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Philippe de Villiers : «L'Union européenne est une idée, une création américaine, née dans le bureau ovale. [...] Maastricht a pérennisé ce que Jean Monnet voulait, c'est-à-dire une communauté transatlantique.»

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00:00L'Union Européenne, c'est une idée, une création américaine, suivez-moi bien, je pars de loin, vous allez voir, on va y arriver.
00:12C'est une création américaine, c'est une idée qui est née dans le bureau Oval, en 1943, il y a deux hommes face à face,
00:22le président des Etats-Unis, Roosevelt, et le conseiller, son conseiller technique, qui est de nationalité anglaise,
00:32qui est banquier américain, qui s'appelle Jean Monnet, qui passe sa guerre aux Etats-Unis.
00:40Et là, Roosevelt explique à Monnet, il faut qu'on fasse une communauté transatlantique pour avoir un marché annexe, un marché complémentaire.
00:50Communauté transatlantique, et il impose ces mots, il impose la sémantique américaine, le pacte charbon-acier, sémantique américaine,
01:01la haute autorité, sémantique américaine, la commission, c'est les agences, non-élus, sémantique américaine,
01:09les pères fondateurs, sémantique américaine s'il en est. Et donc, c'est parti.
01:16Ensuite, le 9 mai 1950, la déclaration fondatrice de l'Europe, qui est lue dans les écoles, encore aujourd'hui, lue par Schuman,
01:27en fait, elle est rédigée avec, à deux mains, elle est rédigée avec le secrétaire d'État, Dina Chisholm, le secrétaire d'État américain,
01:36qui vient spécialement à Paris pour contrôler la déclaration, pour qu'elle soit une déclaration atlantiste.
01:45Deuxième étape. Troisième étape. En 1957, le 25 mars 1957, le traité de Rome est signé, et il faut un président, le premier président de la commission.
01:55C'est évidemment décisif. Et John McLeod, retenez ce nom, qui est le haut commissaire américain de l'administration alliée qui occupe l'Allemagne,
02:09suggère à l'oreille d'Adenauer de prendre quelqu'un qu'il connaît bien, puisqu'il l'a rééduqué, qui s'appelle Walter Hallstein.
02:16Walter Hallstein, c'est un officier supérieur allemand en national-socialisme. C'est lui qui enseigne le national-socialisme aux soldats allemands.
02:27Il est arrêté le 26 juin 1944 à Cherbourg. Il y a les photos, j'ai publié ça dans un livre.
02:33Et ensuite, il est rééduqué à Fort Getty, aux États-Unis, rééduqué par des Américains, notamment par Jacques McLeod.
02:40Et Adenauer dit on prend. Et donc, en fait, le premier président de la commission européenne est évidemment pour le moins pro-américain.
02:49Et il va donner un pli qui ne changera plus. Alors pourquoi je vous dis ça ? Je vous dis ça parce que c'est là que c'est important.
02:59Toute l'architecture de cette Europe, elle est une architecture post-politique, post-tragique, post-historique, post-morale et post-nationale.
03:13C'est-à-dire que c'est une architecture post-politique sans aucun ressort de puissance. Ce n'est plus la question. On est un marché.
03:27Et deuxièmement, c'est une Europe sans les États et avec un fédérateur extérieur. L'Amérique, c'est ça l'Union européenne.
03:38Et Maastricht a pérennisé ce que Jean Monnet voulait, c'est-à-dire une communauté transatlantique.
03:46Et j'arrive à la conclusion. Aujourd'hui, qu'est-ce qui se passe ? Quatre phénomènes. Premier phénomène, la Nouvelle-Amérique nous regarde avec mépris.
03:56On était des protégés, on était des consommables. Vous allez voir la herse douanière qui va arriver. Et puis maintenant, on nous dit, maintenant, mettez l'argent si vous voulez vous défendre.
04:07En plus, pour acheter du matériel américain, s'il vous plaît. Donc en fait, on est passé du partenariat transatlantique au protectorat transatlantique. Premier point.
04:18Deuxième point, l'Europe n'a pas écouté de Gaulle. De Gaulle disait, vous ne pourrez jamais faire une vraie Europe sans la Russie.
04:27Parce qu'on ne peut pas faire une Europe sans l'Eurasie. Sinon, on fait un bout d'Europe. C'est ce qu'on a fait. On a fait non pas l'Europe de l'Atlantique à l'Oural, mais l'Europe de l'Atlantique sans l'Oural.
04:40Donc c'est un moignon d'Europe. Troisièmement, la défaite de l'Ukraine, j'ai dit ça il y a un an, il y a deux ans ici même, avec vous, vous vous en souvenez, sera la défaite de l'Europe, de l'Union européenne.
04:54On est en plein dedans. Ils ont l'air malins, ils voulaient envoyer des troupes, ils flirtaient avec le nucléaire, etc. Ils jouaient les gros bras, voilà.
05:04Et donc en fait, les deux slogans de 92, c'était l'Europe puissance et l'Europe c'est la paix. Non, l'Europe c'est pas la paix, l'Europe c'est la guerre.
05:18On a été faire la guerre ailleurs que chez nous, à l'extérieur de chez nous, entre deux peuples slaves pour les départager.
05:25Absurde, les historiens diront, ils étaient fous. Et tout ça pour en fait faire une Europe plus unie, pour intégrer davantage la purée de marrons.
05:37Et puis l'Europe puissance, elle est morte avant que d'avoir existé, enfin, on en parlera peut-être la semaine prochaine parce que c'est les élections allemandes.
05:47L'axe franco-allemand, il n'y en a plus. Vous savez, de Gaulle disait, les nations n'ont pas d'amis, elles n'ont que des intérêts.
06:01Et moi je rajoute, la bureaucratie n'a pas d'intérêt, elle n'a que des procédures.

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