Ce mercredi 15 janvier 2025, la commission du développement durable auditionne Jean-Marc Jancovici, président du think tank "The Shift Project" à l'origine de la publication le 22 novembre 2024 du rapport "Pour une agriculture bas carbone, résiliente et prospère. Pour une transformation ambitieuse du secteur". Accompagné de Corentin Biardeau-Noyers, ingénieur de projet Agriculture, et de Laure Le Quéré, ingénieure experte Agriculture, ils présentent leur rapport devant les députés, pointant un "système agricole complexe" et dressant des recommandations à l'égard des pouvoirs publics, des acteurs territoriaux et des agriculteurs.
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00:00:00Bonjour et bienvenue sur LCP, au coeur du travail parlementaire, avec aujourd'hui cette
00:00:12question.
00:00:13Connaissez-vous The Shift Project ou encore TSP ou encore The Shifters ? Non ? Eh bien
00:00:18ce n'est pas grave.
00:00:19C'est justement l'objet de notre discussion aujourd'hui.
00:00:23Il s'agit non pas d'un énième épisode d'une série en vue, mais bien d'un projet
00:00:28français, un laboratoire d'idées qui se fixe à un objectif très précis, réduire
00:00:33notre dépendance aux énergies fossiles comme le pétrole au profit d'une énergie bas
00:00:39carbone.
00:00:40Alors son président, lui, en revanche, vous le connaissez bien, il s'agit de Jean-Marc
00:00:45Jancovici qui était précisément auditionné à l'Assemblée Nationale sur son projet.
00:00:50Écoutez.
00:00:51Merci de nous avoir réservé un temps pour discuter d'un sujet qui est un tout petit
00:00:56peu utile à l'activité de chacun d'entre nous puisque si on ne mange pas le reste devient
00:01:01un peu plus difficile.
00:01:02Je vais vous parler rapidement de ce qu'est le Shift Project pendant quelques minutes
00:01:09et puis ensuite mes deux collègues sur ma droite rentreront un tout petit peu plus
00:01:13dans le détail du travail qu'on a mené.
00:01:15Le Shift Project est une association qui a été créée en 2010, dont je suis le président,
00:01:19et qui a pour objectif de contribuer à la décarbonation de l'économie.
00:01:24C'est une association d'entreprises, donc les seuls membres du Shift Project sont des
00:01:27entreprises.
00:01:28Leur cotisation représente à peu près un tiers de notre budget et les deux autres
00:01:32tiers sont fournis par du financement ad hoc sur les projets que nous menons.
00:01:37L'essentiel de l'activité du Shift Project consiste à s'emparer de sujets, donc on
00:01:42est libre éditorialement de faire exactement ce qu'on veut, on est une association d'intérêt
00:01:46général et tout ce qu'on fait est versé dans le domaine public, et nous nous emparons
00:01:50de sujets dont nous pensons qu'ils sont utiles pour faire avancer le débat sur la
00:01:55décarbonation.
00:01:56On a une association cousine, ou sœur, je ne sais pas comment il faut dire, qui s'appelle
00:02:02les Shifters, qui elle est une association de personnes physiques, donc en gros il y
00:02:05a deux associations qui travaillent la main dans la main, le Shift Project qui est une
00:02:09association d'entreprises et les Shifters qui sont une association de personnes physiques.
00:02:13Au sein des Shifters, selon qu'on demande au syndicat ou à la police, on se promène
00:02:17entre 8000 et 30000 personnes, 30000 c'est les gens qui disent qu'ils en font partie
00:02:22et 8000 c'est ceux qui payent leur cotisation, c'est un segment de cette manière.
00:02:26Les sujets sur lesquels on travaille, comme l'énergie est partout, ils sont partout
00:02:34également, donc nous avons de par le passé travaillé sur l'industrie, les transports,
00:02:40l'éducation, la santé, la culture, l'administration publique, enfin voilà on travaille sur à
00:02:44peu près n'importe quel sujet et là nous avons lancé il y a maintenant à peu près
00:02:49deux ans un travail sur la question agricole qui est celle dont on va vous parler ce matin.
00:02:56Alors le cadre dans lequel on inscrit notre réflexion est le suivant, on parle souvent
00:03:01nous de ce qu'on appelle la double contrainte carbone, alors la double contrainte carbone
00:03:06elle est assez simple, c'est le fait que les combustibles fossiles c'est absolument
00:03:10merveilleux puisque si on regarde historiquement ce qu'ils nous ont amené, ils nous ont amené
00:03:14la fin de la pénibilité de plein de travaux, la liberté individuelle de mouvement, l'augmentation
00:03:19du pouvoir d'achat, les retraites, oui oui les retraites c'est une conséquence de l'avènement
00:03:24des combustibles fossiles qui ont permis la productivité du travail, le développement
00:03:27de l'industrie, la mondialisation, enfin j'en passe à des meilleurs, ils ont malheureusement
00:03:31deux inconvénients, donc s'ils n'avaient pas ces inconvénients ça serait très bien
00:03:33de les garder, il faudrait surtout les garder, mais ils ont deux inconvénients, la première
00:03:37c'est qu'ils sont épuisables, enfin le deuxième, pardon le premier c'est qu'ils sont épuisables
00:03:41et le deuxième c'est qu'ils engendrent du réchauffement climatique, alors le deuxième
00:03:44inconvénient vous le connaissez tous et toutes parce qu'on en parle beaucoup, le premier
00:03:50je vais juste vous rappeler qu'il faut 40 à 400 millions d'années pour faire du pétrole,
00:03:54du gaz ou du charbon à partir de la vie ancienne qui lui a donné naissance, donc c'est pas
00:03:58renouvelable, donc ça veut dire qu'on peut pas en avoir indéfiniment autant qu'on veut
00:04:02et en fait quand on regarde l'approvisionnement européen, je vais pas rentrer dans les détails
00:04:05aujourd'hui mais il y a des auditions devant certains de vos collègues de par le passé
00:04:08qui rentrent dans ce genre de détails, quand vous regardez l'approvisionnement énergétique
00:04:12européen, vous constatez que nous sommes déjà sous stress, pas pour des raisons climatiques
00:04:17mais pour des raisons géologiques, d'approvisionnement en combustible fossile depuis maintenant 15
00:04:20ans et ça peut très facilement se relier au problème économique croissant que nous
00:04:24connaissons depuis cette époque, voilà c'est pas le sujet du jour mais on peut en reparler
00:04:28si ça vous intéresse. Dans le cadre de l'agriculture, on a découpé nos travaux en deux temps,
00:04:35un premier temps est de nous intéresser à la partie production, c'est de ça dont
00:04:38on va vous parler aujourd'hui et il y aura un deuxième temps que nous allons démarrer
00:04:42dans quelques mois où on va s'intéresser à la partie aval, c'est-à-dire transformation
00:04:46distribution, évidemment on pourrait nous dire que dans un cercle, vous savez, il n'y
00:04:52a pas de début, il fallait bien démarrer par quelque chose. Jean-Marc Jancovici auditionné
00:04:57à l'Assemblée Nationale sur The Shift Project, c'est le nom de son laboratoire d'idées
00:05:04qui vise à redéfinir l'économie en vue d'une transition carbone, c'est un peu l'objectif
00:05:12et aussi ce projet vise à donner des perspectives aux agriculteurs français étouffés par
00:05:18les normes et notamment les normes européennes. Ce matin, devant la commission, il y avait
00:05:22beaucoup beaucoup de monde venu entendre Jean-Marc Jancovici, place aux questions.
00:05:27Madame, messieurs, votre rapport soulève des enjeux cruciaux pour l'agriculture française
00:05:33notamment la nécessité de réduire sa dépense aux énergies fossiles et de renforcer sa
00:05:38résilience face aux crises climatiques et économiques. Ces objectifs, bien que louables,
00:05:43ne doivent pas faire oublier les réalités vécues par nos paysans. Tout d'abord, le
00:05:47Rassemblement National défend l'idée que l'agriculture française ne pourra réussir
00:05:50sa transition écologique sans garantir des prix rémunérateurs aux paysans. Or, votre
00:05:56rapport ne semble pas suffisamment traiter de cette question essentielle. Comment entendre
00:06:00des agriculteurs qu'ils investissent dans des pratiques agroécologiques sans une juste
00:06:05rémunération de leur travail ? Les transformations proposées ne doivent pas se faire au prix
00:06:10de leur survie économique. Très clairement, nous déplorons l'idée de la décroissance.
00:06:15Ensuite, il est urgent d'agir et de mettre fin à l'inflation normative qui étouffe
00:06:20les exploitants agricoles. Votre rapport propose des ajustements structurels qui risquent d'ajouter
00:06:25des contraintes administratives supplémentaires. Nous devons simplifier les normes agricoles
00:06:29tout en maintenant un haut niveau de qualité de sécurité alimentaire. Il est essentiel
00:06:34que cette transition ne devienne pas un fardeau administratif supplémentaire pour nos paysans
00:06:38qui peinent déjà s'y retrouver dans la jungle réglementaire. Par ailleurs, pour
00:06:42promouvoir une agriculture durable et souveraine, nous devons renforcer les circuits courts.
00:06:47Ces derniers permettent de garantir une juste rémunération des producteurs tout en rapprochant
00:06:52les consommateurs de leur territoire. Soutenir les circuits courts, c'est non seulement réduire
00:06:56l'empreinte carbone des filières agricoles, mais aussi revitaliser nos territoires ruraux
00:07:00et garantir une alimentation de qualité à nos concitoyens. Enfin, nous défendons un
00:07:06moratoire sur les traités de libre-échange qui fragilisent nos filières agricoles en
00:07:11favorisant l'apportation de produits issus de systèmes moins exigeants sur le plan environnemental
00:07:15et social. Vos propositions pour relocaliser la production, réduire les émissions importées
00:07:21vont dans le bon sens, mais elles seront vaines si nous continuons à accepter des produits
00:07:25agricoles qui ne respectent pas les normes imposées à nos propres agriculteurs. Ce
00:07:29dumping environnemental et social doit clairement cesser. Ma question est donc la suivante,
00:07:34comment intégrer dans votre vision une garantie des prix rémunérateurs pour les paysans,
00:07:39une réduction de l'inflation normative, une priorité aux circuits courts et une remise
00:07:43en question des traités de libre-échange, afin que cette transition ne sacrifie pas
00:07:47notre souveraineté alimentaire et n'étrangle pas davantage nos exploitants agricoles ? Je
00:07:52vous remercie. Merci, je vous donne la parole pour répondre. Alors le consentement à agir
00:08:00du monde agricole était bien évidemment au centre de nos préoccupations puisque nous
00:08:04avons mené cette consultation qui était une première au sein des travaux du Chief
00:08:07Project, on n'a jamais fait ça dans aucun autre secteur avant, et on a obtenu après
00:08:11quasiment 8000 réponses d'agriculteurs, ce qui est très significatif au regard des
00:08:16effectifs du secteur, et on leur a bien évidemment posé la question, c'était contenu dans
00:08:22l'exposé qu'on a fait, de ce à quoi ils étaient prêts, ce à quoi ils n'étaient
00:08:26pas prêts, et on a pris le plus grand soin de poser les questions pour que personne ne
00:08:30se sente, j'ai envie de dire, sous pression pour répondre dans un sens parce que la réponse
00:08:35allait bien faire. Donc on a vraiment posé les questions de telle sorte que, quelle que
00:08:40soit la réponse qu'ils fassent, ils ne se sentent pas mis en accusation ou pas mis sur
00:08:43la salette ou etc. Et les grandes conclusions qu'on en retire c'est qu'il y a un souhait
00:08:49d'action très très largement partagé dans le secteur et que la limite, c'est celle
00:08:54que vous avez souligné mais c'est celle qu'on a souligné également dans notre exposé,
00:08:56c'est une limite économique. Alors je vais quand même rappeler un point essentiel à
00:09:00nos yeux, quand vous passez la caisse d'un magasin, d'un distributeur etc., il y a 7%
00:09:06du ticket de caisse qui va à l'agriculture, 7%. Je vous rappelle que la dépense alimentaire
00:09:11des français c'est 15%, donc 7% de 15%, vous êtes capable de faire le calcul comme
00:09:15moi, ça veut dire que les agriculteurs gagnent 1 à 1,5% de ce que dépensent les ménages,
00:09:21c'est-à-dire quasiment rien. Et en fait, une fois qu'on a ce chiffre en tête, on comprend
00:09:26que dès lors qu'on est capable, et ça ça fera partie de nos travaux à venir, de ne
00:09:33pas avoir des augmentations de prix proportionnelles à l'aval de la chaîne quand on augmente
00:09:36les coûts de production dans les exploitations, en fait on a des marges de manœuvre assez
00:09:40significatives pour augmenter les coûts de production dans les exploitations elles-mêmes
00:09:44sans ruiner les consommateurs. C'est pas quelque chose qui est insurmontable à nos
00:09:49yeux. En ce qui concerne la question du libre-échange et du Mercosur, pour ne pas le nommer, je
00:09:55vous rappellerai pas la tribune qu'un certain nombre d'entre vous ont probablement signée,
00:09:59il y a une unanimité assez forte dans ce pays, on l'a retrouvé dans la consultation
00:10:02du Monde Agricole et au Chiffre Project, on partage cette vue, qui est qu'évidemment
00:10:07il ne faut pas donner des fouets pour se faire battre, on ne proposera absolument pas
00:10:14qu'il y ait des mesures qui soient mises en œuvre dans ce pays, qui ne soient pas dans
00:10:18des close-miroirs, qui ne soient pas dans un cadre tel que ça nous désavantage, il
00:10:23faut évidemment protéger les pratiques vertueuses sur le plan économique quand on décide d'en
00:10:27faire, c'est absolument évident. Voilà quelques premiers éléments, alors il faut savoir
00:10:33qu'au Chiffre Project on voit toujours l'économie sous l'angle physique d'abord, physique-biologique,
00:10:37c'est-à-dire qu'on s'intéresse aux flux qui permettent à l'activité d'exister, donc
00:10:41là dans le domaine agricole on a parlé sol, on a parlé biologie, on a parlé rendement,
00:10:45on a parlé heures de travail, on a parlé compétences, donc on a parlé de trucs qui
00:10:48se touchent j'ai envie de dire, l'argent ça se touche un peu mais moins, et donc l'économie
00:10:53on voit ça comme une condition aux limites, on regarde ça dans un deuxième temps, dans
00:10:58un premier temps on regarde vraiment comment est-ce qu'idéalement il faudrait organiser
00:11:00le système pour qu'il flotte, voilà, et puis je laisse mes collègues compléter un
00:11:04tout petit peu. Pour compléter très brièvement, si on peut
00:11:10avoir le partage d'écran s'il vous plaît, et pour abonder dans ce sens, c'était aussi
00:11:16une des questions qu'on a souhaité poser lors de la grande consultation des agriculteurs,
00:11:21et on le voit, il y a un vrai enjeu, c'est d'ailleurs la première politique publique
00:11:27que les agriculteurs appellent de leur vœu, c'est d'être protégé contre les effets
00:11:34de la concurrence internationale, et donc ça abonde effectivement dans ce sens.
