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Chasse, GIEC, réforme des retraites… Brut a posé vos questions à la candidate à l’élection présidentielle 2022, Valérie Pécresse. Voici ses réponses.

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Transcription
00:00On me demande si je veux toujours démarrer les homosexuels.
00:04Alors, j'ai dit en 2013, au moment où la loi sur le mariage gay a été votée,
00:10que je n'y reviendrai pas.
00:12Et à l'époque, j'étais pour l'union civile et non pas pour le mariage.
00:16Le propos à l'époque, c'était un journaliste de LCI qui vous posait la question,
00:19c'était le 5 novembre 2012, en disant on ne peut pas revenir en arrière les démariés.
00:23Et vous aviez répondu, on peut imaginer de mettre en place un statut d'union civile
00:27et de transférer les droits sur un statut d'union civile.
00:29Ça peut se faire.
00:31Sous-entendu, ça laissait quand même l'idée de revenir un peu en arrière.
00:33Non, mais la vérité, c'est qu'à l'époque, je défendais l'union civile,
00:37donc je défendais ce statut d'union civile et j'ai mal répondu à une question.
00:41C'était il y a dix ans, j'ai mal répondu à une question
00:44et depuis dix ans, on me la repose à chaque interview.
00:47Donc je vous dis, j'ai mal répondu, je dépendais de l'union civile.
00:50Et dès que la loi a été votée, j'ai dit que j'étais une républicaine
00:53et qu'on n'y reviendrait pas et qu'humainement, on n'y reviendrait pas.
00:55C'était en 2013, on est en 2022.
00:58Et voilà, donc j'ai répondu et je crois que ce doit être la soixante-dixième fois
01:02que je réponds à cette question, donc je crois que là…
01:04Parce que ces images, elles restent, notamment votre présence
01:07dans des cortèges de la Manif pour tous à l'époque.
01:09Est-ce que vous regrettez aujourd'hui, dix ans plus tard ?
01:11Vous dites justement, c'était il y a dix ans.
01:12Est-ce que vous regrettez d'avoir été présente à ces manifestations ?
01:14À l'époque, je défendais l'union civile et à l'époque,
01:19c'était plutôt progressiste à droite de défendre l'union civile des couples de même sexe.
01:23Et l'évolution de la société aujourd'hui, ça vous fait dire, peut-être dix ans plus tard,
01:25c'est regrettable d'avoir eu ces positions à l'époque ?
01:28En tout cas, moi, ce que je veux dire, c'est qu'il y avait dans ces manifestations
01:33des gens qui n'étaient pas homophobes.
01:34Et il y a eu aussi dans ces manifestations des choses qui ont été très violentes
01:40et qui ont été dites contre les couples de même sexe.
01:43Donc, moi, ce que je crois…
01:44Enfin, ça reste dans l'esprit des gens.
01:45C'était un moment qui a été… C'est un moment qui a été violent,
01:48mais je vais vous dire, pour les Français, qui a divisé profondément les Français.
01:51Aujourd'hui, moi, je veux les rassembler et comme je l'ai dit…
01:54Ça vous tourne à la page.
01:55Comme je l'ai dit en 2013, moi, aujourd'hui, je suis une républicaine humainement.
02:03On n'y reviendra pas.
02:04Et par ailleurs, sur la PMA pour toutes, dès lors qu'il y a eu un geste
02:10qui a été fait pour permettre l'accès aux origines,
02:13j'ai dit que j'étais favorable à la PMA pour toutes.
02:16Une question, le droit de vote à 16 ans, vous êtes pour ou contre ?
02:20Non, je ne suis pas pour le droit de vote à 16 ans parce que j'ai l'impression
02:24qu'à 18 ans, déjà, on a beaucoup, beaucoup d'abstentions.
02:26Donc, c'est difficile d'intéresser les jeunes à la politique à 18 ans.
02:31Donc, 16 ans, ça me paraît jeune.
02:33Ça me paraît jeune.
02:34Parce que, d'un autre côté, vous voulez responsabiliser, entre guillemets, les jeunes
02:37en abaissant la majorité pénale à 16 ans.
02:39Est-ce que ce n'est pas un peu contradictoire de dire
02:40qu'on veut les responsabiliser face à des éventuels délits,
02:43mais en même temps, sur des questions de société,
02:45ils seraient toujours bloqués à 18 ans ?
