rappelle l'enjeu pour l'équilibre des retraites,
00:52:38c'est 15 milliards.
00:52:39Cherchez l'erreur.
00:52:41Donc l'argent existe.
00:52:43La question, c'est comment on le gère.
00:52:44Il n'existe plus, il a disparu.
00:52:46Non, je dis non, l'argent existe.
00:52:48L'argent existe, je veux dire les 100 milliards d'euros de
00:52:50dividendes qui ont été donnés dans le cadre de la répartition des
00:52:53profits du CAC 40, c'est de l'argent.
00:52:56C'est de l'argent privé.
00:52:58Alors, ne croyez pas que vous avez devant vous quelqu'un avec un
00:53:03couteau entre les dents qui va faire payer les riches.
00:53:05Je suis un socialiste libéral, assumé, social-démocrate,
00:53:10et je sais qu'il faut de l'économie privée pour faire
00:53:13tourner l'économie tout court.
00:53:15Mais il faut une meilleure répartition des richesses.
00:53:17Et moi, je n'ai pas envie, et je conclue là-dessus ce
00:53:20premier entretien, je n'ai pas envie qu'au bout de la chaîne,
00:53:24les CCAS soient les variables d'ajustement de l'incurie
00:53:28budgétaire d'un État qui a pensé à un moment donné que le
00:53:31ruissellement réglerait tous les problèmes alors que la puissance
00:53:35publique, aujourd'hui, est absolument nécessaire,
00:53:37notamment pour les 10 millions de pauvres dans notre pays.
00:53:41Voilà, et là, on est tout à fait sur les questions essentielles.
00:53:47Il y a des questions qui doivent nourrir le grand débat pour
00:53:50les municipales et puis pour les échéances électorales qui
00:53:54suivront tous ces cycles politiques,
00:53:56ces cycles démocratiques aussi qui sont devant nous.
00:54:00Comme ce matin, on ouvre le débat avec vous dans la salle,
00:54:03mais je sais qu'on peut aussi prendre des questions qui seraient
00:54:06posées pour ceux qui nous suivent à distance.
00:54:10Alors, il y a des questions qui peuvent se résoudre pour éviter
00:54:13le service low cost.
00:54:15C'est d'abord de rester ferme sur ces principes,
00:54:19c'est ce que vous nous dites, mais des budgets formation,
00:54:22ça coûte cher aussi, il ne faut pas les sacrifier.
00:54:25Ce matin, on disait attention de ne pas confondre l'urgence et le
00:54:31court terme, la nécessité aussi pour vous,
00:54:35Isabelle Vatinel, d'avoir toujours des agents mieux formés pour être
00:54:42dans l'adaptation.
00:54:43Et je vous laisse répondre pendant que le micro peut circuler.
00:54:46Si vous souhaitez intervenir, il y a déjà des mains qui se lèvent.
00:54:49Oui, la formation, elle est tout au long de la carrière.
00:54:51On le connaît aussi dans la fonction publique.
00:54:55Il y a aussi un gros travail de rapprochement avec le CNFPT,
00:55:00notamment qui doit continuer à se faire.
00:55:03Le CNFPT, qui a été décrié il n'y a pas encore très longtemps aussi
00:55:07par rapport à son existence, a aussi pris conscience de la
00:55:11nécessité d'accompagner les collectivités dans la formation
00:55:13de ces agents.
00:55:15Mais il y a aussi toute la montée en compétences en interne pour
00:55:18pouvoir permettre aux personnes de rester sur la durée,
00:55:21c'est-à-dire les auxiliaires de vie de venir être soignantes,
00:55:24accompagner toutes ces formations qualifiantes pour pouvoir
00:55:27justement permettre d'avoir des professionnels formés et des
00:55:30professionnels qui s'adaptent aussi aux besoins des territoires.
00:55:34Et je rappelle que vous êtes la présidente de l'ACTAS,
00:55:36l'Association des cadres territoriaux de l'action sociale.
00:55:39Sur ce sujet-là, juste un petit mot, parce que là aussi,
00:55:43c'est vrai qu'on a été un peu percuté par le choix qui a été fait
00:55:47du Ségur, parce qu'il y a eu un Ségur d'abord sanitaire.
00:55:53Celui du social est venu quand même très tardivement.
00:55:56Et non seulement il est venu tardivement, mais en plus,
00:55:58il n'a pas couvert tout le monde.
00:56:01Je m'imagine que c'est partout pareil, mais à Paris,
00:56:04au CCS de Paris, on a pu faire une prime pour les
00:56:10professionnels qui relèvent de la filière du social,
00:56:14mais ceux qui relèvent de la filière administrative,
00:56:16quelques-uns, mais pas tous.
00:56:17Et alors ceux qui relèvent de la filière technique, pas du tout.
00:56:20Et tous ces gens travaillent dans les mêmes endroits.
00:56:22Donc en fait, on se retrouve avec des établissements où il y a des
00:56:25personnes qui ont touché la prime Ségur, d'autres qui ne l'ont pas eu.
00:56:28Et c'est juste parce que l'État avait décidé qu'à un moment donné,
00:56:31la prime Ségur était réservée à ceux qui recevaient du public.
00:56:36Pardon, mais dans les restaurants solidaires,
00:56:37les personnes qui servent des repas, qui sont agents techniques,
00:56:39en vérité, font de l'accompagnement social.
00:56:41On peut être dans le déni de ça, mais c'est une réalité et il n'y a
00:56:44aucune raison que ces gens aient été écartés du Ségur.
