Des réfugiés utilisés comme arme diplomatique contre l'Union européenne : voilà ce qu'il se passe pendant ce temps-là dans la Biélorussie de Loukachenko.
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00:00D'un côté de cette frontière des dizaines de migrants attirés par le gouvernement biélorusse.
00:12De l'autre côté de la frontière, des militaires et policiers polonais
00:15qui installent une clôture en barbelé pour empêcher les migrants de pénétrer sur leur territoire.
00:31Plusieurs pays européens soupçonnent la Biélorussie d'Alexandre Lukachenko
00:35d'organiser une filière d'immigration pour mettre la pression sur l'Union Européenne.
00:40Depuis le mois d'août, des milliers de migrants venus du Moyen-Orient ou d'Afrique
00:44ont traversé ou tenté de franchir la frontière vers la Pologne.
01:01Les trois pays européens frontaliers sur 180 kilomètres de la Biélorussie
01:05sont la Pologne, la Lituanie et la Lettonie.
01:08Des pays qui accueillent des réfugiés politiques biélorusses
01:11comme Pavel Latouchko qui vit désormais en Pologne.
01:31Selon différents témoignages, les réfugiés sont recrutés par des prétendues écoles biélorusses
01:35avec des visas étudiants.
01:37Une fois arrivés à l'aéroport de Minsk, la capitale biélorusse,
01:40ils sont redirigés vers les frontières européennes en bus ou en taxi.
02:01On a pris Minsk, vol de Minsk.
02:04On est arrivés en Biélorussie.
02:06On est venus par visa étudiant.
02:08Je suis entré en contact avec une école.
02:10Chaque jour, ils font venir des étudiants pour de l'argent.
02:13Ils vous disent de venir, ils vous demandent, ils vous disent de venir, de venir, de venir.
02:16Ils disent que c'est pratiquement le Schengen, c'est la même chose.
02:20Vous avez la possibilité de travailler, de vous déplacer.
02:23C'est un peu ça comment ils nous demandent.
02:25Des migrants qui se retrouvent au final bloqués en terrain neutre
02:28par les frontières européennes et biélorusses.
02:30Selon les autorités polonaises,
02:32il serait plus de 10 000 à attendre de pouvoir entrer en Europe.
02:36Le paradoxe de ceci, c'est qu'une partie de ces migrants,
02:39en tout cas les Afghans et les Irakiens,
02:42pourraient certainement prétendre à un statut de réfugié,
02:45pourraient certainement prétendre à une protection internationale.
02:48Mais ils font les frais de ces manœuvres géopolitiques.
02:51Et donc la Pologne et la Lituanie n'acceptent pas de les protéger
02:55ni de les recevoir parce qu'ils voient bien sûr la manœuvre de Loukachenko.
02:59C'est une tendance qui se dessine ces dernières années
03:02où toute une série de régimes vont utiliser les migrants qu'ils ont sur leur territoire
03:08ou qu'ils vont faire venir sur leur territoire,
03:10comme dans le cas de la Biélorussie,
03:11puisque la Biélorussie cherche à attirer des Irakiens
03:14en leur promettant un passage vers l'Europe
03:17comme un moyen de pression diplomatique.
03:19Il faut se souvenir qu'il y a quelques mois, par exemple,
03:21le Maroc avait ouvert sa frontière dans l'englave de Ceuta
03:25et avait en quelque sorte précipité 8000 migrants vers cette englave
03:30qui était une façon de faire pression diplomatique sur l'Espagne
03:33et sur l'Union européenne sur la question du Sahara occidental.
03:37Et on voit que c'est très clairement quelque chose
03:39qui est en train de devenir une sorte de tendance lourde
03:42où les migrants sont utilisés comme une arme diplomatique
03:46et à mon sens c'est l'étape ultime de la déshumanisation
03:49puisque ceux qui font les frais de ces jeux géopolitiques sordides
03:53ce sont des êtres humains, ce sont des hommes et des femmes
03:56qui sont souvent dans des situations de grande détresse.