"N'importe quel chef d'entreprise aurait été voir les victimes !"
Le coup de colère du député Richard Ramos contre le PDG de Lactalis, entendu à l'Assemblée sur l'affaire du lait infantile contaminé.
Le coup de colère du député Richard Ramos contre le PDG de Lactalis, entendu à l'Assemblée sur l'affaire du lait infantile contaminé.
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00:00Vous êtes une grande entreprise avec des salariés. J'ai du respect pour vos salariés.
00:03Mais la question est droite dans les yeux, j'ai envie de dire.
00:06Dites-nous ce que... Pas froidement, M. Beignet, pas froidement, mais en tant qu'humain.
00:17N'importe quel chef d'entreprise aurait été voir les victimes.
00:30Si je suis ici parmi vous, c'est pour répondre aux questions légitimes qu'a soulevées l'accident
00:40sanitaire de notre usine de cran. Avant de commencer, je voudrais renouveler mes excuses,
00:44à titre personnel et puis au nom de tous les collaborateurs du groupe, auprès des familles
00:50des bébés malades, auprès de celles qui se sont inquiétées. Je mesure pleinement la souffrance
00:54de ces familles et, à ma connaissance, tous les bébés vont bien. C'est vraiment l'essentiel pour nous.
01:06S'il vous plaît, moi simplement, pour vous dire, c'est insupportable de vous entendre.
01:10M. Ramos... Non, mais attendez... Non, non, non, je vous passe, M. Ramos, je vous passe la parole.
01:18Merci, M. le Président. M. le Président, dans une entreprise, il y a plein d'éléments qui peuvent faire que des choses se passent différemment.
01:26Le dirigeant ou la dirigeante d'une entreprise, elle marque son entreprise de sa patte. Et quand vous dites ici que votre discrétion,
01:33certains ont voulu le faire sur de l'ADN de la non-transparence, je m'inquiète. Quand je vous entends vous excuser,
01:40je n'ai pas assez de mots pour m'excuser auprès des familles. Et que l'association des victimes vous a écrit à maintes reprises
01:47et que vous ne les avez pas reçues, je ne peux pas, ici, nous, les représentants de la nation, vous laisser nous faire croire
01:53que vous avez de la compassion, puisqu'ils vous ont écrit à maintes reprises et vous ne les avez pas reçues.
02:00Donc, il y a un décalage, encore une fois, entre votre discrétion et le chef d'entreprise d'une grande entreprise française
02:07qui, n'importe quel chef d'entreprise, aurait été voir les victimes. Et vous nous dites ici, j'ai de la compassion pour les victimes.
02:13Monsieur Boinard nous dit, j'ai de la compassion. Mais comment vous croire, puisque vous ne les avez même pas reçues.
02:18Donc, comment on commence une commission d'enquête avec quelqu'un qui nous fait des belles phrases,
02:23mais qui, dans les faits, en tant que chef d'entreprise, n'a pas été voir les victimes. C'est ça qu'est la difficulté.
02:29Et nous, ce qu'on veut savoir, c'est est-ce que la méthode, ce qu'on perçoit, moi, je suis prêt à ce que vous me dites,
02:34que ce n'est pas l'ADN de la transparence. Ça n'influe pas sur vos équipes, sur la façon de communiquer.
02:40Et donc, votre discrétion, finalement, jusqu'à des problèmes qu'on rencontre dans l'usine, et bien, finalement, on ne communique pas.
02:45Parce que cette ADN-là, si elle est exacte, ce n'est pas de la discrétion, mais de la non-transparence, elle aura influé sur le processus.
02:52Donc, moi, je veux savoir, si vous allez recevoir les victimes, vous, le chef d'entreprise, l'homme capitaine de l'industrie française,
02:58parce qu'on a eu ici des débats avec la grande distribution, mais ils sont toujours venus dialoguer avec nous, même quand on n'était pas d'accord avec vous.
03:05Là, ici, ce qui est insupportable, également, c'est qu'on voit des notes qui ont été faites par des juristes et des communicants,
03:10qui ne répondent quasiment pas aux réponses directes du rapporteur et du président.
03:14On sait que vous avez, et vous nous l'avez bien expliqué, vous êtes une grande entreprise avec des salariés.
03:19J'ai du respect pour vos salariés, mais la question est droite dans les yeux, j'ai envie de dire.
03:24Dites-nous, pas froidement, M. Beignet, pas froidement, mais en tant qu'humain.
03:29M. Ramos, M. Ramos.
03:30Dites-nous les réponses sur lesquelles on peut répondre.
03:32M. Ramos, calmez-vous, s'il vous plaît.
03:34Non, mais, les victimes sont très en colère de ne pas vous avoir rencontré.
03:39M. Ramos, nous avons eu, effectivement, reçu un courrier de l'association,
03:47mais depuis le début, l'association est en procès avec nous, elle nous a attaqués devant les tribunaux,
03:55donc c'est vrai que c'est assez difficile à la fois de les rencontrer et d'être dans une procédure judiciaire.
04:03On n'a pas pu les rencontrer dans ce cadre-là,
04:07donc nos conseils ont demandé à les rencontrer, mais ils n'ont pas souhaité rencontrer.