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Interview ou reportage d'une émission cinéma produite par CANAL+ autour d'un film disponible sur CANAL+ ou sortant en salles, un événement ou une actualité du 7ème Art
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Transcription
00:00Je suis ravie de vous recevoir.
00:01Vous êtes nommé dans la catégorie
00:03Meilleur acteur pour un film qui m'a bouleversée,
00:05le film des Frères Larieux, le roman de Jim.
00:07Qu'est-ce que ça représente déjà pour vous de recevoir un prix ?
00:10Vous en avez déjà reçu, pas encore de César, il me semble.
00:12Mais qu'est-ce que ça représente pour vous ?
00:14En tout cas, je suis content d'être là pour le film des Frères Larieux,
00:16parce que c'est un film qui me tenait particulièrement à cœur.
00:19Je suis content d'être ici pour défendre leur cinéma.
00:21Et mon équipe, j'ai eu la chance de jouer avec deux actrices fabuleuses,
00:26que sont Laetitia Duff et Sarah Giraudeau.
00:28C'est comme si j'avais toute mon équipe avec moi, en fait.
00:30Je suis juste un facteur de ce film, mais il y en a plein.
00:33Et j'étais ravi de défendre un personnage d'un homme doux
00:38dans le milieu populaire.
00:39Et je trouvais ça bien qu'on ne cantonne pas toujours à la violence,
00:43certains mêmes retournements de situation qu'il y a dans le film.
00:45C'est le parcours d'un résilient, de quelqu'un qui fait face aux choses
00:49avec dignité et intelligence émotionnelle.
00:51Donc, de représenter cette forme de cinéma et des Frères Larieux,
00:56que ce soit Jean-Marie ou Arnaud Larieux, j'ai eu beaucoup de chances de faire ce film.
00:59Et puis, j'imagine de côtoyer un personnage aussi pur.
01:03Ça doit être un cadeau, j'imagine, pour vous,
01:05parce que ce personnage est tellement beau.
01:06C'est un énorme cadeau.
01:09Moi, je ne suis pas forcément quelqu'un de doux.
01:11Le temps d'1h30, ça m'a permis d'avoir une bande démo de douceur.
01:14C'est vrai, vous n'êtes pas doux, vous ?
01:16Non, je ne suis pas forcément doux, mais c'est comme ça.
01:17On vous voit déjà tellement discret, tellement...
01:20Je ne sais pas, ça dépend des horaires.
01:23Mais en tout cas, j'étais très touché par le destin de vie qu'il décrivait,
01:27par l'écriture de Pierrick Bailly, parce que c'est adapté d'un roman.
01:30Et j'aimais bien aussi l'idée de l'affiliation traitée comme ça,
01:33c'est-à-dire de poser la question des beaux-parents.
01:36Il y avait eu un très beau film, il y a quelques temps,
01:40de Rebecca Zelotowski, qui était déjà...
01:41-"Les enfants des autres". -"Les enfants des autres".
01:43Et là, c'est d'un point de vue masculin.
01:44Et j'aimais beaucoup vraiment l'idée de mettre en avant aussi
01:47les qualités de gentillesse et de douceur du personnage
01:51et qu'elle ne soit pas minaudée ou qu'elle ne soit pas tournée à la bêtise.
01:54Et c'est quelque chose qui m'a touché.
01:57C'est parti.
01:59Allez, on coupe.
02:00On coupe le cordon, allez-y.
02:02Où ?
02:03Entre les deux passes.
02:05Là ?
02:06Oui. Bravo ! Félicitations !
02:08Super. Et comment va s'appeler ce petit garçon ?
02:12C'est quoi son prénom ?
02:15Jim.
02:17Jim.
02:19Vous avez joué aussi cette année dans l'Amourouf,
02:21qui est aussi un film très largement nommé au César.
02:23Alors, c'est pas le même genre de père.
02:25Dans l'Amourouf, vous incarnez un père abîmé
02:27qui assiste impuissant à la dérive de son fils.
02:30Dans le roman de Jim, vous êtes aussi un père abîmé,
02:32pour d'autres raisons, puisqu'on vous arrache cet enfant qui n'est pas de vous.
02:35Deux approches différentes, mais qui sont nourries finalement toutes les deux
02:39par ce sentiment d'impuissance lorsqu'on est parent.
