GRAND DÉBAT / Cinq ans après, le Covid a-t-il changé nos vies ?
« Le récap » par Bruno Donnet
Le 17 mars 2020, la France se confinait pour la première fois de son histoire. Pendant deux mois, cloitrés, les Français ont pris de nouvelles habitudes, tout en se rendant compte des faiblesses, dépendances et maux de leur quotidien. Le télétravail, totem de cette prise de conscience, fait désormais partie intégrante du monde professionnel des cadres. La crise du Covid a également révélé les faiblesses du système de santé français, tout en démontrant à quel point les métiers de première ligne, invisibilisés jusqu'alors, étaient indispensables. Symbole d'emprisonnement et d'ennui pour la plupart et réminiscence de sérénité pour d'autres, la pandémie du coronavirus a-t-elle durablement et profondément modifié la société française ?
Invités :
- Corinne Luxembourg, géographe
- Jean-Jacques Zambrowski, Professeur d'économie de la santé à Paris Saclay, médecin à l'hôpital Bichat,
- Romain Bendavid, expert associé à la Fondation Jean-Jaurès sur les enjeux de rapport au travail,
- Serge Guérin, sociologue, professeur à l'Inseec, auteur de « Et si les vieux aussi sauvaient la planète ? » (Michalon),
- En Skype : Bruno Mégarbane, chef du service réanimation médicale et toxicologique à l'hôpital Lariboisière (Paris).
GRAND ENTRETIEN / Ivan Levaï et Richard Michel : LCP a 25 ans !
Fondée en 2000 par Ivan Levaï, La Chaîne Parlementaire s'est imposée au fil des années comme la chaîne politique incontournable du paysage audiovisuel français. Très fidèle à l'actualité de l'Assemblée, elle a peu à peu fait la part belle aux citoyens en leur donnant la parole dans la plupart de ses émissions. De la diffusion des débats de la primaire socialiste et de la commission d'enquête d'Outreau en 2006 à la dissolution de l'Assemblée nationale en 2024, de nombreux événements marquants de la vie politique française ont été diffusés en direct sur LCP. Quels changements les PDG successifs ont-ils décidé d'insuffler à la chaîne pour la faire grandir ?
Grands invités :
- Ivan Levaï, fondateur de « LCP - Assemblée nationale » (PDG de 2000 à 2003),
- Richard Michel, ancien PDG de « LCP - Assemblée nationale » (2003-2009).
LA SÉANCE DE RATTRAPAGE / Retraites : conclave et « trahison »
- Jean-Baptiste Daoulas, journaliste politique à « Libération »,
- David Revault d'Allonnes, rédacteur en chef de la revue « L'Hémicycle »,
- Elsa Mondin-Gava, journaliste LCP.
Ça vous regarde, votre rendez-vous quotidien qui prend le pouls de la société : un débat, animé par Myriam Encaoua, en prise directe avec l'actualité politique, parlementaire, sociale ou économique.
Un carrefour d'opinions où ministres, députés, élus locaux, experts et personnalités de la société civile font entendre leur voix.
« Le récap » par Bruno Donnet
Le 17 mars 2020, la France se confinait pour la première fois de son histoire. Pendant deux mois, cloitrés, les Français ont pris de nouvelles habitudes, tout en se rendant compte des faiblesses, dépendances et maux de leur quotidien. Le télétravail, totem de cette prise de conscience, fait désormais partie intégrante du monde professionnel des cadres. La crise du Covid a également révélé les faiblesses du système de santé français, tout en démontrant à quel point les métiers de première ligne, invisibilisés jusqu'alors, étaient indispensables. Symbole d'emprisonnement et d'ennui pour la plupart et réminiscence de sérénité pour d'autres, la pandémie du coronavirus a-t-elle durablement et profondément modifié la société française ?
Invités :
- Corinne Luxembourg, géographe
- Jean-Jacques Zambrowski, Professeur d'économie de la santé à Paris Saclay, médecin à l'hôpital Bichat,
- Romain Bendavid, expert associé à la Fondation Jean-Jaurès sur les enjeux de rapport au travail,
- Serge Guérin, sociologue, professeur à l'Inseec, auteur de « Et si les vieux aussi sauvaient la planète ? » (Michalon),
- En Skype : Bruno Mégarbane, chef du service réanimation médicale et toxicologique à l'hôpital Lariboisière (Paris).
GRAND ENTRETIEN / Ivan Levaï et Richard Michel : LCP a 25 ans !
Fondée en 2000 par Ivan Levaï, La Chaîne Parlementaire s'est imposée au fil des années comme la chaîne politique incontournable du paysage audiovisuel français. Très fidèle à l'actualité de l'Assemblée, elle a peu à peu fait la part belle aux citoyens en leur donnant la parole dans la plupart de ses émissions. De la diffusion des débats de la primaire socialiste et de la commission d'enquête d'Outreau en 2006 à la dissolution de l'Assemblée nationale en 2024, de nombreux événements marquants de la vie politique française ont été diffusés en direct sur LCP. Quels changements les PDG successifs ont-ils décidé d'insuffler à la chaîne pour la faire grandir ?
Grands invités :
- Ivan Levaï, fondateur de « LCP - Assemblée nationale » (PDG de 2000 à 2003),
- Richard Michel, ancien PDG de « LCP - Assemblée nationale » (2003-2009).
LA SÉANCE DE RATTRAPAGE / Retraites : conclave et « trahison »
- Jean-Baptiste Daoulas, journaliste politique à « Libération »,
- David Revault d'Allonnes, rédacteur en chef de la revue « L'Hémicycle »,
- Elsa Mondin-Gava, journaliste LCP.
Ça vous regarde, votre rendez-vous quotidien qui prend le pouls de la société : un débat, animé par Myriam Encaoua, en prise directe avec l'actualité politique, parlementaire, sociale ou économique.
Un carrefour d'opinions où ministres, députés, élus locaux, experts et personnalités de la société civile font entendre leur voix.
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NewsTranscription
00:00Générique
00:02...
00:05Bonsoir et bienvenue dans ça vaut le regard.
00:07Très heureuse de vous retrouver avec, à mes côtés,
00:10ce soir, Yvan Levaille. Bonsoir.
00:13Merci infiniment d'être mon grand témoin, ce soir,
00:16pour évoquer les 25 ans, et oui, déjà 25 ans,
00:20de la chaîne parlementaire.
00:22Vous l'avez fondée en l'an 2000.
00:25Un certain Laurent Fabius, à l'époque,
00:27vous en avez confié les rênes.
00:29On peut revoir toutes les images de ces premières années LCP,
00:32qui s'est fait une place dans le PAF, comme on dit,
00:35à l'heure où l'Assemblée est au coeur de la vie politique.
00:39On y reviendra tout à l'heure.
00:41Mais d'abord, un autre anniversaire,
00:43beaucoup moins gai, celui-ci, les 5 ans du Covid.
00:46La pandémie, le confinement, la vie à distance,
00:49ont-ils laissé des traces dans nos vies ?
00:51Télétravail, néo-ruraux, réindustrialisation.
00:54On parlait à l'époque du monde d'après.
00:57Est-il si différent du monde d'avant ?
00:59Grand décryptage avec mes invités.
01:01Ce sera la séance de rattrapage,
01:04le conclave torpillé,
01:06des couacs recadrés, la méthode Bayrou critiquée.
01:10On va refaire la semaine politique à l'Assemblée
01:12avec nos chroniqueurs.
01:14Voilà pour le sommaire.
01:15On y va, Yvan ?
01:17Ça commence tout de suite.
01:18SOUS-TITRAGE ST' 501
01:27Pouf !
01:30Il y a 5 ans, le Covid percutait de plein fouet nos vies.
01:33Le 17 mars 2020, Emmanuel Macron,
01:35annonçait le confinement du pays tout entier
01:38pour éviter la propagation de l'apodémie.
01:4036 millions de Français étaient ce jour-là
01:43devant leur petit écran.
01:45On parlait alors d'un avant et d'un après
01:49dans le quotidien, la société, le pays tout entier.
01:52On va faire le bilan ce soir.
01:53Qu'est-ce qui a changé véritablement ?
01:55Est-ce qu'on est mieux préparés 5 ans après ?
01:59Bonsoir, Serge Guérin.
02:00Vous êtes sociologue, professeur à l'INSEC.
02:03Si les vieux aussi sauvaient la planète,
02:06votre dernier ouvrage est à lire chez Michel Long.
02:09Bonsoir, Corinne Luxembourg.
02:11Vous êtes géographe. Bienvenue parmi nous.
02:14Bonsoir, Romain Ben David.
02:16Bienvenue à vous, expert associé à la Fondation Jean Jaurès.
02:19Vous êtes spécialiste
02:20des rapports au travail de climat.
02:22Bonsoir, Jean-Jacques Zambrowski.
02:25Merci d'être là.
02:26Vous êtes économiste de la santé,
02:28et médecin à l'hôpital Bichat.
02:30Je suis sûre que vous l'avez en tête,
02:32cette période du confinement.
02:34Vous intervenez quand vous le souhaitez.
02:36Avant de vous entendre, souvenirs, souvenirs.
02:38Il y a 5 ans, le monde basculait, comme nous le rappelle Bruno Donnet.
02:42Générique
02:44...
02:51Bonsoir, Bruno.
02:53Bonsoir, Myriam.
02:54Des souvenirs et des archives.
02:55Vous vous souvenez du panorama politique
02:58tel qu'il était il y a tout juste 5 ans ?
03:00A l'époque, la porte-parole du gouvernement s'appelait Sibeth Ndiaye,
03:04et elle était convaincue que certains gestes étaient très compliqués.
03:08Les masques ne sont pas nécessaires pour tout le monde.
03:12Et vous savez quoi ? Je ne sais pas utiliser un masque.