00:11:38Merci, je donne la parole à Pierre Cazeneuve pour poursuivre pour trois minutes.
00:11:46Merci Madame la Présidente, chers collègues, Madame le Cairet, Monsieur Jean-Rovissier et
00:11:51Pierre Denoyer, merci beaucoup tout d'abord pour votre présence ce matin, et surtout
00:11:55pour votre venue nous présenter ce rapport mené avec le Shift Project qu'on a lu avec
00:12:00beaucoup d'attention. On le sait, le secteur agricole représente à peu près 20% des
00:12:07émissions de gaz à effet de serre en France, mais ce qui apparaît dans votre étude qui
00:12:11a été menée auprès de presque 8000 agriculteurs, c'est évidemment le fait que pour une immense
00:12:16majorité d'agriculteurs, il y a la volonté farouche d'opérer les changements structurels
00:12:22et la transition nécessaire pour parvenir à mener cette transition. Nous le savons,
00:12:28les agriculteurs ce sont intrinsèquement des entrepreneurs qui, depuis la nuit des
00:12:33temps, depuis le début de l'agriculture, ce n'est pas tout à fait la nuit des temps,
00:12:37se sont adaptés au quotidien, ils font évoluer leur pratique, leur culture, leur approche
00:12:43de leur exploitation, ils sont au plus proche de nos territoires, ils connaissent leur sol,
00:12:48leur écosystème, et par ailleurs, c'est presque un paradoxe, ce sont les premiers
00:12:53à être les victimes de ce dérèglement climatique et être confrontés à leurs conséquences.
00:12:58Dans les conclusions de votre étude et notamment de ce grand sondage que vous avez pu mener
00:13:05auprès de ces 8000 agriculteurs, encore une fois, un, je retiens cette volonté affichée
00:13:10et très majoritaire de participer à ce changement, et je retiens également évidemment ce que
00:13:16vous avez mené, c'est-à-dire que derrière il y a une clé économique, une lecture économique
00:13:20à avoir pour redonner aux agriculteurs de la valeur ajoutée, des marges, et ce qui
00:13:25a mené à une de vos conclusions, qui est de dire qu'il vaut mieux avoir des mesures
00:13:29incitatives que punitives.
00:13:31Une de mes questions derrière, c'est au-delà même du changement quasiment systémique
00:13:35qui est nécessaire autour de la redistribution de la valeur ajoutée et du modèle agricole,
00:13:38est-ce que vous avez estimé les coûts de l'accompagnement notamment de l'Etat sur
00:13:43les politiques publiques au sens large qui devraient être nécessaires pour atteindre
00:13:47les objectifs, et notamment de votre quatrième scénario alternatif que vous avez présenté
00:13:52très rapidement, ça c'est mon premier point, mon deuxième point il est aussi un peu plus
00:13:55technique sur le sujet de la biomasse, on sait qu'il y a aujourd'hui un énorme enjeu
00:13:59autour de la gouvernance notamment de cette biomasse, si on écoute notamment l'ensemble
00:14:04des acteurs énergétiques, ils vous expliquent qu'on est capable de décarboner le gaz,
00:14:08de décarboner le carburant, on est capable de tout faire avec aujourd'hui avec la biomasse
00:14:15parce qu'il y a les gisements nécessaires, mais on sait très bien qu'il y a un peu
00:14:18de double comptage, on sait très bien qu'il y a des aléas, on sait très bien qu'il
00:14:21y a une dimension géographique très forte, puisque la biomasse elle est très inégalement
00:14:25répartie sur notre sol, et donc ça c'est une question un peu importante pour moi sur
00:14:29comment vous visualisez cette gouvernance de la biomasse, et enfin je finirai très
00:14:32rapidement sur la méthodologie, contrairement aux logements, contrairement aux transports,
00:14:38on voit bien dans nos diagrammes d'émissions de GES, l'agriculture elle a une dimension
00:14:43très spécifique, c'est qu'elle est aussi contributrice de notre baisse des émissions
00:14:48de gaz à effet de serre, elle a des externalités positives très fortes.
00:14:51En ce qui concerne la question de la concurrence d'usage sur la biomasse, c'est précisément
00:14:56notre clé d'entrée dans le sujet, aujourd'hui quand vous regardez qui veut de la biomasse,
00:15:00alors les avionneurs en veulent pour faire des carburants d'origine durable, les constructeurs
00:15:04en veulent pour faire des constructions en bois, les énergéticiens en veulent pour
00:15:07faire des réseaux de chaleur et pour faire des centrales électriques au bois, les gaziers
00:15:11en veulent pour mettre du biogaz dans les réseaux, et j'en passe et des meilleurs.
00:15:14Alors comme la photosynthèse est ce qu'elle est, et que le nombre d'hectares de la France
00:15:17est ce qu'il est, la France est un grand pays mais c'est quand même que un pour mille
00:15:20de la superficie mondiale, et bien nous avons un sujet de concurrence d'usage, et il faut
00:15:26qu'on regarde comment est-ce qu'on peut faire une allocation optimale de la biomasse
00:15:30qui pousse.
00:15:31Alors la première conclusion c'est qu'il n'y en aura pas pour tout le monde, ça c'est
00:15:34absolument évident, je vais juste vous donner un calcul d'ordre de grandeur pour illustrer,
00:15:39vous avez peut-être entendu parler du problème biojet dans le sud-ouest qui vise à faire
00:15:43des carburants d'origine durable pour les avions, moi j'ai fait une petite règle de
00:15:46trois, si on devait remplacer tout le kérosène qui est servi aux avions qui décollent d'un
00:15:50aéroport français par ce genre de procédé, il y aurait plus un mètre cube de bois de
00:15:54la forêt française disponible pour faire autre chose.
00:15:56Donc c'est évident qu'il n'y aurait plus de construction, il n'y aurait plus de bois
00:16:03pour les charpentes, il n'y aurait plus rien, plus de bois pour les réseaux de chaleur,
00:16:06plus rien.
00:16:07Donc vous voyez bien que cette histoire de la concurrence d'usage est centrale, et en
00:16:11fait c'est au centre aussi des réflexions du Sheet Project, c'est-à-dire que dans un
00:16:15moment le mot bouclage est apparu très rapidement dans la présentation qu'on a faite, qu'on
00:16:18va vous laisser, on en verra si vous voulez, et bien c'est un de nos axes de travail, c'est-à-dire
00:16:26quand on a des ressources contraintes, comment est-ce qu'on peut imaginer les répartir,
00:16:30et ça, ça renvoie fatalement à des préférences sociales.
00:16:33Moi je ne sais pas dire, si les français ont le choix entre manger quatre fois moins
00:16:37de viande et prendre un peu plus l'avion ou l'inverse, comment ils ont envie d'arbitrer.
00:16:40La seule manière de le savoir ce serait de leur demander, pour le moment on ne leur pose
00:16:44pas ce genre de questions, parce que la façon dont est organisée le débat public c'est
00:16:48pas que vous allez avoir droit à ça ou ça, c'est que vous allez avoir droit à tout,
00:16:52c'est particulièrement vrai dans le monde que vous fréquentez, mais il faudrait leur
00:16:58poser la question, alors de temps en temps on essaye de s'y atteler, là on ne l'a pas
00:17:03fait en l'occurrence, on ne demande pas aux gens, mais c'est évident qu'il n'y en aura
00:17:06pas pour tout le monde, donc nous on fait des propositions, et ce qu'il y a dans le
00:17:09rapport c'est une proposition.
00:17:11J'ai consulté avec attention votre rapport scientifique pour une agriculture bas carbone
00:17:18résiliente et prospère, qui présente une série de recommandations afin de faire de
00:17:24notre agriculture un véritable outil de lutte contre le réchauffement climatique tout en
00:17:28garantissant la production domestique et le bien-être des agricultrices et agriculteurs.
00:17:33Vous l'avez rappelé, rien ne se fera sans les accompagner dans la transition du modèle
00:17:37agricole.
00:17:38Vous évoquez les mesures essentielles telles que la mise en place de mécanismes protectionnistes,
00:17:43notamment au sein de l'Union Européenne, de prix rémunérateurs pour nos paysans, d'aides
00:17:47couplées pour certaines productions, de concertation renforcée autour de la ressource
00:17:51en eau, de la remise en cause du principe absolu du marché.
00:17:55Par ailleurs, nous devons baisser notre consommation de viande, veau, vache, porc et volaille,
00:18:03en diminuant drastiquement celles issues des élevages dits intensifs, gros consommateurs
00:18:07d'intrants et d'aliments venus de l'autre bout de la planète, pour favoriser les élevages
00:18:12au pâturage complémentés de cultures locales.
00:18:15J'ajoute un point qui n'est pas souligné, c'est celui du détricotage des abattoirs
00:18:19de proximité abandonnés par l'État, qui de fait entraîne une augmentation du temps
00:18:23de transport pour les animaux, mauvais pour le bilan carbone et le bien-être animal.
00:18:27Ces idées ont reçu un accueil favorable de la part de représentants du monde agricole.
00:18:32La porte-parole de la Confédération paysanne a notamment évoqué, je cite, « ce travail
00:18:37était important à faire, le résultat est hyper intéressant ».
00:18:41Toutefois, malgré des lignes directrices claires, je pense que plusieurs interrogations
00:18:46persistent quant à la place que vous donnez à l'agriculture biologique à l'horizon
00:18:502050, à votre position sur les projets de mégabassines, ou bien encore à ce que vous
00:18:56recommandez concrètement afin que les Françaises et les Français ne reportent pas leur consommation
00:19:01sur des produits agricoles importés moins chers.
00:19:03Dans votre rapport, vous dites, je cite, « que le projet de loi d'orientation agricole
00:19:09est l'occasion de clarifier les priorités et de penser un nouveau contrat entre la
00:19:14société et le secteur agricole ». Sur ce point aussi, une question me taraude, en l'état,
00:19:20pensez-vous que ce projet de loi offre un nouveau cap à l'agriculture française en
00:19:24mettant en œuvre vos recommandations ? Plus largement d'ailleurs, que pensez-vous des
00:19:29politiques agricoles récentes et prochaines ? Je vous remercie pour votre éclairage sur
00:19:34ces cinq points.
00:19:36Merci, je vous donne la parole pour répondre.
00:19:38Alors, je vais beaucoup vous frustrer sur le projet de loi, je ne l'ai pas regardé
00:19:41en détail, donc malheureusement je n'ai pas de réponse à vous faire.
00:19:44Sur la partie syndicats, en fait, nous notre souhait c'est de créer du consensus.
00:19:50C'est bien pour ça qu'on s'est adressé directement aux agriculteurs.
00:19:53Alors les syndicats, on a discuté avec tout le monde, parce que la façon dont on travaille
00:19:56au chiffre projet, c'est qu'on a envie de discuter avec tout le monde quand on s'intéresse
00:20:00à un secteur.
00:20:01Et on a par ailleurs, on a toujours envie d'avoir au sein du secteur des interlocuteurs
00:20:05qui sont les gens qui vont devoir faire.
00:20:06Donc on sait bien qu'on est des intelloparisiens et que ce n'est pas nous qui allons derrière
00:20:10nous retrousser les manches.
00:20:11Donc ce qu'on cherche à faire, c'est toujours de discuter avec des gens du secteur pour
00:20:16s'y faire un maximum, j'ose le mot, d'alliés, c'est-à-dire de gens qui ont envie d'aller
00:20:20dans notre sens.
00:20:21Et on ne cherche pas à faire en sorte que ces gens-là appartiennent à un syndicat,
00:20:25à un parti, à une obédience particulière.
00:20:27Donc on discute avec tout le monde et notre souhait c'est de créer du consensus.
00:20:30C'est ça notre philosophie.
00:20:33Donc là, dans ce domaine-là, on a évidemment discuté avec tous les syndicats agricoles,
00:20:38la Confédération comme les autres, mais on n'a pas cherché à se mettre dans les
00:20:42traces ou dans les pas d'un organisme représentatif particulier.
00:20:46Encore une fois, nous, ce qu'on cherche, c'est de créer du consensus.
00:20:48Sur les points plus techniques, je vais laisser mes collègues répondre.
00:20:54Merci beaucoup.
00:20:55Effectivement, sur la partie agriculture biologique, dans nos scénarios, on a fait une projection
00:21:01à 2050 de 25% d'agriculture biologique sur les grandes cultures, enfin sur les surfaces
00:21:08cultivées, sur les terres arables, auxquelles s'ajoutent un certain nombre d'autres pratiques
00:21:13qui pourraient s'y assimiler, mais qui ne répondent pas à un cahier des charges.
00:21:16Et ces choix qu'on a faits, de rentrer principalement par les pratiques agricoles, c'est que finalement,
00:21:23il ne s'agit pas, à notre sens, de regarder les certifications et labels, mais bel et
00:21:28bien d'entrer par la question des enjeux physiques.
00:21:30Les principaux critères autour de l'agriculture biologique, c'est l'absence totale de produits
00:21:36phytosanitaires, de synthèses, mais pas de tous les produits phytosanitaires.
00:21:39Et par contre, l'absence totale d'engrais azotés de synthèse.
00:21:44Or, on l'a vu, c'est un des principaux vecteurs d'énergie rentrant dans le système agricole.
00:21:50En fait, l'azote, c'est un facteur limitant des systèmes.
00:21:53Et donc, de vouloir proscrire complètement les engrais azotés de synthèse, nous semblait
00:22:01une hypothèse trop dure, ou trop radicale, en termes d'effet sur la productivité de
00:22:07l'ensemble du système, pour qu'on la massifie en tant que telle.
00:22:10Néanmoins, on baisse de 70%, en sortie de modèle, on a un résultat qui nous amène
00:22:15à une diminution de l'ordre de 70% de la demande d'engrais azotés de synthèse.
00:22:19Et donc, finalement, on aurait des choses qui s'approcheraient quand même très près
00:22:24de ce que pourrait être l'agriculture biologique, sous cet angle de l'azote.
00:22:28Sur la question du stockage de l'eau, assez largement, on renvoie à des arbitrages à
00:22:37une échelle locale et territoriale, parce qu'en fait, c'est à cette échelle que se
00:22:41situent les conflits d'usage sur la ressource.
00:22:44Et donc, on n'a pas une position pour ou contre les bassines, mais avec un enjeu, à
00:22:50notre sens, de bien regarder l'adéquation aux différents enjeux des territoires, tout
00:22:54en se projetant et en anticipant les questions climatiques.
00:22:59Merci, on poursuit avec Chantal Jourdan.
