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Loi sur le narcotrafic : vers un isolement carcéral ? quels accès aux messageries cryptées ?

Invités:
-Ugo Bernalicis, député "La France insoumise " du Nord
-Agnès Firmin Le Bodo, députée "Horizons & Indépendants" de Seine-Maritime

Réforme des retraites : pas de retour à l'âge légal de 62 ans ?

Invités:
-Eléonore Caroit, députée apparentée au groupe "Ensemble pour la République" des Français de l'Étranger
-Alexandra Masson, député "Rassemblement National" des Alpes-Maritimes



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Tous les mardis, LCP-Assemblée nationale propose une grande session d'actualité parlementaire à l'occasion des Questions au Gouvernement à l'Assemblée nationale. Interviews, duplex, reportages... un panorama complet avant d´entrer dans l'Hémicycle où les députés questionnent les membres du Gouvernement.

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Transcription
00:00Bonjour à tous, on se retrouve dans un instant sur LCP.
00:04Pour les questions au gouvernement,
00:05on reviendra sur le narcotrafic.
00:07Deux textes sont à l'étude de l'hémicycle.
00:10On se demandera s'il conclave sur les retraites
00:12et d'ores et déjà dépassées.
00:26Bienvenue pour les questions au gouvernement.
00:29On se retrouve tous les mardis dans cette salle des pas perdus.
00:32On suit ensemble à partir de 15h en direct
00:34et en intégralité la séance des questions au gouvernement.
00:38Le décompte est lancé.
00:39Nous reviendrons sur les lois contre le narcotrafic.
00:43Deux propositions de loi sont à l'étude.
00:45Elles sont en examen toute la semaine à l'Assemblée.
00:48Pour les infos, les décryptages et les interviews,
00:51nous retrouverons Stéphanie Dépierre et Marco Pommier.
00:55Clément Perrault est dans l'hémicycle de l'Assemblée.
00:59Nous irons dans la cour d'honneur pour suivre en direct
01:02l'arrivée du Premier ministre et des membres de son gouvernement.
01:05Stéphanie Dépierre, vous êtes dans la salle des 4 colonnes.
01:08On parle beaucoup du conclave sur les retraites.
01:11Depuis que François Bayrou a expliqué
01:14qu'il n'était pas possible de revenir à 62 ans,
01:16les partis et les syndicats de gauche, notamment,
01:19sont vent debout. Ils sont furieux.
01:21Ils ont l'impression qu'on donne les résultats de la négociation
01:24avant même qu'elle n'ait terminée.
01:26Ce matin, François Bayrou a revenu à la raison
01:29et a laissé travailler les partenaires sociaux.
01:31C'était aussi le son de cloche du modem,
01:33le parti de François Bayrou et d'Ensemble pour la République,
01:36qui disait attendons la fin des négociations
01:39avant de se prononcer.
01:40On en reparlera pendant la séance.
01:42Clément Perrault, c'est un des dames clés.
01:46Exactement, Elsa.
01:48Plusieurs questions sur les retraites.
01:50François Bayrou va devoir assumer les propos qu'il a tenus dimanche
01:53sur France Inter.
01:54Non à un retour à l'âge légal de départ à 62 ans.
01:58Ses propos, Stéphanie le disait, ont braqué la gauche,
02:01qu'il accuse de torpiller le dialogue social.
02:04On entend de nouveau des menaces de censure
02:07et trois députés, un écologiste, un insoumis et un socialiste,
02:11l'interrogeront sur ce sujet.
02:12Les explications de François Bayrou sont très attendues
02:15au cours de cette séance.
02:17Merci beaucoup, Clément Perrault.
02:19Et sur ce plateau, pour débattre avec nous
02:22à une heure de la séance, Agnès Surmain-Lebaudeau.
02:24Bonjour.
02:25Vous êtes députée du groupe Horizon et indépendant de Seine-Maritime.
02:29Bonjour.
02:30Députée de la France insoumise du Nord,
02:32vous êtes tous les deux membre de la commission des lois.
02:35Vous êtes très présente en séance,
02:37puisque l'Assemblée examine des textes contre le narcotrafic.
02:41Quels sont les objectifs voulus par le gouvernement ?
02:43L'objectif, il est clair, c'est sortir la France
02:46du piège du narcotrafic.
02:47C'est le titre d'une proposition de loi sénatoriale
02:51déjà adoptée par la Chambre haute
02:53et débattue depuis hier soir dans l'hémicycle de l'Assemblée.
02:56Une proposition phare dans ce texte,
02:58la création du PNACO,
02:59le Parquet national anticriminalité organisé.
03:04Autre mesure, la création de quartiers isolés
03:06dans les prisons pour les narcotrafiquants,
03:08limitation de l'usage du téléphone,
03:11fouille systématique après tout contact avec l'extérieur.
03:15Le texte entend aussi frapper les trafiquants au portefeuille
03:18avec des mesures anti-blanchiment
03:20et la possibilité de fermer temporairement
03:23des commerces liés au trafic.
03:25Le texte a déjà été examiné en commission.
03:28Certaines mesures ont été retoquées.
03:30Le gouvernement souhaite les réintroduire.
03:32Ca va donner des débats houleux dans l'hémicycle.
03:35Avec une levée de boucliers sur l'accès aux messages récryptés
03:38par les services de renseignement, Whatsapp, Telegram, Signal.
03:41L'idée, c'est de lire les correspondances des trafiquants
03:44à dispositif ajouté par les sénateurs
03:47mais retoqué par les députés
03:48au nom des libertés fondamentales.
03:50Pour Bruno Retailleau, ça ne peut pas se passer comme ça.
03:53L'Etat ne peut pas avoir une guerre de retard.
03:56Autre article supprimé pour l'instant,
03:58la mise en place d'un dossier coffre,
04:00un procès verbal distinct
04:02auquel les avocats de la défense n'auraient pas accès.
04:05Objectif, ne pas dévoiler les techniques spéciales d'enquête
04:08pour les narco-trafiquants.
04:10Merci beaucoup, Marco Pomier.
04:12On va revenir sur les mesures, celles qui font débat,
04:15mais je voudrais d'abord vous entendre l'un comme l'autre
04:18sur ce constat.
04:19Le gouvernement parle de fléaux, de combats vitals.
04:22Hugo Bernalicis, est-ce qu'au moins sur ce constat
04:25du narco-trafic, vous partagez ces mots du gouvernement ?
04:28J'ai rendu un rapport sur la délinquance économique
04:31et financière en 2018 qui faisait déjà ce constat-là
04:34sur les circuits de blanchiment.
04:35J'ai rendu un rapport avec Marie Guévenoux
04:38sur la réforme de Darmanin, la police judiciaire,
04:40la départementalisation, où on a mis dans notre rapport
04:43des remontées du terrain sur toute la filière judiciaire
04:46d'une emprise de la criminalité organisée,
04:49on va utiliser les bons termes, qui gagne du terrain et prospère.
04:53On avait eu, dans nos pays voisins,
04:56un ministre de la Justice qui avait tenté d'être enlevé,
05:00séquestré par la macro-mafia.
05:03Du coup, il y avait quand même des signes d'alerte
05:05qui sont extrêmement...
05:07Sur cette menace existentielle.
05:08Tout le monde est d'accord. J'espère que tout le monde
05:11est contre le crime.
05:12Agnès Firmin-Lebaudot, peut-être en nous parlant
05:15aussi de votre circonscription, le Havre.
05:17On sait que c'est un port d'entrée numéro un
05:20pour la cocaïne en France.
05:21D'abord, constater qu'avec monsieur Bernalicis,
05:24le constat est partagé. Il faut se féliciter
05:26que nous ayons, au début de ce débat,
05:28un point d'accord sur le constat. C'est important.
05:31La difficulté, c'est les réponses qu'on apporte
05:33face à ce constat sur le narco-draphique
05:36qui, de ses portes d'entrée, qu'elles soient portuaires,
05:39comme le Havre, Dunkerque ou Marseille...
05:41D'ailleurs, les records saisis, il y a maintenant 15 jours,
05:44dans le port de Dunkerque, nous montrent à quel point
05:49il est important de pouvoir donner les moyens
05:51pour lutter contre ce narco-draphique.
05:53Les entrées portuaires, les entrées aéroportuaires,
05:55qu'il ne faut pas non plus oublier.
05:58Donc, le constat, il est partagé.
06:00Les quartiers qui sont parfois en difficulté
06:02face à ces narco-trafiquants,
06:04qui, des plus jeunes enfants,
06:06en passant par les adolescents et les adultes,
06:08pourrissent la vie de nos concitoyens.
06:10On va parler, je l'espère aussi,
06:12des victimes de ces narco-trafiquants.
06:15Donc, il est important qu'à travers ce constat partagé,
06:18on puisse y apporter des réponses puissantes.
06:21C'est l'objet de cette proposition de loi.
06:23Alors, sur le parquet, on va commencer là-dessus.
06:26Marco en parlait,
06:27un parquet national anti-criminalité organisé.
06:30Hugo Bernalicis, est-ce une bonne chose
06:32d'avoir une juridiction dédiée,
06:34comme il peut en exister contre le terrorisme ?
06:36Je reprends votre question.
06:38Oui, c'est une bonne chose d'avoir une juridiction dédiée.
06:41D'ailleurs, elle existe déjà.
06:43C'est là tout le sujet.
06:44Des juridictions interrégionales spécialisées ?
06:47Même au-delà de ça, il y a la Junalco.
06:50Elle s'appelle comme ça, juridiction nationale
06:51de lutte contre la criminalité organisée.
06:53C'est pas moi qui l'invente, ça a été inventé
06:55sous les gouvernements d'Emmanuel Macron en 2019.
06:59Et d'ailleurs, ça fonctionne plutôt bien.
07:01Et quand ça ne fonctionne pas, c'est parce qu'il manque de moyens.
07:03Le fait de faire un parquet national
07:05ne réglera pas la question des moyens,
07:06qui se règlent par ailleurs, par des magistrats supplémentaires.
07:09Moi, ce que je dénonce dans la mise en place
07:11de ce parquet national anti-criminalité organisée,
07:13c'est qu'on a une concentration, du coup, des moyens
07:16qui peut se faire au détriment d'autres types de criminalités.
07:20Parce qu'on voit bien, au départ,
07:21on ne va pas se raconter l'histoire,
07:22c'était uniquement sur le trafic de stupéfiants.
07:24La version initiale, c'était un parquet national anti-stupéfiants,
07:27un PNAST, c'est comme ça qu'ils voulaient l'appeler.
07:29Et là, on élargit un peu, c'est la criminalité organisée.
07:32C'est les mêmes criminels qui font différents types d'infractions.
07:34C'est ça, la réalité concrète, et focaliser sur le stup',
07:36c'est une mauvaise idée.
07:37Mais à la fin, je sais bien que Gérald Darmanin,
07:40son intention et Bruno Rotailleau,
07:41ce sera de focaliser sur le stupéfiant.