03:15Bon, alors, finalement, avec un peu d'entraînement,
03:18on s'est aperçu que...
03:19C'était pas si compliqué que ça.
03:21Et bien, nous en a pris, car dès le 16 mars 2020, à 20h...
03:25...
03:26Dès demain, midi, et pour 15 jours au moins,
03:30nos déplacements seront très fortement réduits.
03:34Le président d'une République en guerre a décidé de nous confiner.
03:39Nous avons fait connaissance avec notre Premier ministre,
03:42un certain Jean Castex, lequel, tous les jeudis,
03:45proposait une conférence de presse
03:47qu'il mettait particulièrement à l'aise.
03:50...
03:55Bien.
03:56Il faut dire qu'il n'avait pas la tâche facile, Jean Castex.
03:59Un coup, il était chargé de nous annoncer
04:02des mesures totalement baroques,
04:04tout en citant le nom latin du variant du virus.
04:07Pour freiner au microbe, la consommation dans les bars et cafés
04:11ne pourra plus se faire seulement debout,
04:13mais seulement de manière assise.
04:15Et le coup d'après, il devait nous faire avaler
04:18des potions plus qu'amères
04:20et des PV carrément pour tous les contrevenants.
04:24Une amende forfaitaire de 135 euros
04:26sera appliquée en cas de non-respect du confinement
04:29et si vous ne pouvez pas présenter de justificatif
04:34alors que vous êtes contrôlé en dehors de votre domicile.
04:37Car oui, mes amis, il y a cinq ans,
04:39pour sortir de chez nous et faire des stocks de farine,
04:42il fallait montrer une attestation.
04:44A l'époque, que se passait-il du point de vue sociétal ?
04:48Et qu'est-ce qui a changé depuis ?
04:50Eh bien, il y a cinq ans, nos villes ressemblaient à peu près à ça.
04:54Seuls les canards arpentaient les trottoirs,
04:56nous découvrions les termes
04:58travailleurs de première ligne, produits de première nécessité
05:02et après avoir essayé de fabriquer du pain par nous-mêmes,
05:05le soir venant, nous applaudissions les soignants.
05:08Acclamations
05:10...
05:15On a besoin de chacun pour motiver les infirmiers et les infirmières.
05:19Mais c'est aussi à ce moment-là que de nombreux citadins
05:22ont pris la direction de la campagne et du littoral.
05:26Je suis venue ici parce qu'à Paris, c'est vrai qu'on est assez serré
05:30et donc je suis venue m'aérer un peu en Bretagne.
05:33Pourtant, contrairement à une idée reçue,
05:36il n'y a pas eu d'exode.
05:37Depuis mars 2020,
05:39seuls 18 % des déménagements
05:41se sont faits des grandes villes vers les campagnes.
05:44Pareil pour le télétravail.
05:46En 2024, 22 % des Français, pas plus,
05:49déclarent avoir travaillé au moins une fois par mois
05:52depuis leur domicile.
05:53Bref, le monde d'après, c'est le monde d'avant
05:56qui a appris les gestes barrières, le quoi qu'il en coûte
05:59et surtout la technique.
06:01L'utilisation d'un masque, ce sont des gestes techniques précis.
06:06Vive la précision.
06:07Merci, Bruno Donnet, pour votre billet enlevé
06:10comme chaque vendredi.
06:12On va faire un premier tour de table,
06:14chacun un peu dans votre domaine d'expertise.
06:17Serge Guérin, la société,
06:18la société a-t-elle profondément changé ?
06:21Sur une échelle de 1 à 10, déjà, pour commencer.
06:24L'avant, l'après, vous le mettez où ?
06:26Trois.
06:27Donc peu.
06:28Pas tellement changé.
06:29Pour quelles raisons ?
06:31Parce que finalement, tous les fondamentaux sont restés.
06:34On pourrait dire que les gens ont découvert...
06:37Il y a eu une blessure narcissique très forte.
06:39Le système de santé, c'est le premier au monde.
06:42On s'est aperçus que pas tout à fait.
06:44Les gens ont découvert qu'on n'était pas foutus
06:46de produire des masques.
06:48Ils se sont dit qu'on était un peu dépassés.
06:50Ça a rajouté dans le pessimisme.
06:52On est pas prêts à grand-chose.
06:55La deuxième chose, c'est de se dire,
06:57après, est-ce qu'il y aura plus de solidarité ?
06:59Pas spécialement.
07:00Ce qui est intéressant, c'est qu'il y a plein de gens
07:03qui pensaient qu'il y aurait la guerre des générations.
07:07On a été obligés de ne pas travailler pour sauver les vieux.
07:10Et globalement, ça n'a pas créé d'émeute anti-vieux
07:14ou, inversement, de gens âgés qui diraient
07:16que c'est à cause des jeunes.
07:18Ça n'a pas tellement bougé.
07:19Ça n'a pas beaucoup changé, selon vous,
07:22mais ni en bien ni en mal, donc, balle au centre.
07:26Je ne sais pas si c'est au centre.
07:28Il faut se réjouir de ce non-changement pour vous ?
07:30Pas nécessairement.
07:32Il y a quelque chose de très profond.
07:34C'est de dire le quoi qu'il en coûte.
07:36On a raconté aux gens qu'il y avait de l'argent magique.
07:39Ça continue avec les retraites.
07:41Il y a un élément de se dire que c'est pas à peine de travailler.
07:44Il y avait aussi quelque chose...
07:46Une partie de la population n'a pas travaillé pendant des mois
07:49tout en étant payée.
07:51Ça peut aussi avoir créé quelque chose de l'ordre...
07:53On y reviendra.
07:55Un peu plus de distance par rapport au travail.
07:57Il y a plus de gens qui se demandent pourquoi ils sont là.
08:00C'est intéressant.
08:01Les réponses n'ont pas été hyper structurelles.
08:04Je vais revenir dans le débat du télétravail,
08:08mais quand même, le rapport au travail,
08:11le sens du travail, entre les générations,
08:14est-ce qu'on voit des changements profonds ?
08:16Est-ce qu'ils sont mesurables ?
08:18On voit des changements très profonds.
08:20S'il y a un domaine dans lequel plus rien ne sera plus jamais,
08:24et qui dure, c'est dans le travail.
08:26Il faut bien se souvenir que pendant le Covid,
08:28pendant les confinements, on a mis sur pause
08:31toutes nos interactions sociales.
08:32On a démarré une démarche d'introspection
08:35et se sont mis à réfléchir sur le sens de leur vie,
08:38le sens de leur travail.
08:39Quelles que soient les générations ?
08:41Quelles que soient les générations.
08:43Ça a eu trois grandes conséquences sur le travail.
08:46Une place du travail qui est moins importante,
08:48ce qui ne veut pas dire...
08:50C'est souvent une interprétation très erronée qu'on fait,
08:53que les jeunes générations sont devenues fainéants.
08:56Le travail occupe une place moins centrale.
08:58C'est davantage au travail de s'adapter à la vie de chacun.
09:01Ça a été l'inverse.
09:03Les jeunes n'envisagent plus le travail de la même manière.
09:06Les jeunes, ils démarrent avec ce mode-là,
09:08mais ça couvre toutes les générations.
09:11L'autre point, c'est les codes de la réussite
09:13qui sont beaucoup rebattus.
09:15On a grandi pendant très longtemps
09:17avec une image très statutaire du travail,
09:19la place du bureau d'angle, l'évolution dans la hiérarchie.
09:22Aujourd'hui, quand vous interrogez,
09:24si on parle des jeunes pendant les entretiens,
09:27ceux qui peuvent être cadres, c'est davantage
09:29du télétravail que comment je vais évoluer dans la hiérarchie.
09:32Des critères beaucoup plus qualitatifs,
09:35comme l'équilibre vie privée-vie professionnelle,
09:37la recherche de sens, sont devenus plus importants,
09:40même si, il faut en rester aux fondamentaux,
09:43on travaille d'abord et avant tout pour un revenu.
09:45Le dernier point, c'est l'envie de changement.
09:48Il y a eu, depuis le Covid, une aspiration au changement,
09:51à condition qu'il soit dominé par chaque personne,
09:54qu'on soit acteur de sa vie.
09:55Ça peut être une envie de démission,
09:57même si elle ne se concrétise pas,
09:59une envie de changer de métier, de cadre de vie.
10:02Beaucoup de choses ne se concrétisent pas,
10:04mais le champ des possibles est ouvert.
10:06Ce travail d'introspection, je retiens ce point.
10:09Corine Luxembourg, c'est vrai que ça a été
10:12un accélérateur d'inégalités.
10:13Ce qui était frappant, c'est qu'en gros,
10:16la vie de ceux qui avaient une maison à la campagne
10:18n'était pas celle de ceux qui n'en avaient pas.
10:21La vie de ceux qui avaient un grand appartement
10:24n'était pas celle de ceux qui n'en avaient pas.
10:26Tous ceux qui ont passé le bac à distance,
10:28sans contrôle continu, échangent forcément
10:31avec ceux qui ont pu avoir ce sésame très symbolique.
10:35Est-ce que ces inégalités, après,
10:37se sont un peu estompées ?
10:39Avant, après, ou encore accusées ?
10:42Estompées, je ne sais pas.
10:43En tout cas, elles ont été vraiment accélérées
10:46pendant cette période-là,
10:48et elles perdurent, peut-être moins grave,
10:50je ne sais pas, mais elles perdurent.
10:52Si je prends le cas des étudiants,
10:54on a vu, pendant cette période du Covid,
10:57tous ces jeunes qui faisaient la queue
10:59pour avoir de l'aide alimentaire,
11:02et on continue d'avoir des étudiants qui ont faim.
