Benjamin Diez, volleyeur, est l'invité des Jeux dans les Jeux
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00:00 Vous regardez les yeux dans les jeux avec la caisse d'épargne Côte d'Azur,
00:04 partenaire premium des Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024.
00:25 Salut à tous, bienvenue dans ce 17e numéro des yeux dans les jeux, l'émission qui s'intéresse
00:31 à la préparation des athlètes azuréens pour les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris 2024.
00:36 Pour m'accompagner sur ce plateau aujourd'hui, un petit nouveau, Philippe Kamps, le chef du
00:40 service des sports de Nice ce matin. Salut Philippe. Bonjour, bonjour. Merci d'être avec
00:44 nous et notre invité Benjamin Diès. Salut Benjamin. Bonjour. Merci d'être avec nous.
00:47 Tu as 26 ans, tu es né à Nice, tu es voleyeur, tu évolues aujourd'hui en Pologne, on en reviendra
00:53 et on présentera un petit peu plus longuement ta carrière et c'est d'ailleurs Philippe qui va
00:56 s'y coller et qui va te présenter. Oui, oui, oui, je vais présenter ta bio. Allez. Alors tu es né un
01:01 4 avril comme Marguerite Duras, Bernard Campan, Frédéric Lopez ou Daniel Kohn-Bendit qui selon
01:08 mes informations n'ont jamais joué au volley. Avec ton nom tu aurais pu te mettre au violon ou à la
01:13 clarinette mais non, tu as choisi le volley pour imiter ta grande sœur Marie-Camille. Exactement.
01:20 Dis MC Solard, ou MC tout court. Oui, MC ça passe bien aussi. Et tu as vite accroché et tu jouais du
01:29 côté de canne sur mer et sous les ordres de Caroline Thilly, la femme de Laurent. Laurent
01:36 Thilly, l'incontournable géant du volley français international et donc le volley, toi, ça s'est fait
01:45 naturellement ? C'est assez naturellement. J'allais voir ma sœur jouer au volley, j'étais dans les
01:52 gymnases et je la regardais. Au fur et à mesure, je me suis mis à ce sport et c'était assez naturel.
02:00 Après je passais tout le temps mes soirées dans le gymnase, je regardais son entraînement. Enfin,
02:05 je m'entraînais et après je regardais son entraînement. Donc je restais quatre heures
02:08 d'affilée dans le gymnase. Du coup, ça s'est fait plutôt naturellement. Tu as joué à canne et tu as
02:14 été repéré par Cannes ? Ça s'est fait comment ? En fait, je jouais à canne sur mer et après je
02:22 suis allé du côté de Cannes qui était un plus grand club, qui est toujours un plus grand club,
02:25 dans la région, c'est le club principal. Et ça s'est fait comme ça. Une année, je suis allé
02:31 jouer toujours en jeune à Cannes et après j'ai intégré le poliesport de Cannes aussi, qui est le
02:37 centre de la région qui regroupe les meilleurs jeunes joueurs. D'accord, et porter le maillot
02:43 de la S-Cannes quand on est azuréen, quand on aime le voler, c'est un peu un aboutissement,
02:49 c'est un rêve ? C'est quoi ? En tout cas, c'est clair que c'est le meilleur truc à faire. Si tu
02:55 veux évoluer dans le voler, le plus facile, c'est de passer par la S-Cannes parce que c'est le club
03:01 de la région et je pense que c'est la voie la plus facile à emprunter si tu as les capacités,
03:07 entre guillemets, s'ils te veulent aussi. Donc c'est plus facile de passer par la S-Cannes.
03:11 D'accord. Après, ta carrière t'a mené à Montpellier, à Paris, à Genève ou à Tours,
03:16 où tu as fait le double écoupe championnat il n'y a pas très longtemps. À ce moment-là,
03:23 tu as senti que c'était le moment de quitter la France et de partir à l'étranger. Pourquoi ce
03:32 choix ? Déjà, dans le voler, les championnats polonais et italiens, par exemple, c'est les
03:39 meilleurs championnats du monde. Et quand tu es en France, même si tu fais des bonnes saisons,
03:45 tu sais que tu n'affrontes pas les meilleurs joueurs du monde. Je pense que tout voleilleur
03:50 espère jouer dans un des meilleurs championnats pendant sa carrière. J'ai fait un an à Tours,
03:57 et ça se passait plutôt bien. Je me suis dit que j'allais essayer d'aller à l'étranger la
04:03 saison prochaine, en milieu d'année à peu près. Ça se décide assez tôt au voler. J'espérais que
04:08 ça se finisse du mieux possible. Je me suis dit que je vais essayer de partir en gagnant quelque
04:13 chose en France. Tours est le plus grand club de France, je pense. Dans l'histoire, il y a aussi
04:19 Paris, Cannes, mais Tours, en ce moment, sur les dernières années, c'est ceux qui ont le plus de
04:24 titres. Après Paris, je me suis dit que j'allais essayer d'aller gagner un titre avec Tours.
