L'ex-chirurgien Joël Le Scouarnec, 75 ans, est jugé à partir de ce lundi 24 février par la cour criminelle du Morbihan, à Vannes, pour 300 viols et agressions sexuelles commis sur 299 patients, quasiment tous mineurs, tout au long de sa carrière. Les écrits retrouvés chez lui seront au cœur des débats. Amélie Lévêque, partie civile du procès, témoigne de son histoire sur le plateau d'Affaire Suivante.
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00:00C'est un procès hors normes qui va s'ouvrir lundi devant la cour criminelle du Morbihan.
00:05Joël, le squarnec, 74 ans, ancien chirurgien digestif,
00:09sera jugé pour viol et agression sexuelle sur près de 299 mineurs.
00:16Des enfants âgés de 8 à 11 ans qui l'opéraient et dont il aurait abusé,
00:20soit dans leur chambre d'hôpital, soit dans son propre bureau,
00:23lors de consultations de contrôle.
00:25Des enfants, parfois conscients, parfois encore endormis,
00:28des horreurs qu'il consignait très précisément dans des carnets noirs,
00:32des carnets d'horreurs qu'il rédigeait comme des romans érotiques.
00:36La semaine prochaine, la cour va donc découvrir le profil de cet homme.
00:39Mais ce dimanche, on veut s'intéresser aux victimes.
00:41L'une des femmes qui a porté plainte contre lui est notre invitée.
00:45Dans un instant, mais d'abord, on revient sur ces décennies d'horreurs avec Fanny Régnaud.
00:52C'est dans cette maison, au cœur de la petite ville de Jonzac,
00:55que Joël, le squarnec, est interpellé.
00:58Il est accusé de viol sur sa petite voisine âgée de 6 ans.
01:02Il vit ici comme un ermite, souvent sale et nu.
01:05Dans la maison du chirurgien gastrique, les enquêteurs découvrent des poupées,
01:09des objets sexuels, des perruques et surtout,
01:12dissimulés sous le plancher, un carnet, rédigé à la manière d'un journal intime.
01:17Je suis à la fois exhibitionniste, voyeur, sadique, masochiste,
01:21scatologique, fétichiste, pédophile et j'en suis très heureux.
01:25Pendant près de 30 ans, le prédateur y a consigné des dessins d'abus sexuels,
01:29des récits à caractère pédophile et le nom de ses victimes présumées,
01:33leur adresse, leur âge.
01:34L'âge moyen des victimes reste de 11 ans.
01:38Les faits les plus anciens hors prescription
01:41remontent au mois de janvier 1989
01:44et les plus récents à janvier 2014.
01:4730 ans durant lesquels Joël le squarnec a pu commettre des abominations
01:51dans différents établissements hospitaliers de l'ouest de la France.
01:54Des soupçons et des dénonciations de pédocriminalité ont émaillé
01:58son parcours professionnel mais il n'a jamais été inquiété.
02:01Des silences et des dysfonctionnements qui ont permis aux chirurgiens
02:04de commettre 300 viols ou agressions sexuelles.
02:07Il abusait de ses jeunes patients après une opération
02:10lors de leur phase de réveil.
02:12Joël le squarnec, 74 ans, pourrait être le plus grand pédophile
02:16jamais connu en France.
02:18Il encourt 20 ans de réclusion.
02:21Et invité d'affaires suivantes.
02:23Amélie Lévesque, bonjour, merci d'être avec nous.
02:25Vous faites partie de ces personnes qui ont porté plainte
02:27contre Joël le squarnec.
02:28Vous allez nous raconter votre histoire dans un instant.
02:30Merci beaucoup d'être là et de votre courage
02:32de parler à la veille d'un procès qui, évidemment,
02:34est difficile pour vous comme pour toutes ces victimes.
02:36À vos côtés, votre avocat, maître Francesca Satta.
02:39Bonjour, merci beaucoup d'être là.
02:41Vous représentez une dizaine de parties civiles.
02:43Un peu plus d'une dizaine aujourd'hui, oui.
02:45Ça va être un procès extrêmement éprouvant pendant 4 mois.
02:49Avant de parler peut-être de tout ça,
02:51votre vie avant ce 27 janvier 1991,
02:55elle était comment ?
02:57J'étais une petite fille tout à fait normale,
02:59joyeuse, j'allais très bien.
03:02Une enfance heureuse ?
03:03Très, oui.
03:04Et puis il y a cette date, ce 27 janvier 1991,
03:06où comme plein d'enfants, vous avez une appendicite.