11:06Ca, c'est des choses qui n'existaient pas,
11:08en tout cas, beaucoup moins que ce que l'on vit aujourd'hui,
11:12et donc on voit bien que ces inégalités, elles perdurent.
11:15Ce que ça a mis en lumière aussi,
11:17c'est à quel point les répartitions du travail, justement,
11:21étaient aussi des répartitions géographiques.
11:23Le fait qu'en Seine-Saint-Denis et dans le Val-de-Marne,
11:27c'est les deux départements où il y a eu plus de gens
11:30malades du Covid, avec des formes très graves,
11:32et donc, du coup, les départements
11:34qui ont le plus de décès liés à cela.
11:37Fractures sociales et géographiques.
11:39C'est aussi les gens qui étaient caissiers, caissières,
11:42qui étaient infirmiers, infirmières,
11:44qui étaient boueurs, en contact direct avec le Covid.
11:47Ce qu'on a appelé les invisibles, les premières lignes.
11:51C'est ça.
11:52Est-ce qu'on les a reconnus, revalorisés, après ?
11:54Qu'est-ce qu'on sait là-dessus ?
11:56Après, non. Très clairement. On le voit sur l'hôpital.
11:59C'est-à-dire que la période des applaudissements,
12:02qui, au départ, n'a concerné que le personnel hospitalier,
12:06puis s'est un petit peu élargie aux éboueurs
12:09et aux gens qui faisaient que notre vie était,
12:12malgré tout, vivable,
12:15ces gens-là, on les a joyeusement oubliés.
12:17On l'a vu, d'ailleurs, pendant tout le mouvement des retraites,
12:21le soutien qu'il y a pu y avoir aux éboueurs
12:24quand ils se sont mis en grève et qu'il a fallu leur apporter ce soutien.
12:28On y reviendra, d'ailleurs, à ces premières lignes,
12:30ceux qu'on applaudissait, les caissières de supermarchés,
12:34les éboueurs, les livreurs, notamment,
12:36mais ceux qu'on applaudissait, c'était les soignants.
12:39Bonsoir, Bruno Bergherban,
12:40merci d'être à distance avec nous depuis l'hôpital.
12:43Chef du service réanimation médical, 120 000 morts.
12:46Il faut rappeler les chiffres en France,
12:48près de 500 000 personnes hospitalisées.
12:51Comment vous avez traversé, comme soignant, cette époque
12:54et qu'est-ce qu'elle a changé pour vous ?
12:57C'était une période héroïque.
12:59C'est l'une des premières fois, peut-être les seules fois
13:02où on s'est senti vraiment utile à la société.
13:06Évidemment, on était observé, admiré, encouragé,
13:09mais c'était vraiment une période où, finalement,
13:13les restrictions financières, les obstacles administratifs quotidiens
13:17que nous rencontrons avaient sauté
13:19et on faisait vraiment de la médecine pour soigner les patients
13:22et pour vaincre une maladie que l'on ne connaissait pas
13:25et dont tout le monde avait peur.
13:27Aujourd'hui, à l'hôpital,
13:28ceux qu'on applaudissait, les soignants,
13:31ont-ils été davantage revalorisés ?
13:32On sait qu'il y a eu des augmentations de salaires.
13:35L'organisation de l'hôpital a-t-elle changé ?
13:38Oui, il y a eu des progrès,
13:39notamment, effectivement, en termes de reconnaissance du travail,
13:43de qualité de vie au travail,
13:47certaines revalorisations des salaires.
13:50Par contre, évidemment, l'hôpital reste toujours aussi fragile.
13:54Il y a des problèmes structuraux,
13:55on connaissait un manque de personnel
14:01qui reste, malgré les difficultés,
14:04et des déficits financiers.
14:06C'est toujours notre temps d'essayer de boucher,
14:09comme l'on peut, de ces trous budgétaires,
14:13évidemment, détournant...
14:16Pardonnez-moi, on vous entend mal, la liaison n'est pas parfaite.
14:20Dernière question, très rapidement,
14:22est-ce qu'on est prêts à l'hôpital à faire face à une nouvelle épidémie ?
14:26Est-ce qu'on aurait assez de lits, de respirateurs ?
14:30Oui, concernant les aspects techniques, probablement oui.
14:35Malheureusement, là où on est après,
14:37c'est évidemment en termes de nombre de lits,
14:40en termes toujours d'inégalité d'accès aux soins,
14:45en termes, évidemment, aussi d'information de la population,
14:49puisque, comme vous le savez,
14:50un certain nombre de théories complotistes,
14:52anti-scientifiques, ont proliféré.
14:55Il y a un recul de la vaccination.
14:58Et puis toujours, évidemment, des menaces,
15:01en raison des difficultés financières,
15:03et bien de ne pas aider tel ou tel organisme
15:08indispensable pour survivre.
15:11Merci beaucoup.
15:12Je suis obligée d'interrompre cette liaison,
15:15parce qu'elle n'est pas parfaite techniquement.
15:17Je vous prie de m'en excuser, mais je vais rebondir
15:20sur ce dernier point, sur la défiance aux vaccins.
15:23Jean-Jacques Zembrowski, le complotisme a explosé
15:26pendant la période du Covid,
15:28et c'était un peu l'épiphanie des antivax,
15:31et le professeur Megarban nous dit, au fond,
15:33ça perdure, on a des difficultés de recherche.
15:36Est-ce que vous diriez que c'est encore pire, aujourd'hui,
15:39quand on voit le ministre de la Santé,
15:41Robert Kennedy, aux Etats-Unis ?
15:43Pour avoir vécu comme soignant
15:45les mêmes difficultés que mon collègue Bruno Megarban,
15:48c'est pire qu'avant,
15:49parce que les anti-ceci, anti-cela,
15:53vous parliez de ce qui se passe aux Etats-Unis,
15:55il se passe la même chose en France,
15:57ont trouvé des relais dans l'opinion.
16:00Aujourd'hui, la voix de ces minoritaires désaxés,
16:02véritablement désaxés,
16:04qui contredisent les vérités scientifiques
16:06les plus évidentes, est devenue au moins aussi audible
16:09que la voix des gens qui essayent,
16:12sans aucun intérêt personnel ni égoïste,
16:14de dire la vérité.
16:16Aujourd'hui, comme l'a dit M. Megarban,
16:19les campagnes anti-vax sont plus importantes.
16:22On se souvient des soignants qui refusaient à l'hôpital
16:25de se faire soigner, c'était une minorité.
16:28Vous pensez qu'elle augmenterait ce pourcentage,
16:31malgré le vaccin,
16:32malgré le fait que c'est ce qui nous a permis d'en sortir ?
16:35Vous savez, l'excès conduit à l'excès.
16:37On a, à l'époque, chassé de l'hôpital,
16:40ou plutôt des fonctions de soins,
16:42les personnels qui refusaient de se faire vacciner,
16:45au motif que ces gens, ces infirmières...
16:47C'était une erreur pour vous.
16:49Ca a été vécu comme un affront et une erreur.
16:51On aurait pu les consacrer à des tâches
16:54moins en contact peut-être avec le virus
16:56et où ils auraient pu trouver une utilité.
16:58Et puis, on les a réintégrés récemment,
17:01ce qui veut dire que l'inconduite de nos autorités publiques
17:04en la matière est phénoménale
17:06et laisse tous ceux qui savent un petit peu les choses
17:10dans un état de...
17:11Pour ce qui est de l'industrie, ça conduit à des décisions.
17:14Venons-en à l'industrialisation.
17:16On s'est découvert une dépendance à la Chine,
17:19souvenez-vous, on n'avait pas les masques.
17:22La grande question qu'on se pose, c'est déjà,
17:24est-ce qu'on aurait les masques ?
17:26Est-ce qu'on a fait des efforts en matière de souveraineté sanitaire
17:30pour commencer à se déprendre des dépendances des pays étrangers
17:34en matière stratégique, sanitaire ?
17:36La réponse est, en parole, oui.
17:38Dans ce que nos amis anglo-saxons appellent
17:40le wishful thinking, le vœu pieux, certainement.
17:43En matière concrète, absolument pas, et au contraire.
17:46Parce que, vous parliez des masques, à l'instant,
17:49on a voulu réapatrier deux usines en France.
17:52Elles ont fermé.
17:53L'une a fait faillite et l'autre ne vit que de quelques subsides
17:57et ne suffit pas.
17:58Vous savez...
17:59-"Le paracétamol", on essaie quand même
18:01de reprendre la souveraineté sur sa production.
18:04Autre blague.
18:05Quand l'assurance-maladie,
18:08qui est en ruine,
18:10sur laquelle nos petits-enfants continueront
18:13de payer les dettes accumulées jusque à nous,
18:18quand la Sécurité sociale ne peut pas faire autrement
18:21qu'en abaisser régulièrement le prix,
18:23le patient s'en moque, car il ne paye rien,
18:25le tiers payant, la Sécurité sociale,
18:28la mutuelle complémentaire,
18:30auxquelles 95 % des Français ont, Dieu merci, droit,
18:33donc le patient ne paye rien.
18:34Le pharmacien s'en fout aussi, puisqu'il est payé.
18:37Le paracétamol, il est remboursé deux euros et quelques.
18:41Vous ne pouvez pas le produire à ce prix-là en France,
18:44compte tenu des avantages sociaux, des coûts salariaux,
18:47des coûts industriels, des taxes diverses
18:49auxquelles les industriels sont soumis.
18:52Heureusement qu'on trouve des producteurs chinois
18:54ou moldovalaques qui sont encore capables de nous le vendre
18:58à un prix qu'on accepte de payer.
18:59Il faut concentrer notre souveraineté en matière de santé
19:03sur la recherche de pointe,
19:04pas forcément le médicament de base.
19:06Il faudrait revoir les prix du but global
19:09comme quelle est la part que nous...
19:11Quel est le prix que nous accordons à la bonne santé ?
