Catégorie
🎥
Court métrageTranscription
00:00Gholshifteh Farahani, Mina Kaveni, bonjour.
00:02Bonjour.
00:03Donc vous êtes là pour lire le Littératé Iran, qui est l'adaptation du livre de Hazar Nafizi,
00:10qui est un livre autobiographique et qui raconte vraiment le destin de cette prof de littérature en Iran,
00:17au début de la révolution islamique en 1979.
00:21Et cette professeure utilisait vraiment la littérature pour combattre l'oppression et les grands classiques de la littérature.
00:28Quelque chose de très intéressant dans le film, c'est que le film commence en 1979,
00:32puis se poursuit dans les années 80, 90 et se finit en 2003.
00:37Pourtant, quand je le vois aujourd'hui, le film, il me semble plus actuel que jamais pour l'Iran,
00:42mais aussi pour tous les pays du monde, finalement, où on sent vraiment une sorte d'oppression revenir.
00:49Pourquoi, selon vous, c'est important de faire ce film aujourd'hui plus que jamais ?
00:53En fait, tout à l'heure, Golshifteh a dit une phrase qui m'a fait énormément réfléchir.
01:00En fait, elle disait que ce film... C'est vrai que j'ai oublié que nous, on était des Iraniens.
01:05Bon, déjà, il faut dire que des Iraniennes, des actrices iraniennes avec des parcours complètement différents,
01:12avec des chemins complètement différents, des générations différentes,
01:16on se retrouvait sur le même... Mais tous des exilés.
01:19Donc ça, c'était déjà... Se retrouver, c'était pour moi incroyable,
01:25mais notamment jouer avec Golshifteh, pour moi, c'était très, très important.
01:30Donc... Parce que déjà, rien que dans ça, pour moi, il y a un message à dire.
01:34C'est deux femmes qui ont quitté l'Iran et qu'on se retrouve dans un film avec deux parcours différents.
01:43Et après, tout à l'heure, elle disait qu'en fait, on le tournait à Rome.
01:48Notre réalisateur israélien, il disait que voilà la force de l'art.
01:54Et c'est vrai que moi, c'est là où aujourd'hui, je me dis que ce film est très, très symbolique
01:59parce que ça parle de ce qui se passe en Iran, notamment aujourd'hui.
02:07Et ça nous rassemble aussi. Mais aussi, on est dirigé par un réalisateur israélien et on l'a tourné à Rome.
02:15Donc je ne peux pas... Je pense que ça, c'est la chose la plus importante à dire à travers ce film.
02:21C'est que comme disait Golshifteh, il n'y a pas de frontières et des barrières dans l'art.
02:28Et que l'art, c'est la force de l'art qui peut nous réunir et qui peut même réunir les différentes périodes de l'histoire.
02:35Donc voilà, c'est là où c'est important, ce film.
02:39Oui, pour juste ajouter à ce qu'il dit, Mina, je crois, aujourd'hui dans notre monde,
02:45l'importance de ce film et raconter ce genre de film, c'est qu'on regarde que le monde,
02:51les dirigeants du monde est en train de séparer les gens de plus en plus, construire de plus en plus de murs,
02:59construire de plus en plus de séparation de... Et ça, c'est ce dont on n'a pas du tout besoin dans notre monde.
03:09On a besoin de se réunir. Et la force de l'art en général, c'est que c'est ça, c'est qu'il réunit les gens.
03:15Et c'est pour ça, justement, on a envie de brûler les livres.
03:21Les dirigeants, les régimes totalitaires, ils attaquent l'art et culture parce que l'art et culture,
03:28ils réunissent ces gens, ils inspirent les gens, ils donnent l'espoir aux gens.
03:34Et ils nous rappellent qu'on est juste les êtres humains au-delà des frontières, au-delà du genre,
03:39au-delà de la solidité, de la sexualité. Tout ce qu'on a, on est tous les êtres humains.
03:44Et voilà la force de ce genre de film. Et les films, l'art en général, c'est que ça réunit de plus en plus les gens
03:52dans un monde qui est en train de se déchirer de partout par leurs dirigeants.
03:58Vous dites justement que vous avez quelque chose en commun, vous êtes exilée de l'Iran.