00:56:48Et ça, je le regrette beaucoup parce que ça, ça fait du service
00:56:49public low cost.
00:56:51Alors, première prise de parole.
00:56:54Vous avez le micro, vous levez, s'il vous plaît, vous présentez.
00:56:57Oui, Khaled Ben Mekhiye, je suis vice-président de l'UDCCS de 44.
00:57:02Moi, depuis ce matin, vous avez réussi à me déprimer,
00:57:05à me bouffer la journée parce qu'effectivement,
00:57:07on arrive ici avec un peu d'espoir et les débats sont riches.
00:57:10Mais je suis un peu déprimé, mais je reste quand même
00:57:13un démocrate de combat.
00:57:14Donc je vais le dire à Patrick Cannaire puisqu'il parlait de
00:57:16social-démocratie.
00:57:18J'ai une question à poser depuis ce matin,
00:57:20puisque on a une urgence sociale, mais la question que je voudrais
00:57:24poser, et je voudrais poser à tout le monde ici,
00:57:27quel est le prix de la démocratie ?
00:57:29Puisque plus que l'urgence sociale, c'est une urgence démocratique
00:57:33qui nous pend au nez actuellement.
00:57:35Vous l'avez rappelé, la gilets jaunesisation des esprits
00:57:39et la prochaine vague, qu'on prendra,
00:57:41elle sera bien plus violente.
00:57:43Le vote aux extrêmes, la pénétration du social par
00:57:46les idées extrêmes.
00:57:47Je rappelle le vote dans les chambres d'agriculture.
00:57:5110 chambres d'agriculture qui passent un petit peu vers l'extrême droite.
00:57:55Je parle du social qui se fait dans les campagnes à bas bruit.
00:57:59Et donc l'urgence, elle est vraiment là, elle est démocratique.
00:58:02Alors oui, il y a des services publics.
00:58:05Nous défendons le service public.
00:58:08Moi, je travaille pour le service public.
00:58:10J'ai été un agent territorial aussi quelques années.
00:58:13Mais nous ne sommes pas des élus au rabais.
00:58:15Nous, qui, au premier maître, parce que j'entends aussi notre
00:58:19phrase depuis ce matin, le kilomètre, à un kilomètre,
00:58:23nos concitoyens, ils ne nous entendent pas.
00:58:25Nous, nous sommes des élus du premier maître.
00:58:27Alors, ce premier maître, il est républicain.
00:58:29Si nous, nous nous affaissons, si le social s'affaisse,
00:58:33c'est la République qui baisse les bras.
00:58:35Et quand je vois que dans le monde entier, nous essayons de
00:58:37détricoter l'Etat, en parlant d'Etat profond,
00:58:40on détricote l'Etat de droit, on détricote tout ce qui sont
00:58:43les contre-pouvoirs de ce qu'on appelle l'Etat autoritaire.
00:58:49Donc, effectivement, renforçons nos services publics parce que
00:58:52la démocratie, elle est à ce prix-là.
00:58:54Merci.
00:58:55Merci.
00:58:57Et il faut vous dire, Patrick Cannaire, que ce matin,
00:58:59on avait Thierry Baudet, le président du CESE, et on a besoin
00:59:03de ces espaces délibératifs.
00:59:06En commission spéciale des députés, dans la discussion sur le
00:59:10projet de loi de simplification qui supprime les Césaires et la
00:59:15nécessité aussi de conserver cette armature que perçoivent pas
00:59:19nécessairement nos concitoyens, puis surtout cette ère du temps
00:59:23de la tronçonneuse.
00:59:25L'intervention de notre collègue de Loire-Atlantique dépasse un peu
00:59:30le sujet de notre table ronde, mais finalement, il s'y rejoint
00:59:34puisque si l'Etat de droit est fragilisé, les services publics
00:59:40seront eux-mêmes en délitement potentiel.
00:59:45Quelle que soit notre volonté aux uns et aux autres et nos
00:59:48sensibilités politiques différentes sur le plan républicain.
00:59:53Moi, je suis inquiet.
00:59:54Je crois que l'Etat de droit est sacré et intangible.
00:59:58Sacré et intangible.
01:00:00L'Etat du droit peut éventuellement bouger, mais l'Etat de droit
01:00:03est sacré et intangible.
01:00:04Je crois qu'il y a un vent mauvais qui souffle aujourd'hui sur notre
01:00:07pays, un vent mauvais d'illibéralisme et qui laisserait
01:00:12entendre finalement, et moi qui suis issu d'une chambre
01:00:17parlementaire, plus calme en principe que celle de l'Assemblée
01:00:22nationale, où la sagesse règne en tant que telle.
01:00:28Depuis quelques semaines, je vois des choses qui me font peur.
01:00:32Je le dis très simplement.
01:00:34Hier, nous étions en question d'actualité au gouvernement après
01:00:38celle de l'Assemblée et un sénateur de l'Essonne qui a connu ce
01:00:44drame terrible de ce gamin de 17 ans qui a été tué dans le cadre
01:00:47d'une RICS, concluait son interpellation au ministre de
01:00:53l'Intérieur, en tout cas à Monsieur Buffet, qui était là au
01:00:56banc des ministres.
01:00:58Il concluait en disant mais nous, on va agir.
01:01:01Il parlait du texte de Gabriel Attal sur les mineurs, les mineurs
01:01:06donc délinquants, en tout cas présupposés délinquants, et il
01:01:11disait mais nous, on va agir, on va durcir la loi, etc.
01:01:15Et il a conclu en disant mais, en espérant que le Conseil
01:01:19constitutionnel ne vienne pas détricoter notre travail.
