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00:00Europe 1
00:02Europe 1
00:04Europe 1
00:0611h-13h
00:08Pascal Praud et vous
00:10L'heure de vérité vous le savez avec le procès du Rassemblement National
00:12Nous sommes avec Géraldine Hamon
00:14Bonjour Pascal
00:16Laurent Tessier, Fabrice Lafitte
00:18Avec Olivier Guénec
00:20et avec Alexandre Omar
00:22et on est en ligne bien sûr avec Gilbert Collard
00:24qui est ancien député
00:26ancien membre du Rassemblement National
00:28C'est-à-dire que les premières dépêches qui sont tombées
00:30nous donnent déjà
00:32des informations importantes
00:34Marine Le Pen est 8 euros députée
00:36coupable de détournement
00:38de fonds publics
00:40Le tribunal de Paris a déclaré coupable
00:42de détournement public
00:44les 9 euros députés même
00:46dont Marine Le Pen
00:48poursuivie dans l'affaire des assistants parlementaires
00:50européens. Les 12 assistants
00:52jugés à leur côté ont eux aussi
00:54été déclarés coupables de recel
00:56Le tribunal a estimé
00:58que le préjudice total
01:00était de 2,9 millions d'euros
01:02en faisant prendre en charge par le Parlement
01:04européen des personnes qui travaillaient
01:06en réalité pour le parti
01:08C'est marrant d'ailleurs parce que je lis
01:10la dépêche de l'AFP
01:12et l'AFP qualifie le Rassemblement National
01:14d'extrême droite, le parti d'extrême droite
01:16alors que cette
01:18pardonnez-moi
01:20pour cet insert
01:22le Rassemblement National conteste
01:24d'être d'extrême droite
01:26il faudrait d'ailleurs un jour définir ce qu'est l'extrême droite
01:28mais pour l'AFP le Rassemblement National
01:30est d'extrême droite. Il est 11h05
01:32bonjour à tous
01:34Europe 1, Pascal Praud
01:36Alors évidemment
01:38ce qu'on attend en
01:40priorité c'est est-ce que
01:42Marine Le Pen
01:44sera déclarée inéligible
01:46et surtout est-ce que cette
01:48inéligibilité
01:50sera exécutoire, c'est-à-dire
01:52qu'elle serait prononcée avant même
01:54l'appel et il y a quelque chose
01:56qui peut choquer
01:58dans ce sens que
02:00en France lorsqu'on fait appel on repart
02:02à zéro, c'est-à-dire qu'on considère que
02:04la condamnation
02:06est nulle et non avenue
02:08alors nous sommes avec
02:10Gilbert Collard qui connaît particulièrement
02:12bien et le droit
02:14et le Rassemblement National
02:16qui effectivement ne peut pas
02:18fortement commenter pour le moment
02:20la décision
02:22qui sera essentielle c'est l'exécution
02:24le côté exécutoire
02:26de l'inéligibilité
02:28puisqu'on peut imaginer qu'elle soit prononcée
02:30simplement cette première condamnation
02:32qu'on apprend à l'instant des 9 euros
02:34députés n'est sans doute pas une surprise
02:36pour vous. Gilbert Collard
02:38bonjour. Oui bonjour
02:40à tout le monde
02:42ce n'est pas une surprise bien évidemment
02:44de la même manière que la rédaction
02:46de la dépêche de l'AFC n'est pas une
02:48surprise mais ce qui est étonnant
02:50c'est qu'on n'a pas encore le dispositif du
02:52jugement. Donc
02:54officiellement si vous voulez
02:56le tribunal n'a pas encore dit
02:58que Marine Le Pen et
03:00les eurodéputés sont
03:02coupables. C'est à partir
03:04de la lecture des attendus
03:06du jugement que
03:08le journaliste déduit
03:10à juste titre que
03:12la condamnation va s'en suivre
03:14mais pour nous juristes c'est quand
03:16le tribunal lit le dispositif
03:18par ces motifs condamnants
03:20donc pour l'instant on n'est pas encore arrivé là
03:22Donc lorsque le tribunal de Paris a déclaré
03:24l'indic coupable de détournement de fonds publics
03:26vous pensez que ce qu'écrit l'AFP n'est pas
03:28juste ? Je ne sais pas
03:30ce que le tribunal a déclaré
03:32exactement mais pour un juriste
03:34c'est quand le tribunal
03:36dit par ces motifs condamnants
03:38c'est à ce moment là
03:40qu'on sait qu'il y a condamnation
03:42bien évidemment la lecture des attendus
03:44C'est coupable, vous voyez, a déclaré coupable
03:46c'est pour ça que c'est sans doute...
03:48Je vois pas comment
03:50il peut y avoir une déclaration de culpabilité
03:52alors que la lecture
03:54du jugement n'est pas terminée
03:56Vous me comprenez ?