07:43Et donc, y compris à l'intérieur de ce PNACO,
07:45on va délaisser une autre partie de la criminalité organisée
07:48qui est moins visible, moins intéressante,
07:49moins utile pour la communication politique.
07:51C'est ça qui va se passer.
07:52Et donc, je suis en désaccord avec ça,
07:54surtout que ça va consacrer, y compris,
07:56des moyens de juges d'application des peines.
07:58Gérald Darmanin va faire un argument positif.
07:59Moi, je trouve, a contrario, que c'est un problème,
08:01parce qu'on a besoin d'individualiser la peine.
08:03On n'a pas besoin d'une réponse doloriste
08:05qui vise à faire souffrir,
08:07à infliger un châtiment supplémentaire,
08:09parce que là, on s'éloigne complètement
08:11de la lutte contre le trafic de stupéfiants.
08:13Agnès Firmin-Lebaudot sur ses réserves du gobernalisme,
08:17qui risque de dire qu'on risque de mettre
08:18peut-être des moyens spécifiques sur le stupéfiant,
08:21moins sur le reste.
08:22Et puis aussi, la justice, c'est une question de moyens.
08:24Il faut peut-être davantage aussi du main de gens.
08:27Je crois que les réponses du ministre,
08:28notamment en commission,
08:30puisque Gérald Darmanin est venu en commission
08:33défendre la création du PNACO, comme on l'appelle,
08:37d'abord redire que tous ceux qui étaient réticents
08:39à la création du parquet national antiterrorisme,
08:41aujourd'hui reconnaissent que,
08:43grâce à la création de ce parquet national antiterrorisme,
08:45il y a des résultats,
08:46notamment sur les attentats qui ont pu être évités.
08:51Donc, sur le PNACO, on voit bien que l'intérêt
08:54de renforcer les moyens,
08:56de mutualiser tous les moyens à travers ce PNACO,
08:59c'est aussi permettre à toutes les régions
09:01de pouvoir discuter.
09:03Et sans aucun doute, la criminalité organisée,
09:06elle se fait en réseau.
09:08Et donc, c'est pouvoir, j'allais dire,
09:10échanger toutes les informations en les centralisant
09:13et en renforçant les moyens.
09:14Et oui, dire que la lutte contre les stupéfiants,
09:19ce n'est pas que contre les stupéfiants.
09:20On voit bien que tout ça, c'est de la criminalité organisée.
09:24Et il faut, donc, se donner les moyens
09:25pour lutter contre toute la chaîne.
09:27Le plus efficace qu'a besoin la Junalco
09:30et ce qu'ont besoin les Girs,
09:31c'est d'avoir un logiciel propre
09:34qui leur permette de se partager les informations.
09:37Et aujourd'hui, en 2025, ça n'existe pas
09:40et ça ne fonctionne pas correctement
09:41pour le peu d'informations qu'ils peuvent échanger.
09:43Et ce serait beaucoup plus efficace
09:44d'avoir un logiciel qui fonctionne
09:45plutôt que de créer un nouvel outil PNACO, etc.,
09:49qui, j'ai compris, sert très bien la communication politique,
09:51montre qu'on va faire quelque chose, montre une volonté...
09:54C'est votre logiciel de pensée, monsieur...
09:55C'est le logiciel qui manque pour la justice,
09:57qui n'est pas mon logiciel de pensée.
09:58On verra, parce que je suis sûre que vous avez d'autres débats.
10:01On va poursuivre ensemble.
10:02On va donner aussi la parole à d'autres groupes politiques.
10:04Mickaël Taverne est député
10:05au Rassemblement national du Nord.
10:06Il nous attend, celle des 4 colonnes.
10:08Bonjour, vous êtes député, mais avant, vous étiez policier.
10:11Que pense votre groupe, le Rassemblement national,
10:13de cette proposition de loi sur le narcotrafic ?
10:16C'est un texte qui est indispensable.
10:17C'est un texte qui est attendu par les policiers,
10:19par les gendarmes, par les agents pétanciers,
10:21par les douaniers et aussi par les magistrats
10:23qui veulent lutter efficacement contre les narcotrafics,
10:26mais c'est contre la criminalité organisée
10:28sous toutes ses formes.
10:30Il n'y a pas que le trafic de stupéfiants.
10:31Il y a tout ce qui va à côté, le trafic d'armes,
10:33les enlèvements, les séquestrations, les homicides.
10:36C'est un texte qui est attendu par les magistrats.
10:39Certains me disaient que c'était le texte de la dernière chance.
10:41L'inconvénient, c'est que malheureusement,
10:43on débat sur ce texte un peu tard.
10:45Les réseaux criminels ne sont pas arrivés en France
10:48la semaine dernière. Cela fait des années.
10:49Pourtant, au Rassemblement national, nous avions alerté.
10:52Nous avions fait des propositions, notamment pour...
10:55Quelle est la mesure phare dont vous avez besoin
10:57qui est dans ce texte, selon vous ?
10:59C'est surtout les enquêteurs qui ont besoin de mesures phares,
11:02notamment les techniques spéciales d'enquête et le dossier COFRE
11:04pour sécuriser les techniques d'enquête sensibles.
11:07J'entends les avocats qui essaient de défendre,
11:10bien évidemment, l'accès à la procédure,
11:12mais il faut aussi se mettre à la place des enquêteurs
11:16qui enquêtent sur le haut du spectre,
11:18c'est-à-dire sur des individus extrêmement dangereux
11:21qui utilisent de la technologie aujourd'hui,
11:24notamment le satellite.
11:25Je pense que les policiers ont besoin de mesures efficaces
11:28pour remonter les filières et démonter les réseaux.
11:30Il y a aussi une autre mesure qui fait débat,
11:32c'est l'accès au message récrypté des criminels.
11:36Vous, au Rassemblement national, comme une partie de la gauche,
11:39vous êtes assez réticent. Pourquoi ?
11:41C'est un sujet extrêmement technique.
11:43On parle du chiffrement de bout en bout.
11:45Même au sein, par exemple, de l'anticybercriminalité,
11:49au sein de la PJ, ils sont quand même assez réticents
11:52puisqu'en fait, on ouvre une brèche aux possibles hackers.
11:56D'ailleurs, les spécialistes en cybercriminalité le disent
11:59que malheureusement, ce chiffrement de bout en bout
12:03peut avoir des conséquences malheureuses sur les institutions.
12:06On ouvre la possibilité aux hackers de s'infiltrer dans les réseaux.
12:09C'est la raison pour laquelle, au RN, nous sommes extrêmement réservés,
12:13mais pas qu'au RN.
12:15En commission, on a vu qu'une bonne partie de la sphère politique
12:19s'était opposée à l'ouverture de la message récrypté.
12:22Merci beaucoup d'avoir été avec nous.
12:24Merci beaucoup, Stéphanie Despierres.
12:26On va revenir sur ces deux mesures controversées,
12:29le dossier Coffre et l'échiffrement des messageries cryptées.
12:32Sur le dossier Coffre, on l'a rebaptisé PV distinct.
12:34Il s'agit pour les enquêteurs de pouvoir mettre dans un PV à l'écart
12:38dont la défense n'a pas accès,
12:40des informations sur les techniques utilisées
12:44pour obtenir des informations.
12:45Vous y êtes favorable, Agnès Firmin-Lebaudot ?
12:47En commission, notre groupe a déposé un amendement de suppression d'appel.
12:51Sur le fond, on voit bien l'intérêt de ce dossier Coffre.
12:55Là aussi, pour protéger les enquêteurs et certains enquêteurs
12:59de la façon dont ils ont pu mener l'enquête
13:02face à ces narcotrafiquants,
13:05il faut le redire, dont la violence n'a plus de limite.
13:08Tout est bon pour eux, peu importe les moyens
13:10pour arriver à leur solution.
13:12L'objet, c'est aussi de pouvoir protéger
13:15les moyens d'enquête mis à disposition.
13:17Nous avions déposé un amendement de suppression d'appel
13:21parce que nous attendions l'avis du Conseil d'Etat sur ce sujet.
13:25Nous avions posé une question de constitutionnalité
13:27sur ce dossier Coffre.
13:28La réponse du Conseil d'Etat est plutôt, j'allais dire, favorable.
13:34Nous aurons et nous écouterons les débats en commission
13:38face aux amendements de réécriture qui sont proposés.
13:41Hugo Bernalicis, vous êtes contre ce dossier Coffre.
13:44Beaucoup d'avocats également.
13:46Certains magistrats expliquent qu'ils doivent protéger, parfois,
13:50les sources, leurs techniques de renseignement,
13:52parce que parfois, c'est des renseignements humains.
13:55Est-ce que vous seriez favorable si c'est dans des cas très spécifiques
13:58ou sur le principe que vous êtes totalement opposé ?
14:00C'est ça qui m'énerve, c'est que dans le droit,
14:02il y a déjà plein de choses qui existent.
14:03Rendre un témoignage anonyme, c'est une autre procédure
14:06qui existe déjà et qu'on peut déjà mettre en oeuvre.
14:08Il n'y a pas besoin de dossier Coffre pour ça,
14:10pour protéger un informateur ou autre.
14:12L'arsenal judiciaire, pour vous, est suffisant ?
14:15Oui, très bien.
14:16Il n'y a pas nécessité d'avoir un PV, un procès verbal distinct ?
14:19Absolument pas.
14:20Absolument pas, sauf si on veut cacher des informations à la défense,
14:23en vue de, parce qu'il y a d'autres articles dans ce texte de loin,
14:25notamment de faire du renseignement par le biais de moyens judiciaires,
14:27du renseignement administratif.
14:29Parce que du coup, il y a des articles qui prévoient
14:31la transmission d'informations, y compris en cours d'enquête,
14:34au service de renseignement, sur des choses
14:36qui n'auraient peut-être pas à voir avec l'enquête en tant que telle.
14:38Et donc là, on bascule sur autre chose, sur la surveillance, en fait.
14:41C'est pas du tout la même chose.
14:42Et moi, je suis pas pour qu'on ouvre ça de cette manière-là.
14:45Je mets de côté le fait que le dossier Coff sera une usine à gaz,
14:48de toute façon, vu comment c'est rédigé.
14:50Voilà, donc franchement, je pense que ce sera...
14:51– Mais sur le principe même ? – Ce sera pas très peu utilisé.
14:53Mais sur le principe même, moi, ça m'énerve aussi
14:55qu'on mette en regard le risque que prennent les enquêteurs
15:00et les enquêteuristes pour utiliser ces techniques.
15:01Enfin, je veux dire, à un moment donné, quand le dossier,
15:04quand la défense y accède, c'est qu'on est au stade du procès.
15:07Les gens, ils sont plus... On les a déjà écoutés.
15:10C'est pas le moment où on pose la balise qu'on va...
15:11Aujourd'hui, on informerait les avocats que, attention,
15:14votre client est sur écoute.
15:15Enfin, quand on écoute ceux qui défendent ça,
15:18on a l'impression que c'est ça qui va se passer, rien du tout.
15:20Et vous croyez que le haut du spectre, que les criminels organisés,
15:23vous croyez qu'ils savent pas comment on pose une balise sur une voiture ?
