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"1000 pays pour demain", le magazine qui nous entraîne à la rencontre de ceux et celles, entrepreneurs, ingénieurs, artisans ou encore designers qui innovent ou remettent au goût du jour des savoir-faire ancestraux de nos territoires.
Tous excellent dans leur domaine et contribuent au dynamisme de leur "pays", tous se battent pour que vive le "Made in France".
Rebecca Fitoussi reçoit en fin d'émission un sénateur, élu de la région qui réagit aux reportages et met à l'honneur une entreprise de son choix . Année de Production :

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Transcription
00:00Générique
00:02...
00:27Bonjour à tous, bienvenue dans 1000 pays pour demain.
00:29Nous sommes aujourd'hui à Meudon, dans les Hauts-de-Seine.
00:31On est vraiment à quelques kilomètres de Paris,
00:34mais ce n'est pas la capitale qui va nous intéresser aujourd'hui.
00:37Non, ce sont les richesses d'un département francilien
00:40que l'on connaît finalement assez peu.
00:41C'est un département qui va bien globalement
00:43et qui attire les investisseurs.
00:45Quelques chiffres éclairant, plus d'un million d'emplois.
00:48C'est 18 % de l'emploi de la région.
00:51Et puis, c'est ce département qui abrite la Défense,
00:53premier quartier d'affaires européen
00:55que l'on compare souvent à la City, à Londres, avant le Brexit.
00:58Mais bien sûr, les Hauts-de-Seine, ce ne sont pas que des grandes entreprises,
01:02que des grandes banques ou des sièges de sociétés prestigieuses.
01:05Le département regorge aussi de petites pépites innovantes
01:09et d'artisans aux savoir-faire absolument uniques.
01:11Je vous les présente dans un instant,
01:13et je le fais avec un sénateur qui connaît très bien ce département.
01:171000 pays pour demain dans les Hauts-de-Seine, c'est parti.
01:20Hervé Marseille, bonjour.
01:21Bonjour.
01:22Merci de nous accueillir sur vos terres alto-séquanaises.
01:25J'ai découvert que c'était comme cela qu'on appelait les habitants des Hauts-de-Seine.
01:29Un mot un peu étrange.
01:30Vous êtes président du groupe Union centriste au Sénat,
01:33président de l'UDI, Union des démocrates et indépendants.
01:35Et puis, vous avez été maire de Meudon pendant plus de 18 ans.
01:38On est justement à Meudon aujourd'hui.
01:40On est précisément dans ce lieu incroyable qui s'appelle le hangar Y.
01:45C'est vous qui avez choisi ce lieu pour ce tournage.
01:47Est-ce que vous pouvez nous dire pourquoi ?
01:48Qu'est-ce que représente ce lieu pour les habitants, pour vous ?
01:51Y, pourquoi ?
01:52Parce que sur les cartes d'état-major, c'était un emplacement qui était Y.
01:57C'est comme ça qu'on appelait le morceau de territoire.
02:01Et c'est un élément qui vient de l'exposition universelle du début du siècle,
02:07qui a été transférée ici et qui a servi à travailler sur les dirigeables.
02:13Au début du siècle, c'était des dirigeables militaires.
02:16Donc, c'est un lieu à la fois d'histoire, qui est chargé d'histoire du passé,
02:21et en même temps tourné vers l'avenir, puisque d'abord, c'est un lieu d'art,
02:26c'est un lieu de culture qui a été repris grâce à Frédéric Jousset,
02:30et qui a permis que ce lieu soit ouvert au public, réhabilité,
02:37et qu'on y fasse des expositions.
02:38Donc, c'est à la fois la culture, la science et le passé.
02:41Très beau lieu, en tout cas.
02:42Parlons des Hauts-de-Seine.
02:43On dit que c'est l'un des départements les plus riches de France.
02:46D'abord, est-ce que c'est vrai ? Comment on l'explique ?
02:48Est-ce que c'est parce qu'il y a des facilités qui sont faites aux entreprises ?
02:51Et puis, bien sûr, il y a la Défense, poumon économique du département, j'imagine ?
02:55Ça a été un département très riche grâce à la taxe professionnelle.