19:14Très bien. On va venir au télétravail,
19:16c'est la grande révolution, elle a des conséquences géographiques.
19:20On parle des néoruraux.
19:22Vous y croyez, vous, à l'époque, à ce fameux monde d'après,
19:25où finalement, d'après ce premier tour de table,
19:28on se rend compte que peu de choses ont changé.
19:32Moi, je crois que cette affaire du Covid
19:36renvoie tout de même à la grippe espagnole.
19:40Au fond, la grippe espagnole,
19:44c'est début du siècle, 20e siècle.
19:47Et on s'est demandé, je dis la société,
19:51qui a quand même une notion de l'histoire d'un pays,
19:56c'est qu'il y a eu des maladies qui ont fait peur.
19:59Les maladies qui ont fait peur, c'était la grippe espagnole.
20:03La poliomyélite a fait très peur.
20:05La tuberculose a fait peur aussi.
20:08Et à chaque fois, les gens ont peur et...
20:13Comment dire ?
20:15On veut oublier la peur et rien ne change après.
20:17Donc on a eu peur de l'autre,
20:19c'est-à-dire rencontrer quelqu'un.
20:22On s'est posé des questions.
20:24Est-ce qu'il se lave les mains ?
20:26Est-ce qu'il va tousser dans le métro ?
20:28Pourquoi est-ce qu'il n'a pas de masque ?
20:31Et beaucoup de gens ont triché.
20:33Les autorités, simplement, les autorités ont triché.
20:38Elles ont été informées dès le mois de novembre
20:40et les autorités françaises
20:43n'ont commencé à parler du Covid que trois mois plus tard.
20:47Il a fallu attendre le 1er janvier.
20:49Il y a eu des commissions d'enquête.
20:52Ca me navre, cette tricherie.
20:53Le rapport à l'autre,
20:55et on en vient au télétravail,
20:57le rapport à l'autre a-t-il changé ?
20:59Ou au contraire, on était bien contents
21:02de s'embrasser à pleine joue, si j'ose dire, après ?
21:06Ca a marqué quelque chose.
21:09L'autre, en effet, était un défi, un risque,
21:12et donc on s'en méfiait.
21:13On est déjà dans la société la plus méfiante
21:16de toute l'Europe.
21:17Les gens ont le moins confiance dans l'autre, a priori.
21:20Ca s'est renforcé.
21:22La notion de confiance a encore perdu.
21:24Confiance dans la science,
21:26on les a vus tellement mis en cause,
21:28discutés, avec un professeur de médecine
21:30qui disait n'importe quoi.
21:32On a eu des gens avec de grandes théories.
21:34Confiance dans la politique, non plus.
21:36L'exemple de la porte-parole est assez puissant.
21:39Et la perte de confiance dans les uns et les autres.
21:42On ne se touche pas.
21:43La vie à distance, avec le numérique,
21:46a explosé.
21:47C'était intéressant.
21:48Les petites filles qui expliquent aux grands-mères
21:51comment on utilise une visio.
21:53Il y avait aussi quelque chose de très sympa.
21:55Les gens les plus âgés se sont dit qu'ils pouvaient y aller.
21:59Grâce aux petits-enfants.
22:00Il y a eu aussi des solidarités,
22:02des micro-solidarités très intéressantes.
22:05Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, encore,
22:07cette défiance est de plus en plus forte.
22:09On a perdu quand même, pas complètement,
22:12mais les gens se font moins la bise.
22:14C'est pas mal aussi.
22:15La secrétaire qui devait faire la bise à 15 personnes le matin
22:18n'est pas mécontente que ça se fasse plus.
22:21C'est le plateau qui va dire que l'usage du masque
22:24que les Asiatiques avaient au quotidien,
22:26les Européens s'y sont mis.
22:28Il y a un peu moins de virus.
22:29Dans les restos, il y aurait tout le temps
22:31un système pour se laver les mains.
22:34Mais la défiance, elle est restée, elle perdure.
22:36L'autre, comme un propagateur potentiel du virus.
22:39On en vient à la révolution du télétravail,
22:42un changement majeur pour les salariés,
22:44pour les entreprises,
22:46mais pas pour tout le monde,
22:47comme on va le voir dans ce sujet.
22:52Premier constat réalisé par l'INSEE,
22:55en France, un salarié du privé sur cinq
22:59travaille aujourd'hui à distance au moins une fois par semaine.
23:0322 % cette année contre 4 % des actifs en 2019.
23:08L'ancrage du télétravail concerne surtout certains domaines
23:12comme l'information-communication
23:14ou encore la finance.
23:16Les femmes sont plus nombreuses à télétravailler que les hommes,
23:20mais pas les parents de jeunes enfants.
23:22Autre constat, ce sont les cadres qui télétravaillent davantage.
23:27Motif, une plus grande autonomie
23:29et une flexibilité dans l'organisation de leur travail.
23:33Une pratique de plus en plus démocratisée,
23:35même si certains restent réfractaires à l'exercice.
23:3920 % ne souhaitent pas en bénéficier,
23:42notamment les jeunes de moins de 24 ans
23:45en recherche de liens sociaux.
23:48Romain Bête-David,
23:5122 % de télétravailleurs en France.
23:54Moi, j'étais surprise, je me suis dit, seulement.
23:56Ca veut dire que le télétravail, c'est une fracture aussi
24:00dans la société.
24:01Tout le monde ne peut pas se le permettre,
24:03zéro ouvrier, très peu d'employés.
24:05C'est ça. Quand on évolue dans le milieu parisien
24:08ou dans les grandes métropoles où il y a beaucoup de cadres,
24:11on a le sentiment que tout le monde est en télétravail.
24:15Or, il n'y a que 30 % de la population active
24:18qui peut télétravailler.
24:19Au sein de ces 30 %, on retrouve les deux tiers de cadres.
24:22Il y a une vraie fracture par rapport à ça.
24:24Quand on parlait des premières et des deuxièmes lignes,
24:27il y a une certaine frustration quand on a vu
24:30que dans beaucoup d'entreprises, beaucoup étaient faits
24:33pour faciliter le télétravail en termes d'horaires,
24:35d'équipements informatiques, et pas grand-chose
24:38pour ceux qui avaient vraiment été au front
24:40dans le cadre du Covid et qui s'étaient beaucoup...
24:44Qui avaient pris des risques.
24:46Ca a bouleversé la société pour les cadres
24:48qui peuvent télétravailler.
24:50On le voit à la défense, l'immobilier de bureau s'effondre
24:53et en même temps, beaucoup d'entreprises y reviennent.
24:56Le 100 % télétravail, c'est terminé.
24:58Il y a un retour de bâton.
24:59Comme ça vient des Etats-Unis, jusqu'à peu,
25:02il y a une fascination pour les grandes entreprises américaines.
25:05Tesla, Amazon, Ubisoft reviennent sur le télétravail
25:08avec l'idée, maintenant que la récréation est finie,
25:11on va revenir au travail.
25:13La Sarkozy avait dit récemment
25:14que le télétravail, c'est de la télé, pas du travail.
25:17Donc il y a un petit bruit négatif, assez dissonant,
25:20qui revient par rapport à ça,
25:22en considérant que tout ce qui a été mis en place
25:25n'est qu'un gadget.
25:26Or, le télétravail a quand même permis, d'abord,
25:29d'aménager un peu plus ses horaires comme on le souhaite.
25:32Ca a été important en termes de santé
25:34pour des personnes qui ne pouvaient pas se déplacer
25:37tous les jours au travail.
25:38Les entreprises ont aussi gagné en termes d'économie de bureau.
25:42Mais ça a créé des fractures.
25:43On parlait des femmes.
25:45Plus de femmes font du télétravail que d'hommes.
25:47Il ne faut pas que les femmes s'occupent
25:50davantage de tâches domestiques.
25:52Est-ce qu'il y a une pénalisation de trop de télétravail ?
25:55Dans les années 60, la publicité Moulinex libère la femme.
25:58Il ne faudrait pas qu'il y ait encore ce malentendu
26:01qui se fasse sur le télétravail.
26:03Vous voyez un retour à l'ancien modèle
26:05ou au moins un jour, voire deux par semaine
26:07dans les grandes entreprises ?
26:09Il n'y a pas de retour.
26:10Une petite musique monte, mais il n'y a pas de retour.
26:13Entre 1,5 et 2 jours par semaine.
26:15La majorité des jours de la semaine sont au travail,
26:18sont sur site.
26:19C'est quand même sur site, on parle notamment des jeunes,
26:22que se fait une culture d'entreprise,
26:24qu'il y a des échanges.
26:26C'est déjà pas mal, entre 1,5 et 2 jours,
26:28qui sont en télétravail.
26:30Le véritable phénomène qui va avec l'amplification du télétravail,
26:33Corinne Luxembourg, c'est ce qu'on a vu par revenir
26:36au fond de leur maison secondaire,
26:39ce qu'on appelle les néoruraux.
26:41C'est pas forcément les plus riches, c'est ça ?
26:44Les néoruraux, là, pour le coup,
26:47c'est des gens qui avaient déjà souvent leur maison secondaire
26:50et qui ont décidé d'y rester
26:52parce que les temps des confinements et leur emploi
26:55leur ont permis d'y rester.
26:57En réalité, c'est pas tant que ça.
26:59Par contre, ce qui s'est passé, pour beaucoup,
27:02c'est des gens qui ont conservé
27:05un pied-à-terre ou en tout cas un domicile
27:08dans la métropole et qui ont acheté une maison secondaire.
27:11Ce qui a eu pour conséquence de faire exploser
27:14les prix du foncier dans certaines villes
27:16et donc de confisquer la possibilité d'habiter
27:19pour les gens qui vivent sur place.
27:21C'est un phénomène qu'on observe.
