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00:00Je le disais, l'information du jour, c'est bien sûr le Conseil de contrôle sur l'immigration.
00:07François Bayrou, en conférence de presse à Matignon cet après-midi, a dénoncé,
00:11alors il ne dénonce pas les accords de 1968, on n'en est pas là,
00:14mais il dit qu'ils ont été réexaminés et qu'en l'état actuel, ils ne sont toujours pas respectés.
00:22On écoute le Premier ministre.
00:23Nous sommes dans une situation avec l'Algérie qui a ceci de particulier,
00:28que nous avons des accords qui ont été signés depuis longtemps,
00:33depuis 1968 avec l'Algérie, qui ont été révisés trois fois.
00:38Et ces accords, nous devons bien constater qu'ils ne sont pas respectés.
00:44Or, entre deux pays souverains, des accords aussi importants
00:49ne peuvent pas être ignorés dans leur exécution par aucun des deux pays.
00:55Il se trouve que ces accords donnent des avantages considérables aux ressortissants algériens,
01:01exorbitant du droit commun des accords que nous avons avec d'autres pays étrangers.
01:08Alors justement, on s'est demandé ce qui allait se passer avec la rédaction d'Europe 1 et le service politique.
01:13Alexis de La Fontaine, tout à l'heure dans le journal du 19h, nous disait,
01:16par exemple, sur les avantages,
01:19les Algériens n'ont pas besoin de visa pour un séjour de plus de trois mois,
01:21mais d'un simple certificat de résidence.
01:24Si les accords venaient à être dénoncés, ils devront faire une demande comme tout le monde.
01:29Autre exemple, ils peuvent recevoir un titre de séjour au bout de trois ans sur le territoire
01:33contre cinq pour les autres nationalités.
01:36Faire venir leur famille en France plus rapidement que les autres étrangers grâce aux accords de 68, terminé.
01:41Ce sera 18 mois d'attente, comme tout le monde.
01:44Et puis enfin, les Algériens sont les seuls non-européens à pouvoir ouvrir un commerce en France
01:49grâce à leur liberté d'établissement, terminé.
01:52Ils devront demander une autorisation comme les autres ressortissants extra-européens.
01:59La question est posée, est-ce qu'il faut aller dans une politique de petit pas,
02:05comme le disait tout à l'heure Brice Hortefeux, qui était là, notre invité à 19h15,
02:10comme le fait François Bayrou, ou est-ce qu'il faut accélérer le pas ?
02:13Ce que j'ai entendu de François Bayrou, c'est une sorte de tu vas voir de quel bois je me chauffe.
02:18Vraiment ?
02:19Oui, j'ai entendu ça.
02:22Je te mets à l'épreuve pendant un mois.
02:244 à 6 semaines pour ré-examiner les actes.
02:27J'ai entendu ça, je suis assez sceptique sur cette stratégie.
02:30Vous avez vu déjà la première réaction des Algériens ?
02:32Au contraire, ça va durcir davantage.
02:36C'est un régime qui ne pliera pas.
02:38Je pense qu'il fallait prendre une position claire, plus ferme, mais bien sûr.
02:43Et puis dire, voilà, on prend la décision maintenant,
02:46et si vous revenez à de meilleurs sentiments, on reverra notre décision.
02:50Mais bon, attention, je vais bientôt, si tu ne fais pas ce qu'on te demande,
02:54si tu ne reprends pas tes...
02:56C'est un tir de sommation.
02:58C'est une première salve de sommation qui, à mon avis, sera un coup d'épée dans l'eau.
03:02Je ne suis pas si sûr que ça, on verra.
03:05Je pense que François Bayrou a fait un double constat.
03:08D'abord qu'il commençait à y avoir de la cacophonie au sein de son gouvernement sur ce sujet.
03:12Et un deuxième constat aussi, c'est que la diplomatie,
03:15depuis trois mois, qu'on nous vante tant,
03:17que Jean-Noël Barreau a tant vanté, que même Dominique de Villepin vantait ce week-end,
03:21n'a pas donné de résultat.
03:23N'a donné aucun résultat.
03:24Et dans le cas de Boilem Sansal, la situation de Boilem Sansal
03:27s'est même dégradée depuis trois mois.
03:29Et donc il avait besoin, François Bayrou, de reprendre la main
03:33et de montrer qu'il était capable de durcir le thon.
03:37Donc, si j'ai bien entendu ce qu'il disait cet après-midi,
03:41il va toucher à un point sensible.