02:48Moi, je crois que le sujet de la responsabilité pénale à 16 ans,
02:51elle concerne une toute petite minorité de jeunes
02:54qui sont aujourd'hui embrigadés dans des réseaux par des caïds,
02:57qui s'en servent en leur disant
02:59« t'inquiète pas, jusqu'à 18 ans, tu risques rien ».
03:02Et moi, je veux protéger ces jeunes.
03:03Je ne veux pas qu'on les laisse dans un engrenage de délinquance.
03:07Je veux qu'on les en sorte.
03:08Et pour qu'on les en sorte, il faut qu'on se dise
03:11« à 16 ans, on risque autant qu'à 18 ».
03:13Et donc, il ne faut pas y aller, il ne faut pas aller dans les réseaux de délinquance.
03:16Il faut arrêter cette spirale où on va chercher des petits,
03:19de plus en plus petits, pour les engrainer
03:22et en faire, j'allais dire, les hommes de main des caïds
03:28et qui se font choper à leur place.
03:30– Question suivante.
03:33– Bonjour Valérie Pécret, ce serait pour vous poser ma question.
03:35Est-ce que vous allez supprimer la réforme de Parcoursup ? Merci.
03:39– Alors Parcoursup, c'est quand même un algorithme opaque.
03:42Alors, il a le mérite d'organiser l'orientation des élèves.
03:46Moi, je veux désormais une procédure beaucoup plus transparente pour les jeunes.
03:50Je veux que les universités assument, et les écoles, des prérequis,
03:54qu'elles les inscrivent et qu'elles disent
03:56comment elles vont choisir les étudiants qu'elles vont accueillir
04:01et que les jeunes, ils mettent leur lettre de motivation, ils mettent leur note
04:04et puis après qu'ils aient des réponses, mais des réponses vraies,
04:07pas juste un algorithme qui les affecte.
04:10Parce que ça, je pense que les familles et les jeunes ne l'acceptent plus.
04:13Mais ça nécessitera évidemment des relations beaucoup plus directes
04:17entre les jeunes et les établissements d'enseignement supérieur.
04:21Et puis ça nécessitera que les établissements d'enseignement supérieur,
04:24ils traitent les demandes une par une, les inscriptions une par une.
04:27– Concrètement, du coup, ça se passe comment ?
04:29– C'est une vraie réforme de Parcoursup, où on s'inscrit sur Parcoursup
04:33mais c'est l'université qui répond. Et ce n'est pas un algorithme opaque.
04:36– On a la question suivante.
04:38– Bonjour Mme Pécresse, ma question est,
04:40qu'avez-vous pensé du dernier rapport du GIEC
04:42et quelles seraient vos démarches pour lutter contre la crise climatique ?
04:46– Eh bien, il m'a énormément inquiétée, le dernier rapport du GIEC.
04:49Et moi, je considère qu'on ne peut pas léguer une dette écologique à nos enfants.
04:53Donc ça veut dire quoi ?
04:54Ça veut dire que je veux remettre la France sur la trajectoire zéro carbone 2050.
04:58Vous savez qu'Emmanuel Macron a été condamné pour inaction climatique,
05:02la France a été condamnée pour inaction climatique.
05:04Donc on va se remettre sur cette trajectoire.
05:06Moi, je ferai une Élysée de l'environnement.
05:08Je réunirai tous les porteurs d'enjeu dès juin à l'Élysée
05:11et on prendra des indicateurs de résultats.
05:14Parce que moi, je suis une écologiste des résultats.
05:16Je veux qu'on baisse notre consommation d'énergie.
05:19Je veux qu'on produise de l'électricité décarbonée.
05:22Je veux qu'on mette fin aux passoires thermiques.
05:24Je veux qu'on recycle et qu'on passe à l'économie circulaire.
05:26Je veux des vrais indicateurs de protection de la biodiversité
05:30et de baisse de la pollution de l'air.
05:32Je veux aider le monde économique à faire sa transition écologique.
05:36Et puis, je veux aider aussi les Français socialement à devenir écologiques,
05:41écologistes et à avoir des comportements écologistes.
05:44Parce que je ne veux pas d'une écologie punitive et antisociale.
05:48C'est ce que j'ai fait dans ma région, l'écologie des résultats.
05:51Et maintenant, je veux le faire pour la France.
05:52On a la question suivante sur Instagram.
05:56Alors, La Couleur de l'eau me demande
05:58si je prévois d'encadrer les pratiques de chasse
06:01et notamment l'interdiction le dimanche.