00:23:02Oui, merci, Madame la Présidente.
00:23:05Monsieur le Président, Madame, Monsieur, nous vous remercions donc pour vos travaux
00:23:08denses.
00:23:09Après une identification claire des dépendances et vulnérabilités de l'agriculture, vous
00:23:12mettez en évidence tous les efforts à faire pour atteindre l'objectif d'une agriculture
00:23:17bas carbone en 2050, auquel vous ajoutez un objectif de résilience et de prospérité.
00:23:22Vous aboutissez à un scénario global de conciliation qui prévoit une réduction des
00:23:27effectifs des cheptels associés à une extensification des élevages, qui
00:23:33préconise les pratiques agroécologiques, qui met l'accent sur la nécessité de modifier
00:23:39les productions culturales, qui fait une place à la production d'énergie renouvelable par le
00:23:44renforcement de l'agroforesterie, mais aussi par le renforcement de l'agrivoltaïsme et de la
00:23:49méthanisation. Donc, à l'annonce de tous ces débouchés, je m'interroge quand même sur
00:23:54les éventuels conflits d'usage des terres qui pourraient survenir, survenir.
00:23:59Pourquoi ne pas avoir fait le choix de mettre d'abord en avant vraiment la première
00:24:03fonction de l'agriculture, l'alimentation, considérant que la fonction de production
00:24:07énergétique à la ferme ne peut être que secondaire ?
00:24:10Par rapport à l'alimentation, vous indiquez que vous poursuivrez le travail en vous penchant
00:24:15sur cet aspect. Vous intéresserez-vous plus précisément au changement de comportement
00:24:20alimentaire préconisé, par exemple en matière de santé publique, qui pourrait à la fois
00:24:23répondre aux enjeux sanitaires et aux enjeux climatiques ?
00:24:27Par exemple, vous inspirez-vous du scénario AFTER, puisque je crois que vous avez aussi
00:24:31consulté NégaWatt.
00:24:34Je m'interroge aussi dans ce scénario de conciliation, parce que la question a déjà
00:24:38plus ou moins été abordée, mais sur la proportion donnée à chaque modèle
00:24:42d'exploitation. Quelle place réservez-vous pour la bio, pourtant peu émettrice de
00:24:47gaz à effet de serre ?
00:24:49Vous énoncez qu'un choix de société est à faire rapidement.
00:24:52Pour notre part, nous pensons que le soutien à l'agriculture doit prioritairement se
00:24:56porter vers l'agroécologie, notamment vers les modèles de polyculture avec élevage
00:25:00extensif, qui permettent moins de mécanisation, plus d'autonomie
00:25:05fourragère, le maintien des prairies, qui sont constitutifs d'un puits de carbone
00:25:10performant et garantissent par ailleurs la préservation de la biodiversité.
00:25:14Alors, qu'en pensez-vous ?
00:25:17Merci, je vous donne la parole pour répondre à la question.
00:25:23Merci, madame, pour la question.
00:25:25Alors, sur le sujet des choix, des priorités stratégiques entre autonomie
00:25:30alimentaire et production d'énergie, c'est effectivement une question qu'on a
00:25:36choisie d'arbitrer dans notre scénario de conciliation, puisque vous le voyez ici
00:25:40avec quelques indicateurs clés.
00:25:43Dans notre scénario de conciliation, il y a une priorité à l'autonomie
00:25:46alimentaire.
00:25:47La production d'énergie ne vient en effet qu'en deuxième plan.
00:25:52Vous voyez sur les indicateurs, le dernier graphe en bas, le scénario de
00:25:56conciliation étant tout à droite.
00:25:57Il est très légèrement supérieur en termes de production d'énergie par rapport
00:26:03au scénario d'autonomie alimentaire.
00:26:06Sur le potentiel nourricier, il est très largement supérieur au scénario
00:26:10énergétique.
00:26:11Donc, c'est bien une priorité qu'on a fixée dans notre scénario.
00:26:15Concernant la lecture des autres scénarios déjà existants, on s'est appuyé sur les
00:26:22autres travaux, ceux conduits par l'ADEME, également ceux conduits par Solagro,
00:26:28donc le scénario AFTER 2050 et les travaux de Lydrie, à l'initiative de
00:26:35l'ADEME.
00:26:36Tous ces travaux ont fait partie de notre corpus d'inspiration et on s'est appuyé sur des
00:26:41outils développés par Solagro pour construire nos propres scénarios, par les
00:26:46auteurs du scénario AFTER et donc on a eu des échanges constants aussi avec
00:26:54l'ADEME.
00:26:54On a eu des échanges constants avec l'ADEME, on a eu des échanges constants
00:27:00avec Solagro, on a eu des échanges constants avec l'ADEME et on a eu des échanges
00:27:04constants aussi avec eux.
00:27:10Merci, on poursuit avec Antoine Vermorel-Marques.
00:27:16Merci Madame la Présidente, chers collègues, Madame le Cairet, Monsieur
00:27:18Biardo-Noyer, Monsieur Jankovici.
00:27:20Je tiens tout d'abord au nom de notre groupe à vous remercier pour la qualité de vos
00:27:24travaux, même si on n'est pas toujours d'accord avec les conclusions qu'ils portent,
00:27:27mais ça nous permet de challenger notre pensée et de clarifier nos choix.
00:27:31Et pour clarifier ces choix, il faut d'abord les objectiver et ce rapport
00:27:35permet de compléter le plan de transformation de l'économie française
00:27:38que vous aviez publié, sur lequel il nous semblait qu'il y avait besoin de
00:27:41précision, notamment en matière de stockage du carbone dans l'élevage et
00:27:45également concernant les importations de produits agricoles.
00:27:48Et donc le rapport que vous publiez aujourd'hui vient préciser ces deux
00:27:50sujets sur lesquels je voudrais de nouveau vous interroger.
00:27:54En matière d'élevage, et vous l'avez dit Madame le Cairet, vous êtes sur une
00:27:57hypothèse prudente parce que les connaissances que nous avons aujourd'hui
00:28:01ne sont pas claires concernant les externalités négatives et positives.
00:28:05Dans le plan de transformation de l'économie française que vous aviez
00:28:07publié il y a quelques années, vous prôniez une baisse de 60% de la
00:28:10consommation de viande.
00:28:12Or, on peut certainement faire moins, mais surtout mieux et mieux produire.
00:28:15Et sur ce premier, je voudrais citer, comme vous le citez à plusieurs
00:28:19reprises dans votre rapport, les priories permanentes et notamment la
00:28:21question du stockage du carbone.
00:28:23Il est vrai que nos vaches émettent du méthane dans nos campagnes,
00:28:26mais sans elles, il n'y aurait pas de prairie, pas d'insectes, pas d'abeilles
00:28:29et pas de stockage de carbone.
00:28:31Car oui, si l'on regarde les derniers rapports et notamment le premier
00:28:33rapport de l'INRAE de 2020 sur le sujet que je cite, exprimé en équivalent
00:28:38CO2, la quantité de carbone stockée par la prairie permettrait globalement
00:28:41de compenser la quantité de méthane émise par les animaux valorisant
00:28:45cette même prairie.
00:28:46Ce sujet de l'externalité négative de l'élevage est trop peu pris en compte
00:28:49dans les rapports actuels et donc je souhaiterais vous interroger notamment
00:28:53sur les différents types d'élevage en fonction des différents types
00:28:56d'externalité positive et négative qu'ils émettent, parce que c'est là
00:28:59la distinction qui est très importante.
00:29:01Le deuxième sujet sur lequel nous souhaiterions vous interroger,
00:29:04c'est la question des importations et notamment la question des clauses
00:29:07miroirs. En 20 ans, les importations de viande ont d'ailleurs été
00:29:10multipliées par 4.
00:29:11Vous insistez sur la souveraineté agricole et la réciprocité des normes.
00:29:14Cela fait l'objet d'une des propositions de loi que nous portons
00:29:16pour renforcer l'article 44 de la loi EGalim.
00:29:19Aujourd'hui, nous avons déjà 20% de notre alimentation qui est importée
00:29:23depuis l'étranger et 10 à 25% de ces produits, d'après un rapport
00:29:26du Sénat, ne respecteraient pas nos normes sociales, sanitaires
00:29:29et environnementales.
00:29:30Et donc, nous nous interrogeons toujours sur un plan de transformation
00:29:33de l'agriculture française qui ne prend pas en compte ou pas
00:29:36suffisamment en compte la question des clauses miroirs et de la
00:29:39réciprocité.
00:29:40Et donc, on aimerait vous interroger sur cette question pour savoir
00:29:42comment, justement, renforcer et qu'est-ce que vous dites sur les
00:29:4520% de l'alimentation française qui est importée.
00:29:48Et enfin, même si cela dépasse le cadre de notre échange dans notre
00:29:50commission ce matin, je n'ai pas vu votre réaction, M.
00:29:52Jean-Covicis, sur la déclaration de politique générale du Premier
00:29:55ministre et donc, je serais heureux de savoir ce qu'en pense le
00:29:57Shift Project.
00:29:58Je vous remercie.
00:29:59Merci, je vous donne la parole pour répondre.
00:30:01Alors, je vais commencer par beaucoup vous frustrer sur la dernière
00:30:05question. Je ne l'ai pas écoutée, donc pour le moment, je n'en pense
00:30:07strictement rien.
00:30:08Voilà la seule chose que je pense, c'est qu'il dépend
00:30:14notamment de vous et de vos collègues de savoir s'il sera toujours
00:30:16Premier ministre dans trois mois.
00:30:18Mais ça, ce n'est pas moi qui ai la réponse, c'est vous.
00:30:21Et je n'ai pas d'action chez lui, je précise.
00:30:24La deuxième, alors pour en revenir à la question de l'élevage,
00:30:29vous savez probablement aujourd'hui qu'il y a déjà une baisse
00:30:32tendancielle du nombre de têtes dans le cheptel français et que
00:30:37cette baisse est actuellement de 2,7% par an.
00:30:45Merci.
00:30:46Cette baisse est actuellement de 2,7% par an.
00:30:49Nous, on propose une baisse de 1% par an.
00:30:51Donc, en fait, paradoxalement, par rapport à la baisse
00:30:53tendancielle du cheptel actuel, nous, on propose de la ralentir,
00:30:55cette baisse.
00:30:56Ça peut vous paraître étonnant, mais c'est quand même ça qu'on
00:30:58propose.
00:30:59La deuxième chose qu'il faut avoir en tête, c'est qu'aujourd'hui,
00:31:01les émissions annuelles de méthane du cheptel français ne
00:31:05compensent absolument pas le stockage annuel de carbone dans
00:31:08les prairies.
00:31:09Les prairies sont un stock de carbone pour l'essentiel à
00:31:12l'équilibre.
00:31:13Ce qui a été dit par Laure tout à l'heure, c'est qu'il ne faut
00:31:15surtout pas toucher au stock de carbone parce que ça, ça crée du
00:31:17déstockage.
00:31:18Mais le fait de garder des prairies ne crée pas un stockage
00:31:21de carbone qui compense les émissions de méthane.
00:31:24Ça, malheureusement, ce n'est pas le cas.
00:31:26La troisième chose qu'il faut avoir en tête, c'est que tous les
00:31:28types d'élevage ne se valent pas.
00:31:29Et c'est bien pour ça que nous, on propose de maintenir
00:31:31prioritairement que ce soit chez nous ou via justement la
00:31:35limitation des importations.
00:31:37Question suivante, de privilégier les modes d'élevage qui sont
00:31:41les plus vertueux, qui sont en gros de l'élevage sur
00:31:43prairie permanente.
00:31:45Il faut savoir que le contenu carbone d'un kilo de bœuf, entre
00:31:49la méthode la plus vertueuse qu'on peut trouver dans certains
00:31:51pays européens et la méthode la plus défavorable, qui est en
00:31:56gros du pâturage sur déforestation récente, il y a un
00:31:58facteur 10, je dis bien un facteur 10 dans les émissions
00:32:01par kilo de bœuf entre les deux.
00:32:03Donc, un des enjeux, c'est précisément d'avoir ça en tête
00:32:06et de savoir différencier les émissions par animal élevé en
00:32:10fonction du mode d'élevage et notamment du fait que ce mode
00:32:14d'élevage a impliqué à un moment ou à un autre de la
00:32:16déforestation ou pas.
00:32:18Sur les prairies existantes, on peut faire encore mieux que ce
00:32:20qu'on fait aujourd'hui.
00:32:21Ça a été dit tout à l'heure par Laure, notamment la question
00:32:23de l'agroforesterie.
00:32:25Alors, il y a également tout le stockage dans les cultures par
00:32:28le couvert végétal permanent, mais ça, ça ne concerne pas
00:32:30directement l'élevage.
00:32:32Et puis, il y a un sujet indirect d'amélioration aussi des
00:32:34émissions de l'élevage via les légumineuses parce qu'à partir
00:32:37du moment où on a plus de légumineuses produites en
00:32:39France, un, on importe moins de protéagineux ayant engendré de
00:32:44la déforestation et deux, on fabrique moins d'engrais azotés
00:32:47puisque les légumineuses stockent de l'azote dans le sol et la
00:32:49fabrication des engrais, comme on l'a montré tout à l'heure,
00:32:51est un poste significatif d'émissions dans le système
00:32:54agricole.
00:32:54Donc, il y a tout un ensemble de mesures qu'on propose pour
00:32:57faire en sorte que l'élevage rentre dans les clous et les
00:33:00clous, comme on l'a dit tout à l'heure, c'est que l'agriculture
00:33:02colle dans le budget carbone de la SNBC.
00:33:04Donc, notre scénario de conciliation, à l'arrivée, il coche
00:33:07cette case, il coche la case qui est quand on met toutes les
00:33:10mesures, il faut compter quand on met toutes les mesures bout
00:33:12à bout, eh bien, on arrive à maintenir cet élevage avec juste
00:33:15un pour cent de baisse et alors, vous allez me dire un pour cent
00:33:18de baisse, c'est quand même un pour cent de baisse.
00:33:19Très bien, moi, j'ai été chez un éleveur laitier il y a quelques
00:33:22mois et je lui ai posé en direct la question et je pense qu'il
00:33:24était représentatif de son secteur.
00:33:26Je lui ai dit mais si le contrat social, c'est que vous avez
00:33:28moins de bêtes, mais qu'on vous les paye plus cher au kilo,
00:33:30vous prenez ou vous prenez ?
00:33:31Enfin, le citoyen, en l'occurrence, mais tu prends ou tu prends pas ?
00:33:33Et il m'a dit moi, je prends, j'ai pas de problème avec ça.
00:33:36Donc, en fait, c'est à la société française par ailleurs
00:33:38d'être cohérente avec ses demandes.
00:33:40À partir du moment où on dit, on veut que les gens cochent
00:33:43la case environnementale, ça, c'est pas au chiffre
00:33:45de projet de le décider, c'est le contrat social entre
00:33:48la population et son agriculture.