03:09Oui.
03:10Qu'est-ce qui va se passer ?
03:11Alors sur le moment, il ne se passe pas grand-chose.
03:14J'avais un souvenir de lui assez vague,
03:17quelqu'un de pas très sympathique, assez vulgaire.
03:20Mais au sortir de l'opération, directement...
03:22Pardon, vulgaire ?
03:23Vous aviez 9 ans.
03:24Oui.
03:25Ça veut dire quoi ?
03:26Qu'est-ce qui vous avait donné ce sentiment-là ?
03:28Il disait beaucoup de gros mots,
03:29donc il ne parlait pas d'urine mais de pisse,
03:32de choses comme ça.
03:33Donc ça m'est resté très longtemps,
03:35ça en fait, dans le souvenir de petite fille.
03:38Et puis c'est plus tard qu'on a découvert
03:41que j'avais développé des phobies au niveau des soins
03:44et notamment des prises de sang et des piqûres.
03:46Qu'est-ce qui se passait ?
03:47Vous ne vouliez pas lécher le médecin ?
03:48Il y avait des angoisses ?
03:49Non, c'était pire que des angoisses.
03:51Oui, c'était des grosses crises.
03:53Je me cachais sous la table,
03:54on ne pouvait pas me prendre le bras,
03:55on ne pouvait pas me faire de vaccins.
03:57On n'a pas pu m'opérer les dents de sagesse.
03:59Ça a été très, très compliqué.
04:01C'était, j'imagine, irrationnel pour les gens
04:03qui vous suivaient,
04:04même peut-être pour vous-même.
04:05Comment vous...
04:06Pour moi aussi, oui.
04:07Vous ne compreniez pas comment ça se passait ?
04:08Qu'est-ce que vous vous disiez ?
04:10Je ne comprenais pas pourquoi j'étais comme ça.
04:12Mon père non plus, mon médecin non plus,
04:14personne n'a vraiment mis de mots
04:16sur ce qui se passait.
04:18Et oui, c'était complètement irrationnel
04:20parce que c'est arrivé d'un coup
04:21et pourquoi j'avais peur comme ça ?
04:23C'est vrai que ça paraît un peu bébé,
04:26un peu chochotte,
04:27un peu tout ce qu'on veut.
04:29Après, même adulte,
04:30ça a été très compliqué pour moi
04:32et c'est toujours très compliqué pour moi.
04:34Ça a gâché une partie de votre enfance ?
04:36Oui, très longtemps.
04:38Même aujourd'hui,
04:39si je tombe malade,
04:40j'aurai vraiment du mal à me faire soigner.
04:42En 2019,
04:43cette affaire commence à être connue
04:45du grand public.
04:46On va y revenir
04:47par cette petite voisine
04:48qui va donner l'alerte.
04:49Et puis, on va remonter le fil,
04:51on va découvrir les carnets,
04:52on va découvrir l'horreur.
04:53Et c'est à ce moment-là
04:55que vous avez quoi ?
04:56Un flash ?
04:57Un moment où quelque chose se passe ?
04:58Je lis un article de journal
05:00qui parle de l'affaire Le Scornec
05:02mais assez global,
05:03pas quelque chose de très précis.
05:05Et puis, je ne sais pas,
05:06je me retrouve dedans.
05:07Je me dis,
05:09si c'était lui qui m'avait opéré.
05:11Je remonte un peu le fil des choses
05:13avec mes parents,
05:14mon médecin.
05:15Puis, je contacte mon avocate
05:17qui me confirme
05:19que je suis bien dans les carnets.
05:21À partir de là,
05:23c'est la descente aux enfers
05:25mais en même temps,
05:26des réponses à des questions
05:28d'une vingtaine d'années,
05:29voire trente ans.
05:31Pour que les gens comprennent bien,
05:33dans ces carnets,
05:34il y a votre nom,
05:35il y a votre âge,
05:36il y a le descriptif très précis.
05:38Est-ce que vous appréciez
05:39ce qu'il a fait
05:40à toutes ces personnes,
05:41à tous ces enfants ?
05:43C'est comme ça
05:44que vous allez comprendre
05:45ce qui vous est arrivé ?
05:46Pas vraiment.
05:47Parce que,
05:48moi,
05:49dans le carnet,
05:50la phrase,
05:51elle est assez succincte.
05:52On ne parle que de regard.