02:59Mais depuis qu'on n'a plus la taxe professionnelle,
03:01c'est plus la même chose.
03:03Mais ça a toujours été un département dynamique.
03:05Il y a beaucoup de grandes entreprises, à la Défense, bien sûr,
03:08mais ici aussi, entre ici, les Moulinots, Boulogne, Meudon,
03:13il y a un ensemble industriel qui est très fort, très puissant.
03:17Beaucoup d'entreprises, beaucoup de sous-traitants,
03:19beaucoup d'entreprises de communication.
03:22Canal+, TF1...
03:24Chaîne de télé, vous avez raison.
03:25Le fait d'être près de Paris, finalement,
03:27est-ce que c'est un avantage ou un inconvénient ?
03:29Est-ce que la capitale peut vous faire de Londres
03:30ou au contraire attirer les investisseurs ?
03:32Ce qui attire, c'est le dynamisme du département,
03:34mais c'est aussi le fait que nous avons un environnement exceptionnel.
03:38On est à la fois un peu à la campagne et très près de Paris.
03:41C'est quelque chose qui est important
03:44pour tous ceux qui veulent vivre et travailler ici.
03:46Mais vous, vous êtes né dans la Somme, je crois.
03:48Qu'est-ce qui vous a amené dans les Hauts-de-Seine ?
03:49Moi, je suis un immigré, je suis arrivé de Picardie,
03:53je me suis installé ici parce que j'ai fait mes études à Paris
03:56et puis je suis resté...
03:58Alto séquenais d'adoption.
03:59Alto séquenais d'adoption avec les amis que je me suis fait ici,
04:04dans les Hauts-de-Seine, et puis la carrière que j'ai pu mener
04:06grâce aux électeurs et aux habitants de Meudon.
04:09Alors, plutôt que de s'intéresser aux grandes sociétés
04:11qui ont un siège à la défense dont on parlait,
04:13justement, nous, on est partis à la recherche d'artisans audacieux et atypiques.
04:17Christina Venet en fait partie.
04:19Elle est une passionnée de la dorure traditionnelle à la feuille d'or.
04:23Elle restaure des objets et puis elle en crée des nouveaux.
04:26Vous allez voir, c'est absolument magnifique.
04:27Et puis, ce qui est surtout magnifique,
04:28c'est le lieu dans lequel elle est installée,
04:30la Galerie La Verrière à Surennes.
04:32Je crois que ce n'est pas très loin d'ici.
04:34C'est un vrai temple de la création.
04:35On regarde.
04:40Je me suis aperçue que la dorure pouvait être adaptée
04:43à tout ce qui était végétal, monte, marin.
04:47Alors, ça, c'est un or jaune.
04:49Ça, c'est du palladium pur.
04:52Et là, vous avez un or qui s'appelle le moongold,
04:55qui est souvent utilisé dans la rénovation d'appartements.
05:00C'est notamment un or qui a servi pour la restauration de l'église.
05:04C'est un or qui a été utilisé pour la restauration de l'église.
05:08C'est la restauration des appartements de Coco Chanel
05:11dans lesquels j'ai travaillé.
05:15J'avais chez moi une petite collection de cadres
05:18qui n'avait pas de sujet d'intérieur, pas de tableau, rien du tout,
05:21mais qui était relativement abîmée.
05:23Je ne savais pas les restaurer.
05:25Et quand j'ai pris connaissance de cette formation,
05:29donc pour adultes, en reconversion,
05:32je me suis dit que c'est ce qu'il me faut.
05:34Et depuis, je suis ravie, je n'en démords pas.
05:38Et c'est vraiment une voie que j'aurais dû choisir
05:41bien plus tôt si j'avais pu.
05:46Là, on est sur un cadre 19e, époque Barbizon.
05:50Donc c'était des cadres, à l'époque, assez lourds,
05:53assez conséquents, très volumineux.
05:56Ces ornements, avec le temps, se décollent.
06:01Donc je vais devoir reconstituer cette partie,
06:04qui est assez conséquente ici,
06:06et toute cette grande bande ici et cet angle-là.
06:11Donc je vais procéder à des empreintes d'ornements déjà existants.
