• il y a 3 jours
Le ministre de la Justice est revenu sur les accusations de violences conjugales à l’encontre de Julien Bayou et Adrien Quatennens.

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Je pense qu'il est temps de siffler la fin de la récréation.
00:03On ne joue pas avec nos institutions.
00:05Stop ! Il y a une justice, je veux l'incarner,
00:08et je veux redire que tout le reste n'a strictement aucun sens,
00:12et que non seulement ça n'a aucun sens,
00:14mais que c'est pour la démocratie extraordinairement dangereux
00:18parce que la justice, monsieur, c'est notre pacte social,
00:22et elle ne peut pas être dévoyée, en aucune façon, par qui que ce soit,
00:26et encore moins par des responsables politiques.
00:29Oui, c'est un coup de gueule, c'est vrai, il y en a marre de ces trucs-là.
00:32Bonjour, monsieur le ministre, Alexis Cuvillier de BFMTV.
00:35Une question sur un autre sujet d'actualité, si vous le permettez.
00:39La gauche française est très perturbée depuis une dizaine de jours
00:43par la mise en retrait de deux de ses responsables
00:46pour des soupçons de violences physiques ou morales présumées envers d'ex-compagnes.
00:53Dans la deuxième affaire, dans l'affaire Bayou,
00:55il n'y a à ce jour pas de procédure judiciaire en cours.
00:58Quel est votre regard sur ces mises en retrait,
01:01et est-ce que vous pensez qu'il faut mieux encadrer
01:04le travail des fameuses cellules internes au parti ?
01:07Merci beaucoup.
01:09Bon, on est un peu loin, vous me le considérez du budget.
01:12Mais en même temps, pour ne rien vous cacher,
01:15je suis heureux que vous me posiez la question
01:18parce que je pense qu'il est temps de siffler la fin de la récréation.
01:22On ne joue pas avec nos institutions.
01:25La libération de la parole de la femme, oui.
01:28Même au travers des réseaux sociaux.
01:31Pour autant, les réseaux sociaux ne peuvent pas être
01:34l'unique réceptacle sans filtre de cette parole,
01:37et la justice doit intervenir.
01:39On est en train, là, de créer une justice de droit privé
01:43qui n'a strictement aucun sens.
01:46C'est mortifère et délétère pour les grandes institutions
01:50qui sont les nôtres, et en particulier pour la justice que je veux défendre.
01:54Il n'y a pas de code de déontologie
01:57mis en place par tel ou tel parti.
02:00Il y a la justice et il y a un code pénal.
02:03Et je dis qu'aujourd'hui,
02:06certains se font dévorer par un monstre
02:09qu'ils ont contribué à créer.
02:11Stop avec ça.
02:13Il y a une justice qui reçoit les plaintes,
02:16qui doit les recevoir en s'améliorant en permanence.
02:21Et je pense que les officiers de poli-judiciaire,
02:24les officiers de gendarmerie,
02:27ont suivi un certain nombre de formations.
02:30C'est le cas également des magistrats.
02:33Il y a une formation continue à l'École nationale de la magistrature
02:36pour qu'on prenne mieux en charge la parole des victimes.
02:40Mais arrêtons là avec ces histoires
02:43de déontologie, de transperçance,
02:47de justice privée,
02:50de je ne sais quel parti politique
02:54qui exprime naturellement également
02:57ses accointances politiques au travers des décisions rendues.
03:00Stop. Il y a une justice, je veux l'incarner
03:03et je veux redire que tout le reste n'a strictement aucun sens.
03:06Et que non seulement ça n'a aucun sens,
03:09mais que c'est pour la démocratie extraordinairement dangereux
03:12parce que la justice, monsieur, c'est notre pacte social.
03:16Et elle ne peut pas être dévoyée, en aucune façon,
03:19par qui que ce soit et encore moins par des responsables politiques.
03:23Sur la question de mon confrère de BFM,
03:27on a bien entendu votre coup de gueule.
03:30Vous sifflez la fin de la récré,
03:33mais comment exactement et comment
03:36vous mettez un point final
03:39à ce qui est en train de se passer et à cette justice privée ?
03:42Quel est votre moyen d'action ?
03:45Comme ça. Et que puis-je faire d'autre ?
03:48Je suis un grand démocrate, moi.
03:51Bon, chacun s'exprime, chacun dit les choses,
03:54mais mon rôle à moi, à cet instant,
03:57c'est de rappeler ce qu'est l'institution judiciaire,
04:00c'est de rappeler qu'on ne peut pas la dévoyer,
04:03c'est de rappeler que la justice privée n'existe pas.
04:06Ensuite, à bon entendeur, salut, qu'est-ce que vous voulez que je fasse ?
04:10Vous imaginez quelle dérive ce serait
04:13si je prenais cette malencontreuse initiative
04:16qui ne me vient pas une seconde à l'esprit ?
04:19C'est un coup de gueule, c'est vrai.
04:22Il y en a marre de ces trucs-là.
04:25La justice, c'est clair, c'est une institution
04:28qu'on ne peut pas mettre de côté
04:31avec je ne sais quel groupe,
04:34je ne sais même pas comment ça s'appelle,
04:37sous-groupe, poli de bureau,
04:40non, ce n'est pas comme ça que ça marche.
04:43J'exprime ça.
04:46Mais nous sommes dans une grande démocratie, chère madame,
04:49vous écrivez ce que vous voulez, ils disent ce qu'ils veulent, et moi aussi.
04:52Et moi je dis stop maintenant.
04:55Parce que j'ai mon mot à dire sur le fonctionnement de la justice.
04:58Je suis attaché à la parole des victimes,
05:01je suis attaché à la présomption d'innocence,
05:04je suis attaché à un certain nombre de grands principes
05:07que notre société civilisée a mis des millénaires à élaborer.
05:10J'y tiens.
05:13Et je veux rappeler aux uns et aux autres
05:16que c'est une initiative assez singulière
05:19de construire une justice privée.

Recommandations