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00:00Il est 7h44, les cours vont reprendre lundi sur le campus Ville-Jean de Rennes-2.
00:05L'université avait fermé après le blocage du bâtiment B par des étudiants le 17 mars et des dégâts importants.
00:11On parle de cette occupation et de la reprise des cours avec le président de l'université Rennes-2, invité de Hissy-Armorèque.
00:17Bonjour Vincent Guaisey.
00:19Bonjour.
00:19Alors il fallait au moins une semaine entière pour remettre en état le campus Ville-Jean.
00:24Quelle était la nature des dégâts exactement ?
00:28Oui en effet, ça prend un temps important.
00:30Le bâtiment qui a été touché, qui a été occupé est le bâtiment B qui est le plus grand du campus.
00:37Celui qui a la plus grande concentration de salles et d'amphithéâtres.
00:42Et les dégradations ont été importantes.
00:45En particulier, tous les systèmes de sécurité ont été visés.
00:49Il fallait donc d'abord prendre connaissance d'identifier tous les dégâts.
00:56Puis procéder aux réparations d'urgence et garantir les conditions de mise en sécurité pour la réouverture.
01:04Notre collègue qui s'est rendu sur place il y a quelques jours a vu aussi de nombreux tags.
01:08Est-ce qu'ils ont tous été effacés ou pas encore ?
01:11Non, malheureusement c'est un travail qui prendra beaucoup de temps.
01:15Nous procédons par étapes.
01:17Nous veillons d'abord à la mise en sécurité des locaux de façon à pouvoir garantir la sécurité des étudiants et des personnels
01:25qui vont réintégrer ces locaux.
01:27Rennes 2 est un ERP, établissement recevant du public.
01:32A ce titre bénéficie d'un agrément pour pouvoir ouvrir ces locaux en toute sécurité.
01:38Et donc il nous faut en priorité garantir ces conditions de sécurité.
01:44Étant entendu que notre priorité c'est bien sûr de réouvrir le campus,
01:50de permettre à chacun et chacune d'y étudier ou d'y travailler.
01:54Donc c'est la priorité absolue et pour ça il fallait garantir ces conditions de sécurité.
01:58Et donc cette réouverture s'est prévue lundi.
02:01Vous estimez ces dégâts à 100 000 euros.
02:04Et on va rappeler qu'il y avait déjà eu des dégâts que vous aviez chiffrés cette fois à 400 000 euros.
02:08C'était en janvier suite à un précédent blocage.
02:10Ça fait beaucoup d'argent pour Rennes 2 ?
02:13Oui, alors 300 000 euros plus 100 000, ce qui fait 400 000 dans tout.
02:17C'est énorme.
02:18C'est l'équivalent de près de 10% du déficit que nous subissons actuellement.
02:24Donc ça viendra aggraver les finances d'un établissement qui est déjà fragile financièrement.
02:32J'en profite pour dire qu'évidemment nous dénonçons le sous-financement des universités
02:39et nous comprenons la colère des étudiants et des personnels
02:44contre cette situation de sous-financement des universités françaises.
02:49Donc vous soutenez le mouvement, mais pas la forme qu'elle prend actuellement.
02:52C'est ça qu'il prend actuellement à Rennes 2 et ses violences notamment ?
02:56Alors j'ai moi-même eu l'occasion de manifester publiquement mon opposition à la politique du gouvernement
03:04qui consiste actuellement à sous-financer les universités
03:08et à les laisser un peu seuls face à leurs difficultés financières.
03:12Donc bien entendu, sur le fond, je partage le mécontentement qui est à l'origine de ce mouvement.
03:18Par contre, dans ces formes de violences assez gratuites, je dois dire, et assez excessives,
03:25il n'y a plus rien qui justifie effectivement ce déchaînement de violences
03:32et qui ne sert plus du tout la cause en question, c'est-à-dire le sous-financement des universités.
03:38Donc je condamne, et notre communauté dans son ensemble condamne très fermement ces débordements et ces violences.
03:44Vincent Gouezet, vous êtes président de l'université Rennes 2
03:47et justement vous avez fait appel aux forces de l'ordre la semaine dernière
03:51pour déloger les occupants de ce bâtiment B.
03:54Vous vous assumez ? On a pu vous le reprocher certainement. Est-ce que vous vous assumez ?
03:58Oui, alors il y a dans une communauté de 1500 personnels et 20 000 étudiants,
04:03il y a toujours des gens qui trouveront soit qu'on les a fait intervenir trop tôt
04:08ou qu'on les a fait intervenir tout simplement, soit qu'on les a fait intervenir trop tard.
04:13Il est difficile de contenter tout le monde.
04:16En l'occurrence, notre politique, c'est toujours de privilégier le dialogue, la discussion
04:22et d'essayer de régler pacifiquement les conflits.
04:26La première occupation, fin janvier, qui a duré quatre jours,
04:30n'a pas permis de résoudre pacifiquement ces conflits.
04:36Heureusement, l'Assemblée générale qui occupait les locaux a décidé d'elle-même d'arrêter l'occupation
04:43et c'est à ce moment-là qu'on a vu l'ampleur des dégâts.
04:45Mais là, ce n'était pas le cas, donc vous avez fait appel aux forces de l'ordre.
04:48On avance parce que l'interview est bientôt à sa fin, Vincent Gouezet.
04:51Je voudrais juste vous entendre au sujet d'une possible suppression de l'enseignement à distance
04:56à cause justement de ces économies et de ce budget que vous voulez ramener à l'équilibre.
05:00On entendait un représentant de l'Union Pirate dans le journal de 7h nous dire qu'il craignait
05:03pour les étudiants qui font beaucoup de cours à distance à Rennes 2.
05:06Est-ce que ça pourrait être supprimé, l'enseignement à distance ?
05:10Ça fait partie des scénarios qui sont discutés.
05:12En effet, nous avons un déficit de 5 millions d'euros qui nous oblige à revoir un petit peu
05:18l'ensemble de nos missions et quelles sont nos priorités et à définir effectivement
05:23de quelle façon nous pouvons alléger l'offre de formation
05:27puisque nous n'avons plus les moyens de soutenir une offre de formation très très large.
05:33Et il faut envisager quelles sont les situations ou les réformes qui permettront de minimiser
05:41l'impact sur notre offre de formation.
05:42Notre priorité, ce sont nos étudiants présents sur site, les néo-bacheliers bretons.
05:47Et on ne touchera pas aux formations qui les concernent.
05:51Merci Vincent Gouezet d'avoir été l'invité de ICI Armorix ce matin.
05:55Vous êtes président de l'université Reine2.