06:03Alors moi, je ne veux pas opposer la ruralité et la ville.
06:07Et c'est vrai que si on interdit systématiquement le week-end la chasse,
06:11on va l'interdire tout court parce que les chasseurs ne sont pas des retraités.
06:14Mais je pense qu'il faut qu'on ait des conférences locales de partage de l'espace.
06:20Ça veut dire qu'il faut qu'on puisse se mettre d'accord
06:22entre les promeneurs et les chasseurs
06:24pour pouvoir mettre en place des vraies chartes de bonne conduite entre les deux.
06:29Dans ma région, aujourd'hui, parce que c'est une région très urbaine,
06:33la chasse est interdite le week-end sur les forêts régionales et domaniales publiques.
06:37Parce que c'est une région très urbaine.
06:38Ça n'est pas forcément nécessaire dans les régions beaucoup plus rurales.
06:42Donc concrètement, qu'est-ce que vous répondez à ceux qui souhaitent se balader
06:44en forêt le week-end sans risquer de se faire tirer dessus ?
06:46On sait qu'il y a eu 400 personnes qui ont été tuées entre 99 et 2020.
06:4990% de chasseurs, certes.
06:51Mais il y a toujours le risque d'être blessé.
06:53Il y a plusieurs centaines de blessés par an.
06:54Et je pense vraiment qu'il faut...
06:55On a le Sénat qui est en train de travailler sur un rapport
06:58pour voir si on peut encore renforcer les obligations.
07:02Mais je crois qu'il faut que localement, autour du préfet, on se réunisse
07:06et qu'on voit comment on organise le partage de l'espace
07:09entre les chasseurs et les promeneurs.
07:12Alors vous dites concrètement...
07:13Moi, je crois à la puissance du local.
07:15Je crois aux solutions locales.
07:16Vous soutenez le délit d'entrave à la chasse.
07:19Qu'est-ce que ça veut dire concrètement ?
07:21Concrètement, moi, c'est la loi rien que la loi.
07:22Donc quand une pratique est autorisée,
07:25moi, je n'aime pas que les activistes viennent l'empêcher.
07:27Donc moi, je dis que ces pratiques activistes
07:30n'ont pas leur place dans la République.
07:33Quand une activité est autorisée par la loi, on ne vient pas l'entraver.
07:36Quelle qu'elle soit.
07:37Après, si l'activité est interdite, elle est interdite.
07:40Question suivante sur la tablette de Mme Pécresse.
07:43Bonjour Mme Pécresse.
07:44Que pensez-vous de l'élevage intensif vis-à-vis de l'écologie et du bien-être animal ?
07:48Alors d'abord, il faut savoir qu'en France,
07:51si on prend par exemple les élevages bovins,
07:54c'est 65 vaches en moyenne.
07:56Donc nous, nous avons une agriculture qui est à caractère familial en France.
08:01C'est le modèle français.
08:02Moi, je veux préserver ce modèle français
08:04d'une agriculture à caractère familial.
08:07Mais je veux aussi du bien-être animal.
08:09Et je veux des garanties de bien-être animal
08:11et des chartes de bien-être animal
08:13tout au long de l'élevage,
08:15et y compris jusque dans les abattoirs
08:18où moi, je suis favorable effectivement à ce qu'on puisse avoir
08:21des vrais contrôles et des caméras
08:23de façon à garantir effectivement les conditions.
08:27La question suivante.
08:29Alors Maxime demande mes mesures pour lutter contre les féminicides.
08:33Alors, je veux et je pense que j'ai été la première à le proposer
08:39parce que je l'ai proposé en tant que présidente de région
08:42et en lien avec la présidente de la région de Madrid
08:45dont je suis très proche.
08:47Je veux mettre en place le même système que les Espagnols.
08:49Une juridiction spécialisée contre les violences conjugales
08:53et intrafamiliales qui inscrira à la plainte
08:58en 72 heures et qui prononcera des ordonnances de protection
09:02dans les délais qui sont prévus par la loi de 6 jours
09:05mais qui ne sont absolument pas respectés aujourd'hui.
09:07Mais je veux aller plus loin.
09:08On a aujourd'hui, vous savez, des bracelets anti-rapprochements.
09:11Ces bracelets anti-rapprochements,
09:13ils ne sont jamais prescrits par les juges avant les jugements.