02:42Ce qui relie un peu les deux personnages, c'est cette impuissance,
02:45l'un d'un beau-père, parce qu'il n'a pas de droits
02:48à la fois de droits juridiques, de vrais droits sur un enfant.
02:51Et l'autre, dans le film de Gilles Lelouch,
02:53qui est un père des années 70, dur, méhément,
02:57et qui voit son enfant glisser
03:00et qui n'arrive pas à le remettre sur un chemin,
03:04disons, qui ne va pas le mener à sa perte.
03:06Et je trouvais que les deux destins de vie étaient assez jolis à incarner.
03:11C'était marrant, parce que j'ai eu des jours en commun,
03:15où je tournais sur les Frères Larieux,
03:16je suis parti aller tourner sur le film de Gilles,
03:18et je me suis dit que j'avais beaucoup de chance
03:20de faire deux pères très différents,
03:23et en même temps qui sont reliés, il me semble,
03:24d'une émotion que je trouvais intéressante.
03:29C'est une année, j'imagine, pour vous, à part.
03:31Il y a eu Vincent doit mourir un petit peu plus tôt,
03:33là, vous avez enchaîné quand même des rôles forts.
03:35Oui, en tout cas, j'ai eu la chance de travailler
03:38avec des metteurs en scène passionnants,
03:40des gens qui m'ont permis d'aller dans des univers différents,
03:43de faire des choses différentes,
03:45et j'ai été aussi beaucoup nourri par des partenaires de jeu.
03:48C'est un métier où on se nourrit beaucoup des autres.
03:51Quand je parle du film des Frères Larieux,
03:53je me suis rendu compte à quel point c'était une chance
03:55de défendre un tel destin de vie,
03:57qui, pour moi, est une forme de résonance dans notre pays,
04:00des gens résilients qui font face aux difficultés
04:03et qui mènent leur vie dignement,
04:05alors qu'ils y encaissent.
04:07Mais voilà, j'étais très reconnaissant et touché de jouer ça.
04:10Vous avez dit, à force de jouer la vie des autres,
04:13je me connais mieux et je m'accepte un peu plus.
04:16Des fois, on raconte des conneries.
04:18C'était sûrement pour faire une grande phrase à la con.
04:19C'est vrai, pourquoi ? Elle est belle, cette phrase.
04:21Oui, mais des fois, je me dis peut-être que...
04:24Ça fait très psychologie magazine.
04:26Mais ça, le cinéma vous a aidé, alors, à vous trouver ?
04:28Non. Non, il y a une distance avec les rôles.
04:31Et en même temps, vous êtes arrivé tard dans ce métier, aussi.
04:34Vous avez fait plusieurs choses avant,
04:35vous avez exercé plusieurs emplois.
04:36Ça m'a beaucoup aidé, oui.
04:37Ça vous aide.
04:38Ça, ça m'aide beaucoup.
04:39Et puis, c'est les gens qui nous entourent.
04:42C'est les vicons.
04:43On sent quand même que vous abordez ce métier avec une certaine maturité.
04:47Une humilité, aussi.
04:49Mais qui est nécessaire.
04:50Enfin, je crois que c'est très dur d'avoir la prétention
04:53de représenter la vie des autres.
04:55Le temps d'un instant ou de se plonger dans un personnage.
04:58Et puis, il ne faut pas se prendre au sérieux.
05:00Ça reste que du cinéma.
05:02C'est aussi ça.
05:02C'est-à-dire qu'il y a un moment où je trouve que tout ça, c'est du cinéma.
05:06Et on a de la chance, on doit être reconnaissant d'avoir un tel public.
05:09Parce qu'on fait une scène année quand même assez exceptionnelle de cinéma.
05:13Je trouve, entre les grands succès des films populaires, des films français,
05:17et aussi beaucoup de films d'auteurs qui rencontrent un vrai public,
05:20je me dis qu'on a un public hyper curieux.
05:22Et que, du coup, on doit fournir des films corrects aux gens.
05:26Ou essayer, en tout cas.
05:27Vous avez côtoyé Jacques Audiard.
05:29C'est aussi une belle année, d'ailleurs, pour lui.
05:30Vous avez tourné dans Le Prophète.
05:32Vous dites, il m'a mis en confiance, il m'a donné envie de continuer.
05:35Oui, son plateau, à l'époque, c'était...
05:37En tout cas, sur Un prophète, c'était magnifique.