05:54Donc, c'est plutôt
05:55après les sciences de thérapie
05:57et d'hypnose
05:58qui m'ont permis
05:59de revivre
06:00le moment
06:01de la salle de réveil.
06:03Que vous avez vécu,
06:04c'est ce que porte
06:05avec beaucoup de courage,
06:07beaucoup de courage,
06:08effectivement,
06:09d'être déjà présente
06:10aujourd'hui.
06:11Amélie a été,
06:13je dirais,
06:14véritablement
06:15très courageuse
06:16dès le départ
06:17dans les témoignages
06:19qu'elle a pu
06:20énoncer
06:21qui lui faisaient
06:22du bien
06:23parce qu'elle voulait
06:24parler à visage découvert
06:26et elle voulait aussi
06:27que son témoignage
06:28puisse permettre,
06:30je dirais,
06:31que la parole
06:32se libère.
06:33Voilà.
06:34On est quand même
06:35face à un dossier
06:36où,
06:37dans 30 années,
06:38Joël Le Squardec
06:39a bénéficié
06:40en toute impunité
06:41de ce silence.
06:42Silence à la fois
06:43personnel,
06:44silence professionnel,
06:45ce que nous qualifierons
06:46d'Oberta.
06:47L'Oberta,
06:48aujourd'hui,
06:49c'est terminé.
06:50Aujourd'hui,
06:51nous avons des victimes
06:52qui parlent,
06:53qui osent,
06:54je dirais,
06:55prendre la parole
06:56sur des sujets
06:57qui sont extrêmement intimes
06:58et qui ont ce courage
06:59de tous les jours
07:00d'affronter aussi
07:01ce qu'ils ont,
07:02ce qu'ils éprouvent,
07:03ce que Joël Le Squardec
07:04a détruit en eux,
07:05dans les personnes
07:06que je vais défendre
07:07au procès
07:08qui commence demain.
07:09On a vraiment
07:10une destruction
07:11qui s'est faite
07:12de ces personnes.
07:13Est-ce que vous pouvez
07:14nous raconter
07:15quelques-uns
07:16de ces éléments
07:17qui sont notés
07:18dans ces carnets
07:19pour qu'on comprenne
07:20l'horreur
07:21de ce qui a pu être vécu ?
07:22On va le découvrir
07:23la semaine prochaine
07:24pendant le procès,
07:25mais vous les connaissez bien,
07:26vous avez travaillé dessus.
07:27Je les connais bien.
07:28Je connais,
07:29effectivement,
07:30j'ai des mots en tête
07:31qui sont
07:32particulièrement
07:33prégnants
07:34sur ce qu'il a pu écrire.
07:35Vous savez,
07:36Amélie disait à l'instant
07:37je me souviens d'un mot,
07:38c'est le mot « piss ».
07:39Voilà.
07:40Vous voyez,
07:41ce sont des écrits
07:42qui sont écrits
07:43véritablement
07:44avec l'utilisation
07:45de ces mots très crus.
07:46Lorsqu'il est en visuel
07:47sur un enfant
07:48qui est dénudé
07:49sur le lit d'hôpital,
07:50ça va être
07:51« mon recard
07:52est attiré
07:53par sa
07:54petite
07:55vulve
07:56précoce »,
07:57etc.
07:58Vous voyez,
07:59ce sont des mots
08:00comme ça
08:01qui montrent
08:02écœurés,
08:03je le dis
08:04très simplement.
08:05Il m'a fallu
08:06quand même
08:07trois reprises
08:08avant de pouvoir
08:09arriver à lire tout ça.
08:10Tellement subject,
08:11tellement vous avez
08:12une déshumanisation
08:13totale de l'enfant
08:14qui est concerné.
08:15Tellement
08:16Joël Le Squarnec
08:17considère
08:18cet enfant
08:19comme un
08:20gaude-michet
08:21qui est là
08:22pour assouvir
08:23ses besoins sexuels.
08:24Alors,
08:25toutes ces horreurs,
08:26tout ce qui sera
08:27relaté au cours
08:28de ces quatre mois
08:29de procès,
08:30tout ce qu'ont vécu
08:31ces personnes
08:32les unes
08:33après les autres,
08:34effectivement,
08:35il y aura
08:36lecture
08:37et il y aura
08:38effectivement
08:39des réponses
08:40hontes,
08:41au moins,
08:42nous le souhaitons,
08:43de Joël Le Squarnec,
08:44et tout au moins
08:45une prise de responsabilité
08:46en tant qu'homme
08:47de ce qu'il a pu faire.
