A l'occasion d'Escales à Sète on s'interesse à présent à ce qui constitue une des richesses économiques de l'île singulière: l'huitre.
Et l'huitre de l'étang de Thau en particulier.
Une quarantaine de scientifiques de l'Ifremer, du CNRS et de plusieurs universités viennent de se pencher sur l'histoire de trois bassins ostreicoles importants en France: celui de la baie des Veys, en Normandie, du bassin de Marennes-Oléron en Atlantique, et celui de la lagune de Thau, en Méditérranée.
Et concernant les huitres de l'étant de Thau, il y a à la fois de bonnes et de moins bonne nouvelles.
Et l'huitre de l'étang de Thau en particulier.
Une quarantaine de scientifiques de l'Ifremer, du CNRS et de plusieurs universités viennent de se pencher sur l'histoire de trois bassins ostreicoles importants en France: celui de la baie des Veys, en Normandie, du bassin de Marennes-Oléron en Atlantique, et celui de la lagune de Thau, en Méditérranée.
Et concernant les huitres de l'étant de Thau, il y a à la fois de bonnes et de moins bonne nouvelles.
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00:00 Parlons de l'huître, parlons du bassin de Thau, parlons de l'huître de l'étang de Thau
00:04 avec notre invité qui est Valérie de Rolaise, chercheuse en écologie côtière à l'IFREMER, Guillaume.
00:09 Bonjour Valérie de Rolaise.
00:11 Bonjour.
00:12 Merci de nous accorder un petit peu de temps ce matin pour parler de cette étude historique, un peu on va dire,
00:17 puisque ça se passe sur un demi-siècle quand même, qu'une quarantaine de scientifiques de l'IFREMER et du CNRS
00:23 ainsi que de plusieurs universités françaises ont fait sur trois bassins austrélicoles importants en France
00:29 et notamment celui de la lagune de Thau en Méditerranée.
00:32 J'imagine que vous, vous êtes intéressée plus particulièrement évidemment à l'huître du bassin de Thau.
00:37 Oui c'est ça, alors moi je travaille à l'IFREMER à Sète, donc effectivement on est voisins de la lagune de Thau
00:44 et donc cette étude on l'a regardée dans le rétro pour analyser 50 ans d'évolution de trois sites français austrélicoles
00:52 dont la lagune de Thau qui représente 10% de la production française.
00:56 Tout de même parce qu'il y a aussi une grosse concurrence, il y a l'huître de Bretagne, il y a l'huître Normandie,
01:00 il y a l'huître Marais-Noliron, alors les trois bassins que vous avez étudiés de près sont celui de la BDV en Normandie,
01:06 donc ça c'est pour la partie manche-mer du nord, les huîtres du bassin de Marais-Noliron, ça c'est pour l'Atlantique
01:12 et celle de la lagune de Thau en Méditerranée.
01:14 Alors première question très simple, Valérie de Rolais, comment va l'huître de Bousigues, parce qu'on l'appelle aussi souvent comme ça ?
01:22 Alors l'huître de Bousigues va bien, elle vit dans un milieu dont la qualité s'est beaucoup améliorée depuis 50 ans.
01:32 Quand on a comparé nos trois sites, c'est vraiment ce qui marque la différence de la lagune de Thau par rapport aux deux autres sites.
01:39 Ah oui, de meilleure qualité donc dites-vous ?
01:41 On a une qualité de l'eau qui s'est améliorée grâce à beaucoup de travaux d'assainissement,
01:47 des efforts importants des politiques publiques pour diminuer les quantités de nitrate et de phosphate,
01:53 et donc ça a marqué un gain de qualité de cette eau de la lagune avec le retour des herbiers par exemple,
02:01 et puis moins de phytoplankton, moins de micro-algues.
02:05 Donc ça c'est déjà une très bonne nouvelle, de ces trois bassins-là, la qualité de l'eau du bassin de Thau semble être la meilleure.
02:13 Donc dites-vous, c'est grâce aux politiques publiques, c'est uniquement grâce à ça ou est-ce qu'il y a d'autres raisons ?