15:26Vous croyez qu'ils savent pas qu'il y a un micro
15:28qui peut être posé quelque part ? Bien sûr qu'ils le savent,
15:30ils prennent déjà leurs précautions en la circonstance.
15:33Donc on est en train de faire usage de peur, fantasmé, pour...
15:37– Certains magistrats le réclament, ce dossier Coff.
15:40– Et alors ? Certains magistrats disent qu'il faut pas le faire.
15:43Voilà, et moi j'en connais qui ne pensent que c'est...
15:48scandaleux de faire ça, le syndicat de la magistrature par exemple,
15:51et c'est aussi un des syndicats représentatifs de la magistrature.
15:53Donc vous voyez, et puis il n'en reste pas moins que mes principes.
15:56Les principes doivent être défendus.
15:58Enfin, pouvoir accéder au dossier pour savoir ce qui vous est reproché,
16:01c'est la base du droit pénal.
16:03Et les manières dont on a collecté les preuves,
16:05c'est aussi un élément de la preuve.
16:06Et j'ai envie de dire que si on subtilise des éléments aussi,
16:09c'est aussi des éléments que la Défense ne peut pas faire valoir à décharge.
16:13Parce qu'une enquête, dans un état de droit, c'est à charge et à décharge.
16:16Et ensuite on regarde ce que la personne a vraiment fait,
16:17avec les preuves, et on la condamne ou pas.
16:19C'est ça un état de droit, voilà.
16:20– On voit, Agnès Germain-Lebaudot, que vous avez aussi,
16:23au sein du Bloc central, des interrogations sur ces mesures-là.
16:27C'est tout le débat sur les libertés publiques et la sécurité,
16:31trouver le bon équilibre.
16:32Parce qu'on voit que certaines mesures retoquées l'ont été aussi,
16:34avec les voix de la gauche, mais aussi de certains dans le Bloc central.
16:37– C'est l'intérêt, j'allais dire,
16:39c'est ce qui est beau dans la démocratie, j'allais dire.
16:41Et ce texte-là, c'est clairement ça.
16:44Et on voit bien que ce texte-là, et je le dis parce que je le pense
16:47vraiment très sincèrement, aurait dû relever d'un projet de loi.
16:51Les questions que nous nous posons aujourd'hui,
16:54c'est parce qu'à la base, il n'y a pas d'étude d'impact.
16:58C'est parce que le Conseil d'Etat...
16:59– Voilà, parce qu'il faut comprendre que dans un projet de loi,
17:00il y a toute une vérification qui est faite en amont,
17:02ce qui n'est pas le cas d'une proposition de loi.
17:04– Et pour avoir le bonheur de servir la République en étant ministre,
17:06je vois bien la différence et les moyens qui sont mis à disposition
17:09pour pouvoir travailler en amont, avoir cette étude d'impact,
17:13pouvoir saisir le Conseil d'Etat.
17:15Et pas une fois qu'on a voté des amendements,
17:16on saisit le Conseil d'Etat pour savoir si oui ou non,
17:19et on est obligé de réécrire, comme c'est le cas sur cette proposition de loi,
17:21sur un sujet aussi important que celui-là.
17:24Je le redis, c'est peut-être la problématique
17:27qui nous est posée aujourd'hui.
17:29Mais ce qui est beau dans ce texte-là,
17:31c'est que la démocratie, j'allais dire, parle et a parlé en commission,
17:33puisque nous étions plusieurs, j'allais dire, à s'interroger
17:37sur les enjeux de constitutionnalité.
17:39Sur les enjeux autour des libertés,
17:42et avec des réponses différentes à ces mêmes questions.
17:45Mais nous, nous pensons, au groupe Horizon Indépendant,
17:48que l'enjeu, c'est bien de donner les moyens
17:50de lutter contre ces narcotrafiquants
17:52en respectant ces enjeux autour des libertés individuelles.
17:55Et le sujet du déchiffrement de ces messageries
17:59est un sujet, j'allais dire, important,
18:02sur lequel, d'ailleurs, au sein du groupe Horizon,
18:03peut-être nous n'aurons pas tout à fait les mêmes réponses
18:06chaque député sur ce sujet particulièrement.
18:08Sur cette question du chiffrement, la patronne de la DGSI,
18:12la direction du renseignement intérieur,
18:15dit que c'est absolument nécessaire, on est aveugles sur ces...
18:18Les outils de communication, on communique
18:20avec des messageries cryptées,
18:21il faut qu'on puisse y accéder sur nos cibles.
18:24Hugo Bernalicis ?
18:25Je suis sûr qu'ils seraient très heureux
18:26d'accéder au contenu des conversations.
18:28Je n'en dis ce qu'on vient pas, mais vraiment...
18:30Ils seraient heureux, vous imaginez bien
18:32que ce n'est pas pour leur bonheur personnel.
18:33Ils disent que dans la gestion des enquêtes,
18:35il est absolument parfois indispensable
18:37d'avoir les communications...
18:39Oui, mais d'accord, sauf qu'en fait, d'une part,
18:41c'est techniquement pas possible.
18:42L'opérateur, il n'a pas la clé de chiffrement.
18:43Je veux bien qu'on le répète autant de fois qu'on veut,
18:45mais ce n'est pas possible, ils ne pourront pas donner ces données.
18:48Pas l'opérateur, les messageries elles-mêmes ?
18:50Oui, les opérateurs de messageries, peu importe,
18:52en fait, je dis opérateur au sens générique.
18:54Très bien.
18:55Mais du coup, derrière, c'est...
18:57Qu'est-ce qu'on veut faire ? C'est qu'on veut mettre en place
18:59une sorte de...
19:01ce qu'on appelle porte dérobée,
19:02c'est-à-dire un pératage, en fait, en réalité,
19:04de l'application pour permettre d'accéder
19:06à toutes les conversations, pas juste celles qu'on veut,
19:08mais toutes les conversations de tout le monde potentiellement.
19:09Et pour vous, ça peut se retourner ?
19:10Oui, mais c'est ce que tout le monde dit.
19:12C'est l'ancien directeur de l'Annecy
19:13qui défend cette position-là, c'est pas moi, hein.
19:15L'ACNIL aussi qui défend cette position-là
19:17sur le risque qu'il y a avec.
19:18Mais plus largement, vous savez, il y a cette fuite en avant
19:20où on veut avoir accès à plein de données,
19:22plein d'éléments supplémentaires
19:23qui posent des problèmes de liberté publique,
19:26alors qu'on sait très bien ce qui fonctionnerait
19:32et pas avec des clips où on brûle des doudous,
19:33c'est pas ça le sujet.
19:35Nous, la position, elle est très claire,
19:36c'est comme dans un tas d'autres pays européens.
19:37Prévention des pénalisations.
19:39Prévention et légalisation du cannabis.
19:41Et il n'y a rien de tout ça dans ce texte.
19:42Donc, on va encore écluser la mère à la petite cuillère
19:45et avec très peu de moyens sur le haut du spectre,
19:47parce que pendant qu'on discute de tout ça,
19:49les offices centraux de la police judiciaire
19:50qui, eux, concrètement, font les enquêtes là-dessus,
19:52restent encore et toujours en sous-effectif.
19:54Un dernier mot sur la question, parce que j'aimerais aussi
19:56vous entendre sur la partie qui concerne le garde des Sceaux,
19:58sur les prisons, ces quartiers de haute sécurité dans les prisons,
20:01dans lesquels on pourrait, justement, y avoir 500, 700 trafiquants,
20:06le haut du spectre, mis en examen ou condamnés.
20:09Vous y êtes favorable, Agnès Firmin-Lebaudot ?
20:10Je pense que le garde des Sceaux, de toute façon,
20:12a pris sa décision et il a créé déjà deux centres sur ce sujet.
20:16Deux prisons ont été choisies.
20:21Moi, je vais te permettre juste de rebondir
20:22sur la question précédente quand même,
20:24parce que je pense que la dernière loi sur ce sujet
20:28des narcotrafiquants, elle date de 2004.
20:31Entre 2004 et 2025, nos moyens de communication ont évolué
20:34et on ne donne pas accès aux enquêteurs...
20:37On a voté une quinzaine de lois avec des tas de mesures
20:39sur la criminalité organisée.
20:40On va laisser finir Agnès Firmin-Lebaudot.
20:42...accéder à ces moyens nouveaux
20:44qui sont utilisés par les narcotrafiquants.
20:47Moi, me dire que si les policiers avaient eu accès
20:50à la messagerie de Mohamed Amra,
20:51on aurait pu sauver la vie des deux agents pénitentiaires,
20:54je pense que ça vaut le coup qu'on se pose la question
20:56et qu'on en débatte.
20:58Avec la difficulté qui est la nôtre,
21:00c'est comment on écrit clairement la loi
21:03pour respecter ce fameux équilibre.
21:06C'est ça la question qu'il faut se poser.
21:07Il ne faut pas être négatif par principe.
21:10Entre 2004 et 2025, nos moyens de communication ont évolué.
21:14Je pense qu'il est important qu'on y appense.
21:15Dernier mot, Hugo Bernalici.
21:16C'est vrai qu'on a le sentiment, certains disent,
21:18il y a un décalage. En fait, ils ont un train d'avance,
21:21ces narcotrafiquants. Ils sont très bien organisés.
21:23Il y a un décalage.
21:24Ça, c'est l'histoire du gendarme et du voleur
21:26depuis la nuit des temps.
21:27Moi, je veux bien qu'on découvre ça aujourd'hui.
21:29Mais la question qui se pose à nous,
21:31c'est est-ce qu'on est sur une logique du talion,
21:33œil pour œil, dent pour dent ?
21:35Ils utilisent ces moyens, ils n'utilisent les mêmes.
21:36Non, parce que nous, on est la puissance publique.
21:39Alors, il ne s'agit pas quand même d'utiliser les mêmes moyens.
21:42Eux, ils utilisent la violence, la criminalité.
21:44Justement, la rhétorique est la même.
21:47Et déjà, d'un point de vue rhétorique, c'est un problème.
21:49Moi, je ne suis pas là pour faire la guerre à quoi que ce soit.
21:51On est là pour arrêter des criminels
21:53et les confondre devant la justice.
21:54Parce qu'à la fin, vous avez justement
21:57toute cette rhétorique qui vise à dire
21:59« il faut les mettre dans des prisons à part »,
22:00non pas parce qu'il faudrait les couper du monde particulièrement,
22:03parce qu'il y a des mesures qui n'ont pas de rapport avec ça,
22:05mais pour qu'ils souffrent dans leur peine, voilà.
22:09Pour qu'ils souffrent le plus possible en prison.
22:11Et moi, je ne suis pas pour la souffrance, en fait.
22:13Je ne suis pas pour la vengeance.
22:14Ce n'est pas le système de justice que je défends.
22:16Ce n'est pas l'État que je défends,
22:17c'est pas la République que je défends.
22:18La République ne défend pas ça.
22:20Elle défend la dignité humaine.