03:58Bon, en tout cas, alors
04:00d'abord le fond et la forme. Sur le fond
04:02c'est vrai que le Parlement
04:04européen, vous l'avez dit vous-même lorsque vous étiez
04:06député, le Parlement européen
04:08voulait sans doute fonctionnariser
04:10les
04:12comment dire
04:14ceux qui travaillaient, les assistants parlementaires
04:16qui travaillaient pour les députés
04:18et ne souhaitaient pas que ces
04:20assistants puissent travailler également
04:22pour le député si tant est que celui-ci
04:24avait une activité dans le parti
04:26mais la frontière forcément elle est poreuse
04:28Bien sûr, d'autant plus qu'en France
04:30on a un article 4
04:32de la constitution qui dit que les partis
04:34politiques concourent à la vie démocratique
04:36donc c'est inconcevable
04:38d'avoir des assistants
04:40parlementaires
04:42et qu'ils ne fassent pas de la politique
04:44Bon, mais là, faut quand même pas oublier que la procédure
04:46contre Marine Le Pen a été enclenchée à l'époque
04:48où il y avait Madame Taubira et compagnie
04:50Bon, maintenant
04:52l'enjeu véritable
04:54c'est de savoir s'il va y avoir une exécution provisoire
04:56ou pas. Or, on a eu cette
04:58décision du conseil constitutionnel
05:00qui est
05:02une espèce de
05:04d'avertissement pour le tribunal
05:06Bon, il faut savoir lire, c'est compliqué
05:08mais le conseil constitutionnel
05:10dit au tribunal que
05:12il doit proportionner
05:14sa décision
05:16en fonction
05:18de la liberté de l'électeur
05:20et attention, un point
05:22très important qui est passé inaperçu
05:24l'atteinte que cette mesure
05:26est susceptible de porter, dit le conseil
05:28à l'exercice d'un mandat
05:30en cours
05:32et la préservation de la liberté
05:34de l'électeur. Le conseil constitutionnel
05:36parle d'un mandat en cours
05:38ce qui équivaudrait à
05:40exclure la possibilité
05:42de prononcer une exécution
05:44immédiate pour un mandat
05:46à venir, car à ce moment-là
05:48pour le coup, la liberté
05:50de l'électeur serait
05:52entravée
05:54C'est donc une décision
05:56qui n'a pas fini d'amener des commentaires
05:58et des recours
06:00Ce détail, oui, cette phrase
06:02elle est passée inaperçue, mais vraiment je vous invite
06:04à vous y reporter
06:06l'exercice d'un mandat en cours
06:08en cours
06:10Alors, ce qui est amusant, c'est que
06:12je ne suis évidemment pas juriste comme vous
06:14c'est que cette décision du conseil constitutionnel
06:16elle a été commentée tout le week-end
06:18et j'observais que tout le monde n'était pas d'accord
06:20sur... Personne n'est d'accord
06:22Voilà, ça m'a frappé, j'ai vu le papier de
06:24Noël Lenoir, vous l'avez sans doute lu hier
06:26dans le journal du dimanche
06:28et j'ai vu des interprétations très différentes
06:30Moi, vous allez me dire si je me
06:32trompe ou pas, j'ai retenu que le conseil
06:34constitutionnel a retenu trois
06:36conditions pour qu'une
06:38exécution provisoire soit prononcée
06:40La première, c'est réitération
06:42de l'infraction, et là c'est pas
06:44le cas, il n'y aurait pas réitération
06:46de l'infraction, il y a contact
06:48avec les témoins, alors je ne sais pas ce que
06:50ça signifie, contact avec les témoins
06:52Marine Le Pen, est-ce qu'elle
06:54contacterait des témoins
06:56qui puissent
06:58justifier que l'exécution
07:00provisoire soit prononcée, et puis
07:02à trouble à l'ordre public, ce sont les
07:04trois choses que j'ai retenues, je ne sais pas
07:06si vous êtes d'accord ou pas
07:08avec moi, ou si ça doit être modéré
07:10ou nuancé.
07:12En général
07:14c'est la réitération de l'infraction
07:16bien sûr, vous l'avez évoqué, c'est
07:18impossible puisqu'elle n'est plus
07:20députée européenne, il n'y a aucun
07:22des critères exigés
07:24par la loi ne sont évidemment
07:26réunis, mais
07:28d'autant plus que le conseil
07:30constitutionnel vient quand même de rappeler
07:32au juge
07:34qu'il ne doit pas méconnaître
07:36le droit d'éligibilité
07:38garanti par l'article 6.
07:40Le conseil constitutionnel
07:42prend la peine de rappeler
07:44au juge qu'il y a une
07:46frontière qu'il ne doit pas quand même
07:48dépasser, or
07:50le juge fera ce qu'il veut,
07:52parce que bon, s'ils ont envie de dépasser la frontière
07:54là pour le coup
07:56la frontière ils la franchiront
07:58bon, mais
08:00le mal sera fait, de toute façon
08:02c'est irréparable une exécution provisoire
08:04c'est irréparable, parce que même
08:06s'il y a un appel, et même si l'appel dans
08:08un an ou deux ans dit que les
08:10premiers juges se sont trompés, le
08:12vol judiciaire d'élection
08:14je dis bien, le vol judiciaire
08:16d'élection
08:18aura été commis par un tribunal.
08:20Bon, vous êtes avec nous Gilbert Collard
08:22on va pouvoir écouter également un auditeur
08:24qui peut donner son avis, je rappelle que
08:26madame Le Pen est crédité
08:28dans un sondage IFOP de 37%
08:30des intentions de vote au
08:32premier tour, pour ceux qui s'intéressent
08:34comme nous à l'élection présidentielle
08:36depuis toujours, c'est sans doute
08:38un des scores les plus hauts sur un premier tour
08:40je pense que le général de Gaulle en 65
08:42avait fait plus haut, François Mitterrand
08:44en 74 avait fait également
08:46plus haut, mais il était le candidat
08:48unique de la gauche
08:50et du programme commun, je crois qu'il avait fait
08:5248 ou 47, il avait failli quasiment
08:54passer au premier tour
08:56et puis après, pour vous donner un ordre d'idée
08:58Nicolas Sarkozy a fait 31
09:00ou 32 en 2007
09:02et François Mitterrand avait fait
09:0434 en 1988
09:06et on a coutume de dire qu'au delà de 30
09:0831, on est quasiment
09:10élu président de la république
09:12madame Le Pen sort à 37
09:14alors c'est à 2 ans des élections, c'est encore
09:16pas tous les candidats, il y a beaucoup de choses qui peuvent changer
09:18mais quand même, c'est
09:20une indication. Il est 11h13
09:22à tout de suite. Restez bien avec nous, la suite
09:24de Pascal Praud et vous, c'est dans un instant
09:26et vous pouvez bien sûr réagir au 01
09:2880 20 39
09:3021, c'est le numéro du standard
09:32d'Europe 1, à tout de suite sur Europe 1
09:34Europe 1, Pascal Praud et vous
09:36de 11h à 13h sur Europe 1 et avec
09:38notre invité, Pascal Gilbert-Poulard, ancien député
09:40Européen Rassemblement National
09:42qui réfléchit comme nous à ce que sera
09:44tout à l'heure la décision
09:46du tribunal correctionnel
09:48de Paris. Nous sommes avec
09:50Lucie peut-être ?
