• il y a 3 jours
Comme des milliers d’enfants syriens au Liban, il a grandi dans la rue.

Aujourd’hui à 14 ans, Zaïn Al Rafeea est le héros et l’acteur principal de Capharnaüm, le nouveau film de Nadine Labaki.
Transcription
00:00Je sens qu'il y a une espèce de devoir d'agir et donc j'agis en faisant ce que je sais faire, c'est-à-dire faire des films.
00:21Zayn n'a jamais été à l'école et donc il a grandi dans la rue, il a appris tout dans la rue.
00:29Donc c'est un enfant qui a la violence de la rue, qui a vu la violence de la rue.
00:34Dans le film, il s'est senti en mission, il s'est senti le porte-parole un peu de ses enfants.
00:39Zayn a été maintenant accueilli en Norvège avec toute sa famille et donc sa situation s'est beaucoup améliorée depuis.
00:48Il est parti à l'école il y a un mois pour la première fois de sa vie et donc les choses en quelque sorte s'améliorent.
00:59J'ai parlé à beaucoup, beaucoup, beaucoup d'enfants et c'est vraiment inspiré de tout ce qu'ils m'ont dit,
01:10de leur manière de formuler leur colère vis-à-vis de ce qui leur est arrivé.
01:16Le fait que ces enfants ne soient pas déclarés fait qu'ils n'ont droit à rien.
01:21Ils vivent un peu en marge de nos sociétés.
01:24Je ne me suis pas dit maintenant que je veux être une cinéaste engagée.
01:27Je pense que ça devient un engagement naturel, un peu comme une sorte de devoir.
01:35Ce n'est pas un choix pour moi.
01:37C'est-à-dire que je me sens responsable en quelque sorte de ce qui arrive dans ce monde.
01:41Je pense qu'il y a une autre manière de faire et c'est ça que j'ai envie d'explorer.
01:46Et peut-être à travers le cinéma, ça me permet aussi de mettre un peu une espèce de lumière sur ces sujets-là qui me tracassent
01:54pour mieux les comprendre, pour mieux attirer l'attention sur ces problèmes-là, pour peut-être pouvoir ouvrir le débat.
02:01Je crois profondément au pouvoir du cinéma.
02:03Je trouve que le cinéma humanise le problème et que c'est beaucoup plus fort que n'importe quel discours politique en tout cas.
02:11Dans un discours politique, on a tendance à donner des nombres, des chiffres, parler de problèmes un peu abstraits.
02:20Là, on humanise le problème, on lui donne un visage.

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