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00:00Parlons justement d'un secteur très intéressant aussi, et qui refait ce que vous dites, c'est le logement.
00:04La commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale a rejeté hier soir tard
00:08un texte visant à durcir les conditions permettant de rester dans un logement social
00:12après suppression à l'initiative des députés de gauche de toute la substance du texte.
00:17Alors concrètement, pour que ce soit clair pour nos auditeurs,
00:19un salarié qui vit à Saint-Denis aujourd'hui devra quitter son logement social à partir d'un salaire net de 3 800 euros par mois
00:26pendant deux ans, contre 4 336 euros par mois actuellement.
00:31Et ce texte donc a été rejeté à l'initiative des députés de gauche et de la ministre de la ville !
00:36Attention c'est là ! Et on entend Guillaume Gasparian qui dit
00:39« Mais une ministre de la Macronie qui rejette un texte porté par quelqu'un qui a été le ministre du logement, c'est quand même fort de café ! »
00:47Bah oui évidemment c'est fort de café !
00:49C'est pourquoi nous vous parlions des couacs dans ce gouvernement, évidemment !
00:55Ça symbolise toute la...
00:57Eh oui, bien sûr !
00:59Écoutez, à partir du moment où vous n'arrivez pas...
01:03Vous savez, le problème d'un gouvernement finalement c'est quoi ?
01:07C'est d'être légitime.
01:09Là, on a fait un gouvernement de briques et de brocs.
01:12C'est tout, avec des mariages consanguins...
01:16Non, plutôt consanguins de carpe et de lapin.
01:18Bon, ça ne peut pas fonctionner à long terme et la cacophonie évidemment saute aux oreilles de plus en plus.
01:25Et sur ce logement social, sur cette proposition de loi qui visait donc finalement à réduire le plafond...
01:32La proposition de loi visait surtout à dire « Vous avez un logement social, il n'est pas normal que vous l'ayez à vie. »
01:40Voilà, surtout si vous augmentez votre valeur, ce qui est une très bonne nouvelle.
01:43C'est le bon sens qui commande une telle proposition.
01:46Et en effet, derrière cette cacophonie, on a une des crises les plus importantes qui soit parmi toutes les crises de la société qui est la crise du logement.
01:53Il faut quand même rappeler une chose, je donne toujours cet exemple mais il est très important.
01:57En 1980, un professeur pouvait habiter dans la ville où il enseignait.
02:03Aujourd'hui, c'est devenu complètement impossible.
02:05Je cite l'exemple du professeur, mais on pourrait en prendre énormément.
02:09Aujourd'hui, vous êtes dans une situation où quand vous habitez dans une grande métropole,
02:13à moins d'être héritier, d'avoir du capital familial ou d'avoir vraiment des revenus mais mirobolants,
02:19vous ne pourrez pas accéder à la propriété, vous ne pourrez pas faire d'enfant,
02:22vous ne pourrez pas fonder votre famille.
02:23La question des logements sociaux, alors évidemment, on parle 3 800 euros.
02:26Si vous avez 5 enfants ou si vous êtes seul, la somme ne représente pas la même chose.
02:31Mais estimer qu'en effet, les logements sociaux ne doivent pas revenir à des gens qui ont des revenus très importants
02:37et qui pourraient tout à fait habiter ailleurs, c'est une chose.
02:39Et qui augmentent leur niveau de vie aussi et qui continuent à occuper ces logements alors qu'il y a plus de 30 000 dossiers en attente.
02:46Vous avez raison et il n'y a pas que ce sujet.
02:47Il y a la question aussi des logements vacants dans les grandes villes.
02:50Vous savez, le nombre de logements qui sont vides, par exemple à Paris, c'est un scandale.
02:53Vous avez la question des DPE où aujourd'hui, les petites surfaces, les studios,
02:57pour des raisons soi-disant écologiques mais ridicules, deviennent complètement inaccessibles.
03:01Donc si vous voulez, tout ça fait une crise du logement qui est terrible.
03:04Vous voulez en venir où sur cette crise du logement ?
03:07Je reviens au fait que quand on parle de pouvoir d'achat, je crois quand même que par rapport au début des années 2000,
03:14le vrai différentiel qu'il y a dans le pouvoir d'achat des Français,
03:18c'est la part que le logement prend par rapport au revenu,
03:20c'est le fait d'avoir un vrai logement d'essence qui est devenu de plus en plus difficile
03:26et que ça a aussi un impact sur la démographie de la France.
03:29Et c'est la proposition de Guillaume Gasparin qui est dans le sens de l'histoire.
03:32Parce qu'il dit aujourd'hui, l'ancien ministre du logement qui avait porté cette loi,
03:36le constat c'est que la gauche protège des personnes aisées et propriétaires
03:39pour qu'elles restent dans du logement social au détriment de ceux qui en ont vraiment besoin.
03:43Et cette proposition, je le rappelle, a été rejetée par la ministre déléguée de la ville, Juliette Méadel.
03:51Regardez, vous prenez simplement, vous prenez pour ceux qui habitent une grande ville,
03:55pour ceux qui habitent Paris, Toulouse, Lyon, etc.
03:58Vous rentrez dans votre supermarché et vous avez les gens qui sont à la caisse des supermarchés, etc.
04:03Demandez-leur où ils vivent.
04:05A Paris, ils ne vivent pas dans la ville, ils vivent en banlieue,
04:10ils ont parfois beaucoup de chemin à faire pour venir le matin,
04:12c'est-à-dire qu'ils ne peuvent plus se loger.
04:14Et toute la difficulté, c'est que maintenant, pour vivre au cœur d'une grande ville,
04:19il faut gagner beaucoup d'argent.
04:21Ajoutez à cela tous les problèmes qu'il y a avec Airbnb, évidemment,
04:25les gens qui ne veulent pas louer leur appartement sur de longues durées,
04:28mais qui gagnent beaucoup plus d'argent sur des courtes durées,
04:30tout ça n'est pas encore assez encadré, on y vient, on met beaucoup de temps à y arriver.
04:34Il y a une politique du logement qui n'a pas été gérée depuis très longtemps,
04:38à l'instar d'ailleurs, puisque cette dette n'est pas là par hasard,
04:41elle court depuis des années, il n'y a pas que le Covid.
04:44Donc vous voyez qu'on a quand même des politiques qui,
04:47sur un certain nombre de chantiers, n'ont pas été tellement à la hauteur.