• il y a 3 jours
"Le public se détourne de la télévision classique parce que ça ne ressemble pas à leur vie."

Pour l'actrice Aïssa Maïga, il n'y a pas assez de diversité dans le cinéma français. Brut l'a rencontrée à Cannes. Et voilà pourquoi elle veut que ça change.
Transcription
00:00Bonjour, c'est Aïssa Maïga, pour Brut.
00:03Dans un pays comme la France, je pense qu'il y a suffisamment de diversité, suffisamment de gens issus de la diversité, comme on dit.
00:18Je discutais avec un directeur de casting
00:20norvégien, qui racontait que
00:23en Norvège, ils ont des chiffres pour tout. Ils se sont rendus compte que 10% de la population n'était pas
00:28d'origine norvégienne, mais qu'ils n'étaient pas représentés à l'écran. Et donc, ils ont fait tout un travail pour aller chercher les talents.
00:35C'est-à-dire qu'il ne s'agit pas simplement de réceptionner ce qui se fait, mais si on veut vraiment qu'il y ait une production
00:43plus dynamique, plus diverse
00:45en France, il faut aller chercher les talents. Et je pense que le mode de sélection des projets,
00:51qui est basé notamment sur l'écrit, fait que déjà ça discrimine plein de gens.
00:55Parce qu'ils n'ont pas grandi dans une famille du cinéma, parce qu'ils ne sont pas forcément littéraires. Par contre, tu leur donnes une caméra, ils savent
01:01faire un film.
01:02Donc, ça veut dire qu'il faut... Mais ça se fait déjà, il y a plein d'initiatives qui se font.
01:06Ouda Benyamina fait ça, notamment avec 1000 visages. Il y a différentes
01:11actions comme ça qui se font. Et je pense qu'on en a besoin en France. Mais vraiment,
01:16on en a besoin. Parce qu'il y a plus de 300 films de cinéma qui se font par an.
01:21Il y a les plateformes qui prennent de plus en plus de place.
01:25Le public classique se détourne de la télévision classique parce qu'il n'y a pas assez de diversité, ça ne ressemble pas à leur vie, etc.
01:33Donc, on en a vraiment besoin. Il ne s'agit pas juste d'une prise de position un peu radicale de gens qui ne défendent que leurs intérêts propres.
01:40L'Académie des Oscars, après la campagne Ask Us So White,
01:45s'est enfin posée la question
01:48de mélanger
01:50les membres de l'académie. Donc, l'année d'après, ils ont réagi très vite.
01:55Ils ont fait entrer un nombre important de femmes,
02:01un nombre important de gays, un nombre important de noirs, de latinos, etc.
02:09Parce qu'il faut qu'à la source, c'est-à-dire que les gens qui regardent les films,
02:14soient mélangés pour qu'il y ait une multiplicité des regards.
02:18Ça, ça me paraît vraiment, vraiment important. Parce que sinon, ça veut dire quoi ?
02:22Ça veut dire qu'il y a une espèce de chose très monolithique dans la façon de regarder les films,
02:28qu'il y a un filtre culturel unique.
02:38Un, ton rêve est valide.
02:42Deux, travaille, va te former, va apprendre.
02:46Arrive et puis arrive avec vraiment un niveau pour déchirer.
02:49Trois, n'attends pas.
02:52Aujourd'hui, tu peux faire un film de façon très simple, un court-métrage,
02:55sans avoir des centaines de milliers d'euros, même des dizaines de milliers d'euros.
03:00Donc, voilà, amuse-toi, propose, écris.
03:04Et si toi, tu ne sais pas le faire, il y a quelqu'un dans ton entourage qui peut t'aider.
03:07Et cinq, je dirais, écoute les conseils de Issa Rae.
03:12Écoutez les conseils de Issa Rae !
03:15Écoutez les conseils de Issa Rae !
03:17Elle est partie de rien, elle a fait son show, elle s'est retrouvée sur HBO, Insecure,
03:21et la meuf, elle a tout cartonné.
03:24Et ce qu'elle raconte, c'est que quand elle n'avait pas les moyens de faire quelque chose,
03:27elle faisait dans la débrouille.
03:29Et quand elle-même, elle ne connaissait pas forcément des gens hyper qualifiés,
03:32elle trouvait quelqu'un autour d'elle qui avait aussi envie qu'elle.
03:35Et en s'amusant, franchement, elle a tout déchiré.
03:39Et voilà, ça, c'est mes cinq conseils.

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