02:20 Parce que je dirais le bassin de Thau à la limite c'est un bassin un peu fermé quelque part,
02:24 donc peut-être qu'il y a une prolifération de bactéries ou de toutes sortes de pollutions.
02:29 La Manche ou l'Atlantique c'est beaucoup plus ouvert pourtant, non ?
02:33 C'est ça, mais c'est une force et une faiblesse dans la lagune de Thau,
02:37 on a un milieu qui est plus fermé, donc on a un milieu naturellement plus riche,
02:41 qui peut accumuler aussi des pollutions, mais par contre quand des efforts sont mis en œuvre,
02:45 et bien ça réagit plus vite, puisqu'on a un ruissellement sur une surface plus faible
02:51 que sur les grands bassins de Marais-Nolayron ou en BDV en Normandie,
02:55 où il y a eu des efforts qui ont été faits, mais ça met plus de temps.
02:58 L'effort il doit être poursuivi, accentué, notamment en ce qui concerne le rejet des eaux polluantes,
03:05 ça a souvent été d'ailleurs ce qui a été à l'origine de pollution de bactéries,
03:09 et ce qui provoque souvent la colère des agriculteurs, en particulier ceux de l'huître de Bozig,
03:15 mais c'est vraiment là-dessus qu'il faut continuer à intensifier ces efforts ?
03:19 Alors c'est là-dessus, sur les contaminants chimiques par exemple,
03:22 les contaminants historiques, les métaux lourds ou des pesticides comme le lindan,
03:27 les interdictions ont porté leurs fruits à l'échelle nationale,
03:32 donc quand il y a des actions qui sont menées, oui ça peut porter ses fruits sur le bassin de Thau
03:36 et aussi sur les autres secteurs.
03:38 Alors maintenant, il y a d'autres enjeux sur la lagune de Thau.
03:41 C'est ça, parce que ça c'est la bonne nouvelle, mais il y en a toujours un peu moins bonne derrière.
03:44 La moins bonne, c'est qu'elle est liée au réchauffement climatique,
03:48 et du coup ça rend le bassin de Thau peut-être plus vulnérable que d'autres, c'est ça ?
03:53 C'est ça, c'est une deuxième différence de la lagune de Thau par rapport aux deux autres sites.
03:58 Donc c'est plus au sud la lagune de Thau, donc effectivement les eaux sont plus chaudes,
04:03 et c'est là qu'on a vu les effets du changement climatique déjà observés sur les 50 dernières années.
04:08 C'est moins marqué sur les deux autres sites qui sont plus au nord.
04:12 Donc concrètement, on a une augmentation de 2 degrés de la température de l'eau en 20 ans.
04:19 On est passé de 15 degrés en moyenne annuelle à 17 degrés, donc ça paraît pas énorme.
04:24 En 20 ans, c'est ça, c'est important.
04:29 Et donc ça cache cette moyenne des valeurs extrêmes qu'on peut observer l'été, jusqu'à 29 degrés.
04:35 C'est des températures qu'on retrouve régulièrement.
04:38 Alors moins de pollution, moins de bactéries, mais plus de chaleur, et ça vous nous le confirmez, l'huître elle aime pas.
04:44 Alors l'huître elle aime pas, mais elle est quand même plus résistante que les moules.
04:49 Les moules sont aussi élevés dans le bassin de Thau, en moins grande quantité,
04:53 donc au-delà de 27 degrés c'est déjà critique pour les moules.
04:56 Les huîtres sont plus résistantes, peuvent tenir jusqu'à 32 degrés.
05:00 Mais on connaît les projections climatiques, et donc tout ce qu'on a mesuré sur cette longue période de temps,
05:06 ça nous permet d'avoir une idée pour se projeter dans le futur.
05:09 - Alors selon vous, selon les scientifiques de l'Ifremer que vous représentez ce matin, Valérie Duroles,
05:14 vous dites "on a fait des efforts en matière de pollution", alors évidemment, maintenant par rapport au réchauffement climatique,
05:18 qu'est-ce qu'on peut faire par rapport à ça, parce que 2 degrés en 20 ans c'est considérable,
05:22 mais on ne va pas faire baisser la température de la mer en 6 mois là ?
05:26 - Non, c'est ça, donc il va falloir s'adapter.