22:21Et ça s'applique à tout le monde, la dignité humaine.
22:23Parce que je ne suis pas pour qu'on s'abaisse
22:24à l'indignité des criminels, justement.
22:27C'est ça qui nous distingue d'eux.
22:29C'est pas ça l'objet.
22:30L'objet, c'est bien de dire « en prison »,
22:32j'allais dire, ces hommes et femmes qui ont commis des crimes,
22:35n'aient pas accès à des moyens
22:36qui leur permettent de continuer dans les prisons,
22:39à organiser des réseaux.
22:40J'espère que c'est déjà prévu aujourd'hui.
22:42C'est exactement ça.
22:43Vous savez bien, le gouvernement de Siske
22:44beaucoup utilise des téléphones et continue.
22:46Le problème de ce genre de texte, c'est qu'ils ont fini par,
22:48eux-mêmes, le gouvernement,
22:49fini par dire qu'il est nul en toute matière.
22:50Mais bon, ça, c'est leur problème.
22:51On va passer aux retraites.
22:52Je suis sûre que l'un comme l'autre,
22:54vous aurez beaucoup de choses à dire sur le sujet.
22:55On en parle beaucoup depuis que François Bayrou
22:58a semblé dire non à un retour aux 62 ans, Stéphanie Despierre.
23:00On en parle beaucoup.
23:02Oui, François Bayrou a jeté un pavé sur la table des négociations.
23:06Et c'est la broncade du côté des syndicats
23:09et des partis de gauche, notamment.
23:11Ce matin, la France insoumise disait « tout le monde le comprend ».
23:14Ce conclave ne sert plus à rien, c'est une arnaque.
23:16Côté écologiste, on estime que le Premier ministre
23:18a baladé les Français
23:21et qu'il a déchiré le contrat moral politique
23:24qui le liait à une partie de l'hémicycle,
23:25en référence, évidemment, à l'accord de non-censure
23:28signé, enfin, disons, adopté par les socialistes
23:32qui avaient accepté de ne pas censurer le gouvernement Bayrou
23:35parce qu'il y avait justement cette négociation.
23:38Eh bien, les socialistes, ce matin,
23:39parlaient de déclarations irresponsables
23:42et incompréhensibles.
23:43Et ils demandent au Premier ministre de respecter sa parole,
23:46mais ils ne veulent pas en tirer de conséquences hâtives.
23:49Même stupéfaction du côté d'Ensemble pour la République,
23:52qui demande à laisser travailler les partenaires sociaux.
23:54C'est la même chose du côté du Modem,
23:56qui, là aussi, dit qu'il faut laisser travailler le conclave.
24:01Merci beaucoup, Stéphanie Dépierre.
24:03Agnès Furemain-Lebaudot, Edouard Philippe, lui, le dit,
24:06ce conclave, il est hors-sol
24:07et il est complètement décalé par rapport à la situation aujourd'hui.
24:10Il faut qu'on en finisse.
24:12Je crois qu'il faut être très clair
24:13et dire un langage de vérité à nos concitoyens,
24:15que nous portons, nous, en Groupe Horizons Indépendants,
24:18depuis très longtemps, sur l'âge de départ à la retraite.
24:20Faire croire à nos concitoyens,
24:22alors que nous vivons de plus en plus vieux,
24:24qu'il y a de moins en moins d'actifs pour payer les retraites,
24:27qui est, j'allais dire, l'essence même de notre promesse républicaine
24:30de cette retraite par répartition,
24:32qu'il nous faut préserver absolument.
24:34Dire qu'on y arriverait en baissant l'âge de départ à la retraite,
24:37c'est faux. On sait très bien
24:39qu'il va nous falloir travailler plus et plus longtemps.
24:42C'est ce qu'ont fait tous les pays autour de nous.
24:44Nous ne serions pas différents des autres pays.
24:46Je crois qu'il est important de tenir un langage de vérité.
24:49C'est pas facile à dire.
24:51Ça ne fait plaisir à personne de dire qu'il va falloir travailler
24:53jusqu'à au moins 64 ans.
24:54Ça n'est pas facile à dire, mais c'est assumé.
24:56C'est un langage de responsabilité, de vérité,
24:58si nous voulons conserver cette belle promesse républicaine
25:01qu'est la retraite par répartition.
25:03Hugo Bernalicis, je vais vous faire répondre.
25:06On va avoir un député socialiste à l'interim,
25:07mais sur ce que dit Agnès Firmin-Lebaudeau,
25:09il ne faut pas penser...
25:10Il faut peut-être essayer de conserver le modèle social,
25:12mais on ne pourra pas faire mieux que là, la réforme à 64 ans.
25:15Je vous propose de ne pas refaire le débat de fond
25:17sur la retraite 62-64.
25:18Il y a eu une belle séance ici, à l'Assemblée,
25:19où j'ai été rapporteur.
25:21Toute la journée, j'ai présenté les contre-arguments
25:23à ceux qui nous sont présentés là, à l'instant.
25:26Mais la vraie promesse, qui n'en est pas une,
25:28et qui a été scandaleuse,
25:30c'est celle de François Bayrou de départ,
25:31de faire croire qu'il y avait une négociation possible.
25:33Point. C'est ça, le scandale de ce conclave.
25:36Que chacun soit sur ses positions, je les respecte.
25:38C'est juste qu'ici, il y a une majorité
25:39pour abroger la réforme des retraites.
25:41Et que le seul moyen que la majorité...
25:43Il a piégé les socialistes, François Bayrou,
25:44finalement, avec ce conclave ?
25:46Alors, je ne sais pas.
25:47Pour qu'ils aient été piégés,
25:48il aurait fallu qu'ils se fassent berner.
25:50Mais je crois que tout le monde avait toutes les informations
25:52en sa possession au moment où tout ça a été discuté.
25:54Et que François Bayrou lui-même avait expliqué
25:56que s'il n'y avait pas d'accord sur l'âge,
26:00on resterait sur 64.
26:01C'est-à-dire, donnant déjà un droit de veto au MEDEF,
26:04de dire non, c'est niait.
26:05À partir de là, l'idée était pipée.
26:06Je veux dire, bon, maintenant,
26:07il serait temps un peu d'accélérer le calendrier,
26:10qu'Olivier Faure se réveille et que cette motion de censure
26:12qui nous promet de pour abroger la retraite à 64 ans,
26:14le voit le jour le plus rapidement possible.
26:15On va poser la question, justement, à Arthur Delaporte,
26:17porte-parole du groupe socialiste ici à l'Assemblée.
26:19Il est au micro de Marco Pommier.
26:21Oui, Arthur Delaporte se conclave sur les retraites.
26:24C'était un peu l'un des arguments des socialistes pour dire,
26:26bon, on ne vote pas la censure tout de suite de François Bayrou.
26:29Aujourd'hui, le Premier ministre, il dit non à la retraite à 62 ans.
26:32Est-ce que vous vous êtes fait avoir ?
26:34Nous, on dit, le conclave, c'est la démocratie sociale.
26:37Tant que le conclave n'a pas abouti, on n'a pas de copie finale.
26:41Et moi, je suis vraiment en colère contre François Bayrou
26:43parce qu'aujourd'hui, on a un Premier ministre
26:45qui zigzague en permanence, qui renie sa propre parole.
26:49Et là, c'est un vrai sujet démocratique.
26:50Parce que quand on dit, il y a quelques semaines,
26:52François Bayrou dit, pas de totem, pas de tabou,
26:55que là, ce week-end, il se contredit,
26:57avant d'être démenti par son propre ministre de l'Economie,
27:00eh bien, finalement, à la fin, on finit par ne plus y comprendre
27:02grand-chose. Nous, ce qu'on veut, c'est tout simplement
27:05du dialogue social quand il y a eu une rupture démocratique
27:07avec le passage en force sur la retraite à 64 ans.
27:10Donc là, aujourd'hui, on veut qu'il y ait du débat
27:12et on veut que ce débat puisse être le plus sain,
27:14le plus apaisé possible.
27:15Et malheureusement, le gouvernement ne facilite pas les choses.
27:18Mais ça veut dire quoi, concrètement ?
27:19Parce que la France insoumise dit que ce conclave,
27:20ça ne sert plus à rien.
27:21Qu'est-ce que les partenaires sociaux peuvent encore obtenir
27:25de quelque chose qui pourrait vous satisfaire ?
27:27Ce qui est sûr, c'est que c'est très mal embarqué.
27:29Je veux dire, il ne faut pas se leurrer.
27:31Aujourd'hui, le gouvernement n'a pas su
27:34poser un cadre de débat sain
27:35et il s'est aliéné une partie des acteurs sociaux.
27:38Or, quand on défend la démocratie sociale,
27:40on doit la défendre jusqu'au bout.
27:42On doit faire confiance au dialogue social.
27:43Et nous, c'est notre position de principe.
27:45Mais si demain, ça n'aboutit pas
27:47parce que le gouvernement aura tout fait
27:48pour que ça fasse échouer les discussions,
27:51eh bien, nous prendrons aussi nos responsabilités.
27:53Nous l'avons annoncé, Olivier Faure l'a redit ce matin.
27:55Si d'aventure, il n'y a pas de remise sur le tapis
27:57de la réforme des retraites à l'Assemblée nationale,
27:59alors le gouvernement risque la censure.
28:01Très rapidement, ça veut dire quoi ?
28:02Si on ne revient pas aux 62 ans,
28:04est-ce que c'est un motif de censure pour les socialistes ?
28:06En tout cas, ce qui est sûr, c'est que nous,
28:08on est extrêmement vigilants à la sortie
28:10de cette discussion, de ce dialogue social.
28:13Et s'il y a un accord, il faudra voir
28:14dans quelle mesure on peut le transposer
28:16et on devra le transposer au Parlement.
28:18Et au-delà de ça, nous restons, évidemment,
28:20ceux qui défendent, avec l'ensemble de la gauche, par ailleurs,
28:22le retour sur la réforme bande,
28:24c'est-à-dire revenir sur la réforme à 64 ans.
28:27Merci beaucoup, Arthur Delaporte.
28:29Merci beaucoup, Marco Pommier.
28:31Rassurés, les socialistes peuvent censurer
28:32si, à la fin du conclave, ils s'estiment
28:35qu'ils n'ont pas obtenu gain de cause ?
28:36Oui, je ne sais pas.
28:37En tout cas, ils ont parlé des reniements de parole
28:40de M. Bayraud.
28:41Je crois qu'en termes de reniement de parole,
28:43ils en connaissent un rayon, eux aussi.
28:44Donc je ne sais pas s'ils tiendront parole
28:45sur leur motion de censure,
28:46s'ils la voteront à la fin ou s'ils feront encore en sorte
28:48que ce soit une motion de censure dans le vide
28:51et qu'ils se feront troiser
28:52par le même François Bayraud dans l'hémicycle.
28:54Voilà, donc j'aimerais que l'histoire ne se répète pas
28:56et que tout le monde soit conséquent et consistant
28:58sur ses convictions, et ces convictions-là en particulier.