00:33:50Mais si le contrat social, c'est ça, c'est-à-dire qu'on
00:33:52demande à l'agriculture de cocher cette case environnementale,
00:33:55il faut qu'on aille jusqu'au bout de la logique de ce qu'on
00:33:56lui demande et que le consommateur, de l'autre côté,
00:33:58dise bah, à ce moment, j'accepte que au kilo, les éleveurs
00:34:01soient mieux rémunérés parce qu'ils vont rendre un service
00:34:03à la collectivité, qui est d'avoir un élevage plus
00:34:05respectueux de l'environnement.
00:34:07Et le résultat de notre consultation, c'est qu'il n'y a
00:34:10pas de problème avec ce discours dans le monde agricole.
00:34:12Donc, il y a un problème économique, encore une fois,
00:34:14il faut qu'on soit cohérent, mais il n'y a pas de position
00:34:16de principe contre ça, tel qu'on l'a ressenti.
00:34:20Par contre, une diminution du cheptel sans contrepartie,
00:34:22ça, les gens n'en veulent pas, ça ressort très nettement
00:34:24aussi de la consultation qu'on a.
00:34:25Enfin, les gens, les éleveurs n'en veulent pas et il faut
00:34:28se mettre à leur place.
00:34:28C'est normal, c'est tout à fait normal.
00:34:30Ah oui, pardon, sur les importations, sur les importations en complément
00:34:34purement méthodologique, un tout petit point dans le périmètre
00:34:37de notre projet, on est vraiment sur le secteur agricole.
00:34:40L'évolution des régimes alimentaires, on sait très bien
00:34:42que c'est un levier important de diminution des émissions
00:34:45de gaz à effet de serre et c'est un sujet également pour la
00:34:48question des importations et des clos de miroirs.
00:34:50Et donc, ce sujet d'évolution des comportements alimentaires,
00:34:52on va le traiter dans la suite du projet, mais évidemment
00:34:55que c'est un sujet qui est très important pour la
00:34:58suite du projet, mais évidemment que c'est un levier majeur
00:35:01au-delà de l'évolution de l'offre en tant que telle.
00:35:05Juste pour compléter sur les importations, donc nous,
00:35:07philosophiquement, on est très à l'aise avec l'idée qu'il faut
00:35:11absolument protéger les pratiques vertueuses de la concurrence
00:35:14qui ne les mettraient pas en oeuvre et qui ne se baseraient
00:35:16que sur les prix.
00:35:17Ça, on est tout à fait en phase avec ça.
00:35:20On n'a pas travaillé de proposition précise à ce stade,
00:35:23sans compter que, comme vous le savez, tout ça dépend de l'Union.
00:35:26Ça dépend un peu moins de la France.
00:35:28Mais on n'a pas travaillé de proposition précise à ce stade
00:35:30pour rentrer dans le détail de comment est-ce qu'on pourrait
00:35:33piloter les importations, dans le respect ou pas du reste
00:35:37des règles qui sont actuellement en vigueur.
00:35:41Merci. On poursuit avec Marie Pochon.
00:35:44Merci, Madame la Présidente.
00:35:46Madames et Messieurs, merci beaucoup pour votre présence.
00:35:49Votre rapport documenté est belle année à vous.
00:35:51Vous le dites, l'agriculture française est fortement
00:35:53dépendante des énergies fossiles, des engrais azotés,
00:35:55contraintes dans des jeux de compétitivité liés
00:35:57aux accords de libre-échange, la course au bas prix,
00:36:00contraintes aussi par sa vulnérabilité face
00:36:02au changement climatique.
00:36:03Pour autant, et vous le dites aussi,
00:36:04c'est bien dans notre modèle agricole ou dans la transformation
00:36:07de celui-ci que se nichent la plupart des solutions pour
00:36:09contribuer à la neutralité carbone et à notre capacité
00:36:12à nous nourrir demain.
00:36:13Nous devons faire des choix politiques,
00:36:16le choix des dépendances et des contraintes ou celui de
00:36:17l'autonomie et de la souveraineté.
00:36:20Dans votre présentation, vous nous avez parlé de la
00:36:22substitution énergétique qui s'était opérée dans les années 60,
00:36:24mais enfin à l'interdépendance des filières végétales et animales
00:36:27et au système de polyculture élevage généralisé jusqu'alors.
00:36:31Nourrir le sol, nourrir les plantes pour se nourrir.
00:36:33Peu à peu, ce bon sens paysan a laissé place à la
00:36:35sur-spécialisation, l'agrandissement,
00:36:37la modernisation, renforçant de fait les dépendances
00:36:40venant de Chine, du Maroc ou des Etats-Unis.
00:36:41Pour 70% d'entre eux, les engrais minéraux de synthèse
00:36:44ont pris le pas sur les engrais de ferme.
00:36:46Nous sommes entrés dans l'ère d'une agriculture mondialisée
00:36:48qui ne profite souvent ni aux agriculteurs et à leurs revenus,
00:36:53ni aux consommateurs, ni à la qualité des produits,
00:36:55ni à la santé des sols, ni au climat.
00:36:58Vous nous dites possibles, souhaités et souhaitables
00:36:59d'agir sur des pratiques de fertilisation en réduisant
00:37:02leur usage, en relocalisant et décarbonant leur production,
00:37:05de favoriser les élevages extensifs,
00:37:07pastoraux ou herbagers, économes et autonomes,
00:37:10de favoriser les pratiques agroécologiques moins
00:37:12intensives en énergie, de préserver les prairies
00:37:15permanentes, les couverts végétaux,
00:37:16de développer les légumineuses.
00:37:18Pour aller vers ces évolutions, vous préconisez de garantir
00:37:20une sécurité économique des agriculteurs en sécurisant
00:37:23leurs revenus et en travaillant sur des filières
00:37:25et des marchés rémunérateurs.
00:37:27Toutes ces propositions, nous les avons portées
00:37:30et débattues dans cette Assemblée.
00:37:32Toutes ces propositions ont été balayées d'un revers de main
00:37:35au nom du poids des injonctions, tout en en ajoutant
00:37:39en matière de compétitivité, de poids du marché et de
00:37:41dépendance internationale, tout en refusant nos propositions
00:37:44pour des prix rémunérateurs.
00:37:46Concrètement, au-delà du fait que la grande majorité
00:37:49des agriculteurs, comme vous le montrez,
00:37:50seraient évidemment prêts à transformer leur modèle
00:37:53s'ils y étaient accompagnés.
00:37:55Quelles sont vos propositions concrètes sur l'astructuration
00:37:57des exploitations dans cette optique,
00:37:59mais également sur le soutien effectif des politiques
00:38:02publiques à l'élevage extensif face à la concentration
00:38:04des cheptels et enfin sur les moyens d'arriver à des prix
00:38:08rémunérateurs pour ceux qui nous nourrissent ?
00:38:09Je vous remercie.
00:38:11Merci, je vous donne la parole pour répondre à ces questions.
00:38:14Alors, un premier élément de réponse, je suis désolé de
00:38:18m'inscrire un peu en faux de ce que vous avez dit,
00:38:19mais la mondialisation a terriblement profité
00:38:23aux consommateurs.
00:38:24C'est bien pour ça qu'elle a pris place.
00:38:25Elle a également terriblement profité,
00:38:28alors pardon, les combustibles fossiles ont
00:38:30terriblement profité à la productivité côté agricole.
00:38:33Il faut savoir qu'en deux siècles,
00:38:35la productivité par agriculteur a été multipliée
00:38:37par un facteur de l'ordre de 200.
00:38:38200, on n'est pas en train de parler de 3% d'augmentation.
00:38:42Il y a deux siècles, les deux tiers de la population
00:38:45française étaient au champ agricole et avec ça,
00:38:49les gens mangeaient cinq fois moins de viande qu'aujourd'hui,
00:38:51par personne et par an.
00:38:52Le prix réel des produits agricoles,
00:38:54mon petit calcul, c'est qu'en un siècle,
00:38:56il a été divisé par 30 à 50.
00:38:58Je parle bien des prix agricoles et tout ça,
00:38:59c'est les combustibles fossiles qui nous ont amenés.
00:39:01C'est bien pour ça que c'est si difficile de s'en passer,
00:39:03parce qu'il y a quand même des gros avantages liés
00:39:07à cette arrivée.
00:39:10Donc, la mondialisation, elle est aujourd'hui partout
00:39:14dans le système agricole puisque nous ne produisons
00:39:17pas de gaz en France et dès qu'on utilise un engrais azoté,
00:39:20on utilise du gaz.
00:39:22Nous ne produisons plus de minerais de fer en France
00:39:25et nous n'avons pas de charbon métallurgique.
00:39:26Et dès qu'on a une pièce de tracteur en métal,
00:39:28c'est quand même beaucoup de tracteurs,
00:39:30on bénéficie de la mondialisation.
00:39:32Donc, en fait, il faut bien voir que la mondialisation,
00:39:34elle est absolument partout aujourd'hui dans nos
00:39:35processus productifs.
00:39:36Elle n'est pas juste dans les produits terminés,
00:39:38elle est à toutes les étapes du processus.
00:39:40On baigne dans une économie aujourd'hui qui est devenue
00:39:42totalement interdépendante et on serait incapable
00:39:45d'en sortir demain matin sans effondrement du système.
00:39:49Je ne suis pas en train de faire le chantre de la grande
00:39:52mondialisation ouverte pour celles et ceux qui connaissent
00:39:54mes positions, vous savez que ce n'est pas ça.
00:39:55C'est juste la réalité physique qu'on observe aujourd'hui.
00:39:58C'est bien pour ça que le système n'est pas si simple
00:40:00à détricoter.
00:40:01Tout à l'heure, dans les dépendances au pétrole
00:40:03qui ont été évoquées par Laure, il y en a une que je vais
00:40:05rajouter, c'est la dépendance avale aux exploitations.
00:40:08Vous ne le savez peut-être pas, mais en France,
00:40:10vous avez entre un camion sur quatre et un camion sur trois
00:40:12qui transportent un truc qui se mange.
00:40:14Donc, en fait, la dépendance au pétrole du système,
00:40:17elle n'est pas juste dans les exploitations
00:40:18et elle n'est pas non plus juste à l'amont des exploitations.
00:40:20Elle est aussi très fortement à l'aval des exploitations.
00:40:24Et c'est bien l'apparition de tous ces transports faciles
00:40:26et pas chers qui ont permis la spécialisation des zones
00:40:29agricoles et qui, aujourd'hui, sont indispensables
00:40:32pour que les villes mangent.
00:40:33On s'en est rendu compte pendant le Covid.
00:40:35Si demain matin, les camions disparaissent,
00:40:36les villes meurent de faim.
00:40:39Donc, la dépendance, elle est partout.
00:40:41C'est bien ça le problème.
00:40:44Voilà, donc là, le sujet, c'est comment est-ce qu'on arrive ?
00:40:49C'est bien ça notre question.
00:40:51Comment est-ce qu'on arrive à détricoter le système
00:40:53partiellement, de telle sorte qu'on en garde l'essentiel
00:40:56de ce qu'on peut avoir comme avantage,
00:40:57tout en supprimant les inconvénients ?
00:40:59Évidemment, comme vous pouvez vous en douter,
00:41:01c'est un problème qui n'est pas si simple.
00:41:03Si c'était si facile, il y a longtemps que ça serait fait,
00:41:04j'ai envie de dire.
00:41:07Sur les quelques questions plus précises,
00:41:08je vais laisser mes deux collègues répondre.
00:41:14Sur les prix, on en a déjà parlé.
00:41:15Alors, encore une fois, je le répète,
00:41:17il n'y a pas d'entrée économique à ce stade dans notre rapport.
00:41:21Philosophiquement, on le dit ou on le répète partout,
00:41:23c'est évident qu'on ne peut pas demander à un secteur
00:41:27qui n'a pas d'argent d'innover.
00:41:28Ça n'existe pas, ça.
00:41:29Et quand on voit encore une fois ce que gagne le secteur
00:41:32agricole au regard de ce qu'on dépense,
00:41:33l'autre jour, j'ai fait un petit calcul,
00:41:35rien qui vous amusera,
00:41:36les Français dépensent aujourd'hui deux fois plus
00:41:38d'argent en cigarettes qu'en produits bio.
00:41:40Le produit bio, c'est 12 milliards d'euros.
00:41:42En France, les cigarettes, c'est 25.
00:41:44Donc, je pense qu'il y a de la marge pour mieux manger
00:41:47en améliorant sa santé, etc.
00:41:49Je pense que ce n'est pas avant tout un problème
00:41:52économique si le consensus social,
00:41:54encore une fois, est là.
00:41:56Je vais répondre sur la partie structuration des exploitations.
00:42:06Je vais répondre sur la partie structuration des exploitations.
00:42:10En fait, c'est un sujet sur lequel on n'a pas trouvé
00:42:12de réponse technique en tant que telle.
00:42:14C'est-à-dire que comme on est rentré par les questions physiques,
00:42:17c'est-à-dire qu'est-ce qui rentre par hectare,
00:42:19qu'est-ce qui en sort,
00:42:20quelles sont les pratiques mises en œuvre concrètement,
00:42:22combien de kilomètres de haies, etc.
00:42:24On a vraiment travaillé le sujet sur ces entrées-là
00:42:29qui plus est à une échelle macro
00:42:31qu'à l'échelle française hexagonale.
00:42:34On n'est pas descendu à une échelle territoriale
00:42:36et encore moins à l'échelle des fermes en tant que telle.
00:42:39On n'a pas de réponse à donner entre
00:42:41est-ce qu'il faut que les fermes fassent 10 000 hectares
00:42:43ou est-ce qu'il vaut mieux qu'elles fassent 10 hectares.
00:42:45Par contre, on sait que quelle que soit la taille de ces fermes,
00:42:48il faut qu'elles soient moins dépendantes des énergies fossiles,
00:42:50il faut que les cheptels réduisent un peu,
00:42:53il faut qu'il y ait beaucoup plus de légumineuses dans les assolements,
00:42:56il faut qu'il y ait des couverts végétaux,
00:42:57des pratiques d'agriculture, de conservation, etc.
00:43:01Le côté technique ne nous permet, hélas pas,
00:43:04de répondre sur qu'est-ce que la taille optimale des fermes.
00:43:07On pense que c'est plutôt un choix de société
00:43:09auquel vous avez plus vocation à répondre que nous.
00:43:19Ce n'est pas long la lecture de la réponse à la grande consultation.
00:43:22Pour celles et ceux qui ne l'ont pas encore lue,
00:43:24je vous invite vraiment à regarder les résultats.
00:43:26Il y a 12 ou 15 pages.
00:43:27C'est super intéressant, vraiment.