04:28 Parce que c'est compliqué. À Paris, je n'ai pas réussi. À Montpellier, on n'était pas très loin,
04:33 mais je n'ai pas réussi non plus. Au final, ça s'est bien passé, ça s'est bien fini surtout.
04:37 Du coup, je suis parti là-dessus, à l'étranger. C'était parfait pour moi.
04:41 Comment tu expliques que la Pologne, ça soit une référence pour les volayeurs, alors que bon,
04:47 en football ou dans d'autres sports, c'est plutôt des championnats low cost. Et en voler,
04:57 c'est la référence. Comment ça s'explique ?
05:00 Je pense que déjà, physiquement, on va dire, on sait que les Polonais, c'est plutôt des gros
05:06 gabarits. Je pense qu'ils ont le bon physique pour jouer au volet dans le pays. Donc peut-être que
05:11 ça a un rapport. Et après, je sais que le championnat est développé depuis pas mal d'années.
05:15 L'équipe nationale, elle performe beaucoup depuis un moment maintenant. Et après,
05:20 il y a sûrement d'autres facteurs que je ne connais pas. Mais en tout cas,
05:21 ça fait un moment que la Pologne, c'est un championnat top. Par rapport au niveau de
05:26 richesse du pays, ils investissent pas mal dans le volet, les compagnies et même l'État.
05:30 Donc, c'est un championnat qui est très bien pour le volet.
05:34 Et il y a du monde dans les salles ? C'est quelque chose qui marche ?
05:37 Ouais, franchement, dans les salles, c'est assez bien rempli. C'est bien. Mais ce qui m'a le plus
05:43 impressionné, c'est que tous les matchs passent à la télé. Quand tu compares avec la France,
05:45 il y a un match par week-end qui passe sur la télé en France. Là-bas, tu as tous les matchs
05:52 qui passent à la télé. Donc, presque n'importe quel jour de la semaine, parce que c'est sur la
05:56 même chaîne. Donc, presque à toutes les heures de la journée, de l'après-midi en tout cas,
06:00 jusqu'à la soirée, tu as un match de volet à la télé. Donc, je pense que ça aide pas mal. Ça
06:05 donne beaucoup de visibilité au sport et les gens suivent beaucoup dans les journaux, sur les réseaux
06:09 sociaux et dans les gymnases aussi. Il y a du monde. Du coup, on te reconnaît dans la rue,
06:14 dans la ville où tu joues ? Ouais, dans la ville où je joue,
06:16 ouais. Parce que forcément, c'est une assez petite ville et ils suivent beaucoup le volet là-bas.
06:22 Donc, après, je ne suis pas arrêté à tous les coins de rue non plus, mais on est plutôt reconnu
06:27 là-bas dans la ville. En France, le volet souffre d'une médiatisation moindre. Ceux qui suivent le
06:41 volet et les volayeurs se plaignent de ça. Comment tu expliques ce regard un peu lointain qu'a la
06:48 France sur le volet, où on a l'impression en fait que l'équipe de France et les Jeux ou un
06:55 championnat du monde, où on va s'intéresser au volet, après, ça sera moins le cas ?
07:00 C'est clair que le championnat français n'est pas très visible en tout cas. Par contre,
07:06 l'équipe de France, depuis un moment, vu qu'elle performe, les Français suivent plus. Donc,
07:11 ça c'est déjà bien. Mais c'est vrai que ça manque de visibilité. Et je pense que c'est parce qu'il
07:16 y a des sports qui sont trop présents, enfin en tout cas, trop présents, qui sont très présents et
07:20 ça laisse moins de place à d'autres sports qui gagneraient à être plus visibles. Mais c'est
07:25 compliqué quand tu as le foot, le rugby, le hand qui performent depuis beaucoup d'années. Et même
07:30 le hand, il performe énormément. Et on a un super bon championnat. Et ce n'est pas non plus un sport
07:33 que tu vois à la télé quand tu allumes la télé. Ce n'est pas hyper facile à trouver non plus. Donc,
07:37 je pense qu'il y a beaucoup de sports. On est fort dans beaucoup de sports en France. Et il y a
07:41 des sports qui se sont développés vachement mieux et peut-être plus rapidement. Mais en tout cas,
07:45 niveau médiatisation et tout ça, ils sont vachement plus avancés.
