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REPLAY - Covid-19 : Point sur l’épidémie de Covid-19 avec Arnaud Fontanet, membre du conseil scientifique et épidémiologiste à l’Institut Pasteur. Il répond à vos questions et à Rémy Buisine.
Transcription
00:00On est en direct sur Brut avec Arnaud Fontanet qui est membre du conseil scientifique et aussi épidémiologiste à l'Institut Pasteur.
00:07Bonjour Arnaud Fontanet.
00:08Bonjour.
00:09Alors vous allez répondre à mes questions mais aussi celles des internautes, n'hésitez pas à réagir, à commenter et à partager ce direct.
00:14On est ensemble pour quelques dizaines de minutes pour répondre à toutes vos interrogations,
00:17pour faire un point sur cette épidémie de Covid-19 quelques semaines après le début du déconfinement le 11 mai dernier.
00:23Alors tout d'abord cette première question qu'on peut se poser c'est est-ce que le virus circule aujourd'hui toujours sur le sol français ?
00:29Alors le virus circule toujours, il est depuis la sortie de confinement du 11 mai,
00:35on note chaque jour à peu près 4 à 5 ce qu'on appelle des clusters qui sont des petits foyers épidémiques.
00:40Total limité c'est pas, c'est quelques personnes, on arrive bien à les contrôler, c'est donc les agences régionales de santé qui s'en occupent
00:48mais ça n'a pas diminué depuis donc cette sortie de confinement, 4 à 5 petits foyers chaque jour.
00:54Le nombre de cas, il est estimé entre 500 et 1000 nouveaux cas chaque jour, c'est également stable
01:00et on a par ailleurs les estimations qui nous viennent des admissions en hôpital pour Covid-19 en service de réanimation
01:08et là les chiffres sont plutôt en baisse. Donc globalement une situation qui semble stable, assez bien contrôlée
01:14qui veut dire donc que cette sortie de confinement pour l'instant se passe bien
01:18mais il faut rester très vigilant et surveiller ces chiffres de très près.
01:21Est-ce qu'aujourd'hui par exemple, on évoque ce que vous disiez à l'instant, 4 à 5 clusters par jour entre 500 et 1000 cas,
01:25est-ce qu'il faut s'en inquiéter ou plutôt le regarder avec du recul ?
01:28Il faut s'en inquiéter parce que ça veut dire que le virus est toujours présent
01:31donc si des circonstances font que par exemple un rassemblement de personnes à un endroit où le virus est là
01:37peut tout à fait faire repartir des foyers qui seraient plus importants que ceux qu'on observe et qui sont encore très limités aujourd'hui
01:43donc il faut la vigilance est de mise.
01:47Ce qui est très important finalement, c'est qu'il faut qu'on puisse garder une bonne vision de la circulation du virus sur les territoires français
01:55et ça, ça n'est possible que si les gens vont se faire tester quand ils ont des symptômes.
01:59Ce que j'entends par là, c'est qu'on sait qu'aujourd'hui on a une capacité à tester qui va jusqu'à 100 000 tests par jour.
02:05C'est ce qui a été construit pendant la période du confinement pour pouvoir organiser la surveillance en post-confinement.
02:11Mais il faut que ces tests soient utilisés.
02:13Si les personnes qui ont des symptômes ne vont pas consulter parce qu'ils se disent finalement ça y est le virus est parti,
02:18j'ai plus à m'inquiéter, oui j'ai mal à la gorge, oui j'ai un peu de fièvre et ça doit être autre chose,
02:22eh bien on perdra notre capacité à suivre l'évolution du virus.
02:25Donc l'essentiel, c'est que quand les gens ont des symptômes, ils appellent leur généraliste.
02:30S'ils n'ont pas de généraliste, ils font le 15 et ils sont dirigés vers une plateforme.
02:34Ils sont testés et si effectivement on a estimé qu'il nous faudrait plus de 50 000 tests par jour,
02:40si plus de 50 000 personnes se font tester par jour, à ce moment-là,
02:43on pense qu'on aura une bonne vision de la circulation du virus sur le territoire.
02:48Et aujourd'hui, c'est effectivement à peu près à 50 000 tests.
02:51On vient de baisser un peu la semaine dernière et parmi ces 50 000 tests,
02:54on en a moins de 2% qui sont positifs, c'est-à-dire moins de 1 000 qui sont positifs.
02:58Et dans ce contexte, à la fois beaucoup de gens qui se font tester,
03:01donc on sait que si le virus était présent, on le verrait,
03:04et moins de 2% qui sont positifs, donc 500 à 1 000 cas par jour,
03:08on peut dire que l'épidémie reste sous contrôle.
03:10Mais il faut qu'on puisse garder cette visibilité de ce qui se passe
03:13et pour ça, il faut que les gens se fassent tester.
03:15Alors la question qu'on se pose, c'est justement, il y a eu le déconfinement en plusieurs étapes,
03:19le 11 mai, mardi dernier avec la réouverture des bars et des restaurants notamment.
03:22Donc les interactions sociales ont augmenté, mais en parallèle, on n'a pas vu l'épidémie reprendre.
03:27Comment on explique ça aujourd'hui avec près d'un mois de recul,
03:29que finalement on reste sur une situation assez stable
03:34et qui diminuait même par moment au début de la fin du déconfinement ?
03:38Alors il y a deux principes importants à garder en tête ici.
03:43Le premier, c'est que d'abord, le confinement a bien marché en France.
03:47La transmission du virus, qu'on évalue avec le nombre de reproductions,
03:50le nombre de cas secondaires par personne infectée,
03:52qui est estimé entre, juste avant qu'on démarre, le confinement était à 2,9,
03:58très proche de 3, il a diminué de 80% pendant la période du confinement
04:02et je pense que parmi les pays européens, on est un des pays
04:05où ce nombre de reproductions a le plus baissé.
04:08Ça, ça veut dire que donc les gens ont bien joué le jeu.
04:10Et ce qui se passe maintenant, c'est que le niveau de circulation du virus
04:14sur le territoire français est très bas, suffisamment bas
04:17pour que justement on puisse détecter des clusters quand ils ont lieu.
04:20Donc c'est important, ça veut dire que la surveillance est capable maintenant
04:22de voir des petits foyers qui avant auraient été noyés dans le nombre de cas.
04:27Et donc on bénéficie aujourd'hui de cet acquis,
04:30d'avoir eu un confinement qui a bien marché.
04:33D'ailleurs, les statistiques de Google, si vous les regardez par pays,
04:36sur la mobilité des gens, montrent que c'est en France et en Espagne
04:39que la mobilité à pied ou en voiture a le plus diminué,
04:43comparé aux autres pays européens.
04:44Donc on a vraiment bien joué le jeu pendant le confinement
04:46et on profite d'une période pendant ce confinement où le virus circule peu.
04:50Là où il faut être méfiant, c'est que quand il y a très peu de cas,
04:53la reprise épidémique, elle se fait lentement.
04:55Vous vous rappelez ce nombre de reproductions,
04:57qui dit donc le nombre de cas secondaires par personne infectée.
05:01Eh bien, quand on n'a aucune mesure de contrôle,
05:04on sait qu'il peut être autour de 3, c'est ce qui se passait en mars,
05:06juste avant le début du confinement.
05:08Maintenant, grâce aux mesures de contrôle, on l'a fait baisser,
05:11il est autour de 0,7.
05:13Et donc ça, on comprend bien, si chaque personne infecte 0,7 personnes,
05:17on se comprend, donc si 10 personnes en infectent 7,
05:20ça veut dire que l'épidémie est en décroissance.
05:23Et du coup, petit à petit, on voit les cas diminuer.
05:26En revanche, si parce qu'on reprend des contacts, etc.,
05:29on a un nombre de reproductions qui passe au-dessus de 1,
05:33si chaque personne infecte plus d'une personne, l'épidémie reprend.
05:35Mais au début, c'est extrêmement lent.
05:37Si on est à 1,1, 1,2, il faudra plusieurs semaines
05:41avant qu'on voit finalement le nombre de cas vraiment augmenter.
05:44Et donc méfions-nous, il peut y avoir une grande inertie
05:48entre le moment où l'épidémie redémarre
05:51et le moment où le nombre de cas va augmenter
05:53au point qu'on commence vraiment à le détecter avec nos systèmes de surveillance.
05:56Donc ça peut être quelque chose qui se passe en sous-marin,
05:59mais qu'on ne détecte pas forcément ?
06:01Ça peut prendre du temps.
06:02Alors si je prends un exemple un peu plus caricatural,
06:05si je disais que le nombre de reproductions est à 2,
06:07heureusement, on ne va pas y être,
06:08parce que les gens ont quand même appris aujourd'hui
06:10les gestes barrières qu'ils respectent bien.
06:12C'est la distance physique, on se lave les mains,
06:14on porte du masque quand vous êtes dans des lieux fermés, etc.
06:17Eh bien, on n'arrivera pas à remonter jusqu'à 2 comme ça.
06:21Là, ça voudrait vraiment dire que toutes ces mesures ne sont plus pratiquées.
06:25Mais si on prend l'exemple d'un nombre de reproductions qui est à 2,
06:28ça veut dire que vous êtes à un jour,
06:30vous démarrez avec un cas quelque part,
06:32ce cas va infecter 2 personnes,
06:34et on a un intervalle de génération,
06:36le temps qu'il y a entre chaque vague de patients, si vous voulez,
06:39on l'estime autour de 6 jours à peu près.
06:42Donc, on va dire une semaine pour faire simple.
06:45Vous partez avec une personne,
06:47une semaine plus tard, ça fait 2 cas,
06:49une semaine plus tard, ça en fait 4,
06:51une semaine plus tard, ça fait 8,
06:53puis 16, puis 32, mais à chaque fois avec un pas de temps d'une semaine.
06:56C'est long, une semaine.
06:58Et finalement, quand vous allez voir ces cas émerger,
07:00c'est quand vous serez à 64.
07:02Simplement, au moment où vous réalisez, la semaine suivante, c'est 128.
07:05Et la semaine d'après, c'est 256.
07:07Vous voyez, le moment où finalement on commence à voir que l'épidémie repart,
07:10ça va très vite.
07:12Et c'est ce qui nous est arrivé fin février,
07:14parce que pour l'instant, tout était calme sur le territoire français.
07:18Il y a eu les contaminants le 8 février, tout avait été contrôlé.
07:21On avait eu les rapatriés d'Ougrane qui étaient à Cary-le-Rouet,
07:23tous testés, personne n'était positif.
07:26Et puis, le 25 février,
07:28il y a un enseignant de Crépy-en-Vallois
07:30qui décède à la pitié de sa pétrière.
07:33Et on apprend qu'il avait le Covid.
07:35Et là, on remonte.
07:37Santé publique France va faire l'investigation.
07:39Mais là, on est déjà fin février.
07:41Et elle se rend compte que le virus circulait dans l'Oise à bas bruit.