29:01Au moment où on trouve 100 milliards pour faire la guerre,
29:03on n'est pas capable de trouver 10 milliards
29:04pour payer les retraites.
29:06Agnès Firmin-Lebaudon, un dernier mot,
29:07puisque vous êtes aussi une proche d'Edouard Philippe.
29:10Ça va... C'est tendu entre Edouard Philippe
29:12et le Premier ministre François Bayraud.
29:14Ils doivent se voir cette semaine.
29:15Il faut apaiser un peu les tensions.
29:17Là, les mots ne sont pas forcément très aimables
29:19entre les deux hommes en ce moment.
29:21Je crois que les deux hommes ont décidé de se voir,
29:22mais là, je ne vais pas m'immiscer non plus
29:24entre les relations entre François Bayraud
29:26et le Parti socialiste, et le Parti socialiste et les filles.
29:28Mais on voit bien que sur les retraites,
29:30notre position, elle est très claire.
29:32C'est ne pas revenir à 70 ans.
29:33Revenir à 62 ans serait une grave erreur
29:36pour notre système par répartition.
29:37Par contre, le Conclave peut très bien faire des propositions
29:39sur la pénibilité sur laquelle on doit avancer,
29:42sur, j'allais dire, l'emploi des seniors.
29:44Ce sont deux sujets sur lesquels, peut-être,
29:46le Conclave peut faire des propositions intéressantes
29:48pour aménager la réforme des retraites,
29:50mais pas sur l'âge légal de départ.
29:52Merci beaucoup, Agnès Firmin-Lebaudon.
29:54Merci beaucoup, Hugo Bernalicis.
29:56Je rappelle que vous siégez toute la semaine dans l'hémicycle
29:57sur les propositions de loi sur le narcotrafic.
30:00Jusqu'à vendredi, peut-être même ce week-end,
30:02il y a beaucoup d'amendements à défendre.
30:03On va passer tout de suite au focus dans cette émission.
30:10On s'intéresse en ce moment à une commission d'enquête,
30:12celle du groupe Lyotte, sur l'accès aux soins
30:15et la situation dans les hôpitaux.
30:17Christophe Nagellin est au micro de Stéphanie Despierre,
30:19celle des Quatre Colonnes.
30:20Bonjour, Christophe Nagellin.
30:21On connaît les difficultés de l'hôpital public.
30:23À quoi va servir alors cette commission d'enquête ?
30:26En fin de compte, à voir exactement l'organisation
30:29de notre système de santé, c'est-à-dire que chaque année,
30:31on met des centaines de milliards d'euros
30:33dans notre système de santé, et malheureusement,
30:36avec un résultat qui est de moins en moins bon.
30:38Le but est de savoir où va le pognon,
30:41où est utilisé tout l'argent qui est mis dans notre système de santé,
30:45et d'avoir une réflexion entre l'HAS,
30:48entre la DGOS, entre la DGS, les DGRS.
30:52En fait, tous ces acronymes qui sont à la tête
30:54du ministère de la Santé,
30:55comprendre exactement quelles sont leurs missions,
30:58déjà s'il n'y a pas des doublons,
31:00et exactement sur le terrain, comment est-ce que ça s'applique ?
31:04Cette commission va commencer ses auditions cet après-midi.
31:07On est cinq ans après le début du confinement.
31:10Il y aura tout à l'heure à l'Assemblée des médecins éminents,
31:12dont on a beaucoup parlé, notamment Arnaud Fontanet,
31:15qui a été membre du Conseil scientifique pendant le Covid.
31:17Est-ce que l'objet de la commission, c'est aussi de revenir
31:20sur cette période-là et d'en tirer des leçons,
31:22alors qu'on a un peu l'impression
31:23qu'on a voulu vite oublier cette période-là ?
31:26Non, c'est pas l'objet.
31:27L'objet, il est beaucoup plus large que ça.
31:29C'est de voir tous les jours, dans ma circonscription,
31:32les aides-soignantes, les infirmières,
31:34les médecins aussi, d'ailleurs, mal à l'aise
31:36par rapport au système tel qu'il est aujourd'hui,
31:39avec une crise aussi des vocations, il faut le reconnaître,
31:42avec des habitants de nos territoires
31:44qui ont de plus en plus de difficultés à avoir accès aux soins.
31:47Et le but de cette commission, c'est ça.
31:49C'est, d'un côté, comprendre comment sont prises
31:52les décisions en haut, comment elles s'appliquent
31:55dans les hôpitaux, comment elles sont vécues
31:57par les professionnels, quelles en sont les conséquences
32:00par la population, et donc,
32:02quelles sont les solutions qu'on peut proposer
32:04pour avoir une efficience dans cette organisation.
32:07Dernière question, quand comptez-vous rendre votre rapport ?
32:11Quand aura-t-on les enseignements de cette commission d'enquête ?
32:13Normalement, début juillet.
32:14Merci beaucoup.
32:17J'ai pas de duplex sur l'Algérie ?
32:19Bienvenue à vous, si vous nous retrouvez.
32:22Excusez-moi, nous sommes toujours dans cette salle d'Epas perdus.
32:25On est à moins de 25 minutes de la séance des questions au gouvernement.
32:28On la suit, évidemment, ensemble, en direct et en intégralité.
32:31C'est à partir de 15h.
32:33Vous retrouverez dans cette émission
32:34Stéphanie Despierre et Marco Pommier
32:37depuis la salle des Quatre Colonnes.
32:38Ce sont nos yeux et nos oreilles,
32:40salle des Quatre Colonnes, où se rencontrent les députés,
32:42les journalistes, et puis Clément Perrault
32:43et lui, dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale.
32:45Il a la liste, la liste des questions au gouvernement,
32:48et puis on suivra un peu avant 15h
32:49l'arrivée du Premier ministre, François Bayrou,
32:52et des membres de son gouvernement.
32:54Clément Perrault, quel est le thème principal
32:56que les députés évoqueront tout à l'heure ?
33:01Eh bien, on surveillera aujourd'hui, Elsa,
33:03la partie gauche de l'hémicycle,
33:05où il sera question des retraites.
33:07Trois députés insoumis, socialistes et écologistes,
33:10vont interroger le gouvernement, et en particulier François Bayrou.
33:14Le Premier ministre, dimanche, a dit non à un retour
33:17à l'âge de 62 ans, pour le départ en retraite.
33:19Ses propos sont très critiqués par la gauche,
33:22qui l'accuse de torpiller le dialogue social,
33:25le fameux conclave qu'il a lui-même organisé.
33:28Des menaces de censure se font de nouveau entendre.
33:31Dans ce contexte, les réponses qu'apportera François Bayrou
33:34seront particulièrement surveillées.
33:36Et on va suivre aussi les questions internationales, Clément.
33:43Exactement, Elsa, il y aura plusieurs questions diplomatiques
33:46abordées. D'abord, les relations entre la France et l'Algérie.
33:49Ce matin, le ministre de la Justice, Gérald Darmanin,
33:52a appelé à mettre fin au visa diplomatique
33:54pour les responsables algériens.
33:56Deux questions seront posées sur l'Algérie.
33:58Une question sera posée sur les menaces de Donald Trump
34:01et ses droits de douane exorbitants,
34:04en particulier pour les vins et spiritueux européens.
34:07Enfin, il y aura une question posée sur Gaza,
34:09de nouveau cible de bombardements israéliens, cette nuit.
34:13Merci beaucoup, Clément Perrault.
34:15Pour cette deuxième partie,
34:17j'ai le plaisir d'accueillir Eleonore Carrois.
34:19Bonjour.
34:21Vous êtes députée apparentée au groupe Ensemble pour la République.
34:24Vous représentez les Français d'Amérique latine.
34:27Alexandra Masson, bonjour.
34:28Députée Rassemblement national des Alpes.
34:30Sur LCP, les députés posent des questions, les Français aussi.
34:34On va écouter une question qui nous est posée par Gauthier.
34:37Elle a été recueillie au micro de Capucine Bourbier
34:40et Mathéo Bardioff.
34:41La séance est ouverte.
34:48Bonjour, je m'appelle Gauthier, je suis étudiant en droit.
34:51J'avais une question pour la ministre de la Culture.
34:54Est-ce possible d'expliquer comment un musée comme le Louvre,
34:57un des plus grands musées de ce monde,
34:59qui abrite de grandes oeuvres nationales,
35:01puisse avoir un bilan budgétaire
35:03en dessous de ce qu'on pourrait attendre d'un musée comme ça ?
35:06Alors, on le sait, pour le Louvre,
35:08il va y avoir des millions d'euros.
35:10Ce n'est pas votre circonscription, Paris,
35:13mais le Louvre, ça rayonne dans le monde.
35:15Il faut payer, s'intéresser aux travaux nécessaires
35:18pour ce musée ?
35:19Oui, absolument.
35:20J'ai eu la chance de participer à la conférence
35:22qui a été donnée par le président de la République
35:25avec la ministre Achida Dati
35:27sur tous les travaux de rénovation entrepris.
35:29Ce qui est assez incroyable, c'est que, comme pour Notre-Dame,
35:32on va se retrouver dans un financement,
35:34une rénovation qui ne va pas coûter d'argent aux contribuables.
35:38C'est important de le dire.
35:39C'est un des musées les plus visités
35:42et qu'il faut tirer profit de cette attractivité
35:45et séparer la visite de la Joconde.
35:47C'est un très beau projet.
35:49Alexandra Masson, faire payer un peu plus cher les touristes,
35:52garder un tarif plus abordable pour les Parisiens
35:55ou pour les Français,
35:56c'est une solution pour le Louvre
35:58et éventuellement pour d'autres sites historiques à Paris ?
36:01Ça peut potentiellement être une solution,
36:03mais j'espère que ma collègue a raison.
36:05On annonce 800 millions d'euros de travaux.
36:07C'est extrêmement important.
36:10Il faut penser qu'il y a d'autres musées en France
36:13de grande importance qui sont dans un très mauvais état.
36:16Il ne faudrait pas que ces investissements
36:18soient au détriment de l'entretien des autres musées nationaux en France
36:22qui ont une grande importance pour l'attractivité de nos territoires.
36:25Il ne faudrait pas avoir le sentiment que tout vient à Paris,
36:28même si Paris est la capitale européenne de la culture.
36:34C'est très important. Paris est un musée à ciel ouvert.
36:37Pour autant, nos territoires ont besoin d'investissements.
36:40Il ne faudrait pas qu'aujourd'hui,
36:42on pense que plus rien ne redescend dans les territoires.
36:45Ce serait un très mauvais signal
36:47à donner aux musées nationaux dans nos territoires.
36:50Rapidement sur cette question,
36:52attention à ne pas trop privilégier Paris, la capitale.
36:54On le sait, Paris, c'est la ville visitée en premier en France,
36:58mais attention au reste des régions, au reste des départements.
37:01Évidemment.
37:02Nous avons des musées partout sur nos territoires,
37:04des sites d'intérêt, du patrimoine
37:07qui sont valorisés.