00:43:31Merci. On poursuit avec Hubert Hott.
00:43:35Merci Madame la Présidente.
00:43:37Monsieur le Président Jankovici, Madame, Monsieur.
00:43:40Tout d'abord, je tiens à vous remercier
00:43:42pour cette contribution particulièrement bienvenue
00:43:44pour éclairer les débats qui entourent actuellement
00:43:46les sujets agricoles dans notre pays.
00:43:48La particularité de cette enquête
00:43:50réside dans le fait d'avoir réuni un conseil scientifique
00:43:53et un collège d'agriculteurs,
00:43:55permettant ainsi de construire un travail
00:43:57s'appuyant sur des approches complémentaires.
00:43:59L'autre vertu de ce travail
00:44:01est qu'il résulte d'une consultation large
00:44:03de près de 8000 agriculteurs.
00:44:05Dans ce rapport, on note des informations précieuses.
00:44:0786% des agriculteurs demandent
00:44:09que les objectifs de l'agriculture française soient clarifiés.
00:44:1290% se disent prêts à accélérer la transition
00:44:15vers des pratiques agroécologiques.
00:44:17Vous rapportez qu'un tiers d'entre eux
00:44:19se disent très préoccupés par l'impact
00:44:21des phytosanitaires sur la biodiversité,
00:44:23tandis que la moitié s'inquièterait
00:44:25de leurs effets sur la santé des agriculteurs.
00:44:27Vous rappelez que les agriculteurs
00:44:29se trouvent entre le marteau et l'enclume.
00:44:31Ils voudraient que la société s'accorde
00:44:33entre les demandes environnementales
00:44:35qu'elle leur adresse et les demandes de production
00:44:37qu'elle leur envoie.
00:44:39Il existe des moyens d'y parvenir, dites-vous.
00:44:41On peut les aider en les rémunérant directement
00:44:43pour les services écologiques rendus
00:44:45et en les soutenant à travers
00:44:47le prix des produits.
00:44:49Vous expliquez que le nœud du problème agricole
00:44:51est d'abord économique et financier.
00:44:53Vous rappelez que dans notre pays,
00:44:55pour résumer, seul 1% du budget des ménages
00:44:57revient à nos producteurs.
00:44:59Selon vous, l'inégalité des revenus
00:45:01dans la chaîne de l'alimentation,
00:45:03les marges des entreprises de transformation
00:45:05et de la distribution contraignent les agriculteurs
00:45:07à des revenus trop faibles
00:45:09et produisent des conséquences écologiques
00:45:11et sociales regrettables.
00:45:13Ne pensez-vous pas que cet héritage
00:45:15de grande diversité,
00:45:17la force de l'agriculture française,
00:45:19c'est son histoire
00:45:21et son extraordinaire diversité.
00:45:23Notre pays a su mettre à profit
00:45:25une nature généreuse et variée
00:45:27pour développer des savoir-faire agricoles
00:45:29et des productions à la fois multiples et qualitatives.
00:45:31Ne pensez-vous pas que cet héritage
00:45:33de grande diversité dans la production agricole
00:45:35soit notre force ?
00:45:37Ne pensez-vous pas aussi que ces exploitations
00:45:39de tailles très différentes qui coexistent encore
00:45:41sont un atout déterminant ?
00:45:43En conséquence, n'est-il pas indispensable
00:45:45de faire en sorte que ce modèle mosaïque
00:45:47ne soit pas simplifié, mais au contraire
00:45:49encouragé pour renforcer toutes les résiliences
00:45:51faciles et précieuses face à la situation climatique
00:45:53que nous traversons, tout en améliorant
00:45:55la cohabitation avec la biodiversité
00:45:57et en valorisant le savoir-faire agricole français.
00:45:59Je rajouterais que
00:46:01le capital nature hérité de notre agriculture
00:46:03historique, avec ses paysages complexes,
00:46:05ses prairies permanentes,
00:46:07ses réseaux de ligneux en haies
00:46:09ou en bocage, ses infrastructures
00:46:11agroécologiques des plus variées,
00:46:13est aujourd'hui une arme
00:46:15majeure, indispensable
00:46:17pour faire face à la crise climatique,
00:46:19pour préserver l'eau,
00:46:21pour enrayer la chute du vivant.
00:46:23Le vivant est un atout irremplaçable,
00:46:25sans lequel il n'y a pas d'avenir
00:46:27pour les humains. On ne fabriquera
00:46:29jamais du vivant,
00:46:31mais on fabrique soit un monde qui le dégrade,
00:46:33soit un monde qui le préserve.
00:46:35Merci.
00:46:37Merci, je vous donne la parole pour répondre.
00:46:41Alors la question des chaînes de valeur,
00:46:43en fait ça sera
00:46:45quelque chose qui sera indirectement
00:46:47abordé quand on va s'attaquer à la partie
00:46:49alimentation, qui est donc
00:46:51la suite de notre travail, j'ai dit tout à l'heure
00:46:53qu'on avait décidé de procéder en deux temps,
00:46:55même si les deux ensembles
00:46:57marchent la main dans la main.
00:46:59Juste pour faire un petit rappel historique,
00:47:01pourquoi est-ce que la valeur s'est
00:47:03très fortement déplacée des exploitants
00:47:05agricoles, enfin dans le ticket de caisse,
00:47:07vers les transformateurs
00:47:09et les distributeurs, c'est notamment lié au fait
00:47:11que nous sommes devenus des urbains.
00:47:13Comme on est devenus des urbains, on n'habite pas dans les champs
00:47:15et par ailleurs on est devenus des gens qui
00:47:17travaillons à l'extérieur et donc on arrête de faire la cuisine.
00:47:19Le mode d'alimentation
00:47:21des français il y a un siècle, c'était qu'on habitait
00:47:23tous à côté du paysan du coin ou de la paysanne du coin,
00:47:25que monsieur ou madame Dupont
00:47:27allaient chercher les légumes et les oeufs et le poulet
00:47:29pour faire le frishti et qu'on mangeait ce qu'on avait
00:47:31cuisiné. Aujourd'hui c'est pas du tout
00:47:33le cas, il n'y a pas de paysan du coin,
00:47:35enfin en tout cas celui qui est à côté de l'Assemblée nationale
00:47:37je le connais pas, quand on sort dans la rue
00:47:39de l'université là.
00:47:41Et donc nous mangeons des produits qui sont
00:47:43nécessairement venus d'ailleurs, donc il y a du transport,
00:47:45de l'emballage, donc de la distribution, donc la logistique
00:47:47il s'agit pas de marge,
00:47:49il s'agit de valeur ajoutée, enfin moi je parle pas des marges
00:47:51au sens du résultat net des activités, il y a de la valeur
00:47:53ajoutée qui est passée parce qu'il y a des gens qui
00:47:55tout simplement doivent être occupés à fabriquer
00:47:57des camions pour transporter, conduire les camions,
00:47:59fabriquer les emballages parce que c'est un auxiliaire indispensable
00:48:01du transport, dès que vous avez du transport vous avez des emballages,
00:48:03fabriquer les rayons
00:48:05pour mettre en rayon, fabriquer les magasins,
00:48:07accessoirement faire les campagnes de pub pour nous
00:48:09donner envie d'aller dans le magasin
00:48:11et par ailleurs, il y a longtemps qu'on fabrique
00:48:13plus les yaourts nous-mêmes, on achète
00:48:15les yaourts tout fait et donc
00:48:17il y a des industriels de l'agroalimentaire
00:48:19qui se sont installés, on fait pas les pâtes nous-mêmes
00:48:21avec le blé qu'on est allé acheter à côté,
00:48:23etc. Donc en fait, toutes
00:48:25ces entreprises qui sont apparues
00:48:27sont la conséquence du fait que
00:48:29les gens n'habitent plus
00:48:31là où a lieu la production
00:48:33agricole et ne transforment plus, pour l'essentiel,
00:48:35la production agricole
00:48:37eux-mêmes. Je vais revenir à
00:48:39l'exemple du budget des ménages,
00:48:41les gens achètent moins cher de légumes que de cigarettes
00:48:43aussi, il faut le savoir.
00:48:45Et ils achètent moins cher de nourriture
00:48:47que d'abonnements numériques, de télévision,
00:48:49d'ordinateur, de smartphone et autres
00:48:51choses de cette nature.
00:48:53Donc,
00:48:55ces activités économiques qui sont apparues
00:48:57j'ai envie de dire conjointement
00:48:59avec la façon dont
00:49:01les gens se sont mis à vivre
00:49:03là où ils habitent, etc.
00:49:05Et demain matin, on pourrait pas rêver
00:49:07peut-être que moi j'en rêve mais ça n'a pas tellement
00:49:09de valeur pratique, on peut pas rêver
00:49:11d'un monde dans lequel on a supprimé les distributeurs
00:49:13et les industriels de l'agroalimentaire
00:49:15demain matin, ça marche pas
00:49:17parce que dans ce système là, les gens ne mangent plus
00:49:19dans les villes.
00:49:21Mais tout ça, on va s'y attaquer
00:49:23quand on regardera la partie
00:49:25transformation et distribution
00:49:27c'est-à-dire la partie alimentation
00:49:29et les flux physiques qui vont derrière.
00:49:31Sur la partie diversification
00:49:33et adaptation,
00:49:35on s'en préoccupe
00:49:37parce que bien évidemment, l'agriculture
00:49:39qu'on a aujourd'hui, c'est pas l'agriculture
00:49:41qu'on aura dans 50 ans, c'est pas possible.
00:49:43Et vous savez très bien que les schémas
00:49:45culturels dans n'importe quelle activité, ça met
00:49:47une à deux générations à changer.
00:49:49C'est ça le temps qu'il faut pour changer
00:49:51la façon dont les choses se passent de manière un peu significative
00:49:53dans un secteur, il faut une à deux générations.
00:49:55Voilà, c'est partout pareil.
00:49:57Donc, il faut se préoccuper
00:49:59maintenant de la façon
00:50:01dont on fait évoluer les paysages agricoles
00:50:03dans les 50 ans qui viennent parce que
00:50:05là où il y a, par exemple, il y a des gens
00:50:07qui disent qu'au sud de la Loire, il n'y aura plus d'élevage
00:50:09dans 50 ans. Il n'y aura plus de foin,
00:50:11il n'y aura plus de... Enfin, voilà. Donc,
00:50:13il faut évidemment s'en occuper tout de suite puisque
00:50:15c'est une à deux générations.
00:50:17Même si, encore une fois, on ne sait pas qui sera premier ministre dans 3 mois.
00:50:19Et
00:50:21en ce qui concerne la diversification,
00:50:23c'est évidemment un facteur de résilience.
00:50:25On a clairement ça présent à l'esprit.
00:50:27Aujourd'hui, ce qui a permis la spécialisation
00:50:29des régions agricoles, c'est comme je le disais
00:50:31tout à l'heure, les transports intermédiaires.
00:50:33Dans un monde dans lequel vous n'avez pas l'abondance
00:50:35de transports intermédiaires qu'on a aujourd'hui,
00:50:37ça ne flotte pas d'avoir
00:50:39tout le maïs dans le sud-ouest,
00:50:41tous les cochons en Bretagne et tous les consommateurs en Ile-de-France.
00:50:43Ça ne marche pas, ce genre de choses.
00:50:45Et toutes les usines d'engrais,
00:50:47je ne sais pas où. Donc,
00:50:49la façon dont il faut évidemment...
00:50:51Enfin, le point focal vers lequel il faut essayer d'aller,
00:50:53c'est évidemment, et ça aussi c'est présent dans nos travaux,
00:50:55une agriculture qui se
00:50:57rediversifie dans certaines
00:50:59limites régionalement parce que
00:51:01en tout cas, tant que le climat n'a pas changé,
00:51:03même s'il va changer, on fait
00:51:05du champagne en champagne, on n'en fait pas
00:51:07beaucoup en Bretagne et on n'en fait pas beaucoup dans la région
00:51:09d'Aix. Donc, il y a quand même évidemment
00:51:11la question du terroir qui est aussi
00:51:13une question qui se pose et qui est une question difficile
00:51:15parce que le terroir renvoie précisément à des
00:51:17traditions et à des trucs dont on n'a pas envie que ça change
00:51:19alors qu'il va falloir que ça change
00:51:21à cause des raisons qu'on a évoquées.
00:51:23Merci. Donc, on poursuit avec Xavier Roseren.
00:51:25Merci,
00:51:27Madame la Présidente,
00:51:29Madame, Messieurs.
00:51:31Je tiens d'abord à saluer le travail remarquable
00:51:33qui a accompli dans ce rapport qui met en lumière
00:51:35à la fois les défis et les opportunités
00:51:37pour une transformation ambitieuse
00:51:39de l'agriculture. Ce document
00:51:41illustre avec clarté
00:51:43la nécessité d'agir pour bâtir une agriculture
00:51:45bas carbone et prospère
00:51:47tout en plaçant les agriculteurs
00:51:49au cœur des solutions.
00:51:51Cependant, face au bouleversement climatique
00:51:53et aux contraintes écologiques,
00:51:55il est impératif de mettre
00:51:57cette transition en perspective avec
00:51:59l'urgence d'adaptation.
00:52:01Les phénomènes climatiques extrêmes,
00:52:03l'évolution des régimes de précipitation
00:52:05et les tensions croissantes sur les ressources
00:52:07que ce soit sur l'eau ou l'énergie
00:52:09exigent une anticipation forte
00:52:11et une mobilisation des acteurs.
00:52:13J'ai trois questions. Il y a quelques jours,
00:52:15j'étais au Perspective de Combloux,
00:52:17petit village de l'Est,
00:52:19où on a discuté de la forêt
00:52:21et de la prairie,
00:52:23l'agroforesterie, la gestion des forêts
00:52:25ainsi que la préservation des prairies permanentes.
00:52:27Ces éléments sont essentiels
00:52:29pour garantir la résilience
00:52:31de nos paysages agricoles face
00:52:33au choc climatique.
00:52:35Quels leviers d'incitation économique
00:52:37peut-on envisager pour en corriger
00:52:39les pratiques agroécologiques,
00:52:41notamment à travers
00:52:43les paiements pour services
00:52:45environnementaux ou les
00:52:47dispositifs innovants ?
00:52:49La deuxième question tourne autour
00:52:51de la gestion de l'eau,
00:52:53ressource cruciale,
00:52:55de plus en plus rare,
00:52:57alors que les conflits d'usages
00:52:59se multiplient. Comment articuler
00:53:01les stratégies de stockage,
00:53:03de partage et d'économie d'eau
00:53:05pour répondre aux besoins des agriculteurs
00:53:07tout en respectant les équilibres
00:53:09environnementaux ?
00:53:11Vous nous avez dit aussi sur la
00:53:13troisième partie qu'on avait
00:53:15des rendements qui avaient
00:53:17été très augmentés
00:53:19ces dernières années,
00:53:21entre autres grâce aux énergies fossiles.