06:15C'est comme si vous alliez chez le dentiste.
06:17Le dentiste va constituer une pâte
06:19et il va vous prendre l'empreinte de votre dent à changer.
06:23Moi, je fais la même chose.
06:25Je vais poser cette pâte sur l'angle de ce cadre
06:28pour le reproduire à l'angle opposé.
06:32Et on va laisser sécher un quart d'heure, 15 à 20 minutes.
06:37Et ensuite, je démoulerai
06:41pour obtenir le moule qui va nous permettre
06:44de reconstituer les ornements avec une pâte spéciale que je vais fabriquer.
06:51Le blanc de meudon, c'est une poudre calcaire.
06:55Non, c'est du gypse.
06:56Donc cette poudre est mélangée avec de la colle.
06:59Je vais la travailler un peu parce qu'elle doit être relativement souple.
07:02Et je vais pouvoir mettre la pâte à l'intérieur.
07:06Voilà. Et là, maintenant, on attend dix bonnes minutes, un quart d'heure.
07:16Voilà.
07:18Là, il est trop gros, mais on va pouvoir le raccourcir.
07:22Voilà, c'est mieux, mais là, maintenant, il est trop haut.
07:30Voilà.
07:31Il faut savoir qu'on travaille beaucoup à la salive.
07:35La salive sert de liant,
07:38comme une sorte de colle naturelle,
07:40ce qui nous permet d'ajuster les ornements.
07:46Et on va pouvoir le raccourcir.
07:48D'ajuster les ornements.
07:59Une fois que ce sera sec, je ferai la reparure,
08:02c'est-à-dire une sculpture qui va redonner un peu de nervosité à l'ornement.
08:07Et ensuite, les étapes feuille d'or et patine.
08:14La technique de la dorure traditionnelle
08:16consiste à travailler la restauration à la feuille d'or,
08:21comme cela a été fait par nos anciens.
08:27Je mets un peu de gras de ma joue sur cette palette
08:30pour attraper la feuille d'or.
08:32Sinon, ça ne collerait pas, je ne pourrais pas la poser.
08:37C'est de l'or 24 carats qui peut être décliné en 23 carats, en 22 carats,
08:43jusqu'à obtenir des ors blancs, des ors roses, des ors cuivrés.
08:49Il y a environ 20 à 25 couleurs d'or.
08:56C'est compliqué, difficile de monter quelque chose,
08:59de créer son atelier à partir d'un certain âge.
09:03Nous, en tant qu'adultes en reconversion,
09:05on n'est pas considérés en tant que tels d'un point de vue sérieux
09:10de vouloir se reconvertir à 45 ou 50 ans.
09:14C'est complètement obsolète, c'est complètement dépassé.
09:18Donc, on ne nous fait pas confiance.
09:22Donc, là, il faudrait que la formation pour adultes
09:25soit plus renforcée, plus adaptée
09:30à notre bon vouloir.
09:33C'est encore un cas de reconversion.
09:35Finalement, on s'aperçoit qu'on voit souvent des artisans
09:39qui sont en reconversion.
09:41C'est étonnant, c'est comme si les Français s'autocensuraient,
09:44s'empêchaient d'aller vers les métiers manuels.
09:47Est-ce que les métiers manuels ont une mauvaise réputation ?
09:50Il n'y a plus cette idée-là.
09:53Je pense que ça n'est plus une idée, aujourd'hui, juste.
09:59Il y a beaucoup de gens, des jeunes en particulier,
10:04qui, après la Covid, cette période un peu particulière,
10:07ont réfléchi sur eux-mêmes, sur leur avenir,
10:09sur ce qu'ils voulaient faire,
10:11et ont décidé de faire un autre métier.
10:15Je vois ma propre fille, qui a fait une école de commerce,
10:18elle a décidé de devenir boulangère.
10:20Allez savoir pourquoi, ça lui plaisait.
10:22En l'occurrence, beaucoup se sont retournés
10:25vers des métiers plus authentiques,
10:27en voulant faire quelque chose de leur main,
10:29que ce soit des métiers manuels, de l'artisanat,
10:32travailler sur l'or, comme ce que nous venons de voir,
10:35ou travailler sur de l'antiquité, du bois, du nacre.