07:44Évidemment, on n'avait pas vu cette circulation auparavant,
07:47parce qu'il n'y avait pas eu de cas suffisamment sévères
07:49pour que le test soit fait.
07:51Mais au moment où on s'en est rendu compte,
07:53on est déjà à un moment où l'épidémie était en train de prendre.
07:56Et en 15 jours à peine,
07:58les hôpitaux des Hauts-de-France et du Nord de Paris
08:01ont commencé à voir arriver ces patients pour la réanimation.
08:04Et c'était déjà presque trop tard.
08:06Il a fallu faire le confinement pour bloquer ça.
08:08En parallèle, vous vous en souvenez,
08:10il y avait eu le rassemblement évangélique à Mulhouse
08:12en fin de février.
08:14Et là aussi, les premiers cas sont apparus
08:16sur la toute fin de février, début mars.
08:18Et les hôpitaux du Grand Est
08:20ont vu arriver dans les services de réanimation
08:22les patients qui étaient issus
08:24de ces chaînes de contamination.
08:26Et c'est allé extrêmement vite aussi.
08:28Donc il faut se méfier, parce qu'entre le moment
08:30où ça va en sous-marin,
08:33tout doux, etc.,
08:35et puis le moment où ça nous arrive dessus,
08:37ça peut aller très vite.
08:39Simplement, ce qu'on a aujourd'hui, qu'on n'avait pas à l'époque,
08:41c'est un système de surveillance qui est en place.
08:43Et une fois de plus, si les gens vont aller se faire tester,
08:45on saura si le virus se remet à circuler.
08:47Et puis, on sait aussi que les gens
08:49ont appris les gestes barrières,
08:51la distance physique, les masques sont là.
08:53Donc s'il fallait à un moment renforcer un peu les mesures,
08:55on serait bien mieux armés pour le faire
08:57qu'on l'était en début mars.
08:59Quelque part, ça veut dire que début mars,
09:01on n'était pas prêts à pouvoir vivre ça,
09:03au niveau des tests, des masques,
09:05pour pouvoir avoir ces premiers signes
09:07à Vancouver d'une reprise de l'épidémie
09:09comme ça pouvait être le cas à l'époque ?
09:11Je pense qu'on a tous été surpris,
09:13il ne faut pas se voiler la face.
09:15On avait eu un mois de mars
09:17où tout nous donnait l'impression
09:19d'être contrôlés, puisqu'une fois de plus,
09:21il y avait eu les 6 premiers cas de fin janvier,
09:236 cas importés de Chine,
09:25immédiatement isolés,
09:27les contacts testés, il ne s'était rien passé.
09:29Après, on a les contaminants,
09:316 personnes infectées dans un chalet,
09:33isolées, tous les contacts testés,
09:35il y avait un enfant qui est allé à 3 écoles,
09:37les contacts testés, il ne se passe rien.
09:39On était en train de se dire, finalement,
09:41ce virus n'est peut-être pas si contagieux.
09:43Une fois qu'on prend les bonnes mesures,
09:45qu'on isole, etc., les choses se passent bien.
09:47Après, on voyait quand même qu'il y avait
09:49des épidémies qui commençaient à se développer
09:51et fin février, il y a eu le foyer du nord de l'Italie,
09:53puis il y avait l'Iran aussi.
09:55Et là, on se disait quand même, il y a des pays
09:57où ça va très vite.
09:59Et c'est finalement l'exemple de l'Italie
10:01qui avait à peu près 7 à 10 jours d'avance sur la France,
10:03qui, début mars, nous a fait prendre conscience
10:05que les quelques cas qu'on commençait à voir arriver
10:07en réanimation,
10:09ils pourraient se transformer
10:117 à 10 jours plus tard, dans une situation
10:13proche de ce que l'Italie vivait au même moment.
10:15Et que ça, ça paraissait insoutenable,
10:17parce que déjà, les services de réanimation du nord de l'Italie,
10:19ils étaient complètement débordés.
10:21Il y a eu vraiment une envolée
10:23de l'épidémie très brutale
10:25sur le début mars.
10:27Et là, aujourd'hui, je pense qu'on serait en mesure,
10:29une fois de plus, si les gens continuent
10:31à se faire tester, pour moi, c'est ça vraiment le leitmotiv.
10:33Les gestes barrières.
10:35La liberté, finalement, qu'on est en train de gagner,
10:37dont on avait tous besoin. Moi, quand je vois les gens
10:39dans la rue et tout, je me dis, c'est évident
10:41qu'on ne pouvait plus rester confinés comme ça.
10:43Et ça me fait plaisir de voir les gens ressortir
10:45et recommencer à avoir une vie.
10:47Donc ça, je pense que c'est bien. Mais cette liberté
10:49qu'on a gagnée, on la conservera
10:51que si, quand on a des symptômes,
10:53on va se faire tester. Parce que ça permet, à ce moment-là,
10:55d'avoir une bonne vision de ce qui se passe sur le territoire français.
10:57Et du coup, de dire, attention,
10:59tout va bien, on peut continuer comme ça.
11:01Donc, les réouvertures se font de ci, de là.
11:03Ou, à un moment, on se dit,
11:05attention, là, il y a un foyer, alors qu'il peut être très localisé,
11:07puis on peut agir dessus. Ou, au contraire,
11:09il y a une reprise de l'épidémie, plus lente, plus diffuse.
11:11Et là, il faut
11:13voir exactement sur quel levier
11:15jouer pour stopper et éviter
11:17qu'on se retrouve dans la même situation
11:19du début mars qu'on a vécu
11:21il y a trois mois. Donc là, aujourd'hui, si j'ai revu, il n'y a pas de point
11:23qui permet de dire qu'il y a un début de seconde vague.
11:25On est plutôt sur quelque chose d'assez stable.
11:27Mais une certaine forme de vigilance
11:29quotidienne, mais on n'a pas
11:31de point de dire, voilà, on a déconfiné,
11:33les courbes remontent. Non.
11:35Et, alors là, il y a plusieurs choses qui peuvent
11:37jouer. La première, c'est qu'on
11:39part de bas, parce qu'une fois de plus, le confinement
11:41a bien marché. Et là, bravo pour les Français,
11:43bravo à tout le monde. On a
11:45bien respecté les
11:47recommandations, et du coup, on se
11:49retrouve avec une épidémie qui, pour l'instant,
11:51est bien contrôlée. Le deuxième
11:53facteur qui est intéressant,
11:55c'est celui de la période estivale.
11:57On sait que les virus respiratoires,
11:59ils n'aiment pas l'été. On a tous fait l'expérience.
12:01Quand on se met à voir le
12:03nez qui coule, tous ces machins, etc.
12:05C'est l'hiver. Alors, il y a plein de virus
12:07qui circulent l'hiver. Le virus
12:09respiratoire syncytial, la grippe,
12:11il y en a toute une ribambelle.
12:13Les fameux dérinovirus, etc.
12:15Et eux, ces virus,
12:17ils sont saisonniers. Ils peuvent être
12:19saisonniers pour deux raisons. Il y en a un, parce que
12:21certains de ces virus, ils n'aiment pas la chaleur. Et il
12:23semble que le nouveau coronavirus, là, en tout cas,
12:25dans les laboratoires, quand on augmente la chaleur,
12:27ils poussent moins bien. Donc, ils n'aiment pas
12:29la chaleur. Mais surtout, pendant l'été,
12:31les gens sont dehors.
12:33Et ce qu'on a de mieux en mieux compris avec
12:35ce nouveau coronavirus, c'est que les espaces
12:37confinés contribuent à sa transmission.
12:39Donc, il se peut
12:41que cet été, on ait ce que j'appellerais
12:43une pause estivale, parce qu'on va
12:45être dehors, parce que le niveau de virus est bas,
12:47parce que les clusters vont être contrôlés,
12:49on les détecte, les gens vont quand même
12:51d'abord continuer à respecter
12:53les recommandations qui sont faites.
12:55C'est-à-dire qu'on restera à un niveau bas comme celui
12:57actuellement. Pour rappeler,
12:59pour ceux qui nous regardent actuellement, on est en moyenne
13:01sur ces derniers jours, par jour, à 20
13:03à 40 personnes admises dans les services de réanimation
13:05sur l'ensemble du territoire,
13:07et 200 à 300 hospitalisations,
13:09plutôt proche de 200, d'ailleurs, que 300.
13:11C'est en baisse. C'est pas rien, quand même.
13:1330 personnes qui rentrent en réa tous les jours,
13:15c'est quand même juste pour nous dire que le virus,
13:17il est encore là. Mais ces chiffres,
13:19pour l'instant, sont plutôt en baisse. Et une fois
13:21qu'on peut garder une vision là-dessus,
13:23on sera en mesure de
13:25relâcher un petit peu certaines
13:27contraintes qui sont encore en place,
13:29parce qu'on se dit finalement que les choses se passent plutôt bien.
13:31Et sur
13:33l'été qui vient,
13:35d'une part du fait du facteur
13:37climatique, de la température, d'autre part du
13:39fait que les gens sont dehors et que la transmission est moins bonne,
13:41avec en plus les gestes barrières
13:43qu'on continue de respecter, il se pourrait qu'on passe un été
13:45raisonnable. Il faut être méfiant
13:47quand même, parce que quand on regarde les pandémies grippales,
13:49il y en a eu, celle de 2009,
13:51la plus récente, il y en a eu trois au XXe siècle,
13:53et puis il y a eu, il y a 100 ans, vous vous en souvenez,
13:55on s'en souvient dans les livres d'histoire,
13:57la grippe espagnole, qui avait été vraiment
13:59la grande pandémie du XXe siècle.
14:01Dans ces pandémies grippales,
14:03les virus ont circulé l'été.
14:05Et en 2009,
14:07pendant l'été 2009, ils traversaient toute l'Angleterre.
14:09Donc la première année,
14:11comme il n'y a aucune immunité dans la population,
14:13même avec l'été,
14:15il se peut quand même que le virus circule.
14:17Maintenant, cet été, une fois de plus,
14:19on a adopté des gestes barrières
14:21que les gens n'avaient pas adoptés en 2009
14:23par rapport au virus de la grippe,
14:25qui s'était avéré finalement être un virus
14:27peu nocif.
14:29Je pense que
14:31on va pouvoir vraisemblablement passer
14:33un été
14:35correct, on va voir.
14:37Mais une fois de plus, restons vigilants, continuons à faire attention.
14:39Et en revanche,
14:41pour l'automne et l'hiver prochains,
14:43je n'ai aucune raison
14:45de dire qu'on ne risque pas d'avoir
14:47cette fameuse deuxième vague, parce que quand les températures
14:49vont descendre, quand les gens vont recommencer à vivre
14:51en milieu intérieur, si on n'est pas
14:53très strict sur les mesures
14:55de protection, là franchement, on peut avoir un droit
14:57au démarrage de l'épidémie.