01:01:26On n'est pas outre-Atlantique, on n'est pas aux États-Unis.
01:01:29On est bien en France, État de droit, ou de manière sacrée et
01:01:35intangible, on respecte les institutions.
01:01:38Donc c'est un parlementaire qui allait faire, et je l'aime
01:01:42beaucoup, nous sommes dans le même hôtel près d'Odéon là, donc
01:01:46parfois on prend le petit déjeuner ensemble, mais qui faisait un bras
01:01:48d'honneur, clairement, à la censure éventuelle du Conseil
01:01:52constitutionnel en disant mais on s'en fout, attention au danger.
01:01:56Attention au danger parce que...
01:01:58Ne pas trop malmener la démocratie et la République.
01:02:00Si on malmène nos institutions, et donc la République, et donc de
01:02:04fait la démocratie, nos questions de services publics vont vite
01:02:08passer à la trappe.
01:02:09Et aujourd'hui, la trumpisation du débat public dans notre pays,
01:02:13et je ne veux pas polémiquer, et notamment pas avec une députée
01:02:16de Vendée, je ne veux pas me retrouver en mauvaise position,
01:02:25mais bon, je connais bien Bruno Rotaillot, donc tout va bien.
01:02:28Mais je suis quand même inquiet de cette tendance.
01:02:32Il faut faire, il faut résister.
01:02:34Moi, j'appelle les parlementaires, les élus locaux à résister à cette
01:02:38tendance qui laisserait entendre que, finalement, le peuple ou la
01:02:44population, plutôt que le peuple, a raison parce que c'est la
01:02:46population. Bien sûr que la population a raison, bien sûr que
01:02:51l'électeur a toujours raison et puis choisira en 2027 qui il voudra.
01:02:56Mais dans les faits, ne pas dérouler le tapis rouge à cet
01:03:01illibéralisme qui, d'une manière ou d'une autre, cassera notre modèle
01:03:06de pacte social, de pacte républicain dans notre pays.
01:03:08Le pacte, la cohésion aussi d'une nation, et c'est ça qui est en jeu.
01:03:13D'autres prises de parole ?
01:03:15Vous avez le micro, si vous pouvez vous le lever.
01:03:19Vous le faites, merci.
01:03:21Oui, je prends.
01:03:23Oui, Monsieur Karoubi, je suis responsable de l'Association
01:03:27internationale des personnes accompagnées et je dois dire que
01:03:31je suis quand même un peu choqué qu'à chaque fois qu'il y a des
01:03:35colloques de gros organismes sociaux, on parle au nom des
01:03:39personnes accompagnées et qu'on n'écoute jamais la parole des usagers.
01:03:45Donc, Monsieur Sénat...
01:03:46On la donne, là, à l'instant.
01:03:48Voilà.
01:03:49Donc, c'est la première fois.
01:03:52Je ne vais pas faire de polémique avec vous.
01:03:55Excusez-moi, j'ai oublié votre nom, mais à Amboise, en septembre,
01:04:00vous m'aviez coupé la parole.
01:04:01Mais bref, c'est pas le sujet.
01:04:03Le sujet, au concret, démerde les petites villes de France.
01:04:07Mais c'est pas grave, c'est pas grave, je vous en veux pas pour autant.
01:04:10La preuve.
01:04:12Non, moi, ce qui me choque énormément, c'est très bien de parler au
01:04:17nom de, pour, les, etc.
01:04:20Mais, Madame Filoche, à Paris, je vous mets au défi de faire une
01:04:25demande d'appât, c'est la croix et la bannière.
01:04:29Vous téléphonez au CCAS de Paris, il vous renvoie vers la
01:04:34maison des seniors.
01:04:35La maison des seniors vous renvoie vers le CCAS.
01:04:40D'accord ?
01:04:40Donc, moi, je suis responsable d'une association.
01:04:43Qu'est-ce que j'ai fait ?
01:04:44J'ai appelé votre cabinet à la mairie de Paris pour dire, mais pas
01:04:48dans ces termes, mais c'est quoi cette histoire ?
01:04:51Ah, mais on est au courant, mais c'est compliqué, on peut pas
01:04:55agir comme ça.
01:04:56Ce que je vous invite, je vous envoie le lien pour faire la
01:04:59demande et vous le passez aux personnes accompagnées.
01:05:05Oui, mais nous, on est basé à Aubervilliers.
01:05:09On travaille, certes, sur toute l'île de France.
01:05:12Je sais pas combien il y a de futurs ou d'actuels bénéficiaires
01:05:16de l'APPA en Ile-de-France, mais on ne l'y suit pas tous.
01:05:19Donc, quand vous parlez de non-recours aux droits, vous
01:05:23inquiétez pas, j'en ai pour un peu tout le monde.
01:05:25C'est pas que pour Paris.
01:05:28Mais voilà, balayez un peu devant votre porte, parce que très
01:05:31sincèrement, l'utilité de la maison des seniors à Paris, j'ai
01:05:35posé la question, j'attends toujours la réponse.
01:05:38Sur la question de la sepame que vous avez évoquée...
01:05:42Alors, si vous voulez pas, je vous coupe la parole.
01:05:43Je vais vous demander quand même de conclure votre question.
01:05:46Très concrètement, puisqu'il y a deux parlementaires sur l'estrade,
01:05:53est-ce qu'une fois pour toutes, monsieur le sénateur, madame
01:05:57la députée, vous êtes d'accord pour qu'on soit reçu et pour
01:06:03qu'il y ait un choc, comme on a parlé d'un choc de lutte
01:06:07contre l'exclusion, qui est un choc de la participation et que
01:06:11les personnes en situation d'exclusion aient enfin la
01:06:16voie au chapitre ?