05:39Il y avait une énergie très, très singulière.
05:41J'ai eu la chance un peu de naître avec ça au cinéma,
05:43alors que j'avais un mini, mini rôle.
05:44Mais du coup, c'est précieux quand on est sur un plateau.
05:47Et puis, quand on parle d'Un prophète, moi, je pense aussi à Tara Young.
05:52Qui est nommée face à vous, d'ailleurs, cette année.
05:54Pas face, à côté.
05:55Dans la même catégorie, c'est vrai.
05:57Vous l'avez vue à Znavour ?
05:59Oui, je l'ai vue.
05:59Elle fait une performance comme...
06:01C'est un acteur immense.
06:02Et puis, surtout, c'est un être humain qui est à la hauteur de l'acteur.
06:06Moi, c'est un ami.
06:08Je suis très fier d'être à ses côtés.
06:10Voilà, comme avec un copain comme François Syville.
06:13Voilà, il y a des moments...
06:15Vous êtes en famille, là, dans la catégorie.
06:18Non, non, je parle pas de famille, mais c'est juste un...
06:21Voilà, il y a des gens où c'est savoureux de se retrouver,
06:23de partager des bons moments,
06:25de célébrer le cinéma français, c'est magnifique.
06:27Et puis après, c'est marrant.
06:28Vous savez, j'ai l'impression qu'on est comme au PMU,
06:31mais juste qu'on est habillé en costard au lieu d'être des chevaux.
06:34Et hop, il y a le gong de départ, on court, on court.
06:36Et puis il y en a un qui est arrivé, qui a gagné le prix de l'Amérique.
06:38Oui, voilà.
06:39Vous allez préparer un discours, quand même ?
06:41Non, parce que je veux être bien dans mon siège.
06:43Non, non, non, je suis...
06:45Vous avez pas envie de vous projeter ?
06:46Non, non, je veux le moment présent, c'est super, déjà.
06:49Quelle chance, quelle joie d'être ici, vraiment,
06:52pour le film des Frères Larrieux.
06:54Vraiment, je suis hyper touché d'être là pour leur cinéma.
06:57Je prends avec moi, mais vraiment, dans cette nomination,
07:00puisque notre nomination pour le film, c'est celle-là,
07:03et je la prends, du coup, pour tout notre film,
07:04mais pas quand même à la hauteur de ma petite personne.
07:09Ah, je reviens !
07:19Ah, je suis content !
07:24Je suis content que tu sois là.
07:26Va, mon gamin.
07:28Vous avez dit, l'image que je renvoie m'intéresse peu.
07:30Je n'ai pas fait ce métier pour me rapprocher de moi,
07:32mais pour m'en éloigner.
07:34Oui, c'est vrai.
07:35C'est vrai qu'on a la chance d'avoir plein de vie.
07:38Ça, c'est quand même fou, dans ce métier de voyager.
07:42J'apprends tout le temps.
07:43C'est passionnant.
07:44Je trouve que du coup, oui, d'épouser la vie des autres,
07:49ou en tout cas, le temps d'un instant, d'essayer de l'épouser,
07:51en tant qu'acteur,
07:52c'est un peu la même chose.
07:53C'est un peu la même chose,
07:54mais en tout cas, le temps d'un instant,
07:56ou d'essayer de l'épouser,
07:57en tant qu'acteur, des personnages, c'est magnifique.
08:00Vraiment, quelle chance qu'on a !
08:02C'est pour ça que je veux être sur le moment présent.
08:05Mais c'est vrai.
08:06Il faut en profiter.
08:07D'être là, nominé pour ce film, je suis heureux.
08:12Je suis heureux de venir avec Laetitia, de Charajé, les frères à la rue.
08:15Ils sont tous là.
08:17On les imagine à côté.
08:19En vrai même, il y a des gens dont on parle peu dans le cinéma.
08:22Le film, par exemple, il tient beaucoup sur la volonté de la régie.
08:24On a eu des gens qui se levaient à 5h du matin.
08:28C'est un décor, comme c'est de la montagne,
08:30parfois très compliqué,
08:31et qui se sont battus pour rentrer dans une journée de travail,
08:34des fois des 5h, 20h,
08:36des choses qui étaient difficilement faisables.
08:39Et ça tenait beaucoup sur l'énergie des postes dont on parle peu.

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