09:17Il faut qu'ils soient prescrits dès que la femme porte plainte
09:20au moment de l'ordonnance de protection
09:21parce que c'est ça qui la protégera.
09:2385% des femmes qui sont mortes sous les coups
09:26de leurs compagnons ou de leurs ex-compagnons
09:29avaient porté plainte avant.
09:32Et d'une manière générale, je veux qu'on triple les amendes
09:35pour le harcèlement des femmes.
09:37Élire une femme présidente de la République,
09:39ça doit changer quelque chose pour toutes les femmes de France.
09:43Vous dites justement de tripler les amendes
09:44pour le harcèlement de rue.
09:45Comment on fait vraiment pour que ça fonctionne ?
09:47Parce qu'il y a la théorie et la pratique où on...
09:49Je veux un plan d'urgence pour la justice.
09:51On a une justice qui est effectivement noyée
09:54sous le stock d'affaires à juger.
09:56Justice civile, justice pénale, justice commerciale,
09:59justice administrative, toutes les justices.
10:01Donc le sujet aujourd'hui, c'est d'augmenter pour moi de 50%
10:05le budget du ministère de la Justice
10:07pour permettre de recruter 16 000 personnes de plus
10:10dans toutes les sphères de la justice
10:12pour pouvoir juger plus vite.
10:14Et j'ajoute que dans certains délits comme le harcèlement,
10:17il faut aller vers des amendes forfaitaires obligatoires
10:20pour les durcir.
10:21C'est ça qui sera efficace.
10:22Les amendes, ça marche.
10:23Après, le problème, c'est de les recouvrer.
10:25Et on sait qu'aujourd'hui, on a malheureusement
10:28des gens qui donnent des fausses identités.
10:30Donc il faut recouvrer les amendes.
10:31Il faut prendre les numéros de téléphone portable
10:33des contrevenants.
10:34Il faut recouvrer les amendes.
10:35Ça marche en faisant des partenariats,
10:38en faisant des retenues sur salaire,
10:39en faisant des partenariats avec les directions
10:41des finances publiques.
10:42C'est ce que j'ai fait pour recouvrer les amendes,
10:44là encore, pour les fraudeurs dans les transports.
10:46Avancer sur la suivante question.
10:48Bonjour Mme Pécresse.
10:50Avez-vous prévu des mesures
10:52contre la fraude fiscale des ultra-riches ?
10:55Alors j'ai prévu de mettre même un ministre délégué
10:58sur la fraude fiscale et la fraude sociale.
11:01Un ministre délégué parce que je crois qu'aujourd'hui,
11:04ça n'est pas possible de voir comme on voit là
11:06une entreprise de conseil qui a de la commande publique
11:09et qui dit au Sénat qu'elle paye ses impôts en France
11:12alors que ce n'est pas vrai.
11:14Donc le sujet aujourd'hui, c'est qu'il faut qu'on lutte plus
11:16contre la fraude fiscale.
11:18On a aujourd'hui des fraudes fiscales organisées,
11:20notamment à travers le net,
11:24des fraudes à la TVA massive,
11:26on a des possibilités d'interconnecter aujourd'hui les données,
11:31comme le font les autres pays,
11:33mais il faut créer pour ça une vraie police fiscale,
11:35une vraie police cyber, avec un parquet cyber
11:39et pouvoir mettre en place tout ça.
11:41Mais c'est vrai que ça se fera au niveau national,
11:43ça doit aussi se faire au niveau mondial et européen,
11:46parce qu'il va falloir pouvoir aller regarder
11:48ce qui se passe dans les paradis fiscaux.
11:50Et j'avais déjà entamé cette lutte
11:52quand j'étais ministre du budget il y a dix ans,
11:54je veux reprendre ce combat aujourd'hui.
11:57Il y a une question plus personnelle qui vous est posée,
11:59notamment sur de possibles conflits d'intérêts.
12:02Votre mari occupe de hautes fonctions chez Alstom
12:04et donc désormais chez General Electric.
12:06Comment vous évitez demain tout conflit d'intérêts ?
12:09On en a parlé entre nous
12:11et il a décidé,
12:14et c'est une décision lourde,
12:17de quitter ses fonctions.
12:21Il considère que si je suis élu président de la République,
12:24il ne peut pas rester salarié d'une entreprise privée
12:27comme il l'est aujourd'hui.
12:29Et donc, si je suis élu président de la République,
12:32il se consacrera à des activités d'intérêt général.
12:35Voilà, par amour pour moi.