14:59Mais d'ailleurs, qu'est-ce qui fait que le froid,
15:01des températures plus froides, l'humidité,
15:03on n'est plus sujet à avoir le virus, c'est quoi ?
15:05Le corps est plus faible ?
15:07D'abord, c'est la survie du virus dans l'environnement.
15:09Le virus n'aime pas trop...
15:11Il fait très chaud.
15:13Après, il faut comprendre que
15:15en intérieur, les températures ne varient
15:17pas tant que ça.
15:19Je ne mettrais pas tout là-dessus. Il y a surtout
15:21les espaces confinés. Je pense qu'aujourd'hui, ce qu'on a appris,
15:23c'est qu'il faut aérer, aérer, aérer.
15:25C'est très important. Ouvrez vos fenêtres,
15:27faites circuler de l'air.
15:29On est plus dehors durant l'été ?
15:31L'été, on est plus dehors. Et ça, je pense que c'est
15:33très important.
15:35Après, sur l'organisme lui-même, je ne saurais pas
15:37dire...
15:39C'est vrai que cette sensation de coup de froid qu'on peut avoir
15:41et qui, après, se traduit
15:43par la décompensation
15:45avec le démarrage, on l'a tous
15:47vécu. Maintenant, est-ce qu'il y a
15:49le mécanisme qui...
15:51On l'appelle dans notre jargon
15:53physiopathologique. Le mécanisme
15:55biologique qui explique ça, je ne le connais pas.
15:57Mais bon,
15:59je pense qu'il faut
16:01vraiment être vigilant pour l'hiver prochain.
16:03Maintenant, une fois de plus, on est mieux armé.
16:05En gros, si on se dit là,
16:07dans un très court terme, moyen terme,
16:09les prochaines semaines, les prochains mois,
16:11on pourrait se dire qu'on vient d'être à peu près
16:13calme. Mais le risque, c'est vraiment
16:15l'automne prochain, l'hiver prochain, où là, il y a un vrai
16:17risque de seconde vague.
16:19Pourquoi est-ce que le risque de seconde vague est là, finalement ?
16:21Qu'est-ce qui peut empêcher le virus de se remettre
16:23à circuler ? C'est si on a tous
16:25acquis une certaine forme d'immunité,
16:27des anticorps, et puis
16:29il y a d'autres cellules qui contribuent
16:31à lutter
16:33contre le virus. Si on a été
16:35infecté, on acquiert donc une
16:37mémoire immunitaire qui nous protège d'une deuxième infection.
16:39Alors, on a de plus en plus d'arguments
16:41pour dire que les personnes qui ont été infectées,
16:43même avec des formes mineures, ont aujourd'hui
16:45des anticorps qu'on appelle neutralisants,
16:47donc qui les protègent, et que leurs celluletés
16:49sont capables, effectivement aussi, de
16:51reconnaître ce nouveau coronavirus
16:53et donc de le protéger. On ne sait pas pour
16:55combien de temps dure cette protection,
16:57mais je ne vois pas de raisons
16:59pour lesquelles on ne serait pas protégé au moins pour quelques mois
17:01pour les gens qui ont déjà été infectés.
17:03Mais ça, ça doit être
17:055% de la population, c'est l'estimation
17:07aujourd'hui. Même dans les zones les plus touchées,
17:09on pense que 10% des gens ont été infectés,
17:11pas beaucoup plus. Et dans les zones peu touchées,
17:13l'Ouest de la France, ce serait que 2 à 3%.
17:15Alors ça, il faut l'affiner. Pour l'instant,
17:17ce sont des modèles mathématiques
17:19qui prédisent ces chiffres.
17:21Et il y a de plus en plus d'enquêtes
17:23qui se font en population. On fait des prises
17:25de sang et on regarde chez les gens s'ils ont des anticorps
17:27contre la maladie. Et les premières enquêtes
17:29qui ont été faites, elles pointent à quelque chose
17:31autour de 5% encore, et ce n'est pas que pour la France.
17:33C'est pour la plupart des pays européens,
17:35sauf l'Angleterre où là, le virus a quand même
17:37beaucoup plus circulé. Donc,
17:39pour l'instant, sans trop savoir,
17:41on doit être entre 5 et 10%
17:43d'immunité qu'on appelle collective.
17:45Or, on sait que pour arrêter
17:47ce virus, il faudrait
17:49que jusqu'à peut-être les 2 tiers
17:51de la population française aient été infectés.
17:53Et c'est là, quand les 2 tiers ont été infectés,
17:55que finalement le virus ne trouve plus assez de personnes
17:57qu'on appelle susceptibles,
17:59qui n'ont pas de protection immunitaire,
18:01pour pouvoir se développer lui-même
18:03et que l'épidémie s'arrête. Mais on en est loin.
18:05Mais on a parlé aussi de l'immunité croisée.
18:07Alors, ça fait partie des hypothèses
18:09qui, en gros, évoquerait le fait que si on a rencontré
18:11d'autres virus, il pourrait y avoir des
18:13souches qui seraient semblables
18:15et qui feraient que du coup, si on a eu un rhume,
18:17une grippe, on peut retrouver
18:19peut-être quelques fragments dans le Covid
18:21et on serait protégé. Mais ça, c'est une hypothèse.
18:23Alors, en fait, il y a
18:25ce chiffre d'aujourd'hui de 66%,
18:27il est très challengé.
18:29Et
18:31je dirais, il y a peut-être 4
18:33bonnes raisons de
18:35le mettre en cause.
18:37Il y a ce que vous disiez, qui est
18:39l'immunité croisée
18:41avec d'autres coronavirus
18:43qu'on appelle saisonniers, qui sont ceux qui donnent des rhumes.
18:45C'est-à-dire que des gens qui auraient eu des rhumes,
18:47ils pourraient avoir développé des anticorps
18:49contre des coronavirus de la même famille,
18:51des bêta-coronavirus,
18:53c'est HKU1 et OC43,
18:55qui donnent ces rhumes
18:57et avoir
18:59une protection croisée contre le nouveau coronavirus.
19:01Alors ça, on le sait, parce que dans le tube
19:03à essai, on se rend compte
19:05que des gens qui ont été infectés
19:07par des coronavirus saisonniers, ils fabriquent
19:09des anticorps qui reconnaissent
19:11la protéine Spike,
19:13la spicule du nouveau coronavirus,
19:15notamment la partie qu'on appelle S2.
19:17C'est très spécifique, mais on a retrouvé ça
19:19dans le tube à essai. Et puis,
19:21les cédultés, des gens qui ont fait
19:23des coronavirus saisonniers, elles reconnaissent aussi
19:25le nouveau coronavirus.
19:27Donc on sait qu'il y a cette protection croisée.
19:29On la trouve dans le tube à essai.
19:31Est-ce qu'elle est réellement effective
19:33dans la vie ?
19:35En gros, est-ce que quand vous avez eu un coronavirus
19:37saisonnier, vous êtes protégé
19:39contre le nouveau coronavirus ?
19:41Ça, on n'a pas encore pu le démontrer. Alors c'est en train
19:43d'être étudié, mais ça n'a pas encore été montré.
19:45La deuxième raison pour laquelle
19:47on pourrait se dire qu'il n'y a peut-être pas
19:49besoin d'avoir 66% des gens infectés
19:51pour qu'on soit protégé,
19:53c'est peut-être une
19:55résistance génétique à l'infection.
19:57Et on se dit qu'il y a peut-être des personnes qui
19:59génétiquement ne peuvent pas être infectées.
20:01Alors on le voit pour d'autres maladies infectieuses,
20:03mais c'est très rare que ça soit
20:05vraiment important. Le meilleur exemple
20:07qu'on a, par exemple, ça pourrait être
20:09pour le virus du sida, où il y a des
20:11personnes qui sont porteurs
20:13d'un variant
20:15génétique qui font qu'un des
20:17récepteurs du virus du sida n'est
20:19pas fonctionnel, et du coup, ils ne peuvent pas
20:21être infectés. Mais c'est 1% de la population.
20:23Et 17%
20:25qui sont partiellement protégés.
20:27Donc, voilà, il ne faut pas
20:29s'attendre à ce qu'il y ait des résistances génétiques
20:31qui protègent un grand nombre de personnes.
20:33Je serai très prudent là-dessus.
20:35Ça dure combien de temps aussi ?
20:37Quand on est immunisé contre un virus ?
20:39Par exemple, quand on a eu un rhume, est-ce qu'on est immunisé pendant...
20:41Alors, pour le coronavirus saisonnier,
20:43c'est une très bonne remarque,
20:45on a pu être protégé cet hiver parce qu'on avait
20:47fait un rhume, mais
20:49on sait que l'immunité gardée contre le coronavirus
20:51saisonnier, elle n'est pas longue, et du coup,
20:53parce qu'on a tous fait des rhumes à répétition,
20:55alors après, il y a plein de virus qui donnent des rhumes,
20:57mais quand même, on sait que ce n'est pas une immunité très solide.
20:59Bon, après, là, on est quand même...
21:01Donc, cette protection
21:03qu'on pourrait avoir d'un coronavirus saisonnier,
21:05elle pourrait aussi... 1, on ne sait pas si elle existe,
21:07et 2, elle pourrait être temporaire.
21:09Donc, 2, on a vu, on a parlé
21:11de cette idée
21:13de résistance génétique,
21:15j'y crois pas trop. 3,
21:17en tout cas, ça peut exister,
21:19mais ce ne sera pas quelque chose qui va vraiment, à l'échelle populationnelle,
21:21beaucoup jouer.
21:233, il y a l'histoire des enfants, qui est intéressante,
21:25parce qu'on s'est rendu compte, effectivement, que
21:27chez les moins de 10 ans,
21:29d'abord, on a tous vu que les enfants
21:31faisaient des formes très bénignes de la maladie,
21:33en dehors de très rares syndromes qu'on appelle
21:35Kawasaki-like, qui sont
21:37des réactions auto-immunes un peu particulières,
21:39mais c'est 170 cas en France, pour l'instant,
21:41ça reste quelque chose de grave.
21:43Heureusement, ils ont quasiment tous survécu,
21:45mais vraiment de très rares.
21:47Mais ça reste très très rare.
21:49Et les enfants qui font des formes bénignes
21:51de la maladie,
21:53ils sont le plus souvent infectés par leurs parents,
21:55mais on s'est rendu compte qu'en fait, ils ne s'infectaient pas entre eux.
21:57Dans les écoles, très peu de transmission entre les enfants,
21:59c'est ce qu'on a vu au Contamine, il y avait un enfant infecté
22:01qui avait été dans 3 écoles, il n'avait infecté personne.
22:03Donc ça, c'est la partie des choses qu'on a appris dernièrement,
22:05c'est-à-dire que, parce qu'au début,
22:07les écoles étaient le premier,
22:09c'était ce qui était pointé du doigt, même, c'est ce qu'on a fermé en premier en France,
22:11où on se dit, si c'est ce qu'on ferme en premier,
22:13c'est ce qui est le plus dangereux.
