En quelques semaines, le Brésil est devenu le nouvel épicentre de la pandémie de Covid-19. Pour Brut, immersion dans les favelas de Rio, où l'épidémie fait des ravages.
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00:00Et je crois que sous le nom de Jésus, tout le mal se prostitue.
00:09Il faut aller au médecin pour voir ce qui se passe, mais la cure arrive.
00:13Le coronavirus, je suis très inquiète.
00:16J'y suis 24 heures, très inquiète.
00:19Qu'est-ce qui se passe ? Il va arriver un moment où tout le monde sera abattu.
00:26Pour Brut, je vous emmène au Brésil, le nouvel épicentre mondial du coronavirus.
00:40On a passé du temps avec les habitants des favelas de Rio.
00:42Ce sont les premières victimes du coronavirus, dans un pays où les coronas sceptiques sont de plus en plus nombreux,
00:47à commencer par leur président, Jair Bolsonaro.
00:55Il s'est élevé un homme appelé Jair Messias Bolsonaro.
00:58Vous êtes ici parce que vous croyez au Brésil.
01:04Le coronavirus, ma chère, c'est un mythe lancé par la dame de la Chine et d'autres intérêts.
01:10C'est absurde ! Ils vivent déjà dans le soleil, dans l'air pur.
01:15Pourquoi vont-ils porter une masque ?
01:26La communauté est un monde à part.
01:29Ils ont leurs règles.
01:32Parfois, c'est très compliqué d'implémenter une politique
01:36d'un distanciement social si grand,
01:39d'une taille plus élevée, d'infection.
01:42C'est à cause de ce distanciement que c'est difficile, non ?
01:46Mais il y a des gens qui sont là.
01:49Il y a des gens qui sont là.
01:52C'est à cause de ce distanciement que c'est difficile, non ?
01:55Mais l'Ingénieur Général a donné un positif aussi.
01:58Qu'est-ce que ça signifie ?
02:00Ça signifie que vous avez eu le virus.
02:02Vous avez encore le virus.
02:04Mais votre corps, votre organisme,
02:06il est déjà en train de créer l'immunité,
02:08les portes de défense.
02:10Vous avez encore le virus.
02:12L'idéal est de vous isoler encore un peu.
02:15Les tests sont fondamentaux.
02:18Mais pour ici, pour la communauté,
02:21je pense qu'il ne s'agit pas seulement d'avoir le test.
02:24La personne a le test,
02:27elle sait qu'elle est positive.
02:29Mais alors, qu'est-ce qu'elle va faire ?
02:39Mais c'est difficile de s'isoler ici ?
02:41Oui.
02:42Pourquoi ?
02:43Parce que les maisons sont petites
02:45et parce que la rue est très tournée
02:47par des gens qui n'y croient pas.
02:49Ils n'y croient pas.
03:02Je m'appelle J. Marques.
03:04Je vis dans la ville de Dieu.
03:06Je suis éducateur populaire.
03:09Nous avons du poulet, du fromage,
03:12du riz, du sel,
03:15deux cartons de salsiche en carton,
03:18du sucre,
03:19de l'huile,
03:20des macarons,
03:21de la tomate,
03:23et qu'est-ce d'autre ?
03:25C'est tout.
03:27Il doit durer environ 15 jours par mois,
03:29au maximum,
03:30avec beaucoup d'efforts de la famille Hachian.
03:33Tout va bien, mon ami ?
03:35Je vais la laisser ici.
03:36Je peux le mettre ici ?
03:37Oui.
03:38Tu fais une épée sensationnelle.
03:41Mais c'est ça,
03:42tu influences la vie des personnes qui sont autonomes,
03:44qui travaillaient dans la rue,
03:46qui vendaient.
03:48J'ai quitté mon quartier pour me vendre ici,
03:50à la CDV.
03:51J'ai mes familles dans la rue,
03:53mais avec la crise, il faut arrêter.
03:56Seule mon mari travaille,
03:58il a besoin d'argent,
03:59c'est difficile.
04:00Mais on va passer par ça.
04:02Merci.
04:03On est ensemble, non ?
04:04Oui.
04:06Regarde ici.
04:07Les miennes ?
04:09Il n'en a pas.
04:10Il vit avec sa chemise serrée.
04:12J'y vais.
04:16C'est bien, non ?
04:29Je pense qu'au Brésil,
04:30et surtout au Rio de Janeiro,
04:32on a un facteur culturel et historique très fort.
