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C&A et Casa France, parmi d'autres enseignes, vont mal et ferment de plus en plus de boutiques dans le pays, poussant des employés sur le marché du travail. Comment expliquer les difficultés de ces entreprises? La réponse avec le choix d'Amélie Rosique dans le 20h BFM.

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Transcription
00:00D'abord, le choix d'Amélie Rosy, ça n'est pas Georges Clooney ce soir, mais les chaînes de prêt-à-porter et de décoration qui s'ouvrent en France.
00:06Deux marques mythiques, CEA et Casa, s'ajoutent à la liste des magasins qui sont en train de fermer et vous posez la question ce soir, Amélie, à qui la faute ?
00:16Eh bien, écoutez, la faute à nous tous, peut-être, ou en tout cas à nos modes de consommation.
00:21Les marques dont je vais vous parler, vous les connaissez, alors si vous avez moins de 20 ans, peut-être pas, mais je crois que oui, quand même.
00:25Elles ne sont pas forcément françaises, mais elles font travailler des milliers de salariés en France depuis des dizaines d'années et elles sont en très grande difficulté.
00:34Regardez, j'ai nommé Koukaï, Camailleux, Sanmarina, Bodyshop et plus récemment, CEA et Casa.
00:42CEA, d'abord, le groupe néerlandais, il est implanté en France depuis 50 ans quand même et il devrait fermer 24 boutiques sur notre territoire.
00:51Ça fait 324 licenciements à la clé, c'est énorme.
00:56Et puis, autre enseigne de décoration, cette fois-ci, Casa, qu'on connaît tous, clairement, enseigne belge de décoration, qui, elle, est présente en France depuis 40 ans.
01:06150 magasins, 600 salariés ont été placés en redressement judiciaire aujourd'hui.
01:12Alors, on est allé vous poser la question.
01:14Quand vous voyez cette déferlante, qu'est-ce que vous vous dites ?
01:18Je pense qu'il y a un effet Covid un peu prolongé aussi où, effectivement, on a pris le pli de commander beaucoup plus en ligne.
01:24Donc, oui, ça a tendance à tuer des commerces comme ça.
01:27Après, c'est vrai que c'est des grandes enseignes.
01:28Moi, je ne pensais pas que c'était des enseignes qui seraient concernées par des faillites.
01:32On a besoin d'enseignes physiques.
01:33C'est important de voir les objets, les tissus, les touchés.
01:37On est souvent déçus par Internet.
01:39Ça peut arriver de casser.
01:40C'est de toute façon des très grandes marques.
01:42Donc, je pense qu'après, elles arriveront certainement à prendre le tournant d'Internet ou à trouver d'autres modes de distribution.
01:46Peut-être qu'il faudrait favoriser aussi les plus petits magasins de quartier qui, eux, ont vraiment besoin qu'on les aide.
01:53Favoriser les plus petits magasins de quartier, c'est un argument qu'on entend beaucoup dans la bouche de nombreux Français.
02:00Plus de boutiques de proximité, ce qui permettrait aussi d'arrêter de désertifier, la désertification en tout cas, des centres-villes.
02:07Mais en même temps, notre façon de consommer, visiblement, n'est pas tout à fait compatible avec ce souhait affiché des Français.
02:13Il y a une dame qui en parle à l'instant, c'est Internet, évidemment.
02:16Absolument, et il y a de plus en plus d'achats sur Internet.
02:20Ça ne se dément pas d'année en année et ça se voit tout simplement dans les chiffres.
02:23Regardez, en 2024, l'année dernière, le e-commerce français a atteint un chiffre d'affaires record, plus de 175 milliards d'euros de chiffre d'affaires.
02:32C'est une hausse de plus de 9 % par rapport à l'année précédente.
02:35Donc, c'est énorme.
02:36Et le site Internet d'habillement le plus plébiscité par les Français, ou en tout cas celui sur lequel les Français ont le plus dépensé en prêt-à-porter.
02:44Vous le savez, on en a déjà parlé.
02:45Mais c'est Chine, évidemment.
02:46Eh bien, c'est Chine.
02:47La plateforme chinoise, leader de la fast fashion, ses vêtements de faible qualité, mais très, très abordables, c'est vrai, fabriqués principalement en Chine.
02:57Écoutez un de ses opposants.
03:00On a depuis maintenant des années une montée en puissance de l'e-commerce, où de plus en plus de personnes achètent en ligne pour des raisons de facilité et pour des façons de rapidité.
03:11Et principalement, et c'est toujours la raison numéro une, on va en ligne pour avoir des promotions qui sont plus fortes.
