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00:00Vous parlez du maillon faible dans ce livre, Laurence, on rappelle vous l'avez animé entre 2001 et 2007, j'ai halluciné en découvrant tout ce qu'au bout de, quoi, au bout de, du lendemain, dès le lendemain de la diffusion, les réactions que ça a engendré, dites nous.
00:16Alors, je l'ai toujours dit, ça a été assez compliqué parce que moi je suis passée de la, pas de l'anonymat mais enfin de la tranquillité à tout d'un coup un succès incroyable pour le maillon.
00:26Combien de téléspectateurs le maillon faible ?
00:29C'était 6-7 millions ?
00:30A peu près, je crois que le premier mois on a fait 57% de parts de marché, alors après on va remettre, il n'y avait pas toutes les autres chaînes mais enfin c'était quand même un succès incroyable.
00:40Et donc moi je me suis retrouvée, j'avais pas prévu la réaction où les gens prenaient en pleine face le fait que ça soit quelque chose, c'était un deuxième degré et le deuxième degré il passait pas, donc j'avais des insultes.
00:53En gros vous jouiez à la méchante, à la dure, mais les gens vous prenaient, vous racontez des trucs Laurence, des insultes, des jets de pierre dans vos fenêtres la nuit, des cris orduriers, on vous traitait de grosse, de sorcière, de conne, mais comment on arrive à se blinder, c'est que de la taise.
01:08Allez, on se blinde pas, moi je ne me suis pas blindée, j'arrivais pas à me blinder, j'osais plus sortir, j'habitais à la campagne toute seule, moi j'avais une petite routine d'aller faire mes courses, je pouvais pas aller faire mes courses.
01:18Les gens me reconnaissaient, me touchaient, me retournaient, me disaient comment vous pouvez, dans la rue, dans la rue, c'était un deuxième degré qui passait pas.
01:28Et c'est allé très loin puisque vous décrivez un repas au restaurant, on vous sert un café et je vous laisse nous raconter la suite.
01:37Oui, en fait, moi je n'osais même plus aller au restaurant parce que comme j'étais dans une zone où il n'y avait pas, c'était pas Paris, c'était pas anonyme, j'avais un invité chez moi qui voulait absolument aller au restaurant, donc il n'y avait rien, il fallait aller manger dans un centre commercial.
01:48Et dans un centre commercial, c'est des chaînes de restaurants, donc moi j'avais pas faim, j'ai juste commandé un café et je savais qu'en rentrant dans ce restaurant, les serveurs m'avaient reconnu, voilà, il y avait une espèce d'ambiance un peu...
02:00Vous les voyiez papoter dans leur coin en regardant ?
02:02Oui, ils étaient en train de ricaner dans leur coin, etc. Et quand j'ai bu mon café, j'ai cru que j'allais m'évanouir parce que le café, je savais pas si c'était du piment, de la javel, du décapant, de la peinture, c'est-à-dire que ça m'a brûlé.
02:16C'est une tentative d'emprisonnement.
02:19Malheureusement, j'étais mal entourée ce jour-là, mon invité m'a dit... Il a goûté, il a failli passer... Il m'a dit, ne fais pas de scandale sur nous. Et bien sûr, j'aurais dû faire un scandale. J'ai rien dit.
02:30Et un an plus tard, vous avez reçu un message ?
02:32Oui, un an plus tard, j'ai reçu un e-mail de cette société qui m'a pris les excuses pour cet incident, alors que j'avais rien dit, et qu'ils m'offraient un repas pour deux.
02:46C'était des serveurs qui ont voulu soulager leur conscience, non ?
02:49Oui, c'est ce que j'ai appelé le café à la haine, mais moi, j'avais des tas de choses à la haine, j'avais en permanence de la haine.
02:56Mais pourtant, assez tôt, vous avez pu expliquer que c'était un personnage, parce que ceux qui vous connaissaient, moi, je vous adorais à la radio, et je devais vous défendre, je me souviens, dans des repas de famille, en me disant, mais Laurence Boccolini, en fait, à la radio, c'est un personnage, c'est une comédienne.
03:09Oui, mais c'était compliqué, vous ne pouvez pas expliquer à chaque personne en particulier, à 5 millions ou 6 millions de personnes, que vous n'êtes pas comme ça, parce que pas tout le monde vous connaît.
03:18Et puis, c'était très fort, quand même, l'impact du maillon, on avait l'impression qu'on harcelait les pauvres candidats, alors que les candidats, je me rappelle, au bout de 3-4 ans...
03:27Oui, mais au bout de 3-4 ans, moi, j'étais moins vindicative, et il disait toujours au directeur de casting, oh, on est déçus, elle n'a pas été méchante avec moi, mais il voulait vraiment que je leur dise des trucs, parce que moi, je les renvoie aujourd'hui, il continue à faire des jeux, il me dit, oh, vous m'aviez dit ça, parce que j'ai ridolé, voilà.
03:47En tout cas, ça a marqué, évidemment, ce maillon.