04:03Est-ce que vous avez une phrase dans votre spectacle Mina, I'm Deranged, que vous avez fait sur votre histoire
04:09où vous dites que la scène est votre maison. Est-ce que vous avez le sentiment que le théâtre, le cinéma,
04:16c'est un peu votre nouvelle maison pour que vous puissiez raconter votre histoire mais aussi trouver une sorte de refuge ?
04:23Justement, quand j'ai vu le spectacle de Mina, j'étais tellement émue, j'ai pleuré au début jusqu'à la fin.
04:29J'arrive pas à croire à quel point elle arrive à raconter si bien tout, tout ce qu'on a vécu.
04:39Tout et moi, comme une miroir, et moi et Nahol Tadjadoud, qui est quand même une autre génération,
04:44et India Mahdavi, encore une autre génération qui n'a jamais vraiment vécu en Iran.
04:48On était tous. Mais c'est nous, en fait. On se sent tous chez nous, sur scène, sur notre scène.
04:56Pour elle, c'est pour Nahol, c'est la littérature. Pour India, c'est l'architecture.
05:00En fait, c'est sur ce tapis de l'art et culture, on se sent chez nous.
05:05On se sent chez nous, chez l'un et l'autre. En fait, c'est elle, ma maison.
05:12C'est vrai. L'Iran, c'est pas l'Iran. L'Iran, c'est dans nous et dans la parole, dans les fêtes,
05:23dans les verres qu'on boit, dans la nourriture qu'on mange, dans les discussions qu'on a, dans le rire,
05:31dans les chansons qu'on chante. C'est dans notre sang. Et ça, personne peut nous prendre ça.
05:38Et l'art, c'est un milieu où, oui, c'est chez nous.
05:42C'est la première fois que vous faites un film. C'est un vrai sentiment de sororité dans le film.
05:47Il n'y avait vraiment presque que des femmes à l'écran. Et donc, vous partagez cet exil tous ensemble à l'écran,
05:53dans votre vie personnelle. Est-ce que c'est la première fois que vous vivez une telle expérience
05:58de travailler qu'avec des actrices exilées ? Et quel sentiment cela vous a procuré ?
06:04Ah oui, moi, je vais répondre à cette question parce que oui, c'était la première fois.
06:08Et puis, ma plus grosse partie du jeu, ça a été avec Goldshifter.
06:15Et il faut que je dise que vraiment, parce que Goldshifter, je la fréquentais quand j'étais petite à Téhéran.
06:25Elle était déjà une star en Iran. Et donc, on se connaissait depuis loin.
06:30Elle était amie avec ma grande sœur. Donc, c'est vraiment de jouer avec elle.
06:35Pour moi, c'était symbolique parce que quelques années après elle, moi, j'ai quitté l'Iran,
06:42même si c'était très, très différent de notre chemin. Mais on se retrouvait dans la même situation.
06:48On se retrouvait, comme elle dit, avec les mêmes soifs de la vie.
06:54Mais là, se retrouver sur un plateau de tournage et jouer ensemble en plus d'un film qui racontait presque nos vies,
07:02c'était vraiment bouleversant. C'était bouleversant. J'ai envie de dire, pour moi, jouer avec elle, c'était très, très bouleversant.
07:13Et là, vous étiez ensemble. Est-ce qu'il vous arrive de vous sentir parfois un peu seule, justement, par rapport à l'histoire que vous portez ?
07:20Est-ce que parfois vous avez peut-être le sentiment que les pays de l'Occident ne réagissent peut-être pas assez
07:25ou qu'ils ne jouent pas assez le rôle de relais ? Est-ce que vous vous sentez parfois un peu seule dans cette bataille-là ?
07:31Je crois que notre solitude, ce n'est pas très lié à la politique et ce qu'ils font ici en France par rapport à nos pays, je crois.
07:39La beauté aussi de l'exil, c'est qu'on est tellement seul, mais on amène notre solitude et on partage notre solitude ensemble.
07:47Et on vient avec notre solitude, on le met sur la table et on est tous ensemble.
07:54C'est ça qui est beau, c'est que dans cette silence et cette vide, des fois, qui nous avale, cette obscurité qui est sans fin, des fois.