00:53:23On est aujourd'hui sur un plateau
00:53:25avec une stagnation
00:53:27de ces rendements. Est-ce que vous
00:53:29pouvez nous donner, de votre point de vue,
00:53:31les raisons principales de cette stagnation ?
00:53:33En conclusion, si les perspectives
00:53:352050 sont essentielles,
00:53:37elles ne doivent pas occulter
00:53:39l'urgence des décisions
00:53:41à court terme. Il est crucial
00:53:43de fixer un cap clair et d'accompagner
00:53:45nos agriculteurs dans cette transformation
00:53:47pour qu'ils restent des piliers
00:53:49de notre souveraineté alimentaire
00:53:51et des acteurs majeurs de la transition
00:53:53écologique. Merci.
00:53:55Merci, je vous donne la parole pour répondre.
00:54:03La première question sur
00:54:05les leviers permettant la transition
00:54:07vers des pratiques agroécologiques.
00:54:09Vous avez parlé des paiements pour services
00:54:11environnementaux. Dans la grande
00:54:13consultation qu'on a menée, vous voyez ici
00:54:15les conditions qui sont, pour 87%
00:54:17des agriculteurs, des conditions économiques
00:54:19pour s'engager ou accélérer la transition.
00:54:21La première
00:54:23qui remonte en tête de liste,
00:54:25c'est la rémunération pour services environnementaux.
00:54:27Pour 53% des agriculteurs,
00:54:29c'est la condition agricole qui
00:54:31permettrait d'accélérer
00:54:33cette transition.
00:54:35Évidemment, c'est des choses
00:54:37qu'on va essayer d'affiner
00:54:39et avoir des retours plus territoriaux
00:54:41dans la suite du projet,
00:54:43notamment la phase de portage.
00:54:45Mais en tout cas, c'est la priorité qui remonte.
00:54:53Sur la question
00:54:55du partage et des économies d'eau,
00:54:57on l'a dit, la clé de
00:54:59distribution, à notre sens, elle se situe
00:55:01à une échelle locale.
00:55:03Néanmoins, la question doit se poser
00:55:05de qu'est-ce qu'on arrose et
00:55:07les cultures qu'on arrose.
00:55:09À notre sens,
00:55:11il faut que les cultures soient adaptées
00:55:13aux conditions climatiques
00:55:15des territoires. Pour cela, il faut
00:55:17qu'elles soient rémunératrices.
00:55:19Si certaines cultures ne sont pas produites dans ces zones-là
00:55:21ou si les agriculteurs font des choix
00:55:23différents aujourd'hui,
00:55:25c'est bel et bien pour des questions
00:55:27d'abord et avant tout économiques.
00:55:29Il y a cet enjeu
00:55:31d'adaptation des cultures
00:55:33au territoire d'un point de vue climatique,
00:55:35également des questions génétiques,
00:55:37peut-être des questions techniques pour améliorer
00:55:39l'efficacité de l'utilisation
00:55:41de l'eau.
00:55:43Voilà.
00:55:47Merci beaucoup pour nos réponses.
00:55:49On poursuit avec Constance de Pellichy.
00:55:51Merci
00:55:53Madame la Présidente.
00:55:55Merci pour cet
00:55:57excellent rapport et cet exposé
00:55:59très éclairant.
00:56:01Je tiens à souligner cette démarche
00:56:03qui s'appuie notamment sur une consultation
00:56:05très large des agriculteurs.
00:56:07À une semaine des élections consulaires,
00:56:09ce débat sur l'heure
00:56:11de venir est le bienvenu
00:56:13et je me demandais si vous aviez
00:56:15également eu des contacts avec
00:56:17les syndicats agricoles dans le cadre de
00:56:19vos travaux de recherche.
00:56:21J'aimerais commencer par revenir sur la question
00:56:23économique que vous avez soulevée.
00:56:25Les agriculteurs sont donc prêts
00:56:27à faire évoluer leurs pratiques à condition
00:56:29qu'ils s'y retrouvent économiquement
00:56:31pour 87% d'entre eux
00:56:33et c'est plus que normal.
00:56:35Ma première question porte donc sur
00:56:37comment améliorer une rémunération
00:56:39et avoir une rémunération
00:56:41plus vertueuse.
00:56:43Pour vous, l'agriculteur doit-il
00:56:45toujours vivre en partie d'être public ?
00:56:47Comment restructurer les marchés
00:56:49afin de mieux rémunérer les agriculteurs ?
00:56:51J'ai été particulièrement
00:56:53frappée par le chiffre
00:56:55de 1 à 1,5%
00:56:57que vous citiez tout à l'heure.
00:56:59A mes yeux, un défi structurel
00:57:01de l'agriculture française
00:57:03réside dans l'iniquité
00:57:05du rapport de force entre les agriculteurs
00:57:07et les centrales d'achat des enseignes
00:57:09de grandes distributions françaises.
00:57:11Dans ce marché
00:57:13oligopolistique
00:57:15dans lequel les agriculteurs sont les
00:57:17grands perdants, comment envisagez-vous
00:57:19de modifier ce rapport de force ?
00:57:21A ce titre, je me pose
00:57:23également la question de la conscience
00:57:25du consommateur dans les produits qu'il choisit
00:57:27et donc de son information.
00:57:29Celle-ci est-elle,
00:57:31à votre sens, suffisante
00:57:33ou serait-il souhaitable d'envisager
00:57:35une autre information du consommateur
00:57:37sur le modèle, par exemple,
00:57:39du Nutri-Score qui pourrait
00:57:41intégrer à la fois la juste
00:57:43rémunération de l'agriculteur
00:57:45mais aussi le bilan carbone du produit alimentaire.
00:57:47Vous mentionnez
00:57:49la nécessité d'augmenter notre production
00:57:51légumineuse et de limiter notre
00:57:53consommation de viande.
00:57:55Comment évaluez-vous la possibilité
00:57:57de modification des habitudes
00:57:59alimentaires des Français ?
00:58:01Vous parlez de faire évoluer
00:58:03les pratiques agricoles, que l'agriculture
00:58:05dans 50 ans n'aura, dites-vous,
00:58:07rien à voir avec celle d'aujourd'hui.
00:58:09Pourtant, on a finalement peu parlé de
00:58:11résilience ce matin au changement climatique.
00:58:13Nous avons connu une année
00:58:15catastrophique en termes de récolte.
00:58:17Comment accompagner ce besoin
00:58:19de résilience alors que nous sommes
00:58:21très attachés à nos terroirs
00:58:23et doit-on envisager de revoir
00:58:25notamment nos AOP et IGP
00:58:27qui apportent pourtant une forte
00:58:29valeur ajoutée à notre agriculture ?
00:58:31Enfin, la dissolution
00:58:33suivie de la motion de censure du gouvernement
00:58:35n'ont pas permis l'aboutissement
00:58:37du projet de loi d'orientation
00:58:39agricole pourtant très attendu par
00:58:41la profession. Selon vous,
00:58:43quelles seraient les mesures à sauver
00:58:45au sein de ce projet de loi ? Je vous remercie.
00:58:47Merci, je vous donne la parole
00:58:49pour répondre.
00:58:51Beaucoup de questions.
00:58:55Alors, pour en revenir, il y a la question
00:58:57sur la distribution. Je renvoie
00:58:59à ce que j'ai dit avant. En fait, on va
00:59:01s'attaquer à la question à partir de
00:59:03dans quelques mois. Donc,
00:59:05réponse dans un an et quelques,
00:59:07même si je sais que ce n'est pas nécessairement votre calendrier
00:59:09et que, sans vouloir être méchant,
00:59:11vous ne savez peut-être même pas si vous serez toujours
00:59:13dans cette salle, enfin ou ailleurs.
00:59:15Non, non, je dis
00:59:17vous ne le savez pas. Personne ne le sait.
00:59:19Ça fait partie de l'équation du problème
00:59:21mais ce n'est pas juste une plaisanterie.
00:59:23D'une manière générale,
00:59:25dans tous les sujets de long terme, c'est quand même
00:59:27très compliqué d'arriver
00:59:29à, comment dire,
00:59:31de se projeter
00:59:33quand il y a un aléa de court terme
00:59:35aussi fort. Je ne vous apprends rien
00:59:37et ce n'est pas du tout vous insulter que vous dire ça.
00:59:39C'est juste un fait. C'est la situation dans laquelle
00:59:41on est, point.
00:59:43Sur la question
00:59:45de l'affichage environnemental, je vais répondre
00:59:47sur ce point et puis après je laisserai mes collègues répondre
00:59:49sur le reste.
00:59:51C'est typiquement le genre de choses
00:59:53qui, sur le papier, semblent une très bonne idée
00:59:55parce qu'on se dit, tiens, si le consommateur
00:59:57est informé, ça lui donnera
00:59:59un élément de décision
01:00:01et puis dans la vraie vie, il peut y avoir
01:00:03un certain nombre de choses
01:00:05qui font que ça ne marche pas ou que ça ne marche pas
01:00:07aussi bien ou etc.
01:00:09En particulier, si on veut que l'affichage environnemental
01:00:11descende au niveau de la différenciation
01:00:13entre produits d'une même catégorie.
01:00:15Entre deux pommes
01:00:17qui ne sont pas cultivées de la même manière,
01:00:19entre deux yaourts qui ne contiennent pas
01:00:21les mêmes ingrédients et qui ne sont pas fabriqués
01:00:23de la même manière, etc.
01:00:25Ça fonctionne à partir du moment où tous les acteurs
01:00:27de la chaîne qui ont permis
01:00:29la création du produit
01:00:31tiennent eux-mêmes une comptabilité environnementale
01:00:33sur le critère qu'on cherche à mettre en avant.
01:00:35Je vais prendre le carbone pour illustrer.
01:00:37Si vous voulez avoir le contenu carbone
01:00:39d'un produit,
01:00:41je vais chez mon charcutier et je veux savoir
01:00:43quel est le contenu carbone d'une saucisse de Francfort,
01:00:45je vais au supermarché et je veux savoir
01:00:47quel est le contenu carbone de l'œuf
01:00:49que j'achète et pas celui de la marque d'à côté du reste,
01:00:51etc.
01:00:53Ça veut dire que les gens
01:00:55qui sont dans toute la chaîne de valeur
01:00:57qui ont été jusqu'à la mise à disposition du produit
01:00:59ont tenu une comptabilité carbone
01:01:01précise et analytique
01:01:03puisque un transporteur
01:01:05transporte plein de trucs à la fois,
01:01:07donc il faut qu'il soit capable
01:01:09d'imputer les émissions du camion
01:01:11à tous les produits qui sont dans la caisse du camion.
01:01:13L'agriculteur qui a fait,
01:01:15si je prends ma voisine de gauche,
01:01:17à la fois des moutons et des vergers,
01:01:19il faut que je sois capable d'imputer le tracteur
01:01:21qui a été utilisé pour les deux
01:01:23à l'élevage et aux fruits, etc.
01:01:25C'est ça qui est nécessaire
01:01:27chez tous les acteurs de la chaîne,
01:01:29si on veut qu'à l'arrivée vous ayez l'équivalent
01:01:31d'un Nutri-Score ou un Carbone-Score
01:01:33qui serait véritablement différenciant
01:01:35de l'un de l'autre. J'ai dit tout à l'heure
01:01:37qu'en fonction des conditions d'élevage,
01:01:39un kilo de bœuf pouvait avoir
01:01:41des émissions de production qui varient
01:01:43d'un facteur 10. Donc vous voyez bien
01:01:45que si on veut refléter cette différenciation
01:01:47dans l'information rendue au consommateur,
01:01:49un de vos collègues a dit tout à l'heure
01:01:51qu'il ne faut pas de complexité administrative,
01:01:53là je peux vous dire que si vous voulez avoir
01:01:55ce genre de choses, malheureusement,
01:01:57il faudra introduire de la complexité
01:01:59puisqu'il faudra chez chaque acteur de la chaîne
01:02:01une comptabilité carbone précise.
01:02:03Ce n'est pas possible techniquement,
01:02:05mais ça représente à l'évidence
01:02:07une charge de travail
01:02:09et une charge économique
01:02:11qui n'est pas monstrueuse.
01:02:13Mais comme c'est une innovation,
01:02:15les gens n'ont jamais envie d'y rentrer.
01:02:17L'innovation, on se dit toujours,
01:02:19on a bien le temps d'attendre,
01:02:21demain il fera jour et on s'en occupera plus tard.
01:02:23Par ailleurs, comme je l'ai dit tout à l'heure,
01:02:25dans une économie mondialisée,
01:02:27pas nécessairement dans les productions
01:02:29mais dans les maillons amonts,
01:02:31si on veut dire de tracteur,
01:02:33il a sa propre comptabilité carbone
01:02:35si on veut avoir la comptabilité carbone
01:02:37de la production d'un kilo de blé, etc.
01:02:39Et qu'il y aura qui fabrique les engrais
01:02:41et sa propre comptabilité carbone, etc.
01:02:43Donc c'est quelque chose qui est
01:02:45une très bonne idée sur le papier
01:02:47parce qu'on se dit, tiens, le consommateur
01:02:49ça pourrait lui rendre service
01:02:51d'avoir cette information.
01:02:53En fait, quand on regarde les difficultés
01:02:55pratiques de mise en oeuvre,
01:02:57c'est pas si simple et il vaut mieux
01:02:59d'avoir des règles pratiques
01:03:01et des règles de fonctionnement
01:03:03un peu macroscopiques au sein même des secteurs
01:03:05plutôt que d'essayer d'imaginer cet affichage
01:03:07qui, à mon avis,
01:03:09et c'est mon métier de faire ça tous les jours
01:03:11donc c'est pour ça que je vous en parle aussi
01:03:13avec un peu de détail,
01:03:15ça va être très très compliqué
01:03:17d'arriver à faire quelque chose
01:03:19qui soit à la fois juste
01:03:21et qui ait une portée pratique.
01:03:23C'est à mon avis quelque chose
01:03:25qui est aujourd'hui difficile à envisager
01:03:27Là où je souhaiterais compléter un petit peu le propos
01:03:29c'est sur les différentes modalités
01:03:31de commercialisation des agriculteurs
01:03:33en fait c'est variable
01:03:35selon les productions
01:03:37mais la grande majorité des productions agricoles
01:03:39en tout cas en termes de tonnage
01:03:41ne passe pas directement de l'agriculteur à la grande distribution
01:03:43mais par toute une
01:03:45chaîne de valeurs
01:03:47vous avez évoqué la partie
01:03:49industrie agroalimentaire
01:03:51en fait, ce qu'il faut avoir en tête c'est que
01:03:53par exemple pour les céréales
01:03:55le prix est défini par les marchés mondiaux
01:03:57et donc à l'heure actuelle
01:03:59il y a très peu de dérogation
01:04:01à cette règle de définition
01:04:03par les marchés mondiaux
01:04:05ce qui pose la question
01:04:07comment on peut faire mieux
01:04:09en termes de qualité environnementale
01:04:11si on veut que la France suive les objectifs qu'elle s'est donné
01:04:13notamment dans le cadre de la stratégie nationale
01:04:15bas carbone mais pas que
01:04:17tout en s'alignant en termes de concurrence
01:04:19avec des produits qui n'ont pas les mêmes normes
01:04:21et ça renvoie à ces questions de close miroir etc...