01:06:17Et je termine là-dessus.
01:06:19L'année prochaine, en 2026, les conseils d'administration des
01:06:24CAF, de France Travail, de la Sécu, d'autres organismes
01:06:29sociaux, le CESE va être renouvelé.
01:06:33On n'a pas le droit de candidater directement.
01:06:36Le code de l'action sociale l'interdit.
01:06:40Donc la seule solution, c'est que les parlementaires se saisissent
01:06:45de cette question, vous qui ne parlez que de démocratie,
01:06:49oui ou non, vous êtes d'accord pour que les personnes accompagnées
01:06:53puissent siéger dans les conseils d'administration, qui payent
01:06:57leurs allocations et qui puissent avoir, une fois pour toutes,
01:07:02leur voie.
01:07:03Oui ou non ?
01:07:04Merci pour votre réponse.
01:07:06Péronique Besse.
01:07:11Moi, je dis oui.
01:07:13Non, mais je suis tout à fait d'accord avec ce que vous venez de
01:07:17dire.
01:07:17J'ai une collègue, Sandrine, qui est là aussi et je pense qu'on
01:07:20est d'accord.
01:07:23On est complètement d'accord, donc on pourra en reparler après,
01:07:25mais bien sûr, votre demande est justifiée.
01:07:29Derrière cette question et dans ce que vous dites, monsieur...
01:07:31La parole est à la Défense.
01:07:32Le Sénat, oui, bien sûr.
01:07:36La Chambre haute.
01:07:38Non, mais la question de démocratie participative, y compris
01:07:40dans les organes officiels, censée représenter les personnes
01:07:45sans être pour autant totalement légitime, c'est une question
01:07:48qui nous dépasse, qui vous dépasse aussi, monsieur.
01:07:51C'est un sujet général.
01:07:53Est-ce que les instances soi-disant démocratiques des organismes
01:07:57sociaux sont parfaitement représentatives de celles et ceux...
01:08:00C'est ça.
01:08:02C'est une question que vous n'avez pas posée, mais qui n'a pas été posée.
01:08:05Oui, mais attendez, je peux vous faire un oui sympathique,
01:08:12mais il faut qu'on investigue s'il y a une question qui est posée,
01:08:16que vous avez...
01:08:22Permettez-moi quand même de vous dire que le code de l'action
01:08:25sociale doit être modifié potentiellement selon vos
01:08:28desiderata, et donc il faut un texte de loi pour le faire.
01:08:33On peut imaginer de déposer une proposition de loi ou d'attendre
01:08:37les lois de sécurité sociale pour éventuellement le modifier.
01:08:40C'est un sujet intéressant, mais moi, j'essaie de comprendre
01:08:45les choses.
01:08:46Et si aujourd'hui, il y a ce dysfonctionnement, pourquoi est-il
01:08:52arrivé là ?
01:08:53Est-ce qu'il y a une raison particulière ?
01:08:55Est-ce qu'il y a des blocages ?
01:08:56Comment lever ces blocages ?
01:08:58Donc, vous répondre par oui ou par non, ça peut vous faire plaisir,
01:09:02et je comprends que les collègues disent oui, naturellement,
01:09:04et moi aussi, je dis oui.
01:09:05Mais il faut quand même travailler le sujet pour savoir pourquoi
01:09:08on en est arrivé là.
01:09:09C'est simplement la réponse que je peux vous faire aujourd'hui.
01:09:12Et à partir de cette interpellation, moi, j'entends aussi
01:09:14Léa Filoche que, certes, éviter le low-cost, c'est avoir les moyens
01:09:18de faire les choses, mais que la simplification, ce n'est pas
01:09:22forcément une tronçonneuse, mais ça peut être aussi
01:09:24une harmonisation.
01:09:25C'est ce que vous disiez tout à l'heure.
01:09:27Et c'est l'écho que nous entendons à l'instant.
01:09:30Absolument, moi, en plus, j'entends ce que vous dites et je sais
01:09:34que c'est la réalité.
01:09:35Donc, il n'y a pas de problème, Paris prend sa part dans le fait
01:09:38qu'elle est très perfectible dans sa capacité à pouvoir simplifier,
01:09:43harmoniser, assurer la continuité de parcours.
01:09:47Donc, je n'ai pas voulu dire dans mon intervention, si ça a été
01:09:50compris comme ça, je m'en excuse, qu'on était parfait et que les
01:09:53autres étaient tout mauvais.
01:09:54Ce n'était pas mon propos.
01:09:56Nous prenons notre part de responsabilité dans le fait de ne
01:09:58pas être assez bon dans la qualité de service, d'accompagnement
01:10:03et de réponse des personnes.
01:10:04Et effectivement, on est hyper fort pour dire pardon, monsieur,
01:10:07pardon, madame, ce n'est pas la bonne porte.
01:10:09Est-ce que vous pourriez aller pousser la porte d'à côté ?
01:10:11C'est le principe sur lequel on travaille avec l'exécutif,
01:10:15avec ma collègue qui est ici en charge des seniors,
01:10:18avec mes autres collègues en charge du handicap, parce
01:10:21qu'effectivement, c'est vrai, on est hyper fort pour se
01:10:23renvoyer la balle et que c'est là qu'on crée du non-recours.
01:10:25Je n'ai pas dit l'inverse.
