Elles sont en grève depuis plus de 20 mois et réclament de meilleures conditions de travail. Elles, ce sont les femmes de chambre de l'hôtel Ibis des Batignolles.
Pendant ce temps-là, à Paris...
Pendant ce temps-là, à Paris...
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00:00Moi, je suis fière d'être la porte-parole des femmes en souffrance,
00:04d'être la porte-parole des femmes complétines.
00:07Pendant ce temps-là...
00:10Nous sommes là, ça fait deux mois que nous sommes en lutte
00:14pour les sales conditions de travail,
00:17pour l'esclavagisme, pour la manipulation,
00:21pour l'humiliation aux femmes des chambres.
00:24Je m'appelle Keke Raysa Rachel, j'ai 46 ans,
00:28je suis gouvernante à l'Hôtel Ibis de Batignolles
00:31et gréviste depuis le 17 juillet 2019.
00:35On est des mères, des familles,
00:37nous laissons nos enfants pour venir continuer cette lutte-là.
00:41Rachel Keke est devenue le visage de cette lutte pour les femmes de chambre.
00:45Comme elle, 20 autres employés de cet établissement parisien
00:48sont en grève depuis plus de deux ans.
00:51Actuellement employée par la société STN, un sous-traitant de l'Hôtel Ibis,
00:55elle réclame de meilleures conditions de travail,
00:57notamment la diminution des cadences,
00:59la rémunération de leurs heures supplémentaires
01:01et des indemnités de repas.
01:02Vous savez, une lutte c'est pas facile,
01:05c'est très très très difficile parce que
01:07quand tu te mets dans une lutte pour pouvoir avoir des droits,
01:10tu n'as plus de vie de famille,
01:12on n'a plus le temps pour nos enfants,
01:14parce qu'il faut toujours être sur le terrain,
01:16il faut toujours rappeler à tes patrons que tu es toujours en lutte
01:20et qu'ils écoutent tes revendications
01:23pour que tu puisses travailler correctement.
01:26Il faut payer, il faut payer, il faut payer !
01:29C'est vrai que nous sommes des femmes issues de l'immigration,
01:32c'est vrai que nous faisons ce boulot,
01:34c'est un métier qu'on aime,
01:36c'est un métier qui nous fait nourrir nos familles,
01:40donc c'est un métier qu'on aime,
01:41c'est pas quelque chose qu'on n'aime pas,
01:43mais les gens profitent beaucoup
01:45sur ce système pour pouvoir maltraiter les femmes.
01:48Protéger, protéger, il faut payer !
01:50Tout ce qu'on leur demande aujourd'hui,
01:52c'est de pouvoir travailler dans la légalité,
01:54de finir avec la sous-traitance,
01:55avec la maltraitance dans leur établissement.
01:58Maintenant, s'ils ne veulent pas nous internaliser,
02:01il faut qu'ils nous donnent nos revendications que nous voulons,
02:05pour qu'on puisse travailler dans la dignité.
02:07Pas travailler avec 40 chambres, 50 chambres,
02:10comme de l'esclavage dans l'hôtel.
02:12Il faut que ça s'arrête.
02:15Pour continuer à percevoir de quoi vivre,
02:17les femmes de chambre ont d'abord bénéficié d'une caisse de grève
02:19mise en place par leur syndicat.
02:21Avec l'arrivée du Covid-19,
02:23elles ont été placées en chômage partiel par leur employeur.
02:27À deux reprises, les grévistes et leur employeur,
02:29ainsi que les propriétaires de l'hôtel,
02:31se sont retrouvés à la table des négociations.
02:36Pour le moment, ces négociations n'ont pas abouti à un accord.
02:39Les discussions sont toujours en cours.
02:41Ils ont peur de nous !
02:43Sollicité par Brut, la société STN n'a pas répondu.
02:48On va tenir les cravates, partout où ils passeront,
02:51jusqu'à ce qu'ils nous donnent nos revendications.
02:54On n'est pas fatigués !