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00:00Mais on va être évidemment triste puisqu'on est avec William Lémergie pour la fermeture de C8.
00:04C'est la dernière semaine de la chaîne avant l'écran noir. 400 personnes qui vont perdre leur emploi.
00:09Et on a écouté hier William. Je vous propose peut-être d'ailleurs d'écouter ce que disait William.
00:14Bonjour William Lémergie.
00:16Bonjour M. Prost, ça va ?
00:18Bah écoutez, ça va non ? Ça va pas ? Vous allez être à l'antenne dans combien de temps William ?
00:22Là il faut que je descende dans 10-15 minutes.
00:26Bon vous avez eu des mots très rudes hier et vous avez parlé de honte et comme vous êtes une figure du PAF,
00:33une figure importante, respectée, qui a fait les succès que vous avez eus depuis tant d'années,
00:40je pense que vous avez dû avoir beaucoup de retours lorsque vous avez parlé de honte pour le Conseil d'État et l'ARCOM, William Lémergie.
00:48Oui, beaucoup de retours de gens qui sont parfois un peu surpris du temps que j'ai envoyé.
00:54Mais il est sincère, vous savez, la douleur est forte, le mot est à la hauteur.
01:01Alors comme peut-être certains auditeurs n'ont pas écouté ce que vous avez dit, je vous propose de réécouter ce que vous avez dit hier sur l'antenne de C8.
01:08Madame, Monsieur, bonjour. Comme vous le savez sans doute, cette émission s'arrêtera à la fin de la semaine,
01:12en même temps d'ailleurs que l'ensemble des programmes de la chaîne C8 qui cessera d'émettre par décision de l'ARCOM et du Conseil d'État,
01:21deux institutions de la République unies dans la honte pour supprimer, pour la première fois, vous savez, en France et en Europe d'ailleurs, toute une chaîne de télévision.
01:30Alors c'est une violence inédite qui est dirigée aussi contre vous. Vous, c'est le peuple souverain.
01:37Vous savez, ça va conduire plusieurs centaines de collaborateurs qui sont ici, directs ou indirects, au chômage.
01:44N'oubliez jamais que c'est vous, hein. C'est vous qui décidez, ou pas d'ailleurs, de regarder cette chaîne.
01:49Elle vous est destinée, mais qui a le droit de vous en priver sans vous le demander ?
01:54Donc, on vous méprise et on vous trahit.
01:57William, depuis tant d'années que vous êtes dans ce métier, vous avez forcément des amis dans le monde politique, dans le monde de ceux qui prennent ces décisions.
02:04Est-ce que vous pouvez nous rapporter des témoignages que vous avez eus ces dernières heures ?
02:09Non, pas de témoignages particuliers qui mériteraient d'être dits publiquement, mais des témoignages de sympathie qui manifestent effectivement le fait qu'on ne comprend pas toujours très bien.
02:22Quand je disais que c'est le public qui est méprisé, vous, dans votre émission, à cette heure-ci, en général, il y a des auditeurs d'Europe 1 qui vous appellent.
02:34Est-ce qu'ils vous disent tous que vous êtes formidables ?
02:36Une grande partie, c'est évident, mais sinon, ils dialoguent avec vous, et vous, vous défendez votre point de vue, et eux, ils défendent le leur.
02:43Bon, très bien, et si au bout du compte, il n'y avait que des gens qui étaient contre votre émission, votre émission s'arrêterait de fait, parce que la pub ne viendrait pas.
02:54Donc, laissez donc les téléspectateurs, c'est ce que je voulais dire hier tout simplement, laissez-les aimer ou ne pas aimer.
03:02Parce qu'à partir du moment où vous avez des millions de gens qui regardent une émission, massivement, tout d'un coup, vous avez 9 petits bonhommes qui ont décrété,
03:12à partir de quelques règles qu'ils ont édictées, que l'on peut contester, dont on peut parler, mais là, brutalement comme ça, hop, assassinés, on vous coupe le circuit.
03:22C'est ça que je ne comprends pas très bien, vous comprenez ? C'est eux qui... C'est fait pour eux, ces émissions.
03:28Et à partir du moment où ils les aiment, comment pouvez-vous leur dire, non, il ne faut pas les aimer ? Ah bon ?
03:34Chacun a un sentiment également que c'est une décision, bien sûr, politique, alors c'est vrai que Cyril Hanouna prend beaucoup de place sur C8,
03:40mais il n'y a pas que Cyril Hanouna, il y a votre émission, il y a des séries, il y a une émission sur les animaux qui a également beaucoup de succès.
03:49Vous, vous êtes arrivé sur l'antenne de C8, la case était quasiment à zéro lorsque vous êtes arrivé ?
03:55Vous savez, en part d'audience, elle était autour de 2, 2 points, ce n'est pas beaucoup. Aujourd'hui, nous ne faisons plus du double.
