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Ses tics de langage, ses points communs avec Nicolas Sarkozy…

4 choses que l'intelligence artificielle dit des discours d'Emmanuel Macron.

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Transcription
00:00L'Etat a été totipotent par votre truchement.
00:03Acta sunt servanda, comme disait nos maîtres latins.
00:07Faut pas raconter non plus des carabistouilles à nos concitoyens.
00:10J'ai dit en même temps.
00:13Il paraît, mes amis, que c'est un tic de langage.
00:27Recréer des emplois en France.
00:29Dans cette réinvention du multilatéralisme contemporain.
00:31Renouveler.
00:32Que chacun d'entre nous doit se réinventer.
00:35La machine, elle, en faisant ce qu'on appelle du deep learning,
00:39c'est-à-dire un apprentissage profond des textes,
00:41va regarder dans la profondeur du texte
00:43précisément ces petits éléments de langage
00:46qui arrivent à nous convaincre.
00:48Pour lui apprendre à parler le Macron,
00:50il a fallu lui apprendre aussi à parler le Hollande,
00:54le Sarkozy, le Chirac, le Mitterrand,
00:56le Giscard, le Pompidou et le De Gaulle.
00:58La première sortie machine,
01:00très simple et pourtant très révélatrice
01:03de ce qu'est le macronisme,
01:05c'est cette lettre R
01:07qu'il utilise bien plus que tous ses prédécesseurs.
01:10Le secret du macronisme,
01:12c'est d'utiliser des mots marqués à gauche,
01:16les mots du changement, les mots du mouvement,
01:19mais de les assortir du préfixe et de la lettre R,
01:25une lettre de droite, une lettre de la conservation,
01:27une lettre de la réaction,
01:29et ainsi il va respecter son en même temps,
01:32c'est-à-dire satisfaire l'électorat de gauche
01:34en utilisant par exemple le mot « naissance »
01:37mais en l'assortissant du préfixe « re-naissance »
01:41qui va plaire plus à la droite.
01:48C'est le « en même temps »
01:49qui statistiquement vraiment signe son discours,
01:52mais après il y a des choses un peu plus subtiles à repérer,
01:55derrière pourtant des banalités de langage
01:57mais qui sont révélatrices ici aussi
02:00de l'idéologie profonde, enfin de la tendance du discours.
02:03Il va surutiliser, voire morteler
02:06la double conjonction de coordination,
02:09et donc c'est tout à fait normal.
02:12Ce qui est donc fautif puisqu'il y a deux coordinations,
02:15mais qui marque bien une des caractéristiques de son discours,
02:19c'est-à-dire le souci d'être explicatif, d'être pédagogique.
02:23Et ceci, il faut le relier avec un autre type de langage qu'il a,
02:27et qui est peut-être un peu moins positif pour lui,
02:31c'est la façon de marteler le « je sais ».
02:39Il y a trois présidents qui surutilisent le « je »
02:42dans la Ve République.
02:43Il y a Mitterrand, il y a Sarkozy et il y a Macron.
02:46Trois présidents égotiques ou égocentrés, si l'on veut.
02:54Macron fait rupture avec les discours assez pauvres
02:59en vocabulaire de Sarkozy et un peu moins de Hollande
03:02pour arriver à un taux, à un seuil de richesse lexicale
03:06qui est le plus important de toute la Ve République,
03:09à l'exception de Georges Pompidou, qui était un grand littéraire, justement.
03:13Il y a plus de mille mots que Macron est le seul à utiliser
03:17dans le corpus présidentiel depuis 1958.
03:20Ce distinguo néanmoins, infiné et opérant.
03:23Une forme d'irrédentisme.
03:25Superfétatoire.
03:26Idiosyncrasie.
03:27C'est vraiment une signature du discours,
03:30cette richesse de vocabulaire.
03:33Et ce qui est intéressant, c'est de voir qu'elle évolue un petit peu
03:37au fil du temps.
03:38Macron va revenir à un langage un peu plus simple,
03:41beaucoup moins soutenu à partir de 2019,
03:44vraiment autour de ce qu'il a appelé le grand débat.
03:47Nous, concitoyens, on a l'impression que, en quelque sorte,
03:50tout est cul par-dessus tête.
03:57La machine révèle que son président inspirateur premier,
04:01c'est Nicolas Sarkozy.
04:03Il s'en inspire très clairement sur la thématique du travail.
04:06Et puis aussi la question, et ça c'est le plus résistant,
04:08la question de l'autorité.
04:09Il cherche à renouer avec l'électorat de droite
04:11autour de la question de l'autorité.
04:13Le moment où on a arrêté d'entraîner la machine,
04:15le moment où on s'est dit, là, ça fonctionne bien,
04:17c'est lorsque, le 31 décembre 2018, Macron dit
04:22On ne peut pas travailler moins, gagner plus.
04:24La machine a attribué cette phrase automatiquement,
04:28non pas à Macron, mais à Sarkozy.
04:30Certes, la machine s'est trompée, mais visiblement,
04:32elle est performante puisque je crois que n'importe quel observateur humain
04:35aurait aussi attribué cette phrase à Nicolas Sarkozy.
04:38Travailler plus, on gagne plus.
04:40Alors, le but du jeu est assez simple,
04:42c'est de rendre un peu plus objectif
04:45nos interprétations.
04:46La machine nous permet de pointer des choses
04:50qui ont peut-être échappé à l'oreille,
04:52mais qui sont au contraire au cœur de la stratégie de communication
04:55de nos politiciens.

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