04:36La rue n'est pas seulement un endroit
04:38où on gagne de l'argent,
04:40où on cherche notre travail.
04:42Mais quand on regarde par ce facteur culturel,
04:44la rue est l'extension de notre maison.
04:46C'est dans la rue que l'on retrouve notre famille,
04:49nos amis.
04:50C'est dans la rue que l'on reconnaît notre identité.
04:56On peut y aller ?
04:57Non, on ne peut pas.
04:58C'est comme ça.
04:59J'ai oublié.
05:00Bonsoir.
05:01C'est pour ici.
05:02On est ensemble.
05:03C'est bien, non ?
05:04On ne peut pas.
05:06La faim, on a toujours souffert.
05:08Tout le monde meurt de faim tout l'année.
05:10Le pire, c'est la pandémie.
05:12La situation était déjà mauvaise,
05:14à cause de la politique du pays.
05:16La pandémie a amené la situation à l'extrême de la pauvreté.
05:20Beaucoup de gens meurent de faim sans pandémie.
05:23Personne n'a jamais pensé à ça,
05:25maintenant qu'on parle de faim.
05:27C'est hypocrisie.
05:28On en parle plus tard.
05:30Je vais en prendre une.
05:32Tu peux fermer, sinon...
05:33On est ici, dans une région,
05:35dans la ville d'Ideo, appelée Itamar Franco.
05:37On va doner cette sixième base
05:39à une dame appelée Angela.
05:41C'est une dame qui a beaucoup besoin
05:44et qui vient demander d'urgence sur les réseaux sociaux.
05:47Certains cas sont très extrêmes,
05:49qu'on essaie d'attendre immédiatement.
05:52Bonjour, ça va ?
05:54C'est bien que j'ai pu voir ta message il y a du temps, non ?
05:57C'est bien que j'ai pu voir ta message il y a du temps.
05:59C'est bon, merci.
06:00J'espère que ça t'aide.
06:01Merci à toi.
06:02C'est bon.
06:03Je vous souhaite de bonne santé.
06:05Merci.
06:06Je suis diabétique,
06:08donc je ne vais nulle part.
06:10J'ai un fils à la maison.
06:12Mais grâce à Dieu,
06:14ici, c'est tranquille.
06:20Pour les habitants des favelas,
06:21il y a deux urgences.
06:22Manger à sa faim, comme on vient de le voir,
06:24et ne pas être contaminé par le Covid.
06:26À Rio,
06:27un million et demi de personnes
06:28vivent dans ces bidonvilles.
06:30Une mère de famille a accepté de nous raconter son confinement
06:33et ses difficultés pour nourrir ses trois enfants.
06:37Ici, c'est déjà vide.
06:45C'est moi de nouveau.
06:49Bonjour.
06:50Bonjour.
06:51Bonjour.
06:52C'est ici.
06:57Des biscuits, des biscuits, des biscuits.
07:02Tout ce qu'elle a, elle mange.
07:05Je l'ai déjà créé,
07:06depuis que j'étais petite.
07:07Je m'y suis habituée.
07:08C'est bien.
07:09Je m'appelle Valdineide,
07:11Javier Barbosa,
07:12j'ai 47 ans,
07:14je n'ai pas de profession,
07:15et ici, c'est ma maison.
07:17Moi, avec trois enfants,
07:19seule,
07:21qu'est-ce que je vais faire de ma vie ?
07:23Sans pouvoir travailler,
07:25je vais demander l'aide des gens.
07:27Je m'y mets.
07:28Et le peur de sortir dans la rue,
07:30alors je serai à l'intérieur de la maison.
07:32Je vais mettre ça là-dessus,
07:34parce que j'aime couvrir les poches
07:35pour que les rats ne rentrent pas.
07:37J'ai peur des rats ici,
07:39j'ai peur.
07:41Ici, c'est la salle.
07:43Ici, c'est le bain.
07:53On peut fumer tout là-bas.
07:55Ici, tu vois,
07:56je n'ai pas de garde-robe,
07:57tout est brisé.
07:59L'autre garçon dort.
08:01J'ai 10 ans,
08:03j'habite ici.
08:05J'ai perdu mes choses.
08:07La seule garde-robe que j'avais,
08:08elle s'est brisée.
08:09Je vis comme ça,
08:10mais ça n'a pas marché.
08:11L'eau passe par ici,
08:12entre par là-bas,
08:13par ce pied-là.
08:15J'ai dû rater tout,
08:16faire tout de nouveau.