27:23L'arrivée des Parisiens, par exemple.
27:25Tout à fait.
27:27Expliquez-nous, Douarnenez.
27:28Douarnenez, ça a été ça.
27:30C'est-à-dire qu'il y a la possibilité
27:32d'avoir des revenus alternatifs.
27:35Via Airbnb, etc.
27:36Donc, ça s'est vraiment amplifié après les confinements.
27:40On a acheté une maison secondaire.
27:43De fait, la loi de l'offre et la demande
27:48a fait que les prix du foncier ont augmenté terriblement
27:51et que les gens qui vivent à Douarnenez
27:53et qui y travaillent...
27:55C'est le cas de Douarnenez,
27:57mais je pourrais dire les Hautes-Alpes,
27:59c'est la même chose, tous les endroits un peu touristiques.
28:02Du coup, les gens se sentent...
28:04Enfin, c'est pas qu'ils se sentent,
28:06c'est qu'ils n'ont plus accès à un logement
28:08avec des loyers qui soient abordables
28:11ou qui puissent acheter de façon possible
28:14avec les salaires qui sont les leurs.
28:17Donc...
28:18Donc, ça a déstabilisé le tissu économique originel.
28:21C'est ça, Serge Guérin ?
28:22Alors qu'on pourrait se dire, au contraire,
28:25pour la première fois, on repeuble un peu la périphérie,
28:28les campagnes.
28:29Oui, puis ça a créé...
28:31Déjà, on a du mal avec le collectif,
28:33et là, le collectif, il a encore diminué,
28:36parce qu'on ne discute plus autour de la machine à café.
28:39Je le vois comme prof, les étudiants,
28:41quand ils sont en apprentissage,
28:43s'ils ne sont pas accompagnés, ça devient un peu compliqué.
28:46Les premiers pas dans l'entreprise,
28:48c'est avec des mentors, des personnes qui les accompagnent.
28:51Si les gens les accompagnent qu'à distance,
28:54ça n'a pas les mêmes effets.
28:55Et puis, il y a tous les autres qui disent,
28:58vous parlez, les grandes villes, les cadres,
29:00ceux dont on n'arrêtait pas de parler,
29:02qui se font, vous êtes infirmière, aide-soignante, auxiliaire de vie,
29:06vous n'allez pas faire ça à distance.
29:08On est passé de la lutte des classes à la lutte des places.
29:12Il y a un émo autour de ça.
29:13Jean-Jacques Zangbroski,
29:15on se souvient des infirmières à l'hôpital.
29:17Il y avait toute une réflexion pour dire,
29:20les aides-soignantes, il faut qu'elles puissent habiter
29:23près de leur lieu de travail.
29:24Il y avait un début de réflexion des pouvoirs publics là-dessus.
29:28Est-ce qu'on a bougé ?
29:30Non. La plupart des personnels,
29:32plus on descend dans la hiérarchie des postes et des salaires,
29:35plus on habite à distance du lieu d'exercice professionnel.
29:39Moi, je travaille,
29:40je travaillais il y a très peu de temps dans un CHU parisien.
29:43Les personnels, de base, qui habitaient en face de l'hôpital,
29:46il y a 30 ans, habitent à 30 km.
29:48Ils mettent une heure et demie à arriver le matin
29:51et une heure et demie pour repartir le soir.
29:53Tout à l'heure, vous avez dit un mot saisissant,
29:56la machine à café.
29:57Autrement dit, il y a une pénalisation
29:59parce qu'il n'y a pas seulement le travail,
30:02auquel, cadre ou pas cadre, on est assujetti,
30:04il y a aussi le fait d'avoir des contacts
30:07avec les seniors, avec ceux qui sont de niveau équivalent à vous,
30:10mais on a besoin d'échanger, quel que soit le poste,
30:13cadre ou pas cadre, exécutant ou pas exécutant.
30:16Cette fertilisation croisée de l'échange...
30:18La société du sans-contact, pour vous,
30:20a quelque chose de terriblement...
30:22On revient à une espèce d'artisanat isolé,
30:25seul devant son ordinateur et sa ligne de téléphone.
30:28C'est un appauvrissement dans le travail.
30:30Romain Ben David, la suite, qu'est-ce qui nous attend ?
30:34Ca existait déjà un peu avant.
30:36On est dans une société de service avec des emplois très atomisés
30:39et où on minimise le contact.
30:41Le télétravail, ceux qui le font,
30:43sont quand même la majorité de la semaine présents sur site.
30:47Le petit pendant au télétravail qu'on commence à mettre en place
30:51pour ceux qui ne peuvent pas être en télétravail,
30:54c'est la semaine des quatre jours.
30:55Vous remarquerez qu'il y a moins de débats
30:58autour de la semaine de quatre jours que du télétravail
31:01parce qu'on est sur des populations de décideurs
31:03et de leaders d'opinion.
31:05Et sur les ruraux, les urbains,
31:08on parle souvent de la guerre des villes et des champs.
31:11Il n'y a pas de réconciliation possible à l'oeuvre depuis le Covid ?
31:15Surtout, il n'y a pas forcément de guerre entre les urbains et les ruraux.
31:20Souvent, il y a une défiance,
31:21quand vous voyez arriver les urbains à la campagne.
31:25Sauf qu'il faut analyser le pourquoi de cette méfiance.
31:28Ce n'est pas une méfiance parce que les gens sont urbains
31:31ou parce qu'ils sont ruraux,
31:33c'est qu'à un moment, il y a un rapport centre-périphérie.
31:36Ce rapport centre-périphérie, il faut le remettre
31:39dans sa perspective de géographie économique et politique.
31:42C'est-à-dire que c'est un rapport entre des centres économiques
31:46qui sont lieux d'accumulation du capital
31:49et des périphéries qui sont là pour nourrir la ville.
31:53Un dernier petit mot, vous aurez le mot de la fin.
31:55On n'a pas parlé d'écologie, on voit les canards dans Paris.
31:59Quand on est confiné, on arrête tout, on pollue moins.
32:02On a repris l'avion, j'ai regardé les chiffres,
32:05de façon vraiment très impressionnante.
32:07Il y avait besoin, justement.
32:09Est-ce qu'il faut s'en désoler ?
32:11Ce qui est très intéressant, c'est que tout ce discours écolo,
32:15c'est un discours.
32:16Par exemple, on parle du télétravail,
32:18c'est bien plus polluant que d'aller sur place.
32:21Tout le monde le voit pas, c'est comme les feuilles de papier.
32:24On dit qu'on n'utilise pas de feuilles de papier.
32:27L'écran est sept fois plus polluant que la feuille de papier.
32:30Au contraire, tout ce qui est intelligence artificielle
32:33crée, génère encore plus de problématiques de CO2 et autres.
32:37Il y a des gens qui disent que c'est grâce à l'intelligence artificielle
32:41qu'on va trouver la solution.
32:42On a mis les questions écologiques plus que de côté.
32:45Et le trafic a réellement parti.
32:47Il y a eu l'inflation, l'augmentation des prix,
32:50mais on ne s'intéressait qu'aux enjeux écologiques.
32:53On s'arrête là pour ce tour d'horizon.
32:55Je trouve le monde d'après assez proche du monde d'avant,
32:58mais il y a quand même des mouvements à l'oeuvre.
33:01Merci à vous. Vous restez avec moi, Yvan Levaille.
33:03On va parler à présent de votre bébé.
33:06LCP, la chaîne parlementaire, c'était il y a 25 ans,
33:09jour pour jour.
33:10Eh bien, vous aviez un Laurent Fabius qui vient vous voir.
33:13Vous allez nous expliquer tout ça.
33:15Et si tu prenais les rênes de l'Assemblée nationale,
33:18il y avait tout à construire.
33:20C'était pas, pardon, de la chaîne parlementaire,
33:23pas de l'Assemblée. Il y avait tout à construire.
33:25Richard Michel vous a succédé à la présidence d'LCP,
33:28qui va nous rejoindre dans un instant.
33:30Regardez cette invitation que vous adresse LCP.
33:34Elle est signée Elsa Mondingava-Thiboyenoc.
33:37Musique jazz
33:39Si je vous invite, Yvan Levaille et Richard Michel,
33:42vous, mes premiers présidents,
33:44c'est que maintenant que j'ai 25 ans,
33:47je me pose des questions d'adulte.
33:49Pourquoi suis-je dans le petit écran ?
33:52Quel est le sens de mon existence télévisuelle ?
33:55Racontez-moi, j'ai besoin de savoir.
33:58Ma naissance, d'abord, le 30 décembre 1999.
34:02L'ordre du jour appelle la proposition de loi
34:05portant création de la chaîne parlementaire.
34:09Il paraît que ma chambre était très grande
34:11et mes parents députés.
34:14Est-il vrai que je suis née d'une loi ?
34:16Étais-je désirée ?
34:17La chaîne parlementaire va exister,
34:21si nous la votons.
34:23Sera-t-elle belle ?
34:25Et en parlera-t-on ?
34:27Racontez-moi mes premiers pas.
34:29En moins de trois mois, la vingtaine de pionniers
34:32est le sous-sol de l'Assemblée où vous m'installez.
34:36Là, ici, je vous parle,
34:37nous sommes sous la salle des quatre colonnes.
34:40Les députés sont au-dessus, à un étage.
34:43Ils descendent un étage, ils sont là.
34:45Donc, nous aurons, j'allais dire,
34:47le chaud, le très chaud et même le brûlant.
34:50Redites-moi encore mes premiers mots,
34:52un matin de mars de l'an 2000.
34:54Bonjour et bienvenue sur la chaîne parlementaire
34:57de l'Assemblée nationale.
34:59Il paraît qu'au début, je n'étais pas très connue,
35:02mais qu'un passage sur la TNT a tout changé.