10:40Vous auriez aimé ? Vous avez été tenté.
10:42Je ne suis pas manuel.
10:44Je me fais disputer par ma femme, je ne sais même pas mettre une ampoule.
10:48En revanche, c'est vrai que, quand on réfléchit,
10:52quelquefois, on se dit, je vais aller en province,
10:56m'installer dans un village, et puis changer de vie.
10:59Christine Avnet nous dit aussi que c'est compliqué
11:01de créer son entreprise après 45-50 ans.
11:04Là aussi, un frein qu'on se met soi-même,
11:06comme si c'était impossible d'avoir une deuxième vie professionnelle,
11:09c'est pas vieux ?
11:10C'est vrai, mais en même temps, il faut pouvoir avoir
11:13des prêts bancaires, donc un peu de temps devant soi,
11:16mais il faut aussi les aider pour les installations,
11:19pour les apprentis, transmettre.
11:21C'est plus compliqué quand on a 50 ans
11:23que quand on a 40 ou 30 ans.
11:25Donc, on peut concevoir ça.
11:27Après l'or, le cristal.
11:29Du cristal taillé à la main,
11:31un savoir-faire qui se transmet de père en fils,
11:33depuis trois générations, dans la famille Benito.
11:36On va faire la connaissance de Franck Benito.
11:38Il crée des pièces uniques pour des boutiques de luxe,
11:41des palaces, des décorateurs d'intérieur.
11:43Lui, il est installé à Colombes,
11:45mais l'histoire a commencé en Espagne, au début du XXe siècle.
11:48Tradition, savoir-faire et passion,
11:50c'est tout ce qu'on aime dans mille pays.
12:04Donc là, on se trouve à Colombes,
12:06dans le département des Hauts-de-Seine.
12:08On est au fond d'une allée.
12:10Là, vous avez la maison d'origine de mon grand-père.
12:15Et au fond du petit jardin, ici, il y avait un poulailler.
12:18Et puis après, ils ont transformé ça en atelier.
12:21Et en fait, l'atelier de taille est à cet emplacement même
12:25depuis 1952.
12:28Donc là, c'est un flacon à cognac.
12:30C'est une taille nid d'abeilles qui sont des alvéoles,
12:33qui sont les unes à côté des autres.
12:37Si on veut bien le faire, il faut vraiment rentrer dans la matière
12:41pour créer des contrastes d'alvéoles.
12:45Oui.
12:46Plus c'est creusé et plus ça va ressortir, au final.
12:53Bonjour.
12:54Bonjour, vous allez bien ?
12:55Ça va ?
12:56Oui, très bien.
13:00Voilà, donc ça, c'est...
13:02Super.
13:03Voilà.
13:06Ouais, bien génial.
13:07C'est des verres qui étaient bréchés lors de déménagements successifs
13:11et qui étaient à peine abîmés, en fait,
13:14sur la partie du buvant.
13:15C'est des verres qui étaient bréchés
13:17lors de déménagements successifs.
13:19Je trouvais ça plutôt sympa de pouvoir les améliorer,
13:23les conserver, les rendre quasiment neufs.
13:26La restauration des verres, il faut réduire la hauteur
13:31avec des bandes abrasives.
13:33Après, il faut faire un polissage sur le bord.
13:36Une fois qu'on a fait le polissage,
13:38on fait un chanfrein intérieur-extérieur
13:40et on refait la même opération, on repolie et on refait briller.
13:44Il y a une petite caverne.
13:46C'est une petite caverne.
13:47Venez avec moi.
13:48Il y a une petite caverne.
13:50C'est votre showroom.
13:51Là, on entre dans le showroom.
13:53Exactement.
13:54Pour la famille Altani du Qatar,
13:57on a fait ce socle avec ses deux chevaux,
14:00sur mesure, un petit peu dans l'esprit de Fabergé.
14:04Des beaux exploits.
14:05Exactement. C'est ce qui motive, en fait.
14:18C'est une création que j'ai décidée de faire.
14:21Ce sera un futur luminaire.