22:15Ça, c'était l'exemple de la grippe.
22:17C'était la grippe, on sait que les écoles, c'est vraiment
22:19des gros moteurs pour les épidémies de grippe.
22:21Alors, on avait quand même des doutes sur
22:23le fait que ce nouveau coronavirus, parce qu'on avait déjà vu
22:25que les enfants faisaient des formes bénignes, mais quand même,
22:27on s'était dit, par prudence, on ferme les écoles.
22:29Et maintenant,
22:31il y a des études en Australie,
22:33aux Pays-Bas, et puis des études aussi en France,
22:35qui montrent de plus en plus que finalement, les enfants,
22:37ils sont ce qu'on appelle des impasses épidémiologiques.
22:41Mais ils ne vont plus infecter qui que ce soit.
22:43Et du coup, on peut les retirer finalement,
22:45les moins de dix ans du groupe de gens
22:47qui auraient besoin d'être immunisés, pour qu'on ait
22:49cette immunité collective. Donc, ça fait bien-être quand même
22:51pas mal de monde. Et le dernier point,
22:53par rapport à cette immunité collective, qui est celui qui a été
22:55le plus discuté, alors il est un peu plus compliqué,
22:57c'est l'idée générale qu'il y a des gens
22:59qui sont très en contact avec les autres,
23:01parce qu'ils ont une vie sociale
23:03très animée,
23:05et du coup, ils vont être les premiers infectés,
23:07parce qu'ils ont plein de contacts,
23:09et puis ils vont aussi infecter beaucoup de monde, parce qu'ils ont plein de contacts.
23:11Mais dans la première épidémie,
23:13ces gens qui sont
23:15en train de...
23:17susceptibles à la fois d'être infectés
23:19très vite, mais aussi d'infecter beaucoup de monde,
23:21ils sont retirés de la circulation,
23:23parce qu'ils ont développé des anticorps, ils sont protégés
23:25les fois d'après. Et du coup, au fur et à mesure que
23:27l'épidémie progresse, on retire
23:29les gens les plus actifs, qui sont les premiers
23:31à être infectés à cause de leur contact, mais aussi les premiers
23:33à transmettre à d'autres, pour se retrouver
23:35avec un groupe de gens qui finalement, socialement,
23:37peuvent être un petit peu moins
23:39reliés aux autres,
23:41et de fait, l'épidémie se transmet
23:43moins. Pour aller jusqu'au cas extrême,
23:45des gens qui vivent de zones complètement reculées,
23:47donc quelqu'un qui vivrait sur son
23:49rocher, et qui tire à vue sur tous les gens
23:51qui l'approchent, celui-là, il ne va pas être infecté,
23:53mais donc, il n'a pas besoin de contribuer
23:55à l'unité collective.
23:57Donc ça, c'est des... On s'est rendu compte
23:59effectivement que ça pourrait amener
24:01à remettre en cause un petit peu ce
24:03concept des 66%.
24:05Maintenant, quand je mets tout ensemble,
24:07tout ce qu'on a, etc., les enfants,
24:09là, ok, on peut les retirer,
24:11mais parmi les adultes,
24:13je pense que même en prenant tout ce que je viens
24:15de raconter, il faudra qu'au moins 50%
24:17des adultes soient infectés pour que l'épidémie s'arrête,
24:19en gros, et qu'actuellement, on en est plutôt
24:21à 5 à 10%. Donc voilà, c'est juste pour dire
24:23que ce n'est pas simple, qu'on n'est pas complètement
24:25arc-bouté sur le chiffre de 66%,
24:27etc., on relativise un peu,
24:29mais à mon avis, à moins de 50%
24:31d'adultes infectés, le virus, il reviendra.
24:33Alors, il ne reviendra pas avec la même violence
24:35que la première fois, parce qu'une fois de plus,
24:37on surveille. Il ne reviendra pas avec la même violence ?
24:39Non, parce qu'on surveille, parce que dès qu'on verra
24:41qu'il revient, on dira aux gens, attention,
24:43recommencez les gestes barriers. Est-ce que certains faisaient
24:45la comparaison avec la grippe espagnole en disant
24:47que la seconde vague avait été beaucoup plus meurtrière ?
24:49Est-ce que c'est une comparaison qui est hasardeuse ?
24:51En fait, je pense qu'il y avait eu beaucoup moins de mesures
24:53qui avaient été prises. Il n'y avait même pas eu
24:55de confinement pendant la grippe espagnole.
24:57Ce qu'on a vécu, là, il faudrait
24:59remonter aux épidémies
25:01de choléra, etc.
25:03Alors là, ce n'était pas le pays
25:05qui était sous confinement, mais c'était des zones
25:07qui étaient complètement exclues
25:09du reste du pays. Mais non,
25:11on a vécu une situation absolument exceptionnelle.
25:13Mais voilà,
25:15je pense que, malheureusement,
25:17je n'ai aucun argument rationnel pour dire aujourd'hui
25:19que le virus ne va pas revenir. Il va faire comme
25:21ces virus saisonniers.
25:23S'il aime bien le froid, finalement, et qu'il a besoin de gens confinés
25:25pour se transmettre, quand c'est l'été
25:27chez nous, c'est l'hiver dans l'hémisphère sud,
25:29il va aller circuler là-bas, ce que font les virus de grippe.
25:31Et puis après, quand l'hiver
25:33vient chez nous, il va remonter et venir circuler chez nous.
25:35Donc on peut tout à fait avoir
25:37avec ce nouveau coronavirus un rythme
25:39saisonnier qui s'installe.
25:41Et finalement, qu'est-ce qui nous permettrait de sortir
25:43de tout ça ? C'est peut-être un traitement
25:45qui évitera d'avoir des frames graves,
25:47ou un vaccin sur lequel énormément d'équipes
25:49sont en train de travailler. Ça prend du temps.
25:51Ça prend du temps, puis on ne sait pas si ça va marcher. Il faut quand même
25:53se rappeler qu'il y a plein de maladies pour lesquelles on cherche
25:55des vaccins et on n'y arrive pas.
25:57Moi, je ne mettrais pas tous mes œufs
25:59dans le même panier en disant que c'est le vaccin qui va nous en sortir.
26:01Et clairement, quand on voit la question
26:03du vaccin, du traitement, tant qu'on n'a pas ni l'un ni l'autre,
26:05c'est-à-dire que la question des gestes barrières,
26:07elle restera d'actualité ? Pour l'instant, c'est ce qu'on a de mieux.
26:09Alors le traitement, moi, je pense
26:11quand même qu'avec tout ce qui est en cours
26:13et l'histoire même
26:15qu'on a
26:17des maladies virales,
26:19on arrive à avoir des traitements.
26:21Regardez par exemple l'hépatite C, c'est fantastique.
26:23Ça a pris 20 ans à remarquer. Mais
26:25on a des traitements maintenant qui guérissent.
26:27Alors, ce ne sont pas du tout les mêmes virus, on ne peut pas faire de parallèle.
26:29Mais je pense
26:31que là, avec tout ce qui est en train d'être testé,
26:33alors malheureusement, actuellement, on voit bien qu'il n'y a pas
26:35de traitement qui marche parce que les essais cliniques
26:37qui ont été lancés, c'est des très gros essais,
26:39ils sont toujours en cours.
26:41Et qu'est-ce que ça veut dire s'ils sont toujours en cours ?
26:43C'est qu'il n'y a pas de traitement qui a montré son efficacité.
26:45Parce que si dans ces essais,
26:47il y avait un traitement qui montrait
26:49qu'il était supérieur aux autres,
26:51il y a ce qu'on appelle des comités de surveillance.
26:53C'est des Data Safety and Monitoring Board
26:55qui se réunissent très régulièrement pour les essais.
26:57Ils examinent les données et s'ils voient
26:59qu'il y a un traitement qui vraiment
27:01sort du lot et marche mieux que les autres,
27:03on arrête l'essai parce que ce n'est pas éthique
27:05de continuer l'essai alors qu'on sait qu'il y a des gens
27:07qui prennent un traitement qui leur donne
27:09plus de chances de guérison que les autres.
27:11Et donc, dans tous les essais qui ont lieu partout dans le monde,
27:13pour l'instant, il n'y a pas eu d'essai qui a été arrêté
27:15en disant, ça y est,
27:17on a un traitement qui marche mieux
27:19que les autres. Et du coup, il n'est pas éthique
27:21de continuer cet essai.
27:23Donc, on continue les essais
27:25parce qu'ils sont lancés, qu'on recrute et tout,
27:27et qu'on se dit qu'il y aura peut-être un effet
27:29à la fin, mais l'effet, on sait d'emblée,
27:31on sait déjà maintenant que cet effet va être petit
27:33parce que si ça avait été un gros effet,
27:35les Data Safety and Monitoring Board
27:37auraient arrêté les essais déjà.
27:39Et ils auraient dit, il y a peut-être un traitement qui marche,
27:41on arrête tout, et ce traitement devient un traitement de référence.
27:43Or, ça n'a été fait nulle part.
27:45Donc, on continue les essais, mais pour l'instant,
27:47je ne suis pas très optimiste.
27:49Ça veut dire que si on est
27:51avec tous les essais
27:53qu'il y a partout dans le monde, si aucun n'a été arrêté
27:55parce qu'il y avait un traitement qui franchement marchait,
27:57ça veut dire que malheureusement, les traitements qui restent dans ces essais,
27:59s'ils finissent par marcher,
28:01ils n'ont probablement pas
28:03une efficacité très importante.
28:05Mais quand même, je pense
28:07que dans les mois qui viennent,
28:09dans l'histoire de
28:11la recherche clinique, on finit par trouver
28:13des traitements, et j'espère qu'on aura quelque chose.
28:15Il y a eu un traitement
28:17qui a été récemment testé en France
28:19qui est
28:21contre une cytokine,
28:23qui est responsable de ces pneumopathies
28:25très inflammatoires, on a parlé de cet orage
28:27cytokinique, et qui a l'air de montrer
28:29des résultats intéressants, mais qui n'a pas été testé
28:31dans un essai randomisé, donc il faut maintenant qu'elle passe
28:33en un essai randomisé, mais ça, c'est vraiment pour les formes
28:35graves. Ceci dit, c'est important les formes graves,
28:37parce qu'après tout, si les gens, on sait que
28:39cette maladie, on fait des formes bénignes,
28:41mais qu'on ne fait pas de formes graves,
28:43bon, c'est casse-pieds, mais c'est pas...
28:45Donc, voilà,
28:47de ci, de là, on voit des petits trucs qui émergent,
28:49et qui vont peut-être se traduire par des
28:51traitements utiles et efficaces.