07:48 On a reçu beaucoup de sportifs individuels sur ce plateau qui devaient décrocher leur
07:52 qualification pour les Jeux, un petit peu dans leur coin, entre guillemets, en tout cas au niveau
07:56 individuel. Toi, c'est différent. Tu fais partie d'un sport collectif, donc tu es tributaire des
07:59 choix d'un sélectionneur, Andréa Gianni en l'occurrence pour l'équipe de France. Est-ce
08:03 que ça rend les choses plus incertaines ? On se dit que ça dépend moins de nous,
08:05 même si c'est évidemment ton niveau qui t'y amènerait au Jeux potentiellement. Mais
08:08 comment tu vois ça, cette différence peut-être par rapport à des athlètes individuels ?
08:12 C'est clair que déjà, c'est vachement différent. Maintenant que tu me le dis,
08:16 c'est vrai que les sportifs individuels, il faut qu'ils fassent la performance qu'il faut et ils
08:21 ont leur ticket. Nous, c'est différent, c'est le sélectionneur qui choisit. Mais après,
08:25 je pense que c'est... Je ne sais pas si c'est plus difficile ou moins difficile,
08:30 je pense que c'est juste différent. Parce que nous, dans tous les cas, l'équipe de France,
08:33 elle sera aux Jeux olympiques. Après, il faut être dans les 13, dans les 12. Donc c'est différent,
08:39 c'est quelque chose de totalement différent. Mais je ne sais pas, je n'arriverai pas à dire
08:42 si c'est mieux ou moins bien. Justement, l'effectif est très fourni et de très haut niveau. L'équipe
08:46 de France est championne olympique en titre. C'est un petit peu plus compliqué au dernier
08:49 euro, mais globalement, c'est une nation qui compte. Où tu te places dans la hiérarchie de
08:53 cette équipe-là ? Il y a des gros joueurs installés depuis des années. Toi, tu es arrivé
08:56 plus récemment. Elle est où ta place dans ce groupe, finalement ? Je pense qu'elle est assez
09:00 claire. On va dire qu'il y a le premier libéraux, qui est Dzienja Grébennikov, qui est là depuis des
09:05 années et qui continue de performer tous les ans, qui vit dans les meilleurs clubs du monde et qui
09:10 a son poste incroyable, le meilleur du monde. Tu es toujours le meilleur du monde ? Honnêtement,
09:18 je n'arrive pas à comparer parce qu'il y en a des très bons. Mais dans tous les cas, on va dire
09:23 pour les Français, c'est le meilleur du monde. Après, je ne sais pas, peut-être que ça joue
09:25 à peu de choses. Mais bref, c'est lui à notre poste, en tout cas au poste de libéraux. Et après,
09:32 là, ça fait trois ans que c'est moi le second. Mais après, il y a d'autres joueurs qui espèrent
09:38 prendre la place aussi. Pour l'instant, mon rôle, il est là. Je suis pour l'instant derrière Dzienja
09:45 Grébennikov et pour l'instant, c'est comme ça. Qu'est-ce qu'il a de plus que toi ? Déjà,
09:52 niveau techniquement, tactiquement, sur le jeu, il est incroyable. Ce n'est pas seulement plus que
09:57 moi, mais c'est plus que beaucoup d'autres libéraux. Il est super présent en défense,
10:03 il ne bouge pas beaucoup en réception, il a une bonne visibilité du jeu. Et en plus,
10:09 c'est un mec super. Il performe depuis beaucoup d'années, il gagne des titres et c'est un super
10:15 joueur. C'est difficile d'être dans l'ombre d'un joueur référent comme ça, d'une référence comme
10:23 lui ? Je ne le prends pas comme ça. C'est difficile sûrement parce que s'il n'était pas là,
10:28 peut-être que j'aurais plus de temps de jeu, j'aurais un rôle plus important pour les grandes
10:33 compétitions. Mais en tout cas, le fait d'être avec lui depuis pas mal d'années, de m'entraîner
10:38 l'été avec lui, j'ai beaucoup appris. Je vois comment il fonctionne. Je ne le vois pas comme
10:43 le fait que je suis dans son ombre, mais je le vois plus comme le truc où je peux voir,
10:50 et justement c'est peut-être une chance de voir comment il fonctionne. Tu te nourris un peu.