03:44Parce que le régime algérien peut bien protester,
03:48mais le fait de toucher les passeports diplomatiques,
03:52les facilités qui sont données à la nomenclatura du régime algérien
03:56est un point extrêmement sensible, à mon avis,
03:58assez efficace, peut-être plus efficace que des mesures générales
04:03dont on maîtrise mal ensuite l'atterrissage.
04:06Là, on touche vraiment, il y a la possibilité de toucher vraiment
04:10à la nomenclatura du régime algérien.
04:12Donc je serais plus prudent que toi, Georges,
04:14que vous, Georges, dans le fait que ça ne sert à rien
04:18et que dans un mois on en sera au même point.
04:20On a un de nos compatriotes qui est en prison,
04:22arbitrairement.
04:24On a des gens qui meurent dans la rue, poignardés.
04:26On a une urgence.
04:28Et on dit, attendez, on vous laisse encore un mois.
04:31C'est-à-dire que pendant ce mois-là,
04:33tous ceux qu'on voudra expulser, ils resteront
04:35et que peut-être la semaine prochaine,
04:37on aura une attaque au couteau ailleurs.
04:39On ne sait pas, Georges.
04:41Franchement, je pense que le français doit se poser des questions.
04:45Oui, bien sûr, c'est normal qu'il se pose des questions.
04:47À certains moments, il ne s'agit pas de marcher
04:49sur les pieds de qui que ce soit.
04:51Il s'agit de faire respecter notre indépendance
04:53et notre sécurité, surtout.
04:55La règle de droit internationale.
04:57Il n'y a rien d'étonnant dans tout ça.
04:59Vous avez Bruno Retailleau
05:01qui s'est dit, il y a quelques jours,
05:03peu épaulé au gouvernement.
05:05Qui essaye de faire ce qu'il peut
05:07notamment sur les OQTF.
05:09On entendra Brice Hortefeux,
05:11qui a été à ce poste également
05:13et qui nous expliquera pourquoi c'est si difficile
05:15de faire les...
05:17exécuter les OQTF.
05:19Et après, vous avez
05:21dimanche, au grand rendez-vous
05:23Europe 1C News, M. Barraud
05:25qui vous dit presque tout le contraire.
05:27Il dit, les méthodes...
05:29Je le sais, il était devant moi.
05:31Les méthodes fortes,
05:33ça ne marche pas. On n'est pas là pour mettre la pression à l'Algérie.
05:35Vous savez, à Sciences Po, on a étudié
05:37thèse, antithèse, synthèse.
05:39Et la synthèse, c'est François Bariaud
05:41qui du coup, il va à petits pas
05:43et non pas à grands pas.
05:45Mais en attendant, il y va,
05:47Georges Fenech. Il y va, mais il n'y va pas beaucoup.
05:49Sauf que le synthèse-teaser, on dit ça,
05:51non je ne crois pas.
05:53Emmanuel Macron.
05:55Le seul qui peut défaire
05:57les accords 68, c'est le président de la République.
05:59Et pour l'instant...
06:01Pas seul, Georges. Pas seul.
06:03Le gouvernement négocie les accords.
06:06Et le gouvernement,
06:08sous l'autorité de François Bayrou,
06:10entre dans cette discussion-là
06:12sur les accords de 68
06:14sans l'accord du président de la République.
06:16Il ne peut pas rentrer sans l'accord du président de la République.
06:18C'est ce que je suis en train de dire.
06:20La raison, Georges,
06:22c'est où est-ce qu'il y a une volonté
06:24du président de la République pour dénoncer les accords
06:26de 1968. Rien n'est moins sûr.
06:28En tout cas, bénéficie du doute
06:30pour l'instant, il est silencieux là-dessus.
06:32Mais François Bayrou est quand même entré,
06:34parce que vous avez raison de rappeler
06:36que le quai d'Orsay, dont Jean-Noël Barraud
06:38semble le porte-parole,
06:40est privilégié toujours.
06:42Oui, mais il fait le porte-parole
06:44de la position traditionnelle du quai d'Orsay.
06:46Faites-nous confiance.
06:48Ne nous demandez pas de comptes.
06:50Nous, on discute, on fait de la diplomatie.
06:52Vous êtes des amateurs, nous sommes des professionnels.
06:54Bon, pour l'instant, sur Boilems-en-Salle,
06:56je constate que ça n'a produit aucun résultat.
06:58Bien au contraire.
07:00Donc Bayrou, on a quand même tiré des conclusions.

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