01:10:27Ça, vraiment, que ce soit bien clair entre nous.
01:10:28Et puis, l'autre chose sur la question de la participation des
01:10:31personnes accompagnées, ça, par contre, on y a travaillé beaucoup.
01:10:34C'est un enjeu très, très fort pour nous de pouvoir trouver à des
01:10:38niveaux différents la capacité d'associer, non seulement à la
01:10:42construction de projets, mais aussi à la décision.
01:10:45Et donc, par exemple, à Paris, on travaille là.
01:10:48C'est vrai qu'on est un peu coincés par une partie de la
01:10:50législation qui n'est pas tout à fait au goût du jour,
01:10:53qui, en fait, est potentiellement un peu désuète en la matière,
01:10:56parce que c'est vrai que les politiques publiques ne prenaient
01:10:59pas en compte la question des personnes accompagnées il y a
01:11:01peut-être 20 ans ou 30 ans et que, potentiellement, il faut
01:11:03surtout dépoussiérer le schmilblick pour pouvoir trouver
01:11:06le moyen de faire rentrer dans les conseils d'administration
01:11:09des CCS des personnes accompagnées.
01:11:11En l'occurrence, c'est possible.
01:11:12Vous avez peut-être déjà des personnes accompagnées.
01:11:15Vous pouvez avoir aussi des personnes bénévoles.
01:11:18Et nous, c'est ce qu'on fait à Paris et c'est pour nous très
01:11:20précieux de pouvoir faire ça.
01:11:22Et on a fait aussi, dans le cadre de la Nuit de la solidarité,
01:11:25un comité d'experts dans lequel on a intégré des personnes de la
01:11:28rue pour pouvoir retravailler la question du questionnaire,
01:11:31retravailler les formulations des discussions qu'on entame avec
01:11:35les personnes quand on les rencontre.
01:11:37Ça, c'est les deux angles sur lesquels on a travaillé pour essayer
01:11:40d'associer les personnes accompagnées à nos réflexions,
01:11:43mais aussi à nos décisions.
01:11:45Isabelle Vatinel, sur le même sujet.
01:11:47Je vous rejoins complètement de faire évoluer aussi la gouvernance
01:11:51des CCS avec la barité, avec les associations.
01:11:54Alors certes, aujourd'hui, l'UDA fait deux droits au sein des
01:11:58conseils d'administration des CCS.
01:12:00Aujourd'hui, il manque aussi de représentativité,
01:12:02toutes ces structures-là, et c'est important.
01:12:04On le voit bien, la loi du 2-2 a quand même amené une place aux
01:12:09usagers à l'intérieur des établissements.
01:12:11Ce n'est pas encore assez, mais il faut que ce soient des
01:12:14choses qui continuent.
01:12:16Et comme vous le disiez, en effet, les CCS s'adaptent aussi
01:12:18aujourd'hui avec le facile à lire et à comprendre.
01:12:22Il y a beaucoup de démarches qui sont en place aujourd'hui.
01:12:24Il y a encore beaucoup à faire, mais il faut aussi quand même être
01:12:28fiers de ce qu'on fait parce qu'on ne peut pas non plus aller
01:12:31trop loin et trop vite.
01:12:32Il y a la temporalité des habitants,
01:12:35il y a la temporalité des usagers, la temporalité des professionnels,
01:12:38des élus, et toutes ces temporalités,
01:12:40à un moment donné, elles ont du mal à se retrouver.
01:12:42Mais il faut avoir, comme je le disais,
01:12:44un objectif commun et aller vers cet objectif tous ensemble.
01:12:48Alors, on va aller de ce côté de la salle et on va entendre la voix
01:12:51des maires ruraux.
01:12:53Oui, bonjour, Jean-Paul Carteret, vice-président des maires ruraux de France.
01:12:57Bonjour, Patrick.
01:12:58J'ai souvent dit à Patrick Cannaire, lorsque j'étais à l'Unicas,
01:13:00que je n'ai pas l'impression d'être dans la même France que vous tous.
01:13:03Depuis ce matin, c'est ce que je pense et ce que je ressens.
01:13:07Et pourtant, quand j'entends
01:13:10toutes ces propos, chez nous,
01:13:14les CCS ont même été rendus facultatifs.
01:13:17Quelle erreur.
01:13:18Quelle erreur.
01:13:20Dans plus de 20 000 communes de France, les CCS sont facultatifs.
01:13:23C'est-à-dire que l'Etat a jugé que ce n'était pas nécessaire.
01:13:26Je n'ai pas pu le dire ce matin, j'ai levé la main trop tard.
01:13:29À un moment donné, posons-nous les bonnes questions à partir des territoires.
01:13:32Et le titre de cette table ronde, c'est le service public demain
01:13:37vers un service au rabais.
01:13:38Mais il y a longtemps qu'il est au rabais chez nous.
01:13:41Mais il y a bien longtemps qu'on a dû inventer des solutions,
01:13:43qu'on est abandonnés.
01:13:44Pourtant, on paie tous les mêmes impôts.
01:13:46C'est un cri du coeur que je lance là.
01:13:49Et quand tout à l'heure, le maire de Chambéry me disait
01:13:53que la Cour des comptes lui a dit, dans votre EHPAD,
01:13:55vous devez prendre des gens de votre commune,
01:13:57mais vous ne pouvez pas prendre les autres.
01:13:58Je me dis, mais elle est où, la solidarité sociale
01:14:01dans les intercommunalités ?
01:14:03Elle est où ?
01:14:04Quand est-ce que l'Etat y pensera ?