37:08Ce qui est intéressant sur ce projet par rapport au Louvre,
37:12c'est que l'on s'intéresse au financement,
37:14que ce soit financé par les entrées, en très grande majorité,
37:18et au fait de rendre viable cette exploitation d'un musée.
37:22Il faut réfléchir de plus en plus dans ce cadre-là,
37:25ce que font d'ailleurs beaucoup les Anglo-Saxons,
37:27et permettre à nos musées, à nos monuments,
37:29mais aussi à nos théâtres, à tous nos sites culturels,
37:31de bénéficier de ce mécénat, de ces financements privés.
37:35Un dernier mot sur cette question ?
37:36On sera très vigilants, puisque pour l'instant,
37:38le plan de financement n'a pas été intégralement dévoilé.
37:41Évidemment, nous resterons extrêmement vigilants,
37:43parce qu'il y aura forcément des fonds publics
37:45qui seront investis, et comme je le dis,
37:47il ne faut pas que ce soit au détriment
37:49des autres musées nationaux.
37:50On va évoquer un autre sujet.
37:51Ce sera un des sujets de la séance des questions au gouvernement.
37:54Nos rapports entre la France et l'Algérie.
37:56Stéphanie Despierre, regain de tension
37:58entre nos deux pays ces derniers mois ?
38:00Ces derniers mois et même ces derniers jours,
38:02puisque le gouvernement français va envoyer une liste
38:04de ressortissants qui devait être récupérés par l'Algérie.
38:08L'Algérie a dit non, pas question de récupérer
38:11ces ressortissants qui sont sous OQTF du côté français.
38:15Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur,
38:17qui fait tout ce qu'il peut pour pousser à ce renvoi,
38:21a fait monter la pression.
38:23Il envisageait de dénoncer les accords
38:25qui existent entre la France et l'Algérie,
38:27mais le président de la République avait mis un peu le haut
38:29à cette idée.
38:30François Bayrou aussi avait nuancé,
38:33mais cette fois, Bruno Retailleau dit que s'il n'agit pas,
38:35s'il n'a pas les moyens d'agir, il quittera le gouvernement.
38:38Il y a une question, cet après-midi, sur le sujet
38:41qui sera posée par Éric Ciotti, le président du groupe UDR,
38:44qui, avec son allié du Rassemblement national,
38:47insiste, appuie sur le fait que Bruno Retailleau parle beaucoup,
38:50mais n'arrive pas à agir sur ce sujet.
38:52Merci beaucoup, Stéphanie Despierre.
38:53C'est vrai que vous l'avez rebaptisé
38:55le ministre de la Parole.
38:56Bruno Retailleau lui dit qu'il serait capable de démissionner.
38:59Il ne cèdera jamais sur cette question.
39:01Alors, premièrement, je n'y crois absolument pas
39:03qu'il serait capable de démissionner,
39:04et on le verra, l'histoire me donnera raison.
39:07Une humiliation de plus, c'est la réalité, c'est ça.
39:1020 heures qu'on vit une humiliation de plus de l'Algérie.
39:12Aucune mesure concrète. Au Rassemblement national,
39:15et Marine Le Pen l'a dit à plusieurs reprises,
39:16ainsi que Jordan Bardella, il faut stopper les visas.
39:20Je rappelle que c'est 20 000 visas que la France donne à l'Algérie.
39:26C'est 2 000 visas que l'Algérie donne à la France.
39:28Donc je crois qu'il est temps de remettre de l'ordre, déjà,
39:30dans les visas, et puis il faut stopper les transferts de fonds.
39:33Je pense là aussi que c'est une mesure phare
39:35que nous proposons depuis le début et qui remettra, je pense,
39:38en ordre de marche les relations entre l'Algérie et la France.
39:41Et Léonore Carroix, qu'est-ce que vous répondez
39:43à ceux qui, comme Alexandra Masson,
39:44et puis on le verra tout à l'heure dans l'hémicycle,
39:45disent que l'Algérie humilie la France,
39:48fin de non recevoir hier dans un communiqué ?
39:51Moi, je pense qu'on est en matière de diplomatie,
39:53pas dans ce type de registre.
39:55Déjà, l'Algérie n'humilie pas la France.
39:57On est en train de discuter entre deux Etats souverains.
40:00Maintenant, il est tout à fait normal et nécessaire
40:02que la France puisse faire respecter son droit.
40:04Et quand vous avez des OQTF,
40:06il faut qu'elle puisse être respectée.
40:07Et le ministre de l'Intérieur est dans son rôle lorsqu'il dit
40:10qu'on va avoir une réponse graduée.
40:12Mais on est dans un rapport diplomatique.
40:14On coopère avec l'Algérie, notamment dans les questions
40:16de sécurité intérieure, d'échange de renseignements.
40:19Donc, ça ne sert à rien d'avoir des postures politiciennes,
40:22d'employer ce type de termes.
40:24Ce qu'il faut, c'est justement réussir ses objectifs
40:27et donc appliquer des mesures comme le propose
40:29le ministre de l'Intérieur.
40:31Il faut peut-être essayer de reprendre la voie diplomatique
40:34et ensuite avoir une réponse graduée.
40:36C'est l'expression du ministre de l'Intérieur, Bruno Retailleau.
40:39Je crois que M. Retailleau le sait très bien.
40:41Ça fait déjà des mois, pas des semaines,
40:43des mois qu'il nous explique que c'est une question de diplomatie,
40:46qu'il faut y aller doucement.
40:48Le résultat, aujourd'hui, c'est des humiliations
40:50les unes derrière les autres.
40:52Et nous proposons pas du tout des postures politiciennes.
40:54Nous proposons des actes extrêmement pragmatiques.
40:57Depuis des mois, on parle aussi d'abolir l'accord de 1968.
41:01Et aujourd'hui, on voit bien que les traités
41:03ne sont pas respectés par l'Algérie.
41:05Donc oui, aujourd'hui, la voie de la diplomatie,
41:07M. Retailleau l'a essayée, elle ne fonctionne pas.
41:09Donc il faut retourner sur le terrain
41:12de propositions pragmatiques et surtout les mettre en place.
41:16Sur cette remise en cause de l'accord de 1968,
41:20Emmanuel Macron s'y est dit farouchement opposé,
41:22mais certaines voix dans le Bloc central y sont favorables.
41:25On a entendu Edouard Philippe, Bruno Retailleau aussi.
41:27Ils seraient favorables.
41:28Je reviendrai sur ce point.
41:29Qu'est-ce qu'une réponse diplomatique ?
41:30Une réponse diplomatique, c'est pas simplement
41:32faire une proposition et s'attendre à avoir une réponse.
41:35C'est continuer à négocier, à discuter
41:37et mettre très clair les règles du jeu.
41:39Moi, je pense qu'il faut absolument pouvoir expulser
41:42ces personnes qui ont été considérées comme dangereuses.
41:44Donc dans quel délai, selon quelle modalité,
41:47le ministre de l'Intérieur répondra aux questions...
41:48Mais si l'Algérie ne peut pas les reprendre,
41:49ils seront envoyés vers la France.
41:51Mais il y aura des actions qui seront prises.
41:53D'ailleurs, le ministre de l'Intérieur l'a annoncé.
41:55Le gouvernement l'a annoncé.
41:56Moi, j'accouterai avec beaucoup d'attention sa réponse.
42:00Et j'espère que la question sera suffisamment précise
42:02et non pas politicienne,
42:03parce que c'est dans l'intérêt de tous
42:05que l'on puisse faire respecter les décisions
42:07qui sont prises de manière souveraine par la France.
42:09Mais c'est aussi dans l'intérêt des Françaises et des Français
42:12que les relations avec l'Algérie ne soient pas détériorées
42:15et que l'on puisse continuer à contribuer, à collaborer,
42:18notamment, comme je vous le disais, sur les questions de sécurité
42:21qui sont essentielles pour nos concitoyens.
42:23Il n'y a pas forcément intérêt à aller au bras de fer.
42:25Il y a des échanges de coopération aussi entre nos deux pays,
42:27dont on parle peut-être moins.
42:29Puis il y a peut-être une volonté aussi
42:30pour une certaine classe politique en Algérie
42:32d'attiser ces tensions-là.
42:34Est-ce que la réponse à avoir, ce n'est pas au contraire
42:36de baisser le niveau de tension entre les deux pays ?
42:39Alors, certainement pas, mais je voudrais rappeler
42:41qu'effectivement, nous sommes, nous aussi,
42:42pour une voie diplomatique, dans les relations avec l'Algérie.
42:45Mais il y a beaucoup d'autres contentieux,
42:46d'autres conflits au niveau mondial.
42:48Mais la diplomatie, c'est quelque chose
42:50qui se fait de manière feutrée.
42:51Ce n'est pas quelque chose qui se fait
42:53ni dans les hémicycles, ni dans les médias.
42:55C'est quelque chose qui se fait entre deux Etats souverains.
42:58Et c'est quelque chose qui ne se voit pas.
43:00C'est effectivement garder ce fil qui est important
43:02de relation entre des gouvernements et des Etats.
43:06Pour autant, nous avons aujourd'hui
43:09une fin de non-recevoir qui est très forte.
43:10Ça n'empêche pas que la diplomatie continue
43:12à s'appliquer entre nos deux Etats.
43:14Mais nous devons prendre en considération
43:17que, de manière réelle, aujourd'hui,
43:19l'Algérie prend des décisions et n'applique pas les traités.
43:22Donc, il faut prendre des mesures fortes en face.
43:24Il n'empêche que la diplomatie doit continuer, évidemment,
43:27à s'appliquer entre nos deux pays.
43:28Un dernier mot sur cette question, Eleonore Keroua.
43:30Ça ne facilite pas. On a l'impression
43:31d'avoir quand même des prises de parole assez divergentes.
43:33Jean-Noël Barreau, ministre des Affaires étrangères,
43:35pour une diplomatie, pour des discussions
43:37peut-être plus apaisées. Bruno Retailleau,
43:38qui menace de démissionner sur le sujet.
43:41C'est quand même une parole très compliquée
43:42au sein du gouvernement pour comprendre la ligne.
43:44Ce qu'il faut, c'est que les actions soient combinées.
43:46Vous disiez que la diplomatie se fait de manière feutrée.
43:48Ce n'est pas vrai. Nous, parlementaires,
43:50nous faisons aussi de la diplomatie parlementaire.
43:52Moi, j'en fais tous les jours, et d'ailleurs,
43:53vous êtes à la Commission des Affaires étrangères avec moi.
43:55Nous avons examiné une proposition de résolution
43:58portée par le groupe Ensemble pour la République
44:00relative à la libération de Boilem-Sensal.
44:03Eh bien, ça, c'est ce que nous, au Parlement, pouvons faire.
44:06Et je pense que c'est très important
44:07que nous nous exprimions, et ça fait partie, justement,
44:09de cette relation entre la France et l'Algérie.
44:11Pour autant, menacer de couper les relations diplomatiques,
44:15faire un bras de fer, parler d'humiliation...
44:17Personne n'a jamais menacé de couper les relations diplomatiques.