14:26Ça me fait l'économie de la salle de sport,
14:29mais par contre, c'est des métiers où il faut se préserver le dos.
14:42Je vais faire les premiers essais d'éclat pour voir ce que ça donne.
14:47Musique douce
14:49...
14:57C'est assez long et fastidieux à faire.
15:00Il faut avoir à peu près tout le temps le même geste,
15:03parce que si on tape trop fort, on peut casser la pièce.
15:08Vous voyez, on voit les...
15:09On essaie de faire des choses un peu régulières,
15:12même si ça part un peu dans tous les sens.
15:15Ce qui permet, lorsqu'on mettra une lumière à l'intérieur,
15:19de faire briller toute la partie éclat.
15:31Vous voyez, regardez.
15:33Tous les éclats vont...
15:35vont prendre leur place.
15:39Depuis la gare du Golfe, en 92-93,
15:43on est sujet à des périodes compliquées.
15:47C'est surtout dans les périodes compliquées
15:49qu'on a besoin d'aide.
15:53Que ça soit des expositions, par exemple, aux Etats-Unis ou ailleurs,
15:58c'est des avances de trésorerie énormes.
16:02Dans ces cas-là,
16:04il faudrait, comme la Chambre des métiers,
16:07il y a quelques années,
16:09qu'on puisse nous aider au niveau de notre trésorerie
16:13pour qu'on puisse développer encore plus
16:17nos métiers à l'international.
16:20Les problèmes de trésorerie,
16:22c'est le sujet essentiel dont nous parle Franck Benito.
16:25Il dit que ça freine son développement à l'international.
16:28Comment on peut les aider, ces artisans,
16:31avec ces questions de trésorerie ?
16:33Ils sont quand même pas mal aidés par les collectivités territoriales,
16:37en particulier la région.
16:38S'agissant du Covid, on aurait pu allonger
16:42la période de remboursement des prêts, ce qu'on appelait les PGE,
16:45les prêts qui étaient garantis par l'État.
16:48Au lieu de faire ça sur 3 ans,
16:51on aurait pu faire, comme dans certains autres pays,
16:54faire ça sur 10 ans, sur 20 ans.
16:56Vous étiez pour qu'on fasse plus ?
16:58Oui, qu'on fasse plus pour étaler le remboursement.
17:01Et au-delà des problèmes financiers,
17:03je crois que c'est de faciliter l'apprentissage.
17:07Là aussi, je crois qu'il y a un gros investissement
17:10qui est fait de la part des entreprises, des collectivités, de l'État.
17:14C'est précieux, car les métiers d'art, c'est quelque chose de rare.
17:18Hervé Marseille, c'est le moment de nous parler de votre entreprise.
17:22C'est un des rituels de l'émission.
17:24Vous avez choisi de nous parler du centre de formation à l'Inducas,
17:27à Meudon, je crois. Expliquez-nous ce que c'est.
17:30C'est un centre de formation pour les futurs chefs ?
17:33Vous avez presque tout dit, déjà. C'est un centre de formation culinaire.
17:36Alors, haut de gamme, parce qu'Alain Ducas, tout le monde le connaît.
17:40C'est une référence internationale.
17:42Et il a décidé de monter ce centre de formation à Meudon-la-Forêt.
17:47Et donc, pour des chefs, je dirais qu'ils veulent un troisième degré
17:51ou tout simplement des gens qui sont, comme on vient de le voir,
17:54en conversion, c'est-à-dire des gens qui disent
17:56« Je quitte le métier de journaliste et je vais devenir cuisinière. »
18:01Et donc, ça s'apprend, et quand c'est avec les équipes d'Alain Ducas,
18:06effectivement, c'est important.
18:09Et puis, moi, je suis gourmand, alors je m'intéresse à ce que fait Alain Ducas.
18:13Et donc, encore une fois, c'est quelque chose qui met en valeur
18:18la qualité et le dynamisme du département et de la ville.
18:21Et la gastronomie, évidemment.
18:23De l'artisanat et de l'excellence encore, Hervé Marseille,
18:26avec cette fois la Manufacture de Sèvres.
18:28Ici, c'est une institution connue bien au-delà des Hauts-de-Seine.