08:48Oui,
08:49c'est vrai
08:50que ça résonne
08:51avec l'affaire Pédico.
08:52Pédico,
08:53filmé.
08:54Le Squarnec,
08:55noté.
08:56Et pendant
08:57trente ans,
08:58il a été
09:00tout consigné
09:01dans cette petite écriture
09:02de patte de mouche,
09:03sachant que
09:04dans les deux cas,
09:05le mot n'existe pas
09:06dans le catalogue
09:07des perversions.
09:08Il y a la nécrophilie,
09:09qui est le summum
09:10de la perversion.
09:11La nécrophilie,
09:12c'est quand vous avez
09:13des rapports sexuels
09:14avec une personne morte.
09:15Et puis,
09:16il y a la somnophilie,
09:17quand une personne dort.
09:18Mais dans votre cas,
09:19comme dans le cas
09:20de Dominique Pédico,
09:21on n'est pas du tout
09:22dans la somnophilie,
09:23puisque les personnes
09:24ne pouvaient pas se réveiller,
09:25elles étaient endormies,
09:26dans une phase opératoire.
09:27Autrement dit,
09:28on est plus proche
09:29de la nécrophilie,
09:30qui est encore une fois
09:31le summum de la perversion.
09:33Avec ce qu'on sait,
09:35c'est simplement
09:36s'écarner.
09:38Sachant que la famille,
09:39personne n'a rien dit,
09:41alors que vous le savez bien,
09:42il y a eu plein d'alertes
09:43de la famille.
09:44Les collègues
09:45du Conseil de l'Ordre,
09:46personne n'a rien dit,
09:47alors que là encore,
09:48il y avait plein d'alertes.
09:49Autrement dit,
09:50le procès va permettre
09:51de revisiter
09:52pourquoi le squarnec
09:53n'a pas été arrêté
09:54bien plus tôt.
09:55Et de découvrir
09:56le catalogue d'horreur.
09:57Le catalogue d'horreur
09:58et des perversions.
09:59Le catalogue d'horreur,
10:00comme vous le disiez
10:01tout à l'heure,
10:02c'est quand même,
10:03on part d'une enfance.
10:04C'est une enfance
10:05qui va faire tomber
10:06Joëlle Le Squarnec.
10:07Une enfant de 5 ans,
10:08que j'ai défendue
10:09au cours du premier procès
10:10avec ses parents,
10:11qui a eu ce courage inouï
10:12du fond de son jardin
10:13de pouvoir révéler
10:14à sa maman,
10:15avec ses petits mots à elle,
10:16ce qu'elle avait vécu.
10:17Et de là,
10:18nous allons arriver
10:19effectivement
10:20à la plainte de la maman,
10:21à l'enquête
10:22qui va se mener
10:23et aux perquisitions
10:24aux domiciles
10:25de Joëlle Le Squarnec
10:26pour découvrir
10:27des choses absolument atroces.
10:28Poupées,
10:29carnets tenus.
10:30On a effectivement
10:31cette espèce
10:32de serial killer,
10:33parce qu'on peut
10:34le qualifier comme ça.
10:35On a cette espèce
10:36de serial killer
10:37qui va noter,
10:38jour après jour,
10:39ce qu'il entreprend,
10:40ce qu'il fait
10:41sur chacun de ses mineurs.
10:42Mais pourquoi le fait-il ?
10:43Parce qu'il faut quand même
10:44expliquer cela.
10:45Il le fait
10:46parce qu'il a besoin,
10:47par une relecture,
10:48de revivre
10:49l'instant T
10:50qu'il a vécu
10:51dans sa vie.
10:53L'instant T
10:54qu'il a eu
10:55pendant 5 minutes
10:56au sein de la chambre
10:57de l'hôpital
10:58pour pouvoir éprouver
10:59de nouveau
11:00ses pulsions sexuelles
11:01qu'il a éprouvées
11:02à ce moment-là.
11:03Joëlle Le Squarnec,
11:04c'est un pédophile
11:05qui l'écrit
11:06et qui le clame.
11:07Et qui vit
11:0824 heures sur 24
11:09dans l'unique but
11:10d'assouvir
11:11ses pulsions sexuelles.
11:12Amélie,
11:13tout ce qu'on raconte là
11:14va être amplifié,
11:15détaillé
11:16ces prochains jours,
11:17ces prochaines semaines.
11:18Comment vous abordez
11:19ces questions-là
11:20?
11:22Vous abordez ce procès ?