35:05LCP sur la TNT, ça commence ce soir
35:08et ça ressemble aussi à ça.
35:09Racontez-moi encore comment vous m'avez ensuite accompagnée
35:13dans mes premiers exploits.
35:15Une commission d'enquête en direct.
35:17C'est la première fois que la représentation nationale
35:20reçoit des acquittés dans une affaire judiciaire.
35:23Ou encore un débat pour la primaire du Parti socialiste.
35:27Bonsoir, merci d'être en direct avec nous.
35:31Après, tout a été si vite.
35:34J'ai fait ce que vous m'aviez appris,
35:36mettre des images et des mots sur la démocratie,
35:40expliquer, donner sa place au débat
35:42et privilégier les idées aux invectives.
35:45Et ça a marché.
35:4725 ans plus tard, voilà que je bats des records.
35:500,6 % de part d'audience en décembre dernier,
35:55lors d'une motion de censure.
35:57Nous sommes rendus à un moment de vérité
36:00et un moment de responsabilité.
36:02Résultat, le 6 juin prochain, je déménage.
36:06Direction le Canal 8, une belle promotion.
36:09On raconte que c'est la victoire de mes valeurs,
36:12l'indépendance, l'impartialité, le sérieux.
36:15Alors, cher président,
36:17au moment d'aborder mon prochain quart de siècle,
36:20j'espère que vous êtes fier de moi.
36:24Voilà un sujet d'Elsa Mondingava et de Thibaut Hénocq.
36:27On accueille Richard Miffiel.
36:29Bienvenue. Merci de nous avoir rejoints.
36:31Vous avez pris la suite d'Ivan Levaille
36:33à la tête de l'LCP de 2003 à 2009.
36:36Est-ce que vous êtes fier, Ivan Levaille,
36:38de ce qui est devenu LCP ?
36:39Oui, parce qu'on a commencé
36:43petitement
36:47dans des lieux qui n'ont rien à voir
36:51avec ce que la chaîne est devenue 25 ans après.
36:55Le studio était bien plus petit que celui-ci.
36:57Mais c'est essentiel,
37:00parce que les parlementaires...
37:03Ecoutez, ici, il y a 700...
37:06580...
37:08Non, pardon. 577.
37:11577 députés.
37:13Il y a 577 députés,
37:16hommes et femmes,
37:18qui représentent tous les citoyens.
37:21Jusqu'à présent, il y a 30 ans, il y a 40 ans, il y a 50 ans,
37:25il fallait lire les journaux, écouter la radio
37:28pour voir ce qui se passait du côté du Parlement.
37:32Maintenant, écoutez,
37:34vous pouvez rivaliser
37:36avec toutes les chaînes et tous les écrans du moment.
37:41Et le député est là.
37:43Vous le voyez, votre député.
37:46Alors que les journaux, c'est terrible à dire,
37:49c'est triste, les journaux, j'allais dire...
37:53Ils essaient de garder la parole, mais ils n'en ont plus.
37:56La presse écrite est en crise.
37:58Au début, la grande crainte des députés,
38:00puis aussi des journalistes,
38:02c'est que cette chaîne soit institutionnelle,
38:05c'est-à-dire, pour le dire clairement,
38:07aux mains de Laurent Fabius, qui vous avez nommé.
38:10Avez-vous dû obtenir des garanties ?
38:12Comment avez-vous accepté ce défi ?
38:15Non, parce qu'en réalité,
38:18le président du Sénat, M. Poncelet,
38:21et M. Fabius,
38:24qui était président de l'Assemblée nationale,
38:27étaient tout à fait d'accord
38:29pour faire comme les Canadiens et les Allemands.
38:33Il y avait déjà des chaînes parlementaires.
38:35Je trouve que c'était une très bonne idée
38:38de le faire comme les Allemands, à leur manière,
38:40parce qu'ils avaient des chaînes, une chaîne par langue,
38:45et il y avait la chaîne des Landeners.
38:47Donc, ils étaient moins puissants.
38:49Avec de la liberté.
38:50Avec beaucoup de liberté, et toute la politique qui était,
38:54c'est-à-dire les congrès, les syndicats,
38:57ils trouvaient leur place.
38:58Moi, je trouvais que c'était excellent
39:01de voir, même, bon,
39:04quelqu'un qui parle ici, dans l'hémicycle,
39:07il gesticule, et puis personne, aujourd'hui,
39:10n'écoute l'ensemble de son discours.
39:12Mais sur la chaîne parlementaire,
39:15l'ensemble du discours y est.
39:17D'ailleurs, Jean-Louis Debré, le président...
39:20Bah, qui ?
39:21...après, vous avez laissé...
39:23C'est terrible. C'est terrible.
39:25Vous avez dit...
39:28Vas-y, en toute confiance, je te foutrai la paix.
39:31C'est ça, qu'il vous a dit ?
39:33Il a fait mieux que ça.
39:34Dans la liberté, il a dit...
39:37Bon, écoute, tu gardes la chaîne parlementaire,
39:41alors que, bon, il était, je vais simplement dire,
39:45il avait l'air d'être plus à droite que moi.
39:48Bon, et il m'a dit, je ne t'emmerderai pas.
39:52Bon, j'ai trouvé que c'était plutôt pas mal,
39:55et ça correspondait à ce qu'il faut que soit
39:58la chaîne parlementaire.
39:59Sa vertu, sa vertu et son honnêteté,
40:04c'est de prendre tous les groupes politiques
40:08et de considérer que, puisqu'ils ont le pouvoir
40:12de nommer l'élu et le représentant du peuple français,
40:16et je dis définitivement le peuple français,
40:21c'est-à-dire tout le monde,
40:23moi, je crois que sur la chaîne parlementaire,
40:25on n'a pas le droit d'être RN,
40:28d'être... Où est les filles ?
40:30On représente l'ensemble des Français.
40:33Voire même que centristes.
40:35On a connu une époque en France, et je m'arrêterai là,
40:38on a connu une époque en France où il y avait, comment dire,
40:42une carte noire, le valet de pique.
40:46Il ne fallait pas avoir le valet de pique pour allier,
40:49parce que c'était la mort qui était représentée.
40:52Or, Mitterrand, socialiste, s'il n'avait pas eu les communistes,
40:55il n'aurait jamais été président.
40:57Je peux le faire aussi aujourd'hui.
41:02C'est clair. Donc le pluralisme
41:04et la démocratie représentative de tous les Français,
41:07quel que soit au fond...
41:08Le pluralisme et l'honnêteté des journalistes
41:11pour reconnaître les uns et les autres.
41:15On entend votre fougue et on comprend mieux
41:17pourquoi vous avez accepté ce pari un peu fou au départ,
41:20il y a 25 ans.
41:21Richard Michel, vous êtes l'homme du passage à la TNT,
41:25qui a profondément changé la vie de cette petite chaîne parlementaire.
41:29Elle était assez confidentielle, il faut bien le reconnaître,
41:33jusqu'alors, en 2003.
41:34Vous apportez les documentaires, coproduits.
41:38Il y a même eu une fiction sur la loi de 1905,
41:42avec Claude Riche, notamment,
41:44et Pierre Arditi, tournés dans l'hémicycle.
41:46Mais le tournant, on l'a vu dans le sujet,
41:49ce sont les primaires socialistes,
41:51les trois débats en direct et en exclu
41:54sur les chaînes parlementaires.
41:56Rappelez-nous.
41:57Déjà, je vais saluer Yvan Levaille,
41:59qui a mis sur orbite LCP.
42:02C'est toujours pas simple de lancer une chaîne,
42:05de la créer, donc je le salue.
42:08Ensuite, moi, j'ai eu une chance,
42:10c'est que je suis arrivé en 2003
42:12et j'ai fait deux mandats.
42:14Donc j'ai eu le temps de m'installer
42:17et de penser, je dirais surtout,
42:19puisque je suis journaliste et producteur,
42:21à une grille de programmes
42:23qui soit à la fois attractive et pertinente,
42:25c'est-à-dire sur un trépied éditorial classique,
42:28relater l'activité parlementaire,
42:32relater la vie politique,
42:33et puis aussi ouvrir la chaîne aux citoyens,
42:36aux associations,
42:38aux experts, aux historiens,
42:41aux géographes,
42:42comme vous l'avez fait tout à l'heure.
42:45Donc ça, c'est un plus.
42:47Et puis ensuite, il y a eu la TNT.
42:49La TNT, ça a été une belle bagarre,
42:51parce que je tiens à le dire,
42:52à l'époque, les gens ne s'en souviennent pas,
42:55c'était en 2005,
42:56beaucoup de télévisions publiques et privées
42:59étaient pour la TNT, sauf deux,
43:01sauf TF1 et M6,
43:02qui, en gros, ne voulaient pas
43:03qu'on bouscule le paysage audiovisuel.
43:06Et là, c'est Jacques Chirac
43:08qui a su prendre les décisions qu'il fallait
43:11et qui a permis, si vous voulez,
43:13que la TNT se mette en route.
43:15Alors, au-delà des primaires,
43:17je vais vous en dire quelques mots,
43:19mais auparavant, ce qui a fait décoller la chaîne,
43:22c'est un événement parlementaire,
43:24c'est la commission d'enquête d'Outreau.
43:26C'était, comment dire...
43:28Je me souviens, quand j'ai appris ça,
43:30je me suis dit que ce serait génial
43:32qu'on diffuse cette commission,
43:34sauf qu'à l'époque...
43:35Là, on est en 2006.
43:37Oui, les commissions étaient secrètes.
43:40Il n'y avait qu'un rapport au bout du troisième,
43:42quatrième mois qui était publié.
43:45J'ai été trouver le président et le rapporteur
43:48de la commission, il y avait une trentaine.