08:09J'ai l'impression qu'il n'y a pas de fin pour cette tristesse, tristesse générationnelle, tristesse ancestrale, qu'il n'y a pas un fin pour ça.
08:21Et on est tous avalés par ça, spécialement parce que l'exil, je crois que tous les êtres humains ont vis avec cette vide,
08:28mais l'exil, c'est quelque chose qui amplifie ça parce qu'on était quelque part banni, banni de notre pays, des fois de notre famille.
08:38Et là, c'est dans cette solitude qu'on se retrouve l'un et l'autre.
08:43Et lié à la politique, c'est que je dois dire que la France est le pays qui a fait le plus pour les femmes iraniennes et pour l'Iran.
08:53Il n'y a pas un pays qui a fait autant de travail, autant de choses pour l'Iran, culturellement spécialement.
09:01Je ne dis pas politiquement, mais culturellement. Et il faut quand même être un peu juste.
09:07Et même dans l'échelle de comparaison, c'est vraiment un des pays qui a fait le plus.
09:13Et on est reconnaissant. C'est un des pays qui donne le plus visa talent aux Iraniens en Iran.
09:21Ça, je remercie ce pays pour ça parce qu'il y a beaucoup d'artistes qui ont besoin de partir.
09:27Et c'est la France qui donne ses visas talent pour les artistes pour pouvoir avoir une autre chance, spécialement quand leur vie est en danger là-bas.
09:36Mina, vous avez rappelé que le film a été tourné à Rome, en Italie, alors que l'intrigue se passe à Téhéran.
09:42Il y a toujours des films qui sont tournés en Iran aujourd'hui, souvent de manière clandestine.
09:48Il y a le film de Mohamed Rasouloff qui a été tourné en Iran.
09:52Pourquoi commencer aujourd'hui de tourner en Iran et pourquoi ce film n'aurait pas été possible de tourner en décor en Iran, à Téhéran?
10:01Parce que c'est interdit. C'est interdit de tourner sans voile. C'est interdit de tourner, de raconter la réalité.
10:10En fait, les films clandestins qui sont tournés en Iran, justement, sont tournés vraiment clandestins.
10:15Et je crois que ce n'était pas possible de tourner ce film en clandestin en Iran.
10:21Ah oui, parce que vous posez la question, pourquoi on ne l'a pas tourné en clandestin en Iran?
10:26C'est plus la question pour donner un peu une idée de pourquoi un film ne peut pas être tourné de manière traditionnelle.
10:32Parce que tout simplement, il y a la notion de censure qui existe en Iran.
10:38Et c'est pour ça qu'il y a autant d'exilés, d'ailleurs, dans le monde.
10:45Il y a la censure. C'est simple que ça.
10:48Et justement, les films qui sont tournés en clandestin, là, les directeurs sont en prison.
10:55Rassoulouf est en dehors d'Iran. Tous ses acteurs sont en dehors d'Iran.
10:59Même si on arrive à tourner un film en clandestin, il faut partir tout de suite parce que c'est le premier et le dernier.
11:07Il y a beaucoup de films en clandestin qui ont été attrapés, qui ne pouvaient pas finir le film.
11:12C'est un risque énorme.
11:14Il y a une chanson à la fin du film, dans le générique de fin, une chanson que j'aime beaucoup, qui s'appelle Baraye de Shervin Ajipour.
11:20Est-ce que vous pouvez rappeler l'histoire de cette chanson ? Comment cette chanson est née ?
11:26Je pensais que vous alliez dire est-ce que vous pouvez chanter ?
11:30Si vous voulez chanter, vous pouvez.
11:33Mais en tout cas, pour les spectateurs qui verront le film, il y a un extrait dans le générique.
11:38C'est la version de Shervin Ajipour, mais la version chantée aussi par Golshifteh Farahani.
11:43Vous avez interprété la chanson au concert de Coldplay.
11:46Pourquoi cette chanson est importante dans le film et pourquoi elle trouve toute sa place ?
11:52Je crois que Shervin a demandé au plein milieu de la Révolution pour les gens de faire des tweets.
12:00Pourquoi ils vont faire une révolution ?
12:03Et là, la réponse, ils ont dit Baraye pour si ou ça, pour si ou ça.