10:53 Oui, exactement. Je ne vais pas dire "fait chier, je ne peux rien faire". Je me dis plus "bon,
10:59 ben c'est top, je vois comment ça fonctionne et ce qu'il fait". Après, c'est sûr que ce sont des
11:03 qualités que tu as en toi, mais déjà de voir comment il fonctionne, c'est déjà bien.
11:07 Comment tu juges tes chances d'aller au jeu, d'être dans le groupe France pour les JO ?
11:15 Honnêtement, il y a 12 joueurs à chaque fois aux Jeux Olympiques. Ils en prendraient un 13e,
11:21 mais normalement ça ne change pas. C'est un libéraux, donc les chances d'y être,
11:26 c'est… techniquement, je ne pense pas que j'arrive à dépasser Genia en termes de niveau de jeu dans
11:35 les mois qui arrivent, mais après il peut se passer beaucoup de choses. Le coach peut choisir
11:40 de prendre deux libéraux si on part à 13. Parce que c'est un poste particulier,
11:44 on y reviendra après, mais c'est pour ça qu'en général il n'y en a qu'un seul.
11:47 D'accord, mais s'ils se blessent ?
11:50 S'ils se blessent, ils font passer un… En tout cas, quand c'était 12 joueurs,
11:53 toutes les équipes nationales, c'est comme ça que ça fonctionne. Ils prennent un libéraux,
11:57 et s'ils se blessent, c'est un réceptionneur attaquant qui prend le rôle. Mais le truc,
12:02 c'est que le libéraux, c'est rare qu'il se blesse. Franchement, il y a depuis tant d'années
12:05 que je regarde les matchs, tous les matchs, que je suis un peu le volet tous les jours,
12:09 il n'y a pas de grosses blessures libéraux comme ça. C'est des trucs soit récurrents,
12:14 qu'un mec au bout d'un moment il doit se faire opérer parce que ça fait un moment qu'il a mal là,
12:17 ou quoi. Mais une blessure comme ça, c'est assez rare. Et en fait, les réceptionneurs attaquants,
12:21 ils ont un peu les mêmes qualités que les libéraux. Ils sont habiles en réception,
12:26 en défense et tout ça. Donc, c'est comme ça que ça se passe. S'il y a un blessé méchant,
12:30 je dirais qu'on va voir ce qui peut se passer, s'ils décident de prendre deux libéraux ou pas.
12:35 Mais en tout cas, de jouer titulaire pour les Jeux olympiques, ça va être très compliqué.
12:40 Il y a un rassemblement de l'équipe de France pour la Ligue des Nations. C'est
12:47 une répétition générale ? Oui, on peut dire ça comme ça. Tous les ans,
12:52 il y a cette compétition. Et même avant les Jeux olympiques, ils la mettent. Et en fait,
12:55 c'est là que je pense que tu prépares physiquement et que tu prépares aussi ton équipe, ton jeu. Je
13:02 pense que le coach va tester plusieurs systèmes, plusieurs compositions. Donc,
13:06 c'est une répétition, on peut dire ça comme ça. Et les Jeux en France, à Paris, tout près de la
13:12 maison de ta famille, de tes amis, est-ce que tu le vois comme un rêve ? Est-ce que c'est une
13:16 question que tu t'es jamais forcément posée ? Comment tu vois ça ? Franchement, je me dis
13:21 juste que ce serait incroyable d'être aux Jeux à Paris. En plus, je pense que dans la carrière
13:25 d'un sportif, faire les Jeux, c'est déjà incroyable. Mais si tu les fais en plus chez
13:28 toi, ça doit être un truc encore plus incroyable. Donc, on peut dire que c'est un rêve. C'est un
13:37 truc que je me dirais, c'est bon, c'est parfait, tu as fait ça. Même si ce n'est pas non plus la
13:42 fin de la carrière après ça. Mais bon, c'est un truc qui ferait vraiment plaisir pour un sportif.
13:47 En plus, c'est une ville que tu connais un peu. Tu as joué deux ans à Paris, justement,
13:50 dans le championnat français. Quel rapport tu entretiens avec cette ville ? Comment tu l'as vu ?
13:55 Est-ce que tu as apprécié ? Moins accroché sur d'autres aspects, peut-être ? Franchement,
13:59 on a adoré. J'ai adoré. On se sentait super bien là-bas. Je me suis fait des bons amis là-bas.
14:03 On a eu une première saison pas terrible. La deuxième saison, avec les moyens du club,
14:08 on a fait une bonne saison. Je me suis senti super bien et j'adore cette ville. Du coup,
14:13 c'est clair que ce serait encore mieux. En France, c'est dans une ville que tu adores,
14:17 ce serait incroyable. On parlait tout à l'heure du poste de libéraux. C'est un poste à part,
14:22 atypique. Vous n'avez pas le même maillot. Moi, qui suis un vieil homme, j'ai connu le volet,
14:29 ça n'existait pas. Comment tu peux nous expliquer en deux mots ce qu'est ce rôle de libéraux ?
