• il y a 3 jours
"Je compte sur vous.
— Ah oui, vous pouvez compter sur nous. L'inverse reste à prouver."

La réponse cinglante d'un neurologue à Emmanuel Macron en pleine visite de l'hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Il interpellait le Président sur la crise dont souffre l'hôpital public.
Transcription
00:00Vous savez, quand il a fallu sauver Notre-Dame, il y avait beaucoup de monde pour être rébu.
00:03Là, il faut sauver l'hôpital public qui est en train de flamber à la même vitesse
00:06que Notre-Dame a failli flamber.
00:07Ça, c'est joué à rien.
00:08Et là, en ce moment, ça se joue à rien.
00:10Voilà.
00:11Je n'ai pas d'autre chose à dire pour l'instant.
00:12Donc, je compte sur vous ?
00:13Ah oui.
00:14Vous pouvez compter sur nous.
00:15Et vous comptez sur moi ?
00:16L'inverse reste à prouver.
00:17Non, non.
00:30Je suis là parce que c'est le dernier repas.
00:32C'est vous, je suis en clair.
00:33Mais vous, en tant que président, en tant que protecteur de citoyens, on est où ?
00:38On est vraiment là.
00:39On est au bout.
00:40Mais pour l'instant, vous n'êtes pas là.
00:43Prenez la main.
00:44C'est très clair.
00:45Je suis désolé.
00:46Bonjour.
00:47Prenez la main et donnez les moyens au ministre de la Santé, à Martin Hirsch, qui est derrière
00:53vous.
00:54Donnez-lui les moyens de soigner nos patients.
00:57Les personnels hospitaliers, le corps soignant dans son ensemble a fait tous les efforts nécessaires.
01:04Nous sommes au bout.
01:05Oui.
01:06Mais on a besoin d'un choc.
01:07Il paraît que vous aimez bien les chocs.
01:08Donc, un choc d'attractivité.
01:09Il faut absolument refinancer en urgence l'hôpital.
01:14Je suis vraiment désolé.
01:15Mais c'est extrêmement important.
01:17Je ne suis pas là pour moi.
01:18Vous avez compris.
01:19Je suis là.
01:20Vous savez qui est derrière moi ?
01:21L'ensemble du corps soignant.
01:22Et on ne peut pas se contenter des faits d'amour.
01:24Je suis désolé.
01:25Non, mais moi, je ne suis pas pour les faits d'amour.
01:27D'accord.
01:28Mais on est passé par un an de délit.
01:30Après, on a fait le constat.
01:32Maintenant, il faut agir.
01:33J'ai peur, malheureusement, qu'on soit passé par beaucoup plus qu'un an de délit.
01:36C'est le fond de ma pensée.
01:37Alors, moi, le fond de ma pensée, c'est que Cairo, c'est le moment opportun.
01:40Et le moment opportun pour le président de la République d'agir, même dans une situation
01:44dont il n'est pas responsable, c'est maintenant.
01:46Il faut saisir.
01:57Le risque est grand, pas seulement du fait que cette épidémie, on ne sait pas comment
02:02elle va évoluer.
02:03Le risque est grand parce que le système, en tout cas des hôpitaux publics, est actuellement,
02:09je dirais, en partie sinistré.
02:12En d'autres termes, les moyens qu'il faut injecter pour qu'il y ait des personnels
02:17pour s'occuper des lits, c'est des moyens qui sont urgentissimes.
02:22Sans injection de moyens rapides, nous ne pourrons pas faire face à ce type de crise.
02:29Effectivement, au moment des attentats, les personnels soyons sont revenus travailler.
02:33Effectivement, on peut se satisfaire que les grèves qui étaient urgentes aient pu continuer.
02:37Tout ça, c'est très bien.
02:38Mais on n'est pas dans la même situation actuellement.
02:41La situation s'est considérablement aggravée.
02:43Et je pense qu'il est de la responsabilité des tutelles en général et du président
02:49de la République, qui est le protecteur de l'ensemble de la nation, d'assumer ce rôle.
02:54Et c'est maintenant.
02:55C'est tout de suite.
02:56Ce n'est pas dans six mois.
02:58Ce n'est pas dans un an.
02:59Je vous ai entendu, docteur.
03:00Je veux juste qu'on ait collectivement l'honnêteté de se dire, je suis comme vous, je crois au
03:04Cairos.
03:05Mais le Cairos, il doit intervenir dans un moment de vérité.
03:07Ce moment de vérité, c'est aussi qu'on n'ait pas resté assis sur sa chaise depuis
03:11deux ans et demi.
03:12Vous me l'accorderez.
03:13Et donc, je ne dis pas que...
03:15Nous en reparlerons.
03:16Nous en reparlerons.
03:17C'est ce qui justifie d'attendre.
03:19Je ne suis pas pour attendre.
03:21J'ai parfois le sentiment de payer l'addition de beaucoup de comptes qui sont restés non
03:26soldés.
03:27Je veux bien les prendre, mais je veux au moins avoir un petit peu de reconnaissance
03:30pour ça.
03:31On sera transparent là-dessus.
03:32On le sera.
03:33C'est bien.
03:34Mais en tout cas, indépendamment de ça, je vous remercie infiniment pour la mobilisation
03:39et l'esprit de responsabilité qui est le vôtre.
03:42Parce que vous êtes au service de nos concitoyens avec un formidable engagement et une humanité
03:50que je, ici, salue.
03:51Donc, merci beaucoup.

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