12:37On a la question suivante.
12:39Madame Pécresse, pourquoi vous vantez-vous
12:41qu'Emmanuel Macron a repris les grandes lignes
12:43de votre programme sur le RSA,
12:45sur la retraite à 65 ans,
12:47alors qu'il s'agit d'un programme de casse sociale ?
12:49Vous avez mentionné qu'il s'agissait d'une contrefaçon
12:52sur votre compte Twitter le 17 mars.
12:54Aujourd'hui, à 62 ans,
12:56un quart des plus pauvres sont déjà morts.
12:58Je vous laisse répondre à ça.
13:00Sur la réforme des retraites,
13:01je sais que ce n'est pas une réforme populaire,
13:03mais il faudra la faire.
13:05Et moi, je dis aux Français la vérité.
13:08Je suis faite comme ça.
13:10Je leur dis la vérité,
13:11parfois la vérité qu'ils n'ont pas envie d'entendre.
13:13Sur la retraite à 65 ans,
13:15pourquoi il va falloir le faire ?
13:17Regardez dans les autres pays.
13:19Alors là où votre internaute a raison,
13:22c'est que dans mon projet,
13:25il y a l'augmentation de l'âge de la vie en bonne santé.
13:29Il y a la révolution de la prévention santé,
13:31santé globale.
13:32Moi, je veux qu'on refasse une politique de prévention
13:35pour vivre mieux et vivre plus longtemps en bonne santé.
13:38Et ça passe dès l'école par la médecine scolaire.
13:41Vous savez qu'il n'y a pratiquement plus de médecine scolaire à l'école.
13:43Je la confierai au département.
13:45Je veux qu'on fasse une vraie politique de prévention.
13:47Ça passe par la fin des déserts médicaux.
13:49La fin des déserts médicaux avec la politique de prévention
13:51qui serait confiée aux médecins, aux infirmiers,
13:53mais aussi aux pharmaciens,
13:55pour qu'on puisse faire du dépistage.
13:57On a besoin de faire cette révolution de la prévention.
13:59Au travail aussi, parce que vous le savez,
14:02la médecine du travail, elle passe très rarement.
14:05On fait cette révolution de la prévention.
14:07On aide les Français à vivre plus longtemps.
14:09Je veux aussi lutter contre tous les produits chimiques
14:12qui sont dans l'atmosphère et qui atteignent à notre santé.
14:16Je veux un étiquetage obligatoire des produits
14:19qui contiennent des produits nocifs pour la santé.
14:22Je veux ce concept de santé globale
14:24pour qu'on augmente de 3 ans l'espérance de vie
14:27en bonne santé des Français.
14:29Et ça, c'est un projet très puissant.
14:32C'est possible.
14:33Les Suédois, par exemple, c'est 74 ans
14:36l'espérance de vie en bonne santé.
14:37En France, c'est 64 ans.
14:39On a besoin aujourd'hui de faire cette révolution
14:41de la prévention de la santé,
14:42de mettre fin aux déserts médicaux.
14:44Et ça, c'est important.
14:45Mais sur la réforme des retraites, pardon,
14:46je n'ai pas lu la question.
14:47– Je rebondis juste après, peut-être pour vous laisser développer ensuite,
14:49mais sur les déserts médicaux, justement,
14:51comment on fait pour que demain, des médecins y aillent ?
14:53Parce qu'on voit qu'aujourd'hui, c'est cette difficulté-là.
14:55Ce constat, il est fait peut-être même depuis des décennies,
14:57mais il y a un manque d'attractivité.
14:59Comment vous faites aujourd'hui pour que ça marche ?
15:01– Moi, je décentralise le problème.
15:03Au lieu de partir d'en haut et de dire
15:04on va former tant de médecins,
15:06je pars d'en bas et je dis
15:07où sont les besoins de santé dans le territoire ?
15:09Et je regarde qui sont les professionnels de santé du territoire.
15:12Donc, par exemple, s'il y a des infirmiers ou infirmières
15:15qui ont 20 ans de pratique,
15:17je les aide à prendre plus de compétences.
15:19S'il y a des médecins généralistes qui veulent se spécialiser,
15:22je les aide à se spécialiser pour fournir des nouveaux services qui manquent.
15:26S'il y a des pharmaciens qui veulent faire davantage,
15:28ils y feront davantage.
15:30J'essaie de faire progresser tout le monde en compétences,
15:32ce qui n'est pas le cas aujourd'hui.