14:36 Le rôle du libéraux, c'est d'être derrière, d'assurer la base arrière de l'équipe et de
14:44 stabiliser le jeu, que ce soit en réception, en défense, prendre la place du passeur quand il
14:50 touche la première balle. Je pense que c'est de stabiliser le jeu, d'être assez serein,
14:55 de faire aussi des défenses et de sauver l'équipe dans certains moments. C'est ça,
15:00 c'est sauver l'équipe. En fait, le truc, c'est que c'est un poste particulier parce que tu ne
15:04 mettra jamais de points. Il n'y a jamais personne qui va se retourner à la fin du point en mode
15:08 « incroyable ce que tu as fait ». Ça arrive, mais ça ne saute pas aux yeux parce que forcément,
15:12 quand tu regardes un match, c'est celui qui met le point, qui arrive à faire une attaque
15:15 spectaculaire. Après, les défenses, pour le poste de libéraux, ça compte comme un point.
15:19 On va dire que tu fais une défense sortie de nulle part, c'est incroyable et c'est ton point à toi.
15:23 Mais c'est un poste particulier. Le rôle, c'est de sauver l'équipe quand des fois,
15:29 tu es dans des situations hyper compliquées et tu arrives à faire un exploit et aussi de stabiliser
15:33 le jeu derrière, de gérer la ligne de réception parce que tu réceptionnes à trois, voire plus.
15:38 Donc, c'est de gérer bien toute cette zone pour que ce soit carré.
15:41 Et c'est un poste où tu ne peux pas briller. Est-ce que ce n'est pas un peu un poste frustrant
15:46 aussi ? Oui, c'est un poste vachement frustrant parce que tu peux faire un super match par exemple,
15:53 mais il y aura toujours un attaquant qui va mettre ses 20 points et la lumière va lui être mise
16:00 dessus forcément. Il va avoir toute la lumière sur lui, même si ça change parce que j'ai l'impression
16:06 que ça se développe un peu ce côté-là où tu vois plus les actions défensives et tout ça.
16:10 Mais c'est un poste compliqué et frustrant. Mais après, c'est aussi là que je prends du plaisir.
16:15 C'est que tu n'as pas la lumière sur toi, mais des fois, tu sauves des points, tu fais des trucs
16:20 qui font que l'équipe n'aurait pas marqué sans toi. Et c'est là qu'il faut savoir se rendre utile
16:26 et servir l'équipe comme ça. Il faut avoir un gros esprit collectif, il faut être généreux.
16:31 Ah oui, c'est sûr. C'est sûr que là, tu n'as pas le choix. Des fois, tu ramasses un peu ce que
16:37 les autres ne veulent pas trop prendre. Donc, c'est sûr qu'il faut avoir un esprit d'équipe. Et en
16:43 plus, tu sais très bien que tu ne vas pas avoir toute la lumière sur toi. Par exemple, Daniel
16:47 Grebennikoff, au bout d'un moment, c'était peut-être même le meilleur joueur du monde,
16:51 tout poste confondu. Et tu n'as pas des centaines d'articles sur lui. Alors que tu prends un attaquant
16:56 qui est fort, tu trouves des trucs à gogo tous les jours. Donc, c'est sûr que c'est un poste
17:02 assez particulier. Comment tu t'es retrouvé à ce poste, toi ? En fait, je pense que déjà, par la
17:08 taille, tu es assez limité au volet. Tu ne peux pas être pointu ni réceptionnaire attaquant quand
17:12 tu fais… C'est parce que tu es moins grand que certains joueurs, en tout cas. Oui, c'est ça. C'est
17:17 que par la taille, déjà, c'est vite vu. Si tu veux faire une carrière et que tu fais 1m83 comme
17:21 moi, tu ne vas pas aller bien loin, même s'il y a quelques exceptions. Mais c'est assez rare. Et
17:27 après, au début, je suis rentré au Pôle Espoir à Cannes en tant que passeur. Et au bout d'un moment,
17:31 c'est un coach qui m'a dit « tu vas faire un peu libéraux ». Et au final, ça s'est plutôt bien
17:36 passé. Après, quand j'ai été repéré pour aller au Pôle France, j'étais libéraux et je suis
17:42 resté là-dessus. Tu prends autant de plaisir à jouer libéraux que tu en prenais en tant que passeur ?