28:53Sur le vaccin, je vais rester prudent,
28:55parce que l'histoire nous montre que les vaccins,
28:57d'abord, il y a des maladies sur lesquelles on n'arrive pas
28:59à trouver de vaccins. Actuellement, il y en a
29:01deux qui sont vraiment en pointe,
29:03qui sont un vaccin qui est
29:05fait par une équipe de Oxford, et puis un autre vaccin qui est fait
29:07par une équipe qui est
29:09aux Etats-Unis.
29:11Quand je dis qu'ils sont en pointe, c'est qu'ils sont déjà en phase 2,
29:13c'est-à-dire qu'ils ont fait la phase 1
29:15où on regarde
29:17s'il n'y a pas d'effets indésirables majeurs,
29:19s'ils sont bien tolérés.
29:21La phase 2, on continue à regarder
29:23s'il n'y a pas d'effets indésirables,
29:25mais on commence à regarder
29:27si les vaccins sont capables de
29:29susciter une réponse immunitaire
29:31qu'on va mesurer, donc ces fameux anticorps
29:33dits neutralisants, c'est-à-dire qu'ils sont capables de
29:35neutraliser le virus en culture,
29:37et puis ces cellules qui peuvent
29:39reconnaître le virus.
29:41Et donc ça, ça se mesure,
29:43et on pense que
29:45d'ici un à deux mois,
29:47ces essais seront arrivés à la fin de la phase 2,
29:49on va regarder les résultats,
29:51s'il n'y a toujours pas eu d'effets indésirables majeurs,
29:53parce qu'avec un vaccin, c'est quand même
29:55quelque chose qu'on donne à des gens bien portants,
29:57donc on est très strict sur le fait qu'il ne doit pas y avoir
29:59d'accident, parce qu'on va le donner à des gens
30:01qui sont au départ bien portants, on n'est pas avec des gens qui sont malades.
30:03Donc s'il n'y a pas de problème
30:05d'effets indésirables,
30:07et puis si on se rend compte que ces vaccins,
30:09ils arrivent à susciter une réponse immunitaire,
30:11ils passeront en phase 3. Alors la phase 3,
30:13c'est l'épreuve du feu, où là on va
30:15donner le vaccin à une moitié de gens
30:17par tirage au sort, et puis notre moitié, ils vont prendre
30:19ce qu'on appelle un placebo, une injection avec
30:21un truc qui n'est pas actif,
30:23et puis on va voir
30:25la proportion de gens qui s'infectent dans les deux groupes,
30:27et si la proportion qui s'infecte est plus
30:29faible dans le groupe vacciné, ça veut dire que le vaccin marche.
30:31Mais pour ça, il faut que le virus circule,
30:33actuellement il ne circule pas beaucoup,
30:35on ne va pas s'en plaindre,
30:37mais ça peut vouloir dire aussi
30:39que ça peut être compliqué d'évaluer le vaccin,
30:41mais bon, ça je pense qu'on verra cet hiver,
30:43mais surtout il faudrait que le vaccin marche,
30:45et cette phase 3,
30:47alors là j'entendais des équipes
30:49qui disaient, on saura la fin de l'année,
30:51je serais étonné, je pense que les premiers résultats,
30:53on les aura plutôt au printemps 2021,
30:55et s'il y en a qui marchent, ce serait vraiment une super
30:57bonne nouvelle.
30:59Voilà, je resterais
31:01très prudent là-dessus.
31:03On va peut-être revenir justement sur, parce que je rappelle
31:05que vous êtes aussi membre du conseil scientifique,
31:07qu'il y a une dizaine de jours maintenant, vous avez remis
31:09un rapport dans lequel vous avez donné 4 scénarios,
31:11alors ce rapport a été publié, rendu public
31:13par le gouvernement il y a 2 jours, c'était jeudi matin,
31:15et avec ces 4 scénarios,
31:17c'est ce qu'on évoquait au début du direct, donc il y a
31:19une épidémie sous contrôle, donc c'est le scénario plus bas,
31:21c'est celui dans lequel on se trouve actuellement,
31:23c'est ce que vous nous expliquez, en gros,
31:25les choses sont sous contrôle, vous évoquez 4-5 clusters
31:27par jour entre 500 et 1000 cas,
31:29donc voilà, mais après
31:31on a d'autres stades,
31:33on a une reprise locale de l'épidémie avec des clusters
31:35critiques, alors
31:37je vais enchaîner avec plusieurs questions l'une, mais
31:39qu'est-ce que déjà un cluster critique,
31:41et ensuite on a reprise de l'épidémie
31:43à bas bruit et moment critique, en gros,
31:45peut-être nous expliquer ces 3 autres phases.
31:47D'accord, donc effectivement la phase 1,
31:49c'est globalement tout va plutôt bien,
31:51mais comme je le disais tout à l'heure, ça reste un état dynamique,
31:53ça veut dire que les gens sont testés,
31:55moi je peux dire qu'on est en phase 1 tant qu'il y a plus
31:57de 50 000 tests qui sont faits par jour,
31:59s'il n'y a que 10 000 tests qui sont faits, ça veut dire qu'on n'a aucune visibilité.
32:01C'est très important. Donc dès que vous avez des symptômes,
32:03vous allez vous faire tester, et comme
32:05vous le disiez, si on a 50 000
32:07tests par jour et
32:092% seulement positifs,
32:11ça veut dire que globalement les choses vont plutôt bien
32:13avec 4-5 clusters ici et là,
32:15mais des petits clusters contrôlés, ce qu'on vit.
32:17Donc là on continue, c'est quelque chose d'actif,
32:19on reste sûr, on teste,
32:21les gens qui sont positifs
32:23sont isolés, on recherche leurs contacts.
32:25C'est important de parler de StopCovid
32:27d'ailleurs qui vient de sortir, qui est cette application pour
32:29votre smartphone, moi je l'ai sur mon smartphone,
32:31c'est pas le truc qui va
32:33révolutionner, changer
32:35complètement la donne, mais c'est un outil supplémentaire,
32:37d'abord vous le téléchargez
32:39volontairement si vous voulez, si vous ne voulez pas,
32:41vous ne téléchargez pas, et puis après,
32:43ça vous dira si vous avez été en contact avec quelqu'un
32:45pendant plus d'un quart d'heure, à moins d'un mètre,
32:47quelqu'un qui est positif pour le Covid,
32:49parce que quand vous êtes diagnostiqué, on rend dans votre
32:51smartphone le fait que vous êtes positif,
32:53et à ce moment-là, toutes les personnes qui ont été en contact
32:55avec vous jusqu'à 3 jours peut-être
32:57avant le début des symptômes, je ne sais plus très bien,
32:59en tout cas autour de 2-4 jours avant le début des symptômes,
33:01reçoivent une alerte en disant que vous avez été
33:03proche de quelqu'un qui a été diagnostiqué.
33:05Donc à ce moment-là, vous n'êtes plus vigilant,
33:07et ça dépend des contextes,
33:09mais en gros, on va vous inviter
33:11à être testé, par exemple,
33:137 jours après le dernier contact, si vous n'êtes pas symptomatique,
33:15pour voir si vous n'avez pas vous-même incubé
33:17la maladie.
33:19Et pourquoi c'est important
33:21cette application ? Parce que ça va très vite.
33:23Aujourd'hui, le traçage des contacts,
33:25c'est une façon un peu
33:27artisanale, j'ai envie de dire,
33:29c'est-à-dire que quand vous êtes positif,
33:31ça part dans une base de données qui arrive à la Caisse nationale
33:33d'assurance maladie, et puis là, vous allez être contacté
33:35par quelqu'un qui va vous demander
33:37« bon, ben, vous savez que vous êtes positif,
33:39vous avez déjà reçu votre résultat de toute façon,
33:41vous restez chez vous pendant un certain temps,
33:43la plupart des gens ne vont pas être
33:45suffisamment malades pour être hospitalisés, heureusement,
33:47donc ils resteront chez eux,
33:49et puis vous allez nous dire
33:51tous les gens avec qui vous avez été en contact.
33:53Alors vous, vous vous souvenez bien, évidemment,
33:55les gens de votre domicile, les collègues de bureau, etc.
33:57Enfin, la personne à côté de qui vous étiez assis dans le train,
33:59la personne que vous avez
34:01croisée dans un dîner de copains
34:03mais pas particulièrement
34:05proche, etc.,
34:07ça va être un peu plus compliqué de la retrouver,
34:09de retrouver le téléphone, etc., et que cette personne soit contactée,
34:11ça prend un peu de temps. Or, le temps, il est
34:13essentiel à ce moment-là.
34:15Et cette application, si elle
34:17permet à la personne de savoir tout de suite,
34:19dès que le diagnostic est fait, tiens, j'ai été
34:21à côté de quelqu'un qui était infecté,
34:23je fais un peu plus attention. Si j'ai des symptômes, je vais consulter
34:25tout de suite. Sinon, il y aura des instructions
34:27qui sont données pour dire quand est-ce qu'il faut
34:29aller se faire dépister, même si on n'a pas de symptômes,
34:31pour s'assurer que tout se voit bien. Mais vous voyez,
34:33c'est le temps qui est important.
34:35Et on a dit un long temps,
34:37oui, il faut que 60% des gens
34:39téléchargent pour que ça marche.
34:41Ça, c'est vrai s'il n'y a aucune autre mesure qui n'est prise.
34:43Donc le papier de modélisation qui a regardé ça,
34:45qui a donné le chiffre de 60%, c'était dire
34:47ça marchera
34:49alors que personne ne prend aucune mesure de protection.
34:51On oublie les gestes barrières, on oublie la distance physique,
34:53on oublie tout ça.
34:55Si 60% des gens ont l'appli, on arrive quand même contre l'épidémie.
34:57Mais bien sûr qu'on n'est pas dans cette situation.
34:59Et j'ai envie de dire, s'il y a même 10%,
35:0120% des gens qui ont l'appli, c'est déjà ça de gagné.
35:03Bon, après, c'est un choix personnel.
35:05Si vous n'avez pas envie, vous ne le faites pas, il n'y a zéro souci.
35:07Il peut y avoir des problèmes techniques aussi, selon les smartphones
35:09que vous avez. Ce n'est pas complètement simple.
35:11Il ne faut pas non plus
35:13idéaliser cette appli. Mais je trouve,
35:15pour moi, c'est un outil qui peut être utile.
35:17Si ça ne vous embête pas de le faire, faites-le.
35:19Et puis si vous ne voulez pas, ne le faites pas.
35:21C'est libre à chacun.
35:23En tout cas, je pense que ça a été bien sécurisé d'un point de vue
35:25anonymat des données, etc.
35:27Puis rappelez-vous que de toute façon,
35:29si ce n'est pas fait par l'appli,
35:31ça se finit avec la Caisse nationale d'assurance maladie
35:33qui va de toute façon rentrer dans
35:35un ordinateur, les noms, les téléphones,
35:37les mails, les machins, et tout ça.