09:52Bonjour Lucie.
09:54Bonjour Ludo.
09:56Bonjour Ludo, vous habitez dans le Gard.
09:58C'est ça.
10:00Est-ce que vous êtes un électeur du Rassemblement National ?
10:02Personnellement, oui.
10:04D'accord. Est-ce que
10:06vous êtes inquiet
10:08peut-être de la décision qui peut tomber tout à l'heure ?
10:10Bien sûr, je suis inquiet
10:12pour plusieurs raisons, que ce soit des raisons, bien sûr
10:14parce que je vois le Rassemblement National
10:16mais aussi pour des raisons
10:18au niveau de la justice parce que
10:20par rapport au dossier, de ce que
10:22j'ai pu voir, bien sûr, et de ce que j'ai pu entendre
10:24le dossier est vide
10:26et donc si Marine Le Pen
10:28elle est jugée
10:30et malheureusement elle s'est confirmée
10:32je vais me dire si le dossier est vide. En gros
10:34tout le monde peut être demain accusé de n'importe quoi
10:36et on peut tous finir en prison
10:38pour rien. Alors je demande à
10:40Gilbert-Poulard d'abord, est-ce que vous diriez
10:42Gilbert, que le dossier est vide ?
10:44Ah oui, complètement. Le dossier
10:46est complètement vide parce qu'il est
10:48construit sur la base
10:50d'une interprétation
10:52du travail que doit faire
10:54l'attaché parlementaire. D'abord je
10:56rappelle quand même, c'est pas innocent
10:58que tout a été déclenché sous l'ère
11:00Taubira, par Madame Taubira
11:02et par la structure socialiste
11:04du Parlement européen
11:06tout dépend de la manière dont on
11:08analyse le travail
11:10de l'attaché parlementaire
11:12Est-ce qu'il peut faire de la politique
11:14ou est-ce qu'il ne peut pas faire de politique ?
11:16C'est une vision qui a pour but, si vous voulez
11:18de décrocher complètement
11:20l'Union européenne de toute vie politique
11:22interne. Bon
11:24c'est une affaire d'interprétation
11:26il n'y a pas d'ambition personnelle
11:28Mais que font les autres partis ? Comment ça se passe ?
11:30Ils font exactement pareil !
11:32Ils font exactement pareil !
11:34Je rappelle quand même que depuis 2017
11:362017 il y a eu une enquête en cours
11:38sur Monsieur Mélenchon
11:40Vous reconnaissez qu'elle ne va pas vite cette enquête ?
11:42Elle ! Elle !
11:44Mais c'est-à-dire que c'est pour les mêmes motifs ?
11:46C'est-à-dire que les assistants parlementaires...
11:48Ah ! Pour les mêmes motifs !
11:50Mélenchon, Béroud, les mêmes motifs !
11:52Les assistants parlementaires
11:54ont une activité qui n'est pas
11:56strictement
11:58structurellement
12:00obsessionnellement européenne
12:02Elle dérive sur
12:04l'activité de fonctionnement
12:06du parti politique et de la vie
12:08politique française
12:10et là c'est un crime ! Il y a un dépassement
12:12pour le coup alors
12:14l'Europe qui déteste
12:16les frontières, pour le coup là elle met des frontières
12:18juridiques !
12:20Ludo qui est avec nous, si demain Marine Le Pen
12:22Ludo est inéligible
12:24est-ce que ça change quelque chose
12:26pour l'électeur que vous êtes ?
12:28Oh ben ça va me mettre encore plus en colère
12:30déjà j'ai pas mal de colère et de
12:32tristesse en moi, alors là ça va encore
12:34les multiplier
12:36c'est ce que ça va faire et j'espère que
12:38certaines personnes qui ne votaient pas Hérène
12:40seront en colère et voteront
12:42Hérène aux prochaines élections
12:44pour dire stop à tout ça !
12:46Stop à tout ça !
12:48Alors on est
12:50et là Gilbert Collard peut avoir peut-être une réflexion
12:52plus profonde, on est dans une séquence morale
12:54qui a commencé je ne sais quand
12:56parce que c'est aussi le législateur
12:58qui a mis en place certaines
13:00choses de ce type
13:02et qui
13:04après l'affaire Cahuzac
13:06notamment a voulu
13:08une forme de moralisation
13:10de la vie politique
13:12française et cette
13:14moralisation on voit
13:16aujourd'hui qu'elle a des effets
13:18secondaires qui sont particulièrement
13:20nocifs peut-être
13:22Oui il faudrait
13:24relire le bouquin d'Anatole France
13:26les dieux en soif sur la révolution
13:28française
13:30les parlementaires
13:32les parlementaires
13:34sont du cannibalisme
13:36ils se donnent à bouffer à la justice
13:38tout est la faute
13:40du parlement
13:42tout est la faute du législateur
13:44qui a délégué des pouvoirs
13:46considérables, moi j'ai voté contre
13:48je le signale quand même
13:50ces dispositions toujours
13:52au nom d'un droit pénal classique
13:54parce qu'il faut que l'appel existe
13:56il faut que le justiciable
13:58ait une présomption d'innocence
14:00respecter, il faut que le juge
14:02reste éloigné de
14:04de la politique et qu'il y ait une séparation
14:06totale des pouvoirs, moi j'étais même allé
14:08jusqu'à demander qu'on interdise aux magistrats
14:10d'avoir des fonctions dans les ministères
14:12bon ma proposition a été rejetée
14:14évidemment comme d'habitude
14:16mais c'est la faute du législateur
14:18notamment sous le règne de monsieur
14:20Hollande qui pour se décahuer
14:22à zaquer a fait voter toutes sortes
14:24de textes qui mettent
14:26les hommes politiques
14:28et les citoyens en général
14:30complètement sous l'autorité d'une justice