43:52J'ai vu que ça renaclait un peu, etc.,
43:56puis j'ai été voir le premier actionnaire de la chaîne,
43:59c'est Jean-Louis Debré.
44:00Jean-Louis Debré, lui aussi, je le salue,
44:03puisqu'il nous a quittés il y a quelques jours,
44:05il a été, je dirais, un actionnaire positif.
44:09Il nous a toujours laissé faire ce que nous voulions
44:12et il avait qu'une seule chose en tête,
44:14développez-vous, faites que le grand public
44:17vienne au rendez-vous parlementaire
44:19et, deuxièmement, respectez le pluralisme.
44:22Ca, c'était l'engagement que j'avais pris auprès de lui,
44:26comme Yvan l'avait pris aussi à sa manière.
44:28Et donc, ensuite, je vais vous dire
44:31pourquoi j'ai événementialisé,
44:33parce que quand on a un petit budget,
44:35il était encore plus petit que vous l'aviez, Yvan,
44:38moi, j'ai réussi un peu à faire monter,
44:40j'irais, le gain,
44:42mais il faut avoir des idées.
44:44Et les idées, c'est évidemment aussi
44:47d'être capable de saisir des événements inédits.
44:51Un jour, nous apprenons,
44:53avec Jean-Pierre Elkabbach, qui était à Public Sénat,
44:56nous apprenons que le Parti socialiste
44:58veut lancer des primaires.
45:00A l'époque, c'était au mois d'avril,
45:02et il y avait sept candidats, donc on a pris contact...
45:04Il n'y a plus que trois DSK, Royal, Fabius.
45:08Nous avons rencontré François Hollande,
45:10le secrétaire du Parti socialiste,
45:12et nous lui avons dit qu'on était prêts à faire trois débats,
45:16de deux heures, un sur la politique,
45:18l'autre sur l'économique, l'autre sur la politique internationale,
45:22et on prend ça en charge.
45:23J'ai dit qu'il nous fallait l'exclusivité,
45:26et François Hollande nous a donné l'exclusivité,
45:28ce qui a fait quelques chaînes un peu chagrins
45:31qui rouspétaient parce que le PS nous avait un peu avantagés,
45:34mais on était les premiers.
45:36Et là, si vous voulez,
45:37on a vu que quand on innove aussi une chaîne,
45:41quand on est capable d'événementialiser,
45:43ça ne fait que du bonheur.
45:45C'est drôle, la chaîne parlementaire
45:47a été pionnière pour diffuser les meetings
45:50pendant les campagnes présidentielles,
45:52ce que font toutes les chaînes d'information en continu.
45:55C'était pas cher de transmettre.
45:57La charge des meetings revenait au Parti politique, pas à nous.
46:00Et ils l'ont compris depuis Yvan Levaille,
46:03Laurent Fabius, quand il vous donne les clés
46:05et qu'il vous dit qu'on va faire cette chaîne parlementaire
46:08côté Assemblée, il vous met aussi la pression ?
46:11Vous aviez trois mois pour tout faire ?
46:13Alors non, trois mois,
46:14et puis il voulait une date très précise,
46:18et on n'avait rien,
46:20parce qu'existait ici
46:23une volonté de tenir,
46:26de donner un micro aux députés.
46:29Mais comment faire ?
46:31Alors, il y avait un rédacteur en chef.
46:34Malheureusement, il vivait, je crois,
46:37dans le sud-ouest, très loin.
46:39Il venait à Paris de temps en temps,
46:41et il trouvait un placard
46:44avec des balais, une serpillière et des choses comme ça.
46:48Donc il faisait pas grand-chose.
46:49Pas grand-chose.
46:51Il appréciera.
46:52C'est vrai, le malheureux, je le plains.
46:54Et puis, il faut que je dise quelque chose.
46:56Allez-y.
46:57Nous, quand on a commencé,
46:59et vous avez...
47:00Moi, j'ai rencontré, là, des gens...
47:04Mon ami Jean-Pierre Gracien, qui fait des documentaires,
47:08j'ai rencontré des gens que je connaissais,
47:11M. Delay, et ainsi de suite.
47:12Je les vois encore ici.
47:14C'est très bien.
47:16Ils sont là, avec la chaîne,
47:19ils vieillissent avec elle, et c'est tant mieux.
47:22Et en même temps, je me dis,
47:23mais vous êtes combien, maintenant,
47:25dans ce palais qui est près du palais Bourbon ?
47:29C'est quand même extraordinaire.
47:31C'est magique, parce que c'est la même chose
47:34que les grandes télévisions,
47:37qui font des émissions qui s'appellent
47:39le Grand Club.
47:41Regardez bien la grande interview.
47:45Bon, ici, c'est fini, cette chose-là.
47:48C'est devenu simple, modeste, réaliste,
47:51et ça parle à tous les Français.
47:54Nous, on était 12.
47:56Je dis bien, on était 12.
47:57Ca fait une sacrée différence.
47:59On est près de 80, je crois.
48:0170.
48:0370, exactement.
48:04Je pensais que c'était un peu plus...
48:06Vous coûtez plus cher.
48:07Vous savez pourquoi c'est cher ?
48:09Au nom de la qualité, j'espère.
48:11Vous savez pourquoi c'est cher ?
48:13C'est cher parce que les sénateurs,
48:15ici, je peux dire presque du mal des sénateurs,
48:18les sénateurs, ils ont voulu leur chaîne à eux.
48:22Ils sont moins nombreux que les 577.
48:26Et donc,
48:27ils ont coupé cette très bonne idée des politiques.
48:31Ponsley, Fabius, Philippe Séguin,
48:34qui la voulaient, lui aussi.
48:36Bon, ceux-là, ils étaient prêts à faire une seule chaîne.
48:40Ca aurait coûté moins cher aux Français.
48:42Le débat sur la fusion des scènes parlementaires
48:45est relancé. Une dernière question.
48:47Quand vous voyez le paysage audiovisuel,
48:50et aussi l'hémicycle, avec un climat extrêmement tendu,
48:53quelle est votre réflexion ?
48:55Comment on échappe à cette hyperpolarisation,
48:58l'ère du clash ?
48:59Et cher Michel ?
49:00Moi, qui ai monté et qui ai créé
49:03une chaîne d'infos continue,
49:06j'ai l'expérience de ce que j'appelle le temps court.
49:10Et c'est terrible,
49:12parce que là, vous pouvez faire votre travail,
49:15vous pouvez, je dirais, surtout,
49:17pas automatiquement traiter l'information,
49:19mais la survoler,
49:20et ça donne pas toujours de bons résultats.
49:23Voilà.
49:24Ici, au moins, avec LCP, si vous voulez, on a le temps.
49:27Un temps qui est à la fois quotidien,
49:29comme cette émission quotidienne que vous animez avec Maestria,
49:33mais aussi, on a le temps,
49:35avec des rendez-vous hebdomadaires,
49:38les documentaires, l'émission de Jean-Pierre Gratien,
49:41que je regarde régulièrement.
49:43On a le temps, si vous voulez, de se poser.
49:45Or, en ce moment,
49:47on est dans un tourbillon géopolitique terrible,
49:50terrible,
49:51où il faut vraiment, je dirais, se donner le temps de réfléchir.
49:55Ca, c'est important.
49:56Et avant de venir, je lisais un petit texte de Camus,
50:00je vais me permettre de vous le citer.
50:03Voici ce que disait Camus.
50:05Quand on conserve que des espérances raisonnables,
50:08on se sent le coeur solide.
50:11Et il disait, la démocratie n'est pas parfaite,
50:15mais c'est le système le plus acceptable.
50:19Donc, moi, je pense, si vous voulez,
50:21que les téléspectateurs, il faut leur donner rendez-vous.
50:25Cette chaîne, c'est un vrai carrefour politique,
50:27pluraliste, et j'ai envie de dire carrefour de la démocratie.
50:31Merci beaucoup.
50:32LCP arrive le 6 juin sur le canal numéro 8,
50:34avec cette nouvelle numérotation.
50:36C'est tout un symbole, puisque LCP sera diffusé
50:39à la place de C8 et de Cyril Hanouna.
50:41Un mot, vraiment.
50:42C'est très rapide,
50:44parce qu'on a des chroniqueurs qui nous attendent.
50:46Pour vous dire ce mot, il est très court.
50:51Moi, je voudrais que les journalistes,
50:53et pas seulement ceux des chaînes parlementaires,
50:56sénatoriales, etc.,
50:58je voudrais que les journalistes aient la même attitude
51:02quand ils interrogent, sur n'importe quelle chaîne,
51:05LFI, qui, visiblement, n'a pas la cote,
51:10et quand ils interrogent aussi Marine Le Pen.
51:14Bon, si ils voulaient.
51:16Ils sont pas interdits par la République.
51:18Ils sont pas interdits.
51:20Ils sont élus, il y a des gens qui votent pour eux.
51:24Est-ce qu'on pourrait leur parler respectueusement ?
51:27Et comme on parle à eux, qui ont opinion sur eux.
51:31C'est ce qu'on essaie de faire sur LCP. Merci beaucoup.
51:34Je vous garde avec moi, Yvan Levaille.
51:36Merci à vous, Richard Michel.
51:38On va terminer avec la séance de rattrapage du vendredi.
51:41Générique
51:44...
51:51On retrouve notre trio de fine lame politique du vendredi.
51:55Elsa Mondingava, d'LCP, bonsoir Elsa.
51:58Jean-Baptiste Daoulas, de Libération, bonsoir.
52:00Et David Revaudallon, de la revue de l'hémicycle,
52:04dont vous êtes le rédacteur en chef.
52:06Et on commence avec trois lettres. N-O-N.
52:10Est-ce que c'était possible de supprimer la réforme
52:14et de revenir aux 62 ans ?
52:16Je prétends que ce n'est pas possible.