35:39Donc il ne faut pas non plus s'imaginer que
35:41c'est plus sécurisé dans un endroit ou un autre.
35:43Ce sera à chaque fois des bases de données qui sont sécurisées
35:45et de la même façon.
35:47Mais bon, il n'y a pas de truc
35:49qui... Il ne faut pas non plus s'imaginer
35:51qu'on n'est pas obligé
35:53pour faire le traçage des contacts d'avoir
35:55des identifiants individuels.
35:57Sinon, comment est-ce que vous faites pour appeler les gens ?
35:59Enfin bref, ça c'était le petit
36:01chapitre de StopCovid. Pour dire
36:03que dans ce niveau 1, on est
36:05dans une situation contrôlée,
36:07mais où il faut vraiment que la surveillance soit
36:09bien établie.
36:11Et c'est ce qu'on vit aujourd'hui.
36:13Alors le scénario numéro 2, c'est un cluster
36:15qu'on appelle Critique.
36:17Critique, ça veut dire qu'il est d'une taille
36:19vraiment importante et qui fait que
36:21les méthodes de contrôle des clusters classiques ne vont pas
36:23fonctionner. Alors les clusters qu'on voit aujourd'hui,
36:254, 5 par jour,
36:27c'est petit, c'est
36:29quelquefois des petits événements familiaux, des trucs comme ça,
36:315 à 10 personnes,
36:33on trace, on retrouve,
36:35et ça rentre
36:37dans l'ordre. Le cluster Critique,
36:39c'est un rassemblement de personnes qui a lieu
36:41à un endroit,
36:43je ne saurais pas dire quel type d'événement,
36:45ça peut être un événement culturel, un événement festif,
36:47ce que vous voudrez,
36:49mais qui font que, sportif ou je ne sais pas quoi,
36:51qui font que plein de gens se retrouvent au même endroit.
36:53Et là, on se retrouve avec
36:55des dizaines, voire
36:57des centaines de cas
36:59qui se constituent en un espace de temps
37:01très limité.
37:03Et tout ce qu'on racontait sur le
37:05traçage et tout, ça va aller trop lentement pour arriver
37:07à faire le tour du cluster.
37:09Donc là, il faudrait être beaucoup plus
37:11proactif dans ces cas-là.
37:13Ça veut vraiment dire
37:15qu'il y aura des limitations de mouvement des populations,
37:17on va dire aux gens qui sont dans la zone concernée,
37:19vous ne pouvez plus circuler librement,
37:21ça peut être un confinement localisé,
37:23comme on l'a vécu, c'est pas des choses
37:25non plus qu'on ne connaît pas.
37:27Mais bon, bref, ça restera localisé, heureusement.
37:29Et puis, ça veut dire aussi qu'on va
37:31dépister activement, c'est-à-dire que le dépistage,
37:33ça ne va pas être simplement les gens qui ont des symptômes,
37:35mais c'est du dépistage systématique
37:37tout autour, pour vraiment identifier
37:39tous les cas asymptomatiques
37:41ou présymptomatiques, les gens qui
37:43ont déjà du virus
37:45dans la gorge, mais ne sont pas encore
37:47malades, mais qui peuvent être contagieux.
37:49Et donc ça, il y a du dépistage actif qui doit se faire,
37:51parce que l'idée, c'est vraiment d'éteindre
37:53le cluster le plus tôt possible,
37:55pour pas qu'il se propage,
37:57parce que sinon, après, on peut se retrouver dans des situations...
37:59L'exemple le plus extrême qu'on avait eu
38:01de cluster critique, c'était celui du rassemblement
38:03à Mulhouse, en février.
38:05Donc là, je pense que
38:07aujourd'hui, des rassemblements de cette taille-là
38:09ne sont plus possibles.
38:11Je rappelle au passage que quand ce rassemblement
38:13a eu lieu à Mulhouse, il était autorisé.
38:15C'était une période où il n'y avait pas de circulation de virus
38:17connue sur le territoire français.
38:19Il y avait les matchs de foot, il y avait tout.
38:21Et je pense d'ailleurs que les Français
38:23n'auraient pas compris si on leur avait dit
38:25qu'on interdit les rassemblements de plus de 1000 personnes,
38:27alors qu'il n'y avait pas de détection de virus en février sur le territoire français.
38:29Ça veut dire que les matchs de foot étaient annulés,
38:31c'est-à-dire que tous les événements culturels étaient annulés.
38:33Les gens n'auraient pas compris.
38:35Mais est-ce que ça veut dire qu'on ne peut pas pouvoir les reprendre
38:37quand même dans les prochaines semaines ou pas ?
38:39Moi, les rassemblements, c'est ce qui me fait le plus peur.
38:41Je vous dirais vraiment, franchement,
38:43qu'il faut à ce moment-là que les conditions du rassemblement
38:45soient en termes de respect des barrières physiques.
38:47Ce qui n'est pas évident dans une salle de concert ou autre.
38:49Alors là, vous avez vu, les cinémas et théâtres
38:51vont rouvrir, mais c'est le masque.
38:53On est en espace confiné, c'est important.
38:55Mais les rassemblements, justement,
38:57pour revenir au scénario 2, c'est ce qui peut provoquer
38:59un cluster critique, et ça, c'est quand même quelque chose
39:01qu'il faudra éviter au maximum
39:03parce que c'est des situations qui peuvent être
39:05très difficiles à gérer.
39:07Mais voilà, ça, c'est le cluster critique.
39:09Scénario 3, c'est une reprise
39:11diffuse à bas bruit de l'épidémie.
39:13Ce qu'on évoquait tout à l'heure, je crois,
39:15c'est-à-dire l'idée de dire qu'on ne le détecte pas vraiment,
39:17mais en fait, ça circule tout doucement.
39:19C'est un petit relâchement. Les gens, petit à petit,
39:21se disent que le nombre de cas du virus est très, très peu,
39:23les masques tombent,
39:25les distances physiques se rétrécissent,
39:27etc., etc.
39:29Et puis, le virus,
39:31les gens reprennent un peu leurs habitudes,
39:33les dîners de copains,
39:35les sorties, les machins, les trucs.
39:37Et du coup,
39:39il n'y a pas un endroit de France
39:41où on voit tout d'un coup un nombre de cas important,
39:43mais notre fameux nombre de reproduction,
39:45qu'on suit très près.
39:47Le fameux, alors, qui s'appelle R,
39:49quand on n'est plus R0, c'est en absence
39:51de mesures de contrôle,
39:53c'est le début de l'épidémie.
39:55Après, on l'appelle R une fois qu'il y a des mesures qui sont en place.
39:57Le fameux R, qui aujourd'hui est à 0,7,
39:59on le voit grimper,
40:01on l'estime, et on le voit grimper,
40:03puis il passe au-dessus de la barre du 1.
40:05Et là, on commence à se dire, un 1, pas bon,
40:07parce que chaque personne infecte plus d'une personne,
40:09donc ça veut dire que l'épidémie est en croissance.
40:11Et s'il passe au-dessous de 1,3, par exemple,
40:13ça peut commencer à aller assez vite.
40:15Une fois de plus, avec une certaine inertie,
40:17mais alors quand ça commence à devenir visible,
40:19c'est pas bon.
40:21C'est un scénario qui est assez plausible,
40:23qui traduirait un relâchement un peu généralisé,
40:25et qui fait qu'il y a un moment
40:27où il faudra dire
40:29à la population française,
40:31ça va plus, on voit bien que ça reprend.
40:33Est-ce que,
40:35ce sera certainement, on va rappeler les consignes
40:37de base,
40:39qu'on connaît bien,
40:41on va certainement renforcer
40:43les messages de communication sur le dépistage,
40:45pour que les gens qui sont...
40:47Mais pas plus de mesures restrictives.
40:49Mais simplement, on renforce
40:51toutes ces mesures, pour dire aux gens,
40:53vraiment, quand vous avez des symptômes, allez vous faire dépister,
40:55c'est important, parce que là, on sent que ça repart,
40:57et donc il faut que vous soyez diagnostiqués le plus tôt possible.
40:59Le traçage, on le fera de façon un petit peu plus efficace.
41:01On encouragera vraiment les gens à ce moment-là
41:03à télécharger StopCovid s'ils l'ont pas fait,
41:05en leur disant, ça peut vraiment être utile,
41:07parce que là, le traçage, il est trop lent, il va pas assez vite.
41:09Et puis, il y a des personnes pour lesquelles
41:11on fera vraiment attention, parce qu'on sait que
41:13les personnes
41:15qui souffrent le plus de cette
41:17infection, par le nouveau coronavirus,
41:19c'est soit les gens de plus de 65 ans,
41:21soit les gens qui ont ce qu'on appelle des comorbidités,
41:23des gens qui sont en surpoids,
41:25diabétiques, les hypertendus,
41:27et eux, ça sera vraiment
41:29vigilance renforcée. On leur dira,
41:31attention, le virus, ça y est, il circule maintenant,
41:33il est vraiment autour, donc faites extrêmement
41:35attention. Ceux qui peuvent
41:37et qui le souhaitent, restez
41:39confinés chez vous. Ceux qui doivent sortir,
41:41pour une raison ou une autre, faites-le, mais
41:43protégez-vous vraiment bien, parce que là,
41:45le virus, il recircule à nouveau,
41:47et si vous êtes infecté, faites partie des gens
41:49qui, malheureusement, peuvent faire des formes graves,
41:51donc soyez extrêmement prudents. Il y aura des messages
41:53de vigilance renforcée de ce type,
41:55et puis, on verra
41:57après, au cas par cas, comment on gère
41:59les rassemblements,
42:03les établissements qui avaient réouvert,
42:05mais dont on se dit qu'ils peuvent être à risque,
42:07donc peut-être fermer certains,
42:09enfin bon, là, il y a des mesures à prendre, ça dépend aussi
42:11à la vitesse à laquelle ça grimpe, mais
42:13on est quand même dans un état où on se dit
42:15c'est pas bon, et on fait
42:17tout ça parce qu'on
42:19ne veut pas du scénario 4, et le scénario
42:214, c'est on est dépassé. Voilà, moment critique.
42:23Moment critique, c'est
42:25l'épidémie progresse tellement vite qu'on n'arrive
42:27plus à bloquer. Comme en mars.
42:29C'est ce qui s'est passé les 15 premiers jours de mars, on s'est rendu compte
42:31que la dynamique était
42:33lancée, et que la seule façon de bloquer
42:35et de sauver, finalement, les services de réa,
42:37c'était de confiner tout le monde.
42:39C'est-à-dire que l'option de reconfinement,
42:41clairement, sur le point numéro 4,
42:43elle est évoquée à nouveau, c'est-à-dire qu'on ne peut pas dire
42:45exclure qu'un confinement n'ait pas
42:47un nouveau lieu si
42:49on est sur ce stade-là. On l'écrit, mais on n'en veut pas.