14:32qui elle est irresponsable
14:34Alors ce qui est intéressant
14:36de voir et on le disait tout à l'heure
14:38dans l'émission c'est que
14:40la conséquence de ça
14:42c'est que ceux qui ont de la qualité
14:44ne feront plus de politique
14:46parce qu'il y a trop de
14:48coups à prendre et parfois
14:50aussi trop de conséquences
14:52et je faisais un parallèle qui est tout à fait
14:54étonnant, lorsqu'on fait de la
14:56politique à gauche
14:58souvent
15:00la fonction politique qu'on
15:02aura grâce à la politique sera plus
15:04haute que celle qu'on aurait eu dans la
15:06vie civile et lorsqu'on
15:08fait de la politique à droite
15:10et bien la fonction politique
15:12qu'on aura n'est pas
15:14forcément plus haute que celle qu'on aurait eu
15:16dans la vie civile, par exemple l'avocat
15:18que vous êtes, si
15:20vous faisiez aujourd'hui si vous avez 30 ans
15:22ou 40 ans, alors je crois que c'est compatible d'être
15:24avocat et homme politique
15:26on peut garder, on peut
15:28on peut, bon
15:30mais vous
15:32vous êtes un avocat brillant
15:34vous avez
15:36été un des avocats les plus en vue
15:38sur ces 30 ou 40 dernières
15:40années, c'est vrai que votre carrière
15:42personnelle, par exemple en termes
15:44financiers, qui est un indicateur comme un autre
15:46bien sûr, mais qui est important dans une carrière professionnelle
15:48et bien vous ne
15:50vous êtes pas enrichi avec la politique
15:52ah non, mais là on a
15:54on a les chiffres
15:56qui sont officiels, moi
15:58j'ai perdu énormément
16:00d'argent en entrant
16:02en politique par rapport à ce que je gagnais
16:04comme avocat, et je comprends aujourd'hui
16:06que des hommes ou des femmes
16:08qui ont des activités
16:10rémunératrices
16:12ou intellectuellement passionnantes
16:14n'aient pas envie de faire de la politique
16:16qui est devenu un grand merdier
16:18il faut bien le reconnaître, et puis
16:20c'est un environnement culturel qui est déplorable
16:22alors qu'effectivement
16:24d'autres personnes, c'est une ascension sociale
16:26pour monsieur Delogu, c'est une ascension
16:28sociale pour d'autres
16:30et donc moi la peur
16:32que je peux avoir, et évidemment
16:34je ne jette pas la pierre à monsieur Delogu
16:36loin de là, mais c'est que la politique
16:38n'attire au fond
16:40que des gens
16:42qui ne seront peut-être pas
16:44les plus brillants de leur
16:46domaine, et
16:48que nous soyons gouvernés prochainement
16:50ces prochaines années
16:52par des gens effectivement
16:54d'un autre statut
16:56intellectuel, culturel
16:58et qui trouveraient avec la politique
17:00une manière d'accéder
17:02à des fonctions, alors que dans la vie
17:04civile il serait peut-être plus en difficulté
17:06Gilbert Collard
17:08Ecoutez, moi je l'ai observé
17:10pendant
17:12mes deux mandats au Parlement
17:14national et mon mandat au Parlement européen
17:16alors ça n'a rien à voir avec les diplômes
17:18ni avec l'exercice d'un métier
17:20moi j'ai connu des gens
17:22qui avaient des activités manuelles
17:24qui étaient remarquables, d'intelligence, de lumière
17:26ça n'a rien à voir, mais
17:28on a l'impression aujourd'hui que
17:30la médiocrité
17:32ça aide en politique
17:34et j'ai vraiment fréquenté
17:36des crétins
17:38enfants en politique
17:40mais qui étaient d'une habilité
17:42politique incroyable, qui étaient capables
17:44d'aller dans tous les cocktails
17:46dans tous les dîners, dans toutes les réunions
17:48de suivre
17:50d'une manière impénitente
17:52tel personnage
17:54pour se rendre utile, rendre servi
17:56enfin c'est inimaginable
17:58la servilité imbécile
18:00que certains
18:02candidats peuvent avoir
18:04pour réussir
18:06avec de la fourberie
18:08moi je me rappelle si j'ai 30 secondes
18:10d'un homme politique qui me disait
18:12j'avais pris un engagement
18:14et j'avais donné ma parole d'honneur
18:16et il me dit
18:18une fois qu'il t'a donné ce que tu veux
18:20tu t'en fous, je lui dis mais j'ai donné ma parole
18:22d'honneur, et il me répond
18:24et alors ça sert à quoi la parole d'honneur ?
18:26Voilà !
18:28Bon Gilbert Collard est avec nous
18:30je vous propose d'écouter peut-être
18:32Fabrice je crois qui est là
18:34Fabrice ou Olivier ?
18:36Fabrice bonjour, vous habitez
18:38Béziers ?
18:40Antibes !
18:42Parce que là c'est marqué Olivier de Béziers
18:44C'est marqué Fabrice d'Antibes
18:46Tout à fait !
18:52Fabrice d'Antibes
18:54Bonjour Pascal, bonjour à tous
18:56Oui comme j'expliquais à votre collaborateur
18:58je voulais intervenir sur l'éligibilité
19:00éventuelle de Marine Le Pen
19:02et je tiens à dire que
19:04je ne suis pas du tout encarté
19:06ni j'ai jamais voté RN
19:08parce qu'il est en train d'arriver dans notre pays
19:10Il faut attendre parce que la décision n'est pas prise
19:12Oui mais vous savez
19:14je vais vous dire, moi je suis l'actualité
19:16je vous suis beaucoup Pascal
19:18d'ailleurs je voulais vous féliciter
19:20parce que vous étiez déjà un très grand journaliste sportif
19:22et vous êtes de loin le meilleur journaliste
19:24d'actualité aujourd'hui
19:26Vous êtes gentil, du monde !