44:20Personne, au contraire.
44:21Non, mais on voit que le vocabulaire n'est pas le même.
44:23Mais clairement, nous avons un rôle de lobby
44:26en tant que parlementaires, effectivement,
44:27français à la Commission des Affaires étrangères,
44:29et nous devons relâcher.
44:30C'est globalement un rôle, quand même, aujourd'hui,
44:32qui reste un rôle de lobby,
44:33puisque nous n'avons pas de pouvoir direct,
44:35et que ça doit être d'État à État
44:37que les négociations peuvent se faire sur les sujets importants
44:40comme la libération de Boulogne-Saint-Saël,
44:42qui est aussi quelque chose de prioritaire,
44:44dont, hélas, aujourd'hui, nous n'obtenons aucun résultat non plus.
44:47Et on écoutera donc attentivement les ministres sur ce sujet.
44:50Un autre thème serait évoqué, celui des retraites.
44:52Le député socialiste Joël Aviranié nous attend,
44:54celle des Quai de Cologne, juste avant de poser sa question
44:56au gouvernement.
44:57Quand M. Aviranié a entendu, ce week-end,
44:59François Bayrou dire non à la retraite à 62 ans,
45:02ça ne vous a pas du tout plu,
45:04et vous allez interroger le Premier ministre aujourd'hui ?
45:07Oui, non, ça ne m'a pas... Non, ça ne m'a pas plu.
45:09Je ne suis pas d'accord.
45:10Vous allez lui dire quoi ?
45:12Je vais lui demander qu'il tienne ses engagements.
45:13Le 16 janvier, il s'engage à rouvrir la concertation
45:16sur les retraites sans totem ni tambou.
45:19Ce n'est pas moi qui le dis, c'est lui.
45:21Donc, moi, je vais lui demander qu'il tienne sa parole.
45:23Pour la population, c'est important.
45:24Vous savez, la réforme des retraites,
45:26le choc, la douleur, la blessure,
45:29elle est toujours dans la population.
45:30Les gens continuent à en parler, ce n'est jamais passé.
45:33On le paye cher au niveau national, sur la démocratie,
45:36sur l'image des élus.
45:38Non, il faut qu'on ait une parole qui tienne la route.
45:40Et le groupe socialiste s'était battu
45:43pour obtenir cette nouvelle concertation,
45:46moyennant quoi, nous n'avions pas censuré le gouvernement.
45:48Donc, maintenant, il faut qu'ils permettent
45:51à cette concertation d'aller jusqu'au bout
45:53et que l'accord ou pas qui en sortira
45:55puisse revenir devant le Parlement
45:57et que le Parlement puisse enfin se prononcer sur cette question.
46:01Voilà ce que je vais lui demander, rien de plus.
46:03Qu'il tienne sa parole.
46:04Donc, l'idée, c'est de lui mettre un peu la pression.
46:06Sinon quoi ? Vous allez le menacer d'une motion de censure ?
46:09Écoutez, si on n'est pas content, on le censurera, évidemment.
46:12Si on ne retient pas, s'il ne respecte pas
46:15ce qu'il s'est engagé à respecter,
46:17nous n'aurons pas d'autre choix que de le censurer.
46:20Et croyez-moi, on ne le fera pas de gaieté de coeur.
46:22Mais on n'aura pas le choix.
46:23Merci beaucoup. On écoutera votre question dans l'hémicycle.
46:26Merci beaucoup, Marco Pommier.
46:28Léonor Caroy, les socialistes se sont trahis.
46:31Ils n'ont pas voté la censure.
46:32En échange, en contrepartie,
46:34il y a cette organisation de ce conclave.
46:36François Bayrou décide quasiment de la fin des réunions
46:39en disant qu'il n'y aura pas de retraite à 62 ans.
46:42Non, ce n'est pas parce que le Premier ministre
46:44a fait cette déclaration que c'est la fin du conclave,
46:47qu'on a la fumée blanche et que la masse est dite.
46:49Les discussions continuent, les partenaires sociaux
46:51sont autour de la table.
46:53Comme il l'avait dit aux différents membres
46:55des partis politiques et aux Français,
46:57il a organisé des concertations.
46:58Il y a beaucoup d'éléments qui peuvent être modifiés,
47:00qui peuvent être revus.
47:02Mais pas les 62 ans, pas l'âge légal.
47:03La question, à mon sens, ce n'est pas celle-là,
47:06la question essentielle.
47:07C'est une question qui est très clivante.
47:08Ca a été porté lors des campagnes.
47:10Pour les socialistes, c'est la question principale.
47:12Mais aujourd'hui, si vous avez une véritable discussion,
47:15vous allez au fond des choses avec eux,
47:17c'est plutôt la question de la pénibilité,
47:18c'est la question de quelle retraite, pour qui,
47:20est-ce qu'on introduit ou pas de la capitalisation ?
47:23Et surtout, il faut parler franchement.
47:25Aujourd'hui, les retraites, c'est ce qui creuse de moitié,
47:28chaque année, notre déficit public.
47:30Et François Bayrou a quand même été nommé Premier ministre
47:33pour s'assurer qu'on avait des comptes qui tenaient la route
47:36et une certaine rigueur budgétaire.
47:37Donc, à partir de là, évidemment, ce sont des déclarations,
47:40il va falloir réagir, voir comment ça se passe dans le conclave,
47:43mais moi, je dis, les discussions continuent
47:45et il est très important qu'elles puissent le faire.
47:47Alexandra Masson, est-ce que ce conclave,
47:49il doit encore exister, alors que sur une des questions principales,
47:53l'âge, les gens, ils veulent savoir avant tout à quel âge
47:55ils peuvent partir à la retraite ?
47:56François Bayrou dit, on ne touche pas,
47:58ce sera jamais 62 ans, on ne retournera pas en arrière.
48:01Avant même de parler du conclave,
48:03la réalité, c'est que 55% des parlementaires
48:06qui sont dans cet hémicycle ont été élus sur un programme
48:10dans lequel les électeurs voulaient l'abolition
48:12de la réforme des retraites.
48:13Tout le Nouveau Front Populaire et le Rassemblement National.
48:16Tout confondu, et les EPS et d'autres.
48:19Donc, aujourd'hui, les Français veulent qu'on revienne
48:21sur cette réforme des retraites,
48:23et plus de la moitié des parlementaires ont été élus
48:25pour défendre le fait de revenir sur la réforme des retraites.
48:28Nous, on demande toujours la même chose,
48:30une retraite à 62 ans, mais avec à 60 ans
48:33pour les personnes qui ont commencé avant l'âge de 20 ans
48:36et qui ont 40 annuités.
48:37Et ça, c'est très important.
48:39Il faut comprendre, parce que les gens ne le savent pas,
48:41que 58% des seniors qui vont partir à la retraite
48:47étaient au chômage.
48:48Donc, il y a aussi tout un travail à faire,
48:49parce que si ces seniors-là n'étaient encore pas si travaillés,
48:53on pourrait aussi renfouer les caisses.
48:55Vous n'avez pas le sentiment d'un changement,
48:57peut-être parmi les électeurs que vous croisez,
49:00quand on a cette menace, quand on nous dit
49:02qu'il va falloir que la France se réarme,
49:04est-ce qu'il y a des gens que vous croisez qui vous disent
49:06qu'effectivement, c'est peut-être un peu décalé de se dire
49:08qu'on va retourner à 62 ans, gardons peut-être 64 ans,
49:12assurons-nous de conserver au moins ça,
49:14mais au moins, il faudra de l'argent supplémentaire
49:16pour nos armées, par exemple ?
49:18Alors non, vraiment pas du tout.
49:20Par contre, beaucoup de gens qui me croisent actuellement
49:22me disent que c'est un scandale,
49:24il n'y a eu aucune coupe dans le budget de l'Etat importante.
49:28Emmanuel Macron, qui était le Mozart de la finance,
49:31on est à plus de la moitié de son 2e mandat,
49:34et aujourd'hui, on est en train encore de dire aux Français
49:37qu'il va falloir serrer la ceinture, il va falloir travailler plus,
49:40parce que les coupes budgétaires n'ont pas été faites
49:42au moment où elles auraient dû être faites,
49:44et l'Etat n'a pas du tout réduit son train de vie.
49:46Et je pense que c'est ça, vraiment, que les Français ressentent
49:48aujourd'hui, pas se serrer la ceinture pour réarmer la France,
49:51qui est aussi une priorité, et nous le disons régulièrement.
49:53Plus globalement, sur cette question des retraites,
49:55et peut-être en général, est-ce que les gens que vous croisez
49:58vous dites, moi, je veux bien faire un petit effort,
50:00mais attention, je ne veux pas forcément
50:02payer d'impôts supplémentaires, je veux conserver une école,
50:05un accès à la santé.
50:07On voit qu'il va falloir peut-être faire des sacrifices
50:09pour le budget, mais on ne sait pas où les faire.
50:12Il y a des priorités qui sont faites,
50:13et ce qui est vrai, c'est qu'on est revenus
50:15à une forme d'équilibre budgétaire en 2019,
50:17quand on était en dessous des 3%.
50:19Après, il y a eu le Covid, après, il y a eu les crises,
50:21il y a eu le quoi qu'il en coûte, et c'est vrai que depuis,
50:23il a été difficile de réduire la dépense publique.
50:25Nous, on propose des mesures de simplification,
50:27nous, on propose des réductions de la dépense publique.
50:30Moi, je ne pense pas que ce soit aux retraités
50:32à faire des efforts supplémentaires,
50:34mais il y a une réalité démographique dans notre pays.
50:36Aujourd'hui, on vit de plus en plus vieux.
50:38Il faut se poser la question collectivement,
50:39est-ce qu'on peut passer la moitié de sa vie à la retraite ?
50:42Est-ce qu'on peut passer 40% de sa vie à la retraite ?
50:44Moi, je pense que cette discussion-là,
50:45il faut l'avoir de manière apaisée,
50:47et qu'il faut évidemment réarmer la France.
50:48On a augmenté le budget de la Défense de manière historique,
50:52et ça, c'est Emmanuel Macron qui l'a fait, qui l'a proposé.
50:54Et vous l'avez voté, et c'était très bien
50:56que tout le monde le vote à l'Assemblée nationale.
50:58Maintenant, il y a des choix,
50:59il y a des choses qui sont plus importantes que d'autres
51:01dans les dépenses publiques, et cette discussion-là,
51:03il va falloir qu'on l'ait ici, au Parlement.
51:04Mais ça, on le savait avant, Eléonore Carrois, en fait.
51:06Alors, il ne fallait pas faire un conclave en disant
51:08ni totem, ni tabou, faites-moi des propositions,
51:11si d'emblée, on enlève une ou deux des mesures les plus importantes.
51:15Est-ce qu'il a voulu juste piéger les socialistes
51:17pour ne pas se faire censurer, François Bayrou ?
51:18Pas du tout, au contraire, il a créé ce conclave
51:21et il a entamé ces discussions.
51:22Il y a déjà deux organisations syndicales
51:25qui ont claqué la porte.