42:51Et on pense qu'on est
42:53armés maintenant pour que ça n'arrive plus.
42:55Donc, franchement, l'objectif, c'est surtout de ne pas
42:57refaire un confinement, parce que
42:59socialement, ça, les gens n'accepteraient plus. Ils ont déjà...
43:01Bon, ils ont bien joué le jeu la première fois,
43:03mais on a bien vu, puis on a vu économiquement aussi
43:05les dégâts que ça fait
43:07qui vont
43:09maintenant devenir de plus en plus visibles.
43:11Donc,
43:13il était nécessaire, ce confinement,
43:15à la mi-mars, parce que
43:17on a bien vu que les services de réa allaient
43:19être débordés, et d'ailleurs, il y avait une inertie.
43:21Entre le moment où on a démarré le confinement et le moment
43:23où les admissions en réa ont commencé
43:25à rediminuer, il s'est pris trois semaines,
43:27qui était le temps que les gens qui venaient d'être infectés,
43:29ils développent la maladie,
43:31puis après, la complication. – Mais est-ce qu'on l'a fait à temps ?
43:33Il y a certaines personnes qui disaient,
43:35est-ce qu'il n'y a pas eu un retard à l'allumage ?
43:37– Là, j'aimerais bien que les gens se replacent un petit peu
43:39dans les quinze premiers jours de mars.
43:41Après, c'est dur de se souvenir un peu
43:43de ce qui se passait dans ces quinze premiers jours,
43:45mais ça allait à une vitesse incroyable.
43:47Moi, je me souviens
43:49d'avoir vécu ces...
43:51D'abord, une fois de plus, jusqu'à fin février,
43:53il n'y avait rien.
43:55Il y a eu juste le cas du 25 février
43:57où l'enquête commence, donc février, c'est 28 jours.
43:59On se rend compte dans l'Oise
44:01en trois jours qu'il se passait quelque chose,
44:03on est déjà début mars, et les premiers cas
44:05du rassemblement évangélique de Mulhouse
44:07qui arrivent dans les réas des hôpitaux de l'Est,
44:09c'était aussi début mars.
44:11Là, on voit les trucs arriver,
44:13et rappelez-vous, le conseil scientifique
44:15s'est réuni le 12 mars, donc 12 jours,
44:17c'est très court finalement
44:19pour prendre la mesure d'une situation
44:21où on ne voyait que le tout début qui arrivait,
44:23c'est-à-dire que c'est les premiers patients qui arrivent en réa.
44:25Tout d'un coup, on a des signaux qui nous disent
44:27tiens, il y a des réas de Colmar,
44:29puis de Mulhouse, puis de Strasbourg,
44:31enfin c'est Mulhouse d'abord qui a pris,
44:33ces trois hôpitaux commencent à prendre,
44:35et puis sur le nord de Paris,
44:37vers Bichat, là toc,
44:39on voit des patients qui arrivent en réa.
44:41Au tout début d'ailleurs, c'était des patients âgés,
44:43c'est des gens qui avaient plus de 80 ans,
44:45et c'est là où certains se sont dit
44:47finalement c'est un virus respiratoire
44:49comme la grippe, malheureusement les gens
44:51très âgés sont à risque
44:53de décès,
44:55et c'est le week-end d'après, 6-7 mars,
44:57où là sont arrivés des sujets plus jeunes,
44:59qui eux faisaient les fameuses
45:01pneumopathies inflammatoires du 7-9e jour,
45:03donc rappelez-vous, ça a commencé le 1er mars,
45:057-9e jour, vous êtes le week-end du 6-7 mars,
45:07et là on voit arriver des jeunes,
45:09qui, jeunes c'est moins de 60 ans,
45:11je dis ça parce que
45:13je suis pas loin,
45:15et les jeunes de moins de 60 ans,
45:17donc ils arrivent dans les réas,
45:19avec ces pneumopathies
45:21hyper-inflammatoires,
45:23qui étaient une nouveauté,
45:25et c'est là où
45:27on s'est rendu compte le week-end du 6-7 mars,
45:29qu'il y avait quelque chose
45:31de totalement différent qui était en train de se passer,
45:33et puis on voyait ce qui se passait en Italie,
45:35qui nous montrait qu'effectivement la situation
45:37était potentiellement très grave.
45:39Donc après,
45:41il a fallu 5 jours
45:43jusqu'au 12 mars,
45:45pour qu'il y ait cette première réunion
45:47du conseil scientifique,
45:49et qu'il mette un certain nombre d'avis,
45:51et le gouvernement derrière a pris des décisions,
45:53c'est un peu la même chose qui se passait
45:55partout en Europe,
45:57et finalement,
45:59les choses se sont passées,
46:01la situation a été un peu figée,
46:03par rapport au 15 mars,
46:05c'est-à-dire qu'il y avait des pays
46:07qui n'avaient pas connu d'épidémie,
46:09et du coup ils s'en sont bien sortis,
46:11parce qu'ils ont mis en place le confinement,
46:13en voyant ce qui se passait en Italie,
46:15l'Espagne et la France,
46:17et il y a toute une liste de pays,
46:19on parle beaucoup de l'Allemagne,
46:21mais il y a aussi la Norvège,
46:23la Finlande, l'Autriche, l'Hongrie,
46:25d'ailleurs on n'avait pas pris une mesure très particulière,
46:27mais qui juste ont vu ce qui se passait dans le sud de l'Europe,
46:29ils ont figé le 15 mars,
46:31et ils n'ont pas eu d'épidémie,
46:33et puis il y a des pays
46:35qui ont dit, on peut voir,
46:37c'est l'Angleterre,
46:39et ils l'ont payé extrêmement cher,
46:41alors qu'ils voyaient très bien ce qui se passait
46:43dans le reste de l'Europe,
46:45ils ont attendu une semaine,
46:47et puis là ils ont une épidémie
46:49beaucoup plus sévère, je pense qu'en Europe,
46:51c'est eux qui vont avoir le taux de mortalité
46:53parmi les habitants,
46:55et puis on a vu ça après aux Etats-Unis,
46:57où les prises de décision ont été
46:59assez erratiques,
47:01avec, bon déjà c'est des Etats fédéraux,
47:03donc il y a des Etats qui décident,
47:05d'autres pas, puis il y avait Donald Trump
47:07qui soufflait le chaud, le froid,
47:09donc les gens ne comprenaient pas trop,
47:11et puis on a vu aussi le cas du Brésil,
47:13où on a attendu...
47:15Moi j'entends des gens qui me disent aujourd'hui,
47:17le confinement de toute façon n'était pas nécessaire,
47:19parce que les épidémies se sont arrêtées partout,
47:21la Suède par exemple, où on dit qu'il y a été effectivement,
47:23qui a joué sur le fait qu'on n'allait pas
47:25faire un confinement total,
47:27avait commencé même avant la France,
47:29à mettre en place des mesures
47:31d'autodiscipline, dans un pays scandinave
47:33où les gens ont un peu un sens de l'autodiscipline,
47:35et ils avaient beaucoup réduit les contacts déjà,
47:37et puis finalement aujourd'hui,
47:39le grand épidémiciste suédois
47:41qui était un peu à la manœuvre de tout ça,
47:43il pense avoir fait une erreur,
47:45il a dit ça hier, ou avant-hier,
47:47quand il regarde le bilan de mortalité en Suède,
47:49alors d'abord, ils ont eu,
47:51un peu comme la France aussi, et d'autres pays,
47:53le drame dans les EHPAD, dans les maisons de retraite,
47:55le taux de mortalité par habitant qui est très élevé,
47:57alors en Suède, le taux de mortalité
47:59chez les personnes âgées a été terrible,
48:01ils n'ont pas été suffisamment
48:03« agressifs »
48:05pour stopper la contamination dans les maisons de retraite,
48:07mais ça aussi, on s'est rendu compte
48:09que c'était des endroits où ça peut aller extrêmement vite,
48:11et on a tous été surpris par la vitesse
48:13avec laquelle le virus circulait dans ces maisons de retraite,
48:15avec des gens extrêmement vulnérables,
48:17avec aussi, en même temps, le fait
48:19qu'on ne pouvait pas non plus
48:21confiner en chambre toutes les personnes âgées,
48:23parce que dans les maisons de retraite, pour elles,
48:25c'est une coupure sociale telle
48:27que certaines se laissent glisser vers la mort,
48:29donc il faut trouver vraiment le bon équilibre
48:31pour leur laisser un peu de contact
48:33avec l'extérieur, avec leur famille,
48:35sans les mettre en danger par rapport à ça,
48:37et ça c'est des choses qu'on apprend, qu'on n'improvise pas,
48:39mais donc la Suède s'est retrouvée avec ça,
48:41puis maintenant même, en population générale,
48:43une mortalité finalement plus élevée,
48:45et je sais qu'aujourd'hui, ils se disent qu'ils regrettent
48:47d'avoir choisi ce modèle où ils laissaient un peu filer l'épidémie,
48:49mais ils ont quand même réussi à contrôler pas mal.
48:51L'Angleterre, les Etats-Unis et le Brésil,
48:53c'est notre affaire,
48:55et là, le tribut est terrible.
48:57Justement, je pense, pour conclure ce live,
48:59le dernier point qui est intéressant, c'est le point international,
49:01c'est vrai qu'on a beaucoup parlé de la situation en France,
49:03en Europe, on est contents, ça va mieux,
49:05mais il y a des pays qui se sentent payer encore un lourd tribut
49:07en ce moment, c'est le cas notamment en Amérique du Sud,
49:09où les bilans sont dramatiques
49:11au quotidien, ce qui est peut-être important
49:13de dire peut-être aussi aux gens qui nous regardent,
49:15c'est que même si ça va mieux en France,
49:17le virus est toujours actif, c'est ce qu'on a expliqué
49:19dans la première partie de ce direct, je le rappelle pour ceux qui viennent nous rejoindre,
49:21vous pourrez le retrouver en replay,
49:23comme l'ensemble de nos lives, il y a beaucoup de sujets que vous abordez dans les commentaires,
49:25que vous pourrez retrouver en replay du live
49:27sur la situation épidémique en France,
49:29sur le post-confinement,
49:31la situation où on en est actuellement
49:33en France et en Europe,
49:35mais c'est pas partout pareil au même moment,
49:37et l'Amérique du Sud est en train vraiment de vivre des jours
49:39très compliqués ces derniers temps,
49:41et même encore aux Etats-Unis, les bilans sont encore assez douloureux.
49:43Alors aux Etats-Unis, en plus, ils cumulent plein de choses,
49:45le fait que les gens n'aient pas de prise en charge sociale,
49:47depuis lors, je ne sais pas si vous avez vu,
49:49il y a eu des prix des tests PCR
49:51qui étaient facturés 15 000 dollars,
49:53des trucs complètement aberrants quand ça coûte 50 dollars,
49:55mais bon, beaucoup de gens, 30 millions,
49:57qui n'ont pas de couverture sociale,
49:59il y avait les gens qui aussi ne pouvaient pas arrêter de travailler
50:01parce que là-bas, le chômage partiel,
50:03toutes ces choses-là n'existaient pas,
50:05et puis il y avait aux Etats-Unis
50:07une proportion de la population importante
50:09qui est en surpoids,
50:11et qui fait que vraiment...