19:28Oui peut-être même du monde
19:30de la planète, de l'univers
19:32Vous êtes gentil
19:34En fait c'est tous ces news qu'il faut féliciter
19:36parce qu'il y a une liberté de ton
19:38à ces news
19:40C'est tout Europe 1 qu'il faut féliciter
19:42parce qu'il y a une liberté de ton
19:44et c'est l'occasion de saluer les Dimitri Pavlenko le matin
19:46évidemment Jean-Marc Morandini
19:48qui est également sur ces news
19:50Céline Géraud
19:52qui est avec nous
19:54et toute
19:56Laurence Ferrari bien sûr, Sonia Mabrouk
19:58et tout cela
20:00sous la gouvernance de Donna Vidal-Revel
20:02et de Monsieur Carré
20:04également
20:06Pour en revenir
20:08je ne vais pas vous déranger trop longtemps
20:10ce qui va se passer, je vais vous dire ce qui va se passer
20:12parce que ça va faire
20:14ça fait des années que ça dure
20:16ils sont en train de remettre une pièce dans le monnaieur
20:18s'ils la mettent inéligible, vous allez voir
20:20que ça va
20:22comment on peut dire vulgairement
20:24ça va exciter leur électorat
20:26ça je peux vous le dire
20:28et peut-être même des gens comme moi qui vont finir vraiment par voter
20:30Ecoutez
20:32on ne peut pas
20:34conjecturer
20:36les conséquences de cela
20:38je ne le sais pas
20:40ce qu'en pense Gilbert Collard
20:42vous avez une expérience peut-être du terrain
20:44des électeurs dans ces cas-là
20:46c'est quoi l'effet
20:48parce que en clair
20:50si ce n'est plus Marine Le Pen
20:52c'est Jordan Bardella
20:54c'est pas faire injure à Jordan Bardella de dire qu'il a moins d'expérience
20:56qu'il est plus jeune
20:58que ça peut être pas simple pour lui forcément
21:00mais les gens, les françaises et les français
21:02vivraient cette exécution provisoire
21:04comme une exécution capitale
21:06électorale
21:08et ça serait ressenti
21:10comme une injustice
21:12et Dieu sait que
21:14Victor Hugo nous avait bien prévenu
21:16ce que le peuple ne supporte pas
21:18c'est le sentiment
21:20d'injustice
21:22et là il y aurait une onde de sentiment d'injustice
21:24parce que la punition peut intervenir
21:26d'accord on peut en discuter
21:28mais dire qu'un candidat
21:30qui peut être élu
21:32par la décision de trois personnes
21:34dont on connait pas les vies
21:36en plus
21:38ne pourra pas être candidat
21:40c'est-à-dire que le peuple, comme le dit le conseil consécutionnel
21:42va être dépossédé
21:44de sa liberté d'électeur
21:46ça serait insupportable
21:48il y aurait une onde d'émotion
21:50une onde d'insupportabilité
21:52qu'il y aurait une conséquence politique indiscutablement
21:54Il est 11h27 vous restez avec nous
21:56on marque une pause, à tout de suite
21:58et continuez, vous pouvez réagir au 0180
22:0029 21
22:02avec Pascal Fraud 11h à 13h
22:04on est avec
22:06Olivier de Béziers et on revient évidemment
22:08alors il n'y a rien de nouveau
22:10nous sommes d'accord pour le moment
22:12on reste jolie la dépêche telle qu'elle arrive
22:14la présidente Bénédicte
22:16de Pertuis a débuté la lecture du jugement
22:18vers 10h20, la lecture devrait durer au moins 2h
22:20et ce n'est pas encore prononcé
22:22c'est une peine d'inégibilité
22:24Marine Le Pen assise en veste bleue au premier rang
22:26aux côtés notamment du vice-président du parti
22:28Louis Alliot, le tribunal a rapidement annoncé
22:30que les 9 euros députés poursuivis
22:32étaient coupables de détournement de fonds public
22:34et les 12 assistants coupables de recel
22:36ils ont signé des contrats
22:38fictifs et il y avait eu l'existence
22:40d'un système au sein du parti
22:42a déclaré la présidente Bénédicte de Pertuis
22:44il a été établi que toutes ces personnes
22:46travaillaient en réalité pour le parti
22:48que leur député ne leur avait confié aucune tâche
22:50qu'il passait d'un député à l'autre
22:52que les choses soient claires
22:54personne n'est jugé pour avoir fait de la politique
22:56c'est pas le sujet, la question
22:58c'est de savoir si les contrats ont reçu une exécution
23:00ou pas a déclaré la magistrate
23:02on est avec Olivier de Bézier
23:04Olivier bonjour !
23:06Bonjour Pascal, bonjour à tous
23:08Est-ce que vous êtes un électeur de Marine Le Pen ?
23:10Alors oui effectivement, j'ai voté pour Marine Le Pen
23:12mais je vous dirais que ce n'est pas ça
23:14qui va justifier mon avis sur la chose
23:16Et quel est votre avis sur la chose comme vous dites ?