52:18Le rapport, je dis comme citoyen, comme observateur,
52:22ce n'est pas possible.
52:23On va à nouveau essayer de comprendre, ce soir,
52:27le Premier ministre François Bayrou, qui répond, je cite,
52:30en citoyen, Elsa, dans l'hémicycle, il fallait oser.
52:33Ce conclave fait partie de l'accord de non-censure
52:36négocié avec le Parti socialiste contre des mesures budgétaires
52:39et une réflexion sur la réforme des retraites,
52:42qui était sans totem ni tabou, et il y a visiblement un gros totem.
52:46C'est la question de l'âge.
52:47François Bayrou dit non à un retour à 62 ans.
52:50Le lendemain, la CGT claque la porte,
52:52la CFDT veut revoir les règles du conclave.
52:54C'est très mal embarqué, bourde du Premier ministre,
52:57et certains l'excusent en disant qu'il n'a fait que dire la vérité.
53:01Ce conclave, c'est un jeu de dupe.
53:03Depuis le début, François Bayrou ne va pas revenir à 62 ans.
53:06Ce qu'on regrette dans le Bloc central,
53:09c'est qu'il aurait dû laisser se dérouler le conclave,
53:11qui n'aurait pas trouvé d'accord,
53:13se servir de la situation des finances publiques,
53:16de la situation internationale pour dire
53:18que ce n'est pas le moment de revenir à 62 ans,
53:21mais, comme le disait un député macroniste, il a parlé.
53:24C'est trop tard.
53:25C'est trop tard.
53:26C'est trop tard pour les socialistes ?
53:29Sur le papier, oui.
53:30Après, beaucoup de l'équation est très compliquée
53:33parce que les socialistes sont en Congrès,
53:35ça ne vous a pas échappé.
53:36Il y a des générations parallèles qui parasitent cette équation-là.
53:40Ensuite, ils sont très partagés,
53:42et même des gens qui sont plutôt défavorables à la censure,
53:46François Hollande, Olivier Faure,
53:48trouvent que c'est compliqué.
53:50Il s'agit d'un jeu de dupe,
53:51c'était, alors, souvent, parfois et souvent le cas, en politique.
53:55Pourquoi ? Qu'est-ce qui s'est passé ?
53:57François Bayrou, d'abord, semble-t-il,
53:59n'avait pas grand-chose à annoncer lors de cette émission dominicale
54:03chez nos confrères de France Inter.
54:05Le fait qu'il commette cette bourde a pris beaucoup plus d'ampleur,
54:09c'est apparu comme le nez au milieu de la figure,
54:11et je ne peux pas m'empêcher de penser
54:13qu'il répondait aux attaques assez vives
54:16de son prédécesseur, Edouard Philippe,
54:18qui expliquait que, d'abord, il ne se passait rien
54:21avec François Bayrou, mais c'est bien ce qu'il disait,
54:24et qu'il était hors de question de toucher à la réforme borne.
54:27Donc, il a un petit peu dévoilé, finalement, son jeu,
54:30qui était connu de tous,
54:32mais l'objectif, c'était de durer,
54:34et de ce point de vue-là, il s'est tiré une balle dans le pied.
54:37Il a même dit qu'il était hors sol, ce conclap,
54:40donc il est un peu fragilisé.
54:42François Bayrou, Jean-Baptiste,
54:44les socialistes sont complètement absorbés par leur congrès
54:47ou ils pourraient trouver une occasion de déposer une motion.
54:50Il y a une question de timing.
54:52Ca ne change pas grand-chose au sort de François Bayrou
54:55parce qu'il savait déjà, avant même cette boulette des 62 ans,
54:59qu'au mois de juin, il y a un moment difficile qui les attendait.
55:02Olivier Faure a dit que tant que les discussions
55:05continuaient autour de ce conclap,
55:07qui n'est plus un conclap, comme à la fin de la semaine,
55:10mais il y a toujours des discussions,
55:12le pacte de non-censure n'est pas rompu.
55:14Donc, on en revient toujours à cette date butoir,
55:17de fin juin à début juillet,
55:19qui est aussi le moment où le président de la République
55:22pourrait avoir le droit de dissoudre l'Assemblée nationale.
55:25Le vrai moment de vérité, il est à la fin du printemps.
55:29Les socialistes ont envie de partir en campagne ?
55:31La dissolution, c'est pas ce qu'ils espèrent.
55:34En tout cas, il y a la volonté de recréer un parti,
55:37de réasseoir une légitimité, un lien avec les Français.
55:40On a vu qu'ils peuvent surfer sur le bon score de Raphaël Glucksmann
55:43l'an dernier aux élections européennes.
55:46Mais il y a aussi une sorte d'incident démocratique général
55:49où, pour des raisons internes à chaque parti, à chaque camp,
55:52ils pourraient être obligés à la censure.
55:55On continue de parler de François Bayrou.
55:57Est-ce qu'il est stratège, habile ou véritablement maladroit
56:01avec ça ?
56:02-"Nous sommes dans un gouvernement polyphonique,
56:05cela ne vous a pas échappé.
56:06Depuis le début, je vous le dis,
56:09c'est la spécificité de la situation politique
56:11qui fait que nous avons des personnalités
56:14aux sensibilités politiques différentes
56:16et le Premier ministre ne souhaite pas qu'il se taise."
56:19Alors, Elsa, elle sort un peu les rames,
56:21la porte-parole du gouvernement. Pourquoi elle dit ça ?
56:24On a décidé d'en rire au gouvernement.
56:26Il y a eu une polémique, une discussion au sein du gouvernement
56:30sur l'interdiction du voile dans les compétitions sportives.
56:33Il y a une proposition de loi au Sénat.
56:35La ministre des Sports dit qu'il ne faut pas faire de confusion,
56:39pas d'amalgame. Elle est tout de suite taclée
56:41par le ministre de l'Intérieur, qui se dit en désaccord total.
56:45Gérald Darmanin en remet une couche
56:47en disant que, visiblement,
56:48elle ne soutient pas l'autorité républicaine.
56:51Il s'adresse aussi à la ministre de l'Education.
56:54On a vu une cacophonie au sein du gouvernement,
56:56polyphonie, pour le dire correctement.
56:59A la fin, François Bayrou a décidé de réunir tout le monde.
57:02Ce qui est le en même temps de François Bayrou,
57:04c'est qu'il donne raison aux uns sur le fond,
57:07mais tort sur la forme.
57:09Oui, on peut ne pas être en accord,
57:11mais il faut se respecter au sein du gouvernement.
57:14Le gouvernement soutiendra la proposition du Sénat
57:17pour interdire les signes ostentatoires
57:19dans les compétitions sportives.
57:21Il y a une question d'autorité aussi
57:23qu'il fallait démontrer de la part de François Bayrou.
57:26Il tranche lors d'une réunion très tendue,
57:28mais en faveur de la ligne Retailleau et Darmanin,
57:31qui le menaçait de sortir, c'est ça ?
57:33Oui, en fait, il y a vraiment une question de forme,
57:37qui est la solidarité.
57:39C'est-à-dire que la polyphonie, la cacophonie, pourquoi pas ?
57:42François Bayrou en fait même quelque chose,
57:44il essaye de retourner le désavantage en avantage
57:47en disant que c'est authentique.
57:49Les ministres ne sont pas le petit doigt
57:51sur la couture du pantalon à faire semblant
57:53de penser la même chose.
57:55Il est intraitable sur le fait qu'il ne veut pas
57:58que ce soit le bazar et que les gens se critiquent
58:00les uns les autres et se tirent dans les pattes.
58:03C'était vraiment le point qu'il voulait rappeler
58:06à certains, comme Bruno Retailleau,
58:08à qui il a dit tais-toi.
58:09Le ministre se lave, il va le rechercher.
58:11François Bayrou, il a un côté un peu sanguin.
58:14Certains le décrivent comme un lion qui rugit
58:16quand il est en colère.
58:18Même s'il était plutôt d'accord sur le fond avec Retailleau.
58:21C'est ça.
58:22D'un mot, vous avez le mot de la fin.
58:24Il est conforté, Retailleau, dans sa position.
58:27C'est la ligne de l'interdiction du voile
58:29sur les terrains de foot qui a emporté.
58:31Il n'est pas désavoué.
58:33Il y a une forme d'éruptivité de François Bayrou,
58:35on l'a vu sur le sujet précédent.
58:37Il répond à Edouard Philippe,
58:39il se prend les pieds dans le tapis sur les retraites.
58:42Souvenez-vous sur la motion de censure des socialistes.
58:45Il les avait un peu houspillés, ce qui les avait énervés.
58:48C'est une bonne méthode de laisser parler des poids lourds
58:51qui vont d'anciens socialistes
58:52comme Manuel Valls ou Elisabeth Borne
58:54à la droite conservatrice tendance dure à Bruno Retailleau.
58:58Le problème, c'est le fond.
58:59Ce gouvernement a peu de choses en stock,
59:01peu de choses dans les tiroirs.
59:03Il y a peu de projets de loi, peu de réformes.
59:06Dans ce vide, prospèrent forcément...
59:08Les chantages à la démission qui fleurissent.
59:10Les chantages à la démission, mais c'était un peu,
59:13je fais un malheur, mais ça en dit long sur l'ambiance.
59:16C'est l'autorité de François Bayrou
59:18qui a été un peu égratignée dans cette séquence.
59:21Merci pour ce décryptage de la semaine politique,
59:23plus politique que parlementaire, on l'a bien compris.
59:26Merci, messieurs, d'avoir fait LCP
59:28et de nous en avoir si bien parlé,
59:3025 ans après, très joyeux anniversaire
59:32à notre chaîne parlementaire.
59:34Profitez bien. À la semaine prochaine.
59:37SOUS-TITRAGE ST' 501
59:46Générique