51:26Mais elles sont toujours là, et le conclave est toujours en route,
51:29et ce qu'il faut voir, c'est quelles propositions ils font.
51:31Et moi, je ne m'arrêterai pas, je sais que c'est important,
51:33je sais que c'est emblématique,
51:34mais je ne m'arrêterai pas à ce point-là.
51:35Vous parliez vous-même, par rapport aux gens
51:37qui commencent à travailler très jeunes,
51:39à quel âge ils s'arrêtent, c'est plutôt la durée de cotisation
51:41qui est intéressante et qu'il faut regarder
51:43que l'âge de départ...
51:47On sait avant 20 ans.
51:48La plupart des pays européens, ils arrêtent à 67, 68 ans.
51:52La question, c'est combien de temps de votre vie
51:54vous passez à travailler
51:55et combien de temps vous passez à la retraite ?
51:57Alexandra Masson.
51:58Dans les choses vraiment très importantes,
51:59ce conclave, on n'y croit pas du tout,
52:01c'est juste pour gagner du temps et continuer à faire durer le suspense.
52:03Par contre, ce que vous avez dit est important.
52:05Vous avez parlé, par exemple, de financement d'écoles aujourd'hui.
52:08Les collectivités, leur dotation de l'Etat,
52:10elles ont été très largement amputées.
52:13Donc, on sait que dès le budget 2009...
52:15Amputées moins que ce qui était prévu, je vous le rappelle.
52:18Dans le nouveau budget de François Bayrou,
52:20il y avait des économies...
52:21Par rapport à ce dont on était déjà,
52:22mais c'est un drame pour les collectivités.
52:24Elles vont faire comment pour créer les crèches,
52:26pour créer les écoles,
52:27pour créer les activités pour les seniors,
52:30pour continuer à alimenter leur CCS ?
52:32Ça, c'est des vraies questions du quotidien des Français.
52:35Et on a vu à l'image à la fois Bruno Retailleau,
52:37ministre de l'Intérieur, et là, c'est Gérald Darmanin
52:39qui arrive dans l'hémicycle,
52:41sur les socialistes qui pourraient sanctionner le gouvernement
52:44à l'issue de ce conclave.
52:45Est-ce qu'il y a une censure déposée par les socialistes ?
52:48Le RN pourrait la voter sur cette question des retraites.
52:52Comme toujours, on ne se refuse rien.
52:53On verra bien où on en sera au moment où ça arrive.
52:56À l'Assemblée nationale, en discussion,
52:58où nous en sommes, des discussions,
52:59où nous en sommes, des avancées.
53:01Mais oui, nous ne pouvons pourquoi pas censurer, oui.
53:04C'est un piège qui pourrait se refermer sur le Premier ministre.
53:07Il a gagné du temps avec cette idée du conclave,
53:09cette idée de redonner la main aux partenaires sociaux.
53:11Finalement, si tout le monde s'estime déçu et trahi à la fin...
53:15De toute façon, l'émotion de censure, on en est à la 30e.
53:19C'est quelque chose, c'est du pain quotidien
53:21pour certains groupes à l'Assemblée nationale.
53:23Il faut évidemment que cela soit étayé,
53:25que cela soit expliqué.
53:27Moi, je pense qu'il faut aussi qu'il y ait
53:28un peu de stabilité politique dans notre pays
53:30pour nous permettre d'avancer
53:31et justement de mener cette simplification qui est nécessaire.
53:34On va avoir un texte, une PPL sénatorielle
53:37qui va être examinée sur la simplification.
53:39Moi, je suis d'avis que les groupes,
53:40au lieu de brandir en permanence la menace de la censure
53:43et de dire qu'on n'est pas contents sur tel ou tel sujet,
53:45puissent travailler ensemble pour véritablement réduire
53:48la dépense publique parce que c'est une nécessité absolue.
53:50Alors, excusez-moi, c'est très intéressant
53:52ce qui vient d'être dit par ma collègue
53:53puisqu'aujourd'hui, 30% quasiment des décisions
53:57sont prises grâce au vote du Rassemblement national.
53:59Donc, nous sommes extrêmement constructifs en commission.
54:02Quand les sujets sont bons,
54:03quand on est d'accord avec des propositions,
54:05même si elles émanent du Bloc central,
54:07nous les votons et en toute sincérité
54:10et en toute conviction.
54:11Quand, par contre, nous sommes dans des positions
54:14qui ne nous viennent pas et qui ne sont pas dans nos programmes,
54:17pour lesquelles les électeurs ne nous ont pas élus,
54:19eh bien, non, on ne va pas faire n'importe quoi.
54:20On est en responsabilité face au vote
54:23pour lesquels on nous a élus, face au programme.
54:25Mais ne pas voter une proposition,
54:27ce n'est pas la même chose que voter une censure.
54:28On est entièrement d'accord, mais on ne les vote pas toutes.
54:30On les vote quand elles nous semblent utiles et judicieuses.
54:32René Pilateau, le député de la France insoumise
54:34et celle des 4E Cologne, il va poser une question
54:36dans une poignée de secondes.
54:37Oui, monsieur Pilateau, vous aussi, ça ne nous a pas plu,
54:39les propos de François Bayrou, non à la retraite à 62 ans.
54:42Qu'est-ce que vous allez lui dire dans l'hémicycle,
54:43dans quelques minutes ?
54:44On va lui demander s'il, son conclave,
54:46il a encore du sens ou pas,
54:48et s'il va effectivement nous proposer
54:51de mettre au vote, dans l'hémicycle,
54:54cette fameuse réforme des retraites,
54:56cette abrogation de la réforme des retraites.
54:58Mais quelque part, il faut arrêter de mentir, mentir, mentir,
55:02de donner de faux espoirs,
55:05et avec la complicité, je dirais,
55:08des autres députés qui ont fait semblant
55:11de croire à ce conclave.
55:13Vous pensez aux socialistes ?
55:15Par exemple, oui.
55:17Je pense aux socialistes qui sont plutôt
55:19dans un jeu plus politicien
55:21qu'au service de l'intérêt général.
55:23Et ça m'a un peu déçu, clairement.
55:25Vous allez un peu égratigner les socialistes
55:26dans votre question au gouvernement, aussi ?
55:28Très légèrement, mais c'est de bonne guerre.
55:30Très bien, merci beaucoup, on écoutera votre question.
55:32On l'écoutera attentivement.
55:33Eleonore Carroa, François Bayrou, le Premier ministre,
55:35il doit quand même essayer de rassurer un peu les socialistes
55:38tout à l'heure dans l'hémicycle
55:39sur cette question des retraites, de ce conclave.
55:41Mais pas que les socialistes.
55:43Il doit expliquer à la représentation nationale
55:45dans son ensemble où cela en est,
55:47et c'est d'ailleurs l'objet des questions au gouvernement.
55:49Nous, parlementaires, questionnons le gouvernement
55:51sur l'état d'avancée des dossiers,
55:53et ce conclave est un dossier très important.
55:55Pour vous, il ne sert plus à rien ?
55:57Il ferait mieux de dire tout de suite
55:58que de ne plus réunir les partenaires sociaux ?
56:01Même eux commencent à se demander
56:02si ça sert vraiment à quelque chose.
56:04Déjà, nous n'en avons pas été convoqués à rien.
56:06Je crois que les filles Rennes n'ont pas été tout consulter,
56:09comme toujours, comme si nous ne représentions
56:11absolument pas nos 11 millions de voix.
56:12Bon, mais ça, c'est habituel.
56:14C'est le déni complet de ce que nous représentons.
56:19Mais je crois que réunir les partenaires sociaux,
56:21vous savez, ça se fait tout le temps.
56:24C'est lent, ça n'apporte en réalité pas de grande solution,
56:28parce qu'en fait, on ne sait pas où on veut aller.
56:31Et puis, c'est assez flou en ce moment.
56:33Et puis, M. Bayrou a changé de temps à plusieurs reprises
56:35depuis qu'il est là.
56:36Au départ, il était très ouvert à la discussion.
56:38En ce moment, il est globalement sur toutes ses prises de position,
56:40pas que sur les retraites.
56:42C'est un homme qui est plutôt dans l'idée un peu de faire peur,
56:44un peu d'angoisser le peuple français.
56:46Et ça, je pense que c'est très mauvais
56:48dans une période, effectivement, d'instabilité,
56:50souvent politique, fiscale, budgétaire.
56:54Et je crois que ce n'est pas le bon signal
56:55qui est donné aux Français,
56:56et ce n'est pas ce que les Français attendent.
56:57Allez, je vous remercie, mesdames.
56:58Merci beaucoup, Alexandra Masson.
57:00Merci, Eleonore Carrois.
57:01Je vous laisse rentrer en séance, c'est dans une poignée de secondes.
57:03De quoi va-t-on parler, Clément Perrault, dans quelques instants ?
57:07Oui, ça va ?
57:16Oui, François Bayrou, le Premier ministre,
57:18n'est pas encore arrivé à l'Assemblée nationale.
57:21On a vu plusieurs ministres, néanmoins,
57:23franchir les portes de l'hémicycle.
57:26Gérald Darmanin, ministre de la Justice,
57:28Bruno Retailleau, ministre de l'Intérieur.
57:30Mais c'est vraiment François Bayrou, le Premier ministre,
57:32qui est le plus attendu pour cette séance.
57:34Plusieurs questions vont le concerner directement.
57:37Des questions de la gauche
57:38qui porteront sur ses déclarations de dimanche sur les retraites.
57:42Il a dit non à un retour à l'âge de départ à 62 ans,
57:45et beaucoup de députés attendent aujourd'hui ces explications.
57:49Merci beaucoup, Clément Perrault.
57:51Effectivement, une séance de questions au gouvernement
57:54qui s'annonce peut-être assez tendue,
57:57puisque Gérald Darmanin, Bruno Retailleau,
58:00on les a vus, ont des déclarations assez fracassantes
58:03ces derniers temps.
58:04Gérald Darmanin sur la question du voile dans le sport,
58:06Bruno Retailleau sur celle des accords
58:09et de la relation entre la France et l'Algérie.
58:11Et puis, vous l'avez dit, le Premier ministre répondra aussi
58:15aux questions du président du groupe UDR, Eric Ciotti,
58:18ainsi qu'un autre président du groupe qui pose une question.
58:23Nous sommes dans la salle des Pas Perdus,
58:26et vous le voyez tout de suite, c'est la présidente de l'Assemblée
58:29qui va traverser cette salle, où de nombreux visiteurs l'attendent
58:33et prennent en photo pour immortaliser le protocole.
58:36...
58:54Portez armes !
58:58Deux questions de président de groupe Eric Ciotti
59:01et Laurent Wauquiez, patron de la droite républicaine
59:04ici à l'Assemblée nationale.
59:06Ancien collègue d'Eric Ciotti, qui maintenant est membre du groupe EUDR
59:10et proche du Rassemblement national, la séance commence.
59:13On la suit ensemble, en direct, en intégralité.
59:15On se retrouve juste après.

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