03:17Et bien sûr, quand des acteurs proposent des t-shirts à 3 euros ou de la décoration à des prix dérisoires, tout de suite, ils se jettent dessus sans nécessairement comprendre que derrière, c'est aussi des conditions d'exploitation qui sont terribles ou des produits de mauvaise qualité.
03:32Justement, la France doit légiférer pour mieux protéger les anciennes, on va dire les anciennes classiques contre la concurrence déloyale de ces sites là.
03:39Absolument, c'est une proposition de loi qui vise à réduire l'impact environnemental de l'industrie textile et donc in fine de rétablir une forme d'équité, d'enlever une forme de concurrence déloyale.
03:50Si elle est promulguée, elle aura donc normalement cette conséquence et donc elle s'attaque principalement, quasiment j'allais dire, à Chine et Tému, cette plateforme, ces géants de la fast fashion.
04:00Elle a été adoptée, cette proposition de loi, à l'unanimité par l'Assemblée nationale il y a un an.
04:05Puis ensuite, son arrivée au Sénat a été reportée, finalement elle a été votée en commission au Sénat la semaine dernière, mais dans une version moins ambitieuse.
04:14Plusieurs dizaines de milliers de produits apparaissent chaque jour sur les plateformes de fast fashion.
04:19Ces plateformes profitent de seuils d'exonération pour échapper aux droits de douane et bénéficient d'un régime d'exonération qui entraîne des contrôles fort limités.
04:28Il est urgent de muscler la législation nationale.
04:32Je vous alerte, Madame la Ministre, il est essentiel que cette proposition de loi qui est passée à l'Assemblée et qui arrivera au Sénat détermine des seuils différenciés qui ne pénalisent pas nos PME et les plateformes multi-marques qui les valorisent.
04:45Ce que dit la députée ex-ministre Olivia Grégoire, voilà, en gros c'est que à la fois la fast fashion ça détruit des emplois en France, mais que peut-être aussi ça fait mal aux dépenses publiques parce qu'on n'a aucun moyen de contrôle sur les paiements de la TVA.
04:58Voilà, avec l'exonération des droits de douane au-dessus de 250 euros.
05:02Ce dossier il est beaucoup plus politique qu'on ne l'imagine évidemment parce que derrière le fait de réduire à l'industrie le coste, c'est aussi taper au portefeuille des Français.
05:10Vous vous doutez que ce n'est pas tout à fait d'actualité ou en tout cas ça fait un petit peu mal, c'est une question qui semble quand même bien compliquée à résoudre.
05:17C'est les petites Madeleines qui disparaissent aussi, je ne vais pas faire pleurer.
05:22Mais C.A. c'est de mon enfance quoi.
05:24Ben oui Guillaume Darré, d'être marrant ou...
05:27C'est vrai.
05:29Commentaire.
05:31Vous aviez un commentaire à faire.
05:34Non mais après c'est vrai qu'il y a toujours des critiques, c'est-à-dire quand c'est racheté par des fonds étrangers ou autres, on est inquiet effectivement sur cela.
05:42Je pense que ça dépend aussi des types de produits, mais je pense qu'il y a certains produits qu'on peut acheter en ligne parce qu'effectivement quand on connaît la taille, il y a des produits pour lesquels, je ne sais pas, les chaussures ou autres, on continue de se déplacer dans les magasins.
05:54Mais pas du tout en fait.
05:56C'est-à-dire qu'il y a plein de gens qui maintenant commandent 2-3 paires, qui essayent les différentes tailles et qui les renvoient après en fait.
06:05Tout est gratuit, c'est facile.
06:07Mais il commence à y avoir des changements sur les retours gratuits, ça évolue quand même désormais.
06:11Alors oui, mais pour l'instant, quand ce sont des marques étrangères en dehors de l'Union Européenne, c'est ce que j'expliquais, lorsque la commande est en dessous de 150 euros, ils ne sont pas soumis au droit de voile.
06:21Donc c'est plus facile de faire des envois et des retours totalement gratuits et c'est là où il y a clairement une concurrence déloyale avec des enseignes traditionnelles, j'ai envie de dire.
06:28Vous voulez dire quelque chose Elsa Vidal ?
06:29Oui, moi je pense à CEA parce que j'ai de nombreuses amies féminines qui ne font pas une taille standard et chez CEA, elles trouvent à s'habiller et notamment pour les jeans.
06:38Et donc j'espère que ça continuera même à distance.
06:40Eh bien voilà, il faut sauver CEA.

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