11:23Est-ce que vous allez
11:24réussir à le regarder ?
11:25Est-ce que vous avez
11:26envie de le voir ?
11:27Dans quel état d'esprit
11:28vous êtes ?
11:29Je suis assez stressée,
11:30assez angoissée
11:31à la veille
11:32de l'ouverture du procès.
11:33Après,
11:34j'ai très envie
11:35de le voir,
11:36de le rencontrer.
11:37J'ai des choses
11:38à lui dire,
11:39encore.
11:40Je ne fais que de le dire
11:41mais j'ai vraiment
11:42des choses à lui dire
11:43parce que je ne veux pas
11:44avoir de regrets.
11:45J'espère ne plus jamais
11:46croiser sa route.
11:47Donc j'aimerais vraiment
11:48clôturer tout le chapitre
11:49la semaine prochaine
11:50puisque moi je passe
11:51tout au début.
11:52Je passe le 7 mars.
11:53Lui dire le mal
11:54qu'il vous a fait ?
11:55Aussi,
11:56et puis surtout
11:57qu'il ne m'a pas détruite
11:58et que malgré tout,
11:59je vais continuer,
12:00je vais me relever
12:01et que je vais y arriver
12:02et que je vais m'en sortir.
12:03Votre vie aujourd'hui,
12:04vous arrivez à en parler,
12:05vous avez fait un travail
12:06considérable pour être là.
12:07Comment ça va ?
12:08C'est assez difficile
12:09aujourd'hui
12:10mais globalement
12:11je vais bien.
12:12Je suis très bien entourée,
12:13je suis bien suivie,
12:14je suis en bonne santé,
12:15je suis en bonne santé,
12:16je suis en bonne santé,
12:17je suis en bonne santé,
12:18je suis en bonne santé,
12:19je suis bien suivie,
12:20je suis très bien accompagnée aussi.
12:21J'ai beaucoup de chance
12:23donc globalement,
12:24on va dire que je vais bien.
12:26Est-ce qu'entre victimes,
12:27vous vous êtes parlé,
12:28vous avez des petits groupes
12:30peut-être pour vous soutenir
12:31à partir de la semaine prochaine ?
12:32Alors, les groupes,
12:33c'est surtout...
12:34Avec un lien commun,
12:36qui refabricate.
12:37On a créé un groupe WhatsApp
12:38ce qui permet
12:39à toutes les victimes
12:40que je défends
12:41de pouvoir communiquer,
12:42je dirais tous les jours,
12:43à n'importe quelle heure
12:45et surtout
12:46d'avoir ce soutien de groupe.
12:48On a vraiment un groupe
12:49extrêmement soudé
12:50où la liberté de la parole
12:52est respectée,
12:53où personne ne va critiquer
12:55le fait de dire ceci ou cela.
12:57On est vraiment très bien.
12:59Qu'est-ce qu'il faut en attendre
13:00de sa part ?
13:01Comment il a été au premier procès ?
13:02Qu'est-ce qu'il a dit ?
13:03Écoutez, au premier procès,
13:04c'est bien simple.
13:05Moi, il n'a jamais reconnu
13:07les faits concernant
13:08la jeune petite que je défendais.
13:10Qu'est-ce qu'il faut en attendre
13:13pour ce procès qui arrive ?
13:15J'aimerais qu'il n'ait pas
13:16l'attitude qu'il a eu
13:17au premier volet,
13:18c'est-à-dire une attitude de retrait,
13:20une attitude tout à fait froide,
13:22attendant que les pions
13:25avancent devant lui
13:26pour savoir quelle réaction
13:28il va tenir
13:29et quelle réponse il va apporter.
13:30Moi, j'attends de lui
13:31qu'il se comporte en homme,
13:33qu'il assume ses responsabilités
13:37pour permettre aux victimes
13:38de pouvoir enfin avoir une réponse.
13:41Et ça, c'est important.
13:43On a besoin d'une reconstitution
13:44du puzzle.
13:45C'est ça qui est important
13:46et des pièces manquent
13:47et nous avons besoin de ces pièces.
13:49Et on verra demain
13:50l'attitude qu'il adoptera.
13:51On voulait donner la parole
13:52aux victimes aujourd'hui
13:53et à vous toutes
13:54qui allez porter ce courage
13:55à partir de la semaine prochaine.
13:56Merci beaucoup, Amélie.
13:57Merci à vous.
13:58Merci d'être venue.
13:59À la semaine prochaine, évidemment.