17:47 Je pense que oui. Je pense que oui. Après, passeur, j'étais quand même jeune. Je n'arriverais pas à
17:53 comparer parce que maintenant, c'est plus exigeant. Il y a beaucoup de différences. Mais je prends du
17:58 plaisir, en tout cas, à jouer libéraux. Tu n'as pas l'impression d'être une cible, un peu,
18:01 de faire matraquer, d'être… En fait, c'est assez spécial parce qu'en fait, d'un côté,
18:07 tu as cet aspect-là où tu dois « sauver tout le monde », tu dois réceptionner les ballons et tout
18:13 ça. Mais d'un autre côté, tu as pas mal de fois où l'équipe adverse, du coup, elle ne veut pas
18:17 jouer sur toi. Donc en fait, dans un match, tu te retrouves des fois à ne pas toucher beaucoup
18:21 de ballons parce que la tactique, c'est de servir sur les deux mecs qui sont à côté de toi,
18:24 qui sont moins spécialisés dans la réception et dans la défense. Donc, c'est sûr que tu ramasses
18:29 pas mal de trucs où tu te dis « bon, je suis un peu la cible quand même ». Mais il y a des fois
18:33 où justement, tu n'es pas la cible et le but, c'est d'aller aider les coéquipiers dans les
18:37 zones un peu plus compliquées. Et on en parlait tout à l'heure de tes premières années à Cagnes-sur-Mer.
18:41 On te demande de regarder cet écran à ta droite. Là, on a une petite surprise pour toi, quelqu'un
18:45 qui a une question à te poser. Salut Ben ! Un petit message, je voulais juste te dire que ça faisait
18:52 plaisir de te voir jouer à ce niveau-là en équipe de France et dans un des meilleurs championnats du
18:58 monde. Après, j'ai une petite question pour toi. Vu qu'on a commencé le volet ensemble en mini
19:04 poussins, est-ce qu'à la fin de nos carrières, on ne ferait pas une petite année de beach volet à
19:09 deux où on casse tout ? Allez, bisous ! Ciao, ciao ! Alors, on se situe pour les personnes qui ne le
19:15 reconnaîtraient pas forcément. Il s'agit de Kylian Thilly qui est basketeur professionnel passé par
19:19 l'NBA. Philippe l'a dit tout à l'heure, fils de Laurent Thilly, ancien sélectionneur de l'équipe
19:23 de France de volet. Ses frères sont basketeurs et voleurs pro. C'est une famille qui a très bien
19:27 réussi dans le sport. Et donc, vous avez commencé ensemble en jeune à Cagnes-sur-Mer quand vous
19:31 étiez vraiment tout petit, il l'a dit, en mini poussins. C'est clair qu'avec Kylian, on se connaît
19:36 depuis justement ce moment-là. On joue aussi avec Fran Kacic qui a été professionnel aussi à Nice.
19:41 Et dont le père a été entraîneur de Nice. Un joueur incroyable aussi. Et du coup, avec Kylian,
19:49 on a commencé le volet ensemble quand on était tout petit. Après, lui, il est parti au basket.
19:52 Mais bon, pour la paire de beach, ça peut être une bonne idée. Mais bon, c'est dans un moment,
19:58 on verra d'ici là. J'espère qu'on sera tous en bonne santé et qu'on pourra jouer un peu ensemble.
20:02 Tu crois que lui a plus d'aptitudes au volet que toi, tu en aurais au basket si vous deviez
20:05 faire une doublette ? C'est sûr, c'est sûr que lui, il a été dans le volet depuis tout petit.