23:18Alors mon avis c'est que
23:20je suis totalement scandalisé par ce qui est en train de se passer
23:22je suis outré par
23:24la tournure que prend ce procès
23:26on est plus dans un procès politique
23:28où j'ai l'impression clairement
23:30qu'on dit aux français taisez-vous
23:32et parce qu'on s'adresse pour moi à tous les français
23:34enfin en tout cas à tous ceux qui votent pour Marine Le Pen
23:36et pas seulement aux
23:38condamnés eux-mêmes
23:40quand on voit l'affaire de C8
23:42où on a dit, alors malgré des millions de téléspectateurs
23:44C8 c'est terminé, taisez-vous
23:46parce qu'il y a une liberté de parole sur cette chaîne
23:48d'ailleurs j'ai très peur pour vous, je dois vous l'avouer
23:50pour Europe S&News parce que je me dis que si on continue comme ça
23:52ça va être une vraie catastrophe pour la liberté d'expression en France
23:54donc on empêche les gens
23:56de voter potentiellement pour une personne qu'ils ont soutenue
23:58des millions de personnes qu'ils ont soutenues
24:00durant X années
24:02bon on a eu pareil pour C8, moi je suis totalement
24:04scandalisé, je me demande où va mon pays
24:06je me demande où va la liberté d'expression réelle
24:08Attendons quand même puisque la décision n'est pas tombée Olivier
24:10Dont acte
24:12L'inégibilité n'est pas tombée
24:14en revanche, mais de toute façon
24:16comme, moi ce qui m'inquiète
24:18au delà de l'inégibilité exécutoire
24:20Gilbert Collard
24:22c'est qu'on est à deux ans de la présidentielle
24:24donc là déjà il y a appel, manifestement
24:26mais le procès
24:28il revient avant l'élection présidentielle
24:30de 2027, le délai
24:32d'appel il n'est pas supérieur à
24:34deux ans
24:36Dans un cas pareil
24:38le délai d'appel devrait être rapide
24:40mais comment
24:42faire campagne, encore que
24:44je me demande si une campagne
24:46conduite
24:48sous le sceau de
24:50l'exécution provisoire
24:52ne serait pas une magnifique campagne
24:54il peut y avoir
24:56une trompisation de Marine Le Pen
24:58aussi, l'histoire elle est pleine
25:00d'ironie, l'ironie de l'histoire
25:02on la rencontre à tous les coins de l'histoire
25:04on sait jamais ce qu'une
25:06décision peut produire
25:08Qu'est-ce que vous voulez dire, c'est-à-dire qu'elle
25:10pourrait conduire la campagne
25:12Ah moi j'aurais le culot de le faire
25:14Ah oui, oui, honnêtement
25:16si j'étais encore à côté d'elle, je lui dirais
25:18Marine, face à la mer
25:20tiens bon, continue
25:22ils viennent de te donner vraiment
25:24Oui mais alors ça veut dire quoi
25:26c'est-à-dire que c'est, alors M. Bardella est
25:28à côté d'elle toujours et tout le temps
25:30elle mène la campagne et on vote pour Bardella
25:32Non, parce qu'il faut espérer
25:34il faut espérer
25:36qu'avant l'élection
25:38avant la date de l'élection, la justice
25:40et la courtoisie démocratique
25:42permettait l'expression
25:44d'organiser le procès avant l'élection
25:46quand même, sinon
25:48ça veut dire qu'on est complètement
25:50entre les mains de 2, 3, 4, 5 juges
25:52On marque une pause
25:5411h42, Gilbert Collard est avec nous
25:56on va retrouver évidemment Olivier
25:58c'est passionnant, c'est une journée passionnante
26:00on est le 31 mars
26:02c'est le dernier jour du mois de mars
26:04demain c'est le 1er avril, à tout de suite
26:06Et vous pouvez agir comme Olivier OZERO
26:089h30, 20h39, 21h avec Pascal Praud
26:10sur...
26:12Europe 1, Pascal Praud
26:14L'heure de vérité pour Marine Le Pen
26:16qui joue sa carrière politique. Marine Le Pen pourra-t-elle
26:18se présenter à l'élection présidentielle
26:20en 2027 ? On est avec Gilbert Collard
26:22ancien député européen
26:24du Rassemblement National. On est également avec
26:26Olivier de Béziers qui prenait la parole
26:28et qui était en colère. Alors je disais
26:30Olivier, tant que la décision n'est pas
26:32prise, votre colère
26:34pour le moment
26:36attendre encore quelques minutes Olivier
26:38Alors
26:40oui et non Pascal. Oui et non parce qu'il y a l'intention
26:42derrière déjà de vouloir censurer
26:44une partie de la vie des français
26:46Moi c'est ça qui m'agace. Après la décision
26:48je vous dirai, ça sera le bouquet final
26:50si elle intervient
26:52ce que je n'espère pas. Mais moi ce qui m'agace
26:54le plus, c'est au même titre que je vous ai indiqué
26:56tout à l'heure pour C8, il y a déjà l'intention de censurer
26:58la parole et les idées de certaines personnes
27:00parce que, voilà, ça gêne
27:02d'autres qui sont déjà en place, voire une partie
27:04qui n'est pas en place mais qui en attendant
27:06serait bien satisfaite de la situation
27:08si ça venait à arriver. Moi c'est ça qui m'intrigue
27:10Vous savez, dans les jugements
27:12justement il y a l'élément moral de l'infraction
27:14de Maître Collard pour en parler mieux que moi
27:16c'est déjà cette intention de vouloir faire les choses et moi cette intention
27:18elle y est déjà de vouloir nuire clairement
27:20à une grande partie de l'opinion des français
27:22Non mais ce qui est exact
27:24c'est que Gilbert Collard
27:26depuis des années
27:28il y a une pensée
27:30dominante, le camp du bien
27:32a du mal à entendre
27:34la souveraineté du peuple
27:36et a du mal également
27:38à dégager
27:40ou à réimposer
27:42le choix du politique. Moi j'ai le
27:44sentiment que les deux soucis
27:46majeurs aujourd'hui dans la vie
27:48politique française, ce sont
27:50ceux-là. La souveraineté
27:52du peuple, donc on ne l'écoute pas sur
27:54tous les sujets, ça va de la voiture électrique
27:56jusqu'à l'écologie
27:58je pourrais multiplier les exemples,
28:00c'est une opération massive bien sûr,
28:02les français ne sont pas d'accord là-dessus.
28:04Et la deuxième chose, c'est
28:06la reprise du contrôle
28:08par le politique
28:10Gilbert Collard. Et le politique
28:12aujourd'hui entre l'Union Européenne
28:14le Conseil Constitutionnel
28:16le Conseil d'Etat, et bien
28:18il est freiné dans son action.
28:20Mais le politique
28:22n'existe plus.
28:24Aujourd'hui il n'y a plus
28:26qu'un corps d'administrateur
28:28on le voit bien du reste avec
28:30le gouvernement comprovisoire
28:32de Monsieur Bérou.
28:34La France est une administration
28:36il n'y a plus d'âme politique
28:38il n'y a plus de débat politique, il n'y a plus de liberté
28:40politique.
28:42La superstructure
28:44européenne est telle qu'elle a
28:46induit une structure administrative
28:48coexistante avec elle.
28:50On est complètement soumis.