18:31On y crée des pièces en porcelaine depuis le milieu du XVIIIe siècle.
18:35Mais ce n'est pas parce qu'elle est ancienne que son fonctionnement est daté.
18:39C'est une entreprise très dynamique qui emploie plus de 120 céramistes.
18:43Je précise, pour les téléspectateurs qui l'ignoraient,
18:46la céramique, ce sont tous les objets en terre cuite.
18:48Et tout cela avec une minutie et une précision assez bluffantes.
18:52Visite guidée avec son directeur, Yann Fabès.
19:06Je vais venir mettre la deuxième couche d'or sur le bord de la soucoupe.
19:12Dès qu'on a un tout petit endroit où il reste des coups d'outils,
19:16on peut repasser à un coup de pinceau pour tendre la matière
19:19et pour vraiment venir la lisser.
19:23On est sur un lieu assez emblématique
19:25dans lequel on a rassemblé à peu près 26 métiers, 24 ateliers,
19:30qui vont créer des merveilles de céramique.
19:32C'est une Manufacture de Sèvres.
19:34C'est une Manufacture sans équivalent,
19:36ni en France, ni à l'international.
19:40Nous avons une vocation à faire émerger la jeune création
19:43et à développer la création contemporaine.
19:45Mais la Manufacture a aussi une vocation de préservation du patrimoine.
19:54Mesdames.
19:55Wow !
19:56C'est impressionnant, ça.
19:58Là, on est sur un buste d'Alexandre Brouillard.
20:02Dès qu'une pièce sort de cuisson,
20:03il y a toujours les grains qui ressortent après la très haute température.
20:07Donc là, avec mon papier de jamans, je vais venir frotter.
20:13Donc ça peut être assez long, suivant la pièce.
20:18On a entre trois et quatre jours de travail sur un buste comme celui-ci.
20:22Des fois, ça peut être un petit peu plus long.
20:27On a l'habitude de faire du polissage biscuit
20:29sur des pièces qui sont plutôt classiques, historiques,
20:32et qui ont des définitions qui sont très marquées,
20:37avec des formes de réalisme très, très affirmées.
20:40Mais là, en l'occurrence, avec la création de Xavier Véhan,
20:43qui est un artiste contemporain français très, très connu,
20:46c'est quelqu'un qui va opérer une forme de flou
20:50autour de ses représentations.
20:52Et donc, en fait, les artistes, quand ils viennent,
20:54ils amènent systématiquement des choses un peu différentes
20:57et qui vont faire travailler plus spécifiquement
20:59ou qui vont challenger, entre guillemets,
21:01certains ateliers dans leur conception de création.
21:04Et ça, ça nous intéresse
21:06parce que ça repousse toujours un peu les limites de la technique,
21:10et ça met surtout où on exergue
21:12les savoir-faire extraordinaires de la manufacture de scènes.
21:27Et donc là, je viens utiliser mes outils métalliques,
21:30qui ont été réalisés à partir du dessin.
21:37Et ça va me permettre d'obtenir la ligne exacte.
21:42C'est l'objet.
21:53Moi, je suis encore en apprentissage,
21:55et en fait, pour rentrer ici,
21:57il faut avoir, évidemment, un intérêt assez fort
22:02pour la céramique, de manière générale, l'histoire,
22:06et être habile au minimum de ses mains,
22:10parce que là, la précision, elle est quand même assez demandée.
22:14En quotidien, on doit vraiment être...
22:16On a une marge d'erreur qui est en dessous du millimètre.
22:20Donc là, on voit une pièce qui est terminée.
22:22Ainsi, son couvercle.
22:26On considère, globalement, qu'il faut à peu près dix ans
22:28pour former complètement, véritablement,
22:31à un niveau d'excellence, un artisan d'art.
22:38Je pense que la question des politiques publiques,
22:40elle est très importante, notamment sur les questions de formation
22:43et d'accompagnement à la formation,
22:45ne pas perdre la qualité des formations,
22:47être en dialogue constant aussi avec l'éducation nationale
22:51pour pouvoir mieux former des jeunes,
22:55même si, aujourd'hui, on a un regain d'attractivité
22:59qui fait qu'effectivement, on n'a pas trop de problématiques
23:02de recrutement d'apprentis dans nos manufactures,
23:06mais ça n'a pas toujours été le cas.