01:04:23donc à défaut
01:04:25d'aides publiques, soit
01:04:27il y a des aides publiques et des subventions qui permettent
01:04:29de s'aligner sur les marchés mondiaux en n'ayant pas
01:04:31les mêmes normes, soit de l'autre côté
01:04:33il y a des mécanismes de protection vis-à-vis
01:04:35de cette concurrence internationale
01:04:37en tout cas, il faut absolument
01:04:39qu'il y ait un de ces curseurs
01:04:41qui soit mobilisé pour qu'on puisse
01:04:43atterrir sur quelque chose qui fonctionne
01:04:45et vous avez enfin voulu parler
01:04:47des questions climatiques
01:04:49donc
01:04:51on a là quelques
01:04:53éléments cartographiques
01:04:55avec des aires de répartition des cultures
01:04:57le fait est
01:04:59qu'à horizon
01:05:01alors là c'est 2070
01:05:03par exemple le pois-chiche
01:05:05va pouvoir être cultivé sur
01:05:07toute la zone nord-loire etc...
01:05:09ce qui n'était pas le cas jusque là
01:05:11mais aussi que l'aire de répartition
01:05:13de cultures ligneuses, en l'occurrence
01:05:15les citrons
01:05:17qui demandent un temps
01:05:19d'implantation beaucoup plus important
01:05:21va aussi évoluer relativement vite
01:05:23et donc il y a un vrai
01:05:25enjeu d'adaptation, donc ça c'est pour le changement climatique
01:05:27entendu comme
01:05:29un changement de long terme
01:05:31mais une autre
01:05:33donnée de ce changement climatique
01:05:35pour l'agriculture, c'est
01:05:37l'augmentation des aléas climatiques
01:05:39exceptionnels, et là on peut s'appuyer sur
01:05:41les travaux du GIEC qui parlent des augmentations
01:05:43en fréquence et en intensité
01:05:45de ces événements climatiques extrêmes
01:05:47où on passe des événements qui n'arrivaient
01:05:49qu'une fois tous les 100 ans
01:05:51dans les climats passés, à des événements
01:05:53qui vont arriver une fois tous les
01:05:555 ans, voire tous les 3 ans
01:05:57en fonction du rythme de changement climatique
01:05:59qu'on a, et donc la tempête centenale
01:06:01des années
01:06:0370 pourrait
01:06:05devenir quelque chose qui arrive tous les 5 ans
01:06:07de même pour les canicules
01:06:09et les pics de chaleur et de sécheresse
01:06:11ces données là sont
01:06:13très bien documentées et parfaitement disponibles
01:06:15dans les rapports du GIEC
01:06:17Merci
01:06:19on en vient au dernier orateur
01:06:21Eric Michoud
01:06:23Merci Madame la Présidente
01:06:25Merci Monsieur le Président
01:06:27pour votre travail et tout ce que vous avez
01:06:29exprimé avec beaucoup de passion
01:06:31je vais intervenir
01:06:33plus particulièrement sur les volailles
01:06:35de la Bresse, je suis député de la Bresse
01:06:37ce sont les plus belles volailles du monde
01:06:39je tiens à le dire, à le souligner à côté
01:06:41je tiens à remercier tous nos éleveurs
01:06:43de volailles et les agriculteurs qui au fond
01:06:45sont là pour nous nourrir
01:06:49vos chiffres sont rassurants
01:06:51vous avez exprimé que les volailles
01:06:53pas que de la Bresse d'ailleurs
01:06:55ne représenteraient que 34% des émissions
01:06:57nocives et que donc je peux
01:06:59aussi rassurer mes éleveurs en disant
01:07:01qu'ils ne sont pas
01:07:03des pollueurs ou des empoisonneurs
01:07:05parce que souvent à force d'avoir des jugements négatifs
01:07:07sur l'agriculture
01:07:09et sur nos éleveurs
01:07:11il y a une baisse des vocations
01:07:13qui fait qu'aujourd'hui on a beaucoup de mal à trouver
01:07:15des gens qui ont envie de s'investir dans l'agriculture
01:07:17vos préconisations
01:07:19sembleraient se retourner
01:07:21sur à la fois
01:07:23une baisse des effectifs de production
01:07:25des volailles
01:07:27et d'autre part avec une
01:07:29risque importante
01:07:31d'augmentation des importations
01:07:33avec parfois des problèmes
01:07:35de produits frolatés
01:07:37poulet aux hormones
01:07:39aux bioxydes de quelque chose
01:07:41qui peuvent venir d'Ukraine
01:07:43ou d'ailleurs et qui généralement peuvent
01:07:45empoisonner même notre population
01:07:47nos éleveurs sont pris dans une
01:07:49triple tenaille, on pourrait dire une
01:07:51tenaille à trois branches, c'est une innovation les tenailles à trois branches
01:07:53la décarbonation
01:07:55et le verdissement
01:07:57une contrainte prix marché
01:07:59export et enfin quelque chose
01:08:01dont j'aurai le plaisir
01:08:03d'intervenir cet après-midi en commission
01:08:05sur les questions sur l'agriculture
01:08:07s'agissant
01:08:09des contraintes sanitaires et du principe
01:08:11de précaution, ce qui fait qu'aujourd'hui pour devenir
01:08:13agriculteur il faut vraiment avoir envie
01:08:15ce résultat qu'est-ce qu'il donne sur le terrain
01:08:17en Bresse, je vais vous le dire
01:08:19des chiffres tout simples
01:08:21en 2000 il se produisait
01:08:231 300 000 volailles
01:08:25aujourd'hui en 2024 il s'en produit
01:08:27plus que 800 000 alors qu'en réalité
01:08:29la demande est importante
01:08:31et les français d'une manière générale notamment à Noël
01:08:33souhaitent les volailles de la Bresse
01:08:35et nos éleveurs
01:08:37ont réduit de la moitié
01:08:39il y a moitié moins d'éleveurs maintenant
01:08:41qu'il y a 25 ans et aujourd'hui on ne trouve plus
01:08:43d'éleveurs donc c'est sûr que quand on aura
01:08:45produit zéro volaille
01:08:47il n'y aura plus de problème de
01:08:49pollution
01:08:51alors j'ai relevé tout
01:08:53à l'heure la remarque
01:08:55de ma collègue madame de
01:08:57Pellichy et je tiens
01:08:59à lui dire qu'elle a une très très
01:09:01bonne remarque sur la notion en tout cas de label
01:09:03ou quelque chose qui ressemblerait à un label
01:09:05et monsieur le président permettez moi
01:09:07d'être en désaccord total avec ce que
01:09:09vous avez répondu à cette
01:09:11dame là parce qu'en réalité il existe
01:09:13un cabinet dont je vous donnerai les coordonnées
01:09:15qui est en train d'éditer un label
01:09:17qui introduit dans la
01:09:19qualification de nos produits
01:09:21l'ensemble de la filière
01:09:23complète de la
01:09:25production de l'animal depuis
01:09:27le carbone depuis la construction
01:09:29depuis les terres depuis la construction
01:09:31des tracteurs jusque dans l'assiette
01:09:33du client donc de la terre
01:09:35à l'assiette il existe effectivement
01:09:37un label et il serait
01:09:39important quand même de le retrouver
01:09:41je vais vous donner les coordonnées de ce laboratoire
01:09:43merci madame la présidente de m'avoir
01:09:45accordé 21 secondes de plus merci
01:09:47je vous laisse répondre à cette question
01:09:49et bonne année
01:09:57pour répondre à la question sur les volailles de brès
01:09:59on n'est pas des fins connaisseurs du
01:10:01cahier des charges des volailles de brès
01:10:03néanmoins l'approche qu'on a eu
01:10:05c'est une approche assez différente entre
01:10:07les enjeux pour les ruminants
01:10:09les ruminants on sait qu'ils émettent du méthane
01:10:11pour les monogastriques dont les
01:10:13volailles font partie le sujet c'est plutôt le
01:10:15contenu énergétique et donc la
01:10:17dépendance à ce qu'on appelle des émissions
01:10:19importées les volailles c'est
01:10:21le secteur qui consomme le plus de soja
01:10:23aujourd'hui en france donc
01:10:2543% de tonnages si
01:10:27mes infos sont exactes
01:10:29et donc
01:10:31c'est vraiment au travers de ce prisme
01:10:33énergétique et de dépendance aux
01:10:35émissions importées qu'on a voulu traiter
01:10:37le sujet de la transition pour ce
01:10:39secteur des monogastriques
01:10:41donc ça c'est un premier point
01:10:43deuxième point sur le risque d'augmentation des
01:10:45importations on en est tout à fait
01:10:47conscient encore une fois c'est un sujet qu'on va
01:10:49traiter dans la suite du projet qui ira
01:10:51jusqu'au périmètre de l'alimentation
01:10:53mais on est tout à fait conscient qu'il y a un risque de report
01:10:55sur des importations qui n'est pas forcément
01:10:57souhaitable et le troisième point
01:10:59sur la diminution du nombre d'éleveurs
01:11:01et la diminution du nombre de
01:11:03volailles de bresse donc c'est
01:11:05un constat qu'on fait dans la plupart
01:11:07des secteurs agricoles il y a très peu de secteurs
01:11:09agricoles qui sont aujourd'hui en croissance
01:11:13ce qu'on dit c'est c'est pas
01:11:15qu'on souhaite que le nombre
01:11:17d'éleveurs diminue c'est peut-être
01:11:19qu'on souhaite que ces éleveurs soient rémunérés
01:11:21autrement et notamment
01:11:23en particulier s'ils ont
01:11:25moins de bêtes à élever ce sera
01:11:27d'autant plus crucial donc l'angle
01:11:29qu'on a pris c'est pas à tout prix vouloir
01:11:31diminuer le nombre
01:11:33d'éleveurs au contraire mais c'est
01:11:35augmenter la rémunération pour faire en sorte
01:11:37que le rythme de diminution
01:11:39aujourd'hui des éleveurs se ralentissent
01:11:41Juste un petit complément sur la question
01:11:43des labels et de la comptabilité
01:11:45environnementale je maintiens
01:11:47quand même ce que j'ai dit
01:11:49au sens où
01:11:51on connaît très bien ça à Carbone 4
01:11:53puisque c'est notre métier on peut très bien
01:11:55faire des analyses one shot
01:11:57c'est-à-dire une fois
01:11:59qui soit macroscopique sur un produit
01:12:01donné on procède
01:12:03par exemple par exemple
01:12:05par exemple par exemple
01:12:07par exemple par exemple
01:12:09produit donné, on procède
01:12:11avec des approximations raisonnables
01:12:13etc. Donc on est capable de donner des ordres de
01:12:15grandeur moi ce que je dis
01:12:17c'est que généraliser ça de fa son
01:12:19systèmeatique aux quelques milliers
01:12:21ou dizaines de milliers de références que vous
01:12:23avez dans la distribution alimentaire
01:12:25ça demande la généralisation
01:12:27d'une comptabilité Carbone
01:12:29en chez tous les acteurs de l'économie
01:12:31et que s'ocracy
01:12:33quelque chose qui existe pas
01:12:35et je ne le vois pas existe
01:12:37de temps raisonnable, c'est juste ça que j'ai dit. Après faire des comparaisons
01:12:42en ordre de grandeur, bien sûr qu'on peut les faire.
01:12:44Oui monsieur Jankovici, à la lecture de votre rapport, plusieurs éléments m'ont
01:12:49interpellé, il est notamment pris comme hypothèse structurante de vos travaux,
01:12:53une forte croissance des surfaces en légumineuse et en particulier en soja,
01:12:57avec une volonté affirmée de réduire la part de l'élevage. Or aller vers moins
01:13:02d'élevage est une aberration dont les principes sont directement issus de
01:13:06textes européens comme le Green Deal, imposé sans consultation des peuples.
01:13:10N'est-il pas plus polluant d'importer de la viande du monde entier, de surcroît
01:13:15chlorée et aux hormones, que de laisser l'éleveur français faire son travail et
01:13:18produire une viande de qualité ? Je pense bien entendu ici au traité de
01:13:22libre-échange Mercosur qui signerait l'arrêt de mort de l'agriculture
01:13:24française. Il serait plus intelligent de travailler sur les circuits courts et
01:13:28d'encourager la production-consommation locale par la commande publique dans nos
01:13:32cantines scolaires, plutôt que de réduire arbitrairement de 25% l'élevage
01:13:36bovin, comme vous le préconisez, en validant les dogmes des écolos et
01:13:40végétariens radicaux. Je vous remercie. Merci pour la qualité de vos travaux
01:13:44inspirantes sans aucun doute. Monsieur Jean-Covicier, juste une petite
01:13:49clé de lecture sur nos réactions exacerbées lorsque vous faites
01:13:52allusion à notre sursis. Il y va de la stabilité de notre pays quand même
01:13:56derrière. Donc c'est pour ça on ne goûte pas tellement aux comiques de répétition.
01:13:59Mais voilà, c'est juste une petite parenthèse. Et j'en profite pour
01:14:03introduire la notion de santé, et notamment de santé environnement, et plus
01:14:07particulièrement d'une seule santé, en termes de communication et
01:14:12d'acceptabilité, de consensus social, vous en parlez notamment sur les futurs
01:14:17travaux d'alimentation. Un exemple, l'OMS préconise des
01:14:23recommandations de consommation de viande. Ces recommandations, juste pour
01:14:27être en bonne santé, permettent d'être tout à fait alignées avec les questions
01:14:32de gaz à effet de serre. Donc là, c'est juste une question de santé, sans même
01:14:34rentrer dans ces éléments-là. Mais d'une manière plus générale et plus
01:14:37systémique, comment les crises sanitaires mondiales telles que la COVID
01:14:40illustrent-elles l'interconnexion entre les systèmes écologiques, économiques et
01:14:44de santé ? Et comment la transition énergétique peut-elle contribuer à
01:14:48prévenir ces crises futures ? Je vous remercie. Merci, je donne la parole à
01:14:52Denis Feynier.
01:14:55Non ? Non, alors à Péhio Dufault. Ah pardon, sur ma liste, c'était l'inverse.