15:34Et je rémunère pour ces nouvelles compétences.
15:36Et puis, je prends 4 000 médecins étudiants généralistes
15:42qui ont aujourd'hui 3 ans de spécialité,
15:44et je leur mets une quatrième année de spécialité.
15:47Et cette quatrième année de spécialité, c'est un an sur le terrain.
15:50Un an sur le terrain, dans une maison médicale
15:52ou dans un cabinet de groupe,
15:54dans un territoire qui manque de médecins.
15:56Et je fais arriver 4 000 jeunes pendant un an
15:59dans tous les territoires carencés, 4 000 jeunes généralistes,
16:02en espérant que ces jeunes généralistes vont se plaire dans ces territoires,
16:05qu'ils vont les aimer et qu'ils vont s'y installer.
16:07Et j'ajoute qu'en contrepartie, je revalorise tous les actes médicaux.
16:11Parce qu'avec l'inflation telle qu'on la connaît aujourd'hui,
16:14qui peut penser qu'une consultation de généralistes
16:17d'un bac plus 8 aujourd'hui, ça vaut 25 euros.
16:21Donc on revalorisera les consultations et les actes médicaux.
16:25Alors la question justement aussi des retraites,
16:27c'est ce que disait ce monsieur aujourd'hui.
16:29Quand on a 60 ans, il y a aussi la question de la pénibilité.
16:32Le fait que pour certains, quand on arrive à cet âge-là,
16:35on n'est pas forcément en très bonne santé.
16:37Comment on aménage les choses ?
16:38Parce qu'aujourd'hui, vous actez les 65 ans,
16:40ce n'est pas forcément populaire,
16:42mais d'un autre côté, il y a des gens pour qui ces 65 ans,
16:44ils ne vont même pas les voir.
16:45Alors ces 65 ans, sauf pour les Français qui sont usés par leur travail.
16:49Et dès que j'arriverai à la présidence,
16:51je ferai une grande conférence des salaires et social,
16:54pour augmenter les salaires, c'est ma première mesure,
16:56et une conférence sociale pour travailler sur cette réforme des retraites.
17:01Et bien évidemment, on négociera avec les syndicats
17:04la question des carrières longues,
17:06de tous ceux qui ont commencé à travailler très jeunes
17:08et de la pénibilité des métiers.
17:10Parce qu'il y a des métiers dans lesquels on ne peut pas envisager
17:13de travailler jusqu'à 65 ans, on le sait.
17:15Et puis par ailleurs, moi je voudrais aussi développer
17:18pour les salariés seniors un projet
17:22qui est celui des deuxièmes carrières,
17:24à moitié dans l'entreprise,
17:26à moitié comme formateur dans des centres de formation.
17:29Je veux qu'on revalorise l'enseignement professionnel,
17:31je veux qu'on le confie aux régions,
17:33et je voudrais que dans les lycées professionnels
17:35et dans les centres de formation professionnels,
17:37pour les demandeurs d'emploi,
17:39puissent venir davantage enseigner des seniors.
17:41Moi je crois beaucoup à l'espèce de compagnonnage
17:45entre un jeune et un salarié senior
17:47pour apprendre les ficelles du métier,
17:49pour apprendre les savoir-être,
17:51et donc essayer d'organiser ces fins de carrière
17:55qui seront des fins de carrière de partage des tâches
17:58entre le travail en entreprise et le métier de formateur.
18:01Et dans ces cas-là, ça permettra d'avoir
18:03dans un certain nombre de métiers,
18:05des fins de carrière qui soient plus douces
18:07et qui permettent d'être effectivement
18:09moins épuisés à la fin,
18:11et surtout de rester dans l'emploi,
18:13parce que vous savez que le sujet c'est aussi
18:15de maintenir les seniors dans l'emploi jusqu'à la retraite.
18:17Je ne change pas les 67 ans,
18:19c'est-à-dire que le taux plein est à 67 ans,
18:22là il n'y a rien de changé par rapport à avant.
18:24L'intérêt de cette réforme des retraites c'est quoi ?
18:26C'est que plus aucun retraité ne partira
18:29avec moins du SMIC.
18:31Et ça c'est aussi très important
18:33pour les jeunes qui nous écoutent,
18:35parce qu'aujourd'hui, vous le savez,
18:37il y a des petites retraites,
18:39et ces petites retraites ne permettent pas aux retraités
18:41de vivre décemment.