50:13– Plus de sujets à risque.
50:15– Et puis après, une politique générale
50:17qui allait dans tous les sens
50:19avec visiblement un antagonisme très fort
50:21entre Donald Trump et Tony Fauci
50:23qui est le directeur du National Institute of Health,
50:25et qui, visiblement,
50:27vivait mal cette cohabitation,
50:29mais ça, ça a été...
50:31Enfin voilà, aux Etats-Unis,
50:33l'Etat de New York a été extrêmement touché,
50:35on verra un peu les choses
50:37après.
50:39Puis il y a eu Brésil,
50:41Bolsonaro qui, lui,
50:43niait l'épidémie, privilégiait l'économie,
50:45et on voit qu'ils sont en train de...
50:47Alors les chiffres,
50:49je ne sais pas trop ce qu'ils valent,
50:51on a beaucoup de mal à savoir exactement
50:53quelle est la mortalité,
50:55mais les retours que j'en ai et les images qu'on voit
50:57laissent entendre qu'il y a eu une mortalité extrêmement forte,
50:59et que ça commence aussi dans d'autres pays d'Amérique latine,
51:01et puis là, plus on va vers le sud,
51:03plus ils sont déjà en période hivernale,
51:05et ça, ça peut contribuer aussi
51:07à la circulation du virus.
51:09Donc on a des...
51:11Non, non, on a une situation internationale
51:13qui n'est pas du tout clarifiée.
51:15L'Afrique, pour l'instant,
51:17ça tient.
51:19On ne comprend pas très bien pourquoi.
51:21Il y a quelques facteurs
51:25qui rendent les choses peut-être plus faciles,
51:27c'est le climat,
51:29on l'a déjà un peu évoqué,
51:31le fait que les gens vivent pas mal dehors,
51:33une population très jeune.
51:35Or, on sait que ce virus, il tue
51:37à partir de 60-65 ans,
51:39beaucoup. Donc sur une population
51:41qui est plus jeune, finalement, l'impact est
51:43moins fort.
51:45Et pour l'instant, on voit l'épidémie qui grimpe
51:47dans tous les pays, un peu inexorablement,
51:49donc le R, il est au-dessus de 1,
51:51mais lentement, très lentement.
51:53Tout ce que j'espère, c'est qu'il n'y aura pas un moment
51:55où il y a une masse critique atteinte qui est telle qu'à ce moment-là,
51:57ça part en vrille.
51:59Et dans le sud de l'Afrique, l'Afrique du Sud,
52:01ça commence actuellement avec, une fois de plus,
52:03les températures qui baissent, ça devient problématique.
52:05Donc on est...
52:07Il y a d'autres régions, comme l'Inde,
52:09incroyablement peuplées,
52:11très pauvres, d'où on se dit
52:13qu'il est impossible de mettre en place
52:15des mesures
52:17de distance physique, etc.,
52:19quand les gens vivent
52:21dans les bidonvilles
52:23des grandes métropoles d'Inde.
52:25Là, c'est des... Mais on a très peu de chiffres.
52:27C'est compliqué d'avoir les ronds-de-feuille.
52:29On n'arrive pas à savoir un peu ce qui se passe.
52:31Donc voilà, on est dans une situation
52:33qui aujourd'hui n'est pas du tout résolue.
52:35J'ai envie de dire,
52:37réjouissons-nous que ça se passe
52:39dans un temps calme en France.
52:41Jouons au jeu.
52:43La liberté qu'on a gagnée, on peut la garder
52:45si on va se faire dépister.
52:47Parce que si on va se faire dépister quand on est symptomatique,
52:49du coup, on sait et on peut contrôler.
52:51Et ça, c'est vraiment hyper important.
52:53On continue à respecter les gestes barrières,
52:55la distance physique,
52:57le port du masque quand vous êtes dans des lieux confinés,
52:59dans des endroits où vous savez que vous n'allez pas pouvoir
53:01respecter le maître
53:03qui vous protège des gouttelettes des autres.
53:05Et puis,
53:07on croise les doigts.
53:09Et en parallèle, il n'y a pas de seconde vague pour l'instant ailleurs.
53:11Dans l'Asie, justement,
53:13où le virus a commencé à circuler,
53:15en Chine, etc., pour l'instant, on n'a pas encore de seconde vague.
53:17Après, il n'y a aucun pays qui a complètement relâché.
53:19La seconde vague, c'est si on relâche tout.
53:21Mais aucun pays
53:23n'a complètement relâché.
53:25Et puis, même dans l'histoire des pandémies grippales,
53:29il n'y avait pas de mesure particulière
53:31qui était prise dans les pandémies grippales.
53:33On laisse le virus circuler. Finalement, on se dit
53:35si on vous dit aux gens de tousser dans votre coude, etc.
53:37Mais enfin, c'est beaucoup moins appliqué que ça a été maintenant.
53:39Et les vagues, elles sont espacées.
53:41Quand je reprends l'exemple
53:43de la pandémie de 2009 en Angleterre,
53:45elle est passée pendant l'hiver,
53:47pardon, pendant l'été, premier été,
53:49au travers de l'Angleterre. Elle est revenue en automne.
53:51Deuxième vague. Puis quand vous regardez,
53:53grosse deuxième vague.
53:55Et puis après, elle a attendu un an et est revenue l'hiver suivant.
53:57Et une fois de plus,
53:59c'était le temps que cette fameuse immunité collective,
54:01elle grimpe au point qu'il y ait suffisamment
54:03de personnes immunisées, sachant que là,
54:05il y a une immunité croisée avec les autres virus de la grippe
54:07qui jouent à plein.
54:09Malheureusement, je pense qu'on n'aura pas avec les coronavirus saisonniers
54:11parce qu'ils sont effectivement
54:13d'une immunité plus transitoire et peut-être une protection croisée
54:15moins forte. Mais enfin, voilà.
54:17Le message de santé publique, c'est de se dire
54:19ça va mieux, mais restons vigilants.
54:21Voilà. Cet été, on aura
54:23la chance de pouvoir circuler à peu près librement.
54:25Peut-être. Peut-être. On espère.
54:27On espère que ça va continuer à bien se passer.
54:29Et puis, il faut être vraiment vigilant à l'automne.
54:31Moi, je n'ai aucun argument rationnel pour dire
54:33qu'on est protégé à l'automne prochain.
54:35Voilà. Simplement, maintenant, on connaît
54:37beaucoup mieux ce coronavirus
54:39et on sait quand même
54:41comment le ralentir.
54:43Et puis, je ne désespère pas
54:45qu'on ait un traitement dans un premier temps.
54:47Ce qu'on espère tous. Et puis après, peut-être un vaccin.
54:49Et là, j'ai préféré être prudent parce que
54:51je n'ai pas envie de vous dire des trucs,
54:53de donner de faux espoirs. Donc, reste prudent
54:55sur ça. On suivra ça. Et puis,
54:57on a peut-être l'occasion d'en reparler
54:59à ce moment-là de l'évolution des choses parce que c'est
55:01ce que vous avez évoqué dans ce live, justement. On a fait
55:03un point sur la situation en France.
55:05On a fait un point aussi par rapport
55:07au rapport du Conseil scientifique qui a été rendu
55:09il y a une dizaine de jours. Il est rendu public jeudi
55:11sur les différents scénarios et
55:13qu'est-ce que ça pourrait emmener en termes de
55:15on va dire de restrictions sur les déplacements
55:17ou autres. Et puis,
55:19sur l'international, on a évoqué
55:21l'Amérique du Sud, en Asie, un peu
55:23comment ça se passe un petit peu partout. Et on
55:25verra dans les prochaines semaines, dans les prochains mois
55:27où ça en est. Peut-être l'occasion de refaire
55:29un point avec vous de nouveau à ce
55:31moment-là puisque c'est le deuxième live qu'on fait ensemble.
55:33La première fois, c'était au tout début.
55:35C'était un peu innocent à l'époque.
55:37On disait qu'on n'était pas encore
55:39au stade d'un virus qui circule
55:41énormément sur le territoire européen. Donc,
55:43les choses vont vite. Et on verra
55:45ça dans les prochaines semaines, dans les prochains mois.
55:47Merci encore, Arnaud Fontanet, d'avoir
55:49répondu à mes questions en direct. Et merci de m'avoir invité.
55:51Avec un grand plaisir. Et puis, je remercie
55:53toutes les personnes qui ont suivi ce direct. J'espère que
55:55ce direct vous aura permis de vous éclairer,
55:57de faire un point. C'était important.
55:59On se disait à peu près un mois après
56:01le déconfinement, un moment où on reprend tout
56:03doucement nos libertés
56:05collectives et individuelles, de voir
56:07où nous en sommes d'un point de vue français,
56:09européen et international. Et j'espère que ce live
56:11aura permis de vous donner quelques
56:13réponses à vos questions. Pour ceux qui sont
56:15arrivés en cours de direct, comme d'habitude,
56:17le replay en intégralité,
56:19vous pourrez retrouver l'ensemble de ce live avec toutes les
56:21questions qu'on a pu avoir.
56:23Et puis, on se retrouve très, très vite sur
56:25Brut. Alors peut-être cet après-midi
56:27parce que vous suivez l'actualité.
56:29On en parlait juste avant ce live.
56:31Il y a quelques manifestations aujourd'hui dans
56:33Paris, notamment le mouvement Black Lives Matter
56:35qui veut justement
56:37rendre hommage à George Floyd,
56:39ce citoyen qui est décédé
56:41lors d'une interpellation policière où il a été
56:43étouffé par un policier. Il y a
56:45beaucoup de manifestations qui se déroulent aux Etats-Unis, mais aussi
56:47en France. Vous l'avez suivi avec nous en direct mardi
56:49dernier devant le tribunal de Paris.
56:51Et bien, cet après-midi, il y a
56:53quelques rassemblements qui se déroulent, dont l'un devant
56:55l'ambassade des Etats-Unis et un autre
56:57au Champs-de-Mars qui doit se dérouler dans un peu plus
56:59d'une heure. On suivra ça, on est vigilants. Je ne vous
57:01dis pas qu'on passera en direct forcément, mais s'il y a du monde,
57:03on fera un live et on vous fera
57:05vivre les événements comme vous en avez l'habitude de les
57:07suivre en direct sur Brut.
57:09Très bon week-end à vous, prenez soin de vous.
57:11On se retrouve très très vite sur Brut et je vous remercie
57:13encore Arnaud Fontanet pour votre
57:15temps et d'avoir répondu à mes questions en direct. Très bonne journée.

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