23:08Et il faut faire attention,
23:11parce que les situations peuvent changer,
23:13et ça pourrait changer encore de nouveau,
23:16et pas forcément dans le bon sens.
23:17Je parlais d'une institution au lancement.
23:19Hervé Marseille, vous confirmez,
23:21c'est une institution, la manufacture de sèvres,
23:23qui fait rayonner tout le département.
23:25Pas seulement le département,
23:27mais sèvres est connue à travers le monde grâce à sa manufacture,
23:31et le monde entier achète les produits de la manufacture de sèvres.
23:36À l'Élysée, bien sûr,
23:37on met des produits de la manufacture de sèvres
23:40pour que tous les invités prestigieux
23:43qui sont invités à déjeuner ou à dîner
23:46voient le savoir-faire français ancestral.
23:48Il faut là aussi qu'on préserve ce savoir-faire
23:52qu'on ne trouve qu'à Sèvres.
23:53Le bleu de sèvres, il n'y a qu'à Sèvres qu'on le trouve.
23:56Donc il y a des travaux importants qui ont été faits dans cette manufacture,
23:59et moi, j'invite tous les téléspectateurs
24:01à venir visiter la manufacture de sèvres,
24:03parce qu'on peut le visiter, et c'est quelque chose de magique.
24:06Et comment on donne envie aux jeunes
24:07de se lancer dans des filières d'excellence comme celle-là ?
24:10Est-ce que les politiques publiques peuvent aider à cela ?
24:12Bien sûr, les politiques publiques,
24:14mais aussi, je pense que le rôle de l'éducation
24:17dans les collèges, les lycées,
24:19est important pour guider les jeunes pour leur avenir.
24:23C'est là que ça doit commencer ?
24:24Oui, puis dans les familles aussi.
24:26Vous disiez tout à l'heure, le travail manuel,
24:29est-ce que c'est quelque chose qui a une image différente ?
24:32Ça peut avoir une mauvaise image.
24:34Il faut aussi que l'opinion considère le travail manuel.
24:37Bon, mais il ne suffit pas de vouloir faire autre chose.
24:40Il faut se professionnaliser, ce sont des métiers.
24:42On ne fait pas ça n'importe comment.
24:44Et donc, je crois que c'est important
24:46que cette filière soit absolument accompagnée.
24:48Et puis faire de l'information, des campagnes d'information.
24:50Bien sûr.
24:52Alors, un dernier petit rituel avant de se quitter.
24:54Hervé Marseille, si vous deviez nous donner
24:56trois bonnes raisons de venir s'installer
24:58ou installer son entreprise dans les Hauts-de-Seine,
25:01quelles seraient ces trois bonnes raisons ?
25:02Comme je vous l'ai dit, c'est un département dynamique.
25:05Donc, on trouve beaucoup de sous-traitants.
25:07Donc, pour travailler, c'est important qu'il y ait ce réseau.
25:10Ensuite, il y a l'environnement
25:12qui est très agréable ici, dans les Hauts-de-Seine.
25:15Du nord au sud du département, on est à la fois très proche de Paris.
25:20Il y a des lignes de métro, de tramway, de RER.
25:25Et puis, c'est aussi un endroit où les gens sont sympathiques
25:28et où on est bien accueillis.
25:30Et il y a beaucoup de lieux touristiques
25:33parce qu'il y a un passé prestigieux.
25:35Voilà, où que vous alliez dans les Hauts-de-Seine,
25:37il y a toujours un endroit à visiter,
25:39des lieux pour réfléchir et puis des endroits pour s'installer.
25:43Là, on a dépassé les trois raisons.
25:45Là, on est à 10 ou 15 raisons.
25:47Merci beaucoup de nous avoir accueillis sur vos terres,
25:50Hervé Marseille. Merci aussi aux équipes du Hangar Y
25:53qui nous ont accueillis pour ce tournage.
25:55Et puis, merci à vous de nous suivre sur Public Sénat.
25:57A très bientôt. Merci beaucoup.

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