28:52Alors il y a quand même des choses qui se passent
28:54regardez ce qui se passe avec les ZFE
28:56il y a quand même un mouvement
28:58parce que moi je trouve toujours que la France est très résiliente
29:00que les gens sont prêts à tout accepter
29:02et notamment au moment du Covid
29:04j'avais été frappé combien les gens acceptaient
29:06tout. Bon là manifestement
29:08les ZFE ça bouge un peu.
29:10Oui mais la particularité
29:12de l'histoire de France
29:14ça c'est Chenu qui l'avait parfaitement
29:16analysé, pas le député, l'historien
29:18bien sûr, c'est que
29:20la France supporte, le français
29:22supporte, supporte, supporte
29:24on croit que tout va bien, on croit que tout est calme
29:26et puis soudain
29:28on sait pas pourquoi, souvent, ça
29:30explose. Il y a eu les gilets jaunes
29:32quand même
29:34c'est un phénomène sur lequel
29:36on est vite passé, qui a
29:38connu une répression incroyable, qui a
29:40choqué le monde entier du reste, sans que ça
29:42trouble en France les bonnes consciences
29:44dites de gauche. Bon, et on sait pas
29:46ce qu'il se passe dans le tréfonds
29:48de l'âme française
29:50on le sait pas. Il y a une colère sourde
29:52il y a une colère sourde
29:54on sait pas quel est l'événement qui peut provoquer
29:56la coalition de ces colères
29:58on sait pas. Alors vous parliez des
30:00gilets jaunes, c'est très complexe les gilets jaunes
30:02parce qu'il y a un mouvement au départ
30:04qui est amorcé par des
30:06français autour des ronds-points
30:08qui effectivement manifestent
30:10et convenez qu'après il y a une
30:12récupération par des black blocs
30:14quand vous parlez de
30:16la répression, je me souviens
30:18les manifestations
30:20à Paris sur les Champs-Elysées
30:22la répression a été quasiment
30:24obligatoire face à la violence
30:26qui existait mais ce n'était plus
30:28les gilets jaunes du départ.
30:30Non, non, c'est les black blocs qui ont été installés là
30:32par un pouvoir qui voulait se donner
30:34un droit à la répression.
30:36Vous dites installés par le pouvoir
30:38pourquoi dit-on que le
30:40pouvoir avait... Je reste
30:42persuadé que c'est délibérément
30:44qu'on a laissé les black blocs
30:46infiltrer le mouvement des gilets jaunes.
30:48Moi j'ai jamais ces analyses
30:50j'ai jamais mais parce que je suis peut-être naïf
30:52Gilbert Collard, j'ai jamais
30:54ces analyses entre guillemets
30:56oui complotistes
30:58on peut le dire.
31:00On a des éléments quand même
31:02des éléments probants
31:04quand le pouvoir veut
31:06empêcher des manifestations
31:08il les empêche.
31:10Mais c'est vrai que j'ai une part de naïveté.
31:12J'ai une part de naïveté.
31:14J'entends, je comprends la musique.
31:16Ça vous va bien.
31:18Ça vous donne un charme.
31:20Non mais je ne vois
31:22pas forcément le mal
31:24parce que moi-même n'étant pas
31:26présent dans mon cerveau
31:28je ne peux pas imaginer que l'autre le soit
31:30mais vous, vous avez été
31:32confronté au mal toute votre vie.
31:34Moi j'ai tellement été confronté au mal
31:36Céline disait pour penser juste
31:38il faut penser bassement.
31:40Oui, oui, oui
31:42mais c'est...
31:45Il y a chez Gilbert Collard
31:47d'abord il y a une très grande culture
31:49chez vous qu'on souligne souvent
31:51et une intelligence
31:53peu commune si vous me permettez
31:55Monsieur Collard.
31:57Mais non, c'est vrai
31:59il y a quelque chose de très brillant dans votre
32:01éloquence et je ne doute pas
32:03que vous ayez gagné
32:05nombre de procès avec cela.
32:07On est avec qui ? On est avec Xavier ?
32:09Xavier de Bordeaux ? Bonjour Xavier de Bordeaux.
32:11Oui, bonjour Pascal.
32:13Xavier de Bordeaux, est-ce que vous êtes un électeur
32:15de Madame Le Pen ?
32:17Non, je ne suis pas électeur de Madame Le Pen.
32:19Ça c'est intéressant évidemment d'avoir un électeur
32:21qui serait plutôt du
32:23camp d'en face si j'ose dire.
32:25Oui, alors moi j'aime pas trop cette
32:27vision un peu dogmatique et binaire de la politique
32:29je pense que sur pas mal de points de vue
32:31les français d'ailleurs ont un peu marre de cette vision
32:33binaire qu'on leur vend, qu'on leur sert
32:35je pense que sur beaucoup de choses en fait
32:37Tous les élus, tous les élus
32:39je vous interromps dont Marine Le Pen
32:41sont condamnés à une peine d'inégibilité
32:43ça vient de tomber
32:45à l'instant
32:47alors est-ce que cette
32:49inégibilité est
32:51exécutive si j'ose dire
32:53c'est toute la question.
32:55Exécutoire.
32:57Vous avez raison, tous les élus
32:59dont Madame Le Pen
33:01sont condamnés à une peine
33:03d'inéligibilité, ce qui n'est pas
33:05surprenant non plus, ça allait avec
33:07de toute façon
33:09Il y a eu encore un doute
33:11sur l'exécution provisoire de la peine
33:13Il y a encore l'exécution provisoire
33:15c'est ce qu'on attend d'une seconde à l'autre
33:17Xavier, qu'avez-vous
33:19envie de dire ?