01:14:06Pour nous orienter vers ça, et quand est-ce que les Comcom
01:14:09elles-mêmes, les métropoles, les communautés urbaines diront
01:14:12la solidarité, elle commence chez nous ?
01:14:14Là, je passe un mèche à chevaux.
01:14:16Et les services publics ?
01:14:19Nous, on n'en a plus, ça s'est éloigné.
01:14:21Les médecins, il faut aller à 150 kilomètres.
01:14:23Ce n'est pas un service public, certes,
01:14:24mais on y tient tout autant.
01:14:27Aller à la poste, quand on a la chance,
01:14:28alors je veux saluer les France Service,
01:14:30parce qu'il y a un vrai maillage du territoire et une proximité
01:14:33à 15 kilomètres pour chacun de nous dans les territoires ruraux.
01:14:36Mais vraiment, quand je suis interpellé par le ministère
01:14:40sur la sécurité, qu'on me dit, on prévoit une table ronde
01:14:43sur la police, mais nous, on n'a pas de police.
01:14:46On a une gendarmerie, on n'a plus de gendarmes
01:14:48depuis qu'un certain président de la République
01:14:50a supprimé 10 000 postes.
01:14:51Alors ça, on en parlera demain dans le débat auquel vous participez.
01:14:55Vous faites un teasing de notre débat.
01:14:57Oui, parce que nous, les maires ruraux, on touche à tout
01:14:59et on est concernés partout, 24 heures sur 24 et toute la semaine.
01:15:03Merci.
01:15:04Mais ce qu'on entend aussi, et là aussi,
01:15:08il y a une continuité dans les échanges depuis ce matin,
01:15:11c'est de dépasser les limites administratives, les frontières.
01:15:16Je ne sais pas comment vous faites dans le Cotentin,
01:15:18comment vous réglez cette question d'être aussi dans cette solidarité,
01:15:22le low cost qui serait réservé aux limites communales
01:15:26et où ça serait un rétrécissement qui va à l'encontre
01:15:30de tout ce que vous dites à cette table ronde,
01:15:33dans une cohésion, dans une solidarité.
01:15:37Cette dimension intercommunale, Isabelle Vatinel,
01:15:41à Cherbourg-en-Cotentin, qui est déjà le regroupement de communes.
01:15:46Oui, en effet, Cherbourg-en-Cotentin,
01:15:48c'est le fruit d'une commune nouvelle depuis 2016
01:15:52qui a regroupé en effet cinq communes
01:15:55avec tout un travail d'accompagnement
01:15:57sur justement la mise en commun
01:16:00de ce qui pouvait exister sur l'ensemble des territoires.
01:16:03Le regroupement, la création de cette commune nouvelle
01:16:06a quand même permis, mais là aussi,
01:16:08ça a été un long travail à entre-élus,
01:16:10un long travail et un vrai choix des élus,
01:16:12c'était d'amener le service de manière équitable
01:16:16à tous les habitants.
01:16:17Un exemple, le portage des repas existait sur deux territoires.
01:16:21Aujourd'hui, il est sur cinq territoires.
01:16:23Il y a eu la création d'un centre communal de santé
01:16:27qui, aujourd'hui, depuis le 1er janvier,
01:16:29a été basculé à l'agglo.
01:16:30Donc, il y a tout ce travail aussi territorial qui est amené.
01:16:33Et je vous rejoins, monsieur, les communes rurales,
01:16:36c'est vrai qu'aujourd'hui, elles se sentent vraiment
01:16:39complètement isolées et complètement perdues
01:16:44au niveau de tout ce marquage territorial.
01:16:47Et c'est vrai que l'intercommunalité,
01:16:49elle a aussi son rôle à jouer dans tout ça.
01:16:53Patrick Cannaire, sur tous les territoires.
01:16:55Oui, tout d'abord, merci à Jean-Paul.
01:16:58Je suis heureux de te retrouver, mon cher Jean-Paul,
01:17:00toujours aussi revendicatif, à juste titre,
01:17:03sur la place de la ruralité dans notre pays.
01:17:07Finalement, la question, c'est est-ce qu'on veut
01:17:09encore une France rurale ?
01:17:13Est-ce qu'il y a encore une place pour une France rurale ?
01:17:16Aujourd'hui, il y a 1 000 communes qui ont disparu,
01:17:19entre guillemets, par les communes nouvelles,
01:17:21à peu près, depuis la loi qui l'a favorisé.
01:17:28Il reste aujourd'hui 550 000 élus qui sont,
01:17:31je dis souvent, les usards de la République.
01:17:33Pour tenir ce lien social avec des populations
01:17:37qui ont un extraordinaire sentiment de relégation,
01:17:40de déclassement, qui fait d'ailleurs le bonheur,
01:17:43ça a été évoqué par notre collègue du 44,
01:17:47de certains mouvements politiques
01:17:49qui se développent de plus en plus dans ce secteur.
01:17:51Donc le sentiment d'être les territoires perdus
01:17:55de la République, pour prendre une phrase célèbre maintenant,
01:17:58qui concernait plutôt les quartiers privataires de la ville,
01:18:00mais finalement, dans le secteur rural,
01:18:03il y a des villes, des villages perdus de,
01:18:07pas pour la République, mais perdus de la République.
01:18:11Avec des pertes de moyens humains, on ne l'a pas dit tout à l'heure,
01:18:14mais j'ai retrouvé les chiffres, entre 2006 et 2018,
01:18:18la fonction publique d'Etat a perdu 180 000 postes,
01:18:22et notamment dans les territoires, pour être clair,
01:18:25dans les sous-préfectures et les services liés à la sous-préfecture.