12:08Il a pris tous les tweets et il a créé la chanson Baraye.
12:14Et c'est devenu vraiment le thème de la Révolution.
12:18Bon, il a été arrêté, emprisonné.
12:21Et bien sûr, je crois que la chanson de Coldplay, Baraye, il réunit.
12:30Parce que le film, ça se passe au début de la Révolution et 15 ans après.
12:35Mais là, ce chanson-là, c'est 45 ans après.
12:38Mais ça, il vient de ce chanson à la fin.
12:41Il met juste, réunit tout.
12:44Et Coldplay est dedans aussi.
12:46Ça donne un aspect complètement international que si on se bat pour la femme,
12:51si on se bat pour la liberté et l'égalité, on se bat tous.
12:55On est tous ensemble.
12:57C'est important de rappeler que Chervi Nagypour avait été condamné à 3 ans et 8 mois de prison.
13:02Finalement, les peines ont été dernièrement, au mois d'août dernier, abandonnées.
13:06Mais ça montre à quel point c'était vraiment très compliqué pour lui.
13:10Il risquait vraiment sa vie.
13:11D'ailleurs, il y avait un Grammy Award qui a été inventé pour lui.
13:14C'est ce que j'allais dire.
13:15Il a gagné ça.
13:16Oui, il a gagné le Grammy, il a été condamné.
13:18Il n'a pas pu aller obtenir…
13:20C'est fou.
13:22Mais ce qui montre, c'est à quel point les régimes si forts,
13:27comme un régime en Iran, apportent un chanteur, apportent une chanson, apportent un livre.
13:35En fait, c'est ça l'histoire de Lolita Ateran.
13:38Pourquoi on se réunit avec les filles autour de la littérature ?
13:41Parce que la littérature nous chauffe et nous tient vivants.
13:45Et c'est pour ça qu'elles brûlent les livres.
13:47C'est pour ça qu'elles emprisonnent les artistes.
13:50Parce que quand même, il y a un pouvoir fou dans l'art et dans la culture,
13:54et dans le pouvoir d'artiste.
13:56Et voilà le pouvoir de Shervin.
13:59Il est une menace pour un régime qui a tellement de drones,
14:05qui a tellement d'armes, qui a tellement d'argent,
14:09mais il apporte de Shervin Hachipour son chanson.
14:13Est-ce qu'il y avait un classique de la littérature occidentale
14:15qui vous avait marqué quand vous étiez plus jeune ?
14:17Est-ce qu'il y avait un livre, un peu comme dans le film,
14:20qui vous avait ouvert une voie à l'intérieur de vous,
14:23qui vous avait particulièrement touchée ?
14:25Petit Prince.
14:26Moi, c'était Tous les hommes sont mortels de Simone de Beauvoir.
14:29Voilà, la différence d'intellect.
14:32Je vais vous raconter c'est quoi,
14:35parce que je pensais beaucoup à la mort quand j'étais petite.
14:38Je pense toujours à la mort.
14:40J'ai une peur de la mort de tous les gens que j'aime.
14:44Et en fait, mon père, quand j'étais adolescente,
14:47je suis allée le prendre dans mes bras et je pleurais.
14:50Je disais que j'avais peur de le perdre.
14:52Et il m'a dit, il faut que tu lises ce livre,
14:54parce que ça va te changer ton point de vue sur tout ça.
14:58Et je l'ai lu.
14:59Et j'ai fait, mais évidemment qu'il faut que mort.
15:02C'est vrai que ça m'a...
15:04Même à chaque fois que je me trouve dans mes angoisses,
15:07je pense à ce livre.
15:08Pareil pour Petit Prince avec moi.
15:10En fait, c'est vrai, il a changé.
15:12En fait, c'est la mort, parce que Petit Prince,
15:14il parle à travers les serpents.
15:16Oui, c'est vrai, tu as raison.
15:18Les serpents, c'est...
15:19Et j'ai presque lu, entendu ce livre,
15:22quand j'avais 3 ans, 4 ans.
15:24C'est un vrai classique.
15:26Oui, c'est un vrai classique.
15:27Et toujours pour moi, Petit Prince,
15:29il n'y a rien qui peut dépasser Petit Prince.
