• il y a 2 ans
Son premier souvenir sur scène, sa plus belle scène, le pire bug technique... Sofiane Pamart se raconte, sur scène.

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Musique
Transcription
00:00Donc Sophia ne pas marre pour apposer des pianos un peu partout dans le monde ?
00:02Exactement, sur la lune, en lévitation, dans l'espace,
00:07je ne sais pas encore ce que je vais faire mais j'ai envie de faire des choses vraiment folles.
00:17Aujourd'hui, on est sur scène à l'Olympia
00:19parce que c'est ma semaine de sortie de mon album Noche, mon troisième album.
00:25C'était quand je faisais mes tout premières auditions de piano.
00:29J'étais petit, j'avais 9-10 ans.
00:31D'ailleurs, il y a une image sur mon clip
00:32« They say I was just a musician », on me voit en train de sortir tout fier.
00:35Je venais de faire mon morceau devant mon tout premier public.
00:38Je salue et je vais voir ma mère.
00:43Je pense que c'est le souvenir à Bercy.
00:46Il y a un moment donné, quand j'ai joué, je suis arrivé.
00:49Donc j'avais des changements de tenue hyper sport.
00:51Il fallait que j'arrive vraiment très, très vite.
00:52Donc je me concentrais vraiment sur le déroulé de mon spectacle.
00:55Et quand j'arrive sur scène, à un moment donné, j'arrive avec ma tenue rouge
00:59et à ce moment-là, tout est éliminé, tout autour de moi.
01:01Donc la scène était centrale, ce qui fait que j'avais un océan de lumière autour de moi.
01:05Et à ce moment-là, j'ai failli perdre connaissance
01:08parce que tellement j'étais pris par l'émotion de ce qui était en train de se passer.
01:11Et heureusement, dans mon oreillette, on m'a rappelé à mon show.
01:14Mais l'émotion, à ce moment-là, était trop pure, trop intense.
01:18J'ai failli perdre connaissance de l'amour et du sentiment d'accomplissement,
01:23de me dire « J'en suis arrivé là ».
01:25Quand j'ai joué, j'ai fait deux représentations d'affilée à Lima, au Pérou,
01:30dans un très, très beau théâtre.
01:31J'avais hâte d'y aller, mais manque de bol ce jour-là, je suis tombé malade, mais hardcore.
01:36J'avais une fièvre, je transpirais, c'était hyper intense.
01:39Et à ce moment-là, notre responsabilité d'artiste, c'est vraiment de performer quoi qu'il arrive.
01:44Il faut jouer, il faut se donner, il faut interpréter, il faut partager au public
01:47parce que le public a parfois voyagé beaucoup pour venir jusqu'ici.
01:50Parfois, il y a des gens qui viennent pour se faire un petit déjeuner,
01:53qui ont voyagé beaucoup pour venir jusqu'ici, parfois, ils attendent ma venue
01:56et la prochaine fois que je vais revenir dans leur ville, c'est peut-être dans très, très longtemps.
01:59Et donc, je n'en sais rien, je prends très, très à cœur le moment de concert,
02:04mais il y a des moments où les êtres humains, on tombe malade.
02:07Et je transpirais et j'espérais le cacher pour mon public,
02:10j'espérais que mes interprétations soient bonnes et je me disais,
02:12au moins, s'ils voient ces gouttes de sueur,
02:13c'est des gouttes de jeu, de colère, d'émotion
02:17et je ne voulais pas qu'ils comprennent que c'était parce que j'étais très malade.
02:23J'étais au Canada et je jouais dans une ville qui n'est pas très loin de Montréal
02:27et j'avais une des personnes qui s'était revendiquée être la première à avoir acheté le billet,
02:35qui, en fait, sa famille m'a contacté parce qu'elle n'était plus en état de venir voir mon concert
02:40parce qu'elle était atteinte d'un cancer et ses jours étaient comptés.
02:44Et donc, ce qu'on a fait, c'est qu'on a organisé un concert privé chez elle
02:49parce qu'elle avait un piano et elle était juste à cinq minutes de la salle,
02:51mais elle n'était vraiment plus en mesure de se déplacer jusque-là.
02:55Et donc, j'ai joué pour elle et la conclusion est assez triste
02:59parce que c'était son dernier concert.