05:28 Donc il y a des choses qu'on peut régler, mais le changement climatique il va falloir s'y adapter.
05:32 Donc nous les scientifiques, justement toutes nos observations, elles vont pouvoir guider,
05:37 on les rend disponibles pour que les décideurs puissent s'en emparer, et puis prendre les bonnes décisions.
05:43 Après il y a des choses, on les accompagne les producteurs dans des démarches d'adaptation de leurs techniques d'élevage.
05:50 Par exemple il y a des projets pour favoriser des bébés huîtres de naissins, on appelle ça, locaux,
05:57 qui seraient, on l'espère, plus résistants à des températures locales plus chaudes.
06:02 - Oui, parce qu'un naissin qui a été habitué à une température plus clémente, forcément va mieux se développer.
06:08 - C'est l'idée, voilà. Ce qu'il y a d'autres aussi qui se développent, c'est essayer d'aller diversifier les productions,
06:16 d'aller retourner vers des filières en mer où on va avoir des températures moins élevées que dans la lagune.
06:22 Donc ça c'est des choses sur lesquelles on accompagne en tant que scientifiques,
06:26 avec notre expertise et nos suivis, les professionnels de l'ostériculture.
06:31 - Un dernier mot concernant Escalacette, Valérie de Rolais,
06:34 on en parlait tout à l'heure avec notre précédente invitée d'SOS Méditerranée.
06:37 L'IFREMER est aussi très présente sur cette édition 2024 d'Escalacette.
06:41 C'est important pour vous d'y être et d'expliquer au public le travail que vous faites tout au long de l'année ?
06:47 - Oui, tout à fait. On est présents, donc on attend de réinstaller tout notre matériel dès que les conditions seront plus clémentes.
06:54 Donc il y a des ateliers auxquels on va participer.
06:58 Il y a plusieurs scientifiques du laboratoire de CET qui vont participer, accueillir des scolaires.
07:04 Il y a 400 élèves qui sont attendus des écoles et des collèges de CET.
07:09 L'après-midi et le week-end, ce sera ouvert au grand public.
07:14 Par exemple, il va y avoir des observations des micro-algues au microscope.
07:19 Le public et les scolaires vont pouvoir observer et détecter s'il y a des espèces nocives dans l'eau qui a été prélevée.
07:30 - Les enfants adorent ça, regarder au microscope.
07:33 C'est l'occasion de leur faire presque toucher du doigt un monde un peu invisible, mais au combien présent et au combien important pour notre santé.
07:43 - C'est ça. On a amené des aquariums dans lesquels les scolaires vont pouvoir faire des expériences scientifiques,
07:51 mesurer la température, l'oxygène et observer comment les huîtres respirent et s'alimentent.
07:57 - Et ça, ça va se passer où ? Vous serez basé à quel endroit ?
08:00 - On sera basé au Quai du Maroc, à côté de nos partenaires.
08:05 On n'est pas tout seul, il y a aussi l'Observatoire de Bagnous, le Centre Permanent d'Initiatives de l'Environnement.
08:10 On est dans un container dans lequel sont installés tous ces ateliers.
08:16 - Très bien. Merci beaucoup Valérie de Rolais, chercheuse en écologie côtière à l'IFREMER à Montpellier.
08:22 Et donc, mangez des huîtres. Ce sera le mot de la fin.
08:26 - C'est le message.
08:27 - Merci à vous. Et des huîtres de l'étang de Thaube.
08:31 - De la lagune de Thaube.
08:32 - Absolument, merci.
08:33 - Et je vous propose de réécouter cette interview en allant sur le site internet francebleu.fr.
08:37 Elle est dispo en tout cas sur notre site.
08:39 Et les 8h20, Léopoldine Dufour est avec nous dans 3 minutes, avec une petite histoire, avec des explications surtout.
08:44 Il y a une rue à 7 qui a pour nom la rampe des Arabes. Pourquoi ce nom ?
08:48 Vous le saurez après France Gall.
08:50 Alors j'ai choisi des branches, parce que sur la pochette de l'album des branches, France Gall,
08:53 même tenue que nous aujourd'hui, une marinière est rien, mais absolument rien.