01:18:29Donc la réponse, pour moi en tout cas,
01:18:32vue du national, ne peut pas être ponctuelle.
01:18:36Moi, je n'ai pas envie d'une réponse qui soit mitée
01:18:38territoire par territoire.
01:18:40Ce que j'ai envie, c'est qu'on ait un nouvel acte de décentralisation.
01:18:45La réponse politique, elle est là,
01:18:47tenant compte de cette spécificité très française,
01:18:50de cette extraordinaire implantation rurale.
01:18:53Alors, je n'ai pas de réponse immédiate à te donner,
01:18:55mon cher Jean-Paul.
01:18:56Je dis simplement qu'aujourd'hui,
01:19:01je suis très content qu'on évoque le statut électoral de Paris,
01:19:05Lyon, Marseille, peut-être dans les mois à venir.
01:19:08Très content, c'est à voir d'ailleurs.
01:19:11Mais je trouve qu'on n'a pas assez réfléchi
01:19:16aux solutions pour les communes rurales.
01:19:18La seule solution qu'on a imaginée, et un peu brutale,
01:19:20c'est l'agrandissement des intercommunalités,
01:19:23et qui, parfois, ne fait pas le bonheur.
01:19:25On le sait bien des maires locaux.
01:19:28Donc, l'enjeu de cohésion sociale passe aussi par là.
01:19:31Ça passe au niveau des CSAS, par le développement des CIS.
01:19:36L'ancien président de l'UNCAS que je suis a été un des promoteurs
01:19:39de cette dynamique, et je sais que mes successeurs
01:19:43l'ont aussi portée, et je m'en félicite.
01:19:45C'est important de montrer que les maires ruraux
01:19:50peuvent travailler ensemble sur des projets communs.
01:19:53Pour cela, il faut des moyens, on revient aux thématiques
01:19:55de la table ronde, et il faut surtout une législation
01:19:59qui le favorise au niveau national.
01:20:01Et là, aujourd'hui, on n'en dispose pas suffisamment,
01:20:04et la décision que j'ai combattue de rendre facultatif
01:20:08les CSAS dans les petites communes est, pour moi,
01:20:10une erreur stratégique et presque morale au regard
01:20:15des conséquences sociales que ça peut avoir sur le terrain.
01:20:17Et là, l'étude et l'enquête IFOP qui nous a été présentée ce matin
01:20:24montrant que le social était un enjeu pour les prochaines
01:20:27municipales et la place du bloc communal, commune,
01:20:30intercommunalité, montre que c'est une réponse aujourd'hui
01:20:34qui est attendue de nos concitoyens.
01:20:36Donc, il faudra la mettre dans le débat qui s'ouvre cette année
01:20:39pour les municipales.
01:20:41D'autres demandent de prise de parole.
01:20:43Est-ce que le micro circule et vous souhaitez vous exprimer
01:20:47sur ces questions ?
01:20:50Pas de demande de rentrée.
01:20:52Alors, moi, je me tourne vers nos intervenants et je dis,
01:20:55bon, finalement, c'est vrai, depuis ce matin, on dit,
01:20:58bon, le rabais, le lokos.
01:21:00Lokos, d'ailleurs, j'ai vu qu'on a changé le titre
01:21:03de cette table ronde.
01:21:04C'est fait pour le privé, ce n'est pas fait pour le public.
01:21:08Et le rabais, c'est aussi retrouver de l'agilité,
01:21:14retrouver de l'agilité.
01:21:16Comment on fait quand on est à la tête d'un service social
01:21:19comme celui de la capitale pour rester agile et pas être dans
01:21:25le rabais ou le rabot, parfois, nous voudrait dire certains.
01:21:30On est inventif.
01:21:33Pour vous donner un ordre d'idées, le Centre d'action sociale
01:21:36de la ville de Paris, c'est 9000 agents, un peu plus de 2
01:21:40milliards de budget par an.
01:21:43Donc, c'est une grosse machine et qui fonctionne comme tous les
01:21:49autres CCAS de France, mais avec effectivement un volume
01:21:54et un périmètre qui est difficilement comparable.
01:21:59Et en fait, ça n'enlève rien.
01:22:01En fait, cette masse-là n'enlève rien à notre capacité à pouvoir
01:22:04être hyper agile, hyper inventif et surtout bricoleur.
01:22:10On fait du bricolage en permanence.
01:22:12On pourrait se dire que de la part d'une grosse structure,
01:22:15un peu posée avec 9000 fonctionnaires,
01:22:19on bricole quand même.
01:22:20On fait comme tout le monde.
01:22:22On est abandonné par l'État.
01:22:24On est inventif et imaginatif pour essayer de faire mieux avec moins.
01:22:29Et on bricole et on se dépatouille avec le secteur associatif,
01:22:33avec des bénévoles, avec des fonctionnaires très investis et
01:22:36très engagés, avec des élus, parce que nous,
01:22:39on n'est pas en intercommunalité, mais on est en arrondissement.
01:22:41On a 17 arrondissements, donc avec des élus dans chacun
01:22:44des arrondissements sur lesquels on peut compter,
01:22:46qui font aussi la proximité.
01:22:49Donc, on invente et on réinvente en permanence.
