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00:00C News, il est 8h12. Tout de suite, c'est la grande interview. Sonia, vous recevez ce matin Amélie de Montchalin.
00:22Bonjour Amélie de Montchalin. Bonjour.
00:24Bienvenue à la grande interview sur C News Européen. Vous êtes la ministre en charge des comptes publics.
00:29Avant d'évoquer, Amélie de Montchalin, la situation économique et budgétaire de notre pays,
00:33venons-en à ce qui s'ouvre à l'Assemblée nationale aujourd'hui avec la loi narcotrafic que vous portez d'ailleurs
00:39avec les ministres Bruno Rotailleau et Gérald Darmalin.
00:42Il y a des oppositions assez fortes, pas seulement à gauche, mais aussi dans votre camp, au niveau du socle commun.
00:48Qu'est-ce que vous dites ce matin à ces députés qui hésitent à mettre tous les moyens pour lutter contre les narcotrafiquants ?
00:55Je leur dis que c'est une menace pour toute notre nation et que c'est à notre nation, dans son ensemble,
01:01d'identifier ce fléau qui tue plus de 100 personnes par an, d'identifier ce fléau qui crée une économie qui n'est plus souterraine,
01:09qui est une économie désormais assez massive, et que nous devons non seulement identifier le fléau,
01:14nous relever, nous battre et vaincre ce fléau du narcotrafic.
01:18Et ce qui est inédit, c'est qu'aujourd'hui, effectivement, commence à l'Assemblée le travail sur un texte qui est un texte transpartisan,
01:25qui a été proposé par les deux sénateurs que je veux ici citer et remercier, les sénateurs Blanc et Durin,
01:32qui ont permis un vote à l'unanimité du Sénat.
01:35Et oui, autre ambiance au Sénat !
01:37Aujourd'hui, nous sommes trois ministres, le ministre de l'Intérieur, le ministre de la Justice et moi-même,
01:42parce que nous voulons bien sûr renforcer les moyens de l'Intérieur, de la Justice, mais surtout taper au portefeuille les trafiquants.
01:50Et donc ce que je leur dis à ces députés avec qui on va passer la semaine à débattre,
01:55c'est qu'on peut avoir évidemment des débats juridiques, mais l'enjeu c'est quoi ?
01:59C'est de protéger notre nation contre ce fléau.
02:02Je vais vous donner un exemple.
02:04Les Pays-Bas et la Belgique, il y a quelques années, ils se sont laissés déborder.
02:07Et donc ils ont eu des assassinats de journalistes, des assassinats d'avocats, des attaques massives sur les ports contre les dockers.
02:15Le premier ministre belge, le ministre de la Justice belge, ont été la cible de projets d'actes criminels.
02:21Donc nous ne pouvons pas laisser cela se passer dans notre pays.
02:25Et donc moi, ministre des Comptes publics, ministre des douaniers, que je suis très fière de défendre,
02:29qui font un travail matin, midi et soir, la nuit, tous les jours, pour saisir la drogue,
02:34on doit aujourd'hui renforcer nos moyens pour qu'ils puissent saisir l'argent.
02:38Amélie de Montchalin, enjeu vital.
02:40Il y a quelques jours ici, le garde des Sceaux n'a pas dit autre chose.
02:44Il dit la même chose que vous, il a évoqué aussi les menaces qui pèsent sur des magistrats.
02:49Malgré tout, certains députés, pas seulement de gauche, le répète,
02:52affirment que ce texte et certaines mesures sont trop invasives dans la vie privée des suspects.
02:58On parle de narcotrafiquants.
03:00Vous répétez qu'on ne peut pas se permettre ça dans cette lutte aujourd'hui.
03:04Je vous dis, il y a des débats juridiques, c'est normal.
03:07Ils ne sont que juridiques, ce n'est pas sur la liberté et la sécurité.
03:09Le Conseil d'Etat a été saisi pour que nous ayons le point de vue
03:12de la plus haute juridiction administrative de notre pays,
03:15pour nous assurer que la ligne était la bonne.
03:17Ce que je veux dire aujourd'hui, c'est que moi, mon objectif, c'est quoi ?
03:20Bien sûr qu'à un moment donné, quand on est trafiquant,
03:23quand on met des vies en danger, quand on gère énormément d'argent sale,
03:28mon objectif, c'est quoi ?
03:30C'est qu'on puisse saisir les avoirs, saisir les comptes bancaires.
03:32C'est qu'on puisse lutter contre toutes les ramifications du trafic,
03:36notamment le blanchiment.
03:37C'est qu'on puisse sécuriser les ports.
03:39C'est qu'on puisse avoir des techniques de renseignement plus efficaces
03:42qui nous amènent d'ailleurs, vous le voyez, tous les jours à saisir de la drogue.
03:46Et derrière la drogue, nous, on veut saisir l'argent de la drogue.
03:49Parce que si on asphyxie les trafics, si on asphyxie l'économie de ces trafics,
03:54on asphyxiera le fléau qui est celui du narcotrafic,
03:58et qui, on le sait, met des vies en danger et surtout affaiblit notre pays
04:03au point de potentiellement nous mettre en danger collectif.
04:06Donc loi d'intérêt général.
04:07Donc c'est une loi d'intérêt général.
04:08Tout le gouvernement engage sa crédibilité.
04:10Et je crois que toute la nation voit bien le risque.
04:13Et c'est l'objet des débats qu'on aura dans les prochains jours.
04:15Une parenthèse, tout le gouvernement engage sa crédibilité.
04:17Il y a un ministre qui l'engage davantage,
04:19ou en tout cas qui a mis en balance quasiment son départ du gouvernement.
04:22C'est Bruno Retailleau, qui est sur une ligne de fermeté.
04:25Vous partagez, vous, cette ligne de fermeté, Amélie de Montchalin ?
04:28La fermeté, c'est la force de la loi.
04:31La fermeté, c'est la certitude de la sanction.
04:35La fermeté, c'est ce qui nous permet, sur tous les sujets financiers,
04:38de lutter aussi contre les fraudes.
04:40Quand l'année dernière, de manière historique,
04:43on arrive à détecter 20 milliards de fraudes,
04:45à la fois fiscales et sociales dans notre pays,
04:47quand on encaisse 13 milliards de fraudes, c'est aussi la fermeté.
04:51La fermeté, c'est évidemment la force de chacun des ministres
04:55que de se battre pour avoir les moyens de notre action
04:58pour protéger les Français.
04:59Mais oui, tout le gouvernement a évidemment une ligne de fermeté.
05:02Et même, j'allais dire, de sanctions absolues
05:05qu'il nous faut faire respecter
05:07contre ceux qui ne respectent pas la loi.

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