15:31Moi, je n'avais pas 3 ans quand j'ai lu Simon Nebovoir.
15:34Oui, toujours de la mort.
15:36Il y a une dernière question que j'aimerais vous poser.
15:39Je pense que c'est important,
15:40enfin, c'est évident,
15:41mais je pense que c'est important de le rappeler.
15:43Donc, c'est un film qui est, certes, majoritairement avec des femmes,
15:46sur le droit des femmes en Iran.
15:49Mais je pense que se battre pour le droit des femmes,
15:51c'est aussi le droit de tout le monde, en fait,
15:54même des hommes, en fait.
15:55Ce n'est pas seulement quelque chose qu'on peut catégoriser par genre.
15:58Est-ce que vous êtes d'accord avec ça ?
16:00Est-ce que vous êtes d'accord que la lutte féministe,
16:02que ce soit en France, en Iran,
16:04concerne surtout, avant tout, tout le monde,
16:06et même les hommes ?
16:07Déjà, je suis tellement contente,
16:09parce que je réalise que la question des journalistes a changé.
16:12D'abord, avant, c'était seulement la question sur les femmes iraniens,
16:16sur les femmes iraniens.
16:17Et là, dans toutes les interviews, j'entends,
16:20en fait, pas seulement les femmes iraniens,
16:22mais les femmes dans le monde.
16:23En fait, c'est ça que je me suis m'insacrée.
16:25Et les hommes ?
16:26Et les hommes, justement.
16:27Et les hommes sont rentrés.
16:28C'est que, oui, se battre pour le droit des femmes,
16:31c'est le droit de l'homme.
16:33L'homme, en français, l'homme, c'est human.
16:38Mais l'homme est homme aussi.
16:40Mais, bien sûr, quand on se bat pour la femme en Iran,
16:45on se bat pour toutes les femmes du monde.
16:47Quand on se bat pour n'importe quel genre,
16:49on se bat pour l'humanité, pour la justice, pour l'égalité.
16:55C'est les valeurs humaines.
16:57C'est pas géographique, c'est pas politique.
17:02C'est plus humain.
17:03Et on n'est pas séparés.
17:05Aujourd'hui, on peut vraiment sentir ça de plus en plus,
17:08parce que plus on a des dirigeants qui ont envie de créer les murs,
17:13plus on réalise à quel point c'est important d'être unis,
17:17d'être réunis et sentir qu'on est les êtres humains.
17:20Covid, il choisit pas entre les nations.
17:25Un météoroïde va pas choisir, il va dire
17:28« Je vais atterrir au Mexique, mais je vais pas toucher aux États-Unis. »
17:33Non.
17:34En fait, s'il y a des océans qui montent,
17:36il va monter partout dans le monde.
17:39Et c'est ça qu'on ne comprend pas à la fin.
17:41On est comme les fourmis qui se battent entre nous,
17:44mais il y a des grandes forces qui vont nous avaler tous.
17:48Comme Covid, mais on oublie tellement.
17:52C'est pour ça, je crois que la force de l'art,
17:55c'est que ça nous rappelle à quel point on est unis.
17:59Tu veux dire quelque chose ? Je te sens.
18:01Non, je pensais à ce que tu disais.
18:04Vas-y.
18:05Non, je pensais, en fait, oui, parce que,
18:07pour répondre à votre question, oui, je suis d'accord avec ce que vous dites.
18:10Je pense pas que se battre pour les femmes, c'est que pour les femmes.
18:15Surtout que nous, on vient d'un pays où, dans notre pays,
18:18les hommes se battent beaucoup pour les femmes.
18:21Et ça, je me souviens, pendant les Femmes Vives Libertés,
18:24personne ne parlait beaucoup de ça.
18:26Il y avait beaucoup d'hommes qui ont été prisonniers,
18:29tués, massacrés, parce qu'ils se battaient pour les femmes.
18:32Donc, en fait, oui.
18:34Et puis la suite, tout ce qu'elle a dit, Goldshifter.
18:37C'est une très belle conclusion.
18:39Mina Goldshifter, merci beaucoup.
18:40Merci à vous.
18:41Et allez voir L'Irlolita à Téhéran au cinéma.
18:43Oui, merci.
18:44Merci beaucoup.