01:22:53Je continue à penser que potentiellement,
01:22:56ça perd beaucoup de temps et d'énergie à un certain nombre de
01:23:00choses, notamment de nos projets, parce qu'en fait, du coup,
01:23:03on le fait en réagissant aux à-coups qui viennent un peu
01:23:10nous fragiliser, en tout cas, mettre un peu à mal les
01:23:15perspectives qu'on se donne, alors qu'en vérité,
01:23:17si on avait un relais un peu costaud et un peu fort d'un État
01:23:21qui sait vers quoi on doit aller, qui sait nous donner les axes
01:23:25prioritaires et tout en les finançant,
01:23:27potentiellement, on gagnerait de l'énergie, du temps et puis
01:23:29même de l'argent.
01:23:32En vérité, le centre d'action sociale de la ville de Paris n'est
01:23:35pas si différent que ça du reste et nous aussi,
01:23:38on essaye de concevoir des dispositifs de proximité à
01:23:44chacune des étapes.
01:23:45Ce que je voulais dire aussi, c'est ce que vous disiez à
01:23:48l'instant, qui me fait dire ça, monsieur,
01:23:50c'est que moi, je suis assez favorable à l'extension du
01:23:55domaine des services publics.
01:23:57C'est-à-dire qu'en fait, ça fait 30 ans qu'on nous dit que les
01:24:01services publics, ça coûte un pognon de dingue,
01:24:03que les fonctionnaires, ils sont payés à rien faire,
01:24:06blablabla.
01:24:08Et en fait, je pense que si on veut construire demain une
01:24:12société qui soit meilleure, qui prenne en compte,
01:24:16y compris la diversité des territoires,
01:24:18qui permette à tout le monde de pouvoir vivre dans des bonnes
01:24:21conditions, que ce soit parce qu'on est en zone dense ou parce
01:24:23qu'on est en zone rurale, que ce soit parce qu'on est jeune ou
01:24:25parce qu'on est senior, que ce soit parce qu'on est
01:24:29français ou parce qu'on ne l'est pas,
01:24:31c'est aussi de garantir un accès à des services publics sur
01:24:34l'entièreté du territoire, mais pas seulement sur quelques
01:24:37petites missions.
01:24:38Nous, ici, on parle du social, mais depuis ce matin,
01:24:40j'ai bien entendu la question de la justice,
01:24:42la question de l'école, la question des transports,
01:24:44la question de la sécurité, ce qui doivent être des domaines
01:24:48régaliens de services publics.
01:24:50Et puis même, moi, j'irai plus loin,
01:24:51la question des loisirs, la question du sport,
01:24:54la question des vacances.
01:24:55J'ai même envie de parler de la question de la démocratie
01:24:59et d'assurer...
01:25:00Tout ça doit relever d'un domaine de services publics parce que
01:25:03c'est ça qui fait nation et c'est ça qui permet aux gens de ne pas
01:25:06se retrouver soit isolés et seuls et donc, du coup,
01:25:10à dire que c'est de la faute de l'autre qui a pris sa place,
01:25:13soit en bout de course, à l'abandon de tout espoir de
01:25:17pouvoir sortir devant le tunnel, la sortie du tunnel.
01:25:20Véronique Besse, alors, on parle justement de la nécessité
01:25:24de mobiliser tous les acteurs du territoire.
01:25:27C'est aussi le rôle du CCAS.
01:25:29On évoquait à l'instant les associations.
01:25:32On voit bien qu'un CCAS low cost au rabais,
01:25:35c'est celui qui, justement, n'est pas l'assemblié,
01:25:38qui n'est pas la locomotive.
01:25:40Et ça, je sais que vous insistez beaucoup là-dessus.
01:25:42Moi, je pense qu'il faut surtout rendre hommage,
01:25:44bien sûr, aux élus de terrain, aux agents et aux associations
01:25:50sans ce trio, chacun dans son domaine,
01:25:54on n'arriverait pas à grand chose dans le social.
01:25:57Donc vraiment, je pense qu'il faut rendre hommage à tous ceux qui,
01:26:01quelquefois avec des bouts de ficelle, arrivent à faire des choses
01:26:03extraordinaires et surtout, cette capacité de s'adapter aux situations.
01:26:08Alors, c'est vrai qu'en plus, on nous demande toujours
01:26:11beaucoup plus de choses sur le terrain.
01:26:13Souvent, l'État demande des choses à appliquer dans l'urgence, etc.
01:26:19Et il faut s'adapter avec les moyens du bord.
01:26:22Moi, ce que je dis, donc, bravo à ce trio qui fonctionne bien
01:26:26ensemble et qui fait souvent des miracles,
01:26:29notamment dans le domaine social.
01:26:30Moi, ce que je voudrais, c'est qu'on donne beaucoup plus
01:26:33de liberté aux élus locaux, notamment à tous ceux qui ont
01:26:38les mains dans le cambouis.
01:26:39Et ce n'est pas péjoratif quand je dis ça.
01:26:40Au contraire, ceux qui sont obligés, qui sont en première ligne
01:26:44qui sont obligés de résoudre un certain nombre de problèmes.
01:26:49Il faut vraiment qu'on fasse confiance aux élus locaux,
01:26:52qu'on fasse confiance à nos élus du CCAS.
01:26:55Voilà pour ce congrès de l'UNCAS, l'Union nationale des centres
01:26:58communaux d'action sociale qui s'est tenu la semaine dernière à Chambéry.
01:27:02C'est la fin de cette émission.
01:27:03Merci de l'avoir suivi.
01:27:04Continuez à suivre l'actualité politique sur Public Sénat
01:27:07sur notre site Internet publicsenat.fr.
01:27:09Je vous souhaite une très bonne journée sur Public Sénat.
01:27:14Sous-titrage Société Radio-Canada