33:21Ecoutez, moi je voulais intervenir à votre antenne
33:23déjà je voudrais vous remercier de me donner la parole
33:25parce que j'ai annoncé la couleur
33:27moi je ne suis pas électeur de Marine Le Pen
33:29et j'interviens à votre antenne
33:31pour essayer de mettre un peu de nuance et de contradiction
33:33dans votre antenne qui quand même
33:35favorise très largement les propos du Rassemblement National
33:37donc je voudrais dire deux choses
33:39très simples, c'est que
33:41dans l'histoire judiciaire française, il y a beaucoup d'hommes politiques
33:43qui ont été condamnés et qui étaient de gauche
33:45donc c'est pas une justice
33:47qui s'attaquerait spécifiquement
33:49aux hommes de droite, c'est faux
33:51de raconter ce narratif là
33:53c'est mauvais, c'est infuser
33:55le poison de la division et de
33:57la défiance à l'égard de la justice
33:59donc j'invite, quel que soit
34:01votre vote, votre opinion
34:03en fait à prendre du recul
34:05et à considérer la réalité suivante
34:07c'est que que vous soyez de gauche ou de droite
34:09quand vous ne respectez pas la loi
34:11vous pouvez être condamné et c'est le cas
34:13il y a régulièrement des hommes politiques de gauche
34:15A qui vous pensez comme homme de gauche aussi important ?
34:17François de Rugy
34:19Laurent Fabius
34:21Laurent Fabius a été condamné
34:23par la justice française ?
34:25Oui, il a été condamné
34:27oui, il a été reconnu
34:29responsable mais pas coupable
34:31il y a plein d'hommes de gauche
34:33il y a plein d'hommes de gauche
34:35écoutez
34:37Monsieur Pro, je sais que c'est votre...
34:39Non mais moi j'essaye d'être précis
34:41Laurent Fabius dans l'affaire du sang
34:43contaminé n'a pas été condamné
34:45en fait c'est plus complexe que ça
34:47mais si vous voulez
34:49mais à juste titre d'ailleurs
34:51il y a beaucoup d'hommes
34:53donc si je peux terminer mon propos
34:55et après vous aurez toute l'antenne
34:57François de Rugy n'était pas
34:59exactement...
35:01Il était dans la majorité de gauche de François Hollande
35:03il était écolo mais
35:05Premier ministre ou ministre de
35:07je ne sais plus quoi sous François Hollande
35:09il n'a pas non plus été condamné, pardonnez-moi
35:11il a quitté le pouvoir
35:13en fait le problème c'est que vous ne dites pas des choses justes
35:15donc je suis obligé de vous reprendre
35:17vous avez cité deux noms
35:19et que les deux noms n'ont pas été
35:21condamnés par la justice
35:23alors c'est vrai, vous avez une liste qui
35:25circule sur internet justement pour contredire
35:27cette vision dogmatique de la justice
35:29et il y a bon nombre d'hommes politiques
35:31de gauche qui ont déjà été condamnés
35:33c'est vraiment mauvais d'infuser
35:35le poison de la division
35:37de la défiance à l'égard de la justice
35:39je pense que l'avocat qui est avec vous, Maître Collard
35:41doit le rappeler aussi, c'est que ici
35:43en France quand vous êtes de gauche ou de droite
35:45si vous enfreignez la loi vous pouvez être condamné
35:47c'est la réalité, ça c'est la première chose que je voulais dire
35:49la deuxième chose que je voulais vous dire
35:51c'est que finalement
35:53le Rassemblement National porte un discours
35:55vous savez, de fermeté
35:57auquel d'ailleurs
35:59beaucoup de français adhèrent, c'est-à-dire de dire que la justice
36:01globalement est assez laxiste
36:03et qu'il faudrait qu'elle fasse preuve de plus de
36:05fermeté, et bien là écoutez
36:07on a la preuve que la justice peut être
36:09ferme à l'égard du pouvoir
36:11quels que soient ses horizons et donc
36:13c'est plutôt une bonne chose finalement
36:15le Rassemblement National devrait s'enorgueillir
36:17d'une justice qui est ferme
36:19avec les gens de pouvoir
36:21les gens puissants
36:23je pense qu'il faut être droit dans ses bottes, dans la vie
36:25et quand on défend le principe
36:27d'une justice ferme, il faut être
36:29d'accord quand la justice est ferme
36:31avec nous-mêmes, donc en fait s'appliquer
36:33à nous-mêmes les principes que l'on défend
36:35voilà, je pense que c'est deux arguments que
36:37vous pouvez entendre, au-delà de votre
36:39opinion politique. Mais j'ai pas d'opinion politique
36:41d'abord
36:43je vérifie les personnalités
36:45politiques qui ont été condamnées ces dernières années
36:47Jacques Chirac en 2011
36:49Jérôme Caïzac en 2018
36:51Patrick et Isabelle Balkany en 2020
36:53François Fillon en 2020
36:55Georges Tron en 2021
36:57Nicolas Sarkozy en 2021
36:59voilà les personnalités politiques qui ont été condamnées
37:01ces dernières années. Mais là
37:03ce qui est intéressant en l'espèce
37:05d'abord c'est
37:07de mettre une peine d'inégibilité
37:09c'est pas la condamnation qui pose problème
37:11parce que la condamnation
37:13elle peut arriver, monsieur
37:15c'est de mettre une peine
37:17d'inégibilité qu'a prévue le législateur
37:19c'est incontestable
37:21et qui est décidé par
37:23trois personnes pour quelqu'un qui
37:25représente des millions
37:27d'électeurs
37:29et on est au coeur
37:31d'une question en fait de la
37:33démocratie et chacun y répond comme il veut
37:35vous y répondez comme vous le souhaitez
37:37Olivier, si vous pensez que pour la
37:39démocratie mettre une peine
37:41d'inégibilité
37:43de Marine Le Pen et de l'empêcher de se
37:45présenter précisément
37:47pour ce sujet là, vous avez forcément
37:49raison pour vous même j'ai envie de dire
37:51vous avez raison, moi je n'ai pas d'argument
37:53à vous opposer, moi je pense que
37:55c'est une erreur pour la démocratie
37:57et pour la France
37:59au delà du plaisir personnel
38:01et je pourrais dire la même chose si c'était avec Jean-Luc Mélenchon
38:03je pense que c'est une erreur
38:05et Gilbert Collard disait tout à l'heure
38:07qu'il disait quelque chose qui est très juste
38:09on ne sait jamais les conséquences
38:11d'une décision comme celle là
38:13parce que les gens vont vivre ça
38:15comme une injustice
38:17quand les français vivent une sanction
38:19comme une injustice, on ne sait pas
38:21où on va

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