20:09 Depuis tout petit, il va voir son père. Donc lui, le volet, c'était un peu entre guillemets facile
20:15 pour lui. Il était plus grand que tout le monde. Il arrivait, il cassait les matchs. Donc quand on
20:19 jouait avec lui, on gagnait pas mal de matchs. Et après, au basket, c'est plus compliqué. On va
20:25 dire que ça va, mais c'est pas la folie. Et tu parlais de ce trio, même avec Fran
20:31 Kazic, qui a été pro. Raconte-nous, c'est un métier qui dure encore aujourd'hui. Vous êtes
20:35 toujours aussi proches. Le lien ne s'est pas distendu. C'est clair, on a tous fait un peu
20:41 notre chemin de notre côté, même si Fran, il est resté dans le volet un peu plus longtemps. Il est
20:45 allé au Pôle France aussi, donc j'étais avec lui là-bas. On était en chambre aussi au Pôle Esports
20:49 à Cannes pendant un petit moment. Après, il est venu jouer à Cannes. Et ensuite à Nice, et moi j'étais
20:56 à Cannes, donc on n'était pas très loin. Donc en fait, Fran, on n'a pas été trop souvent éloigné,
21:00 à part depuis un moment où j'ai commencé à aller dans d'autres clubs et tout ça. Mais même avec
21:04 Kylian, il est parti faire l'université aux Etats-Unis et tout. Et au final, on a toujours été
21:08 en contact. Et à chaque fois, c'est rare, mais quand on arrive à se retrouver en France en même
21:12 temps, on se voit à chaque fois. Et ouais, on a toujours des nouvelles. Et c'est sûr que ce sera
21:17 des amis pour toujours. C'est des mecs que je connais depuis qu'on est tout petits. On a une
21:22 super relation et j'espère que ce sera toujours comme ça. Mais en tout cas, c'est trop cool de
21:27 rester en contact avec des gens que tu connais depuis tout petit. On passe du bon moment à
21:31 chaque fois. Et vous échangez au niveau carrière entre vous, vous donnez des conseils, vous parlez
21:37 de vos carrières respectives. On en discute après. Je pense qu'on se donne des conseils,
21:47 mais après, on sait très bien que chacun fait sa carrière. On est déjà pas mal aidé,
21:52 lui notamment dans sa famille. Ils sont tous dans le sport, que ce soit basket ou voler. Ils
21:56 sont... Ils savent tout sur ce sport-là, sur ces sports en tout cas. Donc je pense qu'on se donne
22:02 des conseils plus ou moins. Je n'ai pas de souvenir en tête, mais en tout cas, on s'aide,
22:05 on se parle et on se raconte les histoires qui sont propres à chacun. Mais ouais, on est toujours...
22:12 On parle de nos carrières. On a fait une enquête de police avant de te recevoir et donc on s'est
22:17 été proche de ta famille. Ça n'a pas été dur de s'envoler vers la Pologne dans un pays que tu
22:24 ne connaissais pas, enfin que tu ne connais pas, avec la barrière de la langue, d'être loin. Ça
22:30 n'a pas été un peu un choix douloureux ? Non, ça n'a pas été un choix douloureux parce que c'est
22:37 moi qui ai choisi de faire ça et j'avais envie de faire ça. Donc je ne l'ai jamais regretté. Mais
22:42 après, c'est clair que ce n'est pas facile de partir à l'étranger. Tu arrives là-bas dans un
22:46 pays assez froid. Ce n'est pas hyper facile. Mais après, avec moi, j'avais un Français avec qui
22:53 j'ai joué à Tours et aussi au Pôle France. Donc ça, ça simplifie la chose. On était tout le temps
22:59 ensemble et tout. Donc par rapport à ça, ça m'a vachement aidé. Mais après aussi, il faut dire
23:03 que j'avais l'habitude d'être loin de ma famille parce que j'étais à Montpellier, même si ce n'est
23:07 pas très loin. Mais Paris et Tours, je ne les voyais pas tous les week-ends non plus. Donc
23:11 j'avais un peu l'habitude. Après, avec les déplacements en équipe de France et tout,
23:14 j'ai plutôt l'habitude de ne pas vivre à côté d'eux. Quand j'étais au Pôle Espoir ou au Pôle
23:19 France, j'étais à l'internat. Donc ça fait un moment en tout cas que je suis parti de la maison.
23:23 Donc on va dire que c'était encore une étape en plus parce que tu pars à l'étranger, en plus dans
23:27 un pays pas hyper, hyper facile. Mais après, ça va, j'ai eu pas mal de fois ça dans ma vie.
23:35 Ce cas de figure.
23:36 Oui, ce cas de figure exactement.
23:37 Il y a une forme de proximité qui est restée parce que tes amis, ta sœur, on en parlait tout à
23:42 l'heure, continuent de venir te voir en Pologne et ailleurs. Tu n'es jamais seul très longtemps.
23:46 Oui, ça franchement, c'est vachement cool. Il y a ma copine qui faisait pas mal d'aller-retour
23:50 cette année pour venir avec moi. Il y a les potes qui sont venus. Tu connais Kevin, Fran et tout ça.
23:57 Il y a Kylian aussi qui est venu en Pologne. Il y a ma famille qui est venue plusieurs fois,
24:00 deux ou trois fois. Ma sœur qui est venue une fois. Donc franchement, ça fait passer l'année
24:03 plus rapidement.