01:15:04Pas de souci. Alors à Péhio Dufault. Madame, messieurs, lors de la loi
01:15:09accélération des énergies renouvelables, le groupe socialiste et
01:15:12apparenté a beaucoup oeuvré autour de quelques principes clés, tels que la
01:15:16planification, la régulation, le partage de la valeur et une formule, les énergies
01:15:21renouvelables, oui. Les marchands de soleil, non. Or, nous observons aujourd'hui que la
01:15:26surface maximale couverte par des panneaux photovoltaïques peut atteindre
01:15:31jusqu'à 40% du terrain agricole et guiser ainsi l'appétit des énergéticiens.
01:15:36D'après les calculs de Christian Dupraz, expert reconnu pour ses activités de
01:15:41recherche, le potentiel est énorme, à savoir 300.000 hectares d'agrivoltaïsme,
01:15:46soit 1% de la surface agricole utile française, suffirait à produire autant
01:15:53que tout le parc de centrales nucléaires. Or, il nous semble primordial de
01:15:57préserver les terres agricoles. De quelle manière le Shift Project se
01:16:01positionne-t-il sur cette question de la régulation des énergies renouvelables
01:16:06dans les exploitations agricoles ? Merci. Merci, la parole est à Denis Feynier.
01:16:14C'est bon ? Oui, j'avais une question mais vous aviez partiellement répondu, c'était
01:16:20sur les modes de régulation et de contrôle des produits carnés sur notre
01:16:24territoire. Mais enfin, j'aimerais que vous reprécisiez votre
01:16:29positionnement. Et puis, moi, je suis élu des Hautes-Pyrénées avec une forte
01:16:35tradition de pastoralisme et j'aimerais vous entendre sur ce mode d'élevage
01:16:39basé sur le pâturage des animaux et la valorisation des ressources naturelles
01:16:43et quel regard portez-vous sur ce mode de régulation ? Merci. Merci, je donne la
01:16:49parole à Justine Gruet. Merci Madame la Présidente. Tout d'abord, merci pour ce
01:16:54rapport. Chaque territoire a sa particularité en matière agricole et
01:16:57c'est bien la vraie chance de la France. Dans le Jura, je pense notamment à la
01:17:01gestion de nos forêts qui doit être pensée sur une vision à court, moyen et
01:17:04long terme. Mon territoire est doté de l'ensemble des forces vives pour
01:17:08aboutir à ces projets-là. Les vignerons subissent les aléas climatiques du gel,
01:17:13de la grêle et de la sécheresse de manière plus en plus nombreuse et de
01:17:16plus en plus intense ces dernières années. Les agriculteurs utilisent de
01:17:20manière raisonnée des produits permettant de garantir une production.
01:17:23Des filières permettent de valoriser chaque acteur. Je pense ici notamment à
01:17:27la filière comté, aux fruitières ou encore aux coopératives viticoles.
01:17:31La gribanching actuelle ne favorise pas la reprise des exploitations. On ne peut
01:17:35pas critiquer en permanence, être plus royaliste que le roi, quand nous n'aurons
01:17:39plus d'agriculteurs. Ce sera trop tard de s'interroger sur notre souveraineté
01:17:42alimentaire. Je souhaiterais faire le parallèle avec vous sur le numerus
01:17:46clausus dans le milieu médical. En effet, on a pensé que moins nous aurions
01:17:51d'offres, plus nous diminuerions la demande. Et je ne voudrais pas qu'en
01:17:54diminuant la production, on se dise qu'on mangera moins. Vous avez parlé de
01:17:58l'arrivée de l'utilisation des énergies fossiles dans les années 1960.
01:18:03Nous sommes 5 milliards de plus à l'échelle mondiale qu'il y a 60 ans.
01:18:085 milliards de personnes en plus à nourrir. Nécessairement, les énergies
01:18:12fossiles sont pour quelque chose dans la production. Mais en tous les cas, il
01:18:15faudra qu'on soit capable de nourrir tout le monde demain. Merci.
01:18:18Merci. Je donne la parole à Jean-Pierre Vigier.
01:18:21Merci Madame la Présidente et Mesdames et Messieurs. Pour une agriculture
01:18:25bas carbone, résiliente et prospère, vous mettez en avant l'urgence de réduire
01:18:30l'empreinte carbone du secteur agricole, tout en renforçant sa résilience,
01:18:34notamment en adaptant les pratiques pour optimiser l'utilisation des
01:18:37ressources en eau. Aussi, j'ai deux questions.
01:18:41Quels leviers politiques sont immédiatement actionnables pour accélérer
01:18:46cette transition, tout en garantissant la viabilité économique des
01:18:50exploitations ? Et ça, c'est très important.
01:18:53Et deuxièmement, comment concilier la préservation des ressources hydriques
01:18:57et la défense des intérêts des agriculteurs, notamment leur accès à l'eau
01:19:01pour l'irrigation face aux tensions croissantes dues au changement
01:19:05climatique ? Je vous remercie.
01:19:08Merci beaucoup. Je donne la parole à Jean-Pierre Tête.
01:19:11Merci Madame la Présidente. Monsieur Jean Covici, merci d'ailleurs
01:19:14pour votre livre Un monde sans fin, qui m'a appris beaucoup de choses,
01:19:17même si vous banalisiez beaucoup les choses avec votre collègue Blain.
01:19:20Mais c'était très intéressant. Je suis un habitant de la Loire.
01:19:23Ma circonscription est dans le département de la Loire, traversé par
01:19:26le même fleuve, avec trois barrages sur ce fleuve, Nossac, Villeray et
01:19:31aussi Grandjean. Un canal, il s'appelle le canal du Forêt,
01:19:35qui a été pensé par nos ancêtres pour l'agriculture.
01:19:39Malgré cela, il nous manque évidemment, comme l'ensemble des territoires,
01:19:44une potentielle source d'eau supplémentaire, puisqu'il faut
01:19:49évidemment que tous les acteurs puissent partager maintenant cette
01:19:51ressource si rare. Ma question est assez simple.
01:19:55Je sais que vous avez des positions sur les retenus collinaires,
01:19:59sur les barrages. Pensez-vous qu'en 2025, même si nous en avions
01:20:04l'utilité sur des territoires, nous pourrions construire un tel
01:20:07barrage comme nos ancêtres l'ont fait ?
01:20:10Est-ce qu'il n'y aurait pas des oppositions de façon très forte
01:20:14pour des doctrines un petit peu excessives ?
01:20:17Pensez-vous qu'en 2025, on peut construire un barrage en France ?
01:20:20Je vous remercie.
01:20:21Merci. Je donne la parole à Benoît Biteau.
01:20:24Merci, Madame la Présidente. Merci, Monsieur Jean Covessy,
01:20:26d'essayer de remettre, alors moi, je suis laïque,
01:20:29la mairie au milieu du village et de cesser d'opposer l'économie,
01:20:33l'espoir de souveraineté alimentaire et l'écologie.
01:20:37Ce qui menace la souveraineté alimentaire et donc le revenu
01:20:39des agriculteurs, et je pense que vous êtes suffisamment
01:20:43ambassadeur de cette notion-là, c'est l'effondrement de la biodiversité,
01:20:47c'est le dérèglement climatique. C'est ça, l'enjeu.
01:20:50Et donc, ce n'est pas la réduction d'utilisation de tel ou tel
01:20:52pesticide ou la réduction de tel ou tel engrais de synthèse
01:20:55qui nous menacent demain. C'est bien ce sujet-là.
01:20:57Et donc, l'agriculture est à la fois le problème, une partie du
01:21:01problème, mais probablement une réponse efficace.
01:21:05Sans pour autant, et c'est pour ça que je vous remercie,
01:21:08sans pour autant remettre en cause l'économie qui peut
01:21:11y avoir derrière. Et donc, rappeler des fondamentaux comme nourrir
01:21:14des herbivores avec de l'herbe, ça fait du bien à entendre
01:21:17parce que ça fait longtemps que je plaide pour ça.
01:21:19Et ça fait la démonstration qu'on peut être écologiste,
01:21:22on peut manger de la viande et on peut aussi défendre
01:21:25une activité d'élevage basée sur les prairies qui continuent
01:21:28de séquestrer du carbone et qui proposent des revenus décents
01:21:30et dignes à des agriculteurs.
01:21:32C'est ça qu'on doit faire dans les politiques publiques de demain.
01:21:34Je rappelle encore une fois que nos propositions ralentissent
01:21:37le rythme actuel naturel de décapitalisation du cheptel bovin.
01:21:41Je rappelle qu'elle ralentisse ce rythme, c'est-à-dire qu'actuellement,
01:21:43c'est moins 2,7% par an la diminution des têtes dans le cheptel bovin
01:21:47pour des raisons qui n'ont rien à voir avec le sujet environnemental
01:21:51parce qu'être éleveur, il faut se lever à 5 heures tous les matins.
01:21:54Pas de week-end, pas de vacances, pas de machin, pas de ceci, pas de cela.
01:21:58Que ça fait partie des professions agricoles qui sont les moins
01:22:00rémunérées en termes de valeur ajoutée par exploitation, etc.
01:22:03Donc c'est d'abord ça la raison et ce n'est pas d'abord le fait
01:22:07qu'il y a des gens qui veulent manger moins de viande ou qu'ils achètent
01:22:09moins de fromage.
01:22:11C'est d'abord cette raison-là et j'insiste.
01:22:14Notre rapport n'est pas un rapport anti-élevage.
01:22:17Ce n'est pas un rapport anti-viande et c'est un rapport dans lequel
01:22:20le rythme de baisse du cheptel bovin, c'est un rapport pro-climat.
01:22:24Ça oui, on l'assume.
01:22:26Et c'est un rapport dans lequel le rythme de baisse du cheptel bovin
01:22:29en France est moins élevé que le rythme qu'on enregistre actuellement.
01:22:33Voilà, j'insiste vraiment là-dessus.
01:22:36Sur les circuits courts, évidemment qu'on est favorable.
01:22:39On a dit on cherche à diversifier les productions géographiques
01:22:42dans la limite d'autres réponses qu'on va faire sur les AOC,
01:22:46les spécialisations régionales, le fait qu'on fait plutôt du vin ici
01:22:48et le fait qu'on fait plutôt de l'élevage en Auvergne et qu'on
01:22:51ne fait pas de champagne en Auvergne, etc.
01:22:52Donc voilà, dans la limite de la spécialisation régionale des
01:22:55productions, il faut plutôt des fruits dans le sud-ouest.
01:22:57Enfin bref, on est tout à fait favorable à la diversification
01:23:01des productions pour justement optimiser les circuits logistiques
01:23:04à Laval.
01:23:05Sur l'étiquette concernant l'origine géographique,
01:23:08alors à nouveau, bonne idée sur le papier, sauf qu'il y a
01:23:11d'autres secteurs dans lesquels on voit que ça marche moyen.
01:23:12Si je prends la mode, par exemple, vous avez sur tous les produits
01:23:15made in, c'est made in ailleurs l'essentiel du temps,
01:23:18ça n'a pas empêché l'industrie textile française de disparaître.
01:23:22Donc est-ce qu'une étiquette, c'est suffisant pour garantir
01:23:25la protection aux frontières ?
01:23:26Malheureusement, non.
01:23:27Est-ce que c'est une mauvaise idée de le faire ?
01:23:29Non, c'est toujours une bonne idée de le faire.
01:23:31Mais est-ce que c'est ça qui va permettre d'avoir un résultat
01:23:35unique ?
01:23:36Malheureusement, la réalité, c'est que c'est encore une fois,
01:23:38on n'est pas en train de dire qu'il faut favoriser des frontières
01:23:41ouvertes.
01:23:42Cette mesure pratique là, en fait, quand on regarde dans d'autres
01:23:44secteurs, malheureusement, ce n'est pas suffisant pour que
01:23:46le consommateur spontanément se dise je vais être sympa avec
01:23:49le producteur national, même si c'est plus cher.
01:23:51Ce n'est pas comme ça qui résonne.
01:23:52C'est considéré que c'est malheureux, mais c'est comme ça.
01:23:56En ce qui concerne l'agriculture biologique, etc., on y a déjà
01:24:02répondu, il me semble.
01:24:03La question santé n'était pas directement au centre de la
01:24:06question de la production agricole, sauf sur un point,
01:24:09c'est qu'on s'est attaché à ne pas, vous savez, c'est le
01:24:13principe anglais do not harm, c'est à dire quand vous proposez
01:24:17une mesure qui vise à être favorable sur une pression
01:24:19environnementale, vous restez un tout petit peu vigilant sur le
01:24:22fait que ça n'augmente pas une autre ou que ça n'augmente pas
01:24:24un autre inconvénient.
01:24:25Toutes les mesures qu'on propose sur l'évolution de l'agriculture,
01:24:28elles vont globalement dans le bon sens sur la biodiversité ou
01:24:31la santé.
01:24:32Si elles ne vont jamais dans le mauvais, j'ai envie de dire ça,
01:24:35c'est à dire que ou bien elles sont neutres ou bien elles vont
01:24:38dans le bon sens.
01:24:39Par exemple, quand il y a une diminution de l'agro, une
01:24:42augmentation de l'agroforesterie, c'est globalement quelque chose
01:24:45qui va plutôt dans le bon sens sur l'usage des phytosanitaires.
01:24:48Quand il y a une augmentation de la mixité des cultures,
01:24:50c'est quelque chose qui va globalement dans le bon sens pour
01:24:53l'usage des produits phytosanitaires parce que ça augmente
01:24:54la résilience des cultures, etc.
01:24:56Voilà donc on n'a pas fait de la biodiversité une entrée
01:24:58spécifique et quantifiée dans notre travail.
01:25:01Mais par contre, il n'y a pas de mesure dans ce qu'on propose
01:25:04qui irait dans le mauvais sens sur le côté phytosanitaire
01:25:08et biodiversité.
01:25:09Et sur la partie santé liée au mode d'alimentation, ça,
01:25:13on renvoie au travail alimentation qu'on va faire plus tard.
01:25:15Et bien évidemment, c'est quelque chose qu'on aura dans
01:25:17un coin de la cervelle.
01:25:19Voilà pour l'étant fort de cette audition de Jean-Marc
01:25:21Jancovici devant la Commission du développement durable
01:25:25de l'Assemblée nationale.
01:25:27Alors, vous l'avez compris, The Shift Project, c'est son nom,
01:25:31est un laboratoire d'idées français présidé par Jean-Marc
01:25:34Jancovici et qui vise notamment à réfléchir à la manière dont
01:25:38nos économies très dépendantes des énergies fossiles et notamment
01:25:42du pétrole peuvent accomplir le vrai changement,
01:25:46le changement qui permettra d'aboutir à une économie
01:25:50bas carbone.
01:25:51Ce n'est pas pour demain, ça, c'est clair, mais peut-être
01:25:54bientôt.
01:25:55Voilà, on peut retrouver cette audition sur nos réseaux sociaux
01:25:58et sur lcp.fr.
01:26:01Moi, je vous dis à très bientôt pour une autre séance.