04:02Toutes les émissions de C8, il n'y en a pas énormément, une émission sur l'automobile, une émission sur les animaux, une émission en aparté, enfin, voilà.
04:11Ah non, ça, c'est sur Canal. Mais enfin, elles fonctionnent toutes, elles ont toutes leur public. Encore une fois, sinon, il n'y aurait pas d'annonceurs.
04:18Et donc, elles s'arrêteraient de fait. À partir du moment où vous avez des gens qui regardent, comment pouvez-vous leur dire, non, ça, ce n'est pas bien, c'est la police de la télévision.
04:30Il fut un temps, il y a très longtemps, vous étiez, vous, probablement en CM2, mais sous le général de Gaulle, en 1966, il y a eu un film qui a été interdit.
04:41C'est le seul, dans ma mémoire, c'est la religieuse. Vous devez peut-être vous souvenir de ça, la religieuse d'après Diderot. C'était un film de Jacques Rimet.
04:51Il a été interdit, dites-donc. C'était le seul, dans l'histoire du film français. Imaginez, demain, vous dites à un éditeur, à M. Plon, M. Fayard, ah non, on stoppe ça, ça ne peut pas sortir.
05:03Non, non, vous ne publiez pas, ça n'existe pas. Interdire un film, ça n'existe pas. Interdire une pièce de théâtre, ça n'existe pas. Mais interdire une chaîne d'exister, ah ça, ça existe.
05:15Pierre Lelouch était ce matin avec Sonia Mabrouk, et il était sur l'antenne de ces news européens, et il lisait la décision du Conseil d'État, qui est absolument incompréhensible.
05:25Et en tout cas, on peut, avec une décision, comme elle est expliquée, comme elle est dite, on peut l'interpréter de la manière qu'on veut. Et c'est bien la difficulté, d'ailleurs, de ces jugements. Je vous propose d'écouter Pierre Lelouch.
05:37C'est l'arrêt du Conseil d'État, sur C8 et NRJ12. Et ça, c'est l'arrêt qui valide la décision de l'ARCOM. Et en ces termes, en les termes suivants, il dit qu'il fallait choisir entre les projets, tenez-vous bien, qui contribuent le mieux à la sauvegarde du pluralisme, des courants d'expression socio-culturel,
05:56lequel participe de l'objectif de valeurs constitutionnelles de pluralisme des courants de pensée et d'opinion, et qui sont le mieux à même de répondre à l'intérêt du public. Si vous comprenez ça, vous me téléphonez. La vérité, c'est que c'est un charabia qui cache le fait que quelqu'un décide ce qu'il faut penser ou pas penser. Et ça, c'est inacceptable.
06:17Et là-dessus, Vince, il a mis le doigt sur quelque chose d'essentiel, c'est que cette structure, l'ARCOM, qui est l'héritière de quelque chose que François Mitterrand avait créé en 82, qui s'appelait la Haute Autorité, la CA, confie à un petit nombre de gens le droit de savoir ce qu'on a le droit de penser ou pas penser.
06:35Pierre Lelouch, qui est ancien ministre et qui a trouvé les mots justes, William, l'énergie pour expliquer cette situation.
06:42Oui, vous savez, tout ce charabia dont ils parlent, vous pouvez le réduire à une seule phrase, à savoir, vos opinions politiques ne correspondent pas tout à fait aux nôtres.
06:51Alors, arrêtez de parler de ça. Alors, ils se trompent probablement de quelles opinions politiques s'agit-il. Ils ont enrombé ça autour d'un papier. On ne comprend rien à ce qu'ils disent.
07:02Ça mériterait pour le moins un débat, par exemple, entre des téléspectateurs et l'ARCOM, public, par exemple. Mais là, effectivement, je suis d'accord, c'est un abruyabili, mais comment on peut faire rarement mieux ?
07:21Je vous remercie, William. Je vous remercie. Dans quelques instants, vous serez donc à l'antenne pour votre émission.
07:28Mais ce n'est pas facile, vous savez, de faire ce genre d'émission. Parce que j'ai autour de moi un petit nombre de chroniqueurs, ils sont une quinzaine, ils vont tous s'en aller.
07:38Et chaque jour, il y en a un qui dit au revoir gentiment, mais il a l'alarme à l'œil et moi, j'ai l'alarme aux deux yeux. Et ça, ce n'est vraiment pas facile.
07:49Et je n'arrive pas à sourire, je prononce ça d'une certaine manière, disons-nous simplement au revoir. Ce n'est pas simple. En tout cas, merci de m'avoir invité.
07:59Merci de votre témoignage. On peut vous retrouver évidemment sur l'antenne.
08:03Le dimanche, Ballades en France, 11h à 12h30, William Lémerie.
08:06Merci William. On vous embrasse tendrement et on embrasse toute l'équipe avec vous et on pense évidemment à tous vos collaborateurs, tous vos amis, toute votre équipe.

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