03:02Elle est partie depuis et elle m'avait dit en plus quel morceau elle voulait déjà pour son enterrement.
03:07C'est triste et c'est touchant en même temps.
03:13Ma plus belle scène, c'est une scène naturelle, c'est quand j'ai joué sous les aurores boréales.
03:17Je me retrouve, il fait super froid, la performance doit durer une heure,
03:21on est en streaming, en live.
03:22En fait, on était en train de chasser les aurores boréales tous les jours jusqu'à ce qu'elles arrivent.
03:25Et c'était pas sûr qu'elles arrivent.
03:26Et quand elles sont arrivées, il y avait un moment d'émotion qui était incroyable pour toute l'équipe.
03:31Et là, il fallait qu'après, je performe, il fallait que je me lance.
03:34C'était incroyable parce que c'est un décor naturel,
03:35c'est un décor où j'ai l'impression qu'il y a quelqu'un qui est en train de peindre dans le ciel
03:39à ce moment-là, pendant que je suis en train de jouer.
03:41Donc, Sofiane Pamar pourra poser des pianos un peu partout dans le monde ?
03:43Exactement, sur la Lune, en lévitation, dans l'espace.
03:48Je ne sais pas encore ce que je vais faire, mais j'ai envie de faire des choses vraiment folles.
03:53Là, tu vois, en ce moment, je suis en train de faire 5 Olympias de suite.
03:56Et j'en ai rencontré plusieurs qui ont acheté les 5 billets et qui viennent tous les soirs.
04:01Et en plus, il y en a certains qui ont gardé la même place.
04:03Donc, je vois leur emplacement même quand j'arrive ici et je trouve ça assez incroyable.
04:06Donc, ce que j'ai fait comme deal avec eux, c'est que je leur ai dit,
04:08vous me faites le classement de vos différents Olympias et pourquoi ?
04:12Comme ça, eux, en fait, du coup, j'ai la chance d'avoir des gens qui sont des auditeurs,
04:15qui deviennent experts de ce que je fais et qui peuvent voir les nuances que je propose d'un jour à l'autre
04:20parce que je ne joue jamais pareil.
04:24Désolé, Fust, parce que tu es très, très talentueux et je te graderai toujours,
04:27mais mon designer lumière, il fait des choses incroyables.
04:30Sur mon show de Letters, on avait ce visage qui est la cover de mon deuxième album.
04:35Et en fait, il avait eu la bonne idée de mettre deux yeux.
04:38Les deux yeux à l'intérieur, ce sont les lasers qui balaient la salle.
04:41Mais le premier concert, ce jour-là, je suis devenu borne, en fait.
04:45Parce qu'en plus, c'est mon visage qui était à l'arrière.
04:48Et donc, il y avait un oeil qui ne marchait pas du tout.
04:51Et donc, du coup, il n'y avait plus qu'un oeil qui marchait.
04:53Et sur un visage, ça se voit direct.
04:55Et depuis, on a même inventé un petit check pour conjurer le sort entre nous.
05:00On se check deux fois comme ça et on met une main sur un des yeux
05:05pour faire un petit clin d'œil au fait qu'il m'avait rendu borgne sur le premier concert.
05:11C'est le Vélodrome d'E.C.H.
05:13C'était...
05:15En fait, j'ai pu le vivre à la fois spectateur et après, je me suis faufilé
05:19pour le moment où, en fait, il fallait que je performe avec lui sur scène.
05:21Mais c'était hors du commun.
05:23Vraiment, c'était incroyable.
05:25En fait, le nombre de personnes qui se sont réunies, la symbolique, en fait,
05:29de le jouer au Vélodrome dans sa ville, c'était...
05:34Il y avait un engouement qui était incroyable.
05:37On sentait le grand jour.
05:40J'ai tout aimé.
05:42Le avant, le pendant, le après, tout était incroyable.
05:45Et sa manière de rentrer aussi sur scène, il a incarné quelque chose.
05:48En fait, l'idée de passer par le public, il faut l'avoir.
05:51Mais le plus difficile, je trouve, c'est de l'incarner.
05:53Et voilà, E.C.H. l'a incarné comme jamais.
05:55C'était un grand moment.

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