08:17Parfois,
08:18ils me donnent
08:19des bouteilles d'alcool gel,
08:20de la chlore,
08:21de l'eau sanitaire,
08:22mais parfois, ça ne dure pas longtemps.
08:24Quand j'en ai,
08:25je le nettoie,
08:27quand je n'en ai pas,
08:28je nettoie avec de l'eau.
08:29Quand il y a le coronavirus,
08:30j'ai ça dans la tête,
08:31parce que j'ai beaucoup peur.
08:33J'ai ça dans la tête 24 heures.
08:35D'ici là,
08:36je ne sais pas comment ça va se passer.
08:38Je ne sais pas.
08:39Et je suis très inquiète de ça.
08:41Très inquiète.
08:46Dans les favelas de Rio,
08:47l'épidémie progresse
08:48et pourtant,
08:49les églises restent ouvertes.
08:50Pour les évangéliques,
08:51la religion la plus puissante là-bas,
08:53c'est la foi qui va sauver.
08:55C'est la foi qui va sauver
08:56les Brésiliens du virus.
09:09Au nom de ton fils Jésus,
09:12ta parole me garantit ça.
09:16Seigneur,
09:17je donne maintenant une ordre
09:20à la fèvre,
09:21je donne une ordre
09:23à tout type d'inconvénient,
09:26qui a été expulsé.
09:29Et je crois
09:31que sous le nom de Jésus,
09:34tout le mal
09:36se prospère.
09:38Amen ?
09:39Tu reçois ?
09:40Je reçois.
09:41Tu reçois ?
09:42Alors déclare.
09:43Va voir le médecin
09:44pour voir ce qui se passe,
09:45mais la cure vient.
09:54Qu'est-ce qu'il y a ?
09:56Tu es vivant ?
09:57Je suis.
09:58Qui dirait ?
10:02C'est que nous avons pensé
10:04à fermer à 100%.
10:07Si nous fermons à 100%,
10:10comment est-ce que le peuple
10:12va se nourrir de la faim ?
10:14Comment vont-ils comprendre
10:17que jusqu'à un moment difficile,
10:20nous pouvons être fiers de Dieu ?
10:23Parce que mon système immunologique,
10:25selon le mien,
10:26ma conscience va me donner
10:28une assurance pour cela.
10:32Le moment est mauvais,
10:34mais il y a une force actuelle
10:37que nous ne pouvons pas arrêter.
10:41Je n'utilise pas de masque jusqu'à aujourd'hui.
10:43Je n'ai pas mis de masque pour marcher dans la rue.
10:45Donc, je vais chercher celui qui ne va pas m'exister
10:47pour mettre de la masque.
10:48Parce que c'est cette confiance que j'ai.
11:40C'est celui qui dit
11:41que le vent s'arrête,
11:42l'eau s'arrête,
11:43la terre s'arrête.
11:45Alléluia !
11:49Depuis qu'il a parlé,
11:52il n'a qu'à s'étendre,
11:54s'étendre,
11:55s'étendre.
11:56Il va mourir,
11:57il va mourir,
11:58il va mourir.
11:59Mais l'Eglise doit déclarer la vie.
12:03Je crois qu'en juin,
12:05en juin,
12:06en juin,
12:07le Brésil sera complètement libre
12:09de cette plage.
12:18Fin mai, au Brésil,
12:19le bilan officiel est de 25 000 morts.
12:21Mais là-bas, les spécialistes en sont convaincus.
12:23En réalité, il y aurait 10 fois plus de morts.
12:25Au cimetière de Cajou, l'un des plus grands de Rio,
12:27les morts du Covid sont entassées
12:29dans ces énormes blocs de béton.
12:35Pour éviter toute nouvelle contamination,
12:37le protocole est strict.
12:38Pas plus de 5 minutes par funérail.
13:08Maintenant, il y a 80 funérailles.
13:11Qu'est-ce qui se passe ?
13:12Il va arriver une heure
13:13où il n'y aura plus de cimetière.
13:15Tout le monde est abattu.
13:39Quand c'était la seconde fois,
13:41ils m'ont diagnostiqué que c'était le Covid.
13:43Il m'a dit qu'il avait beaucoup de douleur dans le poumon,
13:45que ses jambes étaient si faibles
13:47qu'il n'arrivait pas à s'endormir.
13:53Maintenant, je dois endormir mon père
13:55sans pouvoir montrer à ma soeur.
13:58C'est très triste.
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