18:43Bonjour Mme Pécresse,
18:45j'ai une question pour vous.
18:47Si M. Macron est réélu
18:49et qu'il vous proposait un poste de ministre,
18:51seriez-vous capable d'accepter ?
18:53La réponse c'est non.
18:55C'est non parce qu'on a un fossé entre nous.
18:57Moi je considère que son bilan est mauvais.
18:59Qu'il est mauvais parce que les violences augmentent,
19:01qu'il est mauvais parce que
19:03les services publics sont en berne,
19:05l'école, la santé, la justice.
19:07Qu'il est mauvais parce qu'il a opposé
19:09la ville et le rural,
19:11que la ruralité a été oubliée.
19:13Qu'il est mauvais parce que le pouvoir d'achat est en verne,
19:15que le travail n'est pas assez valorisé.
19:17Qu'il est mauvais parce qu'il n'a pas fait les grandes réformes
19:19dont le pays a besoin pour ne pas léguer aux générations futures
19:21une dette écologique
19:23et une dette financière abyssale.
19:25Et je le dis à tous les jeunes qui nous regardent,
19:271000 milliards de dettes de plus en 10 ans,
19:29cette dette c'est des impôts différés.
19:31Parce que l'argent magique ça n'existe pas
19:33et c'est les générations futures
19:35auxquelles on la transfère.
19:37Moi j'ai le programme pour les générations futures,
19:39un programme qui les respecte.
19:41Et donc non, il n'y a pas de possibilité pour ça.
19:45Bonsoir Mme Pécresse,
19:47ma question sera
19:49que pensez-vous
19:51de la non-officialisation
19:53de soutien de M. Nicolas Sarkozy
19:55portant à votre égard ?
19:57N'ayez-vous pas peur
19:59qu'il rejoigne M. Emmanuel Macron
20:01pour cette présidentielle ?
20:03Passez une bonne soirée
20:05et merci de votre réponse.
20:07Alors ce que je crois aujourd'hui,
20:09moi j'ai été ministre de Nicolas Sarkozy
20:11et j'ai effectivement appris
20:13la politique avec Jacques Chirac,
20:15avec Nicolas Sarkozy.
20:17Mais aujourd'hui je trace ma route.
20:19Je crois que cette présidentielle
20:21c'est la rencontre entre
20:23une femme et un pays.
20:25Ça ne répond pas à la question, permettez-moi.
20:27Mais parce que je pense que les Français,
20:29ils votent pour un président de la République
20:31et ils ne votent pas pour un comité de soutien.
20:33Mais c'est quand même pas innocent de ne pas avoir
20:35l'ancien président de la République
20:37issu de votre sensibilité, de votre famille politique
20:39qui n'est pas présente depuis le début.
20:41Comment vous le vivez ?
20:43Est-ce que ce n'est pas quelque chose de blessant
20:45mais en tout cas un manque de soutien ?
20:47Écoutez, la vérité c'est celle que je vous dis.
20:49Aujourd'hui je trace ma route
20:51et j'espère aujourd'hui
20:53convaincre les Français
20:55qu'il y a deux bons projets pour la France.
20:57Celui qui va rétablir l'autorité,
20:59redonner beaucoup de liberté à ce pays qui en a tellement besoin
21:01et puis qui va revaloriser le pouvoir d'achat
21:03y compris pour la jeunesse.
21:05Une toute dernière question, Mme Pécresse.
21:07Sur les réseaux sociaux,
21:09vous êtes souvent parodiée,
21:11parfois même moquée. Comment vous le percevez ?
21:13Comment vous le vivez ?
21:15Vous savez, aujourd'hui je trace ma route, je l'ai dit.
21:17Et c'est important pour moi de dire
21:19à tous les Français que
21:21le système a choisi.
21:23Emmanuel Macron veut Marine Le Pen comme adversaire.
21:25Et c'est pour ça qu'on a attaqué que moi.
21:27J'ai été la femme à abattre pendant toute cette campagne.
21:29Et on a beaucoup utilisé
21:31les réseaux sociaux pour ça, pour m'abattre.
21:33Moi je dis à tous les Français qui veulent pas
21:35se faire voler cette élection,
21:37tous ceux qui n'acceptent pas qu'on leur dise que les sondages
21:39font le vote, je leur dis
21:41allez voter, bougez-vous,
21:43parce que rien n'est écrit, vous êtes des Français,
21:45vous êtes libres, choisissez.

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