24:04 Et est-ce que dans le sport, que ce soit dans ta discipline ou même dans d'autres,
24:08 tu as eu ou tu as des idoles, des gens de qui tu t'inspires, que ce soit par le leadership,
24:12 au volet, on a beaucoup parlé d'Erwin Engapet parce que c'était le joueur le plus éclatant
24:15 dans son style. Est-ce qu'il y a des choses comme ça qui t'ont marqué et des gens de qui tu t'inspires ?
24:19 Moi, en ce moment, quand tu m'as posé cette question-là, je pense direct à Lebron James
24:24 parce que pour moi, c'est incroyable la longévité qu'il a dans ce sport et comme il prend soin de lui.
24:28 Basketeur en NBA pour ceux qui ne connaîtraient pas.
24:30 Donc pour moi, quand tu me poses la question, j'ai directement pensé à lui parce que pour moi,
24:34 c'est une référence. Le mec, il est là depuis tellement d'années, il continue à performer.
24:38 Je pense que c'est assez inspirant.
24:40 On se dit qu'il faut une éthique de travail, une hygiène de vie pour durer aussi longtemps.
24:44 Alors lui, c'est un cancour particulier vraiment de talent, mais il y a aussi un travail fou derrière.
24:48 Oui, c'est ça. Et après, je pense que forcément, tu as le talent qui est là.
24:52 Mais au bout d'un moment, si tu ne travailles pas, je pense qu'une carrière comme ça,
24:55 tu ne la fais pas. Et même si lui, c'est un joueur spécial, mais je pense qu'il y a beaucoup
25:00 de joueurs comme ça ou qui font une carrière peut-être au-delà,
25:03 qui est meilleur qu'ils pouvaient faire de base dans leur jeune.
25:08 Il n'y avait pas tout ça. Avec du travail et de la concentration,
25:13 avec tout le focus que tu peux mettre dans ton sport, tu peux faire des trucs bien plus forts
25:17 que ce que tu pourrais faire sans le travail.
25:20 Et sur les Jeux Olympiques, ça signifie quoi pour toi ?
25:25 Est-ce que tu as des souvenirs d'en étant gosse devant la télé, de regarder des disciplines ?
25:28 Encore une fois, le volet, autre chose, un sportif, une performance qui t'a marqué.
25:31 Qu'est-ce que ça te rappelle ?
25:33 Les Jeux, au volet en tout cas, à part les derniers Jeux Olympiques, je n'ai pas de grands souvenirs.
25:37 Parce que quand j'étais plus jeune, la France ne performait pas autant qu'en ce moment.
25:42 Donc, je n'ai pas de grands souvenirs de volet à part les derniers Jeux.
25:46 Forcément, c'était incroyable. Ils n'ont pas très bien commencé les Jeux en groupe.
25:51 Et après, ils ont fini par gagner les Jeux. Donc, c'était incroyable.
25:55 J'ai ce souvenir-là des Jeux. Et après, sinon, moi, j'aime bien regarder.
26:00 Je n'ai pas de souvenirs en tête qui viennent comme ça.
26:02 Mais c'est sûr que c'est incroyable.
26:05 Pour le sport dans le monde entier, c'est un événement top.
26:09 Tu vois tous les sports, des sports qui ne sont pas très visibles normalement au quotidien dans nos télés.
26:15 Tu vois des sports incroyables et aussi, surtout, des sportifs incroyables
26:19 que tu apprends à connaître pendant les Jeux. C'est top.
26:23 Tu n'as pas une image ou un médaillé qui te ressort de suite quand tu penses aux Jeux olympiques ?
26:28 Là, je pense à Teddy Riner aussi. Teddy Riner, le mec, pareil, ça fait des années qu'il est là.
26:35 Il gagne. On n'attend que lui. Il est encore là. Ça me fait penser à ça.
26:40 Merci Benjamin d'être passé sur ce plateau. L'émission touche à sa fin.
26:43 Tu t'es bien senti ? Ça va ? C'est moins que ça. C'est un bon match en phase finale.
26:47 Merci à Philippe aussi de nous avoir accompagné et guidé dans cette émission.
26:52 Merci également à Philippe Bertigny, Sophie Dancet, Karine Bottier et Chloé Vaurgar
26:56 pour la préparation et la réalisation de cette émission.
27:01 Merci à vous tous de nous avoir suivis.
27:03 On se retrouve d'ici 15 jours avec un nouvel invité, toujours pour parler des Jeux olympiques.
27:07 D'ici là, portez-vous bien. Bye bye.
27:09 C'était Les Yeux dans les Jeux avec la Caisse d'épargne Côte d'Azur,
27:29 partenaire premium